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la gazette des vers de terre

Publié le par ottolilienthal

Les vers de terre contribueraient à 6,5 % de la production mondiale de céréales...

Pour la première fois, une étude quantifie l’apport des vers de terre à l’agriculture. S’ils étaient un pays, s’amuse “The Guardian”, ces invertébrés seraient le quatrième producteur mondial de céréales.

Que les vers de terre soient essentiels à l’écosystème du sol et qu’ils soutiennent la croissance des plantes de nombreuses façons n’est pas une nouvelle en soi. Ce qui l’est, en revanche, c’est la quantification de l’apport de ces invertébrés à la production agricole. Et c’est ce que propose l’étude publiée dans Nature Communications le 26 septembre.

Selon les chercheurs, les lombrics participeraient à environ 6,5 % de la production mondiale de céréales (maïs, riz, blé, orge) et à 2,3 % de la production de légumineuses, “ce qui équivaut à plus de 140 millions de tonnes par an”, écrivent les auteurs. “Ce qui ferait des vers de terre le quatrième producteur mondial, s’ils étaient un pays”, note The Guardian, qui rappelle que “la Russie a produit 150 millions de tonnes en 2022 et prévoit d’en produire 120 millions cette année”.

Pour cette étude, les chercheurs ont analysé et superposé des cartes de propriétés des sols, de présence et d’abondance des lombrics ainsi que de rendement des cultures. “En creusant et en se nourrissant sous terre, les vers décomposent la matière organique et aèrent les sols, augmentant ainsi leur fertilité et rendant les nutriments disponibles pour les organismes plus petits. Ils aident également les sols à capter et à retenir l’eau”, explique le quotidien britannique.

Les auteurs ajoutent : “Nos conclusions semblent indiquer que le lombric joue un rôle essentiel dans la production alimentaire mondiale, et que la mise en place de mesures et de pratiques agroécologiques visant à consolider les populations de vers de terre et la biodiversité des sols en général pourrait fortement contribuer à atteindre les objectifs de développement d’une agriculture durable.”

https://www.courrierinternational.com/article/le-chiffre-du-jour-les-vers-de-terre-contribueraient-a-6-5-de-la-production-mondiale-de-cereales

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Au Canada, les vers de terre européens menacent la forêt...

Avec la dernière glaciation, les vers de terre ont quasiment disparu du Canada. Réintroduits il y a quatre cents ans par les colons européens, ils sont bénéfiques pour les champs cultivés, beaucoup moins pour les forêts, observe le journal québécois “Le Devoir”.

La scène vous est peut-être familière. Après une journée de pêche, il vous reste quelques appâts vivants dans le fond du contenant. Par réflexe, vous les déposez au sol, convaincu de faire un geste inoffensif, voire utile à la nature. Pourtant, sans le vouloir, vous contribuez à une colonisation silencieuse qui bouleverse les forêts canadiennes : l’introduction de vers de terre non indigènes dans le sol.

Comme l’explique Jérôme Laganière, chercheur à Ressources naturelles Canada [le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles fédéral] :

“La plupart des vers de terre présents au Canada, surtout dans le Nord et au Québec, sont d’origine européenne.”

En effet, la majorité des vers de terre au pays ne sont pas indigènes et ont été introduits sur le continent il y a quelques centaines d’années.

Lors de la dernière glaciation, il y a plusieurs millénaires, une épaisse couche de glace recouvrant le pays s’est formée, éradiquant du même coup presque toutes les populations de vers locales. À l’exception près de quelques zones restreintes dans l’Ouest canadien, notamment au Yukon et en Colombie-Britannique, qui abritent encore des espèces de vers indigènes.

Des vers ont traversé l’océan

Puis, il y a environ quatre cents ans, avec la colonisation européenne sont apparus les vers tels qu’on les connaît maintenant. Les colons ont transporté de la terre, des plantes et des légumes, introduisant involontairement ces organismes dans des milieux qui en étaient dépourvus. Mais pas partout.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, une grande partie des forêts canadiennes n’abrite toujours pas de vers de terre. Une étude menée au Nouveau-Brunswick a révélé que 60 % des forêts échantillonnées n’étaient pas colonisées. “C’est énorme, surtout dans une province qui a une longue histoire agricole”, note le chercheur. Ces milieux restent vulnérables, et il suffit de quelques appâts relâchés pour que le processus s’enclenche.

