hiver 2022/2023 : tempête parfaite

Publié le par ottolilienthal

Nicolas Meilhan@NicolasMeilhan

Pour récapituler ce qui nous attend énergétiquement cet hiver

: - gaz : pas de pénurie au prix d'une désindustrialisation massive

- électricité : prix abordable mais pas à l'abri de "pénuries" en janvier

– diesel : prix multipliés par 3 en 2 ans et pas à l'abri d'une pénurie·Twitter Web App

https://twitter.com/NicolasMeilhan/status/1594428441012600836?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1594428441012600836%7Ctwgr%5Ea2a049971647d2d9ffc5a3f57f1760d848d5d5a0%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.cointribune.com%2Fbitcoin-semaine-47%2F

Les cantines scolaires asphyxiées par la hausse des prix, des milliers d'emplois menacés

Les entreprises privées réalisant des prestations de restauration scolaire demandent une renégociation des prix définis avec les collectivités locales : "à chaque repas servi dans une cantine, les entreprises de notre secteur perdent de l’argent".

Elles servent chaque jour près de 3,2 millions de repas, et pourtant, elles ne parviennent plus à joindre les deux bouts en raison de la hausse des prix des denrées alimentaires. Les entreprises de la restauration scolaire appellent à l'aide, dans une tribune publiée en partie ce samedi 5 novembre par nos confrères du Parisien. Acculées par l'inflation des prix et des factures d'énergie, elles demandent 9 % d'augmentation par rapport aux prix pratiqués au 1er janvier 2022 d'ici la fin de l'année aux collectivités qui les emploient. Car "à chaque repas servi dans une cantine, les entreprises de notre secteur perdent de l’argent", écrit le Syndicat national de la restauration collective (SNRC) dans sa tribune qui sera publiée en totalité lundi prochain.

Selon un responsable d'un grand groupe interrogé par le quotidien, les prix des denrées alimentaires auraient augmenté de 7% au début de l'été, jusqu'à atteindre les 13% de hausse en octobre. Or, plus de 90% des contrats n'auraient "pas été revalorisés à un prix équitable depuis le début de l'année", déplore Anne-Laure Desclèves, porte-parole du SNRC, sur Franceinfo ce samedi 5 novembre. En pratique, il est difficile de modifier un contrat en cours. "Quand vous passez un contrat public avec une collectivité, vous vous engagez pour plusieurs années, vous n'avez pas la possibilité de modifier les prix", a expliqué la porte-parole. Mais la situation actuelle, avec des "inflations alimentaires" exceptionnelles, nécessite de pouvoir les changer, a-t-elle plaidé.

Si ces hausses ne sont pas répercutées, le secteur demande à ce que les contrats soient dénoncés –c'est-à-dire que les entreprises concernées puissent mettre fin à leur contrat. Cela est normalement impossible à moins d'entrer dans les exceptions définies dans la convention, comme le cas de force majeure. Certaines entreprises pourraient bien mettre la clé sous la porte, de quoi mettre les 100.000 salariés qui y travaillent au chômage. Le SNRC confirme auprès du Parisien : "Ce sont des milliers d’emplois menacés d’ici le printemps." C'est un "chantage par voie de presse", déplore l’Association des maires de France (AMF) interrogée par nos confrères, qui compte réunir prochainement les acteurs du secteur.

 

 

https://www.capital.fr/economie-politique/les-cantines-scolaires-asphyxiees-par-la-hausse-des-prix-des-milliers-demplois-menaces-1451181

Prix de l’électricité : doit-on craindre pour la survie des PME ?

Comme Duralex, qui a annoncé lundi 31 octobre mettre en pause l’une de ses usines pendant cinq mois, plusieurs entreprises ont ajusté leurs activités afin de survivre à la flambée de l'électricité. Présent sur le plateau du 19/20, le journaliste Luc Bazizin fait le point sur la situation.

Lundi 31 octobre, il est envisageable que d’autres TPE et PME mettent leur activité en veille pour faire face à la flambée des prix de l’électricité. “Comme l’indique une enquête de la confédération des PME, 9 % des entreprises envisagent un arrêt de leur activité à cause de la hausse du prix de l’énergie”, explique le journaliste Luc Bazizin, présent sur le plateau du 19/20. En 2021, l’énergie ne dépassait que 3 % du chiffre d’affaires pour 21 % des entreprises, ce chiffre sera de 60 % en 2023.

