Remonétisation de l'or

Publié le par ottolilienthal



interview de Jim Rickards

 

Lors de la Rencontre Annuelle du 26 novembre, nous avons été honorés de la présence de Jim Rickards. Nous en avons profité pour lui poser des questions à propos de son livre, et notamment sur la possible remonétisation de l’or, sur l’influence réelle du Président des Etats-Unis et sur l’or comme monnaie « open-source », un sujet d’actualité qui nous tient particulièrement à cœur !

A propos de Jim Rickards
Jim Rickards est rédacteur en chef d’Intelligence Stratégique, une lettre d’information financière ainsi que de deux autres services d’investissement consacrés aux devises et à l’analyse géopolitique. Ancien avocat d’affaires, économiste et banquier d’investissement avec 35 ans d’expérience à Wall Street, Jim est également consultant auprès de la CIA. Il est l’auteur de Currency Wars, The Death of Money, New Pledge for Gold et de Road to Ruin, tous des best-sellers du New York Times. En France, seul Le Nouveau Plaidoyer pour l’or est pour l’instant disponible.

1. Dans Nouveau Plaidoyer pour l’or, vous expliquez qu’un retour à l’étalon-or est possible, à condition que le cours de l’or fixé soit stable et non déflationniste. Quel devrait être le cours de l’or actuellement en fonction de la masse monétaire pour qu’il soit étalon ?
Jim Rickards – Bonjour, je suis ravi d’être à nouveau ici à Paris, c’est l’une des plus belles villes du monde et je suis toujours heureux d’y revenir. Pour répondre à votre question, si le monde ou un pays donné devait revenir à un étalon-or, il serait essentiel de fixer correctement le cours du métal jaune.

Tout étalon-or exprime une relation entre l’or physique et l’argent papier, ou une autre forme de monnaie fiduciaire. Nous n’allons pas commencer à nous promener avec mes poches pleines de pièces d’or. Nous le pourrions, dans un cas extrême, mais le scénario le plus crédible est que l’Etat détient de l’or et émet une monnaie. Cette monnaie, par contre, est couverte par de l’or et échangeable contre ce métal à un taux fixe : vous pouvez donc avoir toute confiance en sa valeur.

Mais comment fixer le prix ? Aujourd’hui, le prix de l’or sur le marché est d’environ 1180 dollars de l’once. Il a été assez instable ces derniers temps, et a baissé un peu récemment. Le cours est consultable sur internet. Mais est-ce là le bon taux pour un étalon-or ? La réponse est non.

Pour illustrer mon propos, une petite leçon d’histoire s’impose : en 1925, le monde a dû faire face au même problème. Avant 1914 et la Première Guerre mondiale, la plupart des grands pays développés du monde, comme la France, le Royaume-Uni ou les Etats-Unis, utilisaient un étalon-or. Après cela, ces pays ont abandonné l’étalon-or pour financer l’effort de guerre : ils ont été forcés d’imprimer de l’argent, ce qui, dans ce genre de circonstances, équivaut à emprunter de l’argent à ses propres citoyens. C’est une question de survie.

Après la Première Guerre mondiale, au début des années 1920, la question fut ensuite : allons-nous revenir à un étalon-or ? Il y avait bien une parité d’avant-guerre entre l’argent papier et l’or, mais tous les grands pays, la France, la Belgique, l’Italie, le Royaume-Uni, avaient fait doubler la masse monétaire. Il s’agissait maintenant de revenir à l’or. Vous avez deux possibilités dans ce cas : soit vous pouvez doubler le prix de l’or, en d’autres termes, amener l’or à un nouveau niveau qui correspondra à la masse monétaire. C’est ce qu’ont fait la France, la Belgique, l’Italie et d’autres pays.

L’autre solution est de diviser par deux la masse monétaire pour revenir à l’ancien niveau. C’est ce qu’a fait le Royaume Uni. C’est Winston Churchill, à l’époque Chancelier de l’Echiquier (le Ministre des finances britannique), qui prit cette décision. Une énorme erreur, car cela ne tenait pas compte l’impact de l’impression de monnaie.

2. Diviser la masse monétaire par deux est extrêmement déflationniste, et cette mesure a plongé le Royaume-Uni dans la Grande Dépression bien avant le reste du monde, pour qui elle commença en 1929. Si l’on devait faire face au même problème aujourd’hui, il serait important de ne pas répéter les erreurs de 1925.

Alors, quel est le cours à fixer pour l’or en cas d’étalon-or ? On peut revenir à un étalon-or à n’importe quel prix, mais quel est le bon prix pour éviter la déflation et la crise ?
Jim Rickards – Le calcul est simple. Les grandes économies, la Banque Centrale Européenne, la Banque Populaire de Chine, la Banque du Japon et la Réserve Fédérale américaine, ont créé ensemble 24 milliers de milliards de dollars de masse monétaire (je parle ici de monnaie fiduciaire). Admettons que la couverture par l’or doit déterminée à 40%. (Ce n’est pas forcément nécessaire : certains affirment que la meilleure solution est de 100%, certaines économies ont travaillé avec une couverture à hauteur de 20%, mais disons 40% comme base de réflexion). Historiquement, c’est un chiffre qui semble fonctionner. 40% de 24 milliers de milliards de dollars, ce sont 9,6 milliers de milliards de dollars. Il y a dans le monde 33 000 tonnes d’or « officiel », c’est-à-dire l’or détenu par les banques centrales et les fonds souverain, et non l’or que nous détenons en tant que particuliers.

