La liste des scénarios catastrophe qui menacent l’avenir de l’humanité

Publié le par ottolilienthal

Peut-on survivre à un hiver nucléaire?

L’hiver nucléaire est le cauchemar de tous ceux qui se sont penchés sur les conséquences d’un conflit nucléaire. La guerre froide appartient au passé mais avec Poutine d’un côté et Trump de l’autre, le monde est peut-être sur le point de redevenir un endroit très dangereux. L’hiver nucléaire serait la conséquence des millions de tonnes de fumées, de poussières et de débris propulsés dans l’atmosphère par l’explosion des bombes atomiques et se répandant tout autour de notre planète. En masquant le rayonnement solaire, en détruisant la couche d’ozone, ils condamneraient à mort des populations se trouvant à des milliers de kilomètres des explosions.

Mais est-il possible tout de même et dans certaines conditions de survivre à un hiver nucléaire ce que décrivent d'ailleurs tant de livres et de films de science-fiction décrivant un univers post-apocalyptique? C’est la question que se posent sérieusement Life Noggin et Gizmodo. La réponse la plus simple est probablement non. Mais en fait tout dépend des pays qui mènent la guerre nucléaire et plus encore du nombre de bombes qui sont lancées et où elles sont lancées.

Famine et radiations

Comme le montre cette simulation animée, une guerre nucléaire «limitée» avec l’utilisation de 100 bombes de la puissance de celle d’Hiroshima, par exemple entre le Pakistan et l’Inde, se traduirait par des quantités importantes de l’ordre de 3 à 4 millions de tonnes de carbone propulsés au-dessus des nuages dans la stratosphère dont ils ne pourraient pas être «nettoyés» par les pluies. Les fumées couvriraient l’ensemble du globe en moins de deux semaines et il faudrait une décennie pour qu’elles disparaissent totalement. Elles absorberaient une partie du rayonnement solaire et verraient leur température approcher les 100 degrés celsius ce qui détruirait une partie de la couche d’ozone. Cela se traduirait par presque un doublement de la quantité d’UV qui frapperaient certaines régions. En Amérique du nord et en Europe, il faudrait seulement quelques minutes en juin pour attraper un coup de soleil.

Par ailleurs, la température baisserait sur tout le globe de plusieurs degrés ce qui aurait un impact désastreux sur les cultures. Jusqu’à 2 milliards de personnes pourraient périr de la famine.

Glaciation

Au bout de cinq ans, la température sur terre resterait en moyenne inférieure de 1 degré celsius à ce qu’elle était avant la guerre atomique et la couche d’ozone resterait fortement endommagée. Et il ne s’agit que de l’hypothèse de l’utilisation de 100 bombes. Il y en a 15.000 dans les arsenaux…

«Avec 100 bombes et moins, il est possible que vous puissiez survivre aux conséquences de la famine et de l’exposition aux radiations d’UV» explique Pat Graziosi qui a réalisé la vidéo de Life Noggin. «Mais avec une guerre nucléaire de grande ampleur, l’hiver nucléaire serait encore plus terrible».

Si des centaines ou des milliers de bombes étaient lancées par les Russes, les Américains, les Chinois… elles pourraient envoyer dans l’atmosphère jusqu’à 180 millions de tonnes de poussières. Elles resteraient dans la stratosphère entre 10 et 20 ans et le rayonnement solaire serait tellement réduit «qu’à midi la clarté serait celle d’une nuit de pleine lune». Les grandes zones agricoles de l’hémisphère nord se trouveraient rapidement gelées et la baisse des températures serait supérieure à celles de la dernière ère glaciaire il y a 18.000 ans. L’homme avait alors failli disparaître. A nouveau, la survie de l’espèce humaine serait en jeu.

