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Publié le par ottolilienthal

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Vendre son logement sans agence : pourquoi l’économie peut coûter cher...

Économiser les frais d’agence peut faire gagner plusieurs milliers d’euros. Mais derrière cette promesse séduisante, de nombreux particuliers découvrent une réalité plus technique et plus stressante que prévu.

10 000, 15 000, parfois 20 000 euros : c’est le montant que certains vendeurs espèrent conserver en se passant d’agence. À hauteur de 3 à 5% de la valeur du bien, les honoraires représentent une somme conséquente. Un argument suffisant pour qu’environ un tiers des Français choisissent de vendre sans intermédiaire.

Vincent, 43 ans, cadre dans l’informatique, en faisait partie. Après avoir hérité d’un trois pièces dans le 15ᵉ arrondissement de Paris, il décide de vendre sans agence. «Je ne voyais pas pourquoi je paierais des frais. À Paris, les biens partent vite.» Il fixe son prix en comparant les annonces du quartier. Les visites démarrent, mais les offres ne suivent pas. «Je ne savais plus si les acheteurs négociaient ou si je m’étais trompé.»

La difficulté d'identifier le juste prix

Cette hésitation n’est pas anodine : 37% des vendeurs ayant opté pour une vente de particulier à particulier reconnaissent avoir eu du mal à fixer le juste prix, selon une étude menée par l’institut Selvitys pour le réseau immobilier Iad.

La question administrative constitue l’autre point de friction. Près de trois vendeurs sur dix disent avoir rencontré des difficultés pour réunir les documents obligatoires, organiser les diagnostics ou maîtriser les aspects juridiques de la transaction. Vincent en a fait l’expérience. «Entre les diagnostics, la succession et les échanges avec le notaire, je passais mes soirées dessus, ça devenait un deuxième travail.»

Le prix de l’économie

Au bout d’un an, après plusieurs baisses successives, il accepte une offre inférieure d’environ 8% à son objectif initial. «J’ai économisé les frais d’agence, mais j’y ai laissé beaucoup d’énergie… et sans doute une partie du prix.» Son parcours n’a rien d’isolé. 85% des particuliers ayant vendu sans intermédiaire déclarent avoir rencontré au moins une difficulté. Le stress arrive en tête (73%), devant le temps consacré (63%), un coût invisible que peu de vendeurs anticipent.

Le résultat financier constitue une autre déception : 59% estiment ne pas avoir obtenu le prix espéré et 58% jugent la vente plus longue que prévu. Autrement dit, l’économie attendue ne se traduit pas toujours dans le prix final, alors même que 60% voulaient avant tout réduire les honoraires.

Le paradoxe est frappant. Si beaucoup souhaitent éviter un intermédiaire, 60% reconnaissent pourtant que la qualité de la négociation constitue l’un des principaux atouts d’un professionnel. Or c’est précisément là que se joue souvent l’écart entre prix espéré et prix signé.

La pertinence d’une vente sans intermédiaire dépend du marché local et des caractéristiques du bien. Un appartement standard dans une grande métropole demandée pourra s’y prêter. À l’inverse, un bien atypique ou un marché détendu rendront la transaction plus risquée.

Eva Pelletier, Journaliste web
Publié le
https://www.capital.fr/immobilier/vendre-son-logement-sans-agence-pourquoi-leconomie-peut-couter-cher-1524203

Bureaux à louer. Une pancarte, symptôme le plus visible d’une crise de l’immobilier de bureaux qui dure en Île-de-France et fracture la région parisienne entre un cœur parisien sous pression et une périphérie qui s’enfonce. Dans le prolongement d’une année 2025 difficile, 2026 s’annonce encore médiocre.

Des fractures territoriales de plus en plus marquées

À plus de 6 millions, le nombre de mètres carrés de bureaux vides en Île-de-France atteint un record. En trois ans, il a bondi de 45%, signe que la demande ne suit ni les libérations de surfaces ni les nouvelles livraisons. Résultat : les bureaux neufs concentrent près d’un tiers des surfaces vacantes, dont près de 30% sont inoccupées depuis plus de quatre ans. Le taux de vacance est ainsi passé de 5 à près de 10% entre 2019 et 2024, pour atteindre plus de 11% fin 2025. Le seuil de 7%, considéré comme nécessaire pour assurer la fluidité du marché, est largement dépassé.

Avec d’importantes disparités selon les territoires. Les taux dépassent 30% en périphérie de La Défense (Nanterre, Rueil-Malmaison, Puteaux, Courbevoie, etc.) et en première couronne nord (Aubervilliers, Saint-Denis, Saint-Ouen…). Ces deux secteurs affichent plus de quatre années de demande placée en stock. La Défense est repassée de son côté sous les 15%. Quant aux quartiers les plus recherchés de Paris, c’est-à-dire le quartier central des affaires et l’Ouest parisien, le taux se
stabilise autour de 6%.

Un ajustement des loyers qui se fait par des voies détournées


Le reflux des mises en chantier devrait limiter les nouvelles livraisons cette année, mais la frilosité persistante de la demande laisse présager la poursuite d’une situation de sur-offre. Face à ces conditions de marché difficiles pour les bailleurs, les premiers signes de détente des loyers faciaux apparaissent sur les biens de seconde main, avec une baisse de 5% entre fin 2024 et fin 2025. Ils restent en revanche stables pour les biens neufs ou restructurés. Compte tenu de la profondeur de la crise, ces ajustements peuvent paraître modestes. Mais c’est une illusion. L’ajustement se fait ailleurs. Franchises de loyers, prise en charge des travaux de rénovation, participation aux frais de déménagement : les mesures d’accompagnement explosent. Elles dépassent désormais 30% du loyer facial, un niveau historiquement élevé. Cette pratique permet aux propriétaires de maintenir des loyers élevés, indexés sur une assiette haute, et de préserver la valorisation des immeubles.

