Par ici la bonne soupe...

Publié le par ottolilienthal

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Mal élu. Emmanuel Moulin, le nouveau gouverneur de la Banque de France...

54,7 % des parlementaires ont rejeté sa nomination (il en fallait 60 %): le Parlement valide donc l’arrivée d’Emmanuel Moulin à la tête de la Banque de France, ex-secrétaire général de l’Elysée et éminence du président Macron qui continue à nommer ses proches à tous les postes clefs verrouillant ainsi la République.

Le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est pas un plébiscite pour le sherpa de Macron qui aura fort à faire à la Banque de France qui pourrait bien redevenir cardinale à la faveur d’une crise majeure de l’euro et de la zone euro qui reste profondément dysfonctionnelle d’un point de vue monétaire.

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

Christine Lagrade, Directrice de la Banque Européenne annonce sa démission avant son terme. Objectif : que Macron et Friedrich Merz puissent choisir son remplaçant avant qu'ils ne partent. Le curseur de l'éthique a été poussé dans la cave. Si vous avez de l'intérêt et que vous êtes un pote d'Emmanuel ou de Friedrich, le salaire est de €741'00 ainsi qu'un supplément de €140'000 la BIS (Bank of International Settlement). Normalement, la Directrice n'avait pas le droit de recevoir personnellement ce montant, mais elle l'a pris quand même. Ce satané curseur est caché dans la cave, mais où? 

https://2000watts.org/index.php/energies-fossiles/peak-oil/1460-energies-economie-petrole-et-peak-oil-revue-mondiale-fevrier-2026.html

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En front de Seine, à l’angle du quai Saint-Bernard et du boulevard Saint-Germain, l’Institut du monde arabe (5e arrondissement de Paris), ne passe pas inaperçu...

Une fondation française de droit privé

Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères subventionne l’IMA, à hauteur de 12,3 millions d’euros par an depuis 2017. Mais celui-ci n’est pas un établissement public, sous tutelle ministérielle : il est géré par une fondation de droit privé, reconnue d’utilité publique, avec un conseil d'administration - un statut unique. L’IMA a été créée en 1980 par un accord entre la France et 22 États arabes. Le financement des pays arabes tient pourtant plutôt du « soutien ponctuel » de certains d'entre eux, notamment l’Arabie saoudite, le Qatar et le Koweït. « L’IMA observe depuis quelques années un désengagement relatif des pays arabes dans ses projets », selon la Cour des comptes

Son rapport publié le 9 décembre 2024 a pointé « une gestion financière délicate », un déficit structurel d’exploitation « préoccupant » de l’IMA. La juridiction financière administrative, qui a plusieurs fois contrôlé l’IMA et a régulièrement adressé des observations sévères, énumère aussi « un rôle diplomatique incertain » de l’institution, un rayonnement « principalement parisien », un musée « inadapté » avec « une fréquentation essentiellement scolaire », une bibliothèque « en déclin » souffrant de « difficultés structurelles persistantes ». Elle reconnaît toutefois la dynamique de sa programmation événementielle.

Une rémunération brute de 111 000 € par an

La Cour des comptes désigne Jack Lang comme un « véritable président-directeur général », certes au « caractère énergique et créatif », mais entouré d’un « nombre élevé de collaborateurs officiels ou officieux », dont sa propre épouse, Monique. En conseiller spécial, Claude Mollard, 84 ans, l’un des pères fondateurs de Beaubourg, « lié au président par un compagnonnage de plusieurs décennies commencé au ministère de la Culture dès 1981 ». Tous les collaborateurs de Lang à l’IMA, relève le rapport, n’apparaissent pas dans l’organigramme. Et « certains sont rémunérés, parfois dans des conditions juridiquement contestables, d’autres ne le sont pas ».

La Cour des comptes précise que le salaire de Jack Lang est inchangé depuis 2013, et que cette indemnité de fonction est plutôt « dans le bas de la fourchette des organismes comparables » : l’ancien ministre de la Culture touche 9 250 euros bruts par mois, soit 111 000 euros par an, pour sa présidence de l’IMA.

Nathalie Chifflet (extrait)

https://www.leprogres.fr/culture-loisirs/2026/02/08/fondation-privee-111-000-de-salaire-jack-lang-et-l-institut-du-monde-arabe-dans-la-tourmente

« Des notes impayées importantes » : Pierre Lescure révèle pourquoi il n'invitait plus Jack Lang à Cannes...

...Un peu plus tard, invité à s'exprimer sur « l'amitié » qui le lierait à Jack Lang, Pierre Lescure a publié une réponse en forme de « balle perdue » pour l'ancien ministre de la Culture... dans laquelle il explique pourquoi celui-ci n'était « plus invité » à Cannes : « Depuis 2020,sous ma présidence, Lang n’est plus invité par le Festival de Cannes, car il laissait des notes impayées importantes dans les hôtels de la Croisette, que le Festival se devait de ne pas assumer », lâche Pierre Lescure.

« Puis-je encore abuser de vous ? »

Cette petite bombe lâchée par l'homme de cinéma, qui présida le Festival de Cannes de 2014 à 2022, semble montrer une certaine « pingrerie » de l'ancien ministre. Et fait écho à un article de Libération, publié jeudi, citant un extrait d'un mail de Jack Lang adressé à Jeffrey Epstein : « Puis-je encore abuser de vous ? Je suis invité [...] à 60 km de Paris. Si votre voiture était libre ce mercredi soir pour nous transporter... Excusez-moi d’abuser de vous, encore toutes mes excuses », écrivait-il en 2017.

(extrait)

https://www.leprogres.fr/societe/2026/02/07/il-laissait-des-notes-impayees-pourquoi-jack-lang-n-etait-plus-invite-au-festival-de-cannes

726 000 pour Lagarde à la BCE qui gagne 4 fois plus que Powell à la FED !...

 

« La dirigeante a touché 726 000 euros en 2024 tandis que son salaire déclaré par la BCE n’est « que » de 466 000 euros, soit 56 % en plus selon le quotidien économique britannique. À titre de comparaison, le salaire de Jerome Powell, à la tête de la Fed, l’équivalent américain de la BCE, est plafonné par une loi fédérale à 203 000 dollars (172 720 euros), précise le « Financial Times ».

