la gazette des monstres
«Ces jeunes femmes étaient comme de la viande à consommer»...
Depuis 2025, la France enquête sur un système de traite des femmes organisé par Mohamed Al-Fayed rappelant l'affaire Epstein. Deux victimes et leurs avocates témoignent...
Derrière le faste du Ritz époque Mohamed Al-Fayed et le clinquant des yachts, le piège? La justice française enquête depuis l’été dernier sur un vaste système présumé de traite de femmes, dont les ressorts rappellent, selon des avocates, l’affaire Epstein. Décédé en 2023, le patron du grand magasin de luxe londonien Harrods, du club de football londonien de Fulham et du Ritz à Paris, n’a jamais été poursuivi de son vivant.
Entendue le 10 février dernier par l’office français spécialisé dans la répression de la traite des êtres humains, l’OCRTEH, Rachael Louw avait 23 ans quand elle a été envoyée sur la Côte-d’Azur – dans le sud-est de la France – sur le yacht de Salah Al-Fayed, frère de Mohamed, décédé en 2010. Aujourd'hui âgée de 54 ans et mère de famille, elle raconte qu'elle était vendeuse chez Harrods quand Mohamed Al-Fayed l’a «repérée» dans les rayons.
À l’été 1994, Rachael Louw a une visite «préalable à (son) recrutement au bureau du président de Harrods». Examen pelvien, frottis, «contrôle mammaire approfondi», test VIH: le rendez-vous excède largement l’examen classique. Et ne reste pas confidentiel. Dans son compte rendu adressé à Harrods que l’AFP a pu consulter, le médecin précise que Rachael avait récemment perdu sa mère, prenait la pilule, avait un petit ami, que son hygiène personnelle était «excellente»...
Médecin complice
«C’est un médecin qui accepte d’envoyer des renseignements confidentiels pour donner des armes au violeur», accuse l’ancienne juge d’instruction et aujourd’hui avocate Eva Joly, qui assiste Rachael Louw et Kristina Svensson, une autre victime présumée de Mohammed Al-Fayed, avec ses consœurs Caroline Joly et Agathe Barril. «Ces jeunes femmes étaient comme de la viande, dont on veut savoir si elle est bonne à consommer», abonde Caroline Joly.
Après ce criblage médical, plusieurs rencontres ont été organisées avec Salah Al-Fayed dans sa résidence londonienne de Park Lane. Rachael Louw affirme qu’il l’y a droguée une fois, avec «un mix de crack et de cocaïne», et agressée sexuellement. Elle s’est alors sentie «piégée». Mais «comme Salah Fayed n’a pas recommencé», elle a «cru que cela irait» et a accepté une offre: devenir son assistante en France.
Quand elle y est envoyée en avion privé, son passeport lui est confisqué. Sur le yacht du milliardaire, «rien» ne ressemble alors au travail d’assistante pour lequel elle a signé. «Je m’attendais à organiser les journées de Salah Al-Fayed, mais on attendait juste de moi que je sois constamment avec lui». Rachael Louw figure notamment, auprès de Salah Fayed, lors de dîners. Avec des invités, âgés et fortunés, accompagnés de «jeunes filles». «Il y avait beaucoup de contacts physiques.»
Une nuit, il se glisse dans son lit
Isolée sur ce yacht, où le personnel avait «interdiction de lui parler», elle parvient à contacter son petit ami, employé chez Harrods. «Ils l’ont su et il a été licencié», affirme-t-elle. Une nuit, Salah Al-Fayed «entre dans son lit». «Je me suis réveillée et j’ai dit: ‹Que faites-vous?› Et il m’a répondu: ‹Je me sens seul.› Je suis restée pétrifiée toute la nuit, sans dormir. C’était comme une torture. J’étais terrifiée qu’il puisse interpréter un mouvement comme une invitation à me toucher.»
La jeune femme a senti l’étau se refermer encore davantage quand Salah Fayed lui a annoncé qu’il comptait l’emmener sur un nouveau hors-bord. «Il n’y avait qu’une seule chambre... J’ai su que si j’allais sur ce bateau, rien de bon n’arriverait.» Paniquée, elle appelle Air France pour réserver un siège sur le premier vol. Salah Fayed manifeste «une grande colère» quand elle réclame son passeport, mais ce dernier lui est rendu. «Il a su que j’avais prévenu mes colocataires.»
Elle qui pensait être réduite au silence par un accord de confidentialité signé à l’embauche, a été bouleversée par un documentaire de la BBC sur les Al-Fayed, diffusé en septembre 2024. «J’ai pris conscience de ce dont j’avais fait partie, et comme cela aurait pu être pire, si je n’avais pas eu la chance de pouvoir fuir... Je parle car il doit y avoir un coût pour les criminels, pour ne plus encourager les suivants.»