Profitables dans les champs, dérangeants dans la forêt

Les vers de terre prospèrent particulièrement dans les forêts de feuillus, dont les feuilles, riches en nutriments et au pH plus élevé, sont idéales pour leur survie, explique le chercheur. On les trouve plus souvent près des terres agricoles, des routes, des cours d’eau et d’autres zones où l’activité humaine est forte.

En milieu agricole, les vers de terre sont vus comme bénéfiques : ils ameublissent les sols, créent des galeries et accélèrent la décomposition de la matière organique. Par contre, en forêt, leur présence bouleverse l’équilibre naturel.

Les feuilles mortes forment une épaisse couche de litière et d’humus au sol. Celle-ci est essentielle à la germination des plantes de sous-bois et sert d’habitat à de nombreux insectes, amphibiens et petits mammifères. Les vers de terre peuvent réduire cette couche de 95 %, voire la faire disparaître. Résultat, explique Jérôme Laganière :

“Ces couches organiques sont des réservoirs de carbone importants, et leur disparition réduit directement le rôle des forêts dans la lutte contre les changements climatiques.”

La recommandation est claire : il ne faut pas relâcher ses appâts dans la nature. “C’est le principal vecteur de colonisation des forêts nordiques”, indique le chercheur. On trouve désormais des vers de terre jusqu’au Labrador et au Nunavut, à la suite de leur introduction dans des zones de pêche sportive.

Jérôme Laganière recommande plutôt aux pêcheurs de réutiliser leurs vers lors de prochaines sorties, en les conservant au réfrigérateur, ou de les jeter à la poubelle. “Et si vous tenez à leur donner une seconde vie, assurez-vous de les déposer dans un jardin ou une plate-bande déjà colonisés par les vers de terre”, précise-t-il.

Le message s’adresse autant aux amateurs qu’aux professionnels, parce qu’un geste apparemment anodin peut avoir des conséquences durables sur la santé de nos écosystèmes, conclut le chercheur.

https://www.courrierinternational.com/article/environnement-au-canada-les-vers-de-terre-europeens-menacent-la-foret_234757

Pourquoi la disparition des vers de terre serait une catastrophe pour la planète

 

 Une étude montre que le changement climatique perturbe les vers de terre, qui remplissent des fonctions essentielles sur la planète

 
 
 

Et si les vers de terre disparaissaient ? Ce ne serait sans doute pas pour déplaire aux anthelmophobes, qui ont une peur bleue de ces herbivores rampants, mais une véritable catastrophe pour la planète.  Une étude scientifique, publiée le 25 octobre en Une de la revue Science, s’inquiète de l’impact des changements climatiques sur ces petits êtres visqueux, qui rendent de sacrés services à l'environnement.

« Les vers de terre sont à la fois acteurs et indicateurs de la qualité des sols, ce sont de véritables ingénieurs », explique à 20 Minutes le Montpelliérain Raphaël Marichal, chercheur au Cirad, qui figure parmi les scientifiques du monde entier qui ont étudié à la loupe le comportement des vers. En creusant des galeries qui aèrent les sols ou en grignotant les débris organiques, ces petits animaux participent au bon fonctionnement de l’environnement. Ils donnent aussi d’autres coups de pouce à la nature, en fournissant par exemple des nutriments aux plantes, ou en stockant le carbone dans le sol.

Précipitations, températures et humidité du sol

Leur disparition serait ainsi une très mauvaise nouvelle pour la Terre. « Compte tenu de leur rôle, nous sommes préoccupés par les éventuels effets en cascade sur d’autres organismes tels que les microbes, les insectes du sol et les plantes », craint Nico Eisenhauer, de l’université de Leipzig, en Allemagne, qui a coordonné ces travaux.

« Les facteurs qui ont le plus d’importance pour les vers de terre sont les précipitations, les températures et l’humidité du sol, reprend Raphaël Marichal. Ces trois facteurs vont fortement être impactés par le réchauffement climatique, qui risque d’avoir un impact très négatif sur les populations de vers de terre, et sur les fonctions qu’ils occupent. »

 

Nicolas Bonzom

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