Une demande durablement fragilisée malgré quelques signaux d’accalmie

Mais elle reste un cache-misère pour un marché pris en étau, avec d’un côté une offre qui gonfle et de l’autre une demande placée qui se grippe. La location et les ventes aux occupants se sont établies à moins de 1,65 million de m² l’an dernier, soit leur niveau le plus bas depuis 20 ans hors parenthèse Covid. La demande est prise en étau avec d’un côté des facteurs structurels persistants : sièges sociaux en cure d’amaigrissement ; banalisation du télétravail réduisant les besoins en surface ; émergence de la semaine de quatre jours. À cela s’ajoute une conjoncture dégradée, marquée par une faible croissance et une accumulation des faillites, avec des répercussions sur les surfaces remises sur le marché. S’y est également ajoutée une instabilité politique génératrice d’un fort attentisme.

Les effets structurels devraient toutefois commencer à s’épuiser, tandis que certains facteurs conjoncturels seront moins pénalisants cette année : les défaillances, bien qu’encore élevées, devraient refluer, et l’incertitude politique s’atténuer malgré l’approche des élections municipales et présidentielles. De quoi amorcer un redressement de la demande, trop limité toutefois pour rééquilibrer le marché et tourner définitivement la page à l’une des pires crises de l’immobilier de bureaux en région parisienne.

 
Alexandre Mirlicourtois
https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-Immobilier-de-bureaux-l-Ile-de-France-au-bord-de-la-rupture_

Publié le jeudi 05 février 2026

Les taux de crédit immobilier vont continuer d'augmenter en 2026 et 2027...

Selon les estimations publiées ce mardi par l'Observatoire Crédit Logement/CSA, table sur une hausse à 3,55 % au quatrième trimestre 2026.

Les crédits immobiliers vont coûter plus cher aux nouveaux emprunteurs en 2026 et 2027, selon les estimations publiées ce mardi par l'Observatoire Crédit Logement/CSA, conséquence du contexte économique incertain et d'acteurs bancaires attentifs à leurs marges. « Nous sommes sur deux années en cours et à venir qui sont des années de remontée des taux des crédits », a déclaré Michel Mouillart, professeur d'économie chargé de la présentation de cette étude, lors d'une conférence de presse en ligne.

L'Observatoire Crédit Logement/CSA, qui a mesuré un taux de crédit moyen à 3,14 % en décembre 2025 (hors assurance et frais annexes), table sur une hausse à 3,55 % au quatrième trimestre 2026 (pour 3,41 % de moyenne annuelle) et à 3,95 % au quatrième trimestre 2027 (pour 3,60 % de moyenne annuelle). La remontée des taux a débuté à la rentrée 2025, après des points bas à 3,06 % atteints en juin et en août. « La réalité économique qui s'impose aux établissements de crédit les a conduits à [...] rajuster les coûts des crédits [et] augmenter les taux des emprunts », a décrit Michel Mouillart.

Les établissements bancaires français sont dépendants du taux d'emprunt de leur pays, puisqu'ils empruntent sur les marchés à un coût proche une partie de l'argent qu'ils prêtent ensuite aux particuliers et aux entreprises. Or, le coût de la dette française a atteint en fin d'année 2025 des niveaux historiquement élevés, plus vus depuis près de 15 ans.

« Le marché du crédit demeure difficilement accessible »

Conséquence du pouvoir d'achat immobilier sous pression, la durée moyenne des crédits immobiliers frôle les 21 ans, une durée longue jamais enregistrée par l'Observatoire depuis sa création il y a près de vingt ans. Cette durée (250 mois précisément) approche désormais de la limite maximale autorisée par la Banque de France et le ministère de l'Economie, fixée à 25 ans. Si la hausse des prix de l'immobilier – mesurée à +0,8 % l'an dernier selon les dernières données de la Fnaim, publiées la semaine dernière –, se poursuit, deux conséquences sont à prévoir, selon Michel Mouillart.

Soit la part des mensualités dans les revenus des emprunteurs va augmenter, soit « l'autre possibilité, qui est à craindre, c'est la réduction » du nombre d'emprunteurs. « Le marché du crédit demeure difficilement accessible pour une grande partie des ménages », écrivait mercredi dernier la Fnaim, constatant un « accès au financement [...] majoritairement réservé aux ménages les plus aisés ».

La rédaction avec AFP

https://www.leprogres.fr/economie/2026/01/20/les-taux-de-credit-immobilier-vont-continuer-d-augmenter-en-2026-et-2027

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Du jamais-vu : la superficie des bureaux vides atteint 6,2 millions de m² en Île-de-France...

Les bureaux franciliens se vident de plus en plus, atteignant le record de 6,2 millions de m² vides. Cela représente plus de 10% du parc immobilier dans le secteur de l’entreprise. Cette tendance s’observe depuis 2020, année de la pandémie de Covid-19 et de l’expansion du télétravail. Pourtant, les investissements continuent d’augmenter

Les bureaux sont vides à Paris et en Île-de-France. Selon BFMTV, le premier parc tertiaire d’Europe aurait 6,2 millions de m² non occupés fin 2025. Cela représente une hausse de 11% sur un an et surtout 1,7 fois la superficie du quartier d’affaires de La Défense (3,7 millions de m²). C’est un nouveau record pour la région parisienne, avec une tendance qui évolue depuis 2020. En 2019, 3,3 millions de m² étaient vacants. Aujourd’hui, c’est presque deux fois plus. Cette tendance intervient donc après l’épidémie de Covid-19 et l’expansion du télétravail, ainsi que l’arrivée massive d’espaces de coworking.

«Le marché des bureaux en Île-de-France a clairement touché un point bas en 2025», confirme Olivier Taupin, directeur Bureaux et logistique France de Cushman & Wakefield. D’autant que ce phénomène, qui était bien plus important en périphérie de Paris, touche maintenant la capitale. Le «triangle d’or» (avenue des Champs-Élysées, avenue Montaigne et avenue Georges-V, VIIIe arrondissement) est également impacté.

Un investissement à la hausse

Pourtant, l’investissement dans ce secteur est à la hausse. Les projets neufs se multiplient, avec notamment la livraison à venir de la Tour Triangle (porte de Versailles, XVe arrondissement) qui accueillera 70.000 m² de bureaux. Dans les prochaines années, on devrait atteindre les 10 millions de m² de bureaux inoccupés, «soit l’équivalent de 10% de la superficie de la ville de Paris», explique la sociologue Marine Dubos dans Immobilier hors sol (Raisons d’Agir, 2025). Pourtant, les investissements ont augmenté de 44% en 2025, atteignant les 8,4 milliards d’euros rien qu’en Île-de-France.

