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Espagne Portugal niouzes

Publié le par ottolilienthal

ESPAGNE : le gouvernement espagnol va mobiliser des terres agricoles appartenant à l'État pour faciliter l'accès des jeunes aux métiers agricoles...
 

Elle le fera par le biais d'une nouvelle plateforme et en collaboration avec le secteur et les régions.

Elle sera mise en œuvre "immédiatement", dans les premiers mois de cette année, avec l'approbation d'un arrêté royal.

Le président du gouvernement, Pedro Sánchez, a annoncé un ensemble de mesures visant à faciliter le changement de génération dans les campagnes. Entre autres, les terres agricoles appartenant à l'État seront mobilisées pour être mises à la disposition des jeunes, des femmes et des nouveaux professionnels sur une nouvelle plateforme qui diffusera l'offre et la demande et offrira une information homogène et unifiée.

Ces mesures seront mises en œuvre " immédiatement ", au cours des premiers mois de cette année, avec l'approbation d'un décret royal réglementant leur contenu, a déclaré M. Sánchez lors d'un événement organisé au iHub La Vega Innova, à San Fernando de Henares (Madrid), au cours duquel il a fait part aux jeunes de l'engagement du gouvernement envers ce groupe, car " ils sont l'avenir de nos campagnes ".

"Nous allons soutenir fortement les jeunes qui veulent choisir cette voie, en leur donnant toutes les facilités possibles pour mettre en œuvre leur talent, afin qu'ils puissent devenir des entrepreneurs et que cela vaille la peine", a-t-il souligné.

Le président du gouvernement a exprimé sa conviction que le changement de génération dans les campagnes est "urgent et nécessaire", comme le montrent les chiffres : plus de 40 % des propriétaires d'exploitations agricoles ont plus de 65 ans et seulement 9 % ont moins de 41 ans.

L'accès à la terre, "le grand obstacle" pour les jeunes

Et ce n'est pas un problème de talent, a-t-il souligné : "Nous l'avons en abondance chez les jeunes qui veulent se lancer dans l'agriculture ou l'élevage". Le grand obstacle à leur incorporation effective est l'accès à la terre.

C'est pourquoi le gouvernement mobilisera des terres agricoles appartenant à l'État par l'intermédiaire de cette nouvelle plateforme. Selon les estimations, quelque 17 000 propriétés rurales appartenant à l'administration générale de l'État pourraient être utilisées à cette fin.

Ainsi, dans les mois à venir, ils seront analysés pour évaluer leur aptitude à l'activité agricole et, le cas échéant, ils seront mis à la disposition de préférence des jeunes, des femmes et des nouveaux professionnels.

"Tout comme nous le faisons dans la politique du logement (...) nous allons faire de même avec les exploitations agricoles et nous voulons qu'elles contribuent à résoudre le défi auquel est confronté le secteur agroalimentaire, à savoir le remplacement des générations. Nous allons montrer l'exemple", a-t-il insisté.

Ainsi, l'exécutif ouvrira "un processus de dialogue" avec les communautés autonomes, le secteur et tous les acteurs afin de convenir d'un modèle qui facilite l'accès à ces terres.

Une nouvelle plateforme pour informer sur les terres agricoles disponibles

La nouvelle plateforme sera dirigée par le ministère de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Alimentation, en collaboration avec le secteur, les régions et les autres ministères concernés. Elle permettra de diffuser l'offre et la demande et d'offrir une information homogène et unifiée sur le marché des terres agricoles dans notre pays.

"Elle visera à faciliter l'accès, en particulier pour les jeunes, les femmes et les nouveaux professionnels de l'agriculture, et à améliorer la transparence et le fonctionnement du marché, avec des informations actualisées sur le financement, la réglementation applicable à la transmission des exploitations et la fiscalité", a souligné Pedro Sánchez.

Cette plateforme sera consolidée dans la future loi sur l'agriculture familiale, avec la création d'un bureau d'information et de transfert des terres agricoles, semblable à ceux qui existent dans d'autres pays voisins tels que la France, l'Allemagne et l'Italie.

Le gouvernement proposera à son tour que la nouvelle PAC consacre 10 % de ses ressources au remplacement des générations. "En d'autres termes, beaucoup plus que les 6 % proposés par la Commission", a déclaré M. Sánchez.

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La recette du Portugal…

… pour redresser ses comptes publics.

 

Qu’on se le dise, l’excédent budgétaire dégagé par Lisbonne depuis deux ans fait pâlir d’envie nombre de démocraties européennes. Il n’y a pourtant pas si longtemps, le Portugal faisait partie des pays les plus touchés par la crise de la zone euro (2009-2014) avec une situation bien plus défavorable que celle de la France aujourd’hui.

Pour mesurer l’état des finances du pays, il faut se replonger dans les chiffres. Le déficit national portugais s’élevait à environ 10 % du PIB en 2010 et la dette représentait à peu près 160 milliards d’euros, selon la base de données Fred (Federal reserve economic data).

À cette époque, la « troïka » – c’est-à-dire la Banque centrale européenne, le FMI et la Commission européenne est contrainte d’intervenir via un plan de sauvetage et accorde 78 milliards d’euros de prêts à Lisbonne sur trois ans. En contrepartie, le pays doit réduire drastiquement ses dépenses et appliquer une politique d’austérité.

« Cela s’est conclu par des hausses de la TVA, des impôts, une réduction des salaires des fonctionnaires, des pensions de retraite, mais aussi le gel des embauches dans le public et des réformes structurelles menées sur le marché du travail comme la privatisation d’entreprises publiques ou la fin de l’encadrement des loyers, énumère Francisco Serranito, professeur d’économie à l’université Paris-Nanterre. C’est un programme choc qui a été administré au pays ». Et qui porte ses fruits : à partir du troisième trimestre de 2017, le pays est revenu dans les clous en repassant sous la barre des 3 % de déficit autorisé par le traité de Maastricht.

« Un miracle économique, mais un désastre social »

Mais ces mesures ont entraîné un accroissement inédit des inégalités. « En 2008, le taux de chômage était d’environ 8 % et a grimpé à 18 % en 2013 », rappelle le chercheur au laboratoire EconomiX de l’université francilienne. Le marché du travail s’est libéralisé avec une hausse de la précarité des travailleurs, dans un pays où le salaire minimum et les pensions de retraite étaient déjà parmi les plus bas de la zone euro.

Pas de manifestations monstres dans les rues de Lisbonne ou Porto. « La population a plutôt subi, dans une sorte de défaitisme, selon Francisco Serranito. Les syndicats faisaient grève, mais ce n’était pas aussi massif que dans d’autres pays. À titre personnel, je pense que si on avait eu la même chose en France, le pays se serait arrêté. » Difficile donc d’y voir une recette magique pour redresser les comptes publics. « C’est un miracle économique, mais un désastre social », résume le chercheur. En parallèle de la réduction des dépenses de l’État, Lisbonne a aussi largement investi dans le tourisme de masse qui porte toujours l’économie aujourd’hui, représentant 20 % du PIB en 2024.

Mais cela ne va pas sans des difficultés pour les jeunes diplômés à trouver un emploi, des postes peu qualifiés dans l’hôtellerie et la restauration pourvus par des étrangers qui donnent le sentiment d’un travail « volé » aux Portugais les plus vulnérables. Et en conséquence, une montée du vote de l’extrême droite, désormais troisième force politique du pays.


Sandrine Tran. Le Dauphiné 26/10/2025

[Il faudra peut-être appliquer ce remède, mais quelles que soient les décisions qui seront prises, les mêmes personnes en souffriront, vous, moi… alors que la dette de la France incombe à notre président.... MC]

En 2017, le Portugal comptait 400 000 étrangers
et l’extrême droite était inexistante...

Huit ans plus tard, il en abrite près de 1,6 million (15% de la population totale) et l’extrême droite s’est imposée comme la deuxième force au Parlement.

Attestée un peu partout en Europe, la corrélation entre l’augmentation des flux migratoires et l’ascension des formations xénophobes semble presque mécanique (1). « Le peuple français ne veut plus d’immigration », en déduit Mme Marine Le Pen, avant d’appeler à un référendum. Mais quelle question faudrait-il poser ?

Revenons au Portugal, en 2008, bien avant le récent boom migratoire. Le pays, frappé par la crise financière, se trouve au bord de la banqueroute. En échange de leur aide, le Fonds monétaire international et l’Union européenne exigent des réformes : Lisbonne doit « moderniser » son économie, c’est-à-dire privatiser, sabrer dans les dépenses publiques, déréguler le marché du travail. Il faut gagner en compétitivité, afin d’attirer les investisseurs.

Le Portugal se plie en quatre pour faire rentrer de l’argent frais. Il crée, en 2009, le statut de « résident non habituel », destiné à appâter les cols blancs et les retraités étrangers moyennant une exonération fiscale de dix ans.

Un succès immédiat. Trois ans plus tard, il lance un « visa doré » (ou « autorisation de résidence pour activité d’investissement ») avec un accès privilégié à la citoyenneté pour les étrangers qui sortent le carnet de chèques.

Une pluie de capitaux s’abat sur le secteur immobilier. Enfin, les gouvernements successifs misent tout sur la manne touristique. Ils ouvrent des liaisons aériennes low cost et libéralisent les locations de courte durée. Les vacanciers débarquent par millions, avec leurs devises.

La thérapie paraît porter ses fruits. Le Portugal renoue avec la croissance en 2014, sa balance courante devient excédentaire, son déficit public se réduit d’année en année. L’ancien cancre fait figure de modèle.

Mais, derrière les indicateurs flatteurs, une autre réalité s’impose. Depuis la crise financière, le pays connaît un exode considérable de sa population, avec un pic de 120 000 départs en 2013, et toujours 75 000 en 2023, en majorité des jeunes diplômés. Privés de perspectives dans cette économie d’emplois de services déqualifiés, ils ne parviennent plus à se loger dans les grandes villes, où les loyers ont doublé en moins de dix ans. Près d’un tiers des Portugais âgés de 15 à 39 ans vivent aujourd’hui à l’étranger.

Cette émigration a accéléré le vieillissement du pays, qui compte désormais deux seniors pour chaque jeune, avec un indice de fécondité parmi les plus bas d’Europe. Or ce ne sont pas les septuagénaires qui vont faire la plonge dans les restaurants, nettoyer les chambres des hôtels ou ramasser des framboises. À l’orée des années 2020, on a donc fait venir des Brésiliens, des Angolais, des Indiens, des Sri-Lankais, des Marocains…

Au petit jeu des chiffres, certaines études montrent également une corrélation, plus étroite encore que la première, entre l’émigration (intérieure comme internationale) et la progression de l’extrême droite (2). À la fois parce que ces départs privent certains territoires d’électeurs jeunes et diplômés, moins enclins à voter pour des partis xénophobes, et parce qu’ils modifient le comportement politique des populations restées sur place, dans une région qui s’enfonce dans la crise.

Alors, si le Portugal devait organiser un référendum sur les migrations, quelle en serait la question ? Voulez-vous renvoyer la main-d’oeuvre étrangère corvéable et sous-payée, devenue indispensable à l’économie d’un pays en déclin démographique ? Souhaitez-vous mettre fin aux politiques qui engendrent l’exode de la jeunesse en transformant le pays en villégiature pour retraités aisés et nomades numériques ?


Benoît Bréville. Le Monde Diplomatique. N° Sept 2025


(1) « Has immigration contributed to the vise ollrightwing extremist parties in Europe ? », Institute for Economic Research, université de Munich, juillet 2020.
(2) Rafaela Dancygier, « Emigration and radical right populism », American Journal of Political Science, vol. 69, n° 1, Mairie!) (Massachusetts), janvier 2025.

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Notre DANA, notre abandon, notre solidarité...

Ils laissent brûler tout le nord-ouest de la péninsule vidée, de l'État espagnol au Portugal. De Trás-os-Montes à la Galice, aux Asturies, à León et à l'Estrémadure. Tous les partis politiques, d'un bord comme de l'autre, l'ont laissé brûler. En toute connaissance de cause. Tant qu'ils ne parviennent pas à le transformer en un méga-incendie transnational, qu'ils reconnaissent déjà, les moyens techniques sont impuissants. Ils nous demandent d'espérer de la pluie. Ou de la neige. Mais on arrête les incendies en les prévenant, ou, s'ils ont déjà commencé, en les attaquant dès le début, en les empêchant de progresser. Exactement le contraire de ce qui a été fait. La Sierra de la Culebra et ses morts n'étaient qu'une macabre répétition. Ils ne pourront pas dire qu'ils ne savaient pas.

Nous sommes peinés de constater que, onze jours après le début des incendies, les querelles politiques se poursuivent dans un jeu d'usure calculé, laissant brûler des milliers d'hectares supplémentaires chaque jour et calculant les votes que cela pourrait rapporter d'un côté ou de l'autre lors des prochaines élections. Nous apprécions toutefois l'aide qui commence à être déployée depuis d'autres régions de l'État, même si, si elle était arrivée plus tôt, elle aurait épargné des souffrances.

