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Chine, l'empire du milieu..

Publié le par ottolilienthal

. La Chine se détruit depuis des décennies.  Dans le « grand bond en avant » de Mao, on estime qu’environ 35 à 50 millions de personnes sont mortes de faim à partir de 1958, comme vous le lirez dans ma critique de livre de Shapiro J (2001) Mao’s War Against Nature : Politics and the Environment in Revolutionary China dans ce billet.  La Chine continue de se détruire en nivelant les montagnes pour obtenir des terres plus plates, en érodant la couche arable, en créant de la pollution terrestre et atmosphérique, en détruisant les forêts et plus encore (Li 2014).

D’autres pays s’infligent aussi des dommages environnementaux pour le dollar tout-puissant, mais la Chine est la « gagnante ». Aucun autre pays ne peut faire concurrence. La Chine détient environ 63 % des métaux rares des terres rares et 90 % de la chaîne d’approvisionnement, de l’extraction, de la transformation, de la séparation et du raffinage aux produits manufacturés. Si de nouvelles mines étaient construites dans d’autres pays pour réduire la dépendance, il faudrait environ 15 ans pour en construire une, et la majeure partie de la production serait probablement vendue à la Chine pour être transformée et assemblée en pièces pour des produits fabriqués en Chine (GAO 2010; AI 2019; Hui 2020).

Mais pourquoi rivaliser? Laissons la Chine monopoliser la deuxième industrie la plus polluante au monde. L’exploitation minière rejette les pluies acides, les eaux usées et les métaux lourds sur le sol, l’eau et l’air (PEBI, 2016). Un cinquième des terres arables de la Chine est pollué par les mines et l’industrie (BBC 2014). L’extraction des matériaux nécessaires à l’énergie renouvelable pourrait toucher 50 millions de kilomètres carrés, soit 37 % des terres de la Terre (moins l’Antarctique), et un tiers de ces terres chevauche des zones clés de biodiversité, de nature sauvage ou d’aires protégées. L’exploitation minière entraînerait une perte de biodiversité, nuirait aux forêts (pluviales) et empoisonnerait les écosystèmes (Kleijn et al. 2011; Hickel 2019; Sonter et al. 2020).

L’énergie renouvelable est tout sauf propre et verte.

Et une victoire à la Pyrrhus pour la Chine !

 

La Chine bientôt à l’origine d’une nouvelle crise financière ?

Selon le chancelier allemand, Olfa Scholz, l'afflux de prêts à long terme consentis par la Chine aux pays pauvres constitue un "danger sérieux" de voir le monde plonger dans une nouvelle crise financière.

La politique de prêts de la Chine est dans le collimateur de Berlin. L'afflux de prêts à long terme consentis par Pékin aux pays pauvres, particulièrement en Afrique, constitue "un danger sérieux" de voir le monde plonger dans une nouvelle crise financière, a en effet averti, ce vendredi 27 mai, le chancelier allemand Olaf Scholz. "Il existe un danger vraiment sérieux de voir (se déclencher) une prochaine grande crise de la dette dans les pays du Sud liée aux prêts accordés par la Chine, qui n'a elle-même pas une vue d'ensemble en raison des nombreux acteurs impliqués", a estimé le chancelier social-démocrate lors d'un débat au Congrès des catholiques qui se tient à Stuttgart. "Cela plongerait la Chine et les pays du Sud dans une grande crise économique et financière et, en outre, n'épargnerait pas le reste du monde", a insisté le dirigeant. "Il s'agit donc d'une inquiétude sérieuse."

La Chine est accusée de longue date par l'Occident d'utiliser le "piège de la dette" pour exercer une influence sur les autres pays. L'argument est que la Chine prête de l'argent à long terme à d'autres états, qui finissent par devoir céder le contrôle d'actifs clés s'ils ne peuvent pas le rembourser. Pékin rejette ces accusations, arguant que ses prêts visent à soulager la pauvreté. Scholz a dit vouloir convaincre la Chine de se joindre au Club de Paris, groupe informel de créanciers publics dont le rôle est de trouver des solutions coordonnées aux difficultés de paiement de pays, en négociant des allègements ou des rééchelonnements de leur dette. "L'une des grandes ambitions que nous avons est d'intégrer la Chine" dans ce club, a-t-il dit.

"Nouvelles routes de la soie"

Pour contrer l'influence chinoise, l'Union européenne a dévoilé il y a quelques mois un plan d'aide au développement baptisé "Global Gateway", a-t-il rappelé. Dans ce cadre, l'UE compte investir plus de 150 milliards d'euros en Afrique ces prochaines années dans des projets d'infrastructure, de transport ou d'énergie renouvelable. L'initiative est vue comme la réponse européenne aux "nouvelles routes de la soie", le vaste programme chinois de prêts dans des dizaines de pays afin d'y développer des ports, routes, chemins de fer ou des infrastructures numériques.

