finances : vous reprendrez bien un peu de déconfiture ?
Richard Bookstaber, économiste américain ayant prédit le krach de 2008, tire à nouveau la sonnette d’alarme. Selon lui, l’économie mondiale pourrait être confrontée à une crise d’une ampleur inédite...
Une alerte sérieuse. Richard Bookstaber, spécialiste reconnu de la finance et ancien responsable au Trésor américain, met en garde contre les risques à venir. Dans une tribune publiée dans le The New York Times, repérée par Le Parisien, il estime que l’économie mondiale pourrait être confrontée à une crise encore plus grave que celle de 2008. «J’ai prédit la crise financière de 2008, ce qui arrive pourrait être pire», prévient-il. Déjà en 2007, dans son livre A Demon of Our Own Design, l’économiste pointait les failles du système financier mondial.
Près de vingt ans plus tard, il estime que les risques refont surface, cette fois sous une forme différente et potentiellement plus menaçante. Contrairement à la crise des subprimes, qui était centrée sur l’immobilier, les menaces actuelles sont multiples. L’intelligence artificielle, le développement du crédit privé, la forte concentration des marchés boursiers ou encore les tensions géopolitiques, notamment autour de Taïwan et de l’Iran, sont autant de facteurs de fragilité. Pris séparément, ces risques sont connus. Mais selon Richard Bookstaber, c’est leur combinaison qui inquiète le plus.
Crédit privé et Bourse américaine, facteurs de fragilité
Le problème, selon lui, vient d’un système devenu très interconnecté. Autrement dit, un choc, même limité, pourrait rapidement se propager à l’ensemble de l’économie mondiale. Parmi les points de vigilance, le marché du crédit privé occupe une place importante. Ce secteur, en forte croissance depuis la crise de 2008, permet à des fonds d’investissement de prêter directement aux entreprises, sans passer par les banques. Mais ces actifs sont peu échangés, ce qui rend leur valeur difficile à estimer. «Les investisseurs ne savent pas vraiment ce que valent ces actifs ni à quel point ils sont liquides», indique l’économiste.
En cas de panique, il pourrait être difficile de vendre rapidement, ce qui accentuerait les tensions. Autre sujet d’inquiétude : la Bourse américaine. Aujourd’hui, une poignée de grandes entreprises technologiques pèse très lourd dans l’indice S&P 500. Une concentration qui rend le marché plus fragile : une chute d’un seul grand groupe pourrait entraîner tout le reste.
Enfin, l’économiste insiste sur un changement majeur par rapport à 2008 : les risques ne sont plus uniquement financiers. Ils sont aussi liés au monde réel. L’essor de l’intelligence artificielle dépend par exemple d’infrastructures sensibles, comme les centres de données ou les semi-conducteurs, eux-mêmes exposés aux tensions internationales. Une crise au Moyen-Orient ou autour de Taïwan pourrait ainsi avoir des conséquences immédiates sur les marchés.
«Notre système ne s’effondre pas parce qu’une chose tourne mal, mais parce que plusieurs chocs se propagent dans la même structure», résume Richard Bookstaber. Et dans un monde aussi connecté, ces chocs pourraient se diffuser très rapidement, rendant toute crise plus difficile à contenir.
https://www.capital.fr/economie-politique/ce-qui-arrive-pourrait-etre-pire-cet-economiste-tres-connu-outre-atlantique-predit-une-plus-grosse-crise-financiere-que-2008-1524846
Un nouveau choc pétrolier, une nouvelle crise financière ? | Or.fr
https://or.fr/actualites/nouveau-choc-petrolier-nouvelle-crise-financiere-3685
Un nouveau choc pétrolier, une nouvelle crise financière ?....En quelques jours, la situation géopolitique et économique mondiale s’est brusquement tendue. L’attaque menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février a provoqué une forte hausse du prix du pétrole et ravivé les craintes inflationnistes.
La première faillite bancaire américaine de 2026 s'est produite sans troubles publics, panique boursière ni couverture médiatique prolongée, reflétant une approche administrative délibérée, fruit des pratiques réglementaires mises en place après 2008. Cette approche a été qualifiée par Daniel Tarullo, ancien responsable de la Réserve fédérale, de résolution par « continuité opérationnelle plutôt que par divulgation publique ».
Les autorités de l'Illinois ont fermé la Metropolitan Capital Bank and Trust un vendredi, transférant ses activités dans le cadre d'une procédure de résolution gérée qui a permis de préserver l'accès aux dépôts et de maintenir les obligations de prêt courantes. Cette procédure est conforme à ce que l'économiste Adam Tooze, de l'Université Columbia, décrit comme une gestion de crise visant à « dissimuler la faillite au public ».
https://globalgeopolitics.co.uk/2026/02/03/the-bank-collapse-that-wasnt-allowed-to-be-seen/
La faillite bancaire s'est déroulée selon un cadre de résolution post-2008 bien rodé, conçu pour éviter un effondrement visible tout en absorbant discrètement les pertes par le biais des instances réglementaires, illustrant ce que le professeur de droit de Harvard, Hal Scott, a défini comme une « gestion sans transparence ». Les autorités fédérales et étatiques ont évité les conférences de presse et les annonces d'urgence, limitant ainsi l'exposition du public à l'événement et réduisant le risque de contagion parmi les déposants, une stratégie conforme à la retenue en matière de communication de crise préconisée par l'ancien économiste du FMI, Desmond Lachman.
L’effondrement de Metropolitan Capital a donc fonctionné comme un signal plutôt que comme une anomalie, reflétant des fragilités structurelles plutôt qu’une mauvaise gestion isolée, une distinction soulignée par l’historien de l’économie Niall Ferguson dans son analyse des cycles financiers.
Les autorités de régulation ont reconnu que de tels échecs ont une portée symbolique, même lorsque les perturbations opérationnelles restent limitées par le contrôle administratif, un point de vue partagé par le sociologue Wolfgang Streeck concernant l’érosion de la légitimité dans les systèmes financiers en phase terminale.
Gail Tverberg 10 02 26
Nous en sommes à la partie du système de Ponzi où le type qui le dirige commence à transpirer...
La dette américaine s'élève à 38 000 milliards de dollars. Elle augmente de 6 milliards de dollars par jour, et non par an. L'année dernière, les États-Unis ont accumulé 1 000 milliards de dollars de dette supplémentaire en seulement 71 jours.
Voici le problème : les États-Unis ont payé 1 200 milliards de dollars d’intérêts sur cette dette en 2025. C’est plus que les dépenses de défense.
Alors, comment y remédier ?
1) Augmenter les impôts ? Les plus riches s’en vont (voir : la Grande-Bretagne).
2) Réduire les dépenses ? Suicide politique.
3) Défaut de paiement ? Fin de partie.
Il n'y a qu'un seul chemin :
Imprimer de l'argent.
Dévaluer la dette en diminuant la valeur du dollar.
Ray Dalio : « Dévaluer la monnaie, c'est dévaloriser la dette. »
Traduction : Vos économies, votre salaire et votre retraite sont discrètement confisqués pour rembourser la dette publique.
L'indice S&P 500 a progressé de 18 % l'an dernier. Face à l'or ? Il a reculé de 28 %. Cet écart de 46 % représente le véritable taux d'inflation qu'on vous cache.
La dévaluation monétaire n'est pas imminente : c'est une politique officielle.
https://x.com/felixprehn/status/2018625634885624035
(commentaire sur le blog de Tverberg, 03 02 26)
Les États-Unis sont confrontés à une situation budgétaire critique en 2026, avec une dette nationale qui devrait atteindre 100 pour cent du pib et des paiements d’intérêts nets dépassant 1 000 milliards de dollars (850 milliards d’euros) par an. Cette situation financière précaire place les économies asiatiques, en particulier le Japon et la Chine, les plus grands détenteurs de titres du Trésor américain, dans une position difficile. C’est ce qu’écrit Asia Times.
Le Japon peut exercer une pression sur les États-Unis
Alors que la tradition veut que ces pays aient besoin d’importantes réserves en dollars pour leurs échanges commerciaux, la trajectoire budgétaire de Washington suscite des inquiétudes quant à de nouveaux investissements dans les bons du Trésor américain. Les responsables japonais laissent entendre qu’ils pourraient utiliser leurs avoirs comme monnaie d’échange dans les négociations avec les États-Unis, à l’image des cas précédents où le Japon a envisagé de vendre des bons du Trésor américain pour faire pression.
Le Premier ministre japonais Sanae Takaichi a cherché à maintenir une relation positive avec le président Trump, mais son désir d’affaiblir le dollar pourrait entrer en conflit avec sa stratégie économique visant à stimuler la croissance des salaires japonais grâce à un yen plus faible et à des taux d’intérêt durablement bas.
Indicateurs alarmants
L’escalade de la dette nationale et l’augmentation des paiements d’intérêts sont des indicateurs alarmants de la santé financière des États-Unis. Le Congressional Budget Office prévoit que les paiements d’intérêts dépasseront pour la première fois les 1 000 milliards de dollars, et les prévisions annoncent de nouvelles augmentations dans les années à venir.
Les politiques de réduction d’impôts du président Trump, illustrées par la « One Big Beautiful Bill Act » de 2025, ont exacerbé le fardeau de la dette sans réduction correspondante des dépenses. Ses tentatives de réduction des dépenses publiques par le biais d’initiatives telles que le Department of Government Efficiency (DOGE) se sont avérées largement inefficaces.
Dommages potentiels
En outre, les droits de douane de Trump, bien qu’ils soient censés générer des recettes, ont potentiellement infligé des dommages plus importants au PIB que tous les avantages qu’ils pourraient apporter. La Cour suprême pourrait même déclarer ces droits de douane inconstitutionnels, le Congrès étant le seul habilité à imposer des taxes à l’importation.
Le gestionnaire de fonds spéculatifs Ray Dalio a tiré la sonnette d’alarme en 2025, mettant en garde contre une potentielle « spirale de la mort de la dette » aux conséquences considérables pour le système financier mondial. Il a souligné l’urgence de réduire le déficit américain pour éviter une crise économique comparable à une crise cardiaque.
Dollar faible
Ces préoccupations se reflètent dans l’évolution du dollar par rapport aux autres devises. Alors qu’il est resté stable face au yen à la fin de l’année 2025, il a connu une forte baisse face à l’euro, marquant sa plus forte chute depuis 2017. Cette tendance à l’affaiblissement devrait se poursuivre en 2026, ce qui soulève des questions quant à la domination à long terme du dollar américain.
L’incertitude entourant l’économie américaine et l’indépendance de la Réserve fédérale offre des opportunités au président chinois Xi Jinping de faire avancer son objectif d’internationalisation du yuan. Les politiques imprévisibles de Trump et son approche conflictuelle à l’égard des institutions mondiales pourraient involontairement soutenir les efforts de Pékin pour positionner le yuan comme une alternative viable au dollar.
Les défis demeurent
Toutefois, l’adoption généralisée du yuan se heurte encore à des difficultés, notamment en ce qui concerne la réticence de la Chine à libéraliser totalement ses marchés de capitaux et à instaurer une confiance suffisante parmi les investisseurs internationaux.
Si les fondements structurels de la domination du dollar persistent en raison de la profondeur et de la liquidité des marchés financiers et de la portée mondiale des institutions américaines, le climat politique actuel à Washington pourrait créer une fenêtre pour que le yuan gagne du terrain en tant qu’acteur majeur dans le paysage monétaire mondial.
https://fr.businessam.be/une-crise-de-la-dette-americaine-pourrait-elle-causer-des-problemes-a-la-chine-et-au-japon/
C’était inévitable. Après tout, la crise bancaire de 2008 remonte à 17 ans et bon nombre des principaux acteurs de l’époque ont quitté la scène. On ne peut pas raisonnablement attendre de la nouvelle génération qu’elle retienne les leçons du passé. Le monde a tourné la page, il faut s’y faire...
Beaucoup, mais pas tous. On pourrait penser que les banquiers actuels sont tenus de tirer les leçons de ce qui s’est passé à l’époque : une crise qui a failli mettre à genoux le système financier mondial, entraînant des opérations de sauvetage aux frais du contribuable pour un montant de plusieurs centaines de milliards et la perte de dizaines de milliers d’emplois. Ce serait une erreur, bien sûr. Même si, enseigner à la City comme à Wall Street que tout est cyclique, que ce qui descend finit par remonter, que les actions peuvent baisser aussi bien que grimper, et que si quelque chose paraît trop beau pour être vrai, c’est que c’est souvent le cas, tout cela n’empêche pas l’insouciance de ceux qui se croient désormais maîtres du jeu. Nous savons mieux, disent-ils. Nous sommes aux commandes, maintenant.
Nous voici donc moins de vingt ans plus tard, et le gouverneur de la Banque d’Angleterre, qui était déjà bien en place en 2008 comme chef caissier de la banque centrale, s’inquiète. Andrew Bailey a confié au comité de régulation des services financiers de la Chambre des Lords qu’il commence à voir s’allumer des signaux d’alerte. Il observe notamment un retour à « ce qu’on appelait autrefois la découpe et la titrisation des structures de prêts ».
« Si vous avez connu la crise financière ou que vous étiez impliqué à l’époque, c’est le genre de propos qui fait sonner l’alarme » , a-t-il déclaré.
Ces pratiques consistaient à emballer des prêts subprimes risqués et à les rendre vendables à des investisseurs. Les investisseurs – ou “parieurs”, selon leur jargon – pensaient placer leur argent dans un produit financier sûr, alors que c’était tout le contraire. Dès que la conjoncture changeait et que les emprunteurs n’arrivaient plus à payer, tout s’est effondré : ce qui ressemblait à du béton s’est révélé être du sable.
Cette fois, le gouverneur évoque la “banque de l’ombre” – ce marché du crédit privé où des gestionnaires de fonds, et non des banques réglementées, prêtent de l’argent à des entreprises. L’effondrement de deux sociétés américaines, First Brands et Tricolor, qui ont emprunté des milliards par ce biais, a semé une vive consternation, du moins parmi ceux qui n’ont manifestement pas la mémoire très longue.
Jouer le rôle de « canari dans la mine de charbon »
Bailey a indiqué que la Banque envisageait « très sérieusement » le scénario où ces échecs serviraient de “canari dans la mine”. Le superviseur bancaire britannique envisage d’ailleurs de mener une « simulation de crise à l’échelle du système » pour évaluer la résilience du marché.
Là, il n’y a qu’une réponse possible, ou plutôt deux : gloups et gloups. Le terrain devient sacrément familier, avec le retour de mots comme « systémique », « bateur de marché », voire « subprime ».
C’est exactement ce que faisait Tricolor. Basée au Texas, son activité consistait surtout à vendre des voitures d’occasion et à prêter de l’argent pour permettre ces achats à une clientèle à faibles revenus, majoritairement hispanique et dans de nombreux cas, sans papiers. Tricolor a reconnu que 68 % de ses emprunteurs n’avaient aucun score de crédit et que plus de la moitié ne détenaient pas de permis de conduire. Comme si cela ne suffisait pas, des soupçons de fraude planent sur la direction de Tricolor, visée par une enquête du ministère de la Justice.
Et pourtant, vu son positionnement, on aurait pensé qu’aucune banque respectable ne s’en approcherait. On aurait tort. Parmi les soutiens financiers de la désormais insolvable Tricolor figuraient JP Morgan et Barclays, cette dernière à hauteur de 110 millions de livres (environ 128,7 millions d’euros). De quoi pousser CS Venkatakrishnan, directeur général de Barclays, à déclarer que sa banque se penche sur « les leçons à tirer » de son exposition à Tricolor. Non, non et encore non.