Nous sommes peinés de constater qu'à quelques kilomètres du mégaincendie de Cabrera-Bierzo, se trouve à Astorga un régiment militaire dont la mission est depuis des années de bombarder le mont Teleno, une montagne sacrée pour les Asturiens, et qui dispose de moyens sophistiqués pour éteindre les incendies provoqués par ses bombardements, mais qui n'est pas allé éteindre ce qui se trouve juste à côté.

Nous sommes peinés de constater qu'il y a de l'argent pour préparer des guerres pour les dernières ressources accessibles de la planète, des guerres que nous ne voulons pas, dans lesquelles nous ne voulons pas que nos fils et nos filles meurent, et qu'il n'y a pas d'argent pour prévenir les incendies et protéger notre nature.

Voilà notre DANA régional, fruit non seulement du réchauffement climatique, mais surtout de décennies de politiques menées par tous les partis, consistant à réduire les services publics, à pousser la population vers les villes et à vider les campagnes. L'air, l'eau, les forêts et les minéraux sont ensuite exploités à volonté pour maintenir des agglomérations périphériques qui ne produisent que des déchets – un modèle de croissance suicidaire qui, même si la société ne le souhaite pas, a ses jours comptés.

Il nous reste l'exemple de ces jours, et sur lequel nous devrons, au-delà des mots, commencer à construire des réseaux de soutien pour affronter et atténuer les prochaines crises, qui, tôt ou tard, reviendront peut-être avec plus de force. Brigades, volontaires, anonymes attachés à leur terre, luttant contre les expulsions, luttant pour défendre leurs maisons, leurs animaux, les forêts, la terre… car l'État, comme dans toutes les crises, n'a pas réagi.

Auto-organisation populaire, entraide, solidarité et vie.

liste des signataires visibles via le lien :

 

 

« Ils nous ont complètement abandonnés » : l’Espagne débordée par des feux incontrôlables...

La vague d’incendies qui ravagent l’Espagne depuis début août suscite la colère contre les autorités, débordées, dans un pays pourtant habitué aux feux de forêt.

« Je n’ai jamais vu un feu comme celui-là », dit au bout du fil Eva Maria Valez Fernandez, une habitante de Molinaseca, en Castille-et-León. Cette région du nord-ouest de l’Espagne est l’une des plus touchées par la vague de gigantesques incendies qui affecte le pays depuis début août.

Des milliers de personnes ont dû être évacuées, des villages entiers sont partis en fumée et des sites historiques comme Las Médulas, une zone d’anciennes mines d’or romaines classée au patrimoine mondial de l’Unesco, ont été calcinés.

« Ça fait dix jours que cet incendie ravage tout, ça me terrifie. Je vois le feu qui avance, mais aujourd’hui [le 18 août] je n’ai entendu aucun avion ou hélicoptère. Où sont-ils ? Ils nous ont complètement abandonnés », se désole Eva. Des images de citoyens luttant contre les flammes avec des moyens du bord, comme des pelles ou des tuyaux d’arrosage, circulent de plus en plus avec à chaque fois le même slogan : « Solo el pueblo salva al pueblo » (« Seul le peuple sauve le peuple »).

Les autorités sont débordées par l’intensité et la multiplication des départs de feux ces derniers jours. Plus de 343 000 hectares ont déjà brûlé depuis le début de l’année en Espagne, selon les dernières données du Système européen d’information sur les incendies de forêt (Effis). Soit environ 490 000 terrains de football. Un triste record historique pour le pays, battant celui de 2022, où 306 000 hectares étaient partis en fumée.

Pendant que les incendies font toujours rage dans les régions d’Estrémadure, de Galice et de Castille-et-León, et ont coûté la vie à au moins quatre personnes, dont un pompier, les attaques politiques fusent de toute part. Les gouvernements régionaux de droite et le gouvernement central de gauche se renvoient la balle sur les moyens déployés.

« Il faut arrêter ces attaques politiques. On doit déclencher le niveau 3 [permettant une mobilisation plus importante des ressources] et appeler l’armée en renfort, le temps presse », s’inquiète Eva, qui redoute de devoir évacuer dans les prochaines heures.

Des centaines de personnes ont manifesté le 18 août pour demander la démission du gouvernement régional de Castille-et-León et réclamer l’intervention du gouvernement central dans la lutte contre les incendies. Le gouvernement régional a exclu cette possibilité.

Des conditions propices

L’Espagne a connu un mois d’août extrêmement chaud avec une vague de chaleur de plus de deux semaines et des températures allant jusqu’à 45 °C. L’agence météorologique espagnole (Aemet) avance même que le mois d’août est en passe de devenir le mois d’août le plus chaud de l’histoire en Espagne, comme ce fut le cas pour le mois de juin. À cela s’ajoutent des vents forts et une végétation très dense suite à un printemps très pluvieux.

« Cette combinaison de facteurs crée une sorte de cocktail explosif, explique Cristina Santín, scientifique spécialiste des incendies. On voit maintenant des feux de sixième génération. Ils sont immenses et dépassent nos capacités d’extinction. On ne peut donc pas les contrôler, il faut simplement attendre que le temps change, que le vent tourne ou que le feu atteigne un endroit où il n’y a plus de combustible. »

« Peu de zones végétales peuvent faire barrière aux incendies »

La chercheuse souligne aussi que jusqu’au milieu du XXe siècle, les espaces ruraux formaient une mosaïque de zones montagneuses, de vastes forêts, de terres agricoles et de villages, mais que l’exode rural vers les grandes villes a fait augmenter les risques. « En retrouvant sa liberté, la nature a créé une étendue plus uniforme de combustible végétal, de sorte que peu de zones peuvent faire barrière aux incendies », explique Cristina Santín.

Face à la multiplication des incendies et des services débordés, l’Espagne a fait appel, pour la première fois, au mécanisme de protection civile de l’Union européenne. La France y a notamment répondu en envoyant deux Canadair le 14 août.

Boucs émissaires

« La prévention n’a pas été la pierre angulaire de nos politiques et nous en payons maintenant les conséquences, juge Víctor Resco de Dios, professeur d’ingénierie forestière à l’université de Lérida. Les changements climatiques sont là pour rester et aggraver le problème. On doit consacrer davantage de temps et de ressources à la gestion et à la prévention des incendies. » En visite dans des régions sinistrées le 17 août, le Premier ministre espagnol a annoncé la création d’un « pacte national face à l’urgence climatique ».

Les autorités espagnoles suspectent que la majorité des incendies déclenchés ces dernières semaines soient d’origine humaine, intentionnelle ou non. Au moins 31 personnes ont été arrêtées depuis le début du mois de juin et près d’une centaine d’autres sont sous enquête, selon les derniers chiffres du ministère de l’Intérieur espagnol.

« En se concentrant uniquement sur les causes de ces incendies, on manque notre but, explique Víctor Resco de Dios. La prévention des incendies est l’une des tâches que les autorités sont censées accomplir, dans le cadre de leurs compétences. Or, faute de le faire, ils cherchent des boucs émissaires. »

En Espagne, les fonds pour la prévention des incendies ont été divisés par deux en treize ans...

Alors que l’Espagne est aux prises avec des feux de forêt ravageurs, les investissements publics dans les travaux forestiers, assurés par l’État et les communautés autonomes, n’ont jamais été si faibles, en particulier sur le plan de la prévention des incendies. La presse espagnole se demande comment remédier à l’impréparation globale face aux phénomènes climatiques extrêmes.

Un été de plus, l’Espagne brûle. Les incendies ont déjà détruit plus de 70 000 hectares sur ce seul mois d’août, et 347 000 hectares depuis le début de l’année, ce qui constitue un record pour le pays (selon Copernicus, le système européen d’information sur les feux de forêt). Ils se concentrent actuellement dans le nord-ouest et l’ouest du pays, où l’Unité militaire d’urgence est déployée pour aider à combattre les flammes.

Avec déjà des milliers de personnes évacuées et quatre morts recensés, le pays entre, lundi 18 août, dans une troisième semaine d’alerte à une “vague de chaleur”. La veille, le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, proposait un “pacte national” pour affronter l’“urgence climatique” pour, entre autres, “garantir que la prévention des incendies bénéficie de ressources suffisantes et reste en dehors des conflits partisans”.

Et pourtant, la prévention des feux de forêt en Espagne n’a jamais été si négligée, comme l’a révélé une vaste étude menée chaque année depuis 1997 par l’Association nationale des entreprises forestières (Asemfo), dont El País se fait le relais :

Les investissements publics annuels dans le domaine forestier réalisés 
par l'État et les communautés autonomes pour l'entretien global des 
forêts s'élevaient à 1,742 milliard d'euros en 2009, année où 
le financement public pour ces activités a atteint son niveau le plus élevé. Treize ans
 plus tard, en 2022, ces mêmes postes budgétaires ont chuté 
à 1,295 milliard d'euros, soit une baisse de 26 %. Mais dans ce 
poste de dépenses, la plus forte réduction concerne les fonds destinés 
spécifiquement à la prévention des incendies, qui ont chuté de plus de la 
moitié au cours de ces années, ce qui, selon les experts, est à l'origine de la 
prolifération des incendies...

 

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Bloqués depuis presque 24 heures à l'aéroport à cause du vent : « Madère… plus jamais »...
Un retour presque aussi chaotique que l’aller. Samedi 5 juillet, les passagers du vol EasyJet EJU4486, censés rentrer à Lyon depuis Madère, ont une nouvelle fois dû subir l’annulation du vol ainsi qu’une nuit à l’aéroport à cause des vents violents...
 
Après un voyage déjà très compliqué, qui avait vu les passagers du vol EasyJet EJU4485 passer une nuit sur le sol de l’aéroport de Faro en raison de l’impossibilité d’atterrir à Funchal (Madère), le vol retour vers Lyon Saint-Exupéry n’a, lui non plus, pas été de tout repos pour les passagers qui devaient embarquer ce samedi 5 juillet.
 
Le vol devait décoller à 20 h 30 de Madère, et une nouvelle fois, l’avion n’a pas réussi à se poser sur l’île à cause des intempéries et est reparti directement à Lyon, laissant les voyageurs dans le désarroi. L’aéroport de Funchal est en effet réputé comme l’un des plus dangereux au monde en raison de sa piste courte entourée de montagnes et des conditions météorologiques changeantes, avec des vents très intenses qui compliquent les atterrissages.
 

550 euros chacun pour un nouveau billet avec escale

À 22 heures, EasyJet, qui assurait « fait tout son possible pour aider les passagers », propose un vol de remplacement… pour le mardi après-midi, au départ de Funchal et à destination de Genève. En attendant, la compagnie invite les passagers à réserver eux-mêmes des nuits d’hôtel, promettant un remboursement. Une solution inenvisageable pour certains d’entre eux. « La plupart d’entre nous n’ont pas la possibilité d’attendre mardi pour partir à cause de nos emplois et surtout de nos enfants qui nous attendent à la maison », témoigne au Progrès Stéphanie, qui habite à Anse dans le Rhône. Avec son mari, ils se voient obligés de dépenser 550 euros chacun pour pouvoir repartir dès dimanche 14 heures vers Lyon via une autre compagnie avec escale à Bruxelles. « Certains autres passagers ont choisi de prendre un vol pour Lisbonne ».

Un matelas pour deux

Dans l’impossibilité de trouver un hébergement abordable – aucune chambre d’hôtel à moins de 250 euros – le couple est contraint une nouvelle fois de dormir à l’aéroport, comme à Faro une semaine plus tôt. L’aéroport leur fournit un seul matelas pour deux, leur nombre étant trop limité par rapport au nombre de passagers dormant sur le sol, une pochette contenant une bouteille d’eau, une barre de céréales et deux sachets de biscuits. À 17 h 40, ce dimanche, leur avion ne s’était toujours pas posé : « Il a tourné en rond pendant une heure au-dessus de Funchal, entre 14h et 16h, avant de repartir vers Lisbonne. Ils vont tenter un retour vers 18h30... si la météo se calme, j’imagine. » Stéphanie, éreintée, conclut : « Madère… plus jamais. »

« Nous en sommes à 960 euros d’hébergement »

Marie-Claire et Gilles, venant de la commune de Pont-de-Chéruy, dans l’Isère, ont atterri à Madère le 24 juin, avec une arrivée à Funchal à 9 h 55 à bord du vol EJU4485. Ils devaient repartir vers Lyon Saint-Exupéry à bord du même vol le 1er juillet, à 9 h 55. Mais, suite aux intempéries, ils n’ont pas pu embarquer.

« Nous avons patienté 12 heures dans l’aéroport. Nous avons ensuite reçu un mail de la compagnie EasyJet pour reprogrammer notre vol le 5 juillet à 20 h 30, qui a finalement été annulé, avec une nouvelle date fixée au 10 juillet. Cela faisait trop loin, donc pour gagner deux jours, nous avons trouvé un vol pour le 8 juillet, départ de Madère à 9 h 55 via Paris, et devons trouver un train pour Lyon », témoigne Marie-Claire.

