Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Egypte...

Publié le par ottolilienthal

Égypte 2026 : naufrage à bas bruit...

Les marchés respirent, les chiffres rassurent.

Février 2026 : la Banque centrale abaisse ses taux, l’inflation reflue, le FMI verse une nouvelle tranche. Croire, pourtant, que la crise est passée serait une illusion coûteuse.

L’Égypte ne s’effondrera pas d’un coup. Non : elle se défait lentement, dans un silence assourdissant dont personne ne mesure encore la portée.

Il convient d’abandonner d’office les deux fictions brouillant le diagnostic.

La première – apocalyptique- annonce un Lehman-sur-Nil, une contagion mécanique par les produits financiers sophistiqués qui affectera par effet de dominos le Brésil et l’Inde.

Scénario catastrophiste qui se trompe de monde car en effet l’Égypte pèse désormais si peu dans les indices émergents, que sa chute ne provoquerait guère plus qu’un hoquet technique.

La seconde – qui se veut rassurante – promet que ce supposé « too big to fail » géopolitique obligera à un sauvetage perpétuel de l’Égypte, sorte de filet occidental qui préviendra toujours le pire.

Qui fait également erreur car un défaut est rarement brutal. Son avènement succède à une érosion sans fin que les stabilisations extérieures ne font qu’entretenir – sans jamais guérir.

Pour autant, le piège égyptien est inexorable.

L’État consacre près de la moitié de ses recettes au service de la dette, qui cumule 169 milliards de dollars d’encours externe et une ardoise domestique tout aussi lourde.

Sur ce qui reste, il doit financer l’armée, la police, les subventions au pain et à l’électricité.  – les digues qui contiennent la colère.

Les écoles, les hôpitaux et l’emploi des jeunes se partagent enfin des miettes.

Le Caire est face à un choix impossible consistant à honorer ses créanciers – ou à nourrir sa rue. Puisant dans des réserves de change couvrant à peine cinq mois d’importations, l’exécutif opte pour les deux, parfaitement conscient du compte à rebours silencieux.

Pendant ce temps, les piliers de l’économie vacillent. Le canal de Suez a perdu 62 % de ses revenus depuis 2023 – sans pour autant être fermé.  Le tourisme survit. Les subsides des 6,5 millions d’Égyptiens du Golfe sont amplement fragilisés dans une région qui s’embrase. Une rupture de la trêve en mer Rouge provoquerait l’effondrement simultané de ces trois sources de devises.

Dès lors, le choix ne sera plus entre régler les créanciers ou subventionner le pain, mais entre défaut de paiement et soulèvement.

C’est la démographie – que nul ne peut désamorcer par décret – qui se trouve être la vraie charge explosive menaçant la fébrile stabilité de ce pays.

Oublions en effet les spreads de crédit et le jargon financier car l’apocalypse viendra de la rue. Il faut créer 1,5 million d’emplois annuels afin de ne pas aggraver le chômage de masse dans un contexte de population qui croît de 2 % par an.

Or, l’économie égyptienne ne souffre pas seulement d’un manque de devises. Elle pâtit en profondeur d’un appareil militaire qui absorbe l’espace productif, qui étouffe le secteur privé, qui verrouille les incitations.

Cette stérilité structurelle transforme la pression démographique en poudrière sociale. Si le régime sait réprimer une manifestation, contrôler des places occupées, museler des oppositions, saura-t-il contenir trente millions de jeunes urbains sans avenir, sans espoir, sans voix ?

Quand elle cède, la coercition – qui a une élasticité limitée – précède le vide, souvent le pire.

C’est alors que le syndrome égyptien deviendra une menace systémique – non par la finance, mais par la Méditerranée. Une implosion égyptienne ne provoquera pas une crise bancaire mondiale, mais elle déclenchera une onde de choc migratoire et sécuritaire, avec des millions de jeunes Égyptiens privés de perspectives qui ne se contenteront pas de descendre dans la rue, mais qui prendront la mer.

Alors, que fait-on ?

On stabilise, on renégocie, on étale.

En finalité, l’Égypte ne fera pas faillite comme l’Argentine en 2001, mais pratiquera le défaut « salami », c’est-à-dire tranche après tranche, sur une décennie. Les créanciers accepteront des pertes progressives plutôt que l’effondrement. Le Golfe et l’Occident enverront juste assez d’argent pour éviter la rupture. Le régime tiendra. La population, quant à elle, s’enfoncera dans une paupérisation chronique et sans horizon.