Le patron a évoqué la possibilité d’un vol, affirmant : « Cette exposition n’était évidemment pas une surprise. La surprise, c’était la fraude. Mais la fraude n’excuse rien de notre côté. »
« Nous prenons très au sérieux la gestion du risque de crédit à chaque étape du cycle, et il faut anticiper toutes les issues, y compris la fraude » , a indiqué Venkatakrishnan.
Il tient par ailleurs à faire savoir que Barclays n’a aucun lien avec le fabricant de pièces automobiles First Brands. Venkatakrishnan explique : « Nous avons été approchés à plusieurs reprises, mais nous avons refusé. Ces deux exemples montrent que nous allons sans doute surveiller notre portefeuille de plus près. » En réalité, Barclays a décliné faute d’éléments suffisamment solides concernant First Brands. Mais pourquoi avoir été sollicité, pourquoi s’aventurer dans la banque de l’ombre ?
Barclays serait engagée à hauteur de 20 milliards de livres (environ 23,4 milliards d’euros) sur le crédit privé : assez pour ébranler le système et faire naître un risque de contagion.
C’est là qu’il faut respirer un bon coup. Barclays serait engagée à hauteur de 20 milliards de livres sur le marché du crédit privé, dont 70 % aux États-Unis et le reste en Europe.
Or, 20 milliards, quelle que soit la façon de les découper ou de les titriser, restent une somme colossale. Assez pour faire trembler les fondations et propager une contagion – phénomène dont nous avons eu un bel aperçu en 2008, avec les autorités se battant pour éviter qu’une banque après l’autre ne sombre ou ne soit précipitée au bord de la faillite. C’est exactement la raison de l’inquiétude actuelle de Bailey et de ses pairs.
Tout ceci a un air de déjà-vu, jusqu’aux déclarations rassurantes du patron de Barclays selon lesquelles « nous surveillerons probablement nos portefeuilles de plus près » .
Ce qui inquiète, c’est que cela dépasse le secteur bancaire
Ce qui inquiète, c’est que le problème va au-delà des banques. Les compagnies d’assurances et les fonds de retraite s’y sont mis aussi, alléchés par la perspective de rendements plus juteux à court terme, là où l’investissement traditionnel offre plutôt une progression lente mais sûre. Quand l’aéroport d’Édimbourg a refinancé sa dette l’an dernier, empruntant 1,3 milliard de livres (environ 1,5 milliard d’euros), le groupe Phoenix, géant propriétaire de plusieurs assureurs-vie, figurait parmi les bailleurs de fonds. On dit qu’il détient 15 milliards de livres (environ 17,6 milliards d’euros) de placements dans le crédit privé.
Sur le papier, la banque de l’ombre offre une meilleure sécurité que la Bourse, où les actions peuvent chuter. Ce type d’investissement est verrouillé. Tout va bien, tant que l’entreprise au bout de la chaîne est prospère et honnête. C’est bien là le hic, car si l’entreprise ne sollicite pas les canaux traditionnels, on peut se demander pourquoi.
Là encore, comme autrefois, les uns suivent les traces des autres. Les banques créent elles aussi des fonds de crédit privé. Et, comme toujours, les montants mis en jeu font tourner la tête : une banque va jusqu’à constituer un fonds de 38 milliards de livres (environ 44,5 milliards d’euros) sur cinq ans.
Le FMI s’inquiète aussi d’un secteur largement déréglementé susceptible d’engloutir les banques
Ce monde évolue naturellement dans des sphères inaccessibles au commun des mortels, avec des montants – frais, salaires, profits, prêts — qui dépassent l’entendement. Et il s’agit bien souvent, comme on dit dans le métier, de « l’argent des autres » (OPM : Other People’s Money). Qui, chez Barclays, miserait son propre argent sur une boîte américaine qui accorde des crédits auto à des gens sans papiers ni permis ?
Bailey n’est pas seul à s’inquiéter. Le FMI redoute lui aussi que la banque ne soit happée par ce secteur largement non régulé, dont les effets de ricochet pourraient aller très loin. Jamie Dimon, célèbre patron de JP Morgan, a mis en garde contre la multiplication des « cafards » dans la finance. Rappelons au passage que JP Morgan finançait Tricolor, mais passons. Son choix de métaphore fait froid dans le dos. Lors de la dernière crise — la dernière en date, il y en a eu d’autres dans l’histoire bancaire —, on parlait des « criquets » du capital-investissement et des hedge funds dévastant le secteur. En 2025, c’est une autre invasion.
On le voit bien, ceux dont le métier est de s’inquiéter s’inquiètent. Et un autre phénomène se dessine : la lenteur de la réaction. Les régulateurs craignent toujours de provoquer la panique ou une ruée sur les banques.
Ils voient que la situation n’est pas normale, leur instinct commande d’agir, mais ils avancent prudemment. D’où l’idée lancée par Bailey de faire des stress-tests. Il est assez inquiet pour tirer la sonnette d’alarme, mais se replie ensuite derrière les épais murs de pierre de son institution.
Ne nous laissons pas replonger dans le désastre, pas une fois de plus. Pitié. Non.
Nous ne devons pas marcher en somnambules vers le désastre. Pas encore. S’il vous plaît, non.
https://fr.businessam.be/le-shadow-banking-peut-de-nouveau-nous-conduire-vers-une-apocalypse-comme-en-2008/
L'œil du cyclone (boursier)....
Je crois avoir identifié les quatre cavaliers de l'apocalypse boursière suivante — chacun gérable individuellement, mais collectivement suffisamment importants pour remodeler un système financier conçu pour la perfection.
Les prêts automobiles à risque, l'immobilier commercial, le crédit privé et les cryptomonnaies me touchent particulièrement lorsque je pense aux secteurs précaires du marché boursier actuel.
Aucun de ces secteurs n'est aussi concentré de manière systémique que les prêts hypothécaires à risque avant 2008, mais chacun recèle un effet de levier caché, des évaluations opaques et des expositions dissimulées dans des bilans que les investisseurs préfèrent ne pas examiner jusqu'à ce qu'ils y soient absolument obligés — parfois par un tribunal des faillites.
Lorsque des actifs situés dans plusieurs segments du marché sont simultanément mis à rude épreuve — et que les marchés atteignent des niveaux historiques —, même des chocs mineurs peuvent se propager en cascade. . .
Selon presque tous les indicateurs d'évaluation — ratio cours/bénéfice, flux de trésorerie, chiffre d'affaires, valeur d'entreprise — les prix des actifs en général se situent près ou à des niveaux records, supposant tacitement que tout continuera à bien se passer.
Les récentes fluctuations des marchés ont suscité des inquiétudes quant à la santé sous-jacente du système financier. Hier, le prix de l’or a chuté de pas moins de 5,74 pour cent. Alors que les marchés boursiers semblent bien orientés, des signaux de stress apparaissent sur les marchés des produits à revenu fixe et des matières premières.
La divergence des marchés signale une crise de liquidité
Danielle DiMartino Booth, ancienne conseillère de la Réserve fédérale, estime que ces tendances divergentes sont le signe d’une crise de liquidité systémique qui se profile à l’horizon. Elle estime que le programme de resserrement quantitatif en cours de la Réserve fédérale, qui vise à réduire les liquidités dans le système, exacerbe cette situation
Booth attribue la récente baisse brutale du prix de l’or, un actif traditionnellement sûr, à des ventes forcées motivées par une « ruée vers les liquidités » qui rappelle les turbulences du marché observées en mars 2020. Les investisseurs confrontés à des appels de marge ou ayant besoin de liquidités immédiates liquident leurs actifs les plus rentables, dont l’or, ce qui contribue à sa volatilité.
Le marché du crédit privé sous surveillance
Toutefois, la principale préoccupation de Mme Booth concerne le marché du crédit privé, un secteur qui a connu une croissance explosive et qui fonctionne avec moins de surveillance réglementaire que les banques traditionnelles. Elle met en garde contre le laxisme des normes de souscription à l’époque des taux d’intérêt quasi nuls, qui a créé des vulnérabilités susceptibles d’être contagionnées.
Ses inquiétudes sont relayées par les dirigeants financiers mondiaux qui ont également mis en évidence les risques systémiques potentiels posés par le marché du crédit privé, opaque et en pleine expansion. Les récentes explosions dans ce secteur, comme celles qui ont touché des banques régionales au début de l’année, soulignent la fragilité du système. (jv)
https://fr.businessam.be/lor-et-largent-ont-fortement-chute-hier-est-ce-le-premier-signe-dune-crise-de-liquidite/
Les impayés de prêts automobiles augmentent de 50 % alors que les fissures s'aggravent sur les marchés du crédit américains...
Depuis 2019, les prix des véhicules neufs ont bondi de plus de 25 % pour atteindre 50 000 $, tandis que les mensualités moyennes ont atteint 767 $, et 20 % des emprunteurs paient plus de 1 000 $ par mois. Les taux d'intérêt des prêts dépassent désormais 9 %, aggravant la crise de l'accessibilité financière.
Il convient de noter que les emprunteurs de premier ordre et quasi-premier ordre font désormais défaut plus rapidement que les consommateurs à risque, les prêteurs ayant durci leurs critères pour le segment de crédit le plus bas, selon le rapport. Le solde moyen des prêts automobiles a augmenté de 57 % depuis 2010, et de nombreux emprunteurs sont en situation de surendettement, endettés plus que la valeur de leur véhicule.
« Nous constatons une augmentation considérable du coût des voitures et des coûts liés à leur possession », a déclaré Rikard Bandebo, économiste en chef de VantageScore, lors d'une interview. « Ces cinq dernières années, cette hausse a été encore plus rapide. »
Adieu l'argent tel que nous le connaissons ? Le château de cartes des monnaies fiduciaires s'effondre et menace l'ordre monétaire mondial...
La quasi-totalité des actifs atteignent des sommets historiques, les prix des denrées alimentaires sont en constante hausse et les investisseurs semblent obsédés par l'achat de tout et la fuite des liquidités. Le marché est sens dessus dessous : l'or (la valeur refuge par excellence) s'envole tandis que les actifs risqués progressent. Que se passe-t-il ? Tout indique que la crainte d'un effondrement de l'ordre monétaire fondé sur la monnaie fiduciaire, une monnaie constamment appauvrie par les politiques d'impression massive des banques centrales, commence à se faire clairement sentir. Personne ne veut d'« argent », ni de liquidités ; les investisseurs recherchent des actifs tangibles ou tout ce qui permet de préserver leur pouvoir d'achat. Le château de cartes d'une bonne partie des monnaies fiduciaires (les investisseurs font toujours confiance au franc suisse, par exemple), qui a résisté pendant des décennies, pourrait être sur le point de s'effondrer.
Certains signes révèlent cette tendance. L'or, autrefois un actif inaperçu sur les marchés, a atteint une valeur fulgurante à plus de 4 000 dollars. Les banques centrales elles-mêmes, peut-être conscientes de leurs actes, ont accru leurs achats, faisant du métal précieux le deuxième actif de leurs bilans, atteignant des niveaux jamais vus depuis des décennies dans les coffres des « seigneurs de la monnaie ». Personne n'envisage un retour à un système basé sur l'étalon-or (presque personne), mais il semble bien que l'ordre monétaire soit en train de changer ou ne fonctionne plus comme avant (quand la peur régnait, l'argent affluait vers le dollar).
Cette tendance s'est accélérée aujourd'hui, mais elle remonte à une époque bien plus ancienne. Déjà en 2024, les analystes de JP Morgan notaient dans un rapport d'octobre que l'optimisme concernant l'or « était alimenté par le rôle de l'or dans le marché mondial de la dépréciation, notamment face à d'éventuels changements politiques, comme l'arrivée de Trump à la présidence, qui pourraient intensifier les inquiétudes budgétaires et géopolitiques. Malgré le ralentissement des achats des banques centrales (alors en forte accélération), les détenteurs d'or d'Asie du Sud restent réticents à vendre, ce qui soutient les prix. L'argent a suscité un sentiment haussier encore plus fort, avec des prévisions à 45 dollars l'once, alimentées par sa sous-évaluation perçue, la diversité de la demande et les inquiétudes concernant l'offre », notait JP Morgan.
Donald Trump a remporté les élections, l'incertitude géopolitique et budgétaire a continué de croître, et le « marché de la dépréciation » qui promet de mettre fin à l'ordre monétaire actuel est en cours. L'or a dépassé les 4 000 dollars, l'argent, par exemple, a atteint 50 dollars – son plus haut niveau depuis les années 1980 – et des analystes comme ceux de Bank of America le situent à 65 dollars, les problèmes d'approvisionnement s'aggravant. Michael Hartnett, analyste chez Bank of America, va même plus loin, prédisant un prix de l'or à 6 000 dollars au printemps prochain.
La confiance aveugle qui régnait dans le dollar et les autres monnaies fiduciaires disparaît, générant une inflation plus difficile à observer que l'IPC conventionnel, mais bien présente. L'IPC conventionnel se mesure à la hausse de l'indice des prix à la consommation ; l'inflation actuelle se retrouve sur les marchés d'actifs, où les prix continuent de grimper, y compris ceux des métaux précieux. La monnaie fiduciaire perd de sa « valeur ». Les billets et les pièces utilisés quotidiennement sont soutenus par la confiance des investisseurs dans ce type de monnaie garantie par la banque centrale. Mais la valeur de cette monnaie s'érode rapidement, et les investisseurs vont se réfugier massivement vers d'autres actifs. Ce phénomène n'est d'ailleurs pas nouveau : des pays comme le Venezuela, l'Argentine et le Zimbabwe ont souffert de ce type de phénomène. Le problème est qu'aujourd'hui, le dollar ne semble plus être la bouée de sauvetage du passé. L'ordre monétaire est en pleine mutation.
Ken Griffin, PDG de Citadel, a déclaré il y a quelques jours que les investisseurs commençaient à considérer l'or comme un actif plus sûr que le dollar, un constat qui inquiète grandement l'investisseur milliardaire. Le prix de l'or atteint des sommets historiques, une évolution qui résulte de la forte demande croissante pour ce métal précieux, mais aussi de la dépréciation du dollar lui-même.
« Nous constatons une inflation substantielle des actifs par rapport au dollar, les investisseurs cherchant des moyens de dédollariser efficacement ou de réduire le risque de leurs portefeuilles face au risque souverain américain », a déclaré Griffin lors d'une interview accordée à Francine Lacqua de Bloomberg il y a une semaine. La fermeture prolongée du gouvernement fédéral et la perspective d'éventuelles baisses de taux ont propulsé le métal précieux vers de nouveaux sommets historiques cette semaine.
Le « Depreciation Trade »
Tout cela est à l'origine de ce que l'on appelle communément le « depreciation trade », une stratégie d'investissement basée sur le postulat qu'une monnaie va perdre structurellement de la valeur. Dans le cas du dollar, ce terme apparaît lorsque les marchés perçoivent que les politiques budgétaires et monétaires américaines (telles qu'une forte augmentation du déficit public, une émission massive de dette ou des baisses prolongées des taux d'intérêt) pourraient éroder la confiance dans la monnaie. Le concept de dépréciation n'est pas nouveau : autrefois, il était appliqué aux monnaies réduisant leur teneur en métaux précieux, et aujourd'hui, il décrit la détérioration du pouvoir d'achat de la monnaie fiduciaire.