Le Covid finira-t-il par avoir la peau de Xi Jinping ?

Les nuages s’accumulent pour le dirigeant chinois à la veille du XXe congrès du Parti communiste. Le mécontentement populaire commence à se faire entendre.

« La Russie est déjà le quasi-vassal économique de la Chine ! »

Selon le chercheur associé à Oxford George Magnus, la Russie s’est déjà mise entre les mains de son puissant voisin. Mais Pékin risque gros.

Depuis son invasion de l'Ukraine, la Russie est devenue un paria sur la scène internationale. Les principaux pays occidentaux ont pris, de manière coordonnée, une série de sanctions, avec une rapidité et une sévérité inédites, pour faire plonger son économie. Pour l'heure, Vladimir Poutine peut toutefois compter sur l'appui de son grand voisin et nouvel ami Xi Jinping. Mais quelles sont donc les véritables intentions de ce dernier ? Afin de mieux cerner les liens économiques qui se sont tissés ces dernières années entre ces deux pays-continents, et pour tenter de comprendre quelles seraient les conséquences pour Pékin d'un renforcement de son alliance avec Moscou, nous avons interrogé l'économiste britannique George Magnus. Spécialiste de l'empire du Milieu, chercheur associé au China Center de l'université d'Oxford et à la School of Oriental and African Studies de Londres (SOAS), il est notamment l'auteur d'un livre remarqué sur les faiblesses cachées de l'économie chinoise, Red Flags : Why Xi's China is in Jeopardy (presses de l'université de Yale, non traduit).

Le Point : À quel point les économies chinoise et russe sont-elles interconnectées ?

George Magnus : Ces deux pays commercent moins entre eux qu'ils ne commercent, chacun de leur côté, avec l'Union européenne. Cela dit, leurs liens économiques se sont sensiblement renforcés ces dernières années, le montant de leurs échanges bilatéraux ayant doublé depuis l'invasion de la Crimée pour atteindre environ 150 milliards de dollars par an. Pour Pékin, Moscou est loin d'être le premier partenaire commercial. Mais la Chine importe environ 15 % de ses besoins pétroliers de Russie et elle a récemment commencé à lui acheter du gaz. Ces commandes devraient s'amplifier puisque les deux pays ont annoncé, début février, de nouveaux contrats pétroliers et gaziers pour un montant total de 117,5 milliards de dollars. En revanche, pour la Russie, la Chine est déjà le premier partenaire économique.

La Russie pourrait-elle devenir le vassal économique de la Chine ?

La Russie est déjà un quasi-État vassal de la Chine. Les lourdes sanctions occidentales l'ont isolée sur les plans économiques et financiers, de nombreuses entreprises étrangères sont en train de la quitter, et les pays occidentaux devraient bientôt lui retirer le bénéfice de la clause de « la nation la plus favorisée » au sens de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), ce qui devrait leur permettre de lui imposer des droits de douane élevés. La Russie est devenue un paria économique ; elle de plus en plus dépendante de la Chine. Tant que Vladimir Poutine restera aux commandes, je ne vois pas comment cela pourrait changer.

Ces deux pays ont-ils une vision commune du monde ?

Avant d'être économique, leur alliance est d'abord idéologique. La Chine et la Russie veulent rendre le monde plus sûr pour les régimes autoritaires. Leurs deux dirigeants partagent la même vision : anti-américaine et antilibérale. Ils ont étendu leur coopération militaire, signé des accords de sécurité régionale et forgé des positions géopolitiques coordonnées afin de contrer l'Occident. En témoigne la longue déclaration commune de Vladimir Poutine et Xi Jinping publiée à l'occasion de la visite du président russe à Pékin début février.

Que risque la Chine si elle renforce davantage son partenariat avec la Russie ?

On présente souvent les dirigeants chinois comme de brillants joueurs d'échecs, capables de prévoir leurs cinquante prochains coups. Mais on se trompe. Avec la Russie, Xi Jinping a fait une erreur de calcul. Et il se retrouve comme un homme coincé sur un fil barbelé. Quoi qu'il fasse, il n'a aucune bonne option de sortie. Le risque principal pour lui, si la guerre en Ukraine dure et s'il continue à soutenir Vladimir Poutine, c'est d'être considéré comme son complice. Cela pourrait conduire les entreprises et les investisseurs occidentaux à recalibrer leurs stratégies d'investissements à son détriment. Pour le moment, le président chinois ne semble pas vouloir donner des gages de neutralité. Mais il devrait pourtant se souvenir que c'est la mondialisation qui a rendu possible l'ascension de son pays. Si le monde se referme, ses perspectives économiques, déjà ternes, vont se dégrader.

