Economie : "Winter is coming !"

Publié le par ottolilienthal

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“Un niveau plus atteint depuis 2013”: beaucoup plus de fermetures que d’ouvertures d’usines, révélant “deux France industrielles”...

En 2025, la France a enregistré une perte nette de 63 usines, selon le cabinet Trendeo qui calcule le solde des ouvertures et des fermetures. Cette désindustrialisation masque toutefois des disparités entre des secteurs en croissance comme l’énergie ou l’aéronautique, et d’autres en déclin continu, tels que l’automobile ou la métallurgie.

Il y a eu beaucoup plus de fermetures que d'ouvertures de sites industriels en France en 2025, selon le cabinet Trendeo qui a recensé un solde négatif de -63 en la matière, "un niveau qui n'avait plus été atteint" depuis 2013.

"Après un pic historique en 2021-2022, le solde net replonge en territoire négatif fin 2024 (-15) et s'enfonce en 2025 (-63)", estime le cabinet qui publie régulièrement un bilan trimestriel net des ouvertures et fermetures d'usines en France.

Il explique observer une dynamique trimestrielle "assez négative", orientée à la baisse. En termes de taille, "toutes les catégories d'entreprises ouvrent moins d'usines qu'en moyenne, avec un décrochage particulièrement marqué chez les PME", dit le cabinet.

Une étude par secteur fait "apparaître deux France industrielles". D'un côté les secteurs en bonne santé, comme le traitement des déchets, l'énergie ou l'aéronautique. L'industrie pharmaceutique “oscille autour de zero”.

De l'autre, ceux qui connaissent un "déclin structurel continu depuis 2009", produits métalliques, imprimerie, fabrication de meubles, métallurgie, textiles, plastique/caoutchouc, automobile. "Pour ces secteurs, la courbe ne s'est jamais redressée, même pendant la période faste 2021-2022", observe Trendeo, précisant que "le rebond post-Covid a au mieux ralenti la pente sans l'inverser".

Le gouvernement reconnaît un “ralentissement”

Pour le cabinet, la "reconquête industrielle de 2021-2022 a surtout amplifié la dynamique des secteurs déjà en croissance", sans parvenir à inverser le déclin des autres.

"Et les retournements récents dans l'alimentaire ou la chimie posent la question de la durabilité des gains enregistrés".

Fin octobre, la direction générale des entreprises (DGE), un service du ministère de l'Économie, avait reconnu "un ralentissement de la dynamique de réindustrialisation" sur la première moitié de l'année 2025, avec un solde tout juste positif en prenant en compte les ouvertures et agrandissements de sites industriels d'une part, les fermetures et réductions d'effectifs d'autre part.

Ce, alors que les différents gouvernements des deux mandats d'Emmanuel Macron ont voulu impulser un mouvement de "réindustrialisation" du pays, dont le secteur est en déclin depuis les années 1970.

BFM Business P.La. avec AFP
 

https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/industries/un-niveau-plus-atteint-depuis-2013-beaucoup-plus-de-fermetures-que-d-ouvertures-d-usines-revelant-deux-frances-industrielles

Faut-il craindre le retour d’un chômage de masse ?...
Un ciel assombri plane sur le marché du travail. Dans une France encore marquée par les séquelles du chômage de masse, les signaux de fragilisation de l’emploi se multiplient...
 

Cela commence à faire du monde… La banque Société générale vient d’annoncer la suppression de 1 800 postes d’ici 2027. Capgemini, entreprise de conseil dans le numérique, a fait part il y a quelques jours de sa volonté d’en supprimer 2 400. Et c’est maintenant acté : Nokia, le géant finlandais des télécommunications, a finalisé un accord de rupture conventionnelle collective débouchant sur la suppression de 421 postes en France.

Les nuages gris semblent s’amonceler dans le ciel de l’emploi. La Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) fait état d’une multiplication des restructurations depuis 2022. Certaines sont plus médiatiques que d’autres, comme dans l’habillement, secteur qui file un mauvais coton avec récemment des plans frappant chez IKKS, Jennyfer, Naf Naf ou encore C & A. L’explosion des défaillances d’entreprises est aussi un élément d’inquiétude.

Faut-il redouter un retour du chômage de masse ? Au 3ᵉ trimestre 2025, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) est de 7,7 % en France, en légère progression (+ 0,3 %) sur un an. La question paraît donc alarmiste, mais elle se pose quand même dans un pays traumatisé par les successives crises du chômage, comme celle liée au double choc pétrolier des années 1970 dont les conséquences se sont étalées jusque dans les années 1980 (jusqu’à 9,1 % de chômage), à crise du système monétaire européen dans les années 1990 (jusqu’à 10,7 %), à la crise financière de 2008 et ses multiples répercussions économiques (jusqu’à 10,5 %) et de manière plus conjoncturelle celle du Covid-19 (8,9 %).

Croissance « correcte », marché du travail résilient

À court terme, les économistes que nous avons contactés se montrent plutôt rassurants. Bertrand Martinot, l’un des meilleurs spécialistes français de la question du chômage, rappelle que la croissance économique française « se tient correctement », entre 0,8 et 1 % du produit intérieur brut (PIB). C’est un bon point tant la création de richesse « détermine largement le nombre de créations d’emploi ». Ainsi, plus la croissance est élevée, moins le marché de l’emploi est exposé à une crise du chômage.

Autre élément rassurant, toujours selon Bertrand Martinot, « le marché du travail français est devenu très résilient ». Sa capacité à encaisser les frémissements conjoncturels contribue à la stabilisation du chômage dans la tranche des 7 %. L’expert associé à l’Institut Montaigne, un think tank libéral et pro-business, salue la réforme de la rupture conventionnelle de 2009 (sous la présidence de Nicolas Sarkozy) et les ordonnances de Muriel Pénicaud (durant le premier mandat d’Emmanuel Macron). En facilitant les départs, ces dispositifs ont contribué à diminuer le coût des licenciements et l’incertitude pour les employeurs, deux facteurs qui limitaient jusque-là les embauches.

Un effet « pyramide des âges » favorable… à court terme

La pyramide des âges joue aujourd’hui un rôle de stabilisateur du chômage. Pour le dire de manière très synthétique, les nombreux départs à la retraite des générations seniors compensent, en grande partie, l’arrivée des jeunes sur le marché du travail, ce qui maintient la population active autour de 31 millions de personnes en France. La suspension de la réforme des retraites votée par l’Assemblée nationale pourrait même renforcer cet effet : le gel de l’âge légal à 62,9 ans, plutôt que son relèvement à 64 ans, devrait accélérer les départs à la retraite, limitant ainsi une potentielle augmentation du nombre de demandeurs d’emploi.

Ce qui s’apparente à une bonne nouvelle à court terme peut toutefois devenir problématique sur la durée. « La réforme des retraites devait être le moteur de la croissance de la population active », rappelle Olivier Redