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Patrick Drahi : l'empereur à crédit

Publié le par ottolilienthal

La maison mère de SFR, Altice France, va entrer en procédure de sauvegarde accélérée...

Le groupe de télécommunications est lourdement endetté. Son propriétaire Patrick Drahi envisage déjà une vente de l'opérateur SFR..

Le groupe de télécommunications Altice France, maison mère de l'opérateur SFR, s'apprête à entrer en procédure de sauvegarde accélérée, a indiqué ce mercredi une source proche du dossier, confirmant une information de BFMTV. « Comme nous l’avons annoncé fin février, pour entériner l’accord sur la dette, nous devons mettre en place un processus juridico-administratif, dont la sauvegarde accélérée devant le tribunal de commerce de Paris fait partie », a précisé cette source.

Cette étape correspond à la fin de la phase de conciliation avec les créanciers détenteurs de la dette d'Altice, qui a permis de recueillir l’accord de plus de 90 % d'entre eux. La procédure devrait permettre de finaliser l'accord conclu d'ici fin septembre à début octobre.

Un groupe lourdement endetté

Le groupe de Patrick Drahi, lourdement endetté (près de 24 milliards d'euros au troisième trimestre 2024), avait annoncé fin février être parvenu à un accord avec une majorité de ses créanciers pour réduire sa dette de 8,6 milliards d'euros. L'accord prévoit ainsi de réduire son montant total à 15,5 milliards d'euros, en échange de 45 % de son capital. Parmi les autres contreparties accordées, l'entreprise prévoit un versement de 1,6 milliard d'euros en cash.

Le groupe « est concentré sur l’implémentation de l'accord sur la dette, la réflexion sur la vente d’actifs non essentiels et la poursuite de la relance commerciale de SFR et de l'amélioration de la qualité de service, deux indicateurs déjà bien engagés comme en témoignent les résultats du T1 », a-t-il réaffirmé ce mercredi.

Des discussions avec les autres opérateurs

Selon des informations du médias Bloomberg publiées lundi, Altice France serait entré en discussions avec plusieurs opérateur, français et étranger, pour la vente de SFR, valorisé à 30 milliards d'euros

Le groupe, qui n'est plus coté en Bourse depuis 2021, connaît depuis plusieurs années des difficultés, notamment liées au poids de sa dette et au scandale de corruption impliquant l'ex-dirigeant de sa filiale portugaise et co-fondateur du groupe. Altice France a déjà entamé une cure d'amaigrissement depuis un an pour alléger le fardeau de sa dette. Il a ainsi cédé son activité médias, qui incluait BFM et RMC, ses centres de données et ses parts de La Poste Mobile, tandis que les autres filiales du groupe Altice à l'étranger procédaient également à des cessions.

La rédaction avec AFP

https://www.leprogres.fr/economie/2025/05/21/la-maison-mere-de-sfr-altice-france-va-entrer-en-procedure-de-sauvegarde-acceleree

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L’effet de levier, c’est l’illusion d’être riche avec l’argent des autres. Une stratégie brillante quand l’argent ne coûte rien. Mais un piège mortel quand il redevient rare et cher. Car derrière chaque entreprise à forte dette se cache un pari sur les taux. Et ces taux ont parfois une fâcheuse tendance à remonter, sans prévenir.

Quand l’argent était gratuit

Pendant plus d’une décennie, l’argent ne valait rien. Des taux proches de zéro, voire négatifs. Emprunter devenait un réflexe, une stratégie, presque une vertu. Pourquoi mobiliser ses fonds propres quand les banques prêtent à taux planché ? Les dirigeants ont empilé les dettes comme d’autres empilent les Legos : avec enthousiasme et sans penser à l’effondrement possible.

Le retour brutal à la réalité

Mais les taux ont changé de cap. Entre 2022 et 2024, la BCE puis la Fed multiplient les hausses pour freiner l’inflation. Résultat immédiat : les charges financières explosent. Une entreprise qui empruntait à 1,5 % se retrouve à 5 ou 6 %. Le service de la dette devient un fardeau. Et quand 20 ou 30 % du chiffre d’affaires part dans les intérêts, on arrête de parler stratégie. On parle survie.