Tel est le scénario que tous les acteurs préfèrent, qui évite la contagion brutale, mais aussi les migrations massives. Il s’avère être aussi le plus cruel car n’offre à une population sinistrée ni libération et encore moins délivrance, juste une souffrance diluée dans le temps.

mai 9, 2026 0 Par Michel Santi
 
https://michelsanti.fr/egypte/egypte-2026-naufrage-a-bas-bruit
Publicité

Appel de Sissi aux citoyens : Réduire le taux de natalité en Égypte...


Depuis l'an 2000, la population égyptienne a augmenté de 40 millions et s’élève maintenant à 105 millions. Son taux de natalité est actuellement de deux millions par an

Le 5 septembre, le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi a inauguré le premier Congrès mondial sur la population, la santé et le développement. L’événement de quatre jours a été provoqué pour examiner la question de la croissance démographique par rapport au développement durable. En ouverture de la conférence, Sissi a discuté des sujets qui ont affecté l’Égypte en particulier. Il a été clair : l’équilibre entre les niveaux de population et le développement durable était loin d’être parfait.

« Dans les années 1950, l’écart entre les ressources de l’État et la croissance démographique était d’environ 10 à 12 %, et la population variait entre 19 et 20 millions de personnes. L’écart n’était pas grand », a déclaré Sisi.

« La planification familiale est le plus grand projet d’investissement qui, si l’Égypte l’adopte, lui apportera des profits et des avantages, car chaque livre que l’État dépense en planification familiale économise 151,7 livres en retour »


Khaled Abdel Ghaffar, ministre égyptien de la Santé et de la Population

Depuis 2000, la population de l’Égypte a augmenté de 40 millions et s’élève maintenant à 105 millions. Son taux de natalité est actuellement de deux millions par an. Les ressources disponibles, a déclaré Sissi, ont dicté que l’Égypte doit réduire ce taux d’au moins 80 %, c’est-à-dire de 400 000 naissances par an.


Sissi a repris une remarque rapportée par son ministre de la Santé et de la Population, Khaled Abdel Ghaffar, selon laquelle « avoir des enfants est une question de liberté totale ». Il était méprisant. Laissez la liberté de choisir la taille de leur famille à des gens qui ne connaissent peut-être pas l’ampleur du défi? « Toute la société et l’État égyptien en paieront le prix », a-t-il déclaré. « Nous devons organiser cette liberté, sinon elle créera une catastrophe. »

Laissant entendre que l’Égypte pourrait imiter la politique chinoise de l’enfant unique (abandonnée en 2016), puisque la Chine « a réussi sa politique de contrôle de la population », il a ajouté que d’autres pays africains devraient également adopter des mesures de contrôle de la population. puisque le continent manque de ressources suffisantes pour soutenir sa population croissante

« Par exemple », a-t-il dit, « sur le continent africain, d’ici quelques années, nous atteindrons plus de 1,6 milliard de personnes, et les ressources en Afrique [bien qu’elles soient abondantes]… ne seront pas suffisantes. »

Lorsque le ministre égyptien de la Santé Ghaffar a pris la parole, il a pris soin de contourner la remarque de son président sur la liberté de choix sur la taille de la famille et a soutenu que le problème d’une population croissante est le plus grand défi de l’Égypte, aujourd’hui et à l’avenir.

« Elle entrave la roue de la croissance économique, a-t-il dit, et gruge toutes les retombées du développement, ce qui affecte le niveau des services fournis aux citoyens et leur niveau de vie. Pour ce faire, nous devons trouver un équilibre entre la croissance économique et la croissance démographique afin d’assurer le bien-être de tous. »

Ghaffar était sans équivoque en faveur de la ligne officielle de l’Egypte sur le contrôle de la population. Il a souligné l’engagement de l’État à mettre en œuvre un programme de population visant à atteindre un équilibre entre les taux de croissance démographique et les ressources disponibles pour l’État, dans le cadre de la réalisation du développement durable. « La planification familiale, a-t-il annoncé, est le plus grand projet d’investissement qui, si l’Égypte l’adopte, lui rapportera des profits et des bénéfices, car chaque livre que l’État dépense en planification familiale économise 151,7 livres en retour. »

Ce premier Congrès mondial sur la population, la santé et le développement a offert une rare occasion aux chercheurs et aux décideurs du monde entier d’échanger des informations de première main sur la relation entre la population, la santé et le développement durable. La conférence a réuni des décideurs, des ministres de la Santé de différents pays, des ambassadeurs, des agences partenaires internationales, l’ONU et l’USAID, des entités bancaires, des entrepreneurs et les médias.