Examen gynéco à l'embauche
Après la mort de Mohamed et de Salah, les plaignantes espèrent que la justice puisse retrouver des complices qui auraient permis à ce système d’exister. Qui organisait les transports? L’hébergement? «Il n’y a pas de petite information. Chaque élément est utile pour l’enquête», estime Kristina Svensson.
Cette Suédoise, arrivée en 1993 en France, avait été placée par une agence d’intérim au Ritz, bijou parisien détenu par Mohamed Al-Fayed. Elle était censée l’aider, comme assistante, à gérer ses affaires, après la mort de son fils Dodi et de la princesse Diana. Sauf qu’à l’entretien d’embauche au Ritz, les questions sont restées «focalisées» sur son apparence. On lui a même fait remarquer qu’elle était le «sosie» de l’épouse d’Al-Fayed.
Le Ritz l’a ensuite envoyée à Londres. «J’avais apporté mon CV.» Mohamed Al-Fayed «n’était pas intéressé par ça. Il ne m’a posé que des questions personnelles». «J’ai aussi subi un examen gynécologique obligatoire, où je pense avoir été droguée.» S’en sont suivies plusieurs rencontres avec Mohamed Al-Fayed, au schéma répétitif. Elle était placée de longues heures sans instruction, dans une pièce. Puis Mohamed Al-Fayed entrait. Aujourd’hui, Kristina Svensson décrit des agressions sexuelles et des tentatives de viols au cours desquelles «il riait».
Des caméras et des micros partout au Ritz
A posteriori, Kristina Svensson se compare à «un produit de luxe parmi d’autres», que Mohamed Al-Fayed voulait posséder. «Une poupée sur une étagère», bien surveillée. Le personnel «l’avertissait» qu’il y avait «micros et caméras partout au Ritz», tandis que dans la villa de Saint-Tropez, elle affirme qu’une gouvernante lui avait recommandé de bloquer la porte de sa chambre la nuit.
Pour les avocates des deux femmes, les témoignages dessinent les contours encore obscurs d’un «système puissant», ressemblant en de «nombreux points» à celui mis en place, à la même époque, par le criminel sexuel Jeffrey Epstein. «Comme chez Epstein, il y a chez les Fayed une consommation frénétique de jeunes femmes et un système organisé pour se les procurer. Le schéma est le même: sélection de jeunes femmes vulnérables, transport, hébergement, isolement et l’argent, qui sert à intimider ou à noyauter», explique Eva Joly.
Si les faits pourraient être prescrits, des enquêtes sont parfois ouvertes pour rechercher d’éventuelles victimes non prescrites. Et l’avocate d’assurer: «On n’en est qu’au début de la reconstitution du puzzle en France.»
AFP
https://www.20min.ch/fr/story/affaire-mohammed-al-fayed-ces-jeunes-femmes-etaient-comme-de-la-viande-a-consommer-103514788
Sur Internet, de nombreuses femmes défendent corps et âme Wade Wilson, « l’ange de leurs rêves », condamné à mort pour avoir tué deux femmes en 2019...
Je veux être ton esclave », « l’amour de ma vie », « l’ange de mes rêves »… Sur les réseaux sociaux, Wade Wilson fait tourner de nombreuses têtes. En scrollant, on découvre une myriade d’images du trentenaire, accompagnées de messages d’amour ou de soutien. Pourtant, avec son visage recouvert de tatouages (dont une croix gammée, tout de même) et sa condamnation à la peine de mort, l’Américain est loin (très, très, très loin) d’être le gendre idéal. Une nuit d’octobre 2019, il a étranglé dans son sommeil Kristine Melton, une jeune femme qu’il avait rencontrée dans un bar.
Wade Wilson a ensuite volé la voiture de la jeune femme et croisé le chemin de sa seconde victime, Diane Ruiz. Alors que la mère de famille tentait de lui échapper, il l’a frappée, étranglée puis l’a jetée hors du véhicule. La justice a estimé qu’il avait commis ces crimes « juste pour le plaisir ». Le « Deadpool killer » a roulé « 10 à 20 fois » sur sa seconde victime pour « en faire des spaghettis », selon ses dires. Pour le commun des mortelles, Wade Wilson n’est donc pas, mais alors pas du tout, le Valentin idéal. Mais sur les réseaux sociaux, certaines femmes voient en Wade Wilson cet « étranger glamour », à l’instar de « Gatsby le Magnifique », selon Justine Quintin dans sa thèse Les tueurs en série et les meurtriers de masse : la fascination pour les auteurs d’homicide multiple.