Philippine Rouviere Flamand
Publié le
 
https://www.capital.fr/immobilier/du-jamais-vu-la-superficie-des-bureaux-vides-atteint-62-millions-de-m-en-ile-de-france-1522680?utm_source=firefox-newtab-fr-fr

 

La filière immobilier-construction va-t-elle enfin relever la tête en 2026 ? Le doute subsiste, tant le cadre politique, économique, financier et fiscal continue de freiner toute dynamique de reprise durable. Peu d’espoir, en effet, de voir l’incertitude politique se dissiper, d’autant que l’année sera animée par les élections municipales. Quant à la fiscalité, entre la hausse des droits de mutation à titre onéreux (les frais de notaire, en langage courant) en 2025 et le relèvement, en cours et à venir, de la taxe foncière, les ménages ont intégré que l’immobilier faisait office de vache à lait, et l’état des finances publiques n’est pas de nature à les rassurer.

Des ménages durablement sur la défensive

La confiance reste nettement inférieure à sa moyenne de long terme, les inquiétudes sur l’avenir demeurent élevées et les ménages adoptent une posture défensive. Jamais le solde d’opinion relatif à l’opportunité d’épargner n’a atteint un tel sommet depuis 1972, l’année où commence la série. À ces difficultés s’ajoute le durcissement de l’environnement financier. Certes, les taux directeurs à court terme baissent. Mais l’incertitude politique et budgétaire pousse les rendements obligataires français à long terme à des niveaux élevés, au plus haut depuis la crise de l’euro, renchérissant indirectement le financement des banques et, par ricochet, le coût des crédits immobiliers.

Le crédit immobilier entre dans une nouvelle phase de tension

Les banques, qui ont un temps retardé leurs ajustements, vont inévitablement relever leurs taux de crédit : la décrue est terminée, et la remontée programmée, de 20 à 30 points de base. Face à cet environnement, les candidats à l’achat risquent encore de se faire rares. Premier indice : les intentions d’acquisition d’un logement dans les deux années à venir se replient à nouveau. Second indice : la progression de la production de nouveaux crédits à l’achat connaît des ratés ; le dynamisme du marché s’affaiblit.

La construction neuve toujours en grande difficulté

Le segment de la construction neuve reste dans une situation délicate, principalement sur sa composante investissement locatif. La dernière mouture du très attendu nouveau statut du « bailleur privé » a fortement déçu les professionnels. L’impossibilité, notamment, d’imputer sur le revenu global le déficit foncier lié à l’amortissement, ainsi que le niveau élevé des contraintes, ne sont pas assez incitatifs. En outre, même révisés, les plafonds et planchers du PTZ n’auront pas suivi l’évolution des prix au cours des dix dernières années. Ces mesures peuvent soulager, mais pas résoudre la crise en profondeur. Les mises en chantier ont bien repris quelques couleurs en 2025, mais les permis de construire, indicateur avancé de l’activité, tanguent à nouveau. Il sera difficile d’espérer beaucoup plus de 300 000 mises en chantier cette année, avec comme principal moteur l’accession à la propriété.

Un marché de l’ancien en sursis, une crise du logement non résolue

Côté ancien, les volumes se sont redressés, mais, comme dans le neuf, l’investissement locatif souffre d’un manque de rentabilité, notamment en raison de l’encadrement des loyers dans de nombreuses municipalités et de la hausse de la taxe foncière. Le sursaut de 2025 ne devrait pas aller plus loin : les ventes se replieraient, pour néanmoins atterrir au-dessus de 900 000 transactions, un niveau proche de la moyenne de long terme. Les prix suivront le mouvement : en hausse dans le neuf (augmentation des coûts de construction obligent), en léger repli dans l’ancien, de l’ordre de 0,5%. Des micro-ajustements pour 2026, une année grise, plus ou moins foncée, une fois encore. Une année durant laquelle la pénurie de logements ne sera pas traitée. Une véritable bombe à retardement.

 
Alexandre Mirlicourtois
https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-A-quoi-faut-il-s-attendre-pour-l-immobilier-en-2026

Publié le jeudi 08 janvier 2026

Un récit s’est imposé dans le débat économique : le rendement du capital a connu une ascension fulgurante ces 15 dernières années. Les preuves seraient évidentes : triplement du CAC 40, immobilier devenu « hors de prix » et patrimoines gonflés à bloc. Le point de départ de l’analyse demeure toujours la même année, 2009, c’est-à-dire au plus profond de la grande récession. C’est trompeur, voire fallacieux, car si l’on utilise les bonnes bases — celles d’avant la crise, pas celles du fond du gouffre — l’histoire devient méconnaissable.

Et ce qui est présenté comme un enrichissement n’est en réalité que le haut d’un cycle… juste avant le prochain retournement. En 2007, le CAC 40 vaut plus de 6 100 points et l’immobilier atteint des sommets historiques. C’est là que devrait commencer toute analyse honnête. Mais tous les graphiques présentés, tous les commentaires effectués commencent en 2009, où tout était écrasé : 2 750 points pour le CAC, marché immobilier en dépression.

Une hausse qui n’est qu’une réparation mécanique

En partant de 2009, le CAC semble en effet multiplié par plus de 3 et l’immobilier en hausse de 30 à 40%. Mais il ne s’agit pas d’une tendance mesurée : c’est une chute suivie de sa réparation mécanique. En changeant simplement de perspective — c’est-à-dire en prenant l’ensemble de 2007 comme année de référence et la moyenne du CAC 40 de janvier à novembre 2025 — la hausse atteint 37%, soit un rythme annuel d’environ 1,7%. Mais il ne s’agit là que d’une progression nominale. Une fois l’inflation retranchée, le rendement réel s’effondre : moins de 2,5% sur l’ensemble de la période, ce qui revient à… 0,1% par an. Même en pleine séquence haussière, le rendement réel est proche de zéro.

Un indice artificiellement rajeuni

De surcroît, l’indice est dopé par la sélection naturelle. Le CAC ne reflète pas un portefeuille réel : les perdants sortent (Alcatel-Lucent, Dexia, Vallourec et tant d’autres…), les survivants restent (Accor, Air Liquide, Schneider, LVMH…), les nouveaux champions entrent (Dassault Systèmes, Hermès, Safran, Thales…). C’est un indice constamment rajeuni. Et malgré ce biais systématique, il ne bat même pas l’inflation depuis 2007.