Il faut donc diviser 9,6 milliers de milliards par 33 000 tonnes. Un calcul simple, qui aboutit à un prix de près de 10 000 dollars de l’once. Nous ne sommes pas forcés de revenir à un étalon-or, mais si nous le faisons, il faut fixer le prix à environ 10 000 dollars de l’once pour éviter de refaire l’erreur de 1925 et de plonger le monde dans une crise grave, dans ce cas précis, la Grande Dépression.

Les experts en matière monétaire comprennent ce calcul, qui n’est pas bien compliqué. Mais personne ne souhaite en parler, car les implications sont terribles : l’or vaudrait alors 10 000 dollars de l’once. Cela veut aussi dire que si les gens perdent confiance dans l’argent-papier en cas de nouvelle crise financière, et que les Banques Centrales se voient obligées de revenir à un étalon or, le prix fixé serait de 10 000 dollars de l’once.

3. Quelles seraient les conditions requises pour adopter l’étalon-or ?
Jim Rickards – Jusque-là, toutes mes explications sur la masse monétaire et les stocks d’or dans le monde étaient chiffrées en dollars. Le dollars US est aujourd’hui la première monnaie de réserve au monde. Environ 60% des réserves mondiales sont placées dans des actifs en dollars. Le Japon, Taïwan, la Chine, la Norvège, tous les grands pays (même si la France, il est intéressant de le noter, détient une quantité relativement importante d’or) ont des actifs en dollars. Les Etats-Unis sont la première économie mondiale, donc les gens réfléchissent en dollars, mais ce n’est pas une obligation.

Toute monnaie peut adopter son propre étalon à condition que le pays détienne suffisamment d’or. C’est toute la question : avez-vous suffisamment d’or pour faire face au marché ? En adoptant un étalon-or, le message que l’on fait passer est « si vous acceptez notre monnaie, nous, en tant que gouvernement, sommes d’accord pour vous l’échanger contre de l’or à taux fixe, et inversement ». C’est ainsi que l’on maintient un étalon-or.

Mais si le prix fixé n’est pas le bon ? S’il est trop haut, tout le monde va tenter de vous vendre son or et sera ravi d’acheter votre monnaie. S’il est trop bas, tout le monde va venir vous acheter votre or. C’est ce qui s’est passé aux Etats-Unis au début des années 1970.

La France, l’Espagne, la Suisse, et quelques autres pays –mais surtout la France –, avaient un excédent commercial par rapport aux Etats-Unis. La France gagnait beaucoup de dollars, grâce aux touristes américains, à ses exportations etc. et échangeait ensuite ses dollars contre de l’or. A l’époque, il était possible d’acheter de l’or aux Etats-Unis pour 35 dollars de l’once. Il existait cependant un marché secondaire privé, où l’on pouvait vendre son or pour 42 dollars de l’once. Le calcul était vite fait : achetez l’or à 35 dollars, revendez-le à 42, les profits sont garantis.

Il y a donc eu une sorte de ruée vers l’or de Fort Knox, la base militaire où les États-Unis stockent leur or. Richard Nixon y a mis un terme en 1971 en annulant la convertibilité des dollars en or par les partenaires commerciaux des Etats-Unis. S’il ne l’avait pas fait, les Etats-Unis n’auraient plus eu d’or au bout de quelques années seulement.

On voit l’importance de choisir un prix réaliste pour résister sur le marché. Mais tout pays disposant de suffisamment d’or peut le faire… la Chine pourrait revenir à un étalon-or, et le yuan chinois vaudrait alors un poids d’or donné.

Qui sont les plus gros acheteurs d’or aujourd’hui ? La Chine et la Russie. La Chine a acheté environ 4 000 tonnes d’or au cours des six dernières années. Personne ne connaît les chiffres exacts, car ils ne sont pas transparents. La Russie, quant à elle, a presque fait tripler ses réserves d’or, passant de 600 tonnes à près de 1 800 tonnes en six ans seulement. En octobre dernier, la Russie a acheté vingt tonnes d’or en un mois seulement.

Quant aux banques nationales européenne (si vous regardez la zone euro et les 19 ou 20 pays qui en font partie, y compris la France, l’Italie, l’Allemagne et d’autres) leurs réserves atteignent les 10 000 tonnes d’or. Il n’y a pas d’autre monnaie au monde qui soit aussi bien couverte par ses réserves d’or. On pourrait donc avoir un étalon-or pour l’euro, le yuan ou le rouble, sans forcément attendre le dollar.