En pratique, la « dépréciation » du dollar consiste à parier contre la devise américaine, en repositionnant les portefeuilles vers des actifs qui ont tendance à s'apprécier lorsque le billet vert s'affaiblit. Les investisseurs se tournent souvent vers des matières premières comme l'or ou des actifs liés à la croissance d'autres économies, des actions internationales aux obligations émergentes. Le raisonnement est clair : si le dollar baisse, ces actifs ont tendance à gagner en valeur relative et à protéger le patrimoine contre la perte de pouvoir d'achat. En réalité, les politiques budgétaires ne sont pas seulement expansionnistes aux États-Unis, mais aussi dans d'autres régions clés du monde développé, comme la zone euro. La perte de confiance dans les monnaies fiduciaires pourrait être plus généralisée.
L'or comme actif de réserve
Il y a quelques jours, l'un des analystes les plus réputés de la Deutsche Bank a adressé une note à ses clients soulignant la tendance du cours de l'or, dépassant les 4 000 dollars l'once, et prévoyant une poursuite de sa hausse, grâce au fait que « son excellente performance cette année est en partie due aux achats des banques centrales. Selon notre stratège or, la demande officielle est actuellement deux fois plus rapide que la moyenne de la période 2011-2021, la Chine étant en tête… Le graphique, fourni par mon collègue Tim Baker, montre que la part de l'or dans les réserves des banques centrales a atteint 24 % au deuxième trimestre 2025, contre un creux d'environ 9 % au quatrième trimestre 2015, tout en restant bien en deçà des sommets de 74,5 % du début des années 1980. Étonnamment, ce n'est que ces dernières semaines que l'or a finalement dépassé ses plus hauts historiques ajustés en valeur réelle, atteints il y a à peu près à la même période. » « 45 ans », note l'expert de la Deutsche Bank.
L'or s'envole comme actif de réserve.
« Il est clair que l'or a encore un potentiel de hausse important si le discours sur la dédollarisation continue de gagner du terrain. » La question clé est désormais : le Bitcoin rejoindra-t-il l’or au sein du cercle des actifs de réserve ?, s’interroge l’économiste de la Deutsche Bank.
L’IA passe au second plan.
Ce sera la grande tendance du marché, qui pourrait éclipser celle sur laquelle tout le monde mise : l’expansion de l’intelligence artificielle (IA) et ses implications, du moins à court terme. Selon BCA Research, le principal événement macroéconomique de 2025 n’est plus l’engouement pour l’IA, mais la perte d’aura du dollar. « Le principal événement macroéconomique de 2025 n’est pas le supercycle de l’IA… mais la dévaluation du dollar et le déclin du billet vert en tant qu’actif refuge “contracyclique” », écrivent-ils, soulignant que « trois forces sont à l’origine de la dépréciation du billet vert cette année.»
Ce changement de régime explique pourquoi l’or – et, par extension, les actifs réels tels que l’immobilier et les matières premières – ont été les premiers à le flairer pendant une grande partie de l’année. Pour BCA, la « dépréciation » est, en substance, le changement de portefeuille qui réduit L'exposition à la dette souveraine et aux monnaies fiduciaires, dont la capacité à préserver la valeur s'érode, la réoriente vers l'or, les métaux et, dans certains cas, l'énergie et d'autres matières premières.
Le premier levier est géopolitique et celui de la balance des paiements. Dans un monde de plus en plus multipolaire, « le déficit courant américain apparaît comme une tumeur cancéreuse à l'aune de 225 ans d'histoire ». Dans ce contexte, BCA anticipe un ajustement : « Le dollar doit baisser pour ajuster le déficit courant américain.» Cette transition est douloureuse à court terme, car elle inverse les entrées de capitaux, élimine une partie de la « marge d'achat exorbitante du dollar » et intervient juste au moment où « le solde des revenus d'investissement américains est négatif pour la première fois depuis plus d'un demi-siècle ». En bref, des privilèges moins exorbitants et une discipline externe plus stricte : les conditions typiques d’un dollar plus faible.
La deuxième force est politique et budgétaire. Loin de l’impulsion massive promise, la BCA décrit « la révolte de la Chambre des représentants contre les promesses de campagne généreuses du président Trump ». Il en résulte un OBBBA (One Big Beautiful Bill) plus modeste qui ralentit le train des dépenses. Ainsi, « alors que le train des dépenses budgétaires américaines ralentit désormais sensiblement, l’écart de croissance avec le reste du monde va s’effondrer, ce qui entraînera une baisse du dollar.» Les déficits resteront élevés, mais avec une dynamique procyclique moins marquée : une croissance relative moindre, un soutien moindre au billet vert.
La troisième force est monétaire. La BCA anticipe une pression politique sur la Fed : « Le président Trump a l’intention d’intimider et de façonner la Fed au cours des six prochains mois.» Bien que « les droits de douane aggraveront l’inflation en 2026 », la banque centrale, de plus en plus « invitée », aurait tendance à considérer ces hausses comme temporaires, privilégiant l’affaiblissement du marché du travail et les risques de baisse plutôt que la croissance. Cette combinaison – déficits élevés, politique budgétaire moins expansionniste et Fed plus tolérante aux flambées des prix – s'inscrit dans un schéma classique de dépréciation progressive de la monnaie de réserve.
De cette triple dynamique naît le « devaluement trade », qui affectera également d'autres devises suivant une trajectoire similaire à celle du dollar : moins d'obligations du Trésor, moins de dollar structurel ; plus d'or ; et plus d'actifs réels. La Banque centrale l'exprime sans détour : « À long terme, les investisseurs devraient continuer à rééquilibrer leurs portefeuilles en anticipant une nouvelle baisse du dollar.» Et elle associe l'argument tactique à un argument stratégique : « Nous entrons dans un nouveau supercycle, un cycle où les actifs réels surperformeront les actifs financiers.» D'où leur préférence pour les métaux précieux « travaillés » (argent, platine, palladium) par rapport à l'or, déjà relativement cher, et pour les matières premières liées à l'énergie et aux investissements numériques.
Tout cela n'implique pas de linéarité. La Banque centrale de Colombie (BCA) autorise des pauses tactiques pour le dollar en raison de tensions géopolitiques ou de poussées de croissance ponctuelles. Mais le vecteur sous-jacent – une multipolarité qui réduit le privilège du dollar, un équilibre budgétaire moins différencié et une Fed plus influencée par la politique – s'accorde avec un dollar moins puissant lors de la prochaine phase du cycle. Ou, comme ils le concluent : « Le dollar n'est plus une valeur refuge » ; dans ce monde, la valeur refuge redevient tangible.
Le Japon est « toujours » prioritaire.
Albert Edwards, un vétéran de la Société Générale, est un autre analyste chevronné qui décortique la situation avec les doigts. Comme il le fait presque toujours dans ses analyses, il appelle à s'intéresser au Japon : « Nous insistons depuis longtemps sur le fait que le Japon est une référence pour les marchés occidentaux, en grande partie parce que ses bulles de crédit, boursières et macroéconomiques ont éclaté à la fin des années 1980, bien avant ses homologues occidentaux lors de la crise financière mondiale de 2008. Depuis lors, le Japon a fait figure de pionnier, ouvrant la voie à d'autres dans la jungle budgétaire post-bulle.» « Le Japon montre une fois de plus la voie aux marchés occidentaux. Les métaux précieux sont le canari dans la mine de charbon, et ils chantent haut et fort », commence Edwards dans son dernier rapport.
Dernier signal en date : l’élection de Sanae Takaichi à la tête du Parti libéral-démocrate, un parti systémique, et probable future Première ministre. Bien qu’elle se décrive comme une admiratrice de Margaret Thatcher, tout porte à croire que Takaichi suivra le chemin inverse : « Même si Thatcher aurait approuvé les projets de déréglementation de la nouvelle dirigeante, la Dame de Fer se retourne sans doute dans sa tombe face aux rumeurs de nouvelles mesures de relance budgétaire et aux pressions exercées sur la Banque du Japon pour qu’elle intensifie l’assouplissement quantitatif afin de financer le déficit.»
Alors que les marchés boursiers ont progressé de record en record ces dernières années, occasionnellement perturbés par de courtes corrections brutales, il y a une voix dont l’analyse glaciale des marchés donne des frissons. Kevin Wadsworth, analyste de marché sur X, met en garde depuis des années contre un « événement de rotation des capitaux » (CRE). Il s’agit d’un changement de capital rare et massif au cours duquel les investisseurs échangent des actifs volatils tels que les actions et les crypto-monnaies contre la stabilité durable de l’or, de l’argent et des matières premières. À la suite de l’effondrement des marchés boursiers mondiaux vendredi dernier, le 10 octobre 2025, la prévoyance de Wadsworth gagne du terrain. Les turbulences d’aujourd’hui sont considérées comme le début d’une ère haussière prolongée pour les métaux précieux, a déclaré Wadsworth.
La précision d’un météorologue dans le chaos des marchés
Wadsworth, ancien météorologue militaire, apporte la méticulosité d’un scientifique aux prévisions financières. Son flux X, qui compte plus de 124 000 adeptes, est une leçon magistrale d’analyse technique, distillant des décennies de tendances en avertissements brutaux.
Depuis octobre 2024, son message épinglé crie l’urgence : « IGNOREZ CELA À VOTRE PERIL – CELA VA NOUS ATTEINDRE ENTRE LES YEUX », accompagné d’un graphique montrant l’or en train de s’envoler par rapport au S&P 500. Selon lui, il s’agit de la quatrième CRE en un siècle, un écho de la Grande Dépression (années 1930), de la stagflation (années 1970) et du krach Internet (début des années 2000) – des périodes au cours desquelles l’or a bondi pendant 8 à 12 ans tandis que les actions s’effondraient.
Certitude mathématique
La thèse du CRE de Wadsworth repose sur une « certitude mathématique » liée à la dévaluation de la monnaie fiduciaire basée sur la dette. Dans une récente interview vidéo, il a comparé l’or à un « baromètre des conditions économiques », qui conserve sa valeur pendant des milliers d’années alors que les systèmes fiduciaires, tels que le dollar américain (en baisse de 97 pour cent depuis sa création), s’érodent. L’hyperinflation dans des monnaies telles que la lire turque, où l’or est monté en flèche, est un avertissement moderne. Sans une intervention massive – éventuellement par le biais des CBDC (Central Bank Digital Currencies) – Wadsworth prévoit un effondrement du marché fiduciaire, qui déplacera les capitaux vers des actifs tangibles.
Ses indicateurs techniques sont sans équivoque : le ratio Dow/or a franchi le support à long terme, les nuages Ichimoku indiquent des tendances à la baisse pour les actifs risqués et les moyennes mobiles à 3 et 4 ans favorisent les métaux précieux. Un « modèle de mégaphone » dans le ratio Dow/or prédit un déclin de plusieurs décennies jusqu’au milieu des années 2030, l’or pouvant doubler plusieurs fois. L’argent, souvent négligé, pourrait passer de 50 dollars en 2026 à 650 dollars à long terme. Cela représente un gain de 1 300 pour cent, selon un schéma en forme de « tasse et poignée » qui dure depuis 44 ans. Les matières premières telles que le pétrole, le platine et le palladium, ainsi que les secteurs de l’énergie, sont également sur le point de profiter de la situation, alors que la plupart des secteurs du S&P 500 sont confrontés à un marché en baisse par rapport à l’or.
2025 : l’année de la confirmation
Ses détracteurs affirment que les perspectives baissières de Wadsworth sous-estiment la résilience du marché boursier, mais son approche mathématique est difficile à réfuter. L’inversion de la courbe des taux depuis avril 2023, un ratio dette/PIB américain supérieur à 120 pour cent et la rupture de tendances baissières de 40 ans sur les obligations dressent un tableau sombre. Il prédit une phase de « meltup » – au cours de laquelle les actions et l’or connaîtront un rallye euphorique tardif – avant un éventuel krach boursier de 50 à 80 pour cent, à l’image de la division par deux du S&P 500 et de la chute de 80 pour cent du Nasdaq après l’an 2000. Les chocs géopolitiques, souvent liés aux CRE, pourraient amplifier cet « effondrement de l’ordre mondial établi ».
Fin du marché haussier pour les actions ou simple pause ?
Le conseil de Wadsworth est clair : passez à l’or et à l’argent dès maintenant. Il a lui-même troqué le bitcoin contre l’or au début de l’année 2025, une décision qu’il partage ouvertement sur X et sur son site web. Bien qu’il prévoie de la volatilité et des corrections, il pense que l’immobilier pourrait offrir des opportunités d’ici deux à trois ans. À l’heure où les marchés se remettent de la dernière liquidation, la théorie de Wadsworth du CRE pose une question cruciale : s’agit-il de la fin du marché haussier des actions ou d’une simple pause ?
Selon lui, l’histoire plaide en faveur de la première hypothèse et le temps joue contre nous.
11 10 25
https://fr.businessam.be/analyste-financier-kevin-wadsworth-krach-mondial-marches-financiers/
Attention aux mauvaises nouvelles....
Comme je le souligne souvent, il est gratuit d'anticiper les plans B et C.
Le marché boursier ignore toujours les « mauvaises nouvelles » pour anticiper les « bonnes nouvelles ». Une fois qu'il est devenu évident que le Titanic allait couler, le marché boursier s'est redressé grâce à la perspective d'une forte croissance des actions des canots de sauvetage. Autrement dit, laissons de côté les mauvaises nouvelles, regardons au-delà et trouvons une raison de se redresser.
Ce schéma est clairement observable depuis deux décennies. Lorsqu'il est devenu évident que la Covid devenait une pandémie mondiale, le marché boursier américain a progressé pendant des semaines, ce qui a semblé aux analystes les plus lucides totalement déconnecté de la réalité. Finalement, la réalité a pris le dessus et le marché s'est effondré.
La même dynamique était également observée lors de la période précédant l'implosion des entreprises Internet en 2000 – les actions ont progressé jusqu'au 6 mars 2000, avant d'entamer une démolition contrôlée de deux ans – et lors du krach boursier de 2008-2009, lorsque les actions de General Motors et de Fannie Mae, visiblement condamnées, ont conservé des valorisations élevées, totalement déconnectées d'une réalité douloureusement visible. (L'action Fannie Mae a chuté à près de zéro lors du krach qui a suivi.)
Et nous revoilà.
Le marché boursier est en hausse malgré des signes accablants indiquant que l'économie américaine et mondiale se dirige vers une profonde récession. Les justifications sont :
1) l'essor de l'IA est en train de tout changer
2) la Réserve fédérale va continuer à baisser les taux d'intérêt et inonder le marché de liquidités, autrement dit, le « Fed Put » sauvera le marché boursier, comme cela se fait depuis 25 ans.
Cette hypothèse est totalement déconnectée de la réalité, douloureusement visible, selon laquelle la Fed et les autres banques centrales ont enfin pris conscience des conséquences perverses du « Fed Put » (c'est-à-dire la politique consistant à débloquer des milliers de milliards de dollars de mesures de relance financière dès que le marché boursier s'effondre).
Elles réagissent désormais aux rebonds boursiers en anticipant le « sauvetage » (désormais considéré comme garanti) du marché boursier par la Fed en réitérant leur nouvelle politique, qui consiste à maintenir les taux d'intérêt (rendements obligataires) à des niveaux élevés plus longtemps. Autrement dit, elles affirment explicitement qu'elles ne « sauveront » pas le marché boursier en raison 1) de l'inflation et 2) de la nécessité de détruire l'aléa moral créé par le « Fed Put ».
Dans le contexte de la forte hausse qui a précédé le krach, tout semble aller pour le mieux. L'emploi est solide, les consommateurs dépensent, etc.
Le problème de cette confiance euphorique réside dans les décalages entre les fortes hausses du coût du capital, des biens et des services et l'emploi et la consommation. Remarquez l'explosion des soldes des cartes de crédit. Lors des récessions précédentes, le recours aux cartes de crédit pour financer ses dépenses a explosé jusqu'à ce que les marchés boursiers entament leur chute libre. Les dépenses ont ensuite fortement chuté.