Un immobilier qui ne montre que ses gagnants

Le même effet de composition joue aussi dans l’immobilier, qui sélectionne également ses gagnants : – les biens médiocres ne se vendent plus, – le neuf tire les prix vers le haut, – les passoires thermiques disparaissent des transactions. Les statistiques ne reflètent que les biens désirables. Le vrai bilan de l’immobilier, ce sont des plus-values réelles négatives de 7% sur l’ensemble de la période. Là encore, le miracle s’évapore.

Le CAC 40 élimine les entreprises faibles. L’immobilier élimine les logements faibles. Dans les deux cas, l’indice final ne montre que les gagnants… et pourtant, le rendement réel reste mauvais. Nous ne vivons pas une phase d’enrichissement, mais le sommet d’un cycle. Ce que l’on présente comme une envolée du capital est simplement le rebond qui suit chaque crise, comme en 2000, comme en 2007, comme en 2021.

 
Alexandre Mirlicourtois

Publié le mardi 09 décembre 2025

https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-Plus-values-immobilier-capital-la-realite-des-chiffres

Il y a urgence à relancer la promotion immobilière. Après une année 2024 catastrophique, 2025 s’annonce plus sombre encore. Les ventes de logements ont continué de s’enfoncer sur les 9 premiers mois de l’année avec à peine plus de 63 000 réservations enregistrées, soit près de moitié moins qu’en 2019. À la racine de cette débâcle, la quasi-disparition des investisseurs particuliers du marché. Le segment du locatif s’est effondré de 84% par rapport à la période pré-Covid.

En cause : la fin du dispositif Pinel, déjà moins avantageux que ses prédécesseurs (Duflot, Périssol, Besson, Robien, Borloo, Scellier), qui a entamé la rentabilité des opérations. À cela s’ajoute une incertitude fiscale persistante, nourrissant la conviction que l’immobilier reste la vache à lait des finances publiques. Seule bonne nouvelle : les ventes aux propriétaires occupants se sont stabilisées, grâce à l’élargissement des prêts à taux zéro et à la baisse des taux des crédits à l’habitat (le mouvement s’est cependant inversé depuis peu). Mais le compte n’y est pas.

Des stocks qui gonflent et un marché qui se grippe

L’offre a été ajustée… mais pas totalement. Résultat : le délai d’écoulement des stocks atteint de nouveau près de 19 mois, soit un niveau bien supérieur aux standards qui prévalaient avant la crise sanitaire. Dans des villes comme Rennes ou Lille il dépasse 2 ans et atteint des seuils alarmants à Rouen, Grenoble ou Orléans. Le danger est là : un enchaînement mortifère menace tout l’écosystème.

La problématique est triple.

1 – Une partie des professionnels reste encore engagée dans le remboursement de prêts garantis par l’État contractés pendant la crise sanitaire.

2 – Un programme qui ne se vend pas assez vite devient un piège à liquidités. Le promoteur, endetté pour financer son opération, doit rembourser son prêt sans avoir encaissé toutes ses ventes et se retrouve contraint de reprendre un nouveau crédit, plus coûteux encore dans un contexte de taux en hausse.

Enfin, 3 beaucoup sont aujourd’hui doublement endettés : d’un côté pour financer leurs opérations, de l’autre pour réunir les 30% de fonds propres exigés par les banques.

Faute de trésorerie, ces apports ont été levés via du financement participatif ou de la dette obligataire. Résultat : des promoteurs endettés à 100%. Cette mécanique infernale tourne déjà. Pas étonnant que les promoteurs broient du noir et s’ajustent.

Un secteur qui s’impose des sacrifices

À peine plus d’un sur deux envisage la mise à l’étude de nouveaux programmes, soit un niveau très en deçà de sa moyenne de long terme. Réduire les effectifs fait également partie de la panoplie : l’emploi salarié dans la profession est passé de 31 600 à 24 500 en moins de trois ans, une saignée de 22%, et une perte de compétences considérable.

Pour les plus grands promoteurs, l’heure est à la vente des bijoux de famille pour récupérer des fonds : Nexity a cédé son activité de syndic, Altarea a vendu trois plateformes logistiques pour se renflouer. Mais cela pourrait ne pas suffire. Dans ce cas, la défaillance est au bout du chemin — pas encore pour les plus grands, mais déjà pour les acteurs de taille moyenne.

Une vague de défaillances qui annonce le pire

107 promoteurs immobiliers ont fait défaut au 3e trimestre, soit un bond de plus de 45% sur un an. Près de 80% ont été liquidés, autrement dit rayés du paysage immobilier. Aucun grand nom n’est encore tombé, mais le risque est bien réel, avec une gradation des effets à attendre : séisme social pour les salariés, acheteurs laissés, entreprises sous-traitantes plombées, banques fragilisées.

Et, en bout de chaîne, la possible transformation de la crise immobilière en crise financière.

 
Alexandre Mirlicourtois

Publié le mardi 18 novembre 2025

https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-L-immobilier-angle-mort-de-la-prochaine-crise-financiere

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La construction neuve est en pleine déconfiture, le marché de l’ancien peine, lui, à se relever. Et, comme si cela ne suffisait pas, tous deux doivent composer avec la remontée inexorable des taux d’intérêt, l’incertitude politique persistante et un climat social dégradé qui paralysent les acheteurs.

En première ligne : constructeurs, promoteurs, agents immobiliers, mandataires. L’impact se propage bien au-delà, en amont : fabricants de matériaux, banques, courtiers, diagnostiqueurs sont directement touchés, mais il ne faut pas oublier que l’effet domino se poursuit ensuite en aval.

Les déménageurs, premiers témoins de la panne

C’est le cas des services de déménagement. Ils sont à l’intersection de deux forces : la mobilité résidentielle, elle-même liée au nombre total de transactions réalisées en France, mais aussi aux mouvements dans le parc locatif (social ou privé), dont l’un des déterminants renvoie à la fluidité du marché de l’accession. La boucle est bouclée.

