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Inde gazette

Publié le par ottolilienthal

C'est une nouvelle capitale. Mousson déficitaire et engrais insuffisants = double peine...


Une année de sécheresse en perspective pour l'Inde ?

L'IMD aurait abaissé ses prévisions concernant la mousson en Inde à 90 % de la moyenne à long terme, avec une probabilité de 60 % de précipitations insuffisantes sous l'influence croissante d'El Niño.

Prévisions de mousson les plus pessimistes mises à jour depuis 2015.

Principaux risques :

Précipitations inférieures à la normale de juin à septembre ;
stress sur les cultures et les réservoirs ;
préoccupations concernant la recharge des nappes phréatiques ;
risques liés à l’hydroélectricité et à l’approvisionnement en eau ;
craintes d’inflation et de volatilité des marchés

Si ces prévisions se confirment, l'Inde pourrait connaître l'une des moussons les plus difficiles de ces dernières années.


https://x.com/gaurav_kochar/status/2060710684242203084/photo/1

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« Pénurie de carburant : la récolte de blé est perturbée au cœur de l'Inde »...

Alors que la récolte du blé devrait battre son plein, certaines régions de l'Uttar Pradesh connaissent un ralentissement inhabituel. La raison est simple : le manque de carburant .

Dans des districts comme Bahraich, Shravasti et Lakhimpur, les agriculteurs affirment que leurs machines restent à l'arrêt. Les moissonneuses-batteuses et les faucheuses, piliers de l'agriculture moderne, ne peuvent fonctionner sans diesel.

De nombreux agriculteurs passent des nuits entières aux stations-service.


Plusieurs pompes sont fermées ou à sec.


Dans certaines régions, la moitié seulement de la récolte est terminée.

Cela arrive au pire moment. La période des récoltes est courte et les retards peuvent avoir un impact direct sur les rendements et les revenus.

Pour ne rien arranger :


les récentes tempêtes et pluies ont déjà endommagé les récoltes ;
la main-d’œuvre est rare et plus chère ;
les coûts augmentent et les marges diminuent.

L'agriculture indienne est aujourd'hui fortement mécanisée, ce qui signifie que le carburant n'est plus une option, mais une nécessité. Même une brève interruption peut paralyser tout le système.

On craint également que les tensions mondiales n'affectent les chaînes d'approvisionnement en carburant, ce qui montre à quel point l'Inde rurale est liée aux événements internationaux.

Si la situation perdure, les répercussions pourraient dépasser le cadre de l'agriculture :
baisse des arrivages sur les marchés agricoles, volatilité des prix et pression accrue sur l'approvisionnement alimentaire de l'Inde.

Pour l'instant, la plus grande préoccupation des agriculteurs est simple :
la récolte est prête, mais le système ne l'est pas.

https://x.com/gaurav_kochar/status/2045083250956366307/photo/2

Voici quelques points que je souhaite vous signaler concernant l'actualité en Inde, qui sert de modèle à de nombreux pays en développement et non développés :


1. La roupie indienne (INR) s'est dévaluée de 5 % en un mois. Elle valait 90,50 INR le 21 février et vaut désormais 94,02 INR. On prévoit qu'elle clôturera à 94,50 lundi.


2. Les transferts de fonds mensuels des Indiens résidant dans le Golfe s'élevaient à 4 milliards de dollars. Ce mois-ci, à ce jour, ils sont d'environ 1,75 milliard de dollars.


3. Comme je vous l'ai déjà indiqué, le prix d'achat du pétrole, qui était de 75 à 80 dollars l'année dernière, est maintenant de 150 dollars.


4. La vente massive d'obligations d'État indiennes sur le marché indien s'est accélérée. Le taux d'intérêt a augmenté de 10 points de base. On s'attend à une poursuite des ventes massives et à une hausse des taux d'intérêt, car le prix du pétrole alimentera l'inflation.

5. La facture des subventions pour les engrais explose. Le gouvernement garde le silence à ce sujet.
Actuellement, les raffineries perdent 0,40 $ par litre de diesel et 0,20 $ par litre d'essence. Le gouvernement ne peut augmenter les prix car des élections auront lieu le mois prochain dans cinq États.