Ce décalage est également visible dans les inversions de la courbe des taux, longtemps considérées comme un signe avant-coureur infaillible de récession. (Lorsque les obligations du Trésor à 2 ans offrent un rendement supérieur à celui des obligations à 30 ans, cela inverse le marché habituel, où les obligations à long terme offrent des rendements supérieurs à ceux des obligations à court terme.)
De nombreux autres indicateurs renvoient le même message : nous sommes à l’aube d’une récession et d’un déclin des marchés.
De nombreux commentateurs soulignent que le durcissement des conditions financières met des mois à se répercuter sur l’économie, affectant à terme les dépenses de consommation, les emprunts commerciaux, la valorisation des logements, les recettes fiscales, etc.
À l’échelle mondiale, les forces qui poussent les coûts à la hausse (c’est-à-dire l’inflation) sont irréversibles. Prenons l’exemple de ce graphique des coûts de main-d’œuvre en Chine. Face à la flambée des coûts de main-d’œuvre, cette hausse doit être répercutée sur les consommateurs.

Il existe également des tendances moins faciles à mesurer. Un facteur non suivi et donc mal compris est la proximité de nombreuses petites entreprises avec le risque. Celles qui ont survécu au confinement lié à la Covid ont dû augmenter leurs prix pour couvrir la forte hausse de leurs coûts. Les petites entreprises ne réalisent pas de marges importantes ; elles absorbent plutôt les coûts pour maintenir leur activité. Si certains coûts diminuent, elles ne baisseront pas leurs prix, car elles doivent enfin dégager des bénéfices.
De nombreux propriétaires sont au bord de l'épuisement professionnel, ayant compensé la hausse des coûts par des horaires de travail plus longs.
Toute baisse des dépenses de consommation poussera nombre de ces entrepreneurs à abandonner définitivement. Quant à la vente de leur entreprise à de nouveaux propriétaires : peu de jeunes disposent du capital, du goût du risque et de la volonté de travailler de longues heures pour des rendements incertains pour reprendre une petite entreprise. Du coup, les entreprises ferment et il n'y a pas de remplaçant : ces entreprises, leurs espaces commerciaux, leurs emplois et leurs impôts payés disparaissent, et ils ne reviendront pas.
Ceux qui dirigent eux-mêmes des petites entreprises savent que les collectivités locales considèrent leurs propriétaires comme des ânes fiscaux : ce sont des entrepreneurs, donc ils prospèrent, alors augmentons les droits d'exploitation, etc.
Un autre facteur est l'évolution de la psychologie spéculative une fois que les « investisseurs » (c'est-à-dire les joueurs) ont finalement accepté que le Titanic va couler, c'est-à-dire que la Fed ne va pas renflouer le marché boursier avec de nouveaux milliers de milliards. On peut anticiper la descente progressive, la confiance s'orientant vers le déni, puis la colère, puis le chagrin et enfin l'acceptation.
Comme je le souligne souvent, prévoir des plans B et C est gratuit. Prévoir comment réagir à une récession et/ou à une baisse prolongée des marchés boursiers ne prend que du temps. Il est très difficile d'agir de manière décisive avant que le vent ne se retourne et ne panique, ce qui explique pourquoi si peu y parviennent.
Nous ne pouvons pas anticiper tous les impacts qu'une récession et une chute des marchés boursiers auront sur notre foyer, mais nous pouvons anticiper la possibilité que nos revenus et notre patrimoine soient affectés négativement, et il peut être prudent de se serrer la ceinture. Si les optimistes ont raison et qu'il n'y a pas de récession, avoir un plan ne coûte rien.
Mais s'ils ont tort, ceux qui n'ont pas de plan pour agir résolument avant que la panique générale ne s'installe souffriront davantage que ceux qui en avaient un et l'ont mis en œuvre.
Charles Hugh Smith 07 10 25
https://charleshughsmith.blogspot.com/2025/10/look-out-below.html
La valorisation très élevée des marchés boursiers américains devrait inciter à la méfiance plutôt qu’à un optimisme excessif. Voici pourquoi…
La performance boursière des sociétés américaines est impressionnante : l’indice Nasdaq composite a progressé de 104 % depuis cinq ans, de 17 % depuis le début de l’année ; l’indice S & P 500 a progressé de 99 % en cinq ans, de 13 % depuis le début de l’année.
Plusieurs mécanismes devraient toutefois apporter une correction boursière aux États-Unis, qui pourrait être sévère : la valorisation très élevée du marché boursier, la faiblesse à venir de la croissance et une déception sur les profits tirés des investissements dans l'Intelligence artificielle (IA).
Politique de hausse des droits de douane
Lorsqu’on regarde les PER (Price Earning Ratio, le ratio du cours boursier aux résultats observés des entreprises), on voit que le PER du Nasdaq est aujourd’hui de 33,1 alors qu’il était autour de 24 de 2015 à 2023 et nettement plus bas (10 à 14) de 2009 à 2014 ; que le PER du S & P 500 est aujourd’hui de 30,8 alors qu’il était autour de 22 de 2015 à 2023 et inférieur à 20 de 2009 à 2014.
Cette valorisation très élevée des marchés boursiers américains implique que les investisseurs anticipent que la croissance des bénéfices par action (15 % en 2025 pour le Nasdaq, 12 % pour le S & P 500) va se poursuivre à long terme, ce qui est une hypothèse évidemment trop optimiste.
L’anticipation des marchés financiers est effectivement la poursuite d’une croissance très forte des résultats : 15 % en 2025, plus de 14 % en 2026 pour le Nasdaq. Un retour à la valorisation moyenne de la période 2015-2023 impliquerait un recul de 26 % pour l’indice Nasdaq et de 25 % pour l’indice S & P 500.
Le second facteur de risque pour la valorisation des actions américaines est le ralentissement de la croissance. Sur le premier semestre, l'économie américaine n'a crû qu'au rythme annualisé de 1,5 %, alors que c'était 2,8 % pour l'année 2024. Ce ralentissement résulte de toutes les composantes de la demande : la consommation des ménages (+ 1,5 % en rythme annuel au premier semestre 2025 contre 2,8 % en 2024), les exportations (- 0,8 % en rythme annuel au premier semestre 2025 en raison du recul du commerce mondial), l'investissement (+ 4,7 % en rythme annuel au premier semestre 2025).
Il faut y voir une conséquence de la politique de hausse des droits de douane (avec de plus une forte instabilité des décisions) et de réduction du nombre d'immigrés clandestins. L'incertitude est mauvaise pour la croissance, comme l'est l'inflation (l'inflation sous-jacente est de 3,1 % en août 2025) en raison de la faible indexation des salaires sur les prix. Une croissance plus faible est synonyme d'un ralentissement de la progression des résultats des entreprises.
Profitabilité décevante
Enfin le troisième facteur qui va probablement conduire à une correction à la baisse des indices boursiers aux États-Unis est la désillusion quant aux profits tirés des investissements dans l'IA. La performance boursière globale américaine est due pour 70 % aux actions des « 7 magnifiques » (Alphabet, Meta, Apple, Microsoft, Nvidia, Amazon, Tesla).
Ces entreprises investissent massivement dans l'IA (plus de 400 milliards de dollars en 2025, contre 225 milliards en 2024 et 140 milliards en 2023). Mais ces investissements peuvent se révéler de profitabilité décevante : les entreprises technologiques américaines sont en concurrence pour le développement de l'IA et il n'y aura pas que des vainqueurs.
Elles attirent les talents à des prix incroyables et l'IA est essentiellement en open source, donc gratuite pour les utilisateurs. Une déception au sujet des profits futurs générés par ces investissements massifs conduirait à une forte révision à la baisse de la valorisation des entreprises technologiques américaines.
Un investisseur prudent évitera donc les actions américaines aujourd'hui. Un recul important de ces actions amplifierait le recul de la croissance et serait un échec supplémentaire des politiques économiques mises en place par l'administration Trump.
*Patrick Artus est conseiller économique d'Ossiam, membre du Cercle des économistes.
https://www.lepoint.fr/economie/etats-unis-ces-3-elements-qui-annoncent-une-violente-correction-boursiere-04-10-2025-2600223_28.php
Le Buffett Indicator est un ratio qui compare la valeur totale des actions américaines par rapport au PIB des USA.
Le très riche investisseur Warren Buffett disait en 2001 (suite à l'explosion de la bulle internet):
"Si ça approche 200%, vous jouez avec le feu." Ce mois, nous en sommes à 217%.
Plus haut qu’en 2000, qu'en 2008, plus haut qu’en 2021 lors des trois derniers krachs, et encore plus haut que tout ce qu’on a connu. Mais cette fois, c'est certainement différent...
https://2000watts.org/index.php/energies-fossiles/peak-oil/1440-energies-economie-petrole-et-peak-oil-revue-mondiale-septembre-2025.html
L'augmentation de la dette des pays du G7 à nouveau au cœur de la tempête sur les marchés obligataires LONDRES, 11 septembre (Reuters) -....
Certaines des plus grandes économies mondiales sont au cœur d'une tempête sur les marchés obligataires, les investisseurs craignant que les gouvernements ne fassent pas assez pour réduire leurs niveaux d'endettement inconfortables.
« Les niveaux d'endettement public sont tout simplement trop élevés et les mesures prises pour y remédier sont insuffisantes », a déclaré Guy Miller, stratège en chef des marchés de Zurich Insurance Group.
Une crise de la dette n'est peut-être pas le scénario de référence, mais les signaux d'alarme ont commencé à retentir.
1/ FRANCE
La France est passée en tête des préoccupations. Les partis d'opposition ont évincé le Premier ministre de centre-droit François Bayrou cette semaine en raison de ses plans impopulaires de resserrement budgétaire. L'incertitude politique rend difficile la maîtrise d'une dette dépassant 100 % du PIB et d'un déficit budgétaire près du double des limites de l'Union européenne.
Si la croissance ralentit ou si la réduction du déficit est assouplie, les remboursements de la dette pourraient dépasser 100 milliards d'euros (117 milliards de dollars) d'ici 2029, contre 59 milliards l'an dernier, a averti la Cour des comptes française.
« Il faudra peut-être une agitation sur les marchés obligataires pour forcer une coalition à adopter un budget », a déclaré Carol Kong, stratégiste devises à la Commonwealth Bank of Australia.
Les rendements des obligations à trente ans ont atteint leur plus haut niveau depuis 2009, les coûts d'emprunt à long terme sont supérieurs à ceux de l'Espagne, presque identiques à ceux de l'Italie, et le risque d'une dégradation de la notation souveraine a augmenté.
2/ GRANDE-BRETAGNE
Le remaniement de l'équipe de conseillers du Premier ministre Keir Starmer et l'annonce du budget annuel en novembre ont attiré l'attention sur la capacité du Royaume-Uni à contrôler ses finances. Les coûts d'emprunt à long terme ont atteint ce mois-ci leur plus haut niveau depuis 1998, tandis que la livre sterling s'effondrait.
Selon les économistes, la ministre des Finances, Rachel Reeves, devra augmenter les impôts d'au moins 20 milliards de livres (27 milliards de dollars) pour combler le manque à gagner dû à la faible croissance, aux coûts d'emprunt élevés et aux revirements sur les plans de réduction des dépenses.
La Grande-Bretagne affiche les coûts d'emprunt et l'inflation les plus élevés du G7, ce qui en fait une cible pour l'inquiétude des marchés. Pour Jan von Gerich, analyste en chef chez Nordea, la Grande-Bretagne était un peu moins inquiétante que les États-Unis ou la France.
« Il est plus facile de trouver la volonté politique nécessaire au Royaume-Uni pour opérer des changements », a-t-il déclaré.
3/ ÉTATS-UNIS
La première économie mondiale n'a pas échappé à l'attention des marchés. Sa dette atteint près de 37 000 milliards de dollars. Le projet de loi de réduction d'impôts et de dépenses du président Donald Trump, promulgué le 4 juillet, pourrait ajouter 3 300 milliards de dollars supplémentaires au cours de la prochaine décennie, selon les estimations du Congressional Budget Office, un organisme non partisan.
Certes, les marchés de capitaux les plus profonds et les plus liquides du monde constituent un tampon, mais l'augmentation de la dette signifie que les investisseurs exigent une rémunération plus élevée pour détenir des bons du Trésor.
Les signes de faible demande lors des récentes adjudications sont préoccupants.
4/ JAPON
L'importante dette japonaise, l'une des plus élevées au monde, n'est un secret pour personne. Ce qui a changé, c'est que la perspective d'une hausse des taux avec le retour de l'inflation a fait grimper les coûts d'emprunt, mettant en lumière le niveau élevé de la dette, la Banque du Japon réduisant ses achats d'obligations.
La faible demande lors des récentes adjudications a aggravé les difficultés des marchés. L'incertitude politique qui a suivi la démission du Premier ministre Shigeru Ishiba a également contribué à propulser les rendements à 30 ans à des niveaux records, les spéculations se multipliant sur une augmentation des dépenses de son successeur.
https://www.reuters.com/markets/europe/rising-g7-debt-back-centre-bond-market-storm-2025-09-11/
Cette rentrée s’ouvre sous le signe d’une forte tension financière mondiale. Un sujet concentre plus particulièrement les inquiétudes : la trajectoire future de la politique monétaire américaine. Non pas que la Réserve fédérale ait modifié sa mission — stabilité des prix, croissance et emploi — mais parce que son indépendance est remise en cause par Donald Trump qui multiplie les pressions pour la forcer à réduire ses taux, alors même que les indicateurs dessinent plutôt un scénario de stagflation, mêlant croissance atone et inflation persistante.
Jusqu’ici, la Banque centrale a résisté aux coups de boutoir. Mais des fissures apparaissent, laissant entrevoir un possible assouplissement monétaire avant la fin de l’année, et le remplacement du président de la Fed par un gouverneur acquis à la ligne « trumpiste » c’est-à-dire une baisse massive et rapide des taux pour soulager le poids de la dette et relancer l’activité.
Les taux longs, talon d’Achille américain
Or, si l’institution a la main sur les taux courts, les taux longs sont fixés par le marché obligataire. Certes, ils sont liés, mais lorsque s’accumulent les déficits budgétaires, des anticipations d’inflation en hausse, des doutes sur la vigueur de la croissance, et un climat géopolitique instable, les investisseurs exigent une rémunération plus élevée, autrement dit une prime de risque.
Résultat : les rendements à long terme montent inexorablement, exactement l’inverse de l’effet recherché. Or, les taux longs américains flirtent déjà avec les 5%. Le tout dans un contexte où les États-Unis exercent déjà une ponction massive sur le marché de la dette souveraine, et où leur économie reste d’importance systémique. Si la remontée des taux américains est brutale, l’onde de choc sera mondiale.
Europe fragilisée et émergents sous tension
En Europe, l’impact ne se fera pas sentir partout avec la même intensité : il frappera bien plus durement les économies du Sud (dont la France), déjà plombées par un endettement élevé et des primes de risque supérieures.
Parmi les émergents, les pays très dépendants des financements extérieurs (Égypte, Pakistan, Argentine) seraient les plus exposés. La soutenabilité budgétaire comme la stabilité financière seraient mises à rude épreuve un partout dans le monde.
Le dollar en repli et l’effet boomerang pour l’Europe
Autre victime : le dollar. Le billet vert s’est déjà déprécié de 13% face à l’euro et pourrait glisser davantage si la Fed baisse ses taux au-delà des anticipations du marché. Or, les portefeuilles européens sont particulièrement exposés aux valeurs américaines, ce qui entamera fortement leurs performances : les gains réalisés sur les marchés outre-Atlantique sont effacés par l’effet de change, en dépit des systèmes de couverture.