Second élément à intégrer : le partage entre le faire soi-même (voire le travail au noir) et le recours aux professionnels. Pouvoir d’achat et prix du service entrent en ligne de compte, tout comme l’importance des volumes à transporter ou la distance à parcourir. L’évolution du chiffre d’affaires des professionnels du déménagement dévoile bien une situation sous tension.

L’effet domino s’étend à tout l’habitat

En périphérie des services de déménagement, les garde-meubles ou les centres de self-stockage subissent les mêmes contraintes. Les autres filières dépendantes du couple immobilier-construction peuvent être rassemblées sous la même bannière du « monde de l’habitat », avec néanmoins de fortes nuances selon leur degré de dépendance aux transactions, mais aussi leur caractère plus ou moins arbitrable par les ménages, notamment dans un contexte de pouvoir d’achat tendu.

Parmi les principaux perdants, le bricolage. Fabricants et distributeurs encaissent le contrecoup du blocage de la mobilité résidentielle, qui s’accompagne généralement d’achats pour rénover, aménager et décorer les logements.

Bricolage, équipement et meubles à la peine

Il ne s’agit que d’un symptôme, mais les ventes en France de Mr Bricolage ont encore reculé de 4,2% au 1er semestre, après une année 2024 déjà difficile, et la pression s’accentue sur les marges. C’est à l’image de la profession, dont le chiffre d’affaires a plongé l’année dernière, sans espoir de rebond pour cette année.

Autres victimes, les spécialistes de l’équipement intérieur, avec cette ligne de fracture : les grosses pièces sont les plus pénalisées, à la fois parce qu’elles accompagnent généralement un changement de domicile et parce qu’elles pèsent très lourd dans le budget des ménages. Dans l’électroménager, la cassure est particulièrement marquée : les ventes ont plongé au 1er semestre dans l’électronique grand public et le gros électroménager, alors que, portées par l’apparition de nouveaux produits, elles demeurent dynamiques dans le petit électroménager.

Le meuble suit la même tendance. Les ventes sont en berne, le marché en recul depuis de nombreux mois. Canapés, fauteuils, banquettes, meubles de salle de bains, meubles meublants (comme le mobilier de chambre à coucher ou de séjour) ont tous connu un 1er semestre très difficile.

Les aménagements extérieurs s’ajoutent à la liste des perdants

Enfin, vient s’ajouter à une liste déjà longue les spécialistes des aménagements extérieurs : paysagistes, installateurs de terrasses, de portails, piscinistes, etc. Deux signes ne trompent pas : le premier, l’activité en volume des services d’aménagement paysager stagne, alors qu’il y a beaucoup de récurrence dans la profession, signe d’une demande en retrait pour de nouveaux projets.

Le second : selon l’IPEA, les ventes de mobilier de jardin auraient chuté de 5 à 10% au 1er semestre par rapport à la même période de 2024. La consommation est en panne en France, les difficultés de l’immobilier-construction l’explique en partie.

 
Alexandre Mirlicourtois

Publié le mardi 23 septembre 2025

https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-Les-effets-contagieux-de-la-crise-du-batiment-et-de-l-immobilier_

Ces « petits » propriétaires qui revendent par milliers leurs biens locatifs...

« C’est beaucoup trop de soucis pour peu de revenus » : ces « petits » propriétaires qui font le choix de vendre tous leurs biens locatifs (Source le Figaro ici).

Le niveau d’exaspération des propriétaires bailleurs a atteint un niveau jamais vu.

« L’immobilier était, pour eux, le meilleur des placements. La multiplication des contraintes et la hausse de la fiscalité changent la donne. Ils se défont des logements qu’ils louaient. Sans le moindre état d’âme.

Thierry a fait un choix radical en début d’année. Après mûre réflexion, ce Corrézien de 60 ans a décidé de se séparer de l’ensemble de son patrimoine locatif. Il a déjà vendu 5 de ses 15 logements. Et il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Tout ce patrimoine, patiemment constitué durant 25 ans et qui représente environ «2,5 millions d’euros», sera cédé. «Je ne veux plus m’emmerder, lâche l’entrepreneur. C’est vraiment beaucoup trop de soucis pour peu de revenus». Catherine, une Francilienne de 66 ans, fait le même constat concernant ses huit appartements, pour partie hérités de ses parents. Elle aussi a commencé à s’en débarrasser. «L’immobilier, ça ne paie plus et ce n’est pas une valeur sûre ! », tranche-t-elle. L’âge venant, Thierry comme Catherine ont entrepris un grand nettoyage.

Le désamour pour l’investissement immobilier a gagné du terrain ces dernières années. Depuis début 2023, les investisseurs ont déserté le marché, le plombant et obligeant le gouvernement à relancer les cogitations autour du statut de bailleur privé. Il s’agit de trouver les coups de pouce et avantages fiscaux qui les inciteraient à revenir, sans creuser davantage les déficits publics. «Dans le neuf, les ventes se sont effondrées, passant de 60.000 à 15.000 en 2024. Dans l’ancien, les achats effectués par des investisseurs ont diminué d’un tiers par rapport à 2022 et 2023. L’envie pour l’investissement locatif est en retrait marqué», rappelle Henry Buzy-Cazaux, président de l’Institut du Management des Services Immobiliers et expert reconnu du secteur.

Un autre phénomène semble se dessiner : des propriétaires de biens locatifs vont maintenant jusqu’à se défaire de tout leur patrimoine. Alors qu’ils ont le sentiment de ne pas avoir été épargnés ces dernières années, pas question pour eux de transmettre à leurs enfants des biens locatifs. Ce serait leur faire un cadeau empoisonné. « Attention à la lame de fond des ventes liées aux successions », met en garde Christophe Demerson, le président du think tank « 35 millions de petits propriétaires ». Lequel déplore « la stigmatisation » dont ont été victimes les propriétaires ces dernières années.

Joachim, 62 ans, est de ceux-là : il ne transmettra pas ses biens locatifs à sa descendance. Ce colleur d’affiches, qui s’en est sorti à la force du poignet, possède 13 logements, de 36 à 70 m² de surface, qu’il a toujours loués à des tarifs intéressants, par conviction mais aussi pour limiter un turn-over qu’il sait coûteux. Seulement voilà, il fait aussi partie de ces bailleurs désenchantés, perdus et agacés. Pas question d’embarquer ses enfants de 37 et 35 ans dans cette galère ! « Je ne veux pas les mettre dans l’embarras. L’immobilier est devenu tellement lourd à gérer », confie-t-il, dépité.