Christine Lagarde, qui dirige la BCE depuis 2019, a touché des avantages en nature estimés à 135 000 euros « pour le logement et d’autres éléments », indique le journal. En tant que membre du conseil d’administration de la Banque des règlements internationaux (BRI), « la banque centrale des banques centrales », elle perçoit également 125 000 euros annuels. Ces deux rémunérations supplémentaires n’apparaissent pas dans le rapport annuel de la BCE. »

(analyse du « Financial Times » (FT) relayée par le Parisien.)

Christine Lagarde  n’est rien d’autre qu’une fonctionnaire, de très haut niveau mais fonctionnaire quand même (comprenez par là payé par le con-tribuable).

Rien ne justifie l’écart entre le fonctionnaire au SMIC à 18 000 euros par an et elle à 726 K€ par an soit 40 fois le salaire du petit fonctionnaire français de base!

Rien, pas même le salaire de son homologue américain payé seulement 203 000 dollars.

Etre un « fonctionnaire » c’est également s’engager pour servir.

Encore une fois je n’ai rien contre les riches… sauf quand ces mêmes riches payés avec nos impôts nous expliquent en plus comment nous devrions vivre avec 40 fois moins chaque mois.

Et dites à Ursula que je veux bien devenir président de la BCE pour même 100 000 euros par an.

Charles Sannat

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Lucie Castets retrouve un boulot à Bercy au purgatoire… du Médiateur des entreprises !...

Voilà que notre Lucie Castets nationale, celle qui se rêvait déjà à Matignon, elle qui n’avait aucune expérience, vient d’être affectée au ministère de l’Économie pour une mission temporaire auprès du Médiateur des entreprises.

Que va-t-elle faire ?

Confidentiel.

Personne ne veut le dire.

Le Médiateur des entreprises est un service public chargé de faciliter la résolution amiable des différends entre les acteurs économiques et les entités publiques ou privées. Le contenu de sa mission n’a pas été dévoilé « par souci de confidentialité », indique notre source. (Source BFMTV ici)

Lucie Castets est donc renvoyée au purgatoire obligée de s’occuper des entreprises en difficulté ! Un comble pour une socialiste qui n’a qu’un logiciel de taxation dans la tête !

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/lucie-castets-retrouve-un-boulot-a-bercy-au-purgatoire-du-mediateur-des-entreprises/

Crypto, cadeaux et deals opaques: comment Donald Trump monétise la présidence pour s'en mettre plein les poches...

En un an, le président américain a doublé sa fortune en brouillant toujours plus les frontières entre business personnel et fonction publique.

Il vaut mieux ne pas compter ses millions pour tenter de s'attirer les faveurs de Donald Trump: le 22 mai 2025, le président des États-Unis recevait quelque 220 gros détenteurs de sa cryptomonnaie $TRUMP, qui déboursaient la vétille de 1,78 million de dollars chacun pour avoir le privilège de l'entendre disserter sur les cryptomonnaies pendant vingt-cinq minutes. Une dizaine de jours plus tôt, c'est le Qatar qui faisait «cadeau» au président d'un jet privé à 400 millions d'euros.

En un an, le magnat a plus que doublé sa fortune personnelle: de 2,4 milliards de dollars de fortune nette, il est aujourd'hui passé à 5,1 milliards de dollars (4,5 milliards d'euros environ), ce qui fait de Donald Trump le président le plus riche de l'histoire des États-Unis. Entre cryptomonnaies, entreprises familiales et relations internationales, l'héritier qui a consolidé sa fortune dans l'immobilier en reprenant l'affaire de son père au début des années 1970, monétise désormais sa présidence.

On estime que son patrimoine comprend aujourd'hui une vingtaine de terrains de golf et plus de trente buildings, cependant que la société familiale est valorisée à environ 2,65 milliards de dollars. Cette évaluation reste sujette à caution puisqu'en février 2024, la Trump Organization écopait de 355 millions d'amende pour fraude financière en raison de la surévaluation massive et répétée de ses actifs dans le but d'obtenir des prêts bancaires plus favorables.

La même année, le Trump Media & Technology Group (TMTG), fondé en 2021 après l'assaut du Capitole, entrait en bourse, avec une valorisation de 6,7 milliards de dollars, qui est aujourd'hui retombée à 5,4 milliards. La famille Trump détient un peu moins de la moitié des actions de l'entreprise.

Magouilles immobilières et crypto opaques

Les derniers espoirs du président se sont tournés vers les cryptomonnaies, dont la valeur n'est pas comptée dans les estimations de sa fortune. Or, avec ses seules cryptomonnaies personnelles, la valeur des actifs de Donald Trump approche déjà les 3 milliards de dollars (2,6 milliards d'euros environ). À l'été 2024, Trump et ses fils ont lancé le World Liberty Financial (WLFI), un système de cryptomonnaie, bientôt secondé, à la veille de son investiture, par le $TRUMP, qui permet au président d'activer des leviers politiques et financiers à l'abri des regards indiscrets, les investisseurs en cryptomonnaie bénéficiant de l'anonymat.

Si le gala du 22 mai avait suscité de vives critiques sur la collusion entre pouvoirs politiques et financiers, la Maison-Blanche, tout en refusant de publier la liste des invités, a qualifié par la voix de son attachée de presse, Caroline Leavitt, d'«absurdes» les accusations selon lesquelles son patron exploiterait sa fonction publique à des fins personnelles.

Tandis que les Démocrates exigent une enquête pour corruption sur Trump et sa famille, la Securities and Exchange Commission a annoncé en février 2025 qu'elle n'exercerait pas de surveillance sur les cryptomonnaies. En avril, c'est le ministère de la Justice qui a dissous son unité de lutte contre la criminalité liée aux cryptomonnaies.

Alliés généreux et pots-de-vin déguisés

Mais le lobby trumpiste ne se limite pas au monde des crypto-bros: la famille présidentielle multiplie les contrats, le lancement d'organisations et de grands chantiers à l'étranger. Un complexe hôtelier à 1,5 milliard de dollars (1,3 milliard d'euros environ) devant être monté sur pied au Vietnam, a été annoncé lors de la campagne électorale, faisant écho à cet autre hôtel assorti d'un terrain de golf prévu à Oman et dont le contrat était signé en juin 2024. On peut également penser à ces nombreux projets résidentiels prévus en Inde, et dont le budget dépasse le milliard de dollars.