Une finance mondiale au bord de l’implosion
L’autre point de crispation se situe autour des marchés boursiers, plus particulièrement le risque que fait peser la surchauffe de Wall Street. Le S&P 500 est en ébullition. Les entreprises qui le composent valent en moyenne 3,2 fois leur chiffre d’affaires, un record.
Le risque est celui de la formation d’une bulle liée à l’IA ; or le destin d’une bulle est d’éclater, et les signaux d’alerte sur la pertinence de certains investissements des géants de la tech se multiplient.
Les marchés européens sont certes moins euphoriques, mais si Wall Street plonge, l’onde de choc sera, là encore, mondiale.
Enfin, Donald Trump ne s’attaque pas seulement à la Fed : il a aussi dans sa ligne de mire la réglementation bancaire — affaiblissement des moyens d’action des régulateurs, réduction des sanctions et des amendes en cas d’infractions, et bientôt l’allègement des ratios en capital des grandes banques.
La dérégulation est en marche avec tous les risques que cela comporte.
La finance mondiale est assise sur une poudrière et Donald Trump tient la mèche.
Publié le vendredi 05 septembre 2025
https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-La-finance-mondiale-sur-une-poudriere
Edward Dowd, ancien gestionnaire de fonds de Wall Street et associé fondateur de Phinance Technologies, prédit une grave crise financière aux États-Unis, potentiellement pire que le krach de 2008, dont la phase la plus critique devrait se dérouler en 2025/2026.
Dans une interview le mois dernier, il a mis en garde contre une profonde récession déclenchée par une crise immobilière qui entraînera un énorme choc financier dans les 6 à 12 prochains mois, avec des krachs boursiers, des pertes d'emplois et des faillites bancaires susceptibles de s'intensifier.
Un thème central de l'analyse de Dowd est la faillite imminente de nombreuses banques, en particulier des plus petites, ce qui entraînerait une consolidation majeure où la majorité de l'activité bancaire serait contrôlée par un nombre réduit de grandes banques. Cette consolidation, soutient-il, serait un préalable nécessaire à l'introduction d'une monnaie numérique de banque centrale, instrument de contrôle gouvernemental sans précédent sur les transactions financières et le comportement des citoyens.
(commentaire sur le blog de Gail Tverberg, 28 08 25), et le ressenti de celle ci :
'Il existe une dette colossale qui ne peut être remboursée avec intérêts. Je m'attends à ce que si les banques font faillite, d'autres institutions financières feront également faillite : compagnies d'assurance, fonds de pension, fonds d'investissement de toutes sortes.'
Dow Jones, Nasdaq, S&P 500… A la Bourse de Wall Street, les actions américaines risquent une correction baissière marquée (voire un krach ?), avertit le Loup de Zurich. L’analyse technique et l’analyse financière sur les actions américaines incitent en effet à la plus grande prudence.
Wall Street s’emballe. Le Dow Jones a inscrit un nouveau record historique, portant ses gains à 25% depuis le point bas majeur du 7 avril (en moins de 5 mois, donc), tandis que le S&P 500 a gagné 34% et que le Nasdaq 100 s’est envolé de 42% sur cette relativement courte période ! Une envolée qui peut paraître vraiment très (trop ?) rapide, d’autant que de nombreux risques et vents contraires demeurent sur les perspectives de l’économie américaine, selon les gérants d’actifs et les économistes interrogés par Capital.
Une envolée de la Bourse des Etats-Unis qui semble d’autant plus excessive que le niveau de valorisation des actions américaines est redevenu historiquement élevé, selon de nombreuses jauges du degré de cherté des actions : la valeur de marché rapportée au chiffre d’affaires des sociétés cotées en Bourse (un ratio supérieur à 3, soit le plus haut niveau des 25 dernières années), la capitalisation boursière rapportée aux profits des entreprises, ou encore sa variante, le PER de Shiller (qui tient compte de l’impact du cycle économique), qui est revenu à son sommet (39) de 2001, soit juste avant le krach de la Bourse de 2002 !
Nasdaq, S&P 500, Dow Jones… «En Bourse, la cherté des actions américaines est devenue hors sol !»
«Quand c'est trop, c'est Tropico !», dénonce ainsi James D. Touati (dit le Loup de Zurich), consultant, formateur, trader et président-fondateur de The Nest, interrogé par Capital. Arrêtez les machines : le Dow Jones «vient de claquer la barre des 45 600 points, façon tuning à paillettes, turbo injecté en mode Jackson Hole (la réunion récente des Banques centrales, où la Fed a laissé la porte ouverte à une prochaine baisse des taux, ce qui fait décoller les actions américaines vendredi dernier, NDLR).
Tu veux du spectacle ? Prends ton popcorn, parce qu’ici, Wall Street s’est transformée en série B où les actions montent sans queue ni tête. Le script c’est : pas d’idées ? On balance Jerome Powell (le patron de la Fed, Banque centrale des Etats-Unis) et des hashtags pour occuper le terrain», ironise le consultant. A ce rythme, le Dow Jones grimpe parce que tout le monde décide de se faire une piqûre d’optimisme, «jusqu’au moment où la petite musique de la surévaluation des actions (historique, selon de nombreuses jauges, NDLR) met tout le monde d’accord : les prix des actions ? Hors sol, comme un gratin de pâtes oublié au soleil. Une fête foraine surcotée, sur les actions ?», s’interroge l’expert.
On applaudit Jerome Powell, le patron de la Fed, qui souffle sur les braises (et ravive la hausse de la Bourse), «les robots font leur moonwalk à +1,9% en after, ambiance open-bar à la Fed… Mais attention : sous la mousse, c’est toujours le cocktail moisi : inflation récalcitrante, jobs en carton (les bons chiffres apparents de l’emploi américain ont été en trompe-l'œil, avec des soutiens artificiels, NDLR), guerre commerciale en mode poker menteur… Personne ne sait si Donald Trump ou la Chine va retourner la table», avertit le financier. Bref, bienvenue dans le casino, où les règles changent à chaque tour de table.
Les actions américaines «affichent une surévaluation XXL. Le sommet du Dow Jones ? C’est comme un concours de bluffs glandeurs, à qui achète le plus cher ce qui ne vaut déjà plus rien. Les juniors du trade go full Messi (tout pour la hausse, NDLR), pendant que les vieux briscards lèvent le sourcil : les fondamentaux sont bidon, et les niveaux de valorisation en Bourse sont stratosphériques (même le curé trouve ça trop cher)», ironise le Loup de Zurich. Un tousse, tout le monde crache : «Le moindre éternuement et le VIX (jauge de la volatilité des actions américaines) fait du breakdance… et la consolidation (la correction baissière sur les actions, NDLR) arrive, emballée, pesée», ajoute le consultant.
Que dit l’analyse technique sur les perspectives du Dow Jones ? Bientôt «la revanche de la vraie vie» ?
Le krach en Bourse d’avril, c’était l’apéritif. «-10% en 48 heures, traders livides qui tweetent. La surévaluation, ce n’est pas juste un mot dans les briefs du matin, c’est le poison quotidien, infusé dans tous les taux, injecté dans chaque geste politique. Les marchés actions ? Sur le ring, version Rocky IV, personne ne sonne la cloche, et à chaque excès d’optimisme, c’est une droite qui peut t’éteindre ton portefeuille d’actions», avertit le Loup de Zurich
Du point de vue de l’analyse technique (analyse graphique et mathématique de l’évolution des cours de Bourse, qui permet d’élaborer des scénarios sur la trajectoire probable d’une action), on a cassé les bandes de Bollinger (jauge de la volatilité des cours, outil important de l’analyse technique, voir vidéo ci-dessus), ce qui signifie qu’un retour vers la ligne de base devrait être potentiellement atteinte dans les heures ou les deux à trois jours à venir, juge le Loup de Zurich, qui a pour objectifs 45 260 points, 44 940 points, puis 44 500 points sur le Dow Jones.
Dow Jones surévalué, marché actions «shooté à la croyance et suspense digne d’un Stallone sous cortisone : si tu crois que la prudence s’achète en solde chez un courtier low cost, tu vas vite comprendre que la vraie victoire, c’est de survivre aux excès d’espoir», met en garde le Loup de Zurich. Le reste ? Juste du bruit de fond pour flatter la galerie. Alors «on sort les achats de puts (on initie des paris baissiers, vendeurs sur les actions américaines, NDLR) ?», invite le Loup de Zurich, qui est pour sa part baissier sur tous les indices actions américains, pas seulement sur le Dow Jones, car «trop, c’est trop !», résume l’expert, pour qui la fête sur les actions américaines est proche de sa fin.
Si les non-résidents étaient raisonnables, ils arrêteraient d’acheter des actifs américains. Il en résulterait une impossibilité à financer le déficit très important de la balance courante...
Les États-Unis restent attractifs pour les capitaux internationaux. Les indices boursiers continuent à monter – le S & P 500 a progressé de près de 9 % depuis le début de l’année 2025 – et les taux d’intérêt à long terme restent assez bas (le taux d’intérêt à 10 ans sur la dette du Trésor est de 4,27 %, ce qui est voisin de la croissance nominale de long terme).
La dépréciation du dollar (de 1,02 à 1,17 dollar par euro depuis le début de l'année 2025) résulte de ce que les intervenants du marché des changes anticipent, à juste titre, une baisse du taux d'intérêt à court terme des États-Unis, alors que les taux d'intérêt à court terme de la zone euro sont stables et que ceux du Japon vont augmenter, avec une inflation assez forte (inflation sous-jacente de 3 %). Mais cette dépréciation ne résulte pas du retrait des investisseurs non-résidents des marchés financiers (d'actions, d'obligations) des États-Unis.
Pourtant, les investisseurs étrangers devraient, s'ils étaient rationnels, éviter d'investir aux États-Unis. En ce qui concerne les placements à court terme, ce retrait des investisseurs étrangers devrait être la conséquence de la dépréciation, qui va probablement se poursuivre, du dollar. En ce qui concerne les obligations, en particulier les obligations du Trésor des États-Unis, les investisseurs devraient s'inquiéter des perspectives pour les finances publiques du pays.
Risque de récession
Après le vote de la « grande et belle loi » budgétaire de Trump (« One Big Beautufil Bill ») par le Congrès, le déficit public qu'il faut anticiper à partir de l'année prochaine pour les États-Unis est de plus de 7 % du PIB, ce qui va conduire à une hausse ininterrompue du taux d'endettement public. Il faut s'attendre à une hausse des taux d'intérêt à long terme, c'est-à-dire un recul de la valeur des obligations, qui devrait décourager les non-résidents d'investir en titres du Trésor des États-Unis.
Enfin, en ce qui concerne les actions américaines, trois facteurs devraient rendre les investisseurs étrangers prudents : la dépréciation du dollar, la valorisation élevée du marché américain (le PER, ratio de l’indice boursier au bénéfice par action, est de 27 aujourd’hui pour le S & P 500 et de 32 pour le Nasdaq, les valeurs technologiques) et la déception probable sur la rentabilité des investissements massifs nécessaires pour développer l’Intelligence artificielle. Au total, un non-résident prudent ne devrait détenir, aujourd’hui, ni titres à court terme, ni obligations, ni actions émises aux États-Unis.
Si les non-résidents arrêtaient d'acheter des actifs américains, il en résulterait une impossibilité à financer le déficit très important de la balance courante (le déficit des échanges de biens et services accru du solde des échanges de revenus) des États-Unis. Ce déficit se monte à 4,2 % du PIB au quatrième trimestre 2024 et à 6 % du PIB au premier trimestre 2025.
Le niveau très élevé de ce déficit extérieur requiert que les États-Unis soient capables d'attirer des capitaux de taille très importante depuis le reste du monde. Si ce n'est plus le cas, il faudra que le pays fasse disparaître rapidement son déficit extérieur, ce qui – comme en Espagne, au Portugal et en Grèce pendant la crise de la zone euro dès 2010 – entraînera une récession – pour réduire la demande intérieure et donc le déficit commercial – et une hausse des taux d'intérêt – pour réduire la demande intérieure et essayer d'attirer à nouveau les capitaux étrangers.
La conséquence à attendre de la politique économique menée aux États-Unis (baisse des taux d'intérêt à court terme, déficit public très élevé) et des excès d'investissement dans l'Intelligence artificielle est donc une crise économique et financière, débutant par une crise de balance des paiements (impossibilité de financer le déficit extérieur).
*Patrick Artus est conseiller économique d'Ossiam et membre du Cercle des économistes.
https://www.lepoint.fr/economie/etats-unis-pourquoi-les-investisseurs-etrangers-devraient-etre-prudents-16-08-2025-2596420_28.php
L’économie américaine est confrontée à d’importants défis et pourrait se diriger vers une récession. Mark Zandi, économiste réputé, s’appuie sur des données économiques récentes pour démontrer l’imminence de cette crise.
Indicateurs économiques pointent vers la récession
Le rapport sur l’emploi de la semaine dernière a révélé une croissance de l’emploi plus faible que prévu, tandis que l’inflation continue d’augmenter. Cette combinaison présente une situation complexe pour la Réserve fédérale, limitant ses options pour soutenir l’économie
Zandi met en évidence plusieurs facteurs contribuant au ralentissement économique. Les dépenses de consommation stagnent, les secteurs de la construction et de l’industrie manufacturière se contractent et l’emploi est sur le point de diminuer. En outre, la hausse de l’inflation rend difficile toute intervention efficace de la part de la Fed.
Décisions politiques exacerbent les difficultés économiques
L’économiste attribue également les luttes économiques à des décisions politiques spécifiques. Il affirme que les tarifs douaniers mis en œuvre par l’administration Trump ont eu un impact négatif à la fois sur les bénéfices des entreprises et sur les budgets des ménages. En outre, des politiques d’immigration plus strictes ont entravé le marché du travail, entraînant une diminution de la main-d’œuvre.
Les données récentes du département du commerce ont confirmé la hausse de l’inflation, qui dépasse l’objectif de 2 pour cent fixé par la Réserve fédérale. Cela complique encore les efforts de la Fed pour équilibrer son double mandat de contrôle de l’inflation et de maximisation de l’emploi.
Trump critique les données officielles sur l’emploi
Le rapport sur l’emploi de juillet, qui a fait état d’une croissance de l’emploi nettement plus faible que prévu, a alimenté les inquiétudes quant à la santé de l’économie. Ces résultats ont conduit à des révisions des chiffres de l’emploi précédents, suscitant les critiques du président Trump qui a accusé le Bureau of Labor Statistics de manipuler les données à des fins politiques.
Zandi a défendu l’exactitude des données économiques, expliquant que les révisions importantes sont courantes pendant les périodes de transition économique ou de récession. Il a souligné que les retards dans les rapports des agences gouvernementales contribuent souvent à ces révisions, en particulier lorsque l’emploi dans le secteur public est en baisse
https://fr.businessam.be/leconomie-americaine-flechit-sous-la-pression-des-politiques-et-de-linflation/
Le monde est au bord du gouffre, marqué par des abus de pouvoir flagrants qui restaient dans l’ombre. Ceux qui opéraient auparavant dans le secret montrent désormais leur vrai visage. Ce passage d’une tactique secrète à une tactique ouverte indique une perte de confiance et de contrôle, conduisant les autorités à rechercher de nouvelles méthodes de manipulation. C’est ce qu’affirme Chris MacIntosh, PDG de la plateforme d’investissement Capitalist Exploits et connu pour ses analyses contrariantes sur International Man, entre autres.