Le Covid-19 semble se propager dangereusement dans l'empire du Milieu. Xi Jinping a-t-il fait une erreur avec sa stratégie « zéro Covid » ?

En 2020 et 2021, la politique « zéro Covid » de la Chine a été un succès retentissant, et ses dirigeants en ont même profité pour se moquer des difficultés rencontrées par leurs homologues américains et européens en matière de lutte contre l'épidémie. Cela dit, la montée du virus à Hongkong et la découverte de nouveaux cas dans des provinces qui représentent près de la moitié du PIB chinois montrent que Pékin doit faire très attention à ne pas perdre le contrôle. Comme le vaccin local est largement considéré comme inefficace par la communauté scientifique internationale, que le gouvernement chinois n'autorisera pas les importations de sérums à ARN pour ne pas perdre la face, et que l'immunité collective est très faible dans le pays, la population chinoise pourrait bien être la plus vulnérable de la planète au variant Omicron. En Occident, on considère que la stratégie « zéro Covid » ne fonctionne pas face à ce variant. Mais il est peu probable que la Chine change de stratégie avant le 20e congrès du Parti communiste, qui se tiendra à l'automne prochain.

Selon le Premier ministre Li Keqiang, la Chine devrait atteindre une croissance économique de + 5,5 % en 2022, après + 8,1 % l'an dernier. Est-elle en perte de vitesse ?

Lorsque le Premier ministre Li a dévoilé cet objectif, la plupart des observateurs ont constaté qu'il s'agissait de la perspective de croissance la plus basse fixée par la Chine depuis des décennies. Mais il fallait surtout relever que cet objectif est nettement plus élevé que ce que le pays peut espérer atteindre sans une nouvelle relance considérable de son économie. Fin 2021, la croissance chinoise était à + 4 %, du fait de nombreux vents contraires. Les premières semaines de 2022 ont, certes, été meilleures, mais la guerre en Ukraine, qui pourrait avoir des répercussions sur les prix des denrées alimentaires et les exportations, ainsi que la recrudescence du Covid et des confinements dans le pays sont venues assombrir le tableau. Selon moi, cet objectif de + 5,5 % n'est pas réaliste. Il devrait toutefois être atteint grâce à un maquillage comptable et des mesures de relance supplémentaires.

Les investisseurs doivent-ils y réfléchir à deux fois avant de miser sur la Chine en ce moment ?

Les investisseurs devraient, en effet, réfléchir plus attentivement qu'avant. La transparence n'a jamais été le fort de la Chine, mais maintenant il y a le risque de ne plus pouvoir sortir facilement de ses positions. On peut également craindre que de grands groupes chinois soient ciblés par des sanctions ou par des réglementations contraignantes. Cet environnement ne plaide pas pour l'achat d'actions chinoises.

Pékin a augmenté son budget militaire de 7,1 % pour 2022 après une hausse de + 6,8 % en 2021. Les Taïwanais doivent-ils s'inquiéter ?

Bien sûr qu'ils doivent s'inquiéter ! Ils ont un voisin très puissant et très bruyant, dont le chef autocratique a juré d'unifier – il préfère dire « réunifier » – leur île avec le continent. Xi Jinping qualifie Taïwan de province « renégate » ; il nie son existence indépendante comme Vladimir Poutine nie celle de l'Ukraine. Les Taïwanais le savent déjà depuis longtemps, mais la hausse des investissements militaires de Pékin leur rappelle qu'ils ne peuvent pas rester les bras croisés. Je présume néanmoins qu'au regard de la guerre en Ukraine, les États-Unis et d'autres pays interviendront pour renforcer les capacités de défense de Taïwan.

Dans le scénario d'une attaque contre Taïwan, les pays occidentaux pourraient-ils sanctionner la Chine aussi fortement qu'ils l'ont fait avec la Russie ?

Je ne suis pas sûr que cela soit faisable à court terme. En raison de la taille de la Chine, de sa place centrale dans les chaînes d'approvisionnement mondiales et de ses interconnexions avec de nombreux pays, notamment asiatiques. Geler ses 3 000 milliards de dollars de réserve, la bannir du système de traitement des opérations bancaires internationales Swift, lui interdire d'acheter ou de vendre certains produits technologiques, comme l'Occident l'a fait avec la Russie… Tout cela pourrait la paralyser, évidemment. Mais cela reviendrait également à paralyser toute l'économie mondiale. Cependant, cela peut être faisable à moyen terme, disons dans cinq ans. Si nos gouvernements prennent des mesures préparatoires et si nos entreprises arrivent à diversifier leurs chaînes d'approvisionnement.