Il n’est pas surprenant que le Congrès mondial devienne un événement annuel, probablement organisé – comme celui-ci – dans la prestigieuse nouvelle capitale égyptienne, encore partiellement construite et sans nom, mais officieusement surnommée la nouvelle capitale administrative.

Il pourrait être tentant, bien que cynique, de percevoir un lien entre le plaidoyer présidentiel de réduire le taux de natalité de la nation pour des raisons de ressources et le financement somptueux de projets de prestige par l’État. Annoncé pour la première fois en 2015, la nouvelle capitale égyptienne est en construction depuis des années, à un coût estimé à plus de 50 milliards de dollars. C’est l’un des nombreux mégaprojets construits par le gouvernement de Sissi à un coût énorme, et le gouvernement égyptien est profondément endetté.

La nouvelle capitale, située à environ 28 miles au sud-est du Caire, est conçue, en partie, pour soulager l’infrastructure en ruine du Caire et devrait abriter plus de six millions d’habitants. Le siège administratif du gouvernement y sera déplacé. Il abrite déjà le plus haut bâtiment d’Afrique (la tour ionique de 77 étages), un immense palais présidentiel et des dizaines de bâtiments ministériels, d’écoles, d’hôpitaux, de mosquées et d’églises.

La surpopulation de la planète préoccupe depuis longtemps certains penseurs et scientifiques. Depuis 1804, la population humaine mondiale est passée d’un milliard à huit milliards. Les progrès médicaux et l’amélioration de la productivité agricole en sont parmi les facteurs à l’origine.

Selon les projections les plus récentes de l’ONU, « la population mondiale devrait atteindre 9,7 milliards en 2050 et 10,4 milliards en 2100 ». La bonne nouvelle, c’est que les projections de l’ONU prévoient que la population humaine atteindra un sommet d’environ 10,4 milliards de personnes, avant de diminuer parallèlement à la baisse des taux de fécondité dans le monde. Le 10 juillet, l’ONU a publié un document de discussion sur les implications pour la santé planétaire et la durabilité d’une population mondiale de plus de 8 milliards de personnes.

Ramenée à la base, l’impact de l’humanité sur l’environnement de la terre est mesuré par le nombre d’habitants, combien chaque personne consomme et la technologie utilisée pour atteindre ce niveau de consommation. Si la consommation mondiale moyenne était égale aux niveaux des pays à revenu élevé d’aujourd’hui, la planète ne pourrait même pas soutenir sa population actuelle. Les modes de consommation très gourmands en ressources dans les pays développés ne sont ni durables ni reproductibles à l’échelle mondiale. La croissance démographique amplifie ces pressions.

Les pays en développement comme l’Égypte et les autres États du continent africain agissent avec sagesse en reconnaissant que la croissance démographique sans restriction, si elle n’était pas compensée par une augmentation équivalente des ressources, porterait un coup dur aux espoirs de développement durable.

Dans un tel environnement, des initiatives telles que le Congrès mondial sur la population, la santé et le développement de Sisi sont parfaitement logiques.

Publicité
La bombe à retardement de la population égyptienne

La population égyptienne vient de dépasser les cent millions d’habitants et progresse d’un million supplémentaire tous les six mois, un défi dont le régime Sissi n’a pris que tardivement la mesure.