Le « bodycount » létal
« La réaction des fans [de Wade Wilson] n’est pas surprenante. L’hybristophilie, l’amour - exclusivement féminin* - pour les meurtriers, est un phénomène très ancien », rappelle Robert King, enseignant chercheur en psychologie appliquée à l’université de College Cork, en Irlande. Ces femmes ressentent de l’attirance sexuelle, voire de l’affection, pour des criminels. Le chercheur cite le post d’une femme sur un site hybristophile qu’il a étudié : « Je baiserais John Wayne Gacy [condamné pour 33 meurtres en 1980] parce qu’il a un bodycount [nombre de victimes] impressionnant. Est-ce que je le trouverais attirant s’il n’était qu’un petit voleur ? Bordel, non ! »
Une inclination qu’on peut même retrouver dans l’histoire de la littérature. « Dès qu’elles ont commencé à écrire, les femmes ont décrit leurs fantasmes sexuels à propos de very bad boys. Il y a plus de 4.500 ans, la poétesse mésopotamienne Enheduanna exaltait son désir d’avoir des bébés avec des meurtriers », illustre Robert King.
« Il existe de nombreux cas d’hybristophilie documentés au cours de l’Histoire. Le cas le plus connu étant celui de Ted Bundy, qui a reçu de nombreuses lettres d’amour et de groupies lors de ses procès » de 1976 à 1980, abonde Thomas Williams, docteur en psychologie à l’université de Huddersfield, au Royaume-Uni. Le violeur, nécrophile et serial killer était noyé de lettres d’amour, de photos dénudées et de demandes en mariage. Certaines femmes ont poussé le vice jusqu’à s’habiller comme ses victimes, dans l’espoir de le séduire.
« Toucher un public plus large »
Thomas Williams évoque un « effet d’entraînement » : plus le tueur est connu, plus il attire ce type de sympathie, plus d’autres personnes estiment qu’exprimer leur soutien est acceptable. Et les réseaux sociaux, où les vidéos de Wade Wilson s’accompagnent de messages vantant sa voix, son sourire ou criant à son innocence, peuvent être un terreau fertile.
« Les espaces en ligne ont grandement renforcé le phénomène, assure le docteur en psychologie. Les gens peuvent exprimer parfois anonymement leur attirance pour des criminels et toucher un public plus large. Cela encourage ensuite les autres à faire de même. » Contrairement au journal intime, où certains s’amusent à écrire en vain le nom de l’heureux élu avec des cœurs sur les « i », TikTok permet d’engranger des vues et des likes.
Cette paraphilie est documentée depuis des décennies, mais elle reste encore mal expliquée. Qu’est-ce qui peut pousser une femme à proclamer sa passion pour un homme comme Wade Wilson ? Pourquoi, comme le rapporte Thomas Williams, certaines femmes tapissent leur chambre d’images d’un meurtrier comme une adolescente le faisait avec le boys band du moment ? Comment une femme peut-elle épouser un homme considéré comme l’un des plus monstrueux de son époque ? C’est ce qu’a fait Carole Ann Boone, mariée à Ted Bundy alors qu’il était dans le couloir de la mort, et mère de son enfant, conçu en prison.
De « 50 nuances de Grey » à Michel Fourniret
Les théories qui expliquent l’hybristophilie « sont nombreuses », répond Thomas Williams. « Elles vont de la victime d’abus [traumatisée] à l’individu lui-même violent, en quête d’un criminel connu pour l’aider dans ses propres intentions criminelles », souligne-t-il. Comme Monique Olivier, qui a débuté sa relation amoureuse avec Michel Fourniret alors qu’il était emprisonné pour agressions sexuelles et a ensuite participé à ses crimes. Robert King cite aussi les « fantasmes sexuels féminins » que l’on retrouve notamment dans la dark romance ces dernières années.
Nos papiers sur les serial killers
« Ces thèmes de l’homme riche, puissant, grand, beau et hautement dominant, qui "asservit la femme" […] ont été trouvés dans des milliards de recherches pornographiques menées par des femmes », rappelle-t-il, citant l’ouvrage A Billion Wicked Thoughts d’Oggi et Gaddams. C’est typiquement le cas dans 50 Nuances de Grey (écrit par une femme, pour les femmes et vendu à plus de 150 millions d’exemplaires). Un monde sépare toutefois celles qui se délectent de ce type d’ouvrages et celles qui planifient leur mariage dans le parloir du couloir de la mort…
* Quelques cas d’hommes souffrant d’hybristophilie ont été recensés.
https://www.20minutes.fr/societe/4137443-20250214-saint-valentin-pourquoi-deadpool-killer-tant-autres-meurtriers-veritables-groupies
Après avoir appris que le meurtrier de sa fille avait eu un enfant, Jennifer de Araujo a laissé éclater sa colère. La mère d'Arthur Noyer abonde...Le quadragénaire, qui purge désormais sa peine à la centrale d'Ensisheim (Alsace), multiplie les conquêtes depuis son incarcération. «Ces femmes, ce n'est pas Nordahl Lelandais qui vient les chercher, ce sont elles qui viennent à lui», explique une source bien informée au «Figaro»
Nordahl Lelandais, condamné à perpétuité pour le meurtre de Maëlys, est devenu père en prison... il a connu plusieurs relations amoureuses depuis son incarcération... le détenu avait été surpris au parloir en plein ébat sexuel avec une autre jeune femme, qui le rencontrait pour la première fois après de nombreux échanges épistolaires
L’hybristophilie, ou l’attirance sexuelle pour les criminels, n’est pas le produit d’un esprit « anormal » ou malade, mais bien une face sombre de la nature humaine.