Selon moi, cependant, si l’on devait revenir à l’étalon-or, cela se ferait par le biais du Fonds Monétaire International. Lui dispose d’une monnaie mondiale dont nous pouvons parler davantage : les Droits de Tirage Spéciaux, ou DTS. Les DTS pourraient être couverts par de l’or. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, ils ne sont pour l’instant qu’une autre forme de monnaie fiduciaire, mais cela pourrait changer. Ce serait une manière de procéder à l’échelle mondiale.

4. On peut imaginer qu’un retour à l’étalon-or avec un cours élevé pourrait soulever certains problèmes, comme la convoitise accrue des malfaiteurs. Comment s’en protéger ?
Jim Rickards – C’est une excellente question. La réponse est double. D’une part, le monde a déjà utilisé un étalon-or. De 1870 à 1914, un étalon-or a très bien fonctionné… et il n’y avait pas de FMI à la fin du XIXème siècle ! En réalité, entre 1835 et 1913, les Etats-Unis n’avaient même pas de Banque Centrale. Pourtant, ce fut une période de forte croissance, avec peu d’inflation et, après 1870, un étalon-or très solide. Bien sûr, la Première Guerre mondiale a mis fin à tout cela. Ensuite, il n’y a pas eu d’étalon-or fonctionnel avant les accords de Bretton-Woods, en 1944, avec un nouveau type d’étalon-or, qui prit fin par étape entre 1971 et 1973. Il semble que les étalons-or fonctionnent pendant 30, 40 ou 50 ans, puis s’effondrent.

La question est donc : Même si nous revenions à un nouvel étalon-or, dans quelle mesure pourrions-nous avoir confiance en sa longévité ? La réponse est simple : achetez de l’or. Détenez de l’or. Le fait qu’un étalon-or existe signifie que le prix de l’or n’augmentera pas beaucoup une fois qu’il sera établi. Dans la situation actuelle, le prix de l’or pourrait bondir, et nous pensons qu’il le fera : en l’absence d’un étalon-or, si la population perd confiance dans la monnaie fiduciaire, le prix de l’or en dollar ou en euro augmentera brutalement.

En revenant à un étalon-or, on peut à nouveau se reposer sur le fait que notre argent vaut plus, mais rien ne nous empêche d’accumuler des réserves d’or physique, pour nous couvrir. Ainsi, si le Gouvernement ne tient pas ses promesses, ce n’est pas un problème pour vous : vous avez de l’or physique. Vous aurez peut-être besoin d’en vendre de temps en temps, pour payer vos impôts, vos factures, ou les frais scolaires de vos enfants, que sais-je, mais vous détiendrez une partie de votre patrimoine net en or physique.

Pour ce qui est des questions de sécurité : ne stockez pas votre or à la banque. Les moments où vous aurez besoin de votre or coïncident généralement avec les moments où les banques sont fermées. En cas de panique financière, il peut arriver que les autorités souhaitent fermer les banques. C’est justement dans ce cas de figure que vous aurez le plus besoin de votre or, mais s’il est à la banque, vous vous casserez le nez sur la porte.

Reste qu’il faut mettre votre or en sécurité : les entreprises privées sont les mieux placées. Tout est question de réputation. Dans la précédente intervention, Yannick Colleu a parlé d’or contrefait et d’autres dangers du même type. Ce sont des problèmes bien réels, mais la solution à toutes ces questions de stockage, d’authenticité etc. est de traiter uniquement avec des institutions de renom. Vous devez connaître l’histoire, l’origine et la réputation des personnes à qui vous vous adressez.

5. L’Etat lui-même ne risque-t-il pas d’être tenté de confisquer l’or des particuliers ?
Jim Rickards – Tout d’abord, il faut admettre que c’est un risque, on ne peut pas l’exclure ni affirmer que cela n’arrivera pas. Si le risque zéro n’existe pas, il y a plusieurs types de risques, et l’important est d’être conscient de ceux que l’on prend. Si l’on ne détient pas d’or, on court le risque que notre argent papier perde toute sa valeur. Si l’on en a, on court un risque différent, celui qu’il puisse être confisqué.

Il s’agit alors d’évaluer le risque. Le cas le plus célèbre que je connaisse s’est produit en 1933 : Le Président des États-Unis, Franklin Delano Roosevelt, a alors fait passer un ordre exécutif, c’est-à-dire qu’il a donné l’ordre à tous les citoyens, sans passer par un vote du Congrès, de remettre leur or, sous peine de poursuites criminelles. Refuser de remettre son or, s’était s’exposer à cinq ans de prison ou à une amende de 100 000 dollars, ce qui équivaut à un million de dollars aujourd’hui : c’est une somme énorme.