En cas de sanctions sévères de l'Occident, la Chine pourrait-elle être autosuffisante ?

Absolument pas. La Chine dépend de manière cruciale de l'étranger pour l'énergie et la nourriture. Voilà d'ailleurs pourquoi ses dirigeants mettent en ce moment l'accent sur la sécurité des d'approvisionnements alimentaire et énergétique. La Chine est également dépendante en matière de technologie sur de nombreux plans. Songez qu'elle dépense plus en importation de semi-conducteurs qu'en pétrole brut… Et son commerce extérieur se fait encore largement en dollars. L'Amérique peut être autosuffisante, mais pas la Chine. J'insiste toutefois sur ce point : la sanctionner entraînerait des pertes pour tout le monde.

Dette astronomique, faiblesse de la consommation intérieure, déclin démographique… Il y a trois ans, dans un livre brillant, vous aviez alerté qu'une série de signaux négatifs menaçaient la Chine. Quel est votre diagnostic à présent ?

Le constat reste valable. La Chine a atteint les limites de sa capacité d'endettement. Le secteur immobilier, qui représente entre 22 et 28 % du PIB, va mal, même si le gouvernement essaie de limiter la croissance des crédits. Le piège démographique, qui est la conséquence de l'arrêt trop tardif de la politique de l'enfant unique, est en train de se refermer sur le pays. La fécondité est de 1,3 enfant par femme seulement, et la part des personnes âgées dans la population augmente fortement. Bien des Chinois risquent d'être vieux avant d'être riches, dans un pays qui n'a pas de système de retraite à l'occidentale. Enfin, même si la Chine atteint en 2023 un revenu par habitant supérieur à 12 500 dollars par an, ce qui lui permettra de figurer parmi les pays à « revenu élevé » au sens de la Banque mondiale, elle reste trop dépendante des exportations et n'a pas encore atteint un niveau de productivité de ses travailleurs satisfaisant.

Comment peut-elle y remédier ?

 
 

La clé pour devenir une nation durablement riche réside dans des institutions qui favorisent la productivité. Cela peut être le système scolaire, par exemple : en Chine, seulement 30 % des personnes en âges de travailler ont un diplôme du secondaire (niveau lycée) ou supérieur. Cela peut-être aussi un État de droit. Comme l'Union soviétique d'autrefois la Chine a de nombreuses lois, mais le Parti communiste règne sur tous les pouvoirs : exécutif, législatif et judiciaire. Et le droit de propriété est opaque. Imaginez à quel point les entreprises et les travailleurs chinois pourraient être plus productifs s'ils jouissaient de vrais droits de propriété et de l'égalité devant la loi. Mais le régime de Xi Jinping n'en veut pas.

 

Par

Les 9 problèmes inquiétants qui poussent l’économie chinoise au bord de l’effondrement

Alors que la guerre en Ukraine fait rage, le monde entier observe le rôle que la Chine va jouer dans ce conflit. La superpuissance asiatique espère profiter du conflit pour dépasser les États-Unis sur la scène mondiale. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire. Comme l’Amérique, la Chine est aux prises avec une série de problèmes économiques croissants (et profondément imbriqués).

En 2009, la Chine a été le premier pays à renouer avec la croissance économique après la crise financière mondiale en adoptant des mesures de relance historiques. De même, pendant la pandémie de Covid-19, la Chine a été presque le seul pays au monde à enregistrer une croissance économique en 2020. Avec l’invasion russe en Ukraine, il semble que la Chine pourra absorber de plus en plus de matières premières russes et se positionner comme un gagnant économique de cette crise. 

Pendant ce temps, les États-Unis et l’Europe souffrent d’une inflation angoissante, obligeant leurs banques centrales à resserrer leur politique monétaire. Aux États-Unis, les taux d’intérêt pourraient être relevés à un point tel que le pays pourrait tomber dans une sorte de récession. Le seul obstable vers cette voie est la Réserve fédérale qui veut permettre un « atterrissage en douceur » de l’économie. 

Mais tout ne se passe pas sans heurts pour la Chine. Comme l’Occident, la Chine est confrontée à une série de problèmes évidents et croissants qui pourraient bien mettre un terme brutal à son ascension en tant que puissance mondiale dominante.