Il y a donc les parents récalcitrants. Mais il y a aussi – et plus souvent qu’on ne le pense – les enfants qui ne veulent pas à avoir à gérer des biens immobiliers. Pierre* est dans cette situation. Après avoir consacré 40 ans de sa vie à faire fructifier son patrimoine immobilier devenu au final très important, il aimerait voir son fils ou sa fille reprendre le flambeau. Ces derniers ne sont vraiment pas emballés. Ils ont vu leur père se démener pendant des décennies. Et encore plus ces dernières années. « Je ne me fais aucune illusion. Je sais ce qu’ils feront. Ils vendront ! J’ai essayé d’en parler. Mais ils ne m’ont pas répondu ». Même si Pierre* ne le dit pas clairement, l’option de la vente se pose désormais. »

Charles Sannat

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

 

La désillusion Airbnb par rapport à la location classique...

C’est un article du Figaro Immobilier (source ici) et qui revient sur le choix entre location classique et location de courte durée via Airbnb par exemple en nous partageant l’expérience d’Eléonore.

« Depuis septembre 2023, Eléonore loue donc son bien entre 45 et 55 euros la nuit. Pour l’aider, elle fait appel à une concierge qu’elle rémunère 25% du prix de la nuitée. « En 2024, j’avais entre 65 et 70 % de taux de remplissage. » Cela a permis à la jeune femme, aujourd’hui âgée de 31 ans, de générer un chiffre d’affaires de 11 664 euros cette année-là. « Sur le papier, c’est 76 % plus rentable qu’une location classique. Par exemple, si j’avais fixé un loyer mensuel de 550 euros, j’aurais pu espérer seulement 6 600 euros à l’année. »

« Mais Eléonore le confesse aujourd’hui, elle avait oublié de prendre un détail en compte : les charges. En 2024, elle a en effet déboursé 4 034 euros de conciergerie et de ménage et 1 605 euros d’électricité : « Le chauffage est tout le temps allumé, même entre deux clients », explique la propriétaire. En ajoutant Internet et l’eau, la jeune femme a déboursé 6 108 euros de charges en 2024. Sur les 11 664 euros de revenus bruts, il ne lui reste donc plus que 5 556 euros. Or, dans une location classique, il n’y a pas de frais de conciergerie. Les charges de chauffage et d’eau sont quant à elles à la charge du locataire, soit directement via des abonnements individuels, soit par des provisions sur charges pour les consommations collectives. L’abonnement Internet est également toujours à la charge du locataire. »

Finalement les locations courte durée ne sont rentables que si vous êtes dans de très grandes villes avec des prix de nuitées supérieures à 100 euros et que vous vous occupez vous même du ménage sans passer par un intermédiaire sinon il ne vous reste rien et encore ici la fiscalité n’a même pas été évoquée car il y a en plus de la fiscalité. Comptez d’ailleurs sur nos aimables législateurs pour rendre ce type de location de moins en moins rentable.

L’immobilier est toujours une solution pour créer du patrimoine mais il faut avoir conscience de toutes ces subtilités et il faut savoir naviguer à travers toutes ces complexités pour trouver un modèle économique et patrimonial rentable ce qui n’est jamais facile.

Charles SANNAT

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

« Notre locataire s’est placé en surendettement, ses 7 000 euros d'impayés ne nous seront pas remboursés »...

 

Une petite commune auvergnate a dû faire une croix sur plus de 7 000 euros d’impayés de loyer. Le locataire d’un logement communal a monté un dossier de surendettement. Avec, à la clé, l’effacement de sa dette locative.

Pour un propriétaire bailleur, recouvrer des loyers impayés relève souvent du parcours du combattant. Surtout si le locataire s’est placé en procédure de surendettement auprès de la Banque de France. Ce maire d’un village auvergnat, qui louait un logement communal à un couple, en a fait les frais. «Après une séparation avec sa femme, le monsieur est resté seul dans l’appartement. Au bout de quelques mois, il a cessé de payer le loyer. Comprenant que sa situation n’était pas simple, nous lui avons demandé de régler ce qu’il pouvait. Le loyer était de 450 euros par mois seulement…», relate l’élu à Capital.

Le dialogue s’avérant impossible, la commune a mandaté un commissaire de justice pour délivrer un commandement de payer au locataire. Mais «celui-ci est allé voir une assistante sociale afin de monter un dossier de surendettement», poursuit-il. La commission de surendettement ayant estimé que ce monsieur n'avait nulle chance de voir sa situation financière s’améliorer, via une vente immobilière ou un retour à l’emploi, par exemple, elle a effacé sa dette locative.

Recours contre la décision de la commission de surendettement

Résultat des courses, le village ne sera pas remboursé de 7 000 euros de loyers impayés. Et «le locataire demeure sans payer, ni le loyer ni les factures d’eau, dans un logement de plus de 100 mètres carrés, en plein centre, avec terrasse et jardin, que nous avions rénové !», s’indigne le maire. Un appartement qui profiterait davantage à une famille, se désole-t-il par ailleurs, soulignant que le village ne dispose pas de beaucoup de logements communaux. Il s’avoue d’autant plus amer que le locataire a déposé un deuxième dossier de surendettement, afin d’obtenir l’effacement des impayés de loyer qu’il a continué à accumuler durant la première procédure.

Un effacement que la commission de surendettement vient à nouveau de lui accorder. «Cette fois, nous avons pris un avocat, pour former un recours contre la décision de la commission. Nous sommes une petite commune de 1 000 habitants, on peut s’accommoder de loyers impayés pendant quelques mois mais pas pendant plusieurs années», s’inquiète le maire, également préoccupé par les coûts juridiques que ce recours va entraîner pour le village. «Démuni», il se dit «en colère», non seulement contre ce locataire «qui connaît bien les procédures» mais également contre des réglementations qu’il juge «plus favorables aux locataires qu’aux bailleurs»

Christine Lejoux Cheffe de service immobilier
 
https://www.capital.fr/immobilier/notre-locataire-sest-mis-en-surendettement-ses-7-000-euros-de-loyers-impayes-ont-ete-effaces-1510409

Dur-dur pour les candidats à la location dans le parc privé ! Selon la plateforme d’annonces immobilières Bien’Ici, l’offre a chuté de 50% tandis que la demande a explosé de 45% sur les trois dernières années ! Ces chiffres doivent être pris avec précaution. Il n’est pas nécessaire qu’une annonce soit publiée pour qu’un logement trouve preneur, les agents immobiliers croulant de clients en attente dans leurs fichiers. Ce déséquilibre témoigne d’un marché sous-alimenté faute de nouvelles offres.