Toute la question est de savoir si votre société respecte l’État de Droit. Ce qu’a fait Roosevelt est intéressant. La Constitution des États-Unis comporte le Cinquième Amendement, qui contient plusieurs paragraphes, dont l’un spécifie que l’État ne peut pas prendre votre propriété sans vous offrir une « juste indemnité », ce sont les termes exacts. Alors comment Roosevelt s’y est-il pris pour voler, pour ainsi dire, l’or des citoyens américains ?

A l’époque, les Etats-Unis avaient un étalon-or, et l’or valait environ 20 dollars de l’once. Lorsque vous rapportiez votre métal jaune, le gouvernement vous donnait donc 20 dollars de l’once en échange. Il s’agissait bien sûr d’argent papier, que le gouvernement imprimait lui-même, mais il vous était dû. C’est ainsi qu’ils ont réglé le problème de constitutionnalité. Mais Roosevelt avait un secret : il avait l’intention secrète de faire augmenter le prix de l’or. Six mois plus tard, le prix de l’or était de 35 dollars de l’once.

Le calcul est simple : ordonner d’abord aux citoyens de rendre leur or en échange de 20 dollars de l’once, et faire ensuite augmenter le prix jusqu’à 35 dollars de l’once. Tout cela dans le cadre d’un plan. Roosevelt a pour ainsi dire sciemment volé 15 dollars de l’once aux citoyens américains. Je parle ici de confiscation, parce que le processus était très malhonnête. Il savait pertinemment qu’il allait faire augmenter le prix. S’il l’avait fait d’abord, et avait racheté l’or pour 35 dollars, les bénéfices seraient revenus aux citoyens américains au lieu du Trésor. Voilà comment Roosevelt a contourné la loi : en offrant une indemnité de 20 dollars de l’once, et en volant les 15 dollars supplémentaires.

Aujourd’hui, il n’y a pas d’étalon-or. Pas de taux fixe auquel le gouvernement puisse vous confisquer votre or. Selon la loi, le gouvernement devrait donc vous payer le prix fixé par le marché : c’est ainsi qu’un juge définirait aujourd’hui une « juste indemnité. »

Dans quel monde le gouvernement serait-il susceptible de vous confisquer votre or ? Pas à l’heure actuelle, pas sur un marché normal, pas une journée tranquille… mais en cas de panique. Une situation où un gouvernement, dans un Etat de Droit, en vient à confisquer de l’or est une situation désespérée, où l’on a déjà commencé à paniquer. S’il n’y a pas d’étalon-or, dans ce genre de situation, le cours de l’or explose.

Aux Etats-Unis, le Gouvernement pourrait vous confisquer votre or, mais il devrait alors vous payer une « juste indemnité », qui pourrait valoir à 5… 6 fois le prix de l’or actuel… voire même 10 000 dollars de l’once, étant donné que cela ne peut se produire que si la panique a déjà commencé. Pourquoi, sinon, payer aussi cher ? Si l’on applique ce même principe dans le monde entier, la question est : votre société, respecte-t-elle l’Etat de Droit.

Je ne suis pas un expert en droit constitutionnel français, mais je pense pouvoir avancer que la Constitution française a le même type de protection que la constitution américaine, et prévoit que le Gouvernement, s’il peut saisir votre propriété, doit vous donner en échange une juste indemnité. La saisie est une possibilité, mais vous obtiendriez compensation, vous feriez un profit. Le Gouvernement achèterait votre or au prix le plus élevé, et non le plus faible.

Dans un pays qui ne respecte pas l’Etat de Droit (le Venezuela, la Corée du Nord, certains pays d’Afrique, comme le Congo etc.) il n’y a aucune garantie. Si vous y habitez, n’y stockez pas votre or. Théoriquement, mieux vaut ne pas trop s’éloigner physiquement de son or, et l’avoir à proximité de son lieu d’habitation. Mais si vous habitez au Venezuela ou au Congo,  dans ce cas, mieux vaut le stocker en Suisse, qui est pour moi, la juridiction la plus sûre au monde. Du point de vue de l’Etat de Droit, les Etats-Unis sont plutôt sûrs eux aussi, et je pense que la France l’est également.

En bref : le Gouvernement peut confisquer votre or, mais il devrait alors vous verser une juste indemnité, et dans un monde sans étalon-or, cette juste indemnité représentera une vraie fortune.

6. Pensez-vous qu’avec les volontés politiques et financières actuelles, un retour à l’étalon-or soit envisageable ?
Jim Rickards – Est-il possible que cela se produise ? Je pense que oui, à condition, comme nous l’avons dit lors de la première question, que le prix fixé soit le bon, pour éviter une dépression, soit 10 000 dollars de l’once. Vous vous souvenez encore de mon calcul simple, qui consistait à diviser la masse monétaire par la quantité d’or. Logiquement, si l’on augmente la masse monétaire, le prix de l’or doit augmenter lui aussi. Dans un an, je vous dirai peut-être que le prix idéal serait de 11 000 dollars de l’once ou plus, car on ne cesse d’imprimer plus d’argent.

