Un magasin fait payer les clients qui n'achètent pas

Publié le par ottolilienthal

 

Pour lutter contre l'afflux de clients venus se renseigner sur des produits pour les acheter ailleurs ou en ligne, une enseigne australienne facture 4 euros aux clients venus «juste pour voir».

Attention entrée payante! Las de voir les clients chinés dans ses rayons sans rien acheter, une épicerie de produits sans gluten australienne a averti les personnes qui entreront dans le magasin «juste pour voir» qu'ils devront tout de même payer 5 dollars australiens (4 euros). L'initiative à priori étonnante est en fait une réponse de l'enseigne à l'afflux de personnes voulant avoir un aperçu des produits avant de les acheter sur Internet.

 

Affiche à l'entrée du magasin reperée par un utilisateur du site Reddit.
Affiche à l'entrée du magasin reperée par un utilisateur du site Reddit.

Ainsi, selon une photo postée sur internet, le magasin expliquerait sur une affiche collée sur sa porte d'entrée: «Beaucoup de gens utilisent le magasin comme une référence pour acheter par la suite les mêmes produits ailleurs. Ces gens ignorent que nos prix sont sensiblement identiques à ceux pratiqués dans les autres magasins, et de plus nous avons des produits qui ne sont pas disponibles ailleurs. Notre politique est en ligne avec beaucoup d'autres boutiques de chaussures, d'habits et de matériels électroniques».

 

L'enseigne australienne Celiac Supplies n'est en effet pas la seule à être victime de cette tendance, le showrooming, qui consiste, pour les consommateurs, à se rendre dans des magasins qui ont pignon sur rue pour se renseigner sur un produit avant de l'acheter en ligne. Selon une étude de l'IAB (Interactive Advertising Bureau) et Ipsos Media, 31% des consommateurs d'électronique grand public utilisent leur mobile et recherchent des infos lorsqu'ils font leur shopping en magasin. Parmi les acheteurs en magasin, plus d'un quart sont des showroomers: ils essaient le produit en magasin pour l'acheter en ligne par la suite.

 

Prix alignés sur ceux du web

Ce phénomène en plein boom est accentué par les spécialistes du e-commerce comme Amazon. Le géant du web offre en effet la possibilité aux utilisateurs de son application mobile de scanner le code barre d'un produit en magasin pour comparer les prix et ensuite les acheter sur son site web à bon prix.

 

Pour lutter contre ce phénomène, d'autres chaînes ont instauré d'autres dispositifs. À l'instar de Best Buy, spécialiste de l'électronique qui aligne annuellement ses prix sur ceux du géant du e-commerce. Et en France, de nombreuses enseigne comme Carrefour, Havas, ou encore Direct assurance promettent aux clients de «rembourser la différence s'ils trouvent moins cher ailleurs».

 

Un gage de confiance qui peut convaincre les clients français qui, selon une récente enquête de l'Atelier BNP, apprécient les conseils et l'accompagnement trouvés en boutique. L'enseigne physique est privilégiée aux pure-players en raison également du service après-vente, et de la plus grande confiance véhiculée par un magasin que l'on pourra contacter en cas de problème. Mais, toujours selon cette étude, «74% des Français affirment que les magasins traditionnels sont amenés à évoluer et 23% se disent prêts à abandonner le magasin traditionnel à l'avenir». Les magasins semblent voués au changement, reste à savoir comment.

 

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