Pendant ce temps, Marie-Claire et Gilles cumulent les frais d’hôtel : « Nous en sommes à 960 euros d’hébergement, sans compter la restauration et les taxis entre l’aéroport et l’hôtel à chaque fois. »

Jean Arca (jean.arca@leprogres.fr)

 

Depuis l’automne dernier, nous assistons à la mort de millions de pins d’Alep (une espèce extrêmement rustique et résiliente) dans le sud-est de la péninsule ibérique en raison de la sécheresse brutale que nous connaissons depuis plus de deux ans, qui a fait prédominer le brun sur le vert dans les forêts de pins.
 
Cela ne s’est jamais produit auparavant, mais je soupçonne que ce n’est qu’un avant-goût de ce qui va arriver. Ici, l’effondrement dû au changement climatique est déjà une réalité. Même si cela peut paraître naïf, je défends la nécessité d’un processus de décroissance ordonné : un retour volontaire à l’austérité des années 1960 pour ne pas être contraint à une dystopie préindustrielle. Et j’applique cela à la fois au problème du réchauffement climatique et aux sujets abordés par Quark dans ce forum.
 
Il est vrai que ces mesures sont très impopulaires et aucun politicien ne voudra s’en mêler. Or, pourquoi la population accepte-t-elle volontiers de grands sacrifices dans le cas d’une guerre conventionnelle, mais refuse-t-elle de faire des sacrifices moindres face à des catastrophes plus graves ? 
 
Je suppose que c'est parce que le premier est une menace réelle et que les seconds sont encore considérés comme quelque chose de très hypothétique, voire rejetés d'emblée.
 
Le problème, c’est qu’au moment où ces derniers sont pris au sérieux, il est peut-être déjà trop tard.
 
(commentaire sur le blog de Quark)
 
une réponse :
 
Si les gens au plus haut niveau vous disent que la transition énergétique est la solution parfaite, car elle permet d’éliminer les énergies fossiles tout en maintenant une croissance infinie, il est logique que les gens refusent d’accepter des mesures drastiques. 
 
Et même si certains pays voulaient réduire leur consommation, les autres diraient que ce n’est pas possible, car ils doivent continuer à croître. L’unanimité est requise dans ce type d’accord.

 Une approche de base consisterait à maintenir la consommation de biens essentiels (agriculture, mines, travaux publics, transports publics, pêche) et à éliminer la consommation de biens non essentiels, comme la quasi-totalité des services de loisirs. 

Mais le PIB mondial repose sur des services comme le tourisme, et il est impossible de parvenir à un quelconque accord de réduction lorsque notre bien-être dépend de services non essentiels. C'est assez compliqué...

Souvent regardé de haut, le Portugal a longtemps été résumé à une lettre peu flatteuse : le « P » des PIGS. Un acronyme dédaigneux, désignant les pays du Sud jugés incapables de survivre sans les subsides de l’Europe, condamnés aux déficits et à la dette publique. Ce cliché a vécu. De 20 milliards d’euros de déficit public en 2010 (soit de 11 % du PIB), le pays est devenu excédentaire à partir de 2019, crise Covid mise à part. La dette a connu une trajectoire similaire. Le solde courant est repassé dans le vert. Alimenté par les recettes touristiques, les services dégagent suffisamment d’excédents pour couvrir le déficit commercial. L’économie portugaise surperforme aussi le reste de la zone euro depuis plusieurs années. Depuis 2013, plus d’un million de postes ont été créés sur un marché du travail de 5 millions de personnes. Le taux de chômage a été divisé par 3, tombant en dessous de 7 %. Alors que le pays était au bord du gouffre il y a à peine 15 ans à la suite de la crise des dettes souveraines, le retournement est spectaculaire.

Une relance durement acquise

La sortie de crise a toutefois été rude. En 2011, Lisbonne décroche un plan d’aide de 78 milliards d’euros, en contrepartie d’un sévère programme d’austérité : diminution des salaires, baisse des pensions de retraite, augmentation des impôts, abaissement des indemnisations chômage, passage de l’âge du départ à la retraite à 66 ans et 4 mois, et pour la fonction publique, suppressions des 13e, 14e mois, gel des rémunérations, et non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux. Un traitement de choc pendant 4 années qui permet de suffisamment assainir les finances publiques pour partiellement desserrer l’étau sur les classes moyennes, restaurer la confiance et relancer la demande intérieure.

Un nouveau souffle porté par l’investissement étranger

Rassurés aussi, les investisseurs étrangers reviennent pour profiter des nombreuses mesures mises en place pour renforcer l’attractivité du pays et en quête d’une main-d’œuvre qualifiée à un coût nettement inférieur à ceux des pays d’Europe de l’Ouest. L’industrie automobile, les IAA, la filière électronique en ont profité pour se développer. Il faut aussi mentionner la mise en place du régime de résident non habituel, qui a attiré des vagues de retraités européens, séduits par une fiscalité très avantageuse.

Supprimé, il a été remplacé en 2024 par l’Incitation Fiscale à la Recherche Scientifique et à l'Innovation. Ce nouveau régime cible les talents étrangers dans des domaines comme la R&D, les technologies de l'information ou encore les start-ups. Cette orientation reflète la volonté du pays de monter en gamme. Une ambition portée aussi par les fonds européens : 16,6 milliards d’euros alloués dans le cadre du plan de relance et de résilience pour la période 2021-2026. Plus du tiers devrait être décaissé cette année, ce qui devrait fortement accélérer la modernisation du pays.

Une croissance désormais tirée par la demande intérieure

Fidèle à la ligne de conduite, qui consiste à naviguer entre discipline budgétaire et avancées sociales, l’impôt sur le revenu des ménages sera allégé, celui sur les bénéfices des entreprises aussi. En 2025, la consommation et l’investissement devraient ainsi devenir les principaux moteurs de la croissance, en lieu et place du tourisme qui ralentira après deux années exceptionnelles. Alors, certes, le secteur manufacturier reste sous-dimensionné et pas assez haut de gamme, les infrastructures trop peu développées, se loger devient difficile notamment dans les grandes villes, il n’en reste pas moins que le chemin parcouru en 10 ans est remarquable.

 
Alexandre Mirlicourtois

Publié le vendredi 18 avril 2025

https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-Le-redressement-spectaculaire-du-Portugal-la-methode

C’est à se demander si l’Espagne n’a pas trouvé la martingale de la croissance. Depuis trois ans et demi, trimestre après trimestre, l’économie espagnole surclasse systématiquement le reste de la zone euro. L’année dernière, Madrid a encore surpris en affichant un PIB en hausse de 3,2% malgré des inondations catastrophiques, loin devant ses partenaires européens et même au-dessus des États-Unis. Une consommation des ménages solide, des exportateurs performants, des entreprises qui investissent et embauchent massivement, le taux de chômage est tombé au plus bas depuis 2008, y compris chez les jeunes. La copie rendue par l’Espagne est parfaite. Elle se permet même le luxe d’assainir ses finances publiques, ramenant son taux d’endettement de 119 à 104% du PIB entre 2020 et 2024.


Une facture énergétique sous contrôle


Mais que se cache-t-il derrière cette performance de l’économie espagnole, au point qu’elle représente à elle seule près de 50% de la croissance de la zone euro depuis deux ans ? D’abord un facteur temporaire : le coût de l’énergie. La moindre dépendance aux hydrocarbures russes, combinée à la protection offerte par « le mécanisme ibérique » de plafonnement des prix de l’électricité, a permis de contenir la hausse des prix de l’énergie. Résultat : pas de flambée incontrôlée des factures ni pour les ménages ni pour les industriels, pas de choc inflationniste ravageur.


Le retour triomphal des touristes


Autre atout majeur : le retour en force des touristes. Après avoir particulièrement souffert des restrictions sanitaires, l’Espagne a explosé tous les compteurs en 2024 : 94 millions de visiteurs, record battu ; 126 milliards d’euros de recettes touristiques, record pulvérisé. Un succès indéniable avec un côté plus sombre toutefois, lié aux conséquences du surtourisme, notamment sur les prix de l’immobilier, qui attisent la grogne des habitants. Le soufflé va irrémédiablement retomber de ce côté-là.


Une main-d'œuvre régénérée par l'immigration


Les effets sur la croissance du gonflement de la population en âge de travailler semblent en revanche plus durables. Un boum entraîné par un afflux massif de travailleurs étrangers : entre 2022 et 2024, plus de 2 millions d’immigrés sont arrivés sur le sol espagnol. Une population jeune, formée, en provenance principalement d’Amérique du Sud (Colombie, Pérou, Venezuela...), d’Europe (Ukraine, Italie) et du Maroc. La force de travail s’est enrichie de 600 000 actifs, un véritable choc d’offre.


Un soutien massif de l'Union européenne


Autre facteur déterminant dont les effets se feront ressentir sur un temps long : le colossal plan de soutien européen NextGenerationEU, adopté en juillet 2020. Il est doté de 163 milliards d’euros, dont 80 milliards sous forme de subventions et 83 milliards sous forme de prêts qui seront versés jusqu’en 2026. Il est conçu pour transformer durablement l’économie espagnole. Fin 2024, déjà près de 50 milliards d’euros ont été injectés, alimentant 12 projets stratégiques : développement du véhicule électrique, agroalimentaire, industrie navale... qui irriguent le tissu productif et contribueront à augmenter la croissance potentielle. L’Espagne a su tirer parti de circonstances favorables et son écart de croissance vis-à-vis de ses partenaires va se réduire. Il n’en demeure pas moins que, des grandes économies européennes, c’est encore elle qui fera la course en tête cette année.

Alexandre Mirlicourtois 13 02 25

https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-Espagne-l-economie-en-mode-turbo

 

« L'Espagne ne sera pas 100% renouvelable même en 2100 »...

Les écologistes mettent en garde contre les dangers de l'optimisme technologique en matière d'énergies renouvelables et appellent à un ralentissement économique ordonné et juste avant le grand désastre vers lequel l'humanité se dirige...

L'année dernière, le réchauffement climatique a atteint pour la première fois en une seule année une augmentation de 1,5 degré de la température mondiale par rapport à l'ère préindustrielle, une limite qui ne devait pas être atteinte avant 2100, selon les accords du sommet de Paris sur le climat. C'est déjà le cas. La hausse des températures a pour conséquence de modifier les schémas météorologiques et d'affecter l'équilibre naturel, ce qui a de graves conséquences pour la vie sur Terre. Ce changement entraîne une augmentation des journées chaudes et des vagues de chaleur, favorise les incendies de forêt et accroît les maladies liées à la chaleur, entre autres.

Le groupe d'experts des Nations unies a mis en garde contre la nécessité d'éliminer « l'utilisation illimitée des combustibles fossiles d'ici à la fin du siècle » afin d'éviter un changement climatique dangereux. Selon eux, la majeure partie de l'électricité mondiale doit provenir de sources à faible teneur en carbone d'ici à 2050. Dans le cas contraire, ont-ils averti, la planète subira des dommages graves et irréversibles.

Les énergies renouvelables sont des sources d'énergie propres et durables qui représentent environ 30 % de la production mondiale d'électricité. En Espagne, les énergies renouvelables ont connu une croissance notable dans la production d'électricité. Selon les estimations de Red Eléctrica, en 2024, ces sources représenteront 56 % du mix électrique national, dépassant de plus de 10 % la production de l'année précédente.

Cette augmentation est principalement due aux bonnes performances de l'énergie solaire photovoltaïque et de l'énergie éolienne, qui ont atteint des records de production et de participation à la structure de production. Cependant, l'électricité ne représente que 22 % de la consommation finale d'énergie, c'est-à-dire que la production renouvelable de 50 % ne représente que 11 % du total.

Comme le dit le journaliste climatique Juan Bordera de la chaîne de télévision indépendante La Séquia, « ils vendent l'idée que l'Espagne peut être 100% renouvelable d'ici 2030. Non, je suis désolé, ce ne sera pas 100% renouvelable en 2030, ni en 2050, ni en 2100 ». Le journaliste fait référence au fait que nous vivons dans un techno-optimisme qui nous empêche de voir la dure réalité.


La science met en garde contre le potentiel limité des énergies renouvelables


Antonio Turiel, docteur en physique et scientifique à l'Institut des sciences de la mer (CSIC) de Barcelone, explique dans une interview à l'Universitat Oberta de Catalunya que « le potentiel maximal de production d'énergie renouvelable est limité. La littérature fait état d'estimations fantaisistes sur la quantité d'énergie renouvelable pouvant être captée dans l'environnement ». Antonio Turiel précise qu'à l'heure actuelle, les estimations sont beaucoup plus modérées, allant de quatre fois la consommation actuelle à à peine 40 % de la consommation actuelle.

Les grandes installations de captage des flux renouvelables pour la production d'électricité dépendent de matériaux rares. Selon Turiel, « il n'y a pas assez de lithium, de cobalt, de nickel, de manganèse, d'argent, de néodyme ou de cuivre sur la planète pour permettre le déploiement massif que l'on recherche. De plus, avant que ces ressources ne soient totalement épuisées, l'exploitation minière atteindrait son maximum et commencerait à décliner, ce qui non seulement allongerait le processus d'épuisement, mais compliquerait également la transition en la prolongeant dans le temps ».