Dans sa maison du Kent, assis à son bureau, Darwin étudiait une orchidée de Madagascar qu'il venait tout juste de recevoir. La fleur avait des propriétés fort inhabituelles. Blanche, dotée d'un éperon extraordinairement long – près de 30 centimètres – et gorgée de nectar jusqu'au fond, elle permettra au naturaliste de prédire l'existence d'une créature que personne n'avait encore vue à l'époque.
Quand on évoque des recherches sur les bases évolutionnaires du comportement humain, d'aucuns – qui devraient tourner plus longtemps leur langue dans leur bouche – hurlent à la pseudoscience et aux « histoires à dormir debout ». Pour diverses raisons, j'en suis venu à penser qu'un grand nombre de ces « arguments », si ce n'est la majorité, sont des réponses de mauvaise foi à un profond sentiment de dégoût qu'il est courant d'éprouver quand on se force à se considérer comme des animaux, et à admettre que les règles de la biologie s'appliquent également à nous. Reste qu'on m'a appris à critiquer le message, pas le messager, et j'aimerais donc attirer leur attention sur l'histoire de Darwin et de son orchidée.
Que sous-entend l'existence de cette fleur ? Le blanc est la seule couleur qu'une bestiole nocturne est à même de détecter et la disposition inhabituelle de son nectar – une source de nourriture ô combien séduisante – indique un insecte qui aurait, pour pouvoir le récolter, une langue énormément longue et la capacité de voler en stationnaire.
Vingt ans après la déduction de Darwin, le sphinx de Wallace (Xanthopan morgani praedicta), un grand papillon de nuit, sera enfin découvert.
Deux catégories de « tireurs fous »
Une si magnifique démonstration du pouvoir prédictif de la théorie de l'évolution par sélection naturelle et de la manière dont elle peut, en pratique, se traduire, est plus difficile à trouver chez les humains. Mais qu'importe si mon imitation de mon héros intellectuel porte sur un phénomène moins ragoûtant, il n'en est pas moins soumis aux lois de la biologie. Ma question du jour : pourquoi d'horribles assassins arrivent à séduire autant de femmes ?
Voici quelques années, nous avons commencé à analyser l'atroce phénomène des tueries de masse – le meurtre d'au moins cinq personnes (en général, inconnues du tueur) dans des espaces publics, et où l'auteur, dans l'extrême majorité des cas, est un homme. Certaines de nos conclusions ont récemment été publiées dans Quillette (merci du fond du cœur pour vos commentaires). Nos données (qui commencent à dater) montrent que les « tireurs fous » peuvent être (au moins) divisés en deux catégories (sans prétendre aucunement à l'exhaustivité).
Typiquement, les plus jeunes (moyenne d'âge 21 ans) étaient des garçons en échec scolaire, avec des antécédents de maladie mentale, en manque de relations au moment de leurs exactions et sans grand espoir de combler un jour cette désocialisation. Aussi, nous allions constater que ces jeunes laissaient souvent des manifestes où ils déploraient, en long et en large, leur peu de réussite dans le monde et, notamment, auprès des femmes. Il arrive que ce genre de types meurent quand ils passent à l'acte, mais selon une probabilité moindre que leurs homologues plus âgés. Dans les écrits qu'ils laissent derrière eux, on note un lourd accent d'amertume, de jalousie et de ressentiment. Ce qui n'est pas sans rappeler Richard III, le méchant difforme de Shakespeare, lorsqu'il déclare dans le monologue ouvrant la pièce : « Aussi, puisque je ne puis être l'amant qui charme ces temps diserts, je n'aurai qu'une visée : devenir le méchant de l'histoire et décharger ma haine sur les vains plaisirs de l'époque. »
L'envieux et le jaloux
L'envieux abhorre ce qu'il ne peut avoir. Le jaloux agresse – parfois bien au-delà du raisonnable – pour protéger ce qu'il craint de perdre. Chez les tueurs de masse les plus vieux, le profil est plutôt celui d'un homme inséré dans une vie professionnelle, familiale et conjugale, et sur le point d'en être totalement ou partiellement privé. En outre, ses risques de maladie mentale ne sont pas supérieurs à ceux que l'on observe dans la population générale. Son équivalent shakespearien se trouve plutôt chez Macbeth et sa folie certes meurtrière, mais aussi autodestructrice : « Dans le sang, j'y suis tant que j'ai dépassé depuis longtemps le seul niveau de mes pieds ; revenir sur mes pas me serait aussi dur que d'encore avancer. »
Shakespeare comprenait autant les ressorts de l'envie que de la jalousie, sans craindre de les voir, et de les analyser, comme une partie intégrante de notre nature. De même, il savait qu'expliquer n'est pas justifier ni encore moins pardonner. Peut-être pourrions-nous prendre exemple sur la froide sagacité de son œuvre.