 

Science & santé

Nous vous avions déjà parlé de ce laboratoire scientifique, le Centre d’étude du risque existentiel –The Centre for the Study of Existential Risk (CSER)– de l’Université de Cambridge, dédié à la recherche sur la prévention de l’extinction de l’espèce humaine. En novembre 2012, les trois fondateurs Martin Rees, professeur de cosmologie et d’astrophysique, Huw Price, professeur de philosophie et Jaan Tallinn, co-fondateur de Skype, en annonçaient l’ouverture avec l’espoir de donner à la discipline «la respectabilité académique qu’elle mérite».

 

 

Le CSER a aujourd’hui recruté de nouveaux cerveaux, et pas des moindres: le célèbre physicien Stephen Hawking, le zoologiste Robert May de l’Université d’Oxford, ex-conseiller scientifique du gouvernement, l’économiste Partha Dasgupta ou encore le généticien à Harvard George Church.

 

Lord Rees s’est exprimé cette semaine depuis le British Science Festival 2013 de l’Université de Newcastle, lors de son discours de clôture rapporté par l’Independant:

 

«Ceux qui ont la chance de vivre dans les pays développés doivent faire face à des risques mineurs de la vie quotidienne: accidents d’avion, substances cancérigènes dans la nourriture, rayonnement radioactif à faible dose… Mais nous sommes moins en sécurité que nous le croyons. Il faut adopter une approche plus rationnelle des événements à faibles risques qui pourraient avoir des conséquences dévastatrices, parce que nos hommes politiques ont tendance à résoudre les problèmes à court terme, et la population est plutôt dans le déni.»

 

L’un des objectifs de son équipe de chercheurs est de présenter aux responsables politiques une liste de scénarios catastrophe qui pourraient menacer l’avenir de l’humanité. La voici, en l’état actuel des travaux du CSER:

 

1-Les cyber-attaques

 

Notre dépendance croissante à la technologie et aux réseaux interconnectés rend notre société plus vulnérable, affirme le professeur de mathématiques David Spiegelhalter, expert en risques à l’Université de Cambridge et membre du CSER. «Nous utilisons des systèmes interconnectés pour tout, du pouvoir politique, aux banques, à l’approvisionnement alimentaire.» La menace la plus forte: la neutralisation des ordinateurs qui contrôlent les réseaux d’alimentation en électricité, dont les conséquences seraient immédiates et potentiellement sévères.

 

2-Le bioterrorisme

 

Contrairement à l’arme nucléaire, qui demande une infrastructure lourde pour être fabriquée et utilisée, développer des microbes ou des virus génétiquement modifiés peut se faire de façon relativement simple en laboratoire.

 

3-Les pénuries alimentaires

 

La gestion de la distribution alimentaire se fait surtout à flux tendu, sur le modèle du «zéro-stock». La défaillance des réseaux informatiques qui la contrôlent pourrait rapidement entrainer des pénuries, et le cas échéant, des émeutes de la faim en moins de 48 heures.

 

4-Les pandémies

 

«La propagation rapide d’une pandémie peut provoquer des ravages dans les mégalopoles d’un monde en développement perpétuel» rappelle Lord Rees dans Science Mag, amplifiée par le développement des différents modes de transport. La propagation rapide d’une nouvelle infection laisse également moins de temps aux chercheurs pour en découvrir le vaccin.

 

5-Une intelligence artificielle hostile

 

Certains experts envisagent un scénario à la Terminator, où des ordinateurs de plus en plus intelligents échapperaient à tout contrôle. «C'est probablement une erreur de penser que toute intelligence artificielle, en particulier celle qui est née par hasard, va évoluer comme l’espèce humaine, avec les valeurs qui sont les nôtres, et qui sont le produit de millions d’années d’évolution» explique Huw Price dans les colonnes de l'Alumni Magazine de l’Université de Cambridge.

 

6-Les catastrophes naturelles

 

«Les astéroïdes s'écrasant sur ​​la terre sont une menace réelle pour l’espèce humaine, mais nous ne pouvons pas faire grand chose pour prévenir un tel événement» souligne David Spiegelhalter. Les préoccupations du CESR se concentrent essentiellement autour du réchauffement climatique et de ses conséquences potentiellement irréversibles.

 

Caroline Piquet

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article