D'autre part, Turiel souligne également que les énergies renouvelables « dépendent des combustibles fossiles ». Jusqu'à présent, aucun système renouvelable n'a achevé son cycle de vie en utilisant uniquement de l'énergie renouvelable. Les combustibles fossiles sont encore utilisés à chaque étape du processus, de l'extraction et du transport des matériaux à la fabrication des composants, en passant par leur installation, leur entretien et leur démantèlement éventuel. Nous ne savons même pas si ces systèmes seraient viables si l'ensemble de leur cycle reposait exclusivement sur les énergies renouvelables.

Le scientifique conclut que nous supposons constamment que les combustibles fossiles seront remplacés par un système 100 % renouvelable capable de produire la même quantité d'énergie ou une quantité équivalente en capacité de transformation, mais c'est très discutable. Mais il n'est pas le seul. Il existe un grand nombre d'associations environnementales et d'études qui défendent la même thèse.

Aujourd'hui, nous pouvons contracter le meilleur tarif d'électricité à partir de sources 100 % renouvelables, mais cela ne garantit pas que nous pourrons mettre fin à l'urgence climatique. Quelle est donc la solution ? La décroissance est une proposition défendue par les écologistes qui propose une réduction planifiée de la consommation et de la production afin de vivre de manière plus durable, en donnant la priorité au bien-être social et à l'équilibre écologique. Elle cherche à s'éloigner du modèle économique fondé sur une croissance illimitée, qui épuise les ressources et contribue au changement climatique, et à promouvoir au contraire des modes de vie plus simples, la justice sociale et une moindre dépendance à l'égard de l'exploitation de l'environnement.

« Nous vivons une transition éco-capitaliste, en remplaçant certaines sources d'énergie par d'autres », explique Irene de Miguel, agronome, mais “la décroissance n'est pas une option, c'est quelque chose qui va se produire, mais elle doit être juste, équilibrée et démocratique, où les plus vulnérables ne sont pas ceux qui souffrent le plus”. En ce sens, nous pouvons affirmer que l'urgence climatique est aussi une lutte des classes.

Une décroissance non planifiée peut avoir de graves conséquences économiques et sociales :

 

    Crise économique profonde : la forte baisse de la production et de la consommation pourrait entraîner une récession, des pertes d'emploi massives et des faillites d'entreprises.


    Inégalité sociale : les personnes disposant des ressources les plus faibles seraient les plus touchées, ce qui accroîtrait la pauvreté et les inégalités.


    Effondrement des services essentiels : l'absence de planification pourrait affecter la fourniture de services de base tels que la santé, les transports, l'éducation et l'énergie.

Ecologistas en Acción soutient que les voies possibles vers la décroissance comprennent diverses stratégies telles que la relocalisation de l'économie et la promotion de la production locale et durable, la promotion de l'agriculture agro-écologique, la désindustrialisation, l'abandon du modèle actuel de transport basé sur les voitures et les avions, la réduction du consumérisme et de la publicité, la promotion de la désurbanisation, l'établissement de salaires maximums, la priorité à la conservation et à la réutilisation, la promotion de l'autoproduction de biens et de services, la réduction de la journée de travail, la promotion de l'austérité et des échanges non-commercialisés, parmi de nombreuses autres mesures.

 

trois Espagnols sur dix vivent dans la pauvreté tout en ayant un emploi
Des personnes font la queue pour obtenir de la nourriture à côté des locaux de l'association de quartier Aluche à Madrid, le 19 novembre 2022. Sous l'effet de la guerre en Ukraine, les prix des denrées alimentaires en Espagne ont augmenté de 15,4 % en octobre par rapport à l'année précédente, soit la plus forte hausse depuis près de trente ans, selon l'Institut national de la statistique. (Photo par PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP)
Des personnes font la queue pour obtenir de la nourriture à côté des locaux de l'association de quartier Aluche, à Madrid.
PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP

13,7 % des travailleurs salariés vivent en dessous du seuil de pauvreté, selon un rapport d'Oxfam Intermón.

Les secteurs les plus touchés sont l'agriculture et le travail domestique, tandis que la communauté la plus affectée est l'Andalousie.

Près de trois millions de travailleurs sont en situation de pauvreté en Espagne, selon un rapport d'Oxfam Intermón publié mercredi qui souligne la vulnérabilité particulière des migrants, des travailleurs domestiques et des familles nombreuses et monoparentales.

Dans la recherche "Pauvreté laborieuse : quand travailler ne suffit pas pour joindre les deux bouts", Oxfam Intermón analyse la "réalité alarmante" qui affecte 2 957 000 travailleurs, malgré les progrès réalisés ces dernières années en matière d'emploi : une augmentation du salaire minimum, une réforme du travail, des chiffres historiques en matière d'emploi et un taux de chômage qui est tombé à son niveau le plus bas depuis 2008.

Actuellement, 13,7 % des actifs occupés vivent en dessous du seuil de pauvreté, un chiffre qui double chez les migrants (29,5 %). En outre, 40 % des familles nombreuses et 30 % des ménages monoparentaux souffrent de cette situation.

Sur le nombre total de personnes vivant dans la pauvreté en Espagne, trois sur dix occupent un emploi.

Les secteurs les plus touchés par la pauvreté des travailleurs

Le rapport révèle que les secteurs les plus touchés par la pauvreté au travail sont l'agriculture et le travail domestique, où trois travailleurs sur dix vivent dans la pauvreté bien qu'ils aient un emploi. Viennent ensuite l'hôtellerie et la construction, avec deux travailleurs sur dix vivant dans la pauvreté.

L'augmentation des dépenses liées au logement et aux services de base a encore aggravé le problème : les ménages pauvres qui travaillent consacrent entre 67 % et 79 % de leurs revenus au logement et aux services de base, selon l'étude.

Plus de la moitié des ménages de travailleurs pauvres (55,3 %) ont dû renoncer à des services de santé essentiels tels que des soins dentaires, des lunettes ou un suivi psychologique au cours de l'année écoulée en raison d'un manque de ressources.

L'Andalousie, à la pointe de la lutte contre la pauvreté des travailleurs

L'Andalousie est en tête de la pauvreté laborieuse avec un taux de 19,4%, suivie par l'Estrémadure (17,2%), Ceuta (16,4%), Castilla-La Mancha (15,4%), Murcia (14,3%), les Îles Canaries (13,8%) et Valence (13,8%).

En dessous du taux moyen se trouvent Melilla (11,6%), Galicia (11,1%), La Rioja (11%), Castilla y León (10,5%), Aragón (10%), Cantabria (9,6%), Asturias (9,6%) et les Balearic Islands (9,6%).

Les communautés ayant le taux de pauvreté laborieuse le plus bas sont la Navarre (6,3%), le Pays basque (6,6%), Madrid (7%) et la Catalogne (7,7%).

Emploi de mauvaise qualité

Selon l'analyse, malgré la création d'emplois, le système de production et le modèle économique espagnols continuent de générer des emplois de faible qualité.

Le rapport explique que l'emploi à temps partiel ou le travail indépendant condamne à la pauvreté une personne sur quatre travaillant selon ces modalités.

Par ailleurs, six travailleurs pauvres sur dix auraient souhaité poursuivre leurs études, mais 54 % ont été contraints d'abandonner par manque de ressources ou par la nécessité de travailler pour joindre les deux bouts. Ce cycle perpétue les inégalités, car ceux qui n'ont pas accès à l'enseignement supérieur sont plus susceptibles d'obtenir des emplois précaires et mal rémunérés, explique l'ONG.

Les mesures urgentes pour faire face à cette réalité et améliorer la qualité des emplois consistent à offrir une protection sociale plus large et à réformer le système de prestations afin que les familles les plus vulnérables ne soient pas laissées sans protection.

"Il ne suffit pas de créer des emplois : il faut s'assurer qu'ils sont de qualité et qu'ils permettent de vivre dans la dignité. Pour de nombreux ménages, un salaire n'est pas suffisant s'il n'est pas accompagné de conditions de travail équitables, d'un accès à un logement décent et d'un système de protection sociale solide qui leur permette de progresser", conclut l'organisation.

https://www.francetvinfo.fr/

Première carte mondiale de l’affaissement du sol : une grande partie de l’Espagne menacée...

 


La surexploitation des aquifères est non seulement un problème hydrique, mais elle provoque également l’affaissement physique du terrain, ou subsidience. Des régions d’Espagne comme la Région de Murcie en font l’expérience depuis longtemps, et maintenant la première carte mondiale de subsidience du sol montre qu’une grande partie de la péninsule est l’une des parties les plus touchées par ce danger. Un groupe de scientifiques a mis en lumière une menace aussi certaine qu’ignorée par la population.

L’affaissement du sol est un risque géologique causé par l’installation soudaine ou progressive (de plusieurs années à plusieurs décennies) de la surface de la Terre en raison de l’élimination des matières du sous-sol. Cela peut être dû à un certain nombre de facteurs, aussi bien naturels (tremblements de terre, activité volcanique et tassement des sédiments) que anthropiques (exploitation minière ou extraction des eaux souterraines). Cette situation pose un problème majeur dans les zones urbaines, où elle peut entraîner l’effondrement de bâtiments et des dommages aux infrastructures, mettant ainsi en danger des vies humaines.

Un facteur clé de l’affaissement du sol dans les zones peuplées est l’extraction des eaux souterraines, généralement situées dans des zones poreuses du sous-sol, ce qui entraîne le compactage progressif des sédiments souterrains et la déformation éventuelle du sol.

En fait, c’est le thème central de la nouvelle recherche publiée dans Geophysical Research Letters, dans laquelle les scientifiques ont découvert une corrélation entre le taux d’extraction des eaux souterraines et l’affaissement du terrain, ce qui démontre la nécessité de prêter attention à ces zones dans la gestion des ressources en eau, afin de pallier ce risque géologique.

L’enquête a permis de confirmer que l’Espagne est l’une des zones d’Europe où le risque de subsidience est le plus élevé, en particulier dans de vastes zones d’Andalousie, Région de Murcie, Valence et Alicante, selon la cartographie réalisée

Tsimur Davydzenka, chercheur à la Colorado School of Mines (États-Unis), et ses collègues, le Dr. Pejman Tahmasebi et le professeur Nima Shokri, ont eu recours à l’intelligence artificielle pour prédire l’ampleur de l’effondrement des terres à l’échelle mondiale. " L’affaissement du sol est un phénomène destructeur qui endommage les infrastructures et les aquifères et met en danger des vies humaines. La croissance démographique a joué un rôle indéniable dans l’extraction des ressources qui a provoqué l’effondrement", ont expliqué les scientifiques.

"Nous avons remarqué qu’il existe plusieurs études locales dans différents pays qui analysent la question de l’affaissement du terrain, mais il n’y a pas assez de recherches à l’échelle mondiale. Les cartes existantes, soit ne fournissent aucune information sur l’ampleur de l’effondrement, qui est plus importante que la simple possibilité de l’observer, soit se limitent à des échelles régionales. En utilisant des techniques modernes de modélisation fondées sur des données, nous avons établi la première carte mondiale des taux d’affaissement, qui peut être utilisée pour étayer les politiques de gestion des eaux souterraines et orienter l’atténuation", ajoutent-ils.


2 milliards de personnes menacées

Les chercheurs ont utilisé des données provenant d’études sur l’affaissement du terrain et de la télédétection pour produire un ensemble de données de 46000 scénarios d’affaissement. Toutes ces données, ainsi qu’une sélection de 23 conditions climatiques, géographiques et topographiques (précipitations, composition du sol, épaisseur des sédiments et pente)Ils ont été fournis à un modèle d’apprentissage automatique capable de calculer la superficie totale du terrain qui risque de s’effondrer, ce qui permet de connaître la population de ces zones

Ainsi, plus de 6,3 millions de km2 de la surface terrestre (environ 5 % de la surface du globe) ont été identifiés comme susceptibles de subir des taux de subsidence considérés comme suffisamment importants pour causer des dommages et nécessiter des stratégies d'atténuation. Ces taux sont supérieurs à 5 mm/an.

Sur ce total de plus de 6,3 millions de km2, 231000 km2 se trouvent dans des zones urbaines, où environ 2 milliards de personnes (25 % de la population mondiale) vivent dans ces zones à haut risque

Le danger de l’extraction des eaux souterraines

Le modèle utilisé dans l’étude a révélé que l’extraction des eaux souterraines est la principale cause de l’affaissement du terrain, suivie d’autres facteurs tels que l’activité sismique, les conditions environnementales (notamment les précipitations) affectant la recharge des eaux souterraines, l’épaisseur des unités sédimentaires (les plus grandes unités ont plus de place pour le compactage final), la température moyenne des mois les plus chauds (important pour les régions arides et semi-arides susceptibles de s’effondrer), la teneur en argile du sol et la densité de population.