Le marché boursier est en chute libre, les investisseurs étrangers vendant massivement leurs actions.
Voici maintenant le point intéressant : selon les estimations d'un économiste de renom, le coût total de cette guerre pour l'économie indienne, incluant les pertes de revenus, se situera entre 250 et 275 milliards de dollars.

Le budget total de l'Inde s'élève à 585-600 milliards de dollars.


C'est exorbitant.

(commentaire sur le blog de Tverberg, 21 03 26)

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émergence du nationalisme hindou en Inde

Le BJP du Premier ministre indien Narendra Modi tente depuis un certain temps déjà de transformer l’Inde en un État hindou nationaliste. En 2020, les 200 millions de musulmans indiens ont de plus en plus souvent la cible de violences et de harcèlement. Par exemple, ces derniers ont été exclus d’une loi qui protège les minorités ethniques vivant dans les pays voisins de l’Inde. Cela a entrainé des incidents violents entre différents groupes ethniques et religieux.

Modi est également accusé d’avoir peuplé l’État du Cachemire, où les musulmans sont majoritaires, avec des hindous afin de les priver de leur autonomie.

Mais le Premier ministre affirme que le soutien politique dont il bénéficie dans le reste du pays lui donne le pouvoir de déterminer l’avenir de ce géant peuplé de 1,4 milliard d’habitants.

24/12/2020 | Dominique Dewitte

L’Inde ne veut plus aider au financement du pèlerinage à La Mecque
 

Le gouvernement Modi, attaché à la défense de la religion hindoue, a décidé de mettre fin aux rabais que la compagnie Air India octroyait jusqu’ici aux musulmans se rendant en Arabie Saoudite pour le hadj.

Considérée de prime abord comme une mesure anti-musulmans, la décision du gouvernement indien, annoncée mardi 16 janvier, de mettre fin aux ristournes concédées aux croyants se rendant à La Mecque pour le pèlerinage annuel (hadj) est avant tout “une bonne nouvelle” pour les défenseurs de la laïcité, assure le site d’information Scroll. “Ces aides consistaient essentiellement à accorder des réductions sur les vols de la compagnie [nationale] Air India” à destination de l’Arabie Saoudite, et étaient “contestées depuis de longues années”.

La Cour suprême de l’Inde avait du reste enjoint l’État, en 2012, de mettre fin à ce dispositif sous dix ans”, rappelle Scroll, l’idée étant de consacrer les sommes d’argent ainsi rendues disponibles “à l’éducation et au secteur social”, plutôt qu’“à un soutien déguisé à Air India”, comme le dénonçait le parti nationaliste hindou du Premier ministre Narendra Modi, le BJP, lorsqu’il était dans l’opposition.

 

Il reste maintenant à cette formation, aujourd’hui au pouvoir, à appliquer le même principe aux pèlerinages hindous, estime Scroll, à commencer par la célèbre Kumbh Mela qui rassemble des foules innombrables dans diverses villes sacrées du sous-continent. “La laïcité, ça ne vaut pas que pour les musulmans, rappelle le site d’information, si l’État prend ses distances avec une religion, il doit le faire avec toutes les autres.”

 

Scroll.in - New Delhi

Yogi Adityanath, un moine extrémiste à la tête du plus grand Etat de l'Inde

Le prêtre islamophobe tient mercredi son premier cabinet comme ministre en chef de l'Uttar Pradesh et de ses 200 millions d'habitants.

Le crâne rasé, un anneau d'or à l'oreille, en tunique orange, nourrissant ses vaches avant l'aube : c'est l'image que Yogi Adityanath, le nouveau ministre en chef de l'Uttar Pradesh, aime répandre dans les médias. Celle d'un ascète hindou dévoué à la religion, qui se lève à 3 heures du matin pour mettre de l'ordre dans l'administration paresseuse et corrompue du plus grand Etat indien, aussi peuplé que le Brésil. Il a commencé lundi soir à auditionner lui-même les nouveaux cadres de l'Etat, qu'il souhaite «honnêtes et drogués au travail». Des cadres dont la liste a été dressée par la RSS (Rashtriya Swayamsewak Sangh), une puissante organisation nationaliste hindouiste et paramilitaire. 