On notera que la moyenne d'âge de nos envieux (21 ans) et de nos jaloux (43 ans) correspond (grosso modo) au moment où les hommes commencent, d'un côté, à acquérir un statut (ou à saisir qu'ils n'y parviendront peut-être jamais) et, de l'autre, à perdre celui qu'ils avaient pu amasser. Le statut est, rappelons-le, la clé de la valeur reproductive masculine. Bien sûr, le « statut » n'a pas de forme unique – ce qui aura beaucoup de valeur pour certains pourrait tenir de l'anathème pour d'autres. Mais voici ce qu'il en est : il existe des femmes pour qui tuer ses congénères est un rehausseur de statut. Des femmes qui n'hésitent pas à l'admettre. Pour citer un commentaire posté sur un site de groupies de serial killers :
« Je me taperais sans hésiter Wayne Gacy. Pourquoi ? Parce qu'il a aligné un nombre impressionnant de cadavres. Est-ce que je le trouverais aussi attirant s'il n'était qu'un voleur à la sauvette ? Bien sûr que non. Edmund Kemper est un laideron total, mais je le baiserais quand même dix fois de suite d'ici dimanche. »
Qu'il existe des tueurs de masse du genre jeune et envieux, qui recherchent sciemment la notoriété – comme en atteste leur habitude d'accompagner leur geste de manifestes – et qui ont parfaitement conscience de leur manque de succès auprès des femmes laisse entendre que de tels actes peuvent avoir un public. Un public qui existe, comme l'illustre le commentaire ci-dessus.
Techniquement, on désigne comme hybristophiles les individus (quasi exclusivement des femmes) que la criminalité excite sexuellement. Sauf que les tueries de masse (et les meurtres en série) sont loin d'être des actes banalement criminels. Ils comptent parmi les comportements les plus tabous que l'on puisse imaginer. On gardera cela à l'esprit quand on entendra dire que les meurtres en série sont un phénomène marginal, vu la microscopique proportion du taux de mortalité qu'ils représentent.
Une façon de voir les choses qui, non contente de mépriser la souffrance des victimes et de leurs familles, néglige d'autres faits d'importance. Par exemple, l'impact sur la santé mentale de toute une génération lorsqu'elle doit grandir en percevant l'école comme un endroit de peur et de menace, où même des enfants de maternelle sont censés s'affubler de cartables pare-balles. En outre, elle ne tient pas compte de la nature complexe des tueries de masse, qui ne s'expliquent pas uniquement par des profils psychiatriques aisément identifiables. Les tueurs fous ne sortent pas de nulle part ; de tels comportements se sont manifestés dans notre espèce tout au long de son histoire et, aux États-Unis, la prolifération des armes à feu les aura rendus encore plus meurtriers.
Une réalité plus complexe
Reste que certains de ces faits ne sont pas passés inaperçus aux yeux des meilleurs spécialistes du comportement. Ogas et Gaddam, dans leur analyse de la pornographie sur Internet, posent la remarque suivante : « Il s'avère que tuer des gens est un bon moyen d'attirer l'attention de nombreuses femmes : pratiquement tous les tueurs en série, y compris Ted Bundy, Charles Manson et David Berkowitz, ont reçu un tas de lettres d'amour signées d'une myriade de groupies. »
Ces hybristophiles ne sont-elles que de petites écervelées qui, de manière pathologique, confondent tueurs en série, « bad boys » et « stars » rebelles ? La réponse est plus complexe qu'il n'y paraît. Pour l'étude que nous avons publiée cet automne dans le Journal of Police and Criminal Psychology, nous avons analysé les sites de groupies de tueurs sous l'angle des fantasmes exprimés, des créations artistiques postées et d'autres artefacts. Là encore, comme avec les tueurs de masse, on distingue deux catégories. Dans la première, de loin la plus fréquente, la groupie adule le tueur comme elle adulerait, effectivement, un chanteur de One Direction. On y exprime des rêves de midinette et la thématique de la rédemption – « personne ne le comprend aussi bien que moi » – est omniprésente.
Mais il existe un autre type, bien plus sombre, d'hybristophile. Ces femmes-là focalisent bien davantage leurs fantasmes sur les meurtres en eux-mêmes et peuvent manifester une joie sadique face à la souffrance et la terreur des victimes. Sans exprimer le moindre désir de voir leur idole se racheter – au contraire, elles veulent souvent en devenir les complices.