En Europe, le président américain peut compter sur l'amitié dispendieuse de ses alliés d'extrême droite, à commencer par le président hongrois Viktor Orbán et le président serbe Aleksandar Vučić, suivis d'une ribambelle d'oligarques, comme le bulgare Delyan Peevski ou le roumain Dan Diaconescu.

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Les riches monarchies du Golfe persique ne sont pas en reste, alors que Trump multiplie les accords gouvernementaux à plusieurs milliards avec l'Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis (vente d'armes, d'avions, de technologies avancées… et évidemment de projets immobiliers). Et ces contrats étatiques s'accommodent parfois de petits à côtés, comme ce luxueux Boeing 747-8 évalué à 400 millions d'euros, qui représente à lui seul… cent fois plus que tous les cadeaux reçus par les présidents américains de gouvernements étrangers au cours des vingt-cinq dernières années.

Mais que l'on se rassure: l'administration Trump affirme que les autorités qataries ont fait don de l'avion aux États-Unis et non à Trump personnellement, et que l'avion sera désormais enregistré au bilan du Pentagone. Seul hic: c'est bien de la Maison-Blanche que provenait la demande de l'avion.

Léa Polverini

https://www.slate.fr/monde/crypto-cadeaux-deals-donald-trump-monetise-presidence-maison-blanche-argent

 

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Contraints par la justice, Laurent Wauquiez et les élus régionaux vont devoir dévoiler leurs notes de frais...

Le média Médiacités avait demandé à la Région, dès 2021, de consulter les notes de frais de ses élus, notamment celles de son président, Laurent Wauquiez. Face à un refus de la région, l’affaire est remontée jusqu’au Conseil d’État, qui a finalement donné gain de cause, le 23 juillet, au site d’informations.

C’est peut-être la fin d’une bataille longue de plus de quatre ans. La Région Auvergne Rhône-Alpes va devoir communiquer les notes de frais de ses élus et de son ancien président, Laurent Wauquiez : justificatifs, factures et reçus des frais de séjour, de restauration, de déplacement ou de mission pour les années 2019, 2020 et 2021.

Après la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada), le tribunal administratif de Lyon et la Cour de cassation, c’est le Conseil d’État, plus haute juridiction administrative du pays, qui a, ce 23 juillet, donné raison au média Médiacités.

« Des documents administratifs communicables à toute personne qui en fait la demande »

Dans sa décision, il rappelle que les « notes de frais et reçus de déplacements ainsi que les notes de frais de restauration et reçus de frais de représentation d’élus locaux ou d’agents publics constituent des documents administratifs communicables à toute personne qui en fait la demande ».

Contactée par Médiacités, la Région, par l’intermédiaire du cabinet de Fabrice Pannekoucke, a « pris acte de cette décision et se conformera à ses obligations ».

Rappelons que cette décision valide le jugement en première instance du tribunal administratif de Lyon, qui ordonnait à la Région de transmettre ses notes de frais deux mois plus tard, soit le 21 juillet 2024.

https://www.leprogres.fr/faits-divers-justice/2025/07/29/contraints-par-la-justice-laurent-wauquiez-et-les-elus-regionaux-vont-devoir-devoiler-leurs-notes-de-frais

Najat Vallaud-Belkacem : une polémique qui en cache une autre...

 Si la promotion de l’ex-ministre à la Cour des comptes pose question, que dire du maintien de Christophe Castaner dans un emploi public ?..

Ce dimanche, Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes et ancien collègue de Najat Vallaud-Belkacem dans le gouvernement dirigé par Jean-Marc Ayrault, entre 2012 et 2014, a haussé le ton. La polémique sur la nomination par décret de cette dernière au grade le plus élevé de l'institution financière l'indigne au plus haut point : « Najat Vallaud Belkacem, qui était déjà candidate l'année dernière, a suivi une procédure de recrutement très exigeante et sélective, et elle l'a réussie, dit-il dans une interview au Parisien. Alors, pourquoi subit-elle autant de critiques ? Je ne peux pas m'empêcher de penser que son genre, son origine, ses engagements politiques sont ciblés. Ça me choque. »

Ce qui est tout aussi choquant, c'est la manière dont la lauréate a présenté les modalités de son recrutement sur X : « La voie que j'ai volontairement utilisé (sic)pour la Cour est celle du concours… Pas grand-chose à voir avec une nomination “politique”. » Eh bien, non, justement, il ne s'agit pas d'un concours, mais d'une sélection sur dossier. Peut-être très exigeante, peut-être tout à fait impartiale, mais en aucun point comparable à un concours fondé sur l'anonymat.

On a aussi appris, ce week-end, que la nouvelle conseillère-maître à la Cour des comptes n'entend pas renoncer à ses autres fonctions : présidente de l'association France Terre d'asile et conseillère régionale d'Auvergne-Rhône-Alpes. Conserver ces engagements n'est, certes, pas interdit, mais, comme l'a indiqué son nouveau patron, « ils ne doivent pas lui prendre trop de temps ». Ce serait préférable, en effet.

Le fait du prince

Toutefois, ce cumul, ajouté au soupçon du fait du prince, ne peut pas manquer d'en rappeler un autre, bien plus problématique. À ce jour, Christophe Castaner, supporteur de la première heure d'Emmanuel Macron, ministre de l'Intérieur au bilan contrasté, député sortant battu en 2022, a hérité d'un des plus appréciés fromages de la République, la présidence de la société Autoroutes et tunnel du Mont-Blanc. Une fonction agréablement rémunérée, qui est venue s'ajouter à celle, bénévole, de président du conseil de surveillance du port de Marseille.

Depuis toujours, le tunnel du Mont-Blanc est administré par un favori à recaser, et le chef de l'État décide seul d'une telle nomination. On aurait pu espérer d'Emmanuel Macron qu'il rompe avec cette tradition problématique, mais c'était à l'évidence lui demander beaucoup.