Car il faudra plus qu'une campagne de communication pour faire oublier la vraie nature de ce politicien chevronné, adepte des discours de haine et obsédé par la quête d'une Inde hindouiste et végétarienne, nommé par le Premier ministre Narendra Modi après la victoire du Parti du peuple indien (BJP) aux élections régionales. Un cadeau inattendu pour la frange la plus extrémiste du parti nationaliste au pouvoir, deux ans avant les élections nationales. Et la promesse de jours sombres pour l'Uttar Pradesh, dont 20% des 200 millions d'habitants sont musulmans. 

«Yogi» Adityanath, un titre honorifique, a été élu pendant cinq mandats consécutifs à l'Assemblée nationale comme député du district reculé de Gorakhpur. «Le poids et l'influence du monastère qu'il dirige sont tels qu'il est assez inenvisageable qu'il ne soit pas élu. Son prédécesseur, et le prédécesseur de son prédécesseur, occupaient déjà ce siège», explique Gilles Verniers, professeur de sciences politiques à l’Université d’Ashoka, à New Delhi. Adityanath appartient à un ordre religieux autonome, issu de la Hindu Mahasabah, une fédération de ligues hindoues créée en 1915 en réponse à la création de la Ligue musulmane. «Ils sont plus radicaux, plus intransigeants que le BJP même. Il faut un certain courage pour se présenter face à lui aux élections», précise le chercheur. 

«Déterrer les cadavres des femmes musulmanes»

Diplômé en mathématiques, Yogi Adityanath, 44 ans, a fait de la violence verbale sa marque de fabrique. En 2015, il  affirmait que «ceux qui s’opposent au yoga et refusent le "salut au soleil" doivent soit quitter l’Inde, soit se noyer dans l’océan», et «nous installerons des statues des déesses Gauri, Ganesh et Nandi dans chaque mosquée». En juin dernier, il s'est aussi fait remarquer en déclarant que «mère Teresa fait partie de la conspiration destinée à christianiser l’Inde». Plus provocateur encore, on voit sur la vidéo d'un meeting ses disciples appeler les Hindous à «déterrer les cadavres des femmes musulmanes pour les violer». 

Ce maître de yoga, une discipline glorifiée par le BJP, a toujours tenu une ligne très dure contre les musulmans. Ses interventions à l'Assemblée, exhumées par la presse indienne, ont essentiellement porté sur des affaires religieuses et la question de l'abattage des vaches, animaux sacrés dans la mythologie hindouiste. Celui qui appelle son pays «Hindustan», le «pays des hindous», traîne un casier judiciaire bien garni. Emprisonné en 2007 pour avoir organisé des émeutes, il est aussi poursuivi pour tentative de meurtre, intimidation criminelle, incitation à la haine, dégradation de lieu de culte. Lui qui avait justifié le lynchage d'un musulman suspecté d'avoir stocké de la viande de boeuf l'an dernier a applaudi le «muslim ban» que Donald Trump a tenté d'instaurer aux Etats-Unis. 

«Un hindouisme martial et combatif»

Pour Isabelle Saint-Mézard, maître de conférence en géopolitique de l'Asie à Paris-8, «sa personnalité clivante inquiète les minorités, rebute l’intelligentsia libérale et met mal à l’aise les éléments plus modérés du BJP». Mais il séduit une partie de la mouvance nationaliste hindoue «car il incarne un type d’hindouisme martial et combatif, qui bat en brèche les valeurs de tolérance religieuse et de multiculturalisme privilégiées par les pères fondateurs de l’Inde indépendante.» Son statut d’ascète hindou l’affranchit des affiliations de castes, qui sont déterminantes dans le jeu électoral. «Un paramètre important en vue des élections générales de 2019», précise la chercheuse.