Les 9 plus grands défis de l’économie chinoise à l’étude :

1. La Chine est confrontée à la plus grande épidémie de Covid-19 depuis Wuhan

La stratégie chinoise « zéro-covid » ne fait pas le poids face au variant Omicron. Bien que le pays ait longtemps réussi à limiter le nombre et la propagation des infections en mettant en place des mesures de confinement « chirurgicales », des tests massifs et des restrictions strictes en matière de voyages, Omicron se répand aujourd’hui.

Dimanche, quelque 3.400 infections ont été détectées dans tout le pays, ce qui représente le double du nombre d’infections quotidiennes. Changchun, la plus grande ville de la province de Jilin, qui compte 9 millions d’habitants, s’est rapidement confinée après la découverte de 23 infections. Un jour plus tard, le reste de la province a dû se mettre en quarantaine également.

Des villes chinoises comptant des millions d’habitants se sont souvent confinées pendant la pandémie, mais cette épidémie a des conséquences particulièrement lourdes. Shanghai, par exemple, la plus grande ville de Chine avec 26 millions d’habitants et un endroit important pour le commerce maritime mondial, est également menacée de confinement. A Pékin et à Chongqing également, de plus en plus de nouveaux cas de Covid-19 apparaissent. Enfin, lundi, Shenzhen (17,5 millions d’habitants) a été confinée.

Shenzhen est la Mecque de la technologie en Chine et est même connue comme la Silicon Valley de la région. En conséquence, Foxconn, le fournisseur de puces d’Apple installé sur place, a dû interrompre sa production lundi. Le port de Shenzhen, une importante artère maritime, sera également fermé. Il s’agit d’un énième coup porté aux chaînes d’approvisionnement mondiales, mais l’économie chinoise ressentira sans doute aussi le lockdown de sa ville la plus innovante.

2. Les actions chinoises sont en chute libre

L’indice Hang Seng-tech de la bourse de Hong Kong a déjà subi un coup dur du fait du confinement de Shenzhen. Lundi matin, l’indice était en baisse de près de cinq pour cent. Mais les choses ne vont pas bien pour le marché boursier de Hong Kong depuis un certain temps. En un an, le Hang Seng a perdu près d’un tiers de sa valeur. En cinq ans, l’indice Hang Seng a chuté d’au moins 20%. 

L’indice NASDAQ Golden Dragon China, une liste des actions chinoises à Wall Street, a connu une chute vertigineuse de 66% en l’espace d’un an. Lundi, le même indice avait déjà enregistré une perte de 10% (!). À ce rythme, dans quelques jours, l’indice pourrait même être plus bas qu’au début de la crise du crédit en 2008. 

Et puis il y a les histoires tragiques d’Alibaba et de Didi, deux entreprises qui font l’objet d’une surveillance constante de la part des régulateurs chinois et qui ont été sévèrement sanctionnées. Le cours de l’action d’Alibaba a baissé d’au moins 70% depuis le pic atteint fin 2020. La semaine dernière, le prix des actions d’Alibaba était inférieur au prix de clôture du jour de son introduction en bourse. Didi, une application de taxi chinoise qui a osé faire son entrée en bourse à Wall Street, a subi une chute de 44% en bourse lundi.

3. Les obligations chinoises sont au bord de l’effondrement

Le marché obligataire chinois ressemble de plus en plus à un marché d’obligations de pacotille. Les obligations d’État, qui sont étroitement liées au secteur de l’immobilier (nous y reviendrons), sont soumises à une forte pression. La raison en est que les rendements moyens sur les marchés étrangers ont augmenté de 25%. Ce qui est préjudiciable aux obligations chinoises. 

En outre, le marché des obligations d’État chinoises présente d’autres symptômes inquiétants. Le rendement des obligations d’État à 10 ans a atteint 2,86%, son niveau le plus élevé de l’année. Les investisseurs craignent que cela soit le résultat d’une sortie croissante de capitaux.

4. Les investisseurs étrangers se débarrassent en masse des obligations chinoises

Les investisseurs étrangers se retirent fébrilement du marché des obligations d’État chinoises. Ce groupe a vendu pour au moins 5,5 milliards de dollars d’obligations chinoises en février. Selon Bloomberg, il s’agirait de la plus grande sortie mensuelle jamais enregistrée et également de la première réduction de la valeur du marché depuis mars 2021.

Selon certaines théories, ce sont les investisseurs russes qui vendent le plus d’obligations chinoises. En raison des sanctions occidentales, ils auraient de moins en moins accès aux avoirs étrangers par l’intermédiaire de leur banque centrale.