Etant donné que l’extraction des eaux souterraines est la principale menace, Tsimur et Tahmasebi conseillent de chercher d’autres formules pour approvisionner la population avec cette ressource. " Pour minimiser la dépendance à l’égard des eaux souterraines, les mesures stratégiques comprennent la promotion de l’utilisation rationnelle de l’eau, l’application de cadres réglementaires stricts et la promotion de pratiques agricoles qui optimisent la consommation d’eau. En outre, investir dans les technologies de recyclage et de récupération de l’eau peut augmenter la disponibilité de l’eau sans dépendre excessivement des eaux souterraines", ont-ils noté.

"L’élimination progressive de l’extraction des eaux souterraines pourrait être complétée par l’utilisation de sources alternatives telles que les eaux usées traitées, la collecte des eaux de pluie et la gestion des eaux de pluie. Toutefois, la transition devrait également tenir compte des contraintes spatiales des réservoirs et de la viabilité économique du dessalement de l’eau de mer", ont-ils ajouté.

En ce qui concerne les sédiments les plus touchés par l’assèchement, 3,8 millions de km2 de sédiments non consolidés (10 % de l’étendue mondiale) ont été identifiés comme étant à l’origine d’un risque élevé, avec des taux de subsidence les plus élevés de 320,6 mm/an. Avec 2,1 millions de km2 dans le monde (12,2 % des terres cultivées dans le monde), les terres cultivées ont été les plus menacéestandis que les hautes terres subtropicales et les climats océaniques tempérés ont connu des taux de survie supérieurs à 50 mm/an.

Globalement, on estime que l’Asie du Sud a la plus grande superficie de terres menacées par l’effondrement (2,2 % de sa superficie totale ont des taux d’effondrement supérieurs à 50 mm/an) et le plus grand nombre de personnes touchées (20 millions). Les autres pays ayant des taux de subsidence supérieurs à 50 mm/an sont l’Iran, le Costa Rica, l’Indonésie, l’Ouzbékistan et les Philippines.

Bien que cette étude fournisse une importante carte mondiale de l’affaissement du sol qui aidera les entreprises, les agriculteurs et les autorités locales dans les zones à risque à prévenir les risques, les auteurs soulignent la nécessité d’affiner le modèle. Tsimur et Tahmasebi affirment qu’il est "certainement possible" que les futurs modèles aient une résolution suffisamment élevée pour que les autorités locales puissent utiliser ces données pour mettre en œuvre des stratégies d’atténuation.

Étude de référence : DOI : 10229/2023GL104497

https://www.msn.com/es-es/noticias/tecnologia/primer-mapa-mundial-del-hundimiento-del-suelo-gran-parte-de-espa%C3%B1a-amenazada/ar-BB1jWgn9?ocid=msedgdhp&pc=ENTPSP&cvid=98bda28dc46a4814833e722bc9dc397d&ei=68#

 

29,9 degrés durant ce mois de décembre dans le Sud de l'Espagne à Malaga. La sécheresse et le manque d'eau vont questionner le grenier à légumes et à fruits de l'Europe.

https://2000watts.org/index.php/energies-fossiles/peak-oil/1363-energies-economie-petrole-et-peak-oil-revue-mondiale-decembre-2023.html

 

La dégradation politique en Espagne et ses conséquences.

Aujourd'hui, je vais faire une exception et parler de la politique en général. Et surtout, des conséquences que nous subissons lorsque les politiciens cherchent à rester au pouvoir à tout prix, au lieu de gouverner pour améliorer la qualité de vie des citoyens, sans les exposer à un endettement excessif.    


La dérive actuelle découle d'une démocratie imparfaite, où le vote captif permet de gagner des élections, devenant une fin en soi, dont nous paierons tous les conséquences.


Les phases finales d'un cycle sont généralement caractérisées par une dégradation de tous les aspects de la société. Je vais me référer à l'Espagne, le pays où je vis, mais on peut extrapoler à un grand nombre de pays sans distinguer la couleur politique qui domine dans chacun d'eux.


La corruption (avec de fréquentes affaires résolues par la justice), le clientélisme politique, le népotisme répandu dans toute l'Espagne, l'influence pernicieuse des lobbies regroupés en conglomérats sectoriels (pharmacie, énergies renouvelables, banques et énergie) et, en général, le "qu'en est-il du mien" qui prévaut en politique (avec des discussions même entre partenaires au pouvoir), sont devenus si répandus qu'ils sont des caractéristiques du "Pouvoir" dans la période actuelle.


Dans notre cas, le président Sánchez et son parti ont utilisé toutes les armes à leur disposition pour rester au pouvoir. Si quelques jours-mois auparavant ils assuraient que l'amnistie était impossible, le moment venu, l'"oubli" préside à leurs actions et il n'y a plus de lignes rouges. Tout est permis pour atteindre l'objectif. Inutile de s'arracher les cheveux, cela fait partie du jeu politique auquel tout le monde participe, mais c'est un exemple que tout le monde comprend parfaitement.


Et si n'importe quelle méthode peut être utilisée pour gouverner, les conséquences en termes de résultats économiques seront également la règle commune. L'achat de votes par le biais de certaines mesures populistes sera monnaie courante pour les politiciens au pouvoir. Tout cela conduit à des dépenses économiques insoutenables à long terme.

L'État-providence est depuis longtemps instable si nous voulons avoir un budget équilibré. Maintenir le statu quo en augmentant la dette ne fonctionne que si l'on peut obtenir des financements à bon prix.     


Jusqu'à présent, la BCE a agi comme un bouclier protecteur pour un financement bon marché pendant plus d'une décennie. Après la pandémie, ce sont les fonds européens de nouvelle génération qui ont financé la croissance.


Mais ces fonds s'épuisent et nous continuons à dépenser de manière exorbitante, comme si des mesures exceptionnelles devaient être appliquées tous les jours.

Il n'est pas possible de continuer à dépenser comme si de rien n'était, tout en sachant que la facture est salée en raison de l'augmentation de la dette, et ce malgré l'importance des fonds disponibles grâce à une UE trop permissive.


La dette de l'Espagne est hors de contrôle depuis 2008.

Jusqu'à présent, nous avons maintenu les taux d'intérêt de la dette sous contrôle parce que la BCE a acheté et racheté une grande partie de la dette et, lorsqu'elle n'est pas intervenue directement, elle a généré la confiance des investisseurs capable d'assurer un flux régulier d'argent si nécessaire, par le biais des QE bancaires successifs et des TLTRO.


2025, l'année des conséquences et des ajustements.

Tout cela est terminé, depuis l'apparition de l'inflation, à l'exception d'un poste dédié aux dettes périphériques, dont les échéances sont encore rachetées, pour éviter que la prime de risque avec l'Allemagne ne s'envole.

On vient d'apprendre que ce dernier parapluie protecteur disparaîtra lui aussi, à partir de 2025.

"Les taux d'intérêt directeurs de la BCE constituent le principal instrument de définition de l'orientation de la politique monétaire. Le Conseil des gouverneurs a également décidé aujourd'hui de poursuivre la normalisation du bilan de l'Eurosystème. Au cours du premier semestre 2024, il prévoit de continuer à réinvestir intégralement le montant en principal des titres achetés dans le cadre du Programme d'achat d'urgence en cas de pandémie (PEPP) à mesure qu'ils arrivent à échéance. Au second semestre, elle prévoit de réduire le portefeuille PEPP de 7,5 milliards d'euros par mois en moyenne. Le Conseil des gouverneurs prévoit de mettre fin aux réinvestissements dans le cadre du PEPP d'ici à la fin de 2024".


La discipline budgétaire européenne sera rétablie en 2025.

La Commission européenne a présenté sa proposition de réforme du pacte de stabilité et de croissance (PSC), attendue de longue date, dans le but de rétablir la discipline budgétaire dans les États membres de l'UE à partir de 2025. L'objectif est de trouver un équilibre entre la discipline budgétaire et la marge de manœuvre pour l'investissement public. Au cours des prochains mois, un débat complexe entre les 27 États membres de l'UE est à prévoir.


Il est donc clair que des courbes se dessinent pour 2025, après une large marge d'ajustement accordée par l'UE pour laisser aux Etats le temps de s'adapter à l'économie post-covidique.

Pour en revenir à l'Espagne, ces ajustements, qui devaient avoir lieu en 2024, sont tombés à l'eau en raison des engagements pris par le président Sánchez avec ses partis alliés. Le coût économique est difficile à évaluer a priori, mais nous savons tous qu'il sera assez élevé, juste au moment où une politique de dépenses restrictive et une politique énergétique expansive sont nécessaires avec l'approbation récente de la COP28.


Combiner l'ajustement budgétaire indiqué par l'Europe avec de lourds investissements dans les énergies renouvelables et le gaspillage des accords politiques pour rester au pouvoir, c'est comme marcher sur un fil très fin dans l'abîme, sans filet en dessous. En outre, des vents d'ouragan soufflent, lorsque la BCE avertit qu'elle cessera de nous financer (elle ne rachètera pas la dette) et que les taux d'intérêt ont augmenté trop fortement, entraînant une hausse des paiements d'intérêts.

Pour ne rien arranger, l'économie européenne avec laquelle nous réalisons la plupart de nos affaires et qui fait venir de nombreux visiteurs pour soutenir le secteur du tourisme, traverse une crise énorme.

 À en juger par les données préliminaires de l'enquête PMI®, l'activité des entreprises de la zone euro a reculé à un rythme plus soutenu en décembre, clôturant un quatrième trimestre au cours duquel l'activité totale a chuté à son rythme le plus rapide depuis onze ans, à la seule exception des mois de pandémie du début des années 2020. Le ralentissement s'est poursuivi dans les secteurs de l'industrie manufacturière et des services, qui ont tous deux enregistré de nouvelles baisses importantes des nouvelles commandes, entraînant une nouvelle réduction du carnet de commandes. Des emplois ont été supprimés pour le deuxième mois consécutif, les entreprises ayant réduit leur capacité de production en raison de l'aggravation de la situation des carnets de commandes et de la persistance de perspectives peu encourageantes pour les douze prochains mois, le climat d'optimisme restant bien en deçà de sa moyenne à long terme, même s'il a légèrement augmenté. Les usines ont également réduit leurs stocks d'intrants à un rythme inégalé depuis 2009.

Les signaux d'inflation ont été mitigés : l'inflation du coût des intrants a ralenti, mais l'inflation des prix de vente s'est accélérée, cette dernière restant notablement élevée par rapport aux normes historiques".


Un autre facteur négatif pour l'ajustement de 2025 est la démographie négative de l'Espagne.


"En Espagne, la génération du baby-boom a eu environ douze ans de retard sur les autres pays. Entre 1958 et 1977, près de 14 millions d'enfants sont nés, soit 2,5 millions de plus qu'au cours des vingt années précédentes et 4,5 millions de plus qu'au cours des vingt années suivantes.


Cette génération est maintenant en âge de travailler et commencera à prendre sa retraite vers 2024, ce qui augmentera encore la pression sur le système de sécurité sociale. "


Seule l'inflation maîtrisée est favorable, bien qu'elle dépende de la volatilité des prix du pétrole. Si ces derniers venaient à se retourner, nous aurions un exemple de "tempête parfaite".


Dans cette situation, il faut un homme d'État à la tête du pays et l'Espagne, malheureusement, a un dirigeant qui ne cherche qu'à rester au pouvoir à tout prix. L'opposition n'est pas non plus un exemple, elle qui s'acharne à harceler et à démolir au lieu de proposer des solutions favorables à tous les citoyens. Elle dira toujours que c'est la faute de "l'autre" et la négociation nécessaire en temps de crise a brillé par son absence.


 Pendant les périodes où le parti d'opposition était au pouvoir (depuis 2008), la dette n'était pas non plus un objectif, mais continuait à croître au même rythme, quel que soit le gouvernement en place.

Si, en 2025, l'Europe met les pieds dans le plat, la dégradation politique qui, aujourd'hui, ne semble pas nous importer, fera place à une grave crise économique, une fois que le soutien de la BCE aura complètement disparu. L'ajustement qui viendra, sûrement orchestré par l'Union européenne, aurait dû être prévu à temps, au lieu de nous consacrer à ces combats politiques avec des coûts supplémentaires, que nous aimons tant en Espagne.

Comment procéder à un ajustement drastique du budget, sans toucher aux engagements politiques pris en matière de dépenses ?

En augmentant les impôts...


Ce n'est qu'un avis.

Quark

https://futurocienciaficcionymatrix.blogspot.com/2023/12/la-degradacion-politica-en-espana-y-sus.html

Je vais être franc : dans une grande partie de l'Espagne, cette année, pas un seul grain de céréale ne sera récolté.

Daniel Trenado, agriculteur et consultant agricole

Sécheresse : en Espagne, les retenues d’eau ont fait leur temps

Avec 1 226 bassins et lacs artificiels, la péninsule ibérique est la championne d’Europe des retenues d’eau. Un modèle qui ne résiste pas aux périodes de longues sécheresses.

