Affaire Traoré : manipulations..

Publié le par ottolilienthal

".....L’affaire Traoré qui date de 2016, se combine aujourd’hui avec l’émotion mondiale liée à la mort de Georges Floyd, victime de violences policières aux États-Unis. Le racisme est présenté comme le moteur et la raison de ces deux disparitions, qualification qu’il faut regarder de plus près. Le 19 juillet 2016, Adama Traoré, décède à la gendarmerie de Persan à la suite d’une arrestation extrêmement mouvementée. Celle-ci avait pour origine non pas un contrôle d’identité, mais la volonté d’interpeller le frère d’Adama, Bagui au casier judiciaire garni, poursuivi cette fois-ci pour extorsion de fonds avec violence sur personnes vulnérables (il sera pour cela condamné à une peine de 30 mois de prison ferme). À la suite de ce décès, une information judiciaire contradictoire est ouverte. L’affaire suscite une grande émotion, un certain nombre d’organisations s’en emparent et mettant en avant la sœur jumelle d’Adama Traoré énergique et talentueuse, qui devient porteuse d’un combat contre les violences policières dans les « quartiers ». Il n’est pas question ici de détailler toutes les péripéties procédurales de ce dossier, mais de rappeler simplement deux évidences : tout d’abord la fratrie de la famille Traoré est selon l’expression très défavorablement connue des services judiciaires et de la gendarmerie. Ensuite, Adama Traoré et son frère n’ont pas été interpellés parce qu’ils étaient noirs, mais parce que délinquants d’habitude ils étaient poursuivis par la justice. Cela n’excuserait en rien les violences policières s’il est établi qu’elles ont été à l’origine directe du décès. Mais il appartiendra à la justice c’est-à-dire au juge d’instruction, aux experts désignés, au tribunal éventuellement saisi d’en décider. Enfin, normalement dans la république française c’est comme cela que cela devrait se passer.

Sauf qu’entrée en résonance avec l’affaire Floyd aux États-Unis, récupérée par différents courants politiques, l’affaire porte aujourd’hui un enjeu fort, qui est celui des interventions policières dans les banlieues défavorisées et du racisme qu’on leur reproche. Et comme souvent, la mobilisation politique ou communautaire relaie un récit qui vise à faire pression sur la justice pour que celle-ci reconnaisse la responsabilité des gendarmes dans la mort d’Adama Traoré et justifie ainsi l’accusation de racisme adressé aux forces de l’ordre. « Des gendarmes racistes ont tué Adama Traoré parce qu’il était noir, les magistrats qui instruisent, les experts qui se prononcent ne sont que des serviteurs du pouvoir et de la raison d’un État raciste ».

Ce récit, qu’on le veuille ou non, est celui qui sert de support à la stupéfiante intervention du chef de l’État en personne oubliant une fois encore ses obligations. Probablement désireux d’une diversion face à ses difficultés politiques, il intervient dans un processus judiciaire jusqu’à présent régulier en demandant à sa Garde des Sceaux de commettre une illégalité grossière en « se penchant » sur la procédure. Ce que petit télégraphiste, elle fait en déployant un zèle absurde par cette audience piteusement sollicitée de la famille Traoré. Violation de la séparation des pouvoirs, partialité en faveur des plaignants, validation de leur discours, insultes faites aux gendarmes (meurtriers et racistes) et aux magistrats et aux experts (soumis à la raison d’État). Difficile de faire pire...

(extraits)

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création site internet Tours 11/06/2020 16:03

Article intéréssant.