Et ces femmes, comme d'ailleurs pas mal de tueurs, ont parfaitement conscience de ce qui les anime. Ce que les gens ont en général un mal de chien à admettre tant ils voudraient, désespérément, que ces abominables comportements soient le seul produit de contenus médiatiques faciles à censurer ou de pathologies mentales faciles à étiqueter. Sauf que la réalité est, hélas, loin d'être aussi simple. Et ne laisse pas la nature humaine s'en tirer à très bon compte.
Robert King* pour Quillette** (traduction par Peggy Sastre)
*Robert King est professeur de psychologie appliquée à l'University College de Cork, en Irlande. Son blog, Hive Mind, est hébergé par Psychology Today.
«Vous m'avez toujours fascinée»: que se passe-t-il dans la tête des femmes amoureuses des serial killers?....Nordahl Lelandais, Charles Manson, Henri Désiré Landru... Malgré l'horreur de leurs actes, ces criminels ont été convoités par de nombreuses femmes
L'attirance - notamment sexuelle - pour les pires criminels est un phénomène connu des psychologues. Rencontre avec Victoria, 20 ans et dingue de Breivik.
"Vraiment, je ne voudrais pas vivre ma vie sans lui." Lui, c'est Anders Behring Breivik, l'auteur du pire massacre commis en Norvège après la Seconde Guerre mondiale. Elle, c'est Victoria, un pseudonyme qu'elle a choisi pour protéger sa véritable identité. Victoria, donc, envoie à son "très cher Anders" des lettres chaque semaine, promet qu'elle l'attendra... Cette passion étrange qui peut s'accompagner d'une attirance sexuelle porte un nom savant : l'hybristophilie, ou le fait d'aimer les monstres...
D'un naturel plutôt froid, Victoria est originaire d'une petite ville suédoise. La jeune femme d'une vingtaine d'années se démène pour obtenir un assouplissement du régime carcéral de Breivik. Condamné à vingt et un ans de prison, peine susceptible d'être prolongée, l'extrémiste de droite est maintenu à l'isolement depuis qu'il a tué 77 personnes, le 22 juillet 2011, d'abord en plaçant une bombe dans le quartier des ministères à Oslo puis en faisant feu sur un camp d'été de la Jeunesse travailliste sur l'île d'Utøya.
Les conditions de détention de Breivik sont une vraie "torture", selon la jeune Suédoise. "Je suis encore plus attachée à lui maintenant qu'il est dans une situation si vulnérable." Sans emploi car de santé fragile, elle lui écrit - plus de 150 lettres - pour lui remonter le moral ou lui fait de petits cadeaux telle cette cravate bleu foncé portée à son procès. En retour, elle a reçu deux courriers de lui (vus par l'AFP), les autres ayant été bloqués par l'administration pénitentiaire.
Breivik, elle ne l'a jamais rencontré, ses démarches pour lui rendre visite en prison ont jusqu'à présent été toutes retoquées. Elle le décrit tour à tour comme son "vieil ami", une "figure fraternelle" protectrice. Et répond par l'affirmative quand on lui demande si elle le trouve attirant. Leurs premiers contacts remonteraient à 2007 via des jeux en ligne. Il rompt les liens deux ans plus tard, mais Victoria renoue le fil début 2012 avec celui qui est entre-temps devenu l'homme le plus détesté de Norvège.
Victoria n'est pas la seule. L'hebdomadaire Morgenbladet rapportait l'an dernier que Breivik recevait "au moins" 800 lettres par an, souvent de femmes qui l'admirent. Pendant son procès en 2012, on avait même appris qu'une adolescente de 16 ans lui avait envoyé une demande en mariage.
Terme non scientifique mais usité par les criminologues, l'hybristophilie (du grec hybrizein : commettre un outrage contre quelqu'un ; et philia : le fait d'aimer) désigne l'attirance sexuelle pour les criminels qui, en prison, se voient gratifiés de courriers enflammés, voire de sous-vêtements d'inconnues. Ce "syndrome de Bonnie et Clyde" s'affranchit des frontières et des époques. Reconnu coupable de la mort de 11 personnes au début du XXe en France, Henri Désiré Landru a reçu quelque 800 demandes en mariage avant d'être guillotiné. L'Autrichien Josef Fritzl, qui avait séquestré et violé sa fille pendant vingt-cinq ans, et le gourou américain Charles Manson, commanditaire de sept crimes atroces, ont aussi leurs fans.
Selon l'Américaine Sheila Isenberg, auteur de Women Who Love Men Who Kill (Les Femmes qui aiment les hommes qui tuent) et qui a parlé à une trentaine d'entre elles, ces admiratrices sont souvent des femmes abusées sexuellement dans le passé. "Ça donne à une femme la possibilité d'être aux commandes (l'homme, emprisonné à vie, ne contrôle rien), alors qu'avant elle était victime d'abus de son père ou d'autres hommes", explique-t-elle à l'AFP. "Et c'est une romance avec un grand R : excitante, palpitante, des montagnes russes sans fin."