En revanche, Christophe Castaner peut-il encore bénéficier d'un emploi public – l'État français est actionnaire d'Autoroutes et tunnel du Mont-Blanc pour plus des deux tiers de son capital – alors qu'il est rémunéré par la société chinoise Shein, au moment même où le Parlement français vote une loi pour limiter les ravages de la « fast fashion », où Bercy vient d'annoncer une amende historique contre la société responsable des ventes des produits Shein, notamment pour pratiques commerciales trompeuses, et où l'Union européenne a lancé une procédure inédite contre les dérives de cette plateforme ?

La réponse est évidemment contenue dans la question.

Sophie Coignard
 
https://www.lepoint.fr/politique/najat-vallaud-belkacem-une-polemique-qui-en-cache-une-autre-21-07-2025

AOC, « Cheffe » profiteuse !...

« AOC » est depuis le 19 juin 2025, la présidente du Comité National olympique et sportif français (CNOSF)...

Amélie Oudéa-Castéra était la seule candidate en piste après le retrait, le 6 juin 2025, de Didier Séminet, le président de la Fédération française de base-ball, soumis à de fortes pressions.

Cette nouvelle fonction va permettre à l’ancienne ministre de retrouver un revenu mensuel confortable, soit 9 000 euros brut. Bien loin, certes, des 500 000 euros annuels, sa rémunération, lorsqu’elle était directrice générale de la Fédération française de tennis, et plus encore du 1,4 million, qu’elle gagnait chaque année comme directrice exécutive chez Carrefour.

Certains prédécesseurs d’AOC à la tête du mouvement olympique avaient choisi d’exercer leurs fonctions à titre bénévole, tels Denis Masséglia ou David Lappartient.

Mais l’ex-ministre des Sports a fait de sa rémunération une condition à sa candidature. Pourquoi se gêner, quand Macron lui-même et le vice-président (LR) de la région Île-de-France Patrick Karam sont montés au filet pour l’aider à gagner ce jeu décisif ?

Président d’honneur du CNOSF, Masséglia a écrit, le 5 juin 2025, aux membres de l’assemblée générale de l’instance, se disant « surpris » de voir Oudéa-Castéra [ex-ministre des Sports] « solliciter les voix des fédérations avec qui elle [avait] eu des relations de demandeur à décideur durant son mandat de ministre des Sports et, qui plus est, [ministre lors] des Jeux olympiques et paralympiques ».

Et de poser la question qui fâche : « Comment est-il possible que la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) lui ait donné son feu vert ? »

La HATVP a répondu qu’elle n’avait « rien à déclarer » sur ce sujet, pour la bonne raison que sa traque des conflits d’intérêts chez les anciens ministres se limitait aux entreprises et ne concernait pas les associations.


Macron agit comme ses prédécesseurs en montrant un manque de probité, privilégiant le reclassement d’anciens ministres, secrétaires et autres figures politiques notables, à l’instar d’un monarque qui, assis sur son trône, manipule les rouages du pouvoir à son avantage.
Cette tendance met en lumière une continuité dans la façon dont le pouvoir est exercé, où les vieilles alliances et les intérêts personnels priment sur le bien commun et la transparence, laissant les citoyens désabusés quant à l’intégrité des élus et leurs décisions. MC

Les dépenses des ex-Premiers ministres français explosent : Des millions dépensés en avantages...

Les dépenses des anciens Premiers ministres français révèlent des coûts élevés

Plus de 1,23 million d’euros de l’argent des contribuables ont été alloués pour soutenir 11 anciens premiers ministres français en 2023, soit une augmentation de 27 pour cent par rapport à l’année précédente. Ce financement couvre les dépenses telles que les voitures, les chauffeurs et les secrétaires de ces personnes, qui ont quitté leurs fonctions il y a plus de 15 ans. Marie-Christine Dalloz, une législatrice de droite, a obtenu des documents révélant ces chiffres et les a partagés avec POLITICO. Parmi les anciens premiers ministres les plus chers à entretenir, on trouve Dominique de Villepin, Jean-Pierre Raffarin et Lionel Jospin.

Les prestations et la situation financière en France

Ces coûts n’incluent pas les prestations de retraite et les dépenses de sécurité, qui relèvent de la responsabilité du ministère de l’intérieur. Le système actuel d’octroi de ces avantages découle d’un décret de 2019 pris par le Premier ministre de l’époque, Édouard Philippe, qui prévoit un soutien pendant dix ans après la cessation des fonctions. Toutefois, cet avantage est supprimé si l’ancien Premier ministre occupe une autre fonction gouvernementale ou s’il atteint son 67e anniversaire (sauf s’il a exercé ses fonctions avant 2019, auquel cas l’avantage est accordé à vie).

Les législateurs et l’image publique des anciens Premiers ministres

Tout en reconnaissant que les dépenses ne sont pas excessives, Mme Dalloz a exhorté les anciens chefs de gouvernement à faire preuve d’une plus grande frugalité, compte tenu de la situation financière difficile de la France. Les législateurs examinent actuellement un budget pour 2025 visant à réduire les dépenses de 40 milliards d’euros et à lever 20 milliards d’euros supplémentaires par le biais des impôts. Mme Dalloz a particulièrement mis l’accent sur certains anciens premiers ministres qui apparaissent fréquemment dans des émissions de télévision, leur suggérant de tenir compte de leur image publique en même temps que des réalités économiques de la France.

Dépenses notables des anciens Premiers ministres

M. de Villepin, connu pour son discours passionné contre la guerre en Irak aux Nations unies en 2003 et pour son rôle ultérieur en tant que premier ministre de Jacques Chirac de 2005 à 2007, est un commentateur important des médias français. Il dirige actuellement Villepin International, une société de conseil aux leaders mondiaux. En 2023, les dépenses de M. de Villepin s’élèvent à 197.540 euros – le montant le plus élevé parmi les anciens premiers ministres – dont 6.287 euros pour l’utilisation d’une voiture et 191.252 euros pour les frais de personnel. M. Raffarin, dont les entreprises prospèrent en Chine, a engagé 167.467 euros de dépenses, et M. Jospin 162.012 euros.

Autres dépenses et exclusions notables

Plusieurs autres anciens premiers ministres ont dépassé les 100.000 euros de dépenses, notamment Manuel Valls, François Fillon, Bernard Cazeneuve et Edouard Balladur. À l’inverse, Alain Juppé, Jean-Marc Ayrault et Édith Cresson ont eu des frais nettement moins élevés. Jean Castex, qui dirige aujourd’hui la RATP, est l’ancien Premier ministre le moins coûteux, avec aucun frais de personnel et seulement 3.607 euros de frais de voiture.