Tenir jusqu'en 2023 pour espérer s'en sortir

Bon nombre de ces petites entreprises montrent des signes de fragilité. La trésorerie se dégrade pour 38 % d’entre elles, en raison du retard ou des incidents de paiement notamment. “Du coup, beaucoup peinent à payer leurs charges ou à rembourser leurs prêts. Plus de 56 % subissent des difficultés d’approvisionnement”, souligne le journaliste. En plus de cela, plus de la moitié de ces petites entreprises dépensent 10 % de plus pour produire. Malgré les 7 milliards d’euros d’aide aux PME, il faudra tenir jusqu’en janvier 2023, date à laquelle elles obtiendront une réduction immédiate sur leur facture d’électricité.

 

Crise énergétique : les coupures ne pourront pas être évitées cet hiver, prévient EDF

Même en cas d'hiver "normalement froid", il y aura des coupures d'électricité, explique un des responsables d'EDF.

"Si nous avons un hiver normalement froid, ou très froid, nous ne pourrons pas nous passer de délestage". Par ces mots prononcés ce jeudi 13 octobre en Conseil social et économique d'EDF, Philippe Page le Mérour, secrétaire du comité, a balayé l'espoir de ne pas subir des coupures d'électricité dans les prochains mois, rapporte l'agence Reuters, relayée par Le Midi Libre, jeudi 13 octobre. Jusqu'à présent, EDF avait expliqué que la question se poserait seulement en cas d'hiver très froid.

Les efforts des Français comme le chauffage à un maximum de 19°C (préconisés par le gouvernement dans son plan de sobriété) et le dispositif d'alerte Ecowatt devaient permettre d'éviter les délestages - des coupures d’électricité temporaires - estimait le Réseau de transport d’électricité (RTE) à la mi-septembre. RTE préconisait toutefois que pour les éviter, il faudrait mettre en œuvre des mesures de sobriété dans le cadre d'une "mobilisation générale".

Mais désormais, même si l'hiver est normalement froid, des coupures auront bel et bien lieu, explique ce cadre d'EDF - des mesures partielles, à l'inverse du black-out. Reste à savoir comment elles seraient mises en œuvre. Délestage uniquement aux heures de pointe, de seulement quelques heures, sur quelques endroits précis, avec des lieux exclus comme les hôpitaux...

Cette déclaration est faite le jour où une grève a été décidée dans huit réacteurs d'EDF en vue de soutenir les grévistes de TotalEnergies et de Esso-ExxonMobil, dont Gravelines, Curas, Cattenom, Tricastin et Bugey, expliquent nos confrères.

Y aura-t-il de l’électricité à Noël ?

Guerre en Ukraine, centrales à l’arrêt, sécheresse… Comment la France veut éviter un « Waterloo électrique » cet hiver. Le compte à rebours a commencé.


 

Didier Holleaux se triture les sourcils, qu'il a broussailleux. Il ne réfléchit pas très longtemps. Du haut de sa trentaine d'années passées dans le secteur de l'énergie, le directeur général adjoint d'Engie en est certain : il n'a jamais vu ça. « C'est, comme disent les Anglo-Saxons, the perfect storm, "la tempête parfaite", où tous les événements graves et imprévus s'additionnent. Non, vraiment, je n'ai jamais connu une crise de cette ampleur. » Des malheurs du nucléaire à la guerre en Ukraine en passant par la canicule et la sécheresse, la France traverse une « tempête parfaite » susceptible de provoquer, dans le pire des scénarios, un black-out de notre système électrique cet hiver. Les particuliers, mais aussi les entreprises et les administrations, pourraient être frappés, a minima en devant réduire leur consommation d'énergie. « La France affronte un Waterloo électrique », cingle même dans un article de Bloomberg Javier Blas, un expert reconnu du secteur énergétique.