À 90 km au nord-est de Barcelone, le lac de Sau n’est plus qu’à 7 % de sa capacité. Les kayaks et pédalos ont disparu. La sécheresse a laissé à découvert une église engloutie lors de la création du barrage dans les années 1960. Spectaculaire, l’image attire les touristes mais désole les riverains.

Les restaurants au bord du lac et les clubs nautiques ont dû baisser le rideau, tandis que les éleveurs et agriculteurs locaux, dépendants à 100 % du bassin, n’ont pas de plan B pour l’été. Beaucoup devront prendre des décisions tragiques », avertit Joan Riera, maire de Vilanova de Sau.

Priorité absolue à l’usage humain

Créée sous le franquisme comme beaucoup d’autres en Espagne, cette retenue d’eau alimente aussi les plus de trois millions d’habitants de Barcelone et sa banlieue. Les autorités catalanes estiment que le volume actuel permet d’assurer l’approvisionnement pour trois mois de plus. Pour s’en assurer, elles ont entrepris, fin mars, de vider le lac de tous ses poissons afin d’éviter une mortalité massive qui empoisonnerait l’eau. La priorité absolue est de garantir la qualité de l’eau pour l’usage humain », a indiqué le gouvernement régional.

Comme de nombreuses régions espagnoles, la Catalogne se trouve en situation de « sécheresse prolongée ». Après plus de trente mois consécutifs sans précipitations, le système a atteint ses limites. Nous arrivons au bout d’une logique : celle de chercher toujours plus d’eau et de s’adapter à la demande plutôt qu’aux ressources disponibles, analyse Jaume Grau, porte-parole d’Ecologistas en Acción. Il faut arrêter la course à l’eau et réduire d’urgence la consommation. »

L’Espagne concentre désormais tous ses investissements sur les stations de dessalement, au nombre de 700 à travers le pays. En Catalogne, l’usine du Prat, toute proche de l’aéroport de Barcelone, tourne à plein régime depuis l’année dernière et produit actuellement un tiers de l’eau utilisée dans la ville. Mais, en plus d’être polluante et gourmande en énergie, cette solution ne parvient pas à remplacer les bassins. Face à des prévisions météorologiques pessimistes, la capitale catalane évoque déjà de strictes restrictions cet été, dont des coupures d’eau à certaines heures de la journée."

(publié par Cyrus Farhangi)

https://www.ouest-france.fr/europe/espagne/secheresse-en-espagne-les-retenues-deau-ont-fait-leur-temps-4059abb0-d487-11ed-8b00-1728a73f4c85

14,2% d'Espagnols n'ont pas les moyens de se chauffer, soit le double de la moyenne européenne.

Les ménages composés d'un seul adulte et d'enfants à charge et ceux des personnes vivant seules sont particulièrement touchés par ce problème.

L'année dernière, le prix de l'électricité, du gaz et aussi de la réduction de la consommation d'énergie ont beaucoup été discutés. Et lorsque qu'il est question d'énergie, le problème de la pauvreté énergétique ne peut être ignoré, car il s'agit d'une réalité de plus en plus palpable dans de nombreux foyers espagnols. Maintenant que l'hiver, le vrai, est arrivé, beaucoup de gens n'ont pas les moyens de garder leur maison chaude pour traverser ces périodes froides, venteuses et même neigeuses.

La pauvreté énergétique cachée - l'indicateur qui mesure la sous-utilisation de l'énergie par les ménages à faibles revenus - est une réalité qui touche de nombreuses familles et qui a un impact sur leur vie quotidienne : ne pas allumer le chauffage ou réduire l'utilisation d'appareils tels que le lave-linge, le four ou le lave-vaisselle, jusqu'à l'impossibilité de payer ses factures d'électricité et de gaz.

Ne pas avoir froid chez soi est devenu un luxe pour de nombreuses personnes et, selon José Carlos Romero, coordinateur de la chaire Énergie et pauvreté de l'Université pontificale Comillas (UPC), il y a de plus en plus de ménages qui renoncent à consommer assez d'énergie nécessaire pour mener une vie décente par "peur de la facture".

La part de la population qui ne peut pas chauffer son logement a doublé.

L'augmentation des prix de l'énergie qui a débuté à l'été 2021 a fait des ravages dans les ménages espagnols : la peur de dépenser de l'énergie s'est considérablement accrue.

Environ 14,2 % de la population espagnole, soit près de sept millions de personnes, n'ont pas eu les moyens de maintenir une température adéquate dans leur logement en 2021. Selon les données de l'Office européen des statistiques (Eurostat), depuis 2019, le nombre de personnes se déclarant dans cette situation a doublé pour atteindre fin 2021 son chiffre le plus élevé enregistré depuis 2004 et bien supérieur à celui atteint pendant la crise du logement.

"Il fait plus froid à Valence qu'à Soria parce que les maisons sont moins préparées", explique Sergio Tirado, chercheur Ramón y Cajal au département de géographie de l'université autonome de Madrid (UAM). "C'est paradoxal, mais cela se passe aussi dans d'autres pays. Cela est dû à la mauvaise qualité du bâtiment, qui n'est pas préparé pour le froid, et au fait qu'ils n'ont pas de système de chauffage centralisé", explique-t-il.

Cecilia Foronda, directrice de l'espace "Énergie et personnes" à l'ECODES, rappelle un autre facteur clé dans l'augmentation du nombre de personnes en situation de pauvreté énergétique cachée : la "peur de la facture", qui pousse les familles à contenir leurs dépenses malgré le fait que leur logement ne soit pas chauffé à la bonne température.

"Plus de la moitié de nos logements ont été construits avec des critères d'isolation thermique, et ce sont ces logements plus efficaces qui sont habités par des personnes à faibles ressources économiques" qui, face à la hausse du prix de l'électricité et du gaz, décident de résister à la tempête et "ne mettent pas en route leur chauffage ou leur climatisation", argumente l'expert en énergie et population.

Roberto Barrella, quant à lui, ajoute que l'augmentation de 2021 pourrait avoir été motivée non seulement par la sous-consommation des ménages à faibles revenus, mais aussi par les échos de la tempête Filomena. "Le froid extrême qui s'est installé dans la Péninsule début janvier a sûrement gravé dans notre subconscient la fragilité de nos maisons face à des événements de cette nature", argumente le chercheur de la Chaire Energie et Pauvreté de l'UPC.

La situation de l'Espagne par rapport au reste de l'Union européenne

Garder notre maison à la bonne température ne devrait pas être un privilège. Dans le même ordre d'idées, Eurostat considère qu'il s'agit de l'un des 13 indicateurs clés permettant de déterminer si une personne est menacée de pauvreté ou d'exclusion sociale -actuellement près de 28% des Espagnols sont dans cette situation- et c'est l'un des quatre indicateurs utilisés par la Stratégie nationale contre la pauvreté énergétique du ministère de la Transition écologique.

L'Espagne est le sixième pays de l'Union européenne dans lequel le nombre de personnes déclarant ne pas pouvoir maintenir une température adéquate dans leur logement est le plus élevé. Barrella insiste sur la nécessité "d'investir massivement et d'accompagner les ménages dans ce processus de réhabilitation énergétique du parc immobilier, en commençant par ceux qui souffrent le plus de ces inefficacités, c'est-à-dire les ménages à faible revenu".

Cette tendance est à la hausse dans les pays méditerranéens et en Europe centrale et orientale. Sergio Tirado souligne les facteurs structurels qui augmentent l'incidence en Espagne : "L'Espagne est le quatrième pays de l'Union européenne où l'incidence de la pauvreté est la plus élevée et les prix de l'énergie, en particulier ceux de l'électricité, ont toujours été très élevés par rapport aux autres pays de l'Union européenne. Ce n'est qu'avec l'exception ibérique que le contraire s'est produit cette année : les prix de l'électricité en Espagne sont sensiblement plus bas que ceux de l'ensemble de l'UE."

Selon les données d'Eurostat, les Espagnols consacrent près d'un quart (24,1 %) de leurs revenus aux dépenses du ménage. Parmi ces dépenses, 3,6 % sont consacrées uniquement à l'électricité, au gaz et aux autres combustibles utilisés dans le foyer. C'est un pourcentage qui n'a pas beaucoup évolué ces dernières années, malgré la hausse des prix. Selon Sergio Tirado, cela s'explique par le fait que, face à une augmentation du prix de l'énergie, "les ménages se défendent en réduisant leur consommation d'énergie".

Un autre facteur à prendre en compte est celui de la hausse des prix de l'électricité et du gaz, qui a commencé à la mi-2021 et a atteint un pic en décembre. "Cela rend son impact sur l'enquête [de cette année] beaucoup plus modéré", explique Barrella.

Les ménages espagnols comptant un seul adulte et des enfants sont les plus exposés.

Le fait de ne pas pouvoir maintenir la température du logement dans des conditions optimales lorsqu'il fait froid est un problème plus fréquent dans les ménages composés d'un adulte avec des enfants à charge (25,1%) ou dans les ménages où vit un seul adulte (19,5%). À l'autre extrême, on trouve les ménages où vivent ensemble deux adultes et deux enfants, où la situation est trois fois plus faible.

Cela s'explique par le fait que ce type de ménages - monoparentaux et unipersonnels - ont "un seul revenu (souvent faible) pour couvrir toutes les dépenses" et "une consommation d'énergie par personne plus élevée qu'une famille avec plus d'adultes", explique Roberto Barrella, chercheur de la Chaire d'énergie et de pauvreté à l'UPC.

Dans le même ordre d'idées, Sergio Tirado souligne que, "dans 90% des cas", il s'agit de foyers monoparentaux : l'un des groupes sociaux les plus vulnérables à la pauvreté énergétique car "ils ont de moins bonnes conditions de travail, des salaires plus bas et sont plus susceptibles d'avoir un temps partiel, surtout s'ils ont des enfants à charge".

"La demande d'énergie est plus élevée lorsqu'il y a des enfants à la maison, car les pics de prix se produisent vers sept ou huit heures du soir et ils ne peuvent pas facilement déplacer leurs demandes d'électricité à d'autres moments de la journée." Et "vivre seul est plus cher en général en raison des économies d'échelle dans la consommation domestique" car, les dépenses n'étant pas partagées, le coût par personne est plus élevé, ajoute l'expert de l'UAM.

Comment réduire le problème de la pauvreté énergétique en Espagne ?

La crise énergétique de 2021 a marqué un tournant dans l'économie des ménages espagnols et, si le prix du gaz a baissé en 2022 grâce au mécanisme ibérique, le prix de l'électricité s'est envolé en juin 2021 et, un an plus tard, il avait déjà doublé.

M. Barrella souligne les mesures mises en œuvre par le gouvernement pour tenter de remédier à cette situation, "telles que la réduction de la TVA, de la taxe sur l'électricité ou des charges et péages sur la facture d'électricité". De plus, l'expert assure que si ces mesures n'avaient pas été réalisées, "l'indicateur de grande pauvreté énergétique cachée en 2021 aurait atteint 11,65%, soit 1,3% de plus, ce qui équivaut à près de 200 000 ménages supplémentaires".

En fin de compte, résume José Carlos Romero, coordinateur de la Chaire Energie et Pauvreté à l'UPC, il ne s'agit pas d'un problème de consommation d'énergie, mais de revenus. L'expert affirme que les mesures visant à résoudre le problème de la pauvreté énergétique sont déjà sur la table : "Chèques électricité et thermique pour réduire les factures et interdiction des coupures d'approvisionnement aux groupes vulnérables".

Pour Cecilia Foronda, directrice de l'espace "Énergie et personnes" à l'ECODES, pour faire face à ce problème social, "il est essentiel de réhabiliter énergétiquement les logements" et de "consacrer plus d'argent à l'information, au soutien et à l'automatisation de mesures telles que la prime sociale pour atteindre les personnes qui peuvent en bénéficier".

Le chèque tient compte de la vulnérabilité des familles et abaisse les seuils de revenus pour l'accès à l'énergie, mais l'expert regrette qu'aujourd'hui, "50 % des familles qui pourraient bénéficier du chèque social n'en profitent pas parce qu'elles ne le savent pas ou que le traitement est un parcours du combattant".

"Toutes les mesures qui ont été introduites dans les "décrets énergie" l'année dernière vont dans la bonne direction, mais il est nécessaire de reprendre la "stratégie nationale contre la pauvreté énergétique" pour s'attaquer à ce fléau", conclut Roberto Barrella.

Les experts se concentrent sur une action globale à moyen et long terme pour répondre à la situation de besoin que connaissent 14,2% des ménages espagnols.

https://www.francetvinfo.fr/#xtor=EPR-555-[newsletterquotidienne]-20230128&pid=726375-1535047208-be45da26

 

La guerre de l'eau est là : des détournements d'eau dans un pays desséché ?