Comparaison des dépenses des anciens présidents vivants

Gabriel Attal, Élisabeth Borne, Laurent Fabius et Philippe – qui vise la présidence lors des prochaines élections – ne figurent pas dans cette liste. Borne a occupé le poste de Premier ministre en 2023, tandis qu’Attal a été nommé en 2024. Fabius et Philippe occupent quant à eux d’autres fonctions publiques, ce qui les empêche temporairement de bénéficier de ces avantages.

Le total des dépenses consacrées aux anciens premiers ministres a légèrement dépassé les dépenses allouées aux deux anciens présidents français encore en vie, François Hollande et Nicolas Sarkozy. En 2023, 1,08 million d’euros ont été consacrés au personnel, aux bureaux, à l’équipement, à la logistique, aux voyages et aux divertissements pour le duo, soit une baisse de 12 pour cent par rapport à 2022.

https://fr.businessam.be/depenses-ex-premiers-ministres-francais-explosent-millions-avantages/

Claude Guéant et le tableau africain : quand un ancien ministre embarque une toile appartenant à l'Etat

Pourquoi, dans les ministères et ambassades, le mobilier et les œuvres d'art ont-ils tendance à se volatiliser, comme le constate un document de "Complément d'enquête" à voir le 6 octobre 2022 ? Y aurait-il une tentation à s'approprier les biens de l'Etat, même chez les plus hauts personnages de la République ? Pourraient-ils parfois profiter d'une zone grise, celle des cadeaux ? Dans cet extrait, un ministre de l'Intérieur se voit offrir un tableau lors d'une visite officielle...

En novembre 2011, le ministre de l'Intérieur se rend en visite officielle en Côte d'Ivoire. Il s'agit alors de Claude Guéant, qui est reçu avec tous les honneurs. Il faut dire qu'il n'est pas venu les mains vides : dans ses bagages, 34 voitures de police pour l'Etat ivoirien. Pour le remercier, le président Ouattara lui offre un tableau d'un peintre local, dont la valeur pourrait atteindre 20 000 euros.

Deux ans plus tard, alors que Claude Guéant a quitté la place Beauvau, le tableau est visible en arrière-plan lors d'une interview filmée dans son cabinet d'avocat. L'ancien ministre avait-il le droit de le conserver ? 

Une circulaire Fillon 

La réponse se trouve dans une circulaire de 2007, où le Premier ministre de l'époque indique la marche à suivre en pareil cas : "Les cadeaux offerts aux membres du gouvernement ou à leur conjoint dans la cadre de l'exercice des fonctions gouvernementales sont, pour leurs auteurs, la manifestation de leur volonté d'honorer la France. (...) Il est en conséquence normal qu'ils n'entrent pas dans le patrimoine du ministre ou de sa famille." Autrement dit, décrypte Eric Landot, avocat spécialiste du droit public, "si vous recevez un cadeau, on va partir du principe que c'est pour l'Etat que c'est arrivé, et donc c'est à l'Etat que vous le reversez". 

Claude Guéant a-t-il pu penser que le tableau lui était offert à lui, en tant que Claude Guéant, et non en tant que ministre de la République ? "Bien sûr", convient-il lorsque "Complément d'enquête" lui pose la question au téléphone (il ne sait pas qu'il est enregistré). 

"- Ce tableau, vous l'avez encore ?
- Evidemment ! Il est chez moi."

Claude Guéant, ancien ministre de l'Intérieur

interrogé par "Complément d'enquête"

"En tout état de cause, argue-t-il, sa valeur ne justifie certainement pas qu'il soit revenu aux collections nationales". Me Landot, lui, a une autre lecture de la circulaire Fillon : conduit-elle "à ce que ce cadeau soit fait au nom de l'Etat, et que donc ce tableau eût dû être donné au Mobilier national ? La réponse est oui !" Aucune action judiciaire n'a été intentée à ce sujet contre Claude Guéant.

Extrait de "Patrimoine de l’Etat : où sont passés les joyaux de la République ?", un document à voir dans "Complément d'enquête" le 6 octobre 2022.

 

https://www.francetvinfo.fr/culture/patrimoine/video-claude-gueant-et-le-tableau-africain-quand-un-ancien-ministre-embarque-une-toile-appartenant-a-l-etat_5396698.html#xtor=EPR-555-[newsletterquotidienne]-20221007&pid=726375-1535047208-be45da26

Wargon, Castex, Buzyn, Castaner ... Comment l'Elysée assure le recasage des figures de la macronie

L'ancienne ministre du Logement d'Emmanuel Macron, Emmanuelle Wargon, a été nommée mercredi 17 août à la tête de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). D'autres anciens membres du gouvernement ont retrouvé des postes, avec un coup de pouce plus ou moins appuyé de l'Élysée.

"Par décret du président de la République en date du 16 août 2022, Mme Emmanuelle Wargon est nommée présidente de la Commission de régulation de l'énergie", indique le texte paru au Journal officiel mercredi 17 août. Le nom de l'ancienne secrétaire d'État à l'Ecologie (2018-2020), puis ministre du Logement (2020-2022) avait été proposé en juillet par Emmanuel Macron pour présider la CRE, l'autorité indépendante chargée de garantir le bon fonctionnement des marchés français de l'énergie. 

Pourtant, début août, les parlementaires s'étaient majoritairement exprimés contre son arrivée à la tête du régulateur de l'énergie. Après avoir été débarquée du gouvernement en mai, et sèchement battue aux législatives dans le Val-de-Marne, elle avait recueilli au total 43 voix pour et 48 voix contre sa nomination au sein des deux chambres. Pas de quoi faire capoter sa nomination puisque l'article 13 de la Constitution indique que les parlementaires doivent réunir "au moins les trois cinquièmes des suffrages exprimés" pour s'opposer à une nomination proposée par l'Élysée.

Le "fait du prince"

Du côté des oppositions, cette nomination ne passe pas. "Emmanuel Macron impose Emmanuelle Wargon", s'agace le président délégué du groupe RN Jean-Philippe Tanguy, quand la gauche dénonçait un "fait du prince" début août. 