Dix gigawatts. Les chiffres sont inquiétants. Si l'on totalise les moyens de produire de l'électricité de façon certaine (c'est-à-dire en excluant, notamment, l'éolien et le solaire), il manque environ 10 gigawatts (GW) pour passer sans trop de dommages l'hiver prochain, soit près d'un dixième de toutes nos capacités de production. Dix gigawatts, c'est aussi, précisément, la puissance dont on s'est privé ces dix dernières années, si l'on additionne les deux réacteurs de Fessenheim (1,8 GW) et 8 GW de centrales thermiques. « Et il n'y a pas moyen de rattraper ces 10 GW dans les six prochains mois », confie Nicolas Goldberg, consultant de Colombus Consulting, cabinet de conseil en organisation.

Le premier maillon défaillant, car le plus important, c'est le nucléaire. Il fournit habituellement 70 % de notre électricité, mais il tourne au ralenti depuis plusieurs mois. « Seule la moitié de sa capacité est disponible », alerte Nicolas Goldberg. Le Covid est passé par là. En manque de bras et tenue d'appliquer des normes draconiennes au plus fort de la crise sanitaire, en 2020, EDF a dû décaler les opérations de maintenance prévues sur ses réacteurs, retardant leur remise en route. L'entreprise tente désormais de rattraper son retard en concentrant les chantiers cet été, histoire d'être à peu près en ordre de marche pour l'hiver.


 

Situation chaotique. L'an dernier est arrivée une nouvelle tuile : la découverte, sur 12 des 56 réacteurs, d'une fragilité affectant les soudures de certaines canalisations. EDF n'a pas eu le choix : il lui a fallu encore lever le pied pour identifier l'ampleur du problème, et le résoudre. L'entreprise estime que ces déboires sont la cause principale d'une chute de production nucléaire de 15 % entre juin 2021 et juin 2022. Les vagues de chaleur de l'été auraient pu aggraver la situation, déjà chaotique. Les centrales ne peuvent en effet ni pomper l'eau ni en rejeter si les fleuves sont trop chauds, ce qui les oblige à ralentir leur production. Mais, au vu de la situation plutôt tendue, le gouvernement a autorisé EDF, par arrêté en date du 6 août, à déroger temporairement à ces limites. Il ne s'agirait pas de se priver encore plus de la manne du nucléaire, même en pleine canicule : alors que l'impact des climatiseurs était jusqu'à ces dernières années assez faible, ces appareils très gourmands en énergie se sont multipliés un peu partout, des habitations aux entreprises. Leur consommation représente aujourd'hui le potentiel d'une dizaine de réacteurs nucléaires.

Comme si ça ne suffisait pas, la sécheresse affecte les barrages, qui fournissent habituellement de 10 à 12 % de l'électricité nationale. Fin juillet, les lacs de retenue n'étaient remplis qu'à 67 %, soit 13 points au-dessous de la moyenne historique. Or ces réserves, constituées avant tout au printemps par les pluies et la fonte des neiges, sont essentielles pour fournir les électrons indispensables en hiver. Il faudrait que les réserves atteignent l'équivalent de 3 térawattheures (TWh) à l'automne pour bénéficier d'une marge suffisante cet hiver, alors que le stock n'était que de 2,3 TWh le 12 août.

Les deux réacteurs de Fessenheim, débranchés en 2020, n'auraient pas suffi à sauver le pays l'hiver prochain. Mais le signal envoyé par le gouvernement est déconcertant : on ferme 1,8 GW de capacité nucléaire très peu polluante et, parce que les moyens de production font désormais défaut, on rouvre une centrale à charbon, celle de Saint-Avold, qui rejette à peu près 250 fois plus de CO2 dans l'atmosphère que l'atome… Et ce ne sont pas les 14 EPR, les réacteurs de nouvelle génération promis par Emmanuel Macron au printemps, qui redresseront la barre : le premier d'entre eux n'entrera en service, au mieux, que dans quinze ans !