Altice : Drahi, l’homme sous pression

Patrick Drahi a lui aussi bâti son empire télécom-médias sur un endettement massif. Altice, c’est plus de 50 milliards d’euros de dettes accumulées pour financer des acquisitions tous azimuts. Tant que les taux restaient bas, le modèle tenait. Mais en 2023, la remontée des taux et les doutes sur la transparence financière du groupe déclenchent une tempête. Les agences de notation dégradent, les investisseurs s’éloignent. 

Drahi, longtemps maître du jeu, devient otage de sa propre dette.

Le levier, c’est le feu : ça chauffe, puis ça brûle

Le problème n’est pas l’endettement en soi. C’est de l’oublier quand on calcule. Trop d’entreprises ont bâti leur avenir sur un taux fixe… dans un monde variable. Une erreur de jugement, devenue une faute de gestion. Il n’y a pas de stratégie solide quand on ne maîtrise pas le prix de l’argent.

Quand le pari devient poison

Le levier, c’est séduisant sur le papier. Mais la dette, elle, a toujours un prix. Et ce prix, c’est le taux. Quand il double ou triple, l’addition devient létale. Les dirigeants qui l’ignorent ne dirigent pas : ils parient. 

Et tôt ou tard, les marchés leur présentent la facture.

Alexandre Masure (extrait)

 
https://www.xerficanal.com/strategie-management/emission/Alexandre-Masure-Drahi-Naouri-Atos-etc-les-tragedies-de-l-effet-de-levier_3753959.html?

Publié le jeudi 15 mai 2025

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Face à sa montagne de dette, Patrick Drahi engage un jeu musclé avec ses prêteurs...

 

Le propriétaire de SFR leur a demandé de renoncer à une partie de leurs 24 milliards d’euros de créances. Criant au « chantage », ils organisent la résistance. 
 
 
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Altice plombé par une dette excessive et la remontée des taux

Outre Casino, de nombreuses entreprises surendettées se retrouvent étranglées par l’impact de la remontée des taux. Le piège de la dette se referme ainsi sur des sociétés autrefois jugées florissantes et pleines d’avenir, comme Altice, la société fondée par Patrick Drahi, qui est, à l’instar de Jean-Charles Naouri (le patron de Casino), un financier connu pour ses nombreux montages et recours à l’endettement. Alors qu’Altice USA est dans une situation “désastreuse”, selon MoffettNathanson, ses problèmes de dette risquent de devenir “insurmontables”. La dette d’Altice USA ressortait en effet à 25 milliards de dollars à fin juin, soit 6,7 fois la marge opérationnelle ajustée avant amortissements - un ratio excessif qui traduit une mauvaise capacité de remboursement.

Au total, Altice USA, Altice France et Altice International sont lestées par un endettement cumulé de 60 milliards d’euros, qui pourrait s'avérer difficile à rembourser en cette période de pressions sur la croissance économique (qui pèsent sur les rentrées d’argent) et de remontée des taux à long terme (qui augmente le coût de la dette, les charges financières). Altice est “malheureusement beaucoup plus impacté que Casino par la remontée des taux”, déplore Xavier Gerard, président - gérant associé chez Optigestion, interrogé par Capital.

Alors que face à cet encours total de crédit de 60 milliards d’euros, l’Ebitda consolidé (la marge opérationnelle avant amortissements - indicateur phare de rentabilité) est “probablement inférieur à 4,5 milliards d’euros, cela peut ‘très mal finir’, selon lui. Il est important de savoir qui sont les banquiers qui ont octroyé “de tels encours avec aussi peu de clairvoyance”, ironise l’expert, curieux d’apprendre comment Patrick Drahi abordera ce point la semaine prochaine, lors de la présentation des résultats semestriels aux actionnaires.

(extrait)

https://www.capital.fr/entreprises-marches/altice-unibail-rodamco-apres-casino-la-remontee-des-taux-fragilise-ces-groupes-tres-endettes-1476064

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