 

 

L’Egypte comptait quelque 90 millions d’habitants en 2013, lorsque le général Abdelfattah Sissi renversa, par un putsch militaire, le seul président démocratiquement élu de l’histoire du pays, l’islamiste Mohammed Morsi, au pouvoir depuis un an. Promu maréchal, avant d’être « élu » en 2014 avec un score officiel de  97% des suffrages, Sissi a abandonné ses titres militaires pour accréditer le mythe d’une présidence de la République « civile ». « Réélu » en 2018 dans des conditions encore plus discutables que quatre ans plus tôt, mais toujours à 97%, Sissi a taillé une constitution à sa mesure qui lui permet de s’accrocher à la présidence jusqu’en 2030. La population égyptienne, qui a déjà passé le cap des 100 millions d’habitants, devrait alors atteindre les 120 millions, soit un doublement en moins de quarante ans.

UNE « CONTRE-TRANSITION DEMOGRAPHIQUE »

L’Egypte avait pourtant connu, comme l’ensemble du monde arabe, une spectaculaire transition démographique jusqu’à la décennie passée. Le taux de fécondité avait en effet chuté de 5,3 enfants par femme en 1980 à 3 en 2008, une évolution avant tout gagée sur la promotion sociale des femmes en termes d’accès à l’éducation et, dans une moindre mesure, au marché du travail. Cette profonde transformation de la cellule familiale avait, en Egypte comme ailleurs, remis en cause la conception paternaliste du pouvoir dont l’octogénaire Moubarak était devenu, après trente ans de dictature, une des plus choquantes caricatures. Le soulèvement démocratique de 2011, marqué par une participation féminine sans précédent, avait ouvert une période troublée, avec renversement du despote par une junte militaire, suivi de l’élection à une courte majorité, en 2012, du candidat des Frères musulmans, rendu très vite impopulaire par une politique aussi sectaire que brouillonne.

Le putsch de Sissi était censé, en 2013, refermer cette parenthèse pluraliste de deux ans, tout en attribuant aux islamistes, férocement réprimés, l’ensemble des maux de l’Egypte. Le taux de fécondité, remonté à 3,5 enfants par femme en 2014, peine cependant à retrouver sa tendance antérieure à la baisse, avec une résistance plus sensible en milieu rural, mais qui affecte toute la population féminine du pays. Le très respecté démographe Youssef Courbage a qualifié ce phénomène de « contre-transition démographique », là où ses collègues considéraient jusqu’alors la transition démographique comme un processus irréversible. Ce renversement de tendance est particulièrement net en Egypte, où il s’accompagne d’un double recul, celui de l’âge médian du mariage, d’une part, et celui de la part des femmes sur le marché du travail, d’autre part. A titre de comparaison, la République islamique d’Iran connaît un taux de fécondité de 1,8 enfants par femme et la Tunisie de 2,2.

LA RESPONSABILITE DU REGIME SISSI

Le caractère « islamiste » ou « moderniste » d’un régime ne peut dès lors expliquer en tant que tel un retournement démographique d’une telle importance. Force est de constater qu’en Egypte, la dictature de l’ex-maréchal Sissi s’appuie sur une forme très agressive d’ordre moral, qui permet en retour d’acheter la paix sociale dans un pays taraudé par une pauvreté grandissante (entre 2016 et 2018, la proportion d’Egyptiens vivant en-dessous du seuil de pauvreté, fixé à moins d’1,5 euro par jour, est passée de 28 à 33%). Le chef de l’Etat, lui-même d’une piété ostensible, s’était distingué dès 2011 en justifiant les « tests de virginité » infligés aux manifestantes, à la fois pour les humilier et les dissuader d’investir l’espace public. Ce n’est que récemment que Sissi a pris conscience de la menace pour la stabilité de l’Egypte que constitue la bombe à retardement démographique, désormais placée sur le même plan que le défi « terroriste ».

Malgré de telles harangues présidentielles, de même que la guérilla jihadiste continue de contrôler une bonne partie de la péninsule stratégique du Sinaï, la population égyptienne ne cesse d’inexorablement progresser. Cette croissance exponentielle intervient de surcroît sur une étroite bande de terre, limitée à la vallée du Nil et à son delta, représentant moins de 5% de la superficie d’un pays largement désertique. Les campagnes de contrôle des naissances, enfin lancées avec l’aval des imams d’Etat et de la propagande officielle, peinent à l’évidence à produire des résultats tangibles. Les allocations familiales ne sont désormais plus accordées au-delà du deuxième enfant. Mais le budget de l’éducation est loin d’être une priorité, face aux formidables dépenses militaires et aux 45 milliards de dollars alloués au chantier pharaonique d’une nouvelle capitale. Et les 10 millions des Egyptiens les plus pauvres, délaissés de fait par l’aide publique, continuent de miser sur une nombreuse progéniture pour assurer leur quotidien, voire leur avenir.

