la pomme originelle

Publié le par ottolilienthal

Dans le massif du Tian Shan, près de la frontière chinoise, poussent des pommiers sauvages nés il y a 65 millions d’années. Aurait-on retrouvé le jardin d’Eden ? ou des « fossiles vivants » peut être… mais qui rivalisent sans complexe avec n’importe quelle variété cultivée ! Les fruits sont gros, de toutes les couleurs, ont le goût délicieux des rainettes d’autrefois, de la grenade ou même de la banane. A partir d’une biodiversité fulgurante, que seules des conditions environnementales bien particulières et une sexualité débridée pouvaient produire, les hommes ont, au fil des ages, domestiqué et sélectionné cette espèce de pommier sauvage, nommée Malus sieversii.

 

Elle est à l’origine des quelque 6 000 variétés de pommes que nous connaissons aujourd’hui. Une histoire pour les archéologues, me direz-vous ? et bien non, car cet ancêtre a de l’avenir. Il est résistant aux principales maladies qui ravagent les vergers modernes et pourrait bien sauver tant les pommes commerciales, rongées par les parasites et étranglées par l’industrie chimique, que la santé de nos enfants ! Dans ses gènes, il détient les clés de l’arboriculture de demain, sans pesticide. A un détail près : faut-il encore qu’il reste des arbres.

 

Confronté à l’obscurantisme stalinien dans les années 1940, un scientifique kazakh, Aymak Djangaliev, s’est battu toute sa vie pour préserver ce patrimoine inestimable. Mais la recherche peine aujourd’hui à relancer des expéditions et la prise de conscience se fait attendre. Ce pommier sauvage pourrait bien disparaître dans l’indifférence générale. 70 % des vénérables forêts ont déjà disparu !

 

http://jne-asso.org/blogjne/?p=8156

 

 

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