Sans étalon or, le prix non-déflationniste ne cesse d’augmenter à mesure que le Gouvernement imprime de nouveaux billets. C’est le premier impératif : fixer le bon prix… une fois cette question résolue, ce n’est techniquement pas difficile : le monde a adopté plusieurs étalon-or au cours des 130 dernières années, c’est tout à fait faisable.

La question est : existe-t-il une banque centrale au monde qui souhaite revenir à un étalon-or. La réponse est clairement non : l’alternative, c’est l’argent papier car ce sont elles qui le contrôlent. Qui accepterait de renoncer volontairement à son pouvoir ? Aucune agence, aucune banque centrale, ni aucune branche du Gouvernement. En contrôlant l’argent on contrôle la politique, l’économie, le bien-être des individus… on contrôle indirectement le monde : un gouvernement ne peut pas mener d’action militaire à grande échelle sans accès à du financement. Jamais les Banques centrales n’accepteraient volontairement de renoncer à ce pouvoir.

Mais les banques centrales pourraient-elles être obligées d’abandonner ce pouvoir contre leur volonté ? Peut-on imaginer une période où la confiance dans l’argent papier serait si gravement ébranlée que les gens décideraient de revenir d’eux-mêmes à un étalon-or, en achetant du métal jaune ? Que les Banques centrales doivent revenir à un étalon-or pas parce qu’elles le souhaitent, mais parce qu’elles y sont obligées pour rétablir la confiance ?

De mon point de vue, c’est une possibilité tout à fait réelle, et je pense que ce jour viendra plutôt à court terme qu’à long terme. Les Banques centrales seront alors obligées de revenir à un étalon-or parce que cette mesure sera nécessaire pour préserver la confiance dans l’argent papier, et le système monétaire.

7. Chez AuCOFFRE, nous pensons que l’or devrait plutôt être une monnaie complémentaire “open source”, en dehors des Etats, pour suppléer aux manques des monnaies actuelles, sans pour autant les remplacer. Bref, qu’une monnaie complémentaire-or gérée par ses utilisateurs soit créée, à l’instar du bitcoin, et que le métal précieux reprenne la place qu’il a perdu depuis presque 100 ans. Aujourd’hui des système décentralisés comme la blockchain le permettraient et éviteraient ainsi les manipulations de cours et de stocks des banques ou des Etats. Qu’en pensez-vous ?
Jim Rickards – Je pense en effet que c’est possible ; je pense même que c’est en train de se produire.
AuCOFFRE fait partie de cette mécanique, tout comme d’autres prestataires de services. Il y en a un certain nombre dans le monde entier. En ce moment, on voit notamment arriver des cartes de paiement de tous types, MasterCard, Visa, disponibles dans n’importe quel établissement, associées à un compte qu’il faut remplir avec de l’or. Admettons que vous envoyiez au prestataire 50 000 euros pour ouvrir un compte. Lui prend ces 50 000 euros et les utilise pour acheter de l’or au prix du marché. Il met cet or, de l’or physique bien réel, dans un coffre, et celui-ci est alloué à votre compte.

Avec cette carte de paiement, vous pouvez voyager, dormir à l’hôtel, aller au restaurant ou faire du shopping, et le prestataire convertit vos dépenses en monnaies locales en or, aux prix du marché, et fait diminuer la quantité d’or qui se trouve sur votre compte.

Au final, vous dépensez votre or : vous êtes revenu à votre propre étalon-or. Vous avez un pouvoir d’achat, mais celui-ci est couvert par de l’or, donc si la valeur de l’argent papier s’effondre, ce n’est pas un problème pour vous, étant donné que dans ce cas de figure, la valeur de votre or, en argent papier, augmente énormément. Vous pouvez stocker davantage d’or sur votre compte : si vous dépensez la totalité des 50 000 €, vous pouvez le réalimenter.

Il y a aussi des cryptomonnaies, comme le Bitcoin (c’est la plus célèbre, même s’il y en a d’autres), ou les comptes PayPal, qui peuvent toutes être liées à l’or de diverses manières. Vous n’êtes pas obligé d’attendre que le monde revienne à un étalon-or. J’utilise un étalon-or, j’achète de l’or physique. Je suis Américain, donc j’achète des Gold Eagles, c’est ma forme de pièces d’or préférée, mais vous pouvez acheter des barres, des Napoléons, n’importe quel type de pièce de bonne réputation. Vous revenez ainsi à votre propre étalon-or.

Je vous recommande d’investir 10% de vos fonds disponibles dans de l’or physique. Je pense qu’y investir 50 ou 100% de vos actifs manque de prudence, mieux vaut diversifier. 10% suffisent à protéger le reste de votre portefeuille en cas d’évènement extrême, mais si rien ne se passe avec l’or, l’impact sur vos investissements restera minime. Cet or doit impérativement être de l’or physique. Dans les faits, vous revenez ainsi à votre propre étalon-or.