5. Le secteur immobilier chinois continue de s’effondrer

Le boom de la construction en Chine a été l’un des principaux moteurs de la croissance économique explosive du pays au cours des dernières décennies. Mais le gouvernement chinois a commencé à sévir contre les prêts excessifs et a fait dérailler la spéculation sur le marché immobilier il y a quelques années. En conséquence, certains titans de l’immobilier sont en grande difficulté. Le plus important d’entre eux est sans doute Evergrande, le promoteur immobilier qui doit rembourser plus de 300 milliards de dollars de dettes. 

Il y a déjà au moins 14 sociétés immobilières chinoises qui sont menacées de faillite. Le gouvernement chinois refuse de renflouer ces entreprises. Les gouvernements locaux veulent bien baisser les taux hypothécaires et autoriser à nouveau davantage de prêts bancaires pour les sociétés immobilières, mais cela ne semble guère stimuler la vente de biens immobiliers en Chine pour le moment.

Par exemple, les ventes de propriétés résidentielles en Chine ont chuté de façon spectaculaire au cours des deux premiers mois de 2022. China Vanke, le deuxième plus grand géant immobilier du pays, a déjà vu ses ventes chuter de 44% cette année. China Overseas Land, une société immobilière d’État, a même enregistré une baisse de 54%. Les craintes d’une implosion imparable du secteur immobilier chinois restent réelles.

6. Les violations des droits de l’Homme en Chine affectent désormais aussi l’économie locale

Le fonds pétrolier public norvégien, qui gère quelque 1.300 milliards de dollars d’actifs, a vendu sa participation dans la marque chinoise de vêtements de sport Li Ning la semaine dernière. Les Norvégiens ne sont pas amusés que Li Ning puisse utiliser le travail forcé des Ouïgours pour produire ses vêtements.

Cela rend plusieurs investisseurs en Chine et à l’étranger nerveux quant à la façon dont les grandes institutions occidentales pourraient investir dans les actions chinoises dans un avenir proche. La décision prise par les Norvégiens la semaine dernière a déjà provoqué une onde de choc sur les marchés boursiers chinois. L’indice CSI 300, un indice boursier chinois regroupant les 300 plus grandes actions négociées à la Bourse de Shanghai et à la Bourse de Shenzhen, a enregistré sa plus forte perte depuis mars 2020 et l’indice Hang Seng a clôturé avec l’une de ses plus fortes pertes depuis 2016.

Si les investisseurs occidentaux commencent effectivement à prendre au sérieux les violations des droits de l’Homme commises par la Chine au Xinjiang et à Hong Kong, cela pourrait bien sonner le glas de l’économie chinoise.

7. Les prêts chinois s’effondrent

Les chiffres du crédit chinois pour le mois de février ont été beaucoup plus faibles que prévu après que les prêts hypothécaires du pays se soient contractés pour la première fois en 15 ans. Après une année record, l’expansion du crédit a ralenti en février en raison des longues vacances du Nouvel An chinois et de la diminution du nombre de prêts contractés en raison de l’effondrement du marché immobilier décrit précédemment. Les banques n’ont prêté que 1,2 billion (1.200 milliards) de yuans en février, contre 4 billions de yuans en janvier. 

Tout ceci suggère que les entreprises deviennent plus réticentes à emprunter et à investir. « Il y a un manque de stimulation de la croissance, et la demande de l’économie réelle est faible. La banque centrale chinoise devra réduire les taux d’intérêt plus tôt que prévu », a suggéré Zhou Hao, économiste à la Commerzbank AG, dans une interview accordée à l’agence de presse Bloomberg.

8. La Chine double la bande de fluctuation du yuan par rapport au rouble russe

La banque centrale chinoise a récemment annoncé qu’elle allait doubler le taux de change entre le yuan et le rouble. Selon Bloomberg, les deux monnaies pourraient désormais s’échanger à environ 10% du taux de change fixe. Cette décision a été prise pour satisfaire la « demande de développement du marché » entre les deux pays, selon le système de commerce extérieur chinois. Auparavant, la limite de ce taux de fixation était d’environ 5%.

Cette volatilité introduite sur le marché monétaire pourrait bien entraîner une diminution de l’intérêt pour le commerce des monnaies chinoise et russe. Le rouble russe s’est effondré à la suite d’une série de sanctions occidentales impitoyables. Une monnaie chinoise qui se lie de plus en plus à un rouble faible deviendra également moins attrayante.