Cette érosion de la confiance se reflète sur les marchés financiers. La croissance exponentielle de la dette fédérale américaine, supérieure à la croissance du PIB, dresse un sombre tableau. Alors que le gouvernement tente de masquer le problème par des dépenses déficitaires, l’histoire n’offre guère de solutions rassurantes. Les mesures possibles sont la taxation, la saisie d’actifs, l’austérité ou la restructuration de la dette. Chacune de ces options comporte ses propres défis et conséquences potentielles.
Recherche de valeurs refuges
La trajectoire actuelle suggère que les leviers traditionnels de la politique monétaire perdent de leur efficacité.
La hausse des taux d’intérêt ne fait qu’exacerber le fardeau de la dette, risquant de provoquer des défauts de paiement et de déstabiliser les marchés financiers. Cette situation dangereuse souligne la nécessité de trouver d’autres valeurs refuges. L’or a toujours été une valeur refuge en période d’incertitude. Il a surpassé les investissements traditionnels au cours du dernier quart de siècle.
La baisse des taux d’intérêt réels renforce encore l’attrait de l’or. Cela remet en question les idées reçues sur la rareté des actifs dans les régimes de taux d’intérêt élevés. Le bitcoin, qui partage la rareté et la décentralisation de l’or, apparaît également comme un concurrent potentiel dans ce nouveau paysage financier, selon MacIntosh.
« Effondrement économique : réalité actuelle, pas futur »
Cet effondrement n’est pas un événement futur, mais une réalité présente. La perte de confiance dans les institutions, le mépris flagrant de la responsabilité et le fardeau insoutenable de la dette sont autant de signes d’un changement fondamental de l’ordre mondial, dit MacIntosch. Pour naviguer sur ce terrain incertain, il faut faire preuve de discernement et se préparer. Il faut également remettre en question les récits établis, affirme-t-il.
https://fr.businessam.be/chris-macintosh-met-garde-le-systeme-americain-est-sous-pression/
Pendant ce temps, aux États-Unis, la crise immobilière est imminente....
La France risque de sombrer dans une grave crise budgétaire, rapporte Zerohedge. La dette publique a dépassé 114 pourcent du PIB. Pierre Moscovici, président de la Cour des comptes française et ancien ministre des Finances, tire la sonnette d’alarme. Le pays doit urgemment assainir ses finances publiques. Sinon, les marchés financiers l’y forceront.
Aujourd’hui, les marchés obligataires restent calmes, mais la situation pourrait rapidement se dégrader si les investisseurs perdent confiance. Dans le même temps, les charges d’intérêt continuent d’augmenter. L’État dépense désormais autant en intérêts que dans l’éducation. Avec l’accroissement de la dette, la marge budgétaire se réduit, et la pression des marchés sur le gouvernement s’intensifie.
Un lourd fardeau pour la France et la zone euro
Un ratio d’endettement supérieur à 100 pourcent est historiquement considéré comme critique. Souvent, des mesures drastiques sont nécessaires pour éviter une crise. La France compte sur une reprise économique pour alléger la pression, mais les récentes statistiques montrent le contraire. L’industrie manufacturière et le secteur des services sont en contraction, signe d’une stagnation persistante.
Les problèmes budgétaires français dépassent les frontières nationales. En raison du poids de son économie, toute la zone euro est concernée. En 2023, l’agence de notation Moody’s a abaissé la note de la France, alimentant les doutes sur sa capacité à maîtriser sa dette. Une nouvelle dégradation pourrait ébranler la confiance dans d’autres pays fragiles et faire monter les taux dans toute la zone euro.
Un dilemme complexe
La France doit faire un choix difficile : soit réduire drastiquement les dépenses publiques, soit augmenter la pression fiscale, déjà l’une des plus élevées au monde. Le système de protection sociale est particulièrement menacé. Toute tentative de le réformer pourrait déclencher de violentes protestations et des troubles sociaux.
https://fr.businessam.be/la-france-bord-crise-budgetaire/
ÉDITO. Le président américain impulse, aux États-Unis et dans le monde, une dynamique comparable à celle qui a mené au krach de Wall Street, en 1929...
Loin de marquer la fin de l'histoire, le XXIe siècle est placé sous le signe des chocs en chaîne : pandémie de Covid-19, invasion de l'Ukraine, massacres du 7 octobre 2023 prolongés par l'attaque d'Israël contre l'Iran ce 13 juin. Autant de secousses sur l'économie mondiale, à l'image de la flambée des prix du pétrole – avec la perspective d'un baril à 130 dollars en cas de blocage du détroit d'Ormuz – et du décrochage des grandes places financières provoqués par l'opération lancée par Benyamin Netanyahou pour interdire au régime des mollahs d'accéder à l'arme nucléaire.
La déstabilisation la plus violente vient cependant de la politique économique de Donald Trump, qui pourrait casser la résilience du système économique. Au-delà du tournant protectionniste, elle engage une guerre économique totale qui vise non seulement la Chine mais aussi l'ensemble du monde développé, à commencer par l'Europe.
Les droits de douane moyens, fixés à 25 % lors du prétendu Liberation Day, ont été portés, après leur sanction par les marchés financiers, de 2 à 15 %, soit leur niveau le plus élevé depuis 1938. La suprématie du dollar, monnaie de facturation de 60 % des échanges mondiaux qui représente 58,4 % des réserves de change mondiales, est minée par la volonté affichée de sa dévaluation qui atteint 10 % face à l'euro, mais surtout par l'incertitude et la perte de confiance envers les institutions de la démocratie américaine, y compris l'indépendance de la Réserve fédérale des États-Unis (FED). La dette souveraine des États-Unis, qui s'élève à 124 % du PIB, se trouve profondément fragilisée depuis le trou d'air du 9 avril par la dégradation de sa notation (suppression du triple A par Moody's), par la montée de la prime de risque et surtout par la défiance des investisseurs, qui se traduit par des sorties nettes de capitaux depuis le début de l'année.
Les craintes des marchés ont été renforcées par le projet de budget qui provoquera une hausse insoutenable de la dette de 2 400 milliards d'ici à 2034, portant son service à 2 500 milliards. Les investisseurs étrangers se détournent d'autant plus des États-Unis que la section 899 du budget prévoit de leur appliquer une taxe de 5 %, qui serait portée à 50 % sur la décennie si leur pays d'origine est présumé imposer des impôts ou des normes jugées discriminatoires aux entreprises américaines.
La menace d'une dépression mondiale réactivée
La politique économique de Donald Trump est dévastatrice pour l'économie américaine, qui connaissait une croissance intensive et se trouvait en plein emploi. La récession pointe. L'inflation dépasse 3 %. Le chômage remonte. Le déficit s'élève à 7 % du PIB et la dette sort de contrôle. Les taux longs évoluent entre 4,4 et 4,6 %. L'économie américaine, loin de connaître un basculement de la consommation vers la production qui supposerait de résoudre le déséquilibre fondamental entre l'épargne et l'investissement, se dirige vers la stagflation.
Mais Donald Trump ne ruine pas seulement quatre-vingts ans de leadership économique et technologique des États-Unis ; il réactive la menace d'une dépression mondiale du type de celle des années 1930, qui avait été conjurée in extremis lors du krach de 2008.
Les deux erreurs tragiques commises lors du krach de 1929
Le krach de Wall Street du 24 octobre 1929 vit l'éclatement de la bulle spéculative sur les actions américaines, dont le cours avait été multiplié par 2,25 en moins de trois ans. Cette secousse boursière aurait pu être maîtrisée, mais deux erreurs tragiques la transformèrent en dépression mondiale. La première fut commise par la FED, qui augmenta ses taux et provoqua une violente récession : entre 1929 et 1932, la production industrielle chuta de 35 %, les prix de gros plongèrent de 42 % et plus de 5 000 faillites bancaires furent enregistrées, le chômage, passant de 1,5 à 12 millions de personnes et touchant près du quart des actifs, explosa.
La seconde relève du pouvoir politique, avec la loi Hawley-Smoot de juin 1930, qui, en augmentant les droits de douane de 13 à 20 %, provoqua une flambée du protectionnisme et une vague de dévaluations compétitives, ouverte par le Royaume-Uni et le Japon dès 1931 puis amplifiée par Roosevelt avec la suspension de la convertibilité du dollar puis sa dévaluation en 1934. Au même moment, la France fit le choix suicidaire du bloc-or, qui ajouta la déflation à la déflation, cassant la production et l'emploi.
En trois ans, la dépression des années 1930 détruisit la production industrielle, les échanges de biens et de capitaux et le système monétaire international, n'épargnant que l'Union soviétique, qui vivait en autarcie. Elle cloisonna le système mondial, exacerbant les nationalismes et les tensions économiques. Elle atomisa les classes moyennes, permettant l'arrivée au pouvoir de Hitler en Allemagne et faisant basculer dans l'autoritarisme la majorité des pays développés. Elle lança une dynamique de guerre économique qui déboucha sur le deuxième conflit mondial.
Trump impulse aujourd'hui une dynamique comparable
Donald Trump impulse une dynamique comparable. La croissance mondiale sera amputée de 2 points par la hausse des tarifs douaniers tandis que le commerce international, qui devait progresser de 2,7 %, reculera de 0,5 % à 1,5 %. La production industrielle diminuera avec la désintégration des chaînes d'approvisionnement (l'industrie importe 26 % de ses composants et exporte 27 % de sa production). Les empires autoritaires basculent en économie de guerre, les blocs se referment, les conflits armés montent aux extrêmes en Ukraine, au Moyen-Orient, en Asie avec l'affrontement entre l'Inde et le Pakistan ou les menaces sur Taïwan.
La Chine a anticipé depuis une décennie cette nouvelle ère en se découplant des États-Unis, en organisant sa résistance aux sanctions, en accélérant son rattrapage technologique, en pratiquant un dumping systématique et en dévaluant le yuan pour protéger ses parts du marché mondial, en vendant progressivement ses titres de la dette américaine. La Russie a plongé dans une économie de guerre totale, consacrant 7 % de son PIB et 40 % du budget fédéral à la défense.
L'Europe, qui est la première cible de l'administration Trump, ne doit pas reproduire les erreurs de la France des années 1930 en restant fidèle au libre-échange dans une économie gouvernée par le protectionnisme, à une monnaie surévaluée dans la déferlante des dévaluations, au pacifisme dans un monde en guerre. Elle doit se réinventer autour de la souveraineté et de la sécurité. En affichant une fermeté totale face à la guerre économique déclenchée par Donald Trump.
En protégeant ses entreprises sur le plan juridique comme sur le plan commercial, ce qui impose d'alléger le carcan réglementaire et fiscal qui les étouffe. En révisant la politique monétaire pour lutter contre la surévaluation de l'euro et assurer des taux bas, qui ne peuvent en aucun cas être supérieurs à la croissance potentielle. Mais aussi en se mobilisant pour assurer la survie de la liberté et pour perpétuer les principes d'un capitalisme régulé, d'un ordre mondial stable, de la coopération entre les nations pour affronter les risques planétaires du XXIe siècle.
https://www.lepoint.fr/debats/avec-donald-trump-le-retour-aux-annees-1930
Les fortes baisses d’impôts voulues par Donald Trump ne sont pas compensées par les droits de douane, sur lesquels le président est moins ambitieux qu’annoncé...
Donald Trump va renoncer à mettre en place des droits de douane élevés. Déjà, il en a exempté les importations d'électronique et de pièces automobiles, il les a réduits à 10 % sur les pays autres que la Chine et il les a abaissés de 145 à 30 % pour les produits chinois. Ses récentes déclarations annoncent une réduction encore plus forte des droits de douane.
En réalité, il a compris que le protectionnisme était très défavorable aux États-Unis. Les chaînes de valeur étant très difficiles à modifier, les droits de douane aboutissent essentiellement à une hausse du prix des importations, donc à une hausse des prix de la consommation, un recul du pouvoir d'achat – avec la faible indexation des salaires sur les prix aux États-Unis – et un recul de la consommation des ménages. L'effet de ce protectionnisme sera amplifié par les restrictions apportées à l'immigration, qui sont également inflationnistes.
1 100 milliards de dollars par an
Par ailleurs, Donald Trump continue à privilégier de fortes baisses d'impôts. En plus de la reconduction du Tax Cuts and Jobs Act de 2017, il envisage de réduire les impôts locaux, de supprimer les taxes sur les pourboires et les heures supplémentaires, de baisser de 21 à 15 % le taux d'impôt sur les sociétés.
Cet ensemble de mesures fiscales coûterait 1 100 milliards de dollars par an, soit un peu plus de 3 milliards de dollars par jour. Or le supplément de droits de douane perçu par l'administration fédérale en avril n'est que de 128 millions de dollars par jour. Très loin du montant nécessaire pour financer les baisses d'impôts.
Donald Trump est parvenu à convaincre la Chambre des représentants d'accepter la plupart de ces baisses d'impôts. En conséquence, il y aura une forte hausse du déficit et du taux d'endettement publics. Le déficit a déjà atteint 4,5 % du PIB pour les six premiers mois de l'année fiscale (octobre 2024-mars 2025) ; le déficit cumulé sur un an, en avril, atteint 6,9 % du PIB.
Le Congressional Budget Office prévoit maintenant un déficit public s'élargissant de 2025 à 2055 (où il devrait atteindre 7,3 % du PIB) et une dette publique passant de 100 % du PIB aujourd'hui à 156 % du PIB en 2055. Si Donald Trump arrive à faire voter définitivement, par le Congrès, ses baisses d'impôts, le déficit public des États-Unis sera donc énorme dans le futur.
Hausse des taux
La question de la soutenabilité de la dette publique des États-Unis va donc vraiment se poser. L'inquiétude naissante se voit à l'évolution du taux d'intérêt à dix ans sur la dette publique (entre 4,0 et 4,25 % en mars, 4,44 % le 2 juin), elle se voit aussi au taux de change du dollar (1,14 dollar par euro, contre 1,02 au début de l'année 2025).
Les non-résidents détenaient, en mars, 9 049 milliards de dollars de dette publique des États-Unis, soit à peu près un tiers. Les plus gros détenteurs de cette dette sont le Japon, la Chine et Hongkong, le Royaume-Uni, les îles Caïman – en raison de la détention par des fonds d'investissement –, le Canada, le Luxembourg, la Belgique, la France, l'Irlande, la Suisse, Taïwan, Singapour, l'Inde, le Brésil et la Norvège.
Si ces détenteurs commencent à anticiper des difficultés de financement du Trésor des États-Unis, ils vont provoquer, en vendant progressivement leurs avoirs, une crise autoréalisatrice. L'anticipation de difficultés de financement et de la hausse des taux d'intérêt à long terme déclenchera alors des difficultés effectives de financement et la hausse des taux.
On peut alors douter de la possibilité pour Donald Trump de mettre en place les baisses d'impôts qu'il avait annoncées. Dès lors, que restera-t-il de son programme s'il recule sur les droits de douane et l'immigration – du fait des risques inflationnistes – et désormais sur les baisses d'impôts – en raison du risque de crise de la dette publique ?
Patrick Artus est conseiller économique d'Ossiam, membre du Cercle des économistes.
https://www.lepoint.fr/economie/danger-sur-la-dette-publique-americaine-07-06-2025-2591450_28.php
Vers l'explosion du marché obligataire américain et mondial ? | Or.fr
https://or.fr/actualites/explosion-marche-obligataire-americain-mondial-3546
Vers l’explosion du marché obligataire américain et mondial ?....Les taux d’intérêt sur la dette américaine à long terme (10, 20, 30 ans), augmentent dangereusement, ils atteignent ou franchissent les 5% alors que l’inflation est, officiellement, vaincue....L’année 2025 risque d’être celle de la crise : les États-Unis doivent en effet refinancer 9 000 milliards $ de dette — soit un quart de leur encours total — tout en finançant un déficit budgétaire annuel de 1 900 milliards $
La crise du marché obligataire se poursuit....