D'après Amanda Vicary, professeur adjointe de psychologie à l'université de l'Illinois, aucune recherche scientifique ne vient en revanche étayer l'hypothèse d'une vocation à remettre l'assassin dans le droit chemin. "Certaines femmes ont aussi tendance à être attirées par les hommes célèbres, estime-t-elle. Il est possible que la raison de leur attirance pour des hommes coupables de choses horribles ne soit pas tant ce qu'ils ont fait que la célébrité tirée de leur geste."
Victoria, elle, dit fuir la célébrité. Son engagement lui a déjà valu de perdre sa soeur - "pour moi, tu es morte", lui a-t-elle écrit en apprenant ses liens avec Breivik - et elle s'est éloignée de ses amis. Si elle admet "plus ou moins" partager l'idéologie islamophobe de Breivik, elle affirme aussi être opposée à la violence. Comment alors aimer un homme qui a froidement abattu des dizaines d'adolescents terrifiés, certains alors qu'ils suppliaient de les laisser en vie ? "J'ai dû faire le distinguo entre Anders et Breivik. Je perçois Anders comme mon vieil ami et Breivik comme la personne qui a fait toutes ces choses."
Source AFP
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"Vraiment, je ne voudrais pas vivre ma vie sans lui." Lui, c'est Anders Behring Breivik, l'auteur du pire massacre commis en Norvège après la Seconde Guerre mondiale. Elle, c'est Victoria, un ...
http://www.lepoint.fr/societe/la-groupie-de-breivik-19-08-2015-1957578_23.php
Des jeunes filles ont envoyé des lettres au Belge condamné en 2004 pour l'enlèvement, la séquestration et le viol de six fillettes et adolescentes belges.
Plusieurs adolescentes ont adressé des lettres au tueur et pédophile belge Marc Dutroux dans l'espoir de nouer des contacts avec le détenu qui a donné son nom à une affaire qui avait traumatisé la Belgique en 1996, a révélé jeudi le journal Le Soir. "Bonjour, je suis une jeune fille de 15 ans. J'habite La Roche-en-Ardenne. Vous m'avez toujours fascinée. Vous êtes une personne connue. Quand je vois vos belles photos, je ne peux que croire que vous êtes honnête", écrit une jeune fille dont la lettre a été saisie par l'administration pénitentiaire. "Voulez-vous correspondre avec moi ? Si tu veux, je peux envoyer ma photo", ajoute-t-elle.
Selon le quotidien, Marc Dutroux, condamné en 2004 pour l'enlèvement, la séquestration et le viol, entre juin 1995 et août 1996, de six fillettes et adolescentes belges, ainsi que la mort de quatre d'entre elles, est le destinataire d'un abondant courrier. Il reçoit des demandes de correspondance, des propositions de mariage, des insultes, des peluches et même de l'argent, explique Le Soir, en soulignant que les lettres d'adolescentes sont un "phénomène nouveau".
"Pas conscience du risque encouru"
"Il apparaît aux yeux d'adolescentes immatures comme une victime du système", explique au journal le pédopsychiatre Jean-Yves Hayez. Elles "côtoient l'interdit, le danger, assimilent leurs comportements à ceux d'adultes. Elles n'ont pas conscience du risque encouru."
Les jeunes filles qui tentent d'entrer en contact avec le plus connu des détenus belges n'ont pas vécu 1996 et le traumatisme que l'affaire avait suscité, relève le quotidien.
Marc Dutroux, qui travaille sur une demande de remise liberté anticipée qu'il n'a pratiquement aucune chance d'obtenir, continue régulièrement à faire parler de lui. En janvier, il avait adressé une lettre au père d'une de ses victimes, dans laquelle il tentait à nouveau d'atténuer ses responsabilités en chargeant son ex-femme et ses ex-complices.
pour mémoire :
dimanche 12 juillet 2009
Laurence, originaire de l'Allier, âgée de 38 ans, n'a connu Patrice Alègre, détenu à Moulins-Yzeure, que trois mois avant son arrestation. Elle ne l'a jamais revu depuis douze ans que le tueur et violeur en série purge sa perpétuité: «Mais je l'aime. Je vais l'épouser». Quand? A l'automne, probablement... Ce n'est pas de la fascination malsaine, «c'est de l'amour, juste de l'amour», assure Laurence, une Montluçonnaise de 38 ans.
Spécialiste des tueurs et violeurs en série, Stéphane Bourgoin http:\\www.au-troisieme-oeil.com n'est pas surpris qu'une femme se marie avec Patrice Alègre, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie de vingt-deux ans de sûreté, pour cinq meurtres et six viols. «De Landru à Guy Georges, c'est courant.» Après la Première guerre mondiale, Landru avait déjà reçu des dizaines de propositions de mariage au premier jour de son procès. «Souvenons-nous aussi qu'Eugène Weidmann a été le dernier guillotiné en public en France à cause des scènes d'hystérie des femmes, ajoute l'ancien analyste au Centre international de sciences criminelles et pénales. Elles trempaient leurs mouchoirs dans le sang des exécutés, croyant se rendre plus fertiles.»
