Vers un réchauffement de +6°C d'ici à 2100

Publié le par ottolilienthal

 

CLIMAT - Le cabinet PricewaterhouseCoopers estime que le seuil fatidique des +2°C est compromis...

Deux degrés, quatre degrés, six degrés… Qui dit mieux? Les prévisions d’augmentation des températures sont encore une fois revues à la hausse par le cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC). Dans son rapport annuel «Low Carbon Economy Index», les experts tablent sur un réchauffement global de +6°C d’ici à 2100. Sauf si des économies drastiques de CO2 sont réalisées dans les prochaines années.

Réduire les émissions de 5% par an

Le seuil de +2°C par rapport à l’ère pré-industrielle, défini par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) comme un cap à ne pas franchir, semble avoir fait long feu. Alors que les émissions mondiales de carbone ont augmenté de 3% en 2011 par rapport à l’année précédente, et que la tendance depuis 2000 est à une augmentation de 0,8% en moyenne chaque année, il faudrait maintenant réduire de 5% par an les émissions de CO2 jusqu’en 2050 pour espérer contenir le réchauffement à +2°C. «Ce taux de réduction n’a jamais été réalisé sur ces cinquante dernières années», précise le rapport de PwC.

 

«Même en doublant notre taux de "décarbonisation" actuel, nous irions quand même vers un réchauffement de +6°C à la fin du siècle», estime Leo Johnson, associé en charge du développement durable et du changement climatique chez PwC. «Pour avoir 50% de chances d’éviter de dépasser les +2°C, il faudrait multiplier par six notre taux de "décarbonisation"», estime-t-il. Des calculs qui, concrètement, se traduiraient par un changement majeur dans nos économies, et particulièrement dans notre usage des énergies fossiles.

Les pays européens bons élèves

A ce titre, ce sont les pays de l’Union européenne qui se sont révélé être les meilleurs élèves: ils ont réussi à réduire leur «intensité en carbone», c’est-à-dire la quantité de CO2 émise par point de PIB, de 6% en 2010-2011. «Ironiquement, la raison de cette moindre consommation d’énergie ont été les hivers doux, explique le rapport de PwC. Le Royaume-Uni et la France ont aussi bénéficié d’une énergie nucléaire peu émettrice de CO2, tandis que la sortie du nucléaire en Allemagne s’est traduite par un recul moins rapide des émissions.»

 

En revanche, si les Etats-Unis ont connu un léger recul de leurs émissions de carbone ces dernières années grâce à une consommation accrue de gaz naturel en remplacement du charbon, les pays émergents n’ont pas encore choisi la voie de la croissance propre. La Chine est ainsi toujours le pays le plus émetteur de CO2 au monde: il sort de ses centrales et usines 29% du CO2 mondial, selon un rapport de l’Agence néerlandaise d'évaluation environnementale. Quant aux pays du Pacifique, la proximité de la Grande barrière de corail ne semble pas les sensibiliser aux dangers du réchauffement. D’après PwC, les émissions australiennes de CO2 ont ainsi augmenté de 6,7% en 2011.

 

Alors que la prochaine conférence des Nations unies sur le changement climatique se prépare à Doha, au Qatar, pour la fin novembre, le rapport de PwC sonne comme un avertissement: «Il est temps de se préparer à un monde plus chaud, estime Leo Johnson. Nous avons passé un cap critique». Affirmant que le rapport n’est pas une «tactique de choc» mais un simple «calcul mathématique», le cabinet PwC rappelle que «quelque soit le scénario ou la réponse apportée, "business as usual" (le business "comme d’habitude") n’est pas une option».

 

Audrey Chauvet
http://www.20minutes.fr/article/1035858/vers-rechauffement-6c-2100

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