Donc oui, je pense que c’est faisable. Les Banques centrales pourraient bien se réveiller un beau jour et se rendre compte que les gens se sont tournés en masse vers des cryptomonnaies alternatives, vers des cartes de paiement adossées à de l’or, vers des pièces d’argent, aussi, qui sont une bonne alternative… que les gens, en somme, sont revenus à un étalon-or « open source » indépendant des Banques centrales.

8. Pensez-vous que les présidentielles américaines puissent avoir un rôle sur le cours de l’or en fonction du candidat élu ?
Jim Rickards – Je pense que la réponse est oui. Donald Trump est un personnage à l’humeur très changeante ; il change d’avis sans cesse, il est très imprévisible. J’ai été en mesure de prévoir son élection, mais je ne peux pas prévoir ce qu’il va dire à l’avenir, sur aucun sujet. Cela mis à part, le prix de l’or en dollars aux Etats-Unis est actuellement en train de baisser.

 L’explication est simple : c’est lié au fait que l’on s’attend à ce que les taux d’intérêts augmentent aux Etats-Unis. Cette augmentation est synonyme d’un dollar plus fort : l’argent du monde entier, notamment en provenance des pays émergents, investi en Turquie, en Indonésie ou au Brésil, ou à Singapour, en Malaisie etc. sort aujourd’hui de ces marchés pour revenir aux Etats-Unis et être investi dans des actifs en dollars.

C’est la conséquence de l’augmentation attendue des taux d’intérêts : l’argent va là où les retours sur investissements sont les plus élevés. Le prix de l’or en dollars est inversement proportionnel à l’état du dollar : avec un dollar fort, le cours de l’or en dollars chute, et inversement.

Si l’on considère l’or comme une monnaie, ce qui est mon cas, on peut considérer cela comme un taux de change normal, comme entre l’euro et le dollar par exemple. Aujourd’hui, un euro vaut environ 1,05 dollars. Un Français qui part aux Etats-Unis achètera des dollars, un Américain qui vient en Europe, comme moi hier, achètera des euros. On connaît le taux de change. L’or n’est qu’une forme de monnaie différente. Le « taux de change » entre l’or et le dollar n’est pas différent du taux de change entre l’euro et le dollar. Quand le dollar est fort, l’euro s’affaiblit, si le dollar est faible, l’euro se renforce. La même chose est valable pour l’or.

Actuellement, le dollar est très fort car on s’attend à une augmentation des taux d’intérêt. Tout cela est indépendant de Trump, et resterait vrai si Hillary Clinton avait gagné l’élection : la Fed a l’intention d’augmenter les taux d’intérêt dès que possible, et ce quel que soit l’état du monde.

Le dollar va-t-il rester fort ? Selon moi, c’est impossible.
Jim Rickards – Le dollar est aujourd’hui plus fort que jamais au cours des dix dernières années. La Réserve Fédérale a un objectif d’inflation à 2%. Elle tente de l’atteindre depuis six ans, en vain. Or, un dollar fort est déflationniste. Les Etats-Unis ont un déficit commercial net : nous achetons plus de choses au reste du monde que nous en exportons. Dans ce genre de cas, si le dollar est fort, le coût des marchandises étrangères diminue : un dollar nous permet d’acheter plus de vin français, de vacances en Suisse, de textile chinois, d’électronique japonaise, de voitures allemandes… C’est donc déflationniste.

Comment faire coïncider l’objectif d’inflation de la Fed, qu’elle ne parvient pas à atteindre, et un dollar fort – donc déflationniste ? Ce n’est pas possible. Les choses doivent changer. Un dollar fort fera ralentir l’économie américaine, alors même qu’elle est déjà relativement affaiblie.

Actuellement, la Bourse américaine connaît une sorte d’euphorie suite à l’élection de Donald Trump. Pendant l’élection, les gens étaient si repoussés par la personnalité de Trump que peu d’entre eux se sont penchés sur son programme. Maintenant qu’il est élu, on se rend compte qu’il s’agit de baisser les impôts et le niveau de réglementation et de dépenser plus. Champagne !

Les cours des entreprises pharmaceutiques augmentent car il veut mettre fin à Obama-Care ; ceux de la Défense augmentent car il veut investir d’avantage dans l’armée, le prix des banques également car il veut mettre un terme à la réglementation Dodd-Franck ; les entreprises du BTP comme Caterpillar et John Deere augmentent car il veut investir dans les autoroutes et les ponts… tout augmente. Voilà pour la Bourse. Et la Fed veut augmenter les taux d’intérêts, ce qui renforce le dollar. Avec un dollar fort et un marché boursier en pleine forme, l’or connaît une période difficile.

Mais il y a un problème d’arithmétique. Si l’on baisse les impôts mais que l’on dépense un millier de milliards de dollars dans les infrastructures, ce dont Trump a parlé, on ajoute plus d’un millier de milliards de dollars à la dette américaine, or notre dette s’élève déjà à 20 milliers de milliards de dollars que nous ne pouvons pas rembourser. Le rapport dette/PIB est d’environ 104%. Si l’on rajoute 1 millier de milliards de dollars de dette, ce rapport atteint 110%, et les Etats-Unis commencent à ressembler étrangement à la Grèce.