Il n’était que temps que l’Egypte de Sissi renonce à son natalisme d’Etat. Reste à savoir si le tournant amorcé par le régime ne représente pas trop peu, trop tard, face à l’ampleur de cette « contre-transition démographique ».

 

https://www.lemonde.fr/blog/filiu/2020/03/01/la-bombe-a-retardement-de-la-population-egyptienne/

Egypte

Sous la pression du FMI, l’Egypte a augmenté de 50% le prix des carburants. Le pays, qui subventionne lourdement l’essence, n’arrive plus à supporter ce fardeau. Est-ce que la population va se rebeller comme en Jordanie ? Les jours qui viennent vont le montrer.

Publicité
L'Égypte entre la peste de la dictature et le choléra islamiste

Un projet de loi interdisant l'athéisme est à l'étude. Après avoir renversé les islamistes, al-Sissi ne cesse de leur donner des gages.

 
 
Pourquoi l'Égypte est programmée pour exploser

Il fut une époque où l'Égypte dictait l'agenda géopolitique au Proche-Orient, parce que ce pays jouissait d'un grand prestige auprès des autres pays arabes et qu'il était le centre culturel et politique du monde arabe. Aujourd'hui, il n'en est plus rien...

 

L'Égypte n'est plus le centre du monde arabe. Et pour cause: le pays est littéralement en faillite, comme l'a très bien démontré le magazine The Economist. L'actuel président Abdel Fattah al-Sissi, qui a succédé à l'islamiste Mohamed Morsi, lui-même élu après la chute de Hosni Moubarak, se révèle être encore plus oppressif que ce dernier et aussi incompétent sur le plan économique que M. Morsi. Les Égyptiens ne sont donc pas gâtés par leur histoire récente.

Le chômage des jeunes est aujourd'hui de l'ordre de 40%, et le pays reste improductif avec une armée de fonctionnaires payés à ne rien faire si ce n'est à baisser artificiellement le taux de chômage. Quant au secteur privé, il est tout simplement incapable d'absorber les légions de nouvelles personnes à la recherche d'un job. Aujourd'hui, quelqu'un qui n'a pas de diplôme en Égypte a paradoxalement plus de chances de trouver un petit job qu'un diplômé.

Quant au nouveau président, il a beau jouer sur la fibre nationaliste et la grandeur passée de l'Égypte, il n'empêche qu'il a dû aller quémander 12 milliards de dollars au FMI pour que son pays n'explose pas.

 

 

L'Égypte est traditionnellement aidée par les pays du Golfe, mais même eux sont découragés !

 

En fait, les différentes sources d'argent de l'Égypte sont en berne. À cause du terrorisme, plus personne n'y vient et le tourisme en souffre énormément. La baisse du prix du pétrole affecte également les recettes égyptiennes. Quant au deuxième canal de Suez, depuis son inauguration en grande pompe, les revenus du trafic portuaire ont baissé ! Et en ce qui concerne le plan très créatif qui voulait faire sortir de terre une ville futuriste du genre Dubai, il reste au stade... d'un tas de sable, précise The Economist.

Pire encore, l'Égypte est traditionnellement aidée, pour diverses raisons, par les pays du Golfe persique, mais même eux sont découragés ! Les conseillers financiers des Émirats arabes sont dépités par la paperasserie et la rigidité de l'administration égyptienne. Et une fuite malencontreuse n'a pas arrangé les choses, une conversation privée entre le président Sissi et ses adjoints qui laisse entendre qu'ils n'ont que du mépris à l'égard de ces "demi-pays du Golfe qui ont autant d'argent que d'autres ont du riz". Bref, ce n'est pas très malin d'insulter la main qui vous nourrit.

Pour ces raisons, ce pays central pour la stabilité du Proche-Orient est désormais programmé pour exploser un de ces jours. Ce qui fait écrire au magazine The Economist que la meilleure chose que puisse faire l'actuel président est de ne pas se présenter aux prochaines élections de 2018. Mais je crois que la probabilité qu'il neige cet hiver en Égypte est plus plausible...

 

Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article