Anne Hidalgo, Notre drame de Paris ?

Publié le par ottolilienthal

Le rapport sévère de la Cour des comptes qui étrille la gestion d’Anne Hidalgo à Paris

Les magistrats mettent en lumière des recettes qui s’amenuisent, des dépenses qui augmentent et une dette qui s’envole. Ils appellent à des réformes urgentes.

L'un de ses prédécesseurs, Jacques Chirac, l'avait bien dit : « Les emmerdes, ça vole en escadrille. » Anne Hidalgo essuie depuis quelques jours un feu nourri de critiques sur sa gestion de l'hôtel de ville et sur ses pratiques. Tout a commencé par la publication de notes de frais recueillies, après beaucoup de mal, par l'association Transparence citoyenne.

Elles révèlent des achats étonnants, comme plusieurs jeans de tailles différentes le même jour et dans le même magasin. Mais il y a aussi les nombreux voyages qu'elle effectue depuis plusieurs mois à l'étranger, notamment en avion, tout en affirmant lutter pied à pied contre le réchauffement climatique. Sans oublier, depuis ce mercredi matin, la révélation d'un rapport de la chambre régionale des comptes très critique à l'encontre de sa gestion des finances municipales.

Des dépenses de fonctionnement trop importantes

Les Sages, qui ont enquêté sur la période 2021-2024, alors qu'Emmanuel Grégoire, candidat à la succession d'Anne Hidalgo, était premier adjoint (jusqu'à mi-2024), reconnaissent que la période fut mouvementée : pandémie de Covid, invasion russe en Ukraine, crise inflationniste, crise du marché immobilier, soutien des collectivités locales au redressement des finances publiques…

Le constat de la Cour des comptes n'en est pas moins sévère : les dépenses de fonctionnement ont augmenté sur cette période de 13 %, contre seulement 11,6 % pour les recettes. L'épargne de gestion, c'est-à-dire la cagnotte municipale, chute donc. Elle s'établit à 268,7 millions d'euros en 2024, contre 760 millions d'euros en 2023 ! En cause, notamment, les charges salariales qui augmentent, même si la masse salariale elle-même (quelque 50 000 agents) est maîtrisée. La hausse de 51,8 % de la taxe foncière décidée en 2023 n'a pas suffi, déplore le rapport, à fournir des marges de manœuvre financière.

Pour autant, Anne Hidalgo et son équipe n'ont pas freiné les dépenses : « La Ville a poursuivi une politique d'investissement ambitieuse (1,6 milliard d'euros par an en moyenne entre 2021 et 2024), notamment pour créer des logements sociaux et poursuivre son action en faveur de la transition énergétique. » Les conséquences sont sévères : la situation financière s'est « dégradée » pendant cette période. Elle ne permet plus à la Ville de financer ses investissements « autrement que par un recours à l'emprunt qui dépasse aujourd'hui les ratios prudentiels ».

Une dette doublée en dix ans

Autrement dit, et malgré les bonnes notes attribuées par les agences de notation jusqu'à maintenant, la Ville est dans une situation financière périlleuse. L'encours de la dette à long terme s'envole pour atteindre 8,6 milliards d'euros ; si l'on ajoute la dette à court terme, la Ville de Paris est à la tête d'une dette de 9,3 milliards d'euros fin 2024. Elle était de 4,18 milliards dix ans plus tôt, soit moins de la moitié.

Les Sages de la Rue Cambon préviennent : il faut agir. Ils assurent que des « marges de manœuvre » existent dans la masse salariale, dans les subventions (très critiquées par l'opposition) et dans « les services ne concourant pas directement à la délivrance de services à la population ». C'est le cas des dépenses de communication, elles aussi dans le viseur de l'opposition municipale. La Cour des comptes suggère, très diplomatiquement, à l'équipe d'Anne Hidalgo de définir une stratégie « non seulement sur l'optimisation des recettes mais aussi sur la maîtrise de la dépense ». En clair : il s'agirait de gagner plus et de dépenser moins.

 

L'équipe d'Anne Hidalgo souligne que l'État met régulièrement à contribution la Ville de Paris, signe de son « désengagement ». En 2025, elle a, par exemple, dû transférer 275 millions d'euros de ses caisses vers celles de l'État. Anne Hidalgo remarque, quant à elle, un « très grand nombre d'erreurs factuelles, contresens et omissions » que l'équipe municipale a corrigés, ainsi que des « erreurs matérielles significatives » et des « constats erronés et incomplets » toujours présents dans le rapport. Elle note par ailleurs un calendrier « précipité », comme si les magistrats voulaient à tout prix publier ce rapport avant la fin de son mandat, alors que la campagne municipale démarre. Qu'en aurait dit Jacques Chirac ?

 
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Hidalgo et la guerre du périphérique

C’est bizarre, chez Anne Hidalgo, cette obstination à provoquer des contentieux avec la terre entière. A chaque semaine, sa polémique : la propreté, les coupes d’arbres, le mobilier urbain style moche, la bétonnisation des places, l’insécurité, les trottinettes, sans oublier son combat de fond : la lutte anti-bagnole.


C’est dans ce registre qu’elle a ouvert un nouveau front avec la décision de restreindre les voies de circulation sur le périphérique parisien et d’y limiter la vitesse à 50km/h. Une aberration, une nuisance totale pour le million et demi d’automobilistes quotidiens, en majorité venus de la banlieue, qui empruntent cet axe stratégique. Et un refus très net de la part du gouvernement qui n’avalisera pas ce choix. Qu’à cela ne tienne, la maire de Paris s’entête, assume d’entrer en guerre avec l’Etat et maintient son projet de thrombose.


Après s'être affrontée à la région Ile-de-France et sa présidente, Valérie Pécresse, après avoir défié les départements de la couronne parisienne et la plupart des grandes villes de banlieue, voici Anne Hidalgo lancée dans une épreuve de force politique et juridique avec l’Etat. Paris est désormais gérée comme si elle était seule au monde. Une aberration pour une ville-capitale, ville-mondiale qui devrait rayonner au lieu d’excommunier.

 
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Soutien à l'équipe d'Anne Hidalgo qui peut se prévaloir d'un bilan plutôt honorable.Il reste des choses importantes à faire dans le domaine de l'environnement:il faut aller + loin.Cela est prévu dans le programme de l'équipe "Paris en commun" (cantines bio développant les circuits de proximité, gratuité des transports pour les - 18 ans, encadrement des loyers,extension de la végétalisation notamment) c’est très positif.Anne Hidalgo a su s'entourer d'une équipe compétente qui inspire confiance.Quand cela va dans le bon sens il faut le dire & le faire savoir.Merci de ce qui a déjà été fait pour les Parisiens/Parisiennes.
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