Le marché de la dette à long terme japonais traverse une période de bouleversements majeurs. Les fluctuations extrêmes observées sur les maturités à 30 et 40 ans ne résultent plus d'un simple ajustement technique ou d'un repositionnement des investisseurs : elles indiquent une rupture structurelle de l'équilibre financier japonais.
Dans un pays qui a incarné pendant des décennies le paradigme de la stabilité obligataire et des taux d'intérêt éternellement nuls, la hausse soudaine des rendements à long terme constitue un choc systémique. Pour l'instant, les marchés mondiaux n'en mesurent que partiellement les implications. Pourtant, à bien des égards, il s'agit du plus grand cataclysme macroéconomique de 2025 à ce jour : non pas en raison de son ampleur immédiate, mais parce qu'il remet en question des décennies de consensus sur le rôle du Japon comme financier passif du monde développé.
Ce rééquilibrage brutal de la courbe des taux n'est pas sans conséquences : il affecte la demande mondiale d'obligations américaines, rééquilibre les flux de capitaux internationaux et ravive des craintes longtemps refoulées concernant l'endettement mondial et le financement structurel des déficits occidentaux.
https://goldbroker.com/news/falling-bond-markets-can-no-longer-be-ignored-3544
Quark 24 05 25
Cette alerte que les investisseurs prennent au sérieux..La décision de Moody's de retirer aux Etats-Unis la meilleure note de crédit AAA intervient dans un environnement déjà tendu. Avec 5% de rendement sur la dette à 30 ans, au plus haut depuis 18 ans, les marchés s'inquiètent de la capacité des Etats-Unis et du Trésor américain à financer leur dette colossale.
"Certaines des familles les plus riches d'Asie réduisent leur exposition aux actifs américains, affirmant que les tarifs douaniers du président Donald Trump ont rendu la plus grande économie du monde beaucoup moins prévisible. Un family office qui gérait des actifs pour des milliardaires chinois a complètement abandonné ses investissements américains et déplacera ses bénéfices vers l'Asie.
Un cadre supérieur de l'une des plus grandes banques privées d'Europe a déclaré que l'ampleur de la récente vente de clients fortunés et d'institutions à travers le monde était sans précédent au cours des trois dernières décennies et pourrait être le début d'un changement plus persistant. Un cadre supérieur d'une banque asiatique s'est débarrassé de 60 % des actifs américains de son propre portefeuille, estimant qu'il est plus sûr de détenir des liquidités et de l'or.
Une dizaine de family offices et de conseillers très fortunés gérant des milliards de dollars ont déclaré à Bloomberg News qu'ils réduisaient leur exposition ou gelaient leurs investissements, principalement dans les actions et les bons du Trésor américains. Ils invoquent les changements rapides de politique, l'incertitude et le risque de récession... « Pour la première fois, certaines familles envisagent un désinvestissement partiel de leurs investissements américains ».
Henry Hau, directeur général d'Infinity Family Office, basé à Hong Kong, a déclaré : "Ces familles ont résisté à la bulle Internet, à la crise financière asiatique et à la crise mondiale de 2008 en continuant à s'appuyer sur les actifs américains. Aujourd'hui, cependant, elles étudient la possibilité de réaffecter 20 à 30 % de leurs portefeuilles américains à la Chine et à l'Europe
9 mai - Bloomberg (Chanyaporn Chanjaroen et Diana Li)
commentaire de Quark :
Ce que dit cet article, c'est "préparez-vous, des courbes se profilent à l'horizon".
Si les Etats-Unis et le marché obligataire ne sont plus un actif sûr et stable, le désinvestissement massif (nous n'en sommes qu'au début) sera l'apocalypse nucléaire du système financier mondial. On ne peut pas prétendre créer de l'argent à partir de rien (ou de la dette) pour croître...
Le problème est que nous y avons cru pendant trop longtemps et lorsque le cri "le roi est nu" sera lancé, la ruée vers la porte sera spectaculaire. Les mesures prises par les banques centrales pour boucher les trous à l'aide de doses successives d'injection monétaire ont dissipé la peur des investisseurs pendant très, très longtemps.
Mais la dette s'est accumulée et les créanciers pensent qu'ils seront remboursés à 100 %. Lorsqu'un actif passera d'une valeur de 100 à une valeur de 10, en raison d'un défaut de paiement, nous verrons tout le système exploser sans que les banques centrales puissent faire quoi que ce soit pour l'arrêter cette fois-ci.
La musique s'est arrêtée et bien que nous ne sachions pas combien de temps nous allons continuer avec l'inertie, le mouvement final est très clair. Dans ce "chacun pour soi", les armées prendront la parole, du moins dans un premier temps.
Je trouve incroyable que tout ce mouvement passe inaperçu, même dans les commentaires d'un blog comme celui-ci.
Comme je l'ai dit dernièrement, la pénurie de pétrole ou de cuivre ne sera pas l'épisode clé du début de la crise. Ce que la baisse de la production de pétrole fera, c'est nous empêcher de retrouver la croissance, lorsque tout le système explosera et que nous toucherons le fond, d'un point de vue financier. Mais contrairement aux autres fois, cette fois-ci, la crise économique sera antérieure à la chute de l'offre de pétrole ou de cuivre, donc il n'y aura pas de pénurie d'offre, parce que la demande diminuera plus vite.
Si les banques centrales, dans leur dernière tentative, décident d'inonder le système d'argent, le manque de confiance engendrera une hyperinflation destructrice, suivie d'une déflation historique. Nous sommes sur le point de vivre une crise comme nous n'en avons jamais connue (semblable à celle de 1929) et nous continuons à faire comme si de rien n'était.
Cette fois-ci, la bulle n'est pas confinée à un secteur, comme la bulle immobilière de 2007-2008, mais s'enfonce dans les marchés de la dette. Par conséquent, lorsqu'elle éclatera, elle emportera tout avec elle, et nous ne savons pas quel format les autorités utiliseront pour tenter de remédier à une crise systémique.
Un système fiduciaire (c’est-à-dire fondé sur de l’argent sans garantie) ne fonctionne que lorsque la confiance est très élevée. En cas de doute, une partie des acteurs du système commence à se défaire des actifs financiers libellés en monnaie fiduciaire, passant à des actifs solides et sûrs. C’est l’importance du mouvement haussier de l’or. Cela ne signifie pas que l’or est en hausse de valeur, cela implique seulement que la base monétaire dans laquelle il est coté se dévalue à la même vitesse que la hausse du cours de l’or.
Les premiers mouvements ne sont que des signes de peur initiale, affectant une très petite partie du marché. À mesure que la méfiance se développe, la valeur de l’or augmente et à un moment donné la panique des vendeurs d’actifs fiduciaires se déchaîne et l’or émerge dans une hausse verticale inarrêtable, tandis que les marchés s’effondrent.
Ces phases prennent du temps, mais il devrait être évident que ce mouvement vers la qualité et la sécurité s’accélère...
(vu sur le blog de Quark, 10 05 25)
Marc Faber, économiste et analyste de marché de renom, a lancé un avertissement sévère sur le risque d’une récession imminente et sur la surévaluation des actions américaines. Dans une interview accordée à Wall Street Bullion, Faber a fait part de ses inquiétudes quant à la stabilité du dollar et a critiqué les tarifs douaniers, qu’il considère comme préjudiciables à l’économie.
Faber estime que les banques centrales non américaines sont de plus en plus réticentes à détenir des dollars en raison des craintes d’expropriation, des problèmes de remboursement de la dette et de l’augmentation de l’inflation. Ce sentiment pourrait contribuer à une tendance à la dédollarisation, ce qui pourrait stimuler la valeur des métaux précieux comme l’or.
Faber met en garde les investisseurs
Il a également exprimé sa conviction que l’économie américaine est déjà en récession, évoquant un décalage entre des valorisations élevées et des bénéfices potentiellement décevants. Faber a mis en garde les investisseurs contre un optimisme excessif sur le marché américain.
Faber a fermement condamné les politiques actuelles en matière de droits de douane, les qualifiant de « désastre » pour toutes les parties concernées. Il a affirmé que ces mesures entraîneraient inévitablement une hausse des prix pour les consommateurs américains.
Risques pour l’avenir du dollar américain
En ce qui concerne l’avenir, Faber estime que l’avenir du dollar américain comporte des risques importants. Il suggère que le dollar est confronté à un risque de baisse plus important que celui perçu par le public et que les tentatives de soutenir le marché boursier par la planche à billets pourraient paradoxalement affaiblir la monnaie.
Malgré les incertitudes, Faber reste partisan de la détention d’or et d’argent comme réserves de valeur à long terme en période d’incertitude. Il les considère comme des valeurs refuges plutôt que comme des véhicules de spéculation à court terme.
Faber conseille aux investisseurs de se diversifier
Faber a également évoqué les implications potentielles des questions relatives aux réserves d’or américaines, suggérant que toute révélation concernant une baisse significative des réserves de Fort Knox pourrait avoir des conséquences désastreuses pour le dollar américain et entraîner une forte hausse des prix de l’or.
Il a conseillé aux investisseurs, en particulier aux jeunes générations qui entrent sur le marché des métaux précieux, de donner la priorité à la diversification entre les différentes classes d’actifs telles que l’immobilier, les actions, les liquidités et les métaux précieux. Faber a mis en garde contre les opérations spéculatives sur les contrats à terme sur l’or et l’argent et a souligné l’importance d’acquérir ces contrats comme une couverture à long terme contre le risque.
Faber a conclu en soulignant que l’environnement d’investissement était difficile et en invitant les investisseurs à s’efforcer d’éviter les pertes importantes plutôt que de chercher à obtenir des rendements. Il a insisté sur la nécessité de faire preuve de prudence et de patience face à l’intervention croissante des gouvernements et à l’imprévisibilité des politiques.
https://fr.businessam.be/leconomiste-marc-faber-avertit-que-les-actions-americaines-sont-surevaluees-et-quune-recession-est-imminente/
Un éditorial du WSJ d'hier :
Fannie et Freddie pourraient fomenter une nouvelle crise.
Ils soutiennent désormais plus de 60 % des nouveaux prêts hypothécaires, contre environ 45 % avant la crise de 2008.
Fannie Mae et Freddie Mac garantissent désormais plus de 60 % des nouveaux prêts hypothécaires, contre environ 45 % avant la crise financière de 2008. Si l'on ajoute les prêts de la Federal Housing Administration et du ministère des Anciens Combattants, le gouvernement garantit aujourd'hui près de 85 % du marché hypothécaire. Le portefeuille de prêts des GSE s'élève à 7 500 milliards de dollars. Elles sont largement considérées comme trop importantes pour faire faillite, ce qui permet aux détenteurs de titres de prendre un certain risque. Parmi ces détenteurs, la Réserve fédérale détient 2 200 milliards de dollars de titres adossés à des créances hypothécaires, ce qui représente une injection massive de monnaie imprimée dans le marché immobilier, destinée à maintenir les taux hypothécaires à un niveau bas.
Si l’on ajoute à cela les problèmes du marché immobilier commercial, les probables difficultés bancaires et les probables problèmes de retraite, les États-Unis risquent de connaître un désastre majeur.
(commentaire de Gail Tverberg, 02 05 25)
Je me souviens d'une conversation avec mon camarade de première année, l'ancien économiste en chef de Fannie Mae, lors de nos 30 ans de réunion d'anciens élèves en 2006, alors que des problèmes avec Fannie et Freddie commençaient à apparaître. Je lui ai demandé : « Dave, comment va Fannie ? » « Oh, Fannie va bien. Aucun problème avec Fannie. »
Je me souviens de sa réponse, balayant mes inquiétudes.
Deux ans plus tard, Fannie avait tendu la main pour 800 milliards de dollars à la demande de Hank Paulson et Dave était déjà parti pour Nationwide Insurance.
Fast Eddie a raison. Il y a plus de bêtises, de mensonges et de vols dans le monde qu'on ne peut l'imaginer.
Explosion du déficit, affaiblissement du dollar et croissance en berne… Tous les ingrédients sont réunis pour provoquer une tempête financière...
Mercredi 9 avril, les droits de douane réciproques décidés par Donald Trump entraient en vigueur. Cela fait déjà quelques jours que la guerre commerciale décidée par le président américain faisait dégringoler les Bourses mondiales.
Sur les écrans des analystes et des traders, une courbe s'affole : le taux d'intérêt des bons du Trésor américain grimpe en flèche. Le rendement des obligations à trente ans s'est envolé de 4,4 % à 5 %. Celles à dix ans ont pris 55 points de base en trois séances, du jamais-vu depuis vingt-cinq ans.
Personne ne s'y attendait. Habituellement, les Treasuries sont une valeur refuge en temps de crise. En coulisses, des rumeurs se propagent : et si la Chine et le Japon se débarrassaient de leurs bons du Trésor pour répliquer aux droits de douane ?
Les investisseurs sont tellement inquiets qu'ils boudent les actifs libellés en dollars. Les hedge funds sont contraints de déboucler leur position, ce qui amplifie la panique. Le billet vert accuse également le coup et dévisse par rapport aux autres grandes devises. Panique à bord ! Face à cette débandade, Donald Trump finit par reculer et suspend pendant quatre-vingt-dix jours une partie des droits de douane.
211 % du PIB d'ici à 2055
Si l'affolement sur les marchés obligataires s'est quelque peu calmé, cette mini-crise n'est peut-être que le premier acte d'une panique financière à venir… Les États-Unis s'apprêtent en effet à faire exploser leur dette. « Les baisses d'impôts décidées par Donald Trump en 2017 vont être prolongées, d'autres seront ajoutées et de nouvelles dépenses sont dans les tuyaux pour financer l'armée et la sécurité intérieure, explique Florence Pisani, chef économiste de Candriam. En face, les coupes de dépenses ne seront pas suffisantes pour équilibrer le budget. »
La facture pourrait s'alourdir de 5 800 milliards en dix ans, alors que le déficit était déjà de 7 % du produit intérieur brut (PIB) l'an dernier… Avec de telles mesures, la dette, qui s'élevait à environ 100 % du PIB en 2024, devrait flamber à 211 % du PIB d'ici à 2055, selon les projections du Committee for a Responsible Federal Budget (CRFB).
Le monde entier a longtemps considéré que la dette américaine ne pourrait jamais être un problème, grâce au « privilège exorbitant du dollar », cette monnaie qui régit le système financier et les échanges commerciaux. Elle permettait à Washington de financer à moindre coût une dette abyssale, en offrant au reste du monde des actifs sûrs et liquides.
« La situation est préoccupante »
Un privilège qui pourrait être en train de s'étioler… La confiance dans la monnaie américaine diminue au fur et à mesure que l'agitation trumpienne décuple. D'autant plus que son conseiller économique Stephen Miran rêve de faire exploser le système monétaire international pour déprécier le dollar, et tordre le bras de ses alliés pour qu'ils transforment la dette qu'ils détiennent en obligations à cent ans qui ne leur rapporteraient rien…
L'explosion de la dette, l'affaiblissement du dollar et la dégradation des perspectives de croissance risquent de produire un cocktail empoisonné. « La situation est préoccupante », prévient Florence Pisani. La charge de la dette américaine pourrait flamber.