Le commerce bilatéral total entre la Russie et la Chine a été estimé à quelque 112 milliards de dollars en 2020. Cependant, Xi Jingping et Vladimir Poutine ont signé le mois dernier une série d’accords visant à augmenter sérieusement les fournitures russes de gaz, de pétrole et de blé.

9. Le PIB de la Chine pourrait bientôt diminuer

Les indicateurs décrits précédemment, à savoir l’affaiblissement de la consommation sur les marchés chinois et les problèmes persistants des chaînes d’approvisionnement, associés à l’épidémie de Covid-19, pourraient bien entraîner une baisse du PIB chinois au premier trimestre de cette année. 

La banque d’investissement Morgan Stanley prévoit déjà une croissance nulle du PIB chinois. Selon la banque américaine, les coûts économiques de la politique du « zéro-covid » l’emporteront de plus en plus sur les avantages.

Conclusion : la banque centrale de Chine pourrait bientôt être contrainte d’assouplir sa politique monétaire afin d’atténuer les problèmes économiques croissants du pays. Pendant ce temps, les États-Unis font le chemin inverse et envisagent de relever leurs taux d’intérêt. Les politiques monétaires des États-Unis et de la Chine vont donc diverger. Les conséquences de cette divergence ne sont pas encore tout à fait claires. 

Entre-temps, la banque centrale chinoise a ajusté son objectif de croissance économique pour cette année à 5,5%. Selon plusieurs économistes, ce chiffre est toutefois irréalisable. Seule une relance financière massive pourrait maintenant sauver la Chine d’une récession douloureuse. Même le Premier ministre chinois Li Keqiang a déclaré lors de sa conférence de presse annuelle qu’il sera difficile d’atteindre ce taux de croissance. Ce n’est peut-être pas une coïncidence si Li a également annoncé lors de cette même conférence de presse que 2022 serait sa dernière année en tant que Premier ministre chinois.

Jeremy Van der Haegen
publié le

 

https://fr.businessam.be/les-9-problemes-inquietants-qui-poussent-leconomie-chinoise-au-bord-de-leffondrement/

La Chine est confrontée à sa pire pénurie d’électricité depuis une décennie. C’est un problème pour le monde entier

« La Chine est au milieu d’une énorme crise de production d’électricité alors que les conditions météorologiques extrêmes, la demande croissante d’énergie et les limites strictes de l’utilisation du charbon portent un triple coup dur au réseau électrique du pays. C’est un problème qui pourrait durer des mois, et mettre à rude épreuve la reprise économique du pays et peser sur le commerce mondial .

Plusieurs provinces chinoises ont déclaré qu’elles étaient confrontées à une crise de puissance ces dernières semaines, y compris certains des moteurs les plus importants du pays pour la croissance économique.

La province du Guangdong – un centre de fabrication responsable de plus de 10 %, de la production économique annuelle de la Chine et d’une plus grande part de son commerce extérieur – rationne son électricité depuis plus d’un mois. Les restrictions ont forcé des entreprises de toute la province à fermer leurs portes quelques jours par semaine. Certaines autorités locales préviennent que le rationnement de l’électricité pourrait durer jusqu’à la fin de l’année.

Il n’y a pas que le Guangdong. Au moins neuf provinces ont déclaré qu’elles étaient confrontées à des problèmes similaires, notamment le Yunnan, le Guangxi et le centre de fabrication du Zhejiang, obligeant les autorités régionales à annoncer des coupures de courant dans une région de la Chine de la taille du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de la France et du Japon réunis.
La crise de l’électricité a même contribué au ralentissement de la croissance de l’activité des usines en Chine en juin, a reconnu mercredi le Bureau national des statistiques du pays.

Cette fois-ci, le boom des matières premières post-pandémique et les conditions météorologiques extrêmes obligent à nouveau les centrales électriques au charbon à réduire leur production, tout en entravant l’hydroélectricité. Mais il y a une différence clé : la Chine est également aux prises avec la façon de répondre à la pression du président Xi Jinping pour une Chine neutre en carbone d’ici 2060. Cet objectif ambitieux pour le plus grand consommateur de charbon au monde a conduit les mines de charbon du pays à produire moins, entraînant une augmentation prix, selon Yao Pei, stratège en chef de la société de courtage chinoise Soochow Securities.

Les pénuries pourraient donner un coup de poing qui pourrait faire dévier la fragile reprise de la Chine, tout en créant de nouveaux problèmes pour les chaînes d’approvisionnement mondiales qui ont déjà du mal à faire face.
« Le rationnement de l’électricité nuira inévitablement à l’économie », a déclaré Yan Qin, analyste principal du carbone pour Refinitiv.