Nous sommes à la veille d’une crise de la dette souveraine aux Etats-Unis, avec un effondrement du dollar, une panique.

Soit la Fed accepte que l’on dépense cet argent, et dit « très bien, nous allons donc imprimer d’avantage de dollars » (ce qui est extrêmement inflationniste, et ferait augmenter le prix de l’or), soit nous allons connaitre une panique financière qui fera elle aussi augmenter le cours de l’or car, en cas de panique, on se tourne vers la qualité. Deux scénarios différents, mais qui font tous deux augmenter le cours de l’or en dollars.

Les politiques de Trump sont intéressantes, mais il sera victime, ou en tous cas sujet à des facteurs plus importants, comme le rapport dette/PIB. Une remarque rapide à ce sujet : l’une des conseillères de Trump est le Pr. Judy Shelton. Elle n’est pas très connue dans le monde, elle est à peine connue aux Etats-Unis, mais elle a déjà travaillé avec l’administration Reagan, a écrit un certain nombre de livres et défend bec et ongles un retour à l’étalon-or. Cela ne veut pas dire que les Etats-Unis vont y revenir demain, mais l’un des membres du cercle proche de Trump défend cette idée avec enthousiasme, et je garderai un œil sur la situation.

9. Le candidat a-t-il une influence sur les décisions de la FED ?
Jim Rickards – Bonne question ! J’aurais bien du mal à vous répondre. Ce que je peux dire c’est que l’idée que la Fed est indépendante et apolitique est ridicule. La Fed est très politisée. Jamais ils ne l’admettront : ils affirment le contraire haut et fort, mais c’est faux, cela fait partie de la propagande gouvernementale. Il y a de très nombreux exemples.

L’un des meilleurs date des années 1970, sous Richard Nixon, quand le Président de la Fed était Arthur Burns. Il a intentionnellement maintenu des taux d’intérêts bas et fait augmenter la masse monétaire pour garantir la réélection de Nixon en 1972. Résultat ? Une hyperinflation et une multiplication par quatre des prix du pétrole. Tout le monde affirmait à l’époque que c’était lié aux guerres au Moyen-Orient. En vérité, les Arabes se sont tournés vers les Etats-Unis et ont dit : vous faites diminuer la valeur du dollar, nous allons donc faire augmenter les prix du pétrole. De 1977 à 1981, l’inflation aux Etats-Unis était de 50%. 50% ! Le dollar a perdu la moitié de sa valeur en cinq ans, entre 1977 et 1981. C’est un exemple célèbre.

Plus récemment, le 02 novembre, peu avant l’élection, la Fed a tenu une réunion. Il a été décidé de ne pas augmenter les taux d’intérêt. Elle aurait pu le faire – elle aurait sans doute dû le faire, en tout cas, elle affirme vouloir le faire et toutes les conditions sont en place. Alors pourquoi n’a-t-elle rien fait ? Pour ne pas être accusés de manipuler l’élection. Une augmentation des taux d’intérêt aurait provoqué un krach boursier, qui aurait pu jouer en faveur d’Hillary Clinton plutôt que de Donald Trump. La Fed n’a pas saisi cette occasion, et ce pour des raisons politiques. C’est une institution très politisée.

Le Président peut-il influencer les décisions de la Fed ? Pas directement. Il ne peut pas appeler Janet Yellen demain et lui dire : je veux que vous augmentiez les taux d’intérêt, ou que vous les abaissiez. Ce ne serait pas acceptable. Mais il sélectionne les membres du Conseil des gouverneurs. Il y a sept sièges au Conseil, et deux sont aujourd’hui inoccupés : il n’y a aujourd’hui que cinq membres, en comptant la Présidente, Janet Yellen.

Après avoir prêté serment en Janvier, le Président Trump pourra remplir ces deux sièges, des postes extrêmement importants : nous verrons qui il choisira. S’il se tourne vers des personnes qui croient en un dollar fort et en une augmentation des taux d’intérêts, cela pourrait être une mauvaise nouvelle pour l’or à court terme, mais très positif à long terme, dans la mesure où cela provoquera sans doute une récession aux Etats-Unis.

Par contre, s’il choisit des personnes plus souples, du genre à jeter des billets par milliers depuis un hélicoptère… Les Etats-Unis s’endettent, le Gouvernement finance sa dette en émettant des Bons du Trésor que la Fed achète avec de l’argent fraîchement imprimé. Elle les ajoute à son bilan et ne les vend jamais. Voilà à quoi cela correspond. S’il choisit ce genre de profil, et que l’on finance un programme d’un millier de milliards de dollars d’investissement dans les infrastructures, je peux vous garantir une inflation.