Un désengagement de l'investissement locatif


Il y a d’abord un sérieux problème d’investissement locatif. Ce compartiment de marché est très sensible aux évolutions du cadre fiscal et réglementaire et, depuis 30 ans, ont défilé les dispositifs Quilès/Méhaignerie, Périssol, Besson, Robien/Borloo, Scellier, Duflot et enfin Pinel. Des aménagements qui ouvrent droit, sous conditions, à une réduction d’impôt. L’annonce de leur fin ou de leur remplacement est quasi-systématiquement génératrice de soubresauts. Mais là, rien. Le 31 décembre dernier, le clap de fin a été donné à la loi Pinel devenue moins avantageuse au fil du temps. Sans successeur annoncé, et c’est peu probable compte tenu de l’état des finances publiques, ce filon va s’épuiser. Cela a déjà été le cas en 2024, 2025 sera pire encore.


L'impact des locations touristiques de courte durée


À ce premier facteur s’ajoutent les répercussions de l’explosion des locations touristiques de courte durée. Elle est l’occasion d’une véritable bataille entre les municipalités et les plateformes (comme Airbnb, Booking, Abritel…) accusées de vampiriser l’offre disponible destinée aux résidents. Quelques données de cadrage permettent de mesurer l’ampleur du phénomène : 300 000 meublés touristiques étaient recensés en 2016 contre environ 1 million aujourd’hui. Une part de ces habitations est constituée de résidences principales, ainsi que de résidences secondaires louées occasionnellement via les sites spécialisés et ne sont donc pas destinées à la location longue durée. Selon Airbnb, il s’agit de 92% de l’offre. Resterait donc 8% qui seraient exclusivement dédiés à un usage comme location de tourisme, soit 80 000 logements à l'échelle du territoire. C’est probablement une fourchette basse, en outre c’est une moyenne or l’offre est concentrée donc capable de déstabiliser localement un marché. D’après les statistiques de la ville de Paris, 20 000 logements sont sortis du parc locatif traditionnel entre 2011 et 2016 dont la majorité a été transformée en locations touristiques. Dans plusieurs arrondissements, au centre et à l’ouest, les meublés de tourisme représentent jusqu’à 20% de l’offre locative globale.


Les conséquences des nouvelles réglementations


Il faut enfin intégrer les conséquences de la loi Climat et résilience. L’interdiction de la mise en location des passoires thermiques, puis le durcissement de la réglementation va progressivement concerner 5 millions de logements. Une partie des bailleurs ne pourra pas faire face aux coûts des travaux, ces logements seront sortis de la location pour être mis en vente.


Face à une offre asséchée, la demande reste dynamique. Aux facteurs traditionnels comme la pression démographique et l’évolution des modes de vie et de cohabitation, il y aussi les conséquences du décrochage de l’immobilier/construction sur le taux de mobilité ou de rotation dans le parc locatif. Faute de pouvoir devenir propriétaires, les locataires restent en place et ne libèrent pas leurs logements. S’ajoute enfin la faiblesse de l’offre dans le locatif social et son corollaire, l’explosion des délais d’attente qui pousse une partie de la demande à trouver refuge dans un parc privé pourtant déjà proche de l’asphyxie.

La question n’est plus de savoir si la crise du logement va s’aggraver en 2025, mais jusqu’où elle ira.

 
Alexandre Mirlicourtois
https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-L-effondrement-du-marche-de-l-immobilier-locatif

Publié le vendredi 07 février 2025

Secteur du BTP en crise, emplois supprimés... et si c'était pire qu'on ne le pense ?...

Le secteur du bâtiment se porte mal. En 2024, des milliers de postes ont été détruits en raison du ralentissement de l’activité de construction et de rénovation, conséquence de la crise immobilière. Les organisations professionnelles mettent en garde le gouvernement contre une future «catastrophe» pour le secteur si rien n’est fait pour stopper cette hémorragie.

À deux doigts de s’écrouler. Depuis maintenant plus de deux ans, le secteur du bâtiment souffre d’un net ralentissement de son activité lié à l'augmentation des coûts de construction et des taux de crédit immobilier, qui ont empêché nombre de ménages de concrétiser leurs projets d’achat immobilier. Ces 24 derniers mois, le nombre de permis de construire accordés pour de nouvelles constructions s’est effondré de plus de 30% selon le ministère de l’Aménagement du territoire et de la décentralisation.

Sur la seule année 2024, seuls 330 400 logements ont été autorisés à la construction, soit 12% de moins que l’année passée. Par ailleurs, 263 100 chantiers ont été commencés en 2024, soit 11,1% de moins que l’année passée.

La suppression de nombreux emplois dans le secteur du BTP

14 740 entreprises ont fait défaut en 2024 dans la construction neuve, ce qui menace plus de 45 000 emplois selon une étude de l’Observatoire BPCE. La Fédération française du bâtiment (FFB) parle même de 100 000 emplois détruits d’ici 2025, si la situation ne s’améliore pas. Interrogé par Capital, Jean-Christophe Repon, le président de la Capeb, la confédération de l’artisanat du bâtiment, évoque «14 000 sociétés qui ont mis la clé sous la porte en 2024» et «21 000 salariés» qui ont perdu leur emploi. Or les entreprises de moins de 10 salariés représentent «97% du tissu salarial dans le secteur du BTP», indique le président du syndicat. Il faut dire qu’en amont de la filière immobilière, 1 554 promoteurs et constructeurs de maisons individuelles ont été en situation de cessation de paiements en 2024, selon BPCE l’Observatoire.

Pour Jean-Christophe Repon, la situation est «inadmissible» et ce d’autant plus que «selon une étude de la Dares (Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques), pour tenir les ambitions (du pays) en matière de la rénovation énergétique, il faudrait 200 000 à 300 000 créations d’emplois en France». «Alors qu’on devrait embaucher, qu’on devrait avoir des difficultés de recrutement, on est en train de détruire l’emploi», avance-t-il.