Une pénurie d’électricité pourrait réduire la production dans pratiquement tous les secteurs de l’économie, y compris les principales industries de la construction et de la fabrication. Ces entreprises ont utilisé près de 70 % de l’électricité de la Chine l’année dernière, selon le Bureau national des statistiques, et ont été les principaux moteurs de la reprise en 2021.

Chengde New Material, basé à Guangdong, l’un des plus grands producteurs d’acier inoxydable du pays, a déclaré à ses clients à la fin du mois dernier qu’il fermerait ses activités deux jours par semaine jusqu’à ce que l’électricité n’ait plus besoin d’être rationnée. La société s’attend à ce que les volumes de production diminuent de 20 %, soit jusqu’à 10 000 tonnes d’acier par mois.

« Les entreprises ne sont pas satisfaites de cela », a déclaré Klaus Zenkel, président de la Chambre de commerce de l’Union européenne dans le sud de la Chine. Il a déclaré que jusqu’à 80 des sociétés membres de la chambre pourraient avoir été affectées par les ordres du gouvernement de suspendre leurs opérations pendant quelques jours par semaine, ajoutant que les fabricants nationaux ont également été contraints d’échelonner la production. Certaines entreprises ont même commencé à louer des générateurs diesel coûteux pour poursuivre leurs activités, a-t-il déclaré.

Le rationnement de l’électricité dans la province clé productrice de métaux du Yunnan a même provoqué une baisse de l’offre de certains types de métaux, notamment l’aluminium et l’étain, selon des données gouvernementales et des recherches indépendantes.

Les réductions de production et la perspective de délais de livraison non respectés dans toute la Chine risquent également d’étirer une chaîne d’approvisionnement mondiale déjà serrée. Le Guangdong est à lui seul un centre manufacturier qui représente un quart du commerce total de la Chine, y compris les vêtements, les jouets et l’électronique.

« Cela [la pénurie d’électricité] pourrait ajouter aux retards d’expédition qui peuvent être ressentis dans le monde entier », a déclaré Henning Gloystein, directeur de l’énergie, du climat et des ressources chez Eurasia Group.

Les experts attribuent l’ampleur de la crise énergétique à une multitude de problèmes, allant de la forte demande d’énergie aux conditions météorologiques extrêmes.

Le plan de relance économique de Pékin axé sur les infrastructures est très intensif en carbone, selon Lauri Myllyvirta, analyste en chef pour le Centre de recherche sur l’énergie et l’air pur. Au cours des cinq premiers mois de l’année, la consommation d’électricité dans le sud de la Chine a dépassé les niveaux d’avant la pandémie, en hausse de 21 % par rapport à la même période en 2019, selon China Southern Power Grid, un grand opérateur de réseau public.

Le charbon participe toujours à la production d’environ 60 % de l’électricité du pays . Mais le gouvernement se méfie de l’augmentation de ce chiffre – et a donc essayé de réduire la consommation de charbon alors qu’il tente d’atteindre son objectif de devenir neutre en carbone d’ici 2060.
Les limitations de l’utilisation du charbon, cependant, ont coïncidé avec une soif d’énergie causée par le rajeunissement économique , ainsi que des conditions météorologiques extrêmes. Cela provoque une tension croissante entre l’offre et la demande ».

Pour résumer c’est pékin qui fait baisser volontairement la production électrique…
Donc vous avez compris. Certes il y a bien quelques problèmes de niveau d’eau dans les barrages, mais il n’y a là rien d’insurmontable si l’on remet en route les centrales à charbon volontairement éteinte par Pékin.

D’ailleurs comme le dit CNN, « finalement, les autorités devront peut-être penser à céder sur certains objectifs climatiques. Il a suggéré que Pékin pourrait « remettre en ligne » les centrales électriques qui ont été fermées plus tôt cette année pour lutter contre la pollution excessive ».

Pourtant, cela ne sera pas fait. « Qin a déclaré que les pénuries d’électricité resteront probablement un problème « assez souvent » pendant au moins un certain temps. La Chine semble déterminée à contrôler l’énergie sale et tente d’augmenter son utilisation des sources renouvelables et de réduire l’utilisation des combustibles fossiles.

« Le problème auquel est confrontée l’approvisionnement électrique de la Chine est de savoir comment répondre à la fois aux besoins croissants d’électrification et à l’objectif de décarbonisation », a déclaré Qin, ajoutant que si la Chine développe de nombreuses sources d’énergie renouvelables, ces sources ne sont pas encore aussi stables que celles qui utilisent des combustibles fossiles. »

merci à Eric Schmitt Prov pour le lien et la traduction

(posté par J-Pierre Dieterlen)

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