Il ne peut pas licencier Janet Yellen. Il en a parlé mais n’en a pas légalement le pouvoir. Mais son mandat s’achève en Janvier 2018. Il ne lui reste que 13 à 14 mois, suite à quoi Trump pourra nommer un nouveau président. Il nommera deux nouveaux gouverneurs en janvier, l’un d’eux pourrait être un président « en attente », qui mettra Janet Yellen sous pression. C’est un jeu d’échec très politique, et je m’intéresse de très près à ces deux postes. Le nom de Kevin Warsh circule, il a déjà siégé au conseil, ou encore celui de Chris Whalen, un économiste américain très connu… Nous verrons qui il choisira, mais c’est en tous cas une décision clé.

 

Jean-François Faure

12/12/2016

 

99,6% de l’or vendu dans le monde… n’est pas de l’or ! Anthony Alberti

 

 

Aujourd’hui, la vente de contrats à terme sur les métaux précieux a pris tellement d’ampleur que l’or papier représente désormais plus de 200 fois la quantité réelle d’or physique échangé !

En 2016, l’or papier (c’est à dire le marché dérivé des titres qui sont censés s’appuyer sur l’or) a battu un nouveau record avec près de 10 000 milliards de dollars échangés, soit l’équivalent de 243 000 tonnes d’or, à des années-lumières donc des véritables quantités de métal produites durant la même période (environ 3200 tonnes).

L’or papier : un marché… de dupes ?

Pour ceux qui l’ignoreraient encore, il existe en effet deux marchés de l’or bien distincts. Le premier, classique, recouvre les transactions réalisées sur le métal physique, l’or pur et dur, le brillant qui alourdit les poches et encombres les coffres des banques centrales. Le second marché, en revanche, est plus complexe. D’abord parce qu’on n’y trouve pas le moindre gramme d’or physique. Ensuite parce que cette dénomination recouvre en réalité une multitude de supports très différents qui sont autant de contrats portant sur des échanges virtuels : contrats futures du Comex, ETF (pour Exchanged Traded Funds, ou encore « trackers »), swaps sur l’or, leasing, contrats forwards, ou encore tous les titres portant sur l’or non-alloué émis par les banques adhérant à la London Bullion Market Association (LBMA).

Tous ces titres sont appelés des produits financiers dérivés, du fait qu’ils dérivent théoriquement de l’or effectivement détenu par les banques. C’est le terme « théoriquement » qui est important ici car, dans les fait, les mêmes quantités d’or peuvent donner lieu à un grand nombre de contrats distincts, si bien que le marché de l’or-papier a très vite excédé celui de l’or physique, et ce dès les premières années de la mise en place des marchés à terme sur l’or, il y a près de 40 ans. Ainsi, on est passé de 84 millions d’onces d’or papier échangés en 1978 (ce qui équivalait plus ou moins à la production annuelle mondiale d’or physique à l’époque) à près de … 8 milliards d’onces en 2016. Sauf que la production, quant à elle, n’a pas progressé aussi rapidement et elle se situe actuellement aux alentours de 103 millions d’onces, soit presque 80 fois moins.

En clair, cela signifie que, dans le meilleur des cas, sur 100 personnes qui pensent détenir de l’or à travers des contrats dérivés, seuls 20 pourront effectivement récupérer du métal précieux en cas de crise. Tous les autres auront acheté du vent.

L’or véritable ne représente plus que 0,4% de ce qu’on achète comme étant de l’or !

Pire encore, tout l’or produit ne se retrouve pas forcément sur les marchés, et, l’an dernier, les échanges d’or physique ont représenté « seulement » 42 milliards de dollars. Un chiffre à mettre en perspective avec les quelque 9 800 milliards de dollars en or-papier ! Ainsi, en 2016, pour chaque once d’or véritable échangé, on a vendu 233 onces d’or imaginaire, invisible, inexistant.

L’ennui, outre le fait que la quasi-totalité des investisseurs en produits dérivés a acheté du vent et risque bien de finir ruiné, c’est que tout ce papier a littéralement noyé l’or physique en diluant de manière incommensurable sa vraie valeur. Pensez simplement que l’or véritable ne représente plus que 0,4% de ce que les gens achètent comme étant de l’or !

Mais ce n’est pas accidentel, c’est un résultat qui était souhaité par la plupart des banques, et certaines comme la Deutsche Bank se sont récemment fait taper sur les doigts à ce sujet… sans que cela change grand chose à cette situation inique. Trop d’importance accordée à l’or aurait pu contrecarrer leurs plans d’imposer leur monnaie-dette comme réservoir de richesse crédible. En dévaluant fortement les métaux précieux, on les faisait tomber au rang de « reliques barbares« , totalement inadaptés au monde moderne et incapable de garantir l’incroyable accroissement de richesses à l’échelle du monde. Ainsi en multipliant artificiellement la quantité d’or réelle par 200, on divisait au moins d’autant la valeur théorique de l’once.

C’est d’ailleurs ce qui fait dire à certains qu’aujourd’hui, sans les ETF et consorts, le cours de l’or ne serait pas à 1 250 USD mais plutôt aux alentours de … 250 000 dollars !

Anthony Alberti

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