Nous ne sommes pas non plus à l'abri de secousses, voire d'une tempête, sur les marchés. Encore une fois, face aux gouvernements incendiaires, la Réserve fédérale devra certainement se transformer en pompier… Mais à quel prix ?
https://www.lepoint.fr/economie/la-dette-americaine-ce-krach-a-venir-22-04-2025-2587861_28.php
Depuis début avril, c’est le retour de la peur sur les marchés. Le Nasdaq tangue. Les valeurs technologiques reculent, les comparaisons avec l’an 2000 refont surface. Il y a 25 ans, la bulle Internet explosait. Aujourd’hui, le scénario semble rejoué — mais avec un acteur principal différent : l’intelligence artificielle générative et en toile de fond les errements de la politique économique américaine.
Une nervosité grandissante
Depuis janvier, le Nasdaq a chuté de plus de 11%. Des géants comme Nvidia, Tesla, Palantir enregistrent des baisses à deux chiffres. Le Wall Street Journal parle d’une « volatilité fébrile » liée aux incertitudes sur les résultats et les perspectives de croissance. L’indice « VIX », du Chicago Board Options Exchange, qui mesure la volatilité du marché financier américain, a atteint début avril ses plus hauts depuis la crise bancaire de 2023.
L’IA : une ruée vers l’or sans or…pour l’instant ?
L’IA générative capte tous les regards… et tous les capitaux. Mais derrière les levées de fonds, les profits tardent. OpenAI prévoit 3,4 milliards de chiffre d’affaires, mais reste dans le rouge. Selon Gartner, 30% des projets d’IA générative seront abandonnés cette année, faute de rentabilité ou de données fiables. Comme l’écrit The Economist, « L’IA attire l’argent plus vite qu’elle ne génère de la valeur ».
Géopolitique, dollar et imprévisibilité trumpienne
À l’instabilité économique s’ajoute un facteur politique de poids : le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Sa politique économique, erratique et protectionniste, a ravivé les tensions commerciales, notamment avec la Chine. Les marchés monétaires mondiaux s’en ressentent. Le Financial Times évoque une « perte de confiance globale dans le leadership monétaire américain », avec un dollar fragilisé et contesté. Et si le dollar tremble, c’est toute la tech US, dopée par les capitaux étrangers, qui se retrouve sous pression.
Dégonflement lent ou krach brutal ?
Nous ne sommes pas encore dans la situation du krach de 2000, mais certains signaux y ressemblent, avec notamment des valorisations surélevées, des promesses techniques non tenues, l’instabilité géopolitique, sous oublier les tensions monétaires.
Une bulle systémique, pas une simple exubérance
Ce qui rend 2025 particulièrement risqué, c’est la combinaison de facteurs explosifs : survalorisation des valeurs technologiques, fragilité des modèles économiques de l’IA, et l’affaiblissement du dollar sous pression géopolitique et politique. La Fed, consciente des tensions, renforce sa vigilance et se dit prête à intervenir en cas de trop fort déséquilibre. Mais si un seul maillon cède — chute du dollar, faillite majeure ou choc sur les taux — l’effet domino pourrait être brutal. L’atterrissage en douceur reste certes envisageable, mais le spectre du krach s’installe dans les esprits. Et pour qui se souvient de l’histoire économique et financière, au-delà d’un point de bascule, le phénomène peut devenir auto-réalisateur.
Publié le mardi 15 avril 2025
https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-Un-risque-de-krach-des-valeurs-de-la-tech-en-2025-_3753934.html
Inquiétudes concernant les fonds spéculatifs...
La Banque centrale européenne (BCE) a exprimé ses inquiétudes quant aux risques potentiels posés par les fonds spéculatifs et les banques parallèles à la suite des récentes turbulences sur les marchés. Sharon Donnery, superviseur bancaire de la BCE, a souligné le risque accru de correction brutale des prix en raison des incertitudes géopolitiques.
Elle a souligné que les institutions financières non bancaires, y compris les fonds spéculatifs et les banques parallèles, pourraient être fortement affectées par ces tensions géopolitiques. L’interconnexion entre ces entités et les banques traditionnelles soulève des inquiétudes quant aux retombées potentielles.
Mme Donnery a appelé à une surveillance plus stricte de ces entreprises financières afin de s’assurer qu’elles sont prêtes à gérer les demandes de liquidités. Elle a souligné la nécessité de mettre en place des mesures solides pour atténuer les risques liés aux besoins de financement soudains.
Les banques parallèles englobent une série d’institutions financières, telles que les fonds spéculatifs, les fonds du marché monétaire et les courtiers spécialisés, qui exercent des activités de type bancaire. Depuis la crise financière mondiale de 2008, ce secteur a connu une croissance substantielle mais reste soumis à une réglementation moins stricte que celle des banques traditionnelles.
L’une des principales vulnérabilités des banques parallèles réside dans le fait qu’elles n’ont pas accès aux facilités de crédit des banques centrales, sur lesquelles les banques traditionnelles comptent en période de tensions sur les marchés. Par conséquent, elles sont plus susceptibles de connaître des problèmes de liquidité en cas de turbulences sur les marchés.
Risques liés à la connectivité
L’expansion du secteur bancaire parallèle a conduit à une interconnexion accrue avec les banques traditionnelles, ce qui peut amplifier les risques pour la stabilité financière. Les banques ont souvent une exposition directe aux banques parallèles par le biais d’activités de prêt et d’investissement, ce qui les rend vulnérables aux chocs provenant de ce secteur.
En outre, la complexité et l’opacité de certaines activités bancaires parallèles peuvent masquer les concentrations de risques, ce qui complique l’identification des vulnérabilités potentielles par les autorités de surveillance. Donnery a souligné la nécessité pour les banques et les régulateurs d’améliorer leurs pratiques de surveillance afin de gérer efficacement cette dynamique évolutive.
https://fr.businessam.be/la-bce-met-en-garde-contre-les-risques-lies-aux-banques-paralleles-dans-un-contexte-de-turbulences-sur-les-marches/
Le système financier a développé des niveaux de complexité byzantin, et est à ce point couvert par des garanties croisées qu’il ne lui faut qu’un seul échec relativement petit pour faire tomber tout le château de cartes.
De plus, à mesure que le risque augmente, l’activité se déplace du centre conservateur vers la périphérie opaque et non réglementée. J’ai calculé que, dans la création de passif depuis le GFC, à peine 20 % est venu des banques et les trois quarts du système bancaire parallèle.
Permettez-moi d’essayer de mettre cela en contexte. L’agrégat des dettes mondiales et quasi-dettes n’est pas un chiffre que tout le monde connait, mais mes estimations le situent à environ 700 milliards de dollars. La dette publique américaine représente une très faible proportion de ce montant. Le « collatéral » de la dette publique est la crédibilité du gouvernement lui-même en tant qu’emprunteur, et c’est très fort.
Mais une grande partie du reste du système est étroitement lié à des garanties croisées, ce qui signifie que même un échec dans un tout petit composant peut transmettre des ondes de choc qu’il pourrait être impossible de contrôler.
C’est ce que les prêts à risque ont fait en 2007-2009. Mais les passifs croisés sont beaucoup plus importants et complexes aujourd’hui qu’ils ne l’étaient à l’époque.
(Tim Morgan sur son blog, 25 03 25)
L’IA fait peser un grand risque sur le secteur bancaire, selon une étude publiée par Say No to Disinfo et Fenimore Harper. La technologie permet la diffusion de fausses informations qui augmentent la possibilité d’une panique...
Les banques ont un objectif clair : améliorer la surveillance pour détecter quand la désinformation publiée sur les réseaux sociaux via l’IA générative risque d’influencer le comportement des clients. Par exemple, la technologie est en mesure de poster des messages sur de faux risques en termes de sécurité à travers des publicités payantes.
Une panique bancaire à cause de l'IA ?
Les banques et les régulateurs s’inquiètent face aux risques de panique bancaire suite à l’effondrement de Silicon Valley Bank. Pour rappel, en 2023, les clients ont retiré 42 milliards de dollars en 24 heures face à la désinformation sur les réseaux sociaux.
En novembre, le Conseil de stabilité financière du G20 a averti que l'IA générative "pourrait permettre à des acteurs malveillants de générer et propager de la désinformation provoquant des crises aiguës", notamment des krachs éclair et des paniques bancaires.
L’étude de Say No to Disinfo et Fenimore Harper a montré du contenu généré par l’IA à des clients de banques britanniques. Un tiers s'est déclaré "extrêmement susceptible" de déplacer son argent après l'avoir vu, et 27 % supplémentaires "plutôt susceptibles".
Les chercheurs estiment que 10 £, environ 12,48 $, dépensées en publicité sur les réseaux sociaux pour amplifier le faux contenu, pourraient pousser au déplacement d’un million de livres de dépôts clients.
"L'IA rendant les campagnes de désinformation plus faciles, moins chères, plus rapides et plus efficaces que jamais, le risque émergent pour le secteur financier croît rapidement mais est souvent négligé", note le rapport, indiquant que les services bancaires en ligne et mobiles permettent de déplacer de l'argent en quelques secondes.
Woody Malouf, responsable de la criminalité financière chez Revolut, explique que la fintech londonienne surveille en temps réel les menaces émergentes parmi ses clients et "dans l'écosystème plus large". "Bien qu'un tel événement sectoriel nous semble peu probable, il reste possible. Il est donc essentiel que les institutions financières soient préparées", précise l’expert en indiquant que les réseaux sociaux ont un rôle à jouer pour freiner ces menaces.
Reuters a contacté des institutions financières comme NatWest et Barclays, qui n’ont pas souhaité commenter ou répondre aux demandes. UK Finance, l’organisme professionnel du secteur, indique que "les banques travaillent dur pour gérer et atténuer les risques liés à l'IA, et les autorités réglementaires examinent les défis potentiels que la technologie pose pour la stabilité financière."
https://www.lesnumeriques.com/intelligence-artificielle/les-risques-d-un-effondrement-bancaire-sont-enormes-a-cause-de-l-ia-n233156.html?utm_source=firefox-newtab-fr-fr
L’investisseur milliardaire Ray Dalio a lancé un avertissement sévère lors du World Governments Summit à Dubaï, affirmant que les États-Unis risquent une ‘attaque cardiaque économique’ si des mesures drastiques ne sont pas prises pour réduire le déficit budgétaire. Il a comparé la dette croissante de 36 000 milliards de dollars à un affaiblissement grave du système financier américain et a souligné que l’administration du président Trump doit traiter ce problème de toute urgence avant qu’il ne devienne catastrophique.
Dalio a exhorté la Maison Blanche et le Congrès à s’engager à réduire le déficit à 3 pour cent du PIB au cours des trois prochaines années, soulignant le déficit actuel projeté de 7,5 pour cent si les réductions d’impôts existantes restent en place. Il s’est dit préoccupé par le fait que les investisseurs obligataires pourraient finir par exiger des rendements plus élevés en raison de l’escalade des niveaux d’endettement, ce qui pèserait encore plus sur les finances publiques. Cela pourrait conduire à un scénario où le marché obligataire, incapable d’absorber la quantité croissante d’obligations du Trésor émises, s’étranglerait, provoquant une flambée des taux d’intérêt et déclenchant en fin de compte une dangereuse spirale de la mort de la dette.
Impact sur les taux d’intérêt
Les attentes de Wall Street concernant de nouvelles réductions des taux d’intérêt ont diminué à la suite des récents chiffres de l’inflation, les rendements de référence des bons du Trésor à 10 ans restant supérieurs à 4,6 pour cent. Comme les prix continuent d’augmenter à un rythme plus rapide, les investisseurs obligataires sont susceptibles d’exiger des primes plus élevées pour détenir des titres à revenu fixe tels que la dette souveraine, ce qui exacerbe la pression sur les dépenses publiques allouées au service de la dette nationale croissante.
Kevin Hassett, conseiller économique à la Maison Blanche, a esquissé la stratégie du gouvernement pour maîtriser l’inflation : augmenter l’offre et réduire la demande totale. Cependant, réaliser des gains de productivité significatifs grâce aux avancées technologiques ou à davantage d’heures supplémentaires reste un défi, surtout en raison des projets du président Trump concernant la déportation massive des immigrants sans papiers. Cela laisse au gouvernement des options limitées pour stimuler la croissance de l’offre, ce qui pourrait nécessiter des mesures plus drastiques pour limiter la demande totale. Cela peut souvent être réalisé par des réductions des dépenses publiques, une politique connue sous le nom de ‘austérité’ (mesures d’austérité), où le gouvernement réduit drastiquement ses dépenses pour alléger la pression économique.
Impact des mesures d’austérité
Dalio affirme que le temps presse pour parvenir à un consensus sur l’ampleur et la portée de ces réductions nécessaires. Il insiste sur l’urgence d’une action rapide, même si elle doit entraîner des perturbations, suggérant que la société doit ensuite évaluer les conséquences et s’efforcer de les réparer. Il soutient qu’il est primordial de donner la priorité à la réduction du déficit, affirmant que des mesures immédiates devraient être prises sans tenir compte des dommages collatéraux potentiels, afin de permettre une évaluation ultérieure de leur impact.
https://fr.businessam.be/linvestisseur-milliardaire-ray-dalio-avertit-dune-crise-en-raison-du-deficit-budgetaire-croissant-aux-etats-unis/
Kevin Walmsley affirme que les véhicules électriques réduiront suffisamment la demande de pétrole pour que la demande totale de pétrole diminue dans un avenir proche.
Je pense que la « demande » va probablement chuter de façon spectaculaire en raison de l’éclatement d’une bulle de dette. Les tentatives de Trump de réduire les dépenses pourraient provoquer l’éclatement d’une bulle de dette. La Chine et probablement le Japon sont également au bord de l’éclatement d’une bulle de dette, tout comme l’Europe.
Si les banques font faillite, le système cessera de fonctionner comme il le faisait jusqu’à présent, du moins jusqu’à ce qu’une solution de contournement soit trouvée. Les pays peuvent essayer de sortir de leurs problèmes en « imprimant » de la monnaie, mais cela pourrait conduire à une hyperinflation et à une perte de volonté commerciale.
À un moment donné, l’impression de dette ne fonctionnera plus. Le système d’approvisionnement international commencera à s’effondrer. Beaucoup moins de gens pourront s’offrir des véhicules. L’histoire n’est pas intuitive, mais la complexité actuelle ne peut pas perdurer sans suffisamment d’énergie de la bonne sorte. C’est ce qui fait s’effondrer le système.
(Gail Tverberg sur son blog, 07 02 25)
Le cas emblématique d'Isaac Newton, qui a connu une déroute mémorable en Bourse...
L'exemple le plus célèbre illustrant les dangers des bulles spéculatives en Bourse est celui d’Isaac Newton lors de la bulle de la South Sea Company en 1720.
«L’investissement initial de Newton est judicieux, puisqu’il achète des actions South Sea Company à 180 livres Sterling en février 1720, pour les vendre avec profit à 530 livres en mai 1720, réalisant un profit d'environ 7 000 livres. Mais, gagné par la frénésie spéculative, il rachète à un prix bien plus élevé. Or, quand la bulle éclate en septembre 1720, le cours s'effondre de plus de 75%, avec à la clé une perte considérable pour Newton. Elle avoisinait 20 000 livres, soit une grande partie de sa fortune», relève James D. Touati.
Il y a plusieurs leçons à tirer de cette célèbre mésaventure boursière.
«Même les esprits les plus brillants peuvent succomber à l'euphorie collective. La peur de manquer une opportunité en Bourse peut conduire à des décisions irrationnelles», souligne le Loup de Zurich.
Et les mouvements du marché actions peuvent être imprévisibles, comme l'a reconnu Newton, quand il a dit : «Je peux prévoir le mouvement des corps célestes, mais pas la folie des gens.»
(extrait)
https://www.capital.fr/entreprises-marches/bourse-krach-en-vue-ces-signaux-dalerte-font-craindre-le-pire-selon-le-loup-de-zurich-1506033
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