Transféré il y a deux ans à la centrale de Moulins-Yzeure (Allier), réservée aux longues peines, Alègre aura 41 ans cette année et sera sexagénaire lorsqu'il sortira. Sa fille de 19 ans, qu'il n'a pas vu grandir, lui sautera-t-elle dans les bras lorsque la porte blindée s'ouvrira ? Laurence, c'est certain, sera là. «Je l'attendrai. Je sais que ce qu'il a fait, c'est horrible. Mais je dois être là». Au début de leur rencontre, «ce n'était alors qu'un ami, mais je ne l'ai pas quitté malgré tout ». Ils se sont écrits. Et en maison centrale, les détenus peuvent téléphoner. «Il m'appelle tous les jours. Il m'envoie des cadeaux, me fait livrer des fleurs. Il est adorable avec moi, c'est l'homme de ma vie. Alors quand il m'a fait sa demande en mariage, je lui ai envoyé une bague de fiançailles». «On me refuse un permis de visite, pourtant je n'ai jamais eu aucun problème avec la justice. Ne pas le voir, c'est une souffrance ». «Alors je me battrai pour l'avoir, ce permis». Quitte à se contenter, dans un premier temps, d'un permis exceptionnel.
Du people
A la centrale de Moulins où dans une autre. Car Patrice Alègre veut changer de prison pour la septième fois. Il voudrait être transféré à la centrale d'Ensisheim, entre Mulhouse et Colmar, près du nouveau domicile de la Montluçonnaise. Ensisheim où se trouve un autre tueur et violeur en série célèbre, détenu un temps à Moulins-Yzeure, Guy Georges. Qui recevait d'ailleurs beaucoup de courriers de femmes amoureuses et qui était aussi devenu l'homme idéal d'une femme qui ne l'a jamais connu qu'en prison... «On compte environ quatre-vingts tueurs en série incarcérés en France, estime Bourgoin. La plupart ont ces contacts.»
Qui sont-elles, ces femmes fascinées par ces grands criminels? Que veulent-elle? Du people! Elles savent qu'elles ne pourront pas approcher Johnny Hallyday ou Patrick Bruel, alors elles se tournent vers d'autres personnalités qui ne demandent que ça. Il y a deux autres catégories, ajoute le spécialiste des tueurs en série: celle de femmes qui trouvent là l'occasion de mettre en œuvre leur instinct maternel. Elles se disent qu'elles seules ont vu l'homme derrière le criminel, et elles pensent qu'à leur contact il va s'amender.
Laurence rentrerait dans cette catégorie: «Je sais que les gens peuvent avoir du mal à comprendre, mais l'amour, ça ne s'explique pas», dit Laurence. Pas plus qu'elle ne peut contrôler sa gaieté juvénile quand elle parle d'Alègre: «Celui que moi je connais. Le "tueur en série", c'est son autre vie. Moi je connais Patrice, l'homme». Laurence est-elle tombée dans ce que Bourgoin appelle «le premier des pièges de ces tueurs et violeurs en série, incapables d'une relation sincère, manipulateurs, qui cherchent à avoir l'autre sous leur emprise»?
La femme du «tueur des collines»
Il y a celles, enfin, qui les voient comme des hommes extraordinaires, hyper-intelligents et cultivés, hyper-puissants, un peu à l'égal de Dieu, comme Hannibal Lecter. «Et il ne faut pas se leurrer, assure Bourgoin, il y a aussi cette fascination pour la puissance sexuelle sous-entendue dans leurs crimes.
Parfois, l'avenir de ces femmes qui souhaitent vivre avec des psychopathes que rien ni personne ne peut changer - (sur les soixante-sept serial killers que Bourgoin a rencontrés dans le monde depuis 1979, les trois-quarts de ceux qui m'ont parlé sincèrement ne m'ont pas caché qu'ils recommenceraient s'ils sortaient) se confond avec le chemin du criminel. «Regardez Monique Olivier. Une visiteuse de prison, fervente catholique, une vie normale. Et trois mois après la libération de Michel Fourniret, elle participe à ses meurtres. Je connais aussi une femme qui, mariée à un tueur en série, "le tueur des collines", est allée jusqu'à commettre un crime dans des conditions similaires pour faire croire que son mari toujours en prison était innocent.»
Alègre a «raté le début de sa vie, dit Laurence mais c'est un être humain, il a droit à une seconde chance». Elle grimace puis retrouve aussitôt son sourire béat et son intonation juvénile. «C'est vrai, je suis comme une gamine de 15 ans qui aime à en mourir».
Eric Moine
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