Le président de la République a en effet la main pour nommer les présidents des autorités administratives indépendantes (AAI). L'ex-Premier ministre Jean Castex a été nommé par Emmanuel Macron, sur proposition d'Elisabeth Borne, à la tête de l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFIT). Cette autorité contribue au financement des grands projets de mobilité dans le cadre de la stratégie fixée par le gouvernement, sans avoir de pouvoir de décision. Un établissement qui a été néanmoins jugé peu utile par plusieurs rapports de la Cour des comptes, qualifié notamment de "quasi coquille vide" et qui, selon les magistrats financiers, servirait seulement au ministère des Transports à contourner le droit budgétaire, selon un référé de 2016. 

Fin juillet, par un décret présidentiel, l'ancienne ministre de la santé Agnès Buzyn est arrivée à la Cour des comptes pour cinq ans non renouvelables. En février dernier, Jacqueline Gourault, alors ministre de la Cohésion des territoires s'est vu offrir un siège au Conseil constitutionnel.

Mais le recasage des anciens ministres par l'Élysée atteint ses limites. "On ne va pas pouvoir faire ça partout", prévient un ponte de la macronie et certains "ex" s'inquièteraient d'un risque de polémique. Des interrogations demeurent quant à l'avenir de vieux compagnons de route, comme Christophe Castaner, un des grands perdants des législatives, désormais sans mandat. Certains assurent qu'il cherche dans le privé, d'autres qu'il pourrait être intéressé par l'Ademe, l'agence de la transition écologique. Il pourrait donc, lui aussi, bénéficier d'un coup de pouce présidentiel.

Hadrien Bect, édité par Valentin Moylen - franceinfo
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https://www.francetvinfo.fr/politique/jean-castex/gouvernement-de-jean-castex/wargon-castex-buzyn-castaner-comment-l-elysee-assure-le-recasage-des-figures-de-la-macronie_5313010.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20220818-[lestitres-coldroite/titre2]

Le pactole de François Baroin chez Barclays

Nommé président de la banque Barclays France au mois de janvier dernier, l’ex-ministre et maire de Troyes François Baroin a négocié une excellente rémunération, qui s’ajoute à d’autres revenus conséquents.

Attendu comme le messie par une partie de la droite française dans les mois qui ont précédé la présidentielle, François Baroin, 56 ans, a finalement renoncé à se lancer dans la bataille pour l’Elysée. L’édile de Troyes, ex-président de l’association des maires de France (AMF), craignait trop d’exposer ses trois enfants et sa compagne, l’actrice Michèle Laroque, à la gigantesque pression d’une campagne présidentielle.

Si l’éternel espoir de la droite a esquivé la course à la fonction suprême, il a néanmoins un agenda rempli à bloc par de nombreuses activités lucratives qu’il cumule (légalement) avec la mairie de Troyes (Aube) et la présidence de l’agglomération Troyes Champagne Métropole. Deux mandats respectivement rémunérés 4.500 euros brut et 2.600 euros net par mois. Certes, l’hyperactif a allégé son emploi du temps fin 2021, puisque son mandat de président de l’AMF - où David Lisnard lui a succédé - a pris fin.

Mais il en a profité pour ajouter une nouvelle corde à son arc. En janvier 2022, la prestigieuse banque britannique Barclays - dont il était précédemment senior advisor - l’a nommé président de sa filiale française. Un poste en or.

Chez Barclays, François Baroin a décroché un salaire très confortable, comme l’indique sa déclaration d’intérêts, récemment remise à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Son montant ? 21.900 euros net par mois, soit un peu plus de 260.000 euros par an. Le maire de Troyes possède aussi son propre cabinet de conseil, la SAS FB Conseil, qui lui a permis d’engranger 310.000 euros en 2019. En 2020, il a également engrangé 91.000 euros en tant qu’avocat associé du cabinet STAS, que dirige Francis Szpiner, maire du 16ème arrondissement de Paris.

Enfin, il perçoit des jetons de présence pour sa participation à plusieurs conseils d’administration de la compagnie belge Sea-Invest. Des fonctions qui lui ont rapporté 30.000 euros en 2020, puis 13.500 euros en 2021.

Contacté, François Baroin n'avait pas répondu à notre demande au moment de la publication de cet article.

 

https://www.capital.fr/economie-politique/le-pactole-de-francois-baroin-chez-barclays-1437076

Voilà le montant de la retraite de François Hollande

Le président sortant devrait toucher une pension mensuelle équivalente à 15 000 euros net, sans compter un appartement de fonction meublé et équipé, deux personnes affectées à son service, une voiture avec deux chauffeurs, deux policiers et sept collaborateurs...

 

Combien va-t-il toucher? Ses indemnités de fin de mandat sont conséquentes, calcule Le Figaro.

Selon des chiffres fournis par le cabinet de l'Élysée à René Dosière, député socialiste spécialiste des comptes publics, le président sortant devrait toucher une pension mensuelle équivalente à 15 000 euros net. Un total obtenu grâce au cumul de quatre indemnités différentes: celle d'ancien président de la République (5184 euros net), d'ex-député de Corrèze (6208 net), d'ancien conseiller de la Cour des comptes (3473 euros net) et finalement d'ancien président du conseil général de Corrèze (235 euros).

Un total qui pourrait encore grimper si François Hollande émet le souhait de siéger au Conseil constitutionnel (14 000 euros bruts mensuels).

Des avantages en nature

Comme tous les présidents sortants, François Hollande devrait également bénéficier d'un appartement de fonction meublé et équipé, de deux personnes affectées à son service.

Il aura également accès à une voiture de fonction avec deux chauffeurs. Par ailleurs, deux policiers assureront en permanence sa protection rapprochée et sept collaborateurs l'assisteront dans ses affaires courantes.

Une réforme voulue par Hollande

Cette situation ne sera que temporaire : le décret paru au Journal officiel le 4 octobre 2016 -suite à la réforme voulue par François Hollande lui-même- prévoit désormais une dégressivité des moyens accordés aux anciens présidents de la République, avec une réduction du nombre de collaborateurs au-delà de la cinquième année suivant leur départ de l'Elysée.

Le nombre des «collaborateurs permanents» passera alors, pour le président sortant, de sept à trois, celui des agents de service de deux à un. Autre mauvaise nouvelle pour les futurs ex-présidents: ils ne bénéficieront plus de l'accès illimité - et gratuit - à la SNCF.