 


 


 

Addition. Cet hiver, on paiera peut-être l'addition d'une politique énergétique à courte vue. « On s'est endormi au volant », alerte Nicolas Goldberg. L'expert en énergie regrette ainsi les tergiversations sur le nucléaire (Emmanuel Macron avait annoncé en début de mandat la fermeture de 14 réacteurs avant de relancer la filière), ou encore l'abandon des tarifs dits « effacement des jours de pointe », ce fameux dispositif qui aidait les Français à réguler leur consommation d'électricité. En période de monopole et de nucléaire tout-puissant, ces tarifs semblaient pittoresques, au point qu'EDF puis les opérateurs alternatifs comme TotalEnergies les ont laissés de côté. Ils permettaient pourtant de gagner, par le jeu des économies d'énergie, quelque 4 GW, soit la capacité de trois à quatre réacteurs nucléaires…

Moins connue, la méthanisation aurait pu aussi venir à notre secours en période de vaches maigres. Cette technique de production de gaz à partir de déchets organiques n'a pourtant pas toujours eu une bonne cote, notamment parce qu'elle n'était pas assez compétitive. Avec un prix du gaz naturel multiplié par dix depuis la guerre en Ukraine, la méthanisation redevient alléchante. Son potentiel aussi : ce procédé pourrait couvrir, dans les prévisions les plus optimistes, la moitié des besoins en gaz estimés en 2030.

Écureuils. Pour l'heure, tels les écureuils à l'approche de l'hiver, les professionnels du gaz naturel font leurs provisions. Il s'agit de se protéger des risques de coupure et des envolées tarifaires du gaz russe, qui représentait avant l'invasion de l'Ukraine 20 % de notre consommation. Ni une ni deux, la France a paré au plus pressé en alimentant la quinzaine de stockages souterrains de gaz naturel du territoire. Ceux que gère Engie, le principal acteur national, sont déjà pleins à 80 %, un peu au-dessus du niveau habituel à cette époque de l'année. Lorsqu'ils seront tous remplis à ras bord, ils contiendront un tiers de notre consommation annuelle de gaz. De quoi voir - un peu - venir.

Deuxième parade : remplacer l'imprévisible fournisseur russe, le deuxième du pays derrière la Norvège. Engie a fait feu de tout bois. L'entreprise dirigée par Catherine MacGregor a, entre autres, signé de nouveaux contrats de fourniture de gaz naturel liquéfié avec les américains Cheniere et NextDecade, et négocié avec le gouvernement norvégien pour qu'il soutire plus de gaz de ses puits au détriment du pétrole. « Les fournisseurs sont devenus très ingénieux », s'amuse Didier Holleaux. Il cite le cas de l'Égypte, qui accepte désormais de liquéfier du gaz naturel fourni par son remuant voisin israélien, ce qui semblait jusque-là une incongruité…

À la demande du gouvernement, Didier Holleaux a aussi pris son bâton de pèlerin dès le déclenchement des hostilités en Ukraine pour identifier, tel un émissaire de l'ONU, quelques différends néfastes à la production gazière mondiale. Il a remis en juin un rapport au gouvernement. Réalisé avec Hélène Dantoine, directrice de la diplomatie économique au Quai d'Orsay, ce document note, exemple parmi d'autres, que l'Iran pourrait accroître sa production de gaz si le dossier sur le nucléaire civil et militaire avançait dans un sens favorable à Téhéran, ou que la résolution d'un vieux conflit entre l'Iran et le Turkménistan favoriserait la cause du gaz turkmène


 


 

Coopération. Depuis quelques mois, la France travaille avec ses voisins pour éviter la pénurie de gaz frappant l'un ou l'autre pays de l'UE. Si l'Allemagne, accro au gaz russe, venait à en manquer, la France devrait l'aider, en vertu de la solidarité européenne. Illustration de cette coopération énergétique : à la frontière franco-allemande, une station de compression doit être inversée pour faire circuler le gaz d'ouest en est, à l'inverse du sens habituel.

Le nez sur le prochain hiver, le gouvernement français multiplie les initiatives. Il s'agit d'abord de recevoir le gaz naturel supplémentaire en provenance des États-Unis, pour l'essentiel. Il arrive par navires méthaniers, sous forme liquide. À Montoir-de-Bretagne ou à Fos, les terminaux de gazéification fonctionnent déjà à plein régime. Il a donc fallu lancer un nouveau projet de terminal, au large du Havre, en urgence (il devrait être prêt l'an prochain). Pour y parvenir, le gouvernement a levé certaines contraintes administratives. Les études d'impact et les mesures de compensation en matière de biodiversité, notamment, sont pudiquement écartées. « C'est une zone industrielle portuaire, pas Natura 2000 ! » justifie-t-on dans l'entourage de la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher.