Le budget 2025 attendu de pied ferme par le BTP

En cause, pour le patron de Capeb, outre des taux de crédit immobilier encore supérieurs à 3%, «l’instabilité politique», qui freine les Français dans leurs projets de construction et de rénovation. La dissolution de l’Assemblée nationale, la censure du gouvernement Barnier et le budget 2025 du pays qui tarde à être adopté ne rassurent pas les consommateurs. «Il faudrait réussir à avoir une certaine stabilité politique et un budget 2025 afin que les particuliers aient plus de visibilité et se lancent dans des travaux», affirme Jean-Christophe Repon.

Sans budget pour la France, Jean-Christophe Repon craint une «catastrophe» pour le secteur. «Si on doit refaire une année 2025 à -5 ou -6% de chiffre d'affaires, on détruira encore de l’emploi et à minimum sur la même volumétrie que celle de l’année écoulée», met-il en garde

https://www.capital.fr/immobilier/secteur-du-btp-en-crise-emplois-supprimes-et-si-cetait-pire-qu-on-ne-le-pense-1508786

 

pourquoi les propriétaires chinois bradent-ils leurs châteaux bordelais ?...

De nombreux propriétaires chinois revendent actuellement leurs domaines viticoles girondins. Certains tentent même de les brader. Sur près de 200 châteaux acquis, une cinquantaine sont à vendre à prix cassé.

La vague d’achats de châteaux bordelais par des investisseurs chinois semble terminée. De nombreuses propriétés sont même mises en vente par les anciens acquéreurs : une cinquantaine d’offres est disponible sur le marché. En quelques années, les investisseurs chinois ont déjà raflé près de 200 châteaux, plus que les Américains ou les Hollandais en leur temps, relaie TF1 Info. Aujourd’hui, si certains sont à vendre, d’autres sont même laissés à l’abandon par leurs propriétaires.

Le frère du propriétaire du domaine viticole de Pey Berland à Moulis-en-Médoc (Gironde) espère pouvoir revendre au plus vite, au prix cassé de 2,5 millions d’euros. «Maintenant, il y a de plus en plus de vignes en Chine. Pour vendre directement du vin aux Chinois, c’est moins cher. On a les machines pour produire le vin, fabriquer les bouteilles, tout ça… », a-t-il expliqué. Les aléas climatiques ont également pu refroidir les acquéreurs. Il faut plusieurs années à la vigne pour être totalement opérationnel.

Baisse de la consommation de vin en Chine

En 2017, le gouvernement chinois a décidé de bloquer tous les fonds destinés à quitter la Chine. Une décision qui a provoqué le départ de nombreux milliardaires chinois. Autre signal négatif : la consommation de vin en Chine est en forte chute selon l’OIV (l’Organisation internationale du vin), baissant de 15% en moyenne depuis le Covid et de 25 % rien qu'en 2023 .

Mi-mai, la justice a confisqué neuf châteaux acquis au début des années 2010 par le chinois Naijie Qu après sa condamnation pour blanchiment de détournement de fonds publics chinois et abus de biens sociaux. En août 2022, les châteaux Lapin d'Or, Lapin Impérial, Grande Antilope ou Antilope Tibétaine, rebaptisés par leur ex-propriétaire Chi Keung Tong ont retrouvé leur dénomination d'origine après leurs reventes à des investisseurs français.

Capital (avec 6medias)
https://actu.capital.fr/immobilier/immobilier-pourquoi-les-proprietaires-chinois-bradent-ils-leurs-chateaux-bordelais-1507115?
Crise de l’immobilier : les épargnants toujours coincés avec leurs parts de SCPI...
Placements stars de cette dernière décennie, les Sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) n’ont pas échappé à la crise qui secoue le marché résidentiel
 

Actifs invendables ou dévalués, épargnants échaudés, collecte en berne… Les fonds immobiliers ont connu en 2023 une annus horribilis qui est loin d’être terminée. Aucun d’entre eux n’est en faillite, mais les plus gros véhicules ont dû baisser la valeur de leurs parts. De nombreux épargnants veulent en sortir, mais ce n’est pas si simple.

 

SCPI. Derrière cet acronyme bien mystérieux, se cache un produit phare de l’épargne né dans les années 1970 et très en vogue depuis une dizaine d’années. Les Sociétés civiles de placement immobilier, qui permettent aux particuliers d’acheter des parts d’un bien immobilier professionnel (bureaux, commerces, cliniques privés, crèches…), sous promesse de loyers réguliers et de belles rentabilités, subissent, elles aussi, une crise majeure dans le sillage de celle qui secoue l’immobilier résidentiel...

(extrait)

https://www.lopinion.fr/economie/crise-de-limmobilier-les-epargnants-toujours-coinces-avec-leurs-parts-de-scpi?

Logement : alerte sur la santé financière de milliers de copropriétés...
Un tiers des copropriétés en France serait en voie de paupérisation. C’est l’objet d’un rapport de la commission d’enquête éponyme du Sénat, rendu public mardi 23 juillet, et qui pourrait revenir à l’automne sous forme de proposition de loi...
 
Les faits -

Balcons qui ne tiennent qu'à un fil, ascenseurs longuement en panne, isolation inefficace... Le nombre d’immeubles en état de dégradation plus ou moins avancée augmente dangereusement. La faute à une absence d’implication des copropriétaires investisseurs et à la multiplication des impayés de charges.

« Des milliers de personnes vivent aujourd’hui dans un logement dégradé, alerte la sénatrice du Pas-de-Calais Amel Gacquerre (Union centriste), à l’occasion de la présentation, ce 23 juillet, d’un rapport sur la paupérisation des copropriétés. Ce phénomène touche l’ensemble de notre pays, aussi bien les grandes métropoles que les villes rurales, les bourgs comme les banlieues. Et il a la particularité de s’aggraver très rapidement une fois qu’il est installé ».

La problématique est méconnue, pourtant le nombre d’immeubles touchés est loin d’être anodin : alors que la copropriété ne représentait que 2% des logements en France au début des années 1960, elle concerne désormais un tiers des résidences principales, soit plus de 10 millions de logements.

Sandra Mathorel

 

 

 
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