Comment la crise a vidé les caisses de l'Agirc et de l'Arrco

Publié le par ottolilienthal

 

Syndicats et patronat négocient depuis octobre 2012 le sauvetage du système des retraites complémentaires.

L'alerte a été donnée en juillet 2012. Alors que les grandes vacances d'été commencent, les partenaires sociaux découvrent les nouvelles prévisions pour les retraites complémentaires qui recouvrent 22 millions de cotisants: elles sont catastrophiques!

Prenant en compte les tout derniers effets de la crise, ces prévisions concluent que les réserves de l'Agirc (cadres) seraient totalement épuisées dès 2016 ou 2018, contre 2026 prévu auparavant. Les caisses de l'Arrco (tous salariés), elles, ne seraient vides qu'entre 2020 et 2023, et pas 2030. D'après les services de l'Agirc et Arrco, ces sombres prévisions deviendront réalité si le chômage reste supérieur à 10 % entre 2013 et 2015 et si les paramètres des régimes (niveau des pensions, taux de cotisation, etc.) ne bougent pas.

 

Ces réserves sont vitales. Elles servent à amortir les diminutions de recettes inhérentes aux périodes de crise et de hausse du chômage, qui font automatiquement baisser les entrées de cotisations sociales. Comme en 2011, lorsque l'Arrco, le plus mal en point des deux régimes, a dû éponger un déficit net de 1,7 milliard d'euros. En résumé, si les réserves sont à sec, les régimes n'ont plus de filet de sécurité.

 

Syndicats et patronat, qui ont la responsabilité de gérer l'Agirc et Arrco, ont donc décidé de négocier le sauvetage du système à partir d'octobre 2012. Et, surtout, de boucler les discussions avant le 1er avril 2013, jour de la revalorisation automatique des pensions indexées sur l'inflation qui plomberait encore plus le système. «Si nous ne trouvons pas d'accord avant cette date, cela voudrait dire qu'au lieu de ralentir, on accélère alors que le mur se rapproche», résume Philippe Pihet, négociateur retraites de FO.

 

Remettre le système à plat

Hélas, la survie des régimes complémentaires ne sera pas assurée par cette seule réforme d'urgence. «Ce que l'on vit dans le domaine des retraites complémentaires est symptomatique des évolutions à venir dans l'ensemble de la protection sociale, construite dans les années 1960, période de forte croissance et de hausse des revenus, analyse Jean-François Pilliard, chef de file de la délégation patronale. A ce jour, le moins que l'on puisse dire c'est que la situation est différente.» Sous-entendu, il faut remettre à plat un système désormais inadapté aux conditions économiques moroses de ce début de XXIe siècle. C'était l'ambition des partenaires sociaux au début des négociations. Ambition qu'ils ont finalement abandonnée, en attendant de voir la réforme du régime général des retraites que le gouvernement présentera à la fin de l'année.

 

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