De la même façon, le gouvernement a desserré les normes administratives qui pèsent sur les projets de méthanisation et de parcs solaires, et a accéléré les procédures pour relancer la centrale à charbon de Saint-Avold et prolonger celle de Cordemais. Et tant pis pour l'intense pollution dégagée par la combustion du charbon. « L'énergie n'est plus seulement un sujet écolo. C'est un sujet social, industriel, social, de santé et de souveraineté », explique-t-on au sommet de l'État.

Watt, wattheure…

La puissance se mesure en watts, la production et la consommation en wattheures. Un térawatt équivaut à 1 000 gigawatts, un gigawatt à 1 000 mégawatts, un mégawatt à 1 000 kilowatts.

Plan. Il s'agit en effet de garantir aux hôpitaux, aux services sociaux et aux industriels qu'ils pourront, cet hiver, fonctionner à peu près normalement. Le gouvernement a établi un plan en plusieurs phases. D'abord, accélérer les économies d'énergie et l'efficacité énergétique. Les particuliers sont concernés. Le ministère de la Transition énergétique s'est inspiré de l'exemple japonais. Après l'accident de Fukushima de 2011 et l'arrêt brutal du nucléaire, le gouvernement nippon avait incité ses concitoyens à la sobriété. « Ils ont arrêté d'utiliser la climatisation à moins de 40 degrés à l'extérieur, ils ont changé leur manière d'aller au bureau », explique l'entourage de la ministre de la Transition énergétique. Une campagne de communication sera lancée à l'automne pour sensibiliser les Français à la sobriété. Elle fera la promotion de gestes simples, visant à réduire de 10 % la consommation d'énergie : climatisation à 26 degrés, chauffage à 19 degrés… Autant de mesures qui figurent déjà dans la loi Climat votée en 2019 ; ne reste qu'à la faire appliquer.

Les entreprises seront mises à contribution. Deux types de mesures peuvent s'appliquer en cas de pénurie d'électricité, voire de gaz : l'effacement (elles réduisent leur consommation en vertu d'un contrat passé avec leur fournisseur) ou, en dernier ressort, le délestage (le fournisseur coupe le courant ou le gaz). Les entreprises avaient jusqu'au 22 juillet pour répondre à un questionnaire détaillé sur les mesures qu'elles pouvaient mettre en place (notamment d'effacement). Toutes ont été ciblées : l'agroalimentaire, la métallurgie, les électro-intensifs, les gazo-intensifs… « L'objectif est d'inciter le plus fortement à l'effacement, pour éviter d'avoir recours à des mesures plus coercitives comme le rationnement ou le délestage », explique un conseiller d'Agnès Pannier-Runacher.

Météo. Les sociétés devraient jouer le jeu. La menace d'une pénurie d'électricité et de gaz les fait trembler. Le Cleee, association regroupant les entreprises grosses consommatrices d'énergie, évoque déjà une « hécatombe » parmi ses adhérents cet hiver à cause d'arrêts possibles de production. La ministre de la Transition énergétique a même écrit aux énergéticiens. Elle leur a demandé de faire un effort, en ressortant par exemple des tarifs plus incitatifs pour les heures pleines et les heures creuses et en informant davantage sur les thermostats connectés intelligents, notamment.

Agnès Pannier-Runacher s'en remet aussi à un élément sur lequel elle n'a pas de prise : la météo. Elle croise les doigts pour que, l'hiver prochain, ce satané hiver, ne soit pas trop rude. « Ce qui pourrait compliquer la situation, c'est une période de grand froid, puisque le premier usage du gaz, c'est la chaleur et le chauffage », avoue la ministre. En chemisette pour affronter les coups de chaud du mois d'août, le dirigeant d'Engie Didier Holleaux ne dit pas autre chose. « Si les températures sont très basses, surtout vers la fin de l'hiver, lorsque les stocks de gaz deviennent bas et donc plus difficiles à exploiter, la situation risque d'être très délicate. »

La « tempête parfaite » pourrait durer un peu...


 

Michel Revol et Géraldine Woessner

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