Trop chers ex-présidents

Pour René Dosière, le coût annuel total des frais cumulés de Valéry Giscard d'Estaing (3,9 millions d'euros), Nicolas Sarkozy (3,3 millions) et Jacques Chirac (2,4 millions) atteindrait 10 millions d'euros. Un chiffre qui, précise-t-il, n'inclut ni leur indemnité mensuelle d'ancien président, ni la rémunération touchée à l'heure actuelle par Valéry Giscard d'Estaing au Conseil constitutionnel (14 000 euros bruts mensuels).

C'est face à ce coût exorbitant que représentent les anciens présidents de la République pour l'État, rien qu'en frais matériels, qu'une réforme a été souhaitée par le président sortant.

Hollande, derniers recasages avant inventaire

Dans une ambiance de fin de règne, François Hollande et Manuel Valls recasent leurs fidèles à tout-va. Dernier en date : le député PS du Nord Bernard Roman.

 

 

 

 

L'homme est connu à l'Assemblée nationale pour être un champion des mots croisés, capable de remplir ceux du Monde en dix minutes, tout en sifflotant. Mais ce n'est pas pour cette raison que Bernard Roman, 63 ans, député PS du Nord, va être recasé par François Hollande à la tête de l'Arafer (Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières) en remplacement de Pierre Cardo, dont le mandat expire.

Instituteur de formation, Bernard Roman a pris sa carte au PS en 1974. Il fut le dauphin de Pierre Mauroy à la mairie de Lille durant vingt ans, mais a dû s'incliner devant Martine Aubry au moment de la passation des pouvoirs en 1995. Proche de DSK, de cette gauche réformiste, il fait partie des députés qui n'ont jamais posé de problème à François Hollande au cours de ce quinquennat. Pierre Mauroy, dans ses mémoires, prétend l'avoir écarté de sa succession à Lille en raison de son appartenance supposée à la franc-maçonnerie (GLDF), un obstacle vis-à-vis des cathos de gauche lillois... En tout cas, la rupture est consommée avec Martine Aubry depuis le début des années 2000, car la maire de Lille soupçonne Roman d'avoir alimenté le journaliste Philippe Alexandre, auteur d'un brûlot sur La Dame des 35 heures (coécrit avec Béatrix de L'Aulnoit). Autant dire que lors du Congrès de Reims de 2008 qui vit Martine Aubry devancer Ségolène Royal, Bernard Roman se tint assez loin des basses intrigues qui agitèrent le scrutin interne au PS à Lille...

Une pierre trois coups

On murmure que ce recasage à l'Arafer permettrait à Hollande de faire trois heureux. Roman, qui toucherait là son bâton de maréchal, et François Lamy, l'ancien ministre délégué à la Ville, à qui il laisserait la première circonscription du Nord, l'une des plus sûres pour la gauche. Roman avait été élu avec 64,85 % en 2012 au second tour. De l'avis général, les circonscriptions PS deviennent difficiles en dessous de 59 % en vue de 2017. Troisième sujet de la câlinothérapie hollandaise : Martine Aubry, dont François Lamy est le fidèle allié. Hollande fait donc d'une pierre trois coups. Bernard Roman voit aussi récompenser un travail sans relâche au sein de la fédération du PS du Nord, dont la gestion n'a pas toujours été simple.

Voilà donc qui rebattrait un peu les cartes dans cette circonscription du Nord où Aubry et Valls s'affrontent. En effet, c'est aussi sur ce territoire que Patrick Kanner, désormais proche de Valls, est élu aux départementales. Le parachutage de Lamy aux législatives de 2017 dans la première circonscription de Lille permettrait ainsi à Aubry d'avancer un pion pour l'après-Hollande...

Valls protège ses fidèles

Dans le domaine du recasage, François Hollande ne se différencie guère de ses prédécesseurs. Il y a quelques mois, il avait, dans les mêmes conditions, proposé la promotion de François Brottes, député PS de l'Isère, à la présidence de RTE (réseau de transport d'électricité). Pour éviter la tenue d'une élection législative partielle, le dénommé Brottes avait été nommé « parlementaire en mission » quelques mois auparavant. Un subterfuge qui n'était pas non plus passé inaperçu.

À Matignon, Manuel Valls, de son côté, fait ce qu'il peut pour protéger les siens. C'est ainsi qu'il a obtenu pour Sébastien Gros et Christian Gravel, deux membres de sa garde rapprochée, le statut de « préfet hors cadre », un haut grade de la fonction publique qui les met à l'abri du besoin pour le restant de leurs jours. Une manière pour un homme qui vise les sommets de récompenser la fidélité de ceux qui lui ont fait confiance.

L'Élysée, Matignon et l'ensemble des ministères sont engagés depuis plusieurs mois dans une vaste opération de « placement » des conseillers techniques. Dans ce « sauve-qui-peut » traditionnel des fins de mandat, chacun espère un peu mieux, une carrière plus dorée qu'elle ne l'était, la reconnaissance de leurs expertises acquises, des sacrifices familiaux consentis durant la vie de cabinet (les conseillers sont corvéables à merci)... Le placement le plus enviable est encore d'obtenir du chef de l'État une nomination dans un grand corps « au tour extérieur ». Ce Graal n'est pas donné à tout le monde et il faut vraiment être dans les petits papiers du président pour l'espérer.

 

Pour justifier le parachutage de son directeur de cabinet Philippe Mauguin à la tête de l'Inra, le ministre se pare des vertus de la transparence. Osé !

 

 

Lors des questions au gouvernement mercredi 6 juillet à l'Assemblée nationale, le député LR Patrick Hetzel s'indigne de la nomination de Philippe Mauguin à la tête de l'Institut national de recherche agronomique (Inra). Philippe Mauguin ? C'est le directeur de cabinet de Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, porte-parole du gouvernement et animateur de Hé oh la gauche !, mouvement de soutien à François Hollande.