 

La nomination du moine-politicien a été une surprise, car le BJP, qui n'annonce pas à l'avance ses candidats, avait fait sa campagne sur les promesses de développement économique et social. «En nommant Adityanath à l'issue d'élections gagnées avec seulement 40% des voix, Modi a choisi de mettre l'agenda nationaliste au premier plan, et de se débarrasser du discours fédérateur qui avait permis au BJP de se construire une majorité», analyse Gilles Verniers. Le chercheur rappelle qu'Adityanath «est aussi le chef d'une milice hindoue, qui depuis des années combat le "jihad de l'amour"» : selon cette théorie, les jeunes musulmans ne séduisent les jeunes filles hindoues que pour les forcer à se convertir. Des escadrons harcèlent les couples mixtes, «ce qui débouche sur des ratonnades, phénomène qui a pris de l'ampleur depuis l'élection de Modi». 

Des boucheries incendiées

Dix jours après la nomination d'Adityanath, la parole intolérante semble se libérer en Uttar Pradesh. Un maire a demandé à ses administrés musulmans de quitter le village avant la fin de l'année, un élu local du BJP a appelé «à casser les bras et les jambes» de ceux qui tuent les vaches, et trois boucheries ont été incendiées. De nombreux abattoirs sont la cible de fermetures administratives, une manière de s'en prendre à la réussite commerciale des musulmans, l'Inde étant paradoxalement le premier exportateur mondial de viande bovine. 

Pour autant, des violences antimusulmanes au niveau national ne semblent pour l'instant pas à l'ordre du jour. Isabelle Saint-Mézard rappelle que «la xénophobie et l’hostilité aux musulmans sont des composantes essentielles de l’idéologie nationaliste hindoue, qui a déjà un siècle. Narendra Modi et les dirigeants du BJP sont attentifs à l’image internationale du pays et à son attractivité, et des émeutes de grande ampleur risqueraient de leur porter prédudice. Mais il faut rester attentif aux positionnements d'Adityanath.»

En attendant, certains médias indiens veulent croire que le moine, qui dirige un hôpital de charité, sera l'homme capable d'éradiquer «les guerres de gang, les kidnappings et le harcèlement sexuel» comme il l'a promis lors de sa prise de fonction. Il tiendra ce mardi son premier Conseil des ministres, auxquels il a demandé de «travailler 20 heures par jour ou de démissionner».

A lire, les reportages de notre correspondant à New Delhi : En Inde, le yoga au garde-à-vous
Bombay tourne le dos au boeuf 

Laurence Defranoux
New Delhi tourne le dos à Islamabad

L'Inde vient d'annuler des pourparlers avec le Pakistan interrompant ainsi dix ans de dialogue. Les relations entre les deux voisins risquent de se durcir.

 

New Delhi vient de "tracer une nouvelle ligne rouge", d'après le Hindustan Times, en annulant les discussions prévues avec le Pakistan le 25 août prochain dans le cadre d'un dialogue existant depuis une décennie. La raison officielle ? L'ambassadeur pakistanais en Inde a rencontré un leader séparatiste du Cachemire, démarche jugée ouvertement hostile par l'Inde dans cette région que les deux pays se disputent depuis plus de soixante-cinq ans.

Dans ce même quotidien, le journaliste Pramit Pal Chaudhuri écrit que "c'était un mythe de penser que le Premier ministre Narendra Modi voulait vraiment un dialogue approfondi avec le Pakistan. Ce qu'il veut, c'est avoir des relations avec le Pakistan, mais des relations marquées par de claires lignes rouges et avec le moins de marge de manœuvre possible pour Islamabad. Ce que le Premier ministre indien veut avant tout, c'est que les élections régionales au Cachemire indien [prévues entre octobre et décembre] soient un succès [pour son parti, le parti nationaliste hindou]."

Sur le site indien Scroll.in, Shivam Vij donne quant à lui les cinq raisons pour lesquelles cette décision est "épouvantable". Parmi elles, le risque de raviver le conflit au Cachemire et de pousser Islamabad à utiliser le terrorisme comme moyen de pression.

 

 

rappel : éclairage sur le dirigeant hindou :

 

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20130617-inde-montee-puissance-narendra-modi

 

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