S'il y a une chose qui fait l'unanimité, quel que soit l'interlocuteur dans le monde des sciences du climat, de la géologie ou de l'environnement, c'est que de toutes les régions de la Terre, la Méditerranée est l'une de celles qui souffriront le plus des ravages du changement climatique, non pas tant en termes de décès, puisque la situation est bien pire en Afrique subsaharienne ou en Amérique centrale, mais en termes de manque d'eau potable, de sécheresses excessives et d'arrivée massive d'inondations côtières et de pluies torrentielles. On le sait, les prévisions faites il y a de nombreuses années se réalisent, et pourtant nous continuons à entendre des déclarations, des demandes et même des exigences qui semblent tirées, non pas du diagnostic réel de la situation, mais du conte des Mille et Une Nuits, où il suffit qu'un magicien apparaisse pour que les réservoirs se remplissent soudainement et que le fleuve coule à flots, présageant et chantant.

L'Espagne s'assèche, même s'il pleut et qu'il neige pendant quelques jours. Les jours de l'économie de l'eau, comme ceux de l'économie de la neige, semblent donc comptés, car elle a été conçue alors qu'il y avait déjà des signes qu'elle n'avait pas d'avenir. L'Espagne s'assèche tandis que dans les régions du Levant, au nom d'une solidarité par ailleurs très intéressée, on exige qu'elle soit celle de ceux qui n'en ont plus, afin de continuer à "rentabiliser" une Europe bien plus verte que nos terres en matière de fruits et légumes, en effet jusqu'à 70% de la production part à l'étranger.

Tout cela fait suite à des demandes de transfert d'eau du fleuve Tage, qui souffre de la faim, vers le bassin du Segura. Pour l'instant, le Conseil d'État a réduit ses effectifs, mais non sans confrontations politiques, même entre partenaires gouvernementaux et, bien sûr, avec l'opposition dans la région du Levant. Tous affirment que sans eau, ce ne sont ni plus ni moins que 100 000 emplois qui sont menacés - je ne sais pas s'ils incluent ceux des migrants mal exploités, sans contrat ni droits, comme on peut le voir dans les zones de Níjar (Almería), Cartagena (Murcia) ou Elche (Alicante) - et que bon nombre d'entreprises vont disparaître, dont beaucoup de grandes entreprises, d'ailleurs, qui ont connu une croissance exorbitante en reverdissant ce qui était un désert. Ils affirment faire un très bon usage de "chaque goutte d'eau", mieux que ceux de l'intérieur, dans les montagnes desquels les rivières prennent leur source, leur argument vedette pour que leurs demandes soient satisfaites. Mais il s'avère que là où il n'y en a pas, il ne peut pas être donné, et encore moins qu'il finisse contaminé par les produits phytosanitaires agricoles qui ravagent des zones comme le Mar Menor. De plus, il ne faut pas oublier que nos rivières ne sont pas que des tomates destinées à l'exportation, car elles ont de la vie, tant dans leurs eaux que sur leurs berges, et un débit écologique minimum doit être préservé pour les maintenir en vie.

Récemment, lors d'un événement sur la transition énergétique, organisé par la Fondation Public et Espace Public, le physicien Pedro Arrojo, actuel rapporteur de l'ONU sur le droit à l'eau, l'a dit très clairement : "Quand un transfert d'eau est nécessaire, c'est quand il y a une sécheresse, et s'il y a une sécheresse dans tout le bassin méditerranéen, il y a aussi une sécheresse dans le Tage et l'Ebre. Le plan hydrologique national approuvé à l'époque stipulait déjà que les transferts d'eau ne seraient pas utilisés en période de sécheresse. Essayer de résoudre les sécheresses liées au changement climatique n'est pas la chose la plus raisonnable à faire".

À première vue, il ne semble pas très approprié que la région d'El Ejido (Almeria), avec un minimum de 286 mm de précipitations par an, soit aujourd'hui le "jardin potager de l'Europe" grâce à l'eau qui tombait dans le nord de la péninsule, mais où en 2022 il a plu 16% de moins et la température a été de 1,7°C supérieure à ses moyennes historiques, dépassant la limite de 1,5°C de plus dont parle l'Accord de Paris. Il ne semble pas non plus normal que la Communauté de Valence exige cette eau du Tage au moment même où son président annonce à Fitur qu'il attend 30 millions de touristes cette année, comme s'ils avaient de l'eau à revendre. Et comme s'il y avait tant de personnes prêtes à se roussir lors d'un été comme celui de l'année dernière.

À cela s'ajoute la question des aquifères, comme l'a également mentionné Arrojo : "Les aquifères sont la partie que nous ne voyons pas. Sous nos pieds, il y a 20 fois plus d'eau douce qu'en surface. Et comme c'est un bon business de l'extraire, nous la surexploitons... et à la sécheresse suivante, nous sommes morts. Nous devons récupérer ces poumons d'eau naturels pour qu'ils deviennent des éléments clés, des réservoirs stratégiques dans les cycles de sécheresse. Nous ne pouvons pas avoir un million de puits illégaux. C'est un crime et il faut l'arrêter. Si l'on ajoute aux puits illégaux les élevages de porcs, qui poussent comme des champignons sur le territoire et laissent tant de villages sans eau potable, le tableau est pathétique.

Certains insistent aujourd'hui sur la question de la solidarité, sur le fait que le partage est la chose progressiste à faire - ce qui est surprenant, c'est de savoir qui le défend - et que le nord vert (que nous avons vu brûler l'été dernier) devrait partager cet atout naturel avec le sud sec, mais plein de serres, de piscines et de terrains de golf. Ils soulignent que les infrastructures sont déjà en place pour le transfert d'un cours d'eau à l'autre, ce qui rend l'opération peu coûteuse.

Mais que se passe-t-il si les réservoirs n'ont pas d'eau ? Parce qu'elles ne sont plus remplies et que cela ne va pas s'améliorer puisque nous continuons à remplir l'atmosphère de CO2, comme l'a souligné lors du même événement le physicien Antonio Turiel, qui est allé jusqu'à recommander que les combustibles fossiles soient dorénavant mis en attente. Ni les voitures, ni les usines. Kaput.

C'est la guerre de l'eau à son paroxysme, titre d'une conférence que j'ai donnée à l'exposition internationale de Saragosse en 2008. Il est donc évident qu'il faut chercher des alternatives réalisables et que, pour le moment, les usines de dessalement alimentées par des énergies renouvelables sont la meilleure option pour le sud-est et le sud desséché, mais pas pour la gaspiller, la polluer ou l'exporter dans des produits cultivés dans un semi-désert, sont la meilleure option pour le sud-est et le sud desséché à l'avenir, mais pas pour la gaspiller, la polluer ou l'exporter dans des produits cultivés dans un semi-désert, mais pour l'utiliser à bon escient et commencer à changer le cours d'une agro-industrie qui devrait être mieux adaptée à son écosystème. C'est ainsi que l'homme a évolué : en s'adaptant biologiquement et technologiquement à l'environnement dans lequel il vivait. Que dirions-nous si l'on demandait aux Européens de transférer de l'eau pour cultiver au Sahel ? En fin de compte, le réchauffement climatique est plus notre faute que la leur.

Turiel a également commenté la façon dont la science indique des solutions, mais a rappelé le risque de sacraliser les solutions techno-scientifiques tout en ne favorisant pas les changements sociaux, "en même temps il y a une tendance croissante à ridiculiser la science pour des intérêts fallacieux". Le scientifique défend que l'important est de changer le système économique mondial, mais il semble que nous n'allons pas dans cette direction lorsque le prochain président du sommet sur le climat, la COP28 aux Émirats arabes unis, sera le directeur de la compagnie pétrolière nationale de ce pays.

M. Arrojo, pour sa part, a rappelé que "des modèles de gouvernance démocratique de l'eau sont nécessaires, car il s'agit d'une ressource qui devrait être accessible à tous mais non appropriable comme un bien commercial". Que cette phrase reste comme un épilogue à ce qui est important.

 

Rosa M. Tristán

Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)

 

l'Espagne est-il le pays européen avec le risque le plus élevé de décès par chaleur extrême ?

Des messages partagés sur les réseaux et les portails Internet affirment que l'Espagne est le pays d'Europe où le risque de mortalité dû à la chaleur extrême est le plus élevé. C'est vrai. Un rapport publié dans The Lancet sur la santé et le changement climatique conclut que l'Espagne connaît la plus forte augmentation en Europe des décès liés à la chaleur sur la période 2000 - 2020. Les données officielles du ministère de la santé confirment une augmentation des chiffres de la mortalité liée aux températures élevées. VerificaRTVE vous explique avec l'aide de deux spécialistes les facteurs qui expliquent cette tendance.

Que dit l'article publié dans The Lancet ?

La revue médicale britannique a publié en octobre un rapport indiquant que "les décès liés à la chaleur ont augmenté dans pratiquement toutes les régions européennes étudiées (931) entre 2000 et 2020". Il s'agit du premier rapport Lancet Countdown Europe qui retrace les liens entre la santé publique et le changement climatique en Europe. L'étude indique qu'il y a eu "une augmentation moyenne globale de 15,1 décès par million d'habitants par décennie" pour la population générale. Pour les personnes âgées de 65 ans et plus, qui sont plus vulnérables aux effets de la chaleur, ce chiffre s'élève à "60,4 décès supplémentaires" par million d'habitants et par décennie. Par pays, les auteurs expliquent que l'Espagne est la région européenne qui connaît la plus forte augmentation de la mortalité due à la chaleur extrême, avec "30,6 décès supplémentaires par million d'habitants et par décennie" (la majeure partie de cette augmentation concerne les personnes âgées). À l'autre extrême se trouve l'Islande, qui se positionne comme le pays ayant le moins de décès liés à ce phénomène entre 2000 et 2020. Le rapport prévient également que ces données "pourraient doubler en 34 ans en Europe". Les chercheurs ont calculé un indice de vulnérabilité à la chaleur en combinant trois facteurs : "la proportion de la population âgée de plus de 65 ans, vivant en zone urbaine et atteinte d'une maladie chronique (cardiovasculaire, respiratoire, diabétique et rénale)".

Incidencia en Europa de la mortalidad relacionada con el calor (incremento de muertes anuales por millón por década) para la población general (2000-20) // Fuente: The Lancet , con el sello 'VerififcaRTVE' en negro
Mortalité due à l'excès de chaleur Europe
VerificaRTVE

Les chercheurs du rapport indiquent que les populations européennes sont exposées à des vagues de chaleur de plus en plus "fréquentes, intenses et étendues". Si l'on compare la moyenne décennale des jours d'exposition aux vagues de chaleur de 2000 à 2009 aux jours d'exposition de 2010 à 2020, "l'exposition aux vagues de chaleur dans les groupes vulnérables a augmenté de 57 % dans toute l'Europe"(cf : https://www.thelancet.com/action/showPdf?pii=S2468-2667%2822%2900197-9" rel="noreferrer noopener)" (p. 4). À RTVE, nous vous avons déjà dit que "l'été 2022 a été le plus chaud en Europe"(cf : https://www.rtve.es/noticias/20220908/verano-2022-mas-caluroso-europa-copernicus-datos/2401348.shtml" rel="noreferrer noopener) depuis que des registres sont tenus. Les températures moyennes les plus élevées ont dépassé de 0,4°C celles de 2021, qui avaient établi le précédent record. L'Espagne a également battu des records de température cet été, où "la température moyenne en juin, juillet et août était de 24 degrés"(cf : https://www.rtve.es/play/videos/telediario-1/el-de-2022-ha-sido-el-verano-mas-caluroso-desde-que-hay-registros/6695300/" rel="noreferrer noopener) (2,2ºC au-dessus de la moyenne).

Quels sont les facteurs qui expliquent ces données en Espagne ?

"Le vieillissement de la population et les températures élevées causées par le changement climatique sont les ingrédients clés", explique à VerificaRTVE le directeur des actions sanitaires de l'OMS. Daniel López Acuña explique que "l'Espagne est actuellement l'un des pays d'Europe où l'espérance de vie est la plus élevée". Selon l'INE, en 2021 l'espérance de vie à la naissance en Espagne était de 83,06 ans. Sachant que les vagues de chaleur touchent principalement les personnes âgées, le docteur en santé publique affirme que cela "augmentera le risque de décompensation métabolique et de décès".

Le président de la société espagnole d'épidémiologie, Óscar Zurriaga, est également d'accord sur ce point, qui assure que "la mortalité due au coup de chaleur n'est pas la cause fondamentale, mais plutôt le regroupement d'autres pathologies préalablement présentes (notamment cardiovasculaires et respiratoires)". Zurriaga explique que "plus la population vieillit, plus le risque de comorbidité" et cela expliquerait pourquoi il y a une augmentation de la mortalité aux moments où "la chaleur dépasse les valeurs habituelles". Sur cette idée, l'expert en épidémiologie nuance les conclusions de l'article de The Lancet lorsqu'il affirme que "les décès dus aux coups de chaleur sont loin d'être majoritaires" et souligne qu'"il existe des publications avec des données espagnoles qui montrent que l'adaptation à la chaleur est en augmentation".