 

 

 

Cette promotion, qui a tout du parachutage précédant une possible catastrophe électorale, est envisagée depuis des mois. Un collectif de chercheurs a multiplié les signaux d'alarme. Il a même lancé une pétition qui a recueilli plus de 1 000 chercheurs signataires en 24 heures. Mais lundi 4 juillet, avec une sobriété et une discrétion désarmantes, l'Élysée a publié un bref communiqué confirmant que le chef de l'État « envisage de nommer » Philippe Mauguin à la tête de l'Inra. L'emploi du verbe « envisager » n'est pas anodin. Il préserve les apparences de la transparence et de la régularité de la procédure.

 

Transparence en peau de lapin

Que reproche Patrick Hetzel à cette opération ? De « privilégier une nouvelle fois le copinage plutôt que les compétences », de promouvoir un fonctionnaire qui n'a aucunement le profil d'un chercheur et d'être frappée d'illégalité dans la mesure où Philippe Mauguin exerçait la tutelle de l'Institut qu'il prétend diriger.

Stéphane Le Foll, indigné, répond que l'Inra se situant dans la sphère publique, le délit de pantoufle n'est pas constitué. Peut-être. Mais qu'en est-il du copinage ? Son directeur de cabinet est en compétition avec un autre candidat, qui n'est autre que l'actuel PDG de l'Inra, qui semble donner toute satisfaction. Celui-ci, de surcroît, est un scientifique reconnu, titulaire d'un doctorat, spécialiste de la modélisation de plantes et des systèmes écologiques. Philippe Mauguin, lui, a effectué toute sa carrière dans l'administration centrale et les cabinets ministériels, puisque, avant de seconder Stéphane Le Foll, il a été le conseiller agriculture du Premier ministre Lionel Jospin. Il ne peut toutefois exciper d'aucun doctorat, ce qui est considéré comme un problème par nombre de scientifiques : pour diriger le premier institut de recherche agronomique européen, assurent-ils, il est indispensable de bénéficier de cette légitimité.

Usine à gaz bureaucratique

Mais le plus surprenant, c'est la réponse de Stéphane Le Foll à Patrick Hetzel. Le ministre se permet de donner des leçons de transparence : « Avec la loi Fioraso, nous avons donc changé les règles, assène-t-il. Une commission d'experts incontestables s'est réunie et a étudié les dossiers des deux candidats. Leur rapport, pour la première fois, sera transmis par le secrétariat général aux présidents des commissions de chaque assemblée qui statueront sur la candidature. »

Il s'agit d'une version à la fois tronquée et accommodée de la réalité. Le ministre omet de dire que l'Élysée a d'ores et déjà « envisagé » de parachuter son directeur de cabinet. Il oublie aussi de préciser que la consultation des parlementaires résulte de la loi organique de 2010 – adoptée sous le mandat de Nicolas Sarkozy –, et non de la loi Fioraso. Il passe enfin sous silence le fait que, sauf si les trois cinquièmes des suffrages des commissions de l'Assemblée nationale et du Sénat s'opposent à cette nomination, c'est le pouvoir exécutif qui aura le dernier mot.

Ce qu'il ne semble pas réaliser non plus, c'est que la procédure qu'il vante est assez éloignée de la transparence et ressemble plutôt à une usine à gaz bureaucratique. Il a fallu dans un premier temps publier au Journal officiel un avis de vacance pour le poste et créer une commission d'experts qui a auditionné les deux candidats. Puis François Hollande a pu « envisager » la candidature de son protégé. Sur quels critères ? Mystère : la transparence, en effet, ne va pas jusqu'à publier les conclusions rendues par les experts. Il ne restera plus qu'à nommer Philippe Mauguin au creux de l'été, entre le 14 juillet et le 15 août, pour que la « République exemplaire » se distingue vraiment.

 

Le chauffeur de Lionel Jospin et son pistolet

Le chauffeur de l'ancien Premier ministre, qui n'est pas policier, conduit son patron avec une arme au ceinturon. Contre tous les usages.

 

 

 

Devenu membre du Conseil constitutionnel, Lionel Jospin, locataire de Matignon de 1997 à 2002, continue de bénéficier des avantages liés à ses anciennes fonctions. Et peut-être même un peu plus. Selon les usages républicains, le Premier ministre qui a quitté l'hôtel Matignon peut conserver une voiture avec chauffeur à vie, un officier de sécurité et éventuellement une secrétaire. Lionel Jospin, lui, dispose d'un chauffeur, d'une secrétaire... et de trois officiers de sécurité.

La Cour des comptes avait estimé en 2010 le coût d'un garde du corps de la République à près de 70 000 euros par an.

Lionel Jospin, nostalgie oblige, a conservé son chauffeur du temps de Matignon. José M., ancien militant socialiste, était homme à tout faire rue de Solférino avant de conduire l'illustre chef du gouvernement. Devenu fonctionnaire rattaché au secrétariat général du gouvernement (SGG) – une institution qui dépend du Premier ministre –, José M. a pu obtenir un permis de port d'arme –renouvelable chaque année – pour un Glock 19, un modèle de pistolet habituellement dévolu à certaines unités d'élite des forces de l'ordre du type BRB ou GIGN.

Comment un salarié du PS a-t-il pu devenir fonctionnaire ?

Problème : ces autorisations de port d'arme, délivrées au compte-gouttes, sont généralement refusées aux demandeurs hors de ces corps d'élite. Pourquoi donc avoir délivré au chauffeur une autorisation alors que l'ancien Premier ministre est déjà accompagné de gardes du corps armés ?

Autre mystère : comment un salarié du PS a-t-il pu devenir fonctionnaire au SGG ? Autant de questions que Le Point a posées au secrétariat général du gouvernement, qui nous a renvoyé vers Lionel Jospin. "Il a bien reçu le mail qui nous a été transmis par le SGG, il va vous répondre", indique l'assistante rue de Montpensier. On attend toujours.

 

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Le pédagogue :<br /> <br /> <br /> - Tout conte fait, le non cul-mul des mandats zéléc-taureaux, con-solide la démo-cratie.<br /> Dès que j’ai eu la présidence de la région, j’ai laissé tomber les mandats de député et de maire.<br /> Le manque à gagner ?<br /> La démo-cratie ne perd pas.<br /> J’ai fait voter, démon nain stallation, un texte pour toucher, démo-cratique-ment, le manque à gagner.<br /> - La République a tout prévu.<br /> - Et lorsqu’elle oublie, les zélés cteurs et les zélées ctrices raie-parent.
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