Selon le système MOMO de l'Instituto de Salud Carlos III, on a enregistré jusqu'à présent cette année en Espagne 5 827 décès attribuables à une sur- ou une sous-température. Ce n'est qu'entre fin avril et début septembre que l'on a enregistré un peu plus de 4 700 décès dus à cette cause. Un chiffre qui double le nombre record de décès attribuables à la plus forte chaleur pour ces dates, enregistré en 2017. Concernant les décès attribuables à la chaleur durant l'été 2022, Lopez précise que "nous n'aurons pas une notion claire de l'impact de la canicule en termes de mortalité tant que les certificats de décès par cause ne seront pas traités et cela se fera en 2023."

Comparaisons entre les pays

Pour le directeur des actions sanitaires de l'OMS, les comparaisons de la mortalité entre pays due à l'excès de chaleur "ne devraient pas être faites avec des taux de mortalité bruts". L'expert a expliqué à VerificaRTVE l'importance de l'homogénéisation : "existe-t-il ou non dans ce pays un taux de mortalité plus élevé dû à une vague de chaleur avec le même degré de vieillissement ? Pour López, toutes les études qui n'utilisent pas la mortalité ajustée à l'âge "vont avoir une petite distorsion". Le spécialiste indique également que "nous ne devrions pas être surpris que les pays où la mortalité liée à la chaleur est la plus élevée soient ceux du sud de l'Europe", comme c'est le cas de l'Espagne et de l'Italie, entre autres.

Des mesures préventives pour réduire cette tendance en Espagne

Pour les deux spécialistes, les principales actions préventives reposent sur une lutte plus résolue contre le changement climatique et sur la réduction de l'exposition des groupes vulnérables à la chaleur. "En période de chaleur extrême, il est important que les personnes âgées, en particulier, soient dans des endroits plus frais", explique l'épidémiologiste. Selon M. Zurriaga, cette idée est directement liée aux problèmes liés à la pauvreté énergétique, car "les personnes qui ne disposent pas de ressources suffisantes pour disposer de mécanismes de refroidissement dans leur maison peuvent être plus exposées". Ce spécialiste insiste également sur "la lutte contre la comorbidité et les facteurs à l'origine de ces maladies cardiovasculaires et respiratoires, comme le tabagisme".

Pour le directeur des actions de santé de l'OMS, l'éducation sanitaire est essentielle : " Il est important de comprendre le risque de déshydratation en cas de chaleur. L'expert conclut que "beaucoup de choses devraient et peuvent être faites en matière de prévention".

Cet article a été traduit à l'aide de l'intelligence artificielle

https://www.francetvinfo.fr/#xtor=EPR-555-[newsletterquotidienne]-20221105&pid=726375-1535047208-be45da26

"Si la température globale augmente de trois degrés, en Espagne seule la corniche cantabrique serait habitable"

Question : Pourquoi ce rapport du GIEC a-t-il fuité ?

Réponse : Les scientifiques qui travaillent au GIEC l’ont divulgué parce qu’ils en ont assez. Ces rapports, avant d’être rendus publics, doivent être approuvés par une sorte de comité politique composé de représentants de tous les pays de l’ONU. Ce qu’ils font, c’est décanter les conclusions. Si vous faites une fourche dont la température moyenne monte entre 1,5 et 5 degrés, ils restent toujours du côté de 1,5.

Il y a une certaine lassitude, mais pas seulement, il y a aussi des inquiétudes, parce que chaque fois qu’il y a une nouvelle révision, les prévisions vont toujours pire parce qu’aucune mesure n’est prise.

Nous aurions deux degrés d’augmentation de la température moyenne de la Terre garantis au milieu du siècle et à trois à la fin. C’est une bêtise. La seule chose qui peut arrêter les émissions et nous sauver la peau est le pic de la production de pétrole.

Q : Qu’est-ce qu’une augmentation de la température moyenne de trois degrés impliquerait?

R : Avec deux degrés d’augmentation de la température mondiale, en été en Espagne, des températures de 50 degrés seraient habituelles, car ici la hausse est plus grande que la moyenne mondiale. Une augmentation de trois degrés au niveau mondial signifierait qu’ici, on dépasserait les 60 degrés. Et 60 degrés, c’est incompatible avec la vie.

Un scénario de hausse de trois degrés ferait en Espagne la seule zone habitable réellement serait la corniche cantabrique et ses environs. Le reste serait inhabitable, à l’exception d’une partie des Pyrénées.

Q : Quand est-ce que nous devrions atteindre le pic pétrolier?

R : C’est du passé. C’était en 2018. Nous n’allons pas remonter parce que les compagnies pétrolières réduisent leurs investissements. Repsol est en train de fermer le département d’exploration de nouveaux gisements et a réduit de 90 % ses investissements dans la recherche de nouveaux gisements depuis 2014. Naturgy fait des mouvements similaires. Toutes les compagnies pétrolières se désinvestissent au niveau mondial. Sur l’ensemble de la planète, les compagnies pétrolières ont désinvesti 60% depuis 2014. Elles ne cherchent plus parce que la production de pétrole n’est pas rentable.

Cela a entraîné une stagnation de la production de diesel et une tendance à la baisse depuis 2015. Ceci, avec un changement dans la réglementation maritime, fait qu’il y a beaucoup de pression et de demande sur le diesel. Cette année, il y a une hausse brutale des coûts du transport maritime, qui a triplé

Le plus gros problème qui nous attend en automne concerne l’approvisionnement alimentaire, car la pénurie de diesel affecte les machines agricoles et les transports. En outre, il y aura des problèmes d’approvisionnement en gaz surtout en Europe, car le gaz atteint également son maximum. Un automne chaud est en préparation.

Cela explique en partie le renchérissement de l’électricité, qui augmente parce que le gaz est à des prix maximaux. Ce problème persistera, même si la demande d’électricité diminuera en automne et si les prix baissent.

(extraits d'une interview d'Antonio Turiel)

 

Pourquoi les tourments de la monarchie espagnole concernent aussi la France

Si Felipe VI était le dernier roi d'Espagne, il deviendrait par la même occasion le dernier représentant de l'Ancien Régime de France. Rappel historique.

La monarchie espagnole est le dernier fantôme de Louis XIV. C'est pourquoi son sort importe. Depuis le mois de mars, la famille royale est à nouveau critiquée. L'ancien roi, Juan Carlos, aurait dissimulé sur un compte en Suisse plus de 100 millions d'euros versés par l'Arabie saoudite. Depuis quinze ans, les Bourbons sont les protagonistes de scandales financiers qui sont autant d'arguments utilisés par leurs (très) nombreux détracteurs. Felipe VI n'est pas seulement en voie d'être le dernier roi d'Espagne, mais aussi de devenir l'ultime avatar de l'Ancien Régime en France.

En 1700, le roi d'Espagne et dernier représentant de la dynastie des Habsbourg, Charles II, meurt sans héritier et il a désigné, pour lui succéder, le petit-fils de Louis XIV, Philippe. Les puissances européennes jugent inacceptable une telle expansion du royaume et exigent du nouveau monarque de la péninsule ibérique qu'il renonce à ses droits en France afin de garantir la séparation entre les deux pays et ainsi d'empêcher la création d'une sorte d'empire franco-espagnol. Le Roi-Soleil refuse et provoque même ses adversaires en occupant, dès le mois de février 1701, les Pays-Bas espagnols.

 
 
 

 

C'en est trop. En septembre de la même année est signé le traité de la « Grande Alliance », au terme duquel l'Europe se ligue contre Versailles. En mai 1702, l'Angleterre, les Provinces unies et l'Autriche déclarent la guerre à la France et au nouveau roi des Espagnes, Philippe V. Malgré une résistance exemplaire des armées du Roi-Soleil et de belles victoires, la disproportion des forces est grande. En 1706, la France est battue à Ramillies (actuelle Belgique) et à Turin (actuelle Italie). Deux ans plus tard, Louis XIV demande la paix. Les alliés exigent la renonciation au trône d'Espagne de la part de son petit-fils.

Même si ses soldats sont épuisés et son pays ruiné par le conflit, le roi refuse ces conditions humiliantes, il en appelle à son peuple, duquel il sollicite une participation à l'effort de guerre. Comme l'a montré Christophe Tardieu dans Quand la France est au pied du mur (Éditions du Cerf, 2019), la réaction de Louis XIV, pour être noble, n'en était pas moins inquiétante. Avec quoi allait-il combattre ? La situation s'aggrave en 1709. Un hiver d'une rigueur sans précédent provoque ruines et famines. Les armées autrichiennes et anglaises envahissent le territoire, affrontent les régiments commandés par le maréchal de Villars à la bataille de Malplaquet en septembre 1709. En dépit du rapport de force défavorable, les troupes françaises parviennent à contenir les alliés et, au terme d'une résistance héroïque et d'une retraite exemplaire, empêchent l'ennemi de progresser.

Dans le même temps, en Espagne, Philippe V gagne deux batailles décisives à Brihuega et Villaviciosa en décembre 1710. Deux ans plus tard, le 24 juillet 1712, à Denain (nord de la France), le maréchal de Villars remporte une victoire inespérée, ne disons pas miraculeuse, laquelle autorise Louis XIV à prendre à nouveau l'initiative. Ces succès militaires et les pertes extravagantes des alliés permettent au roi de négocier une paix honorable en 1713. En avril est signé le traité d'Utrecht. Au terme duquel les droits du petit-fils de Louis XIV à régner sur l'Espagne sont confirmés, à condition qu'il renonce au trône de France. Si Louis XIV parvient à sauver l'honneur de sa famille, il renonce à son dessein qu'on pourrait qualifier d'impérial : la France et l'Espagne ne constitueront jamais un même pays. Quant à l'Autriche et à sa dynastie insolente, les Habsbourg, en renonçant à l'Espagne, elle perd un pays sur lequel elle régnait depuis Charles Quint. Le traité d'Utrecht aura aussi une fonction inattendue. En renonçant au trône de France pour lui-même et pour ses descendants, Philippe V, sans le savoir, nuira aux Bourbons.

Pour s'en rendre compte, il faut attendre plus de cent ans. En 1830, Charles X (Bourbon), frère de Louis XVI, quitte le pouvoir. Louis-Philippe, issu de la branche des Orléans, devient roi des Français. Il sera le dernier monarque de France. Depuis, les Orléans, représentés aujourd'hui par le duc de Vendôme, Jean d'Orléans, se considèrent comme les prétendants légitimes au trône. S'opposent à eux les « légitimistes », qui ne reconnaissent pas la branche des Orléans et soutiennent le prétendant espagnol à la couronne de France, Louis de Bourbon, virtuellement Louis XX. D'après les partisans de ce dernier, le traité d'Utrecht ne serait pas constitutionnel. Autrement dit : rien n'empêcherait un roi espagnol de régner sur la France. Oubliant au passage qu'il n'y avait, en 1713, aucune Constitution en France. Si le droit conforte les prétentions des Orléans, le chic, lui, commande de soutenir la maison de Bourbon.

L'histoire ressemble à la vie : on la divise pour rationaliser son fonctionnement. Pour être indispensable, cette organisation est néanmoins artificielle. Il n'y a plus de monarchie en France, c'est bien ainsi. Cela étant, le pays sur lequel régnait Louis XIV n'était pas un autre que le nôtre. Si nous ne sommes plus des sujets, nous sommes encore des Français dont la grandeur dépend pour beaucoup de l'ancienneté. La continuité n'est pas une idéologie, mais un fait. Voilà pourquoi, par un mouvement de vanité et d'orgueil, on ne pense pas sans peine à la disparition d'un vestige du Grand Siècle.

Publié le | Le Point.fr
 

Espagne: 1/3 des salariés gagnent moins de 645 euros par mois

 

 

 

Sur un total de 16,68 millions de salariés, 34% ont touché l'équivalent du salaire minimum qui est de 645 euros mensuel, payé sur 14 mois, soit 9.030 euros par an, révèlent ces chiffres publiés jeudi sur son site web. Dans le cas de 3,6 millions d'entre eux, le salaire mensuel n'a pas dépassé 322,5 euros.

La proportion de salariés vivant du salaire minimum a augmenté avec la crise économique puisqu'en 2007, elle n'était que de 30%. Les femmes, les jeunes et les étrangers sont particulièrement touchés par ce phénomène. L'an dernier, 2,92 millions de femmes étaient payées au salaire minimum ou moins, contre 2,84 millions d'hommes, selon l'agence fiscale espagnole. 75% des jeunes âgés de 18 à 25 ans touchent le salaire minimum ou moins. La proportion est 59% parmi les salariés étrangers. Avant même la grave crise qui a éclaté en Espagne en 2008 existait la génération des "mileuristas", des salariés trentenaires bardés de diplômes mais ne gagnant pas plus de 1000 euros par mois. Avec l'explosion du nombre de chômeurs, un certain nombre d'entre eux sont allés chercher fortune dans d'autres pays européens, comme la France et l'Allemagne, ou en Amérique latine. Si le taux de chômage est particulièrement élevé chez les jeunes, à 55,06% en 2013, ils ne sont pas les seuls à en souffrir puisque le taux de chômage total est passé de 8,57% en 2007 à 25,73% l'an dernier. Le gouvernement conservateur espagnol espère le voir redescendre à 24,2% à la fin de cette année et à 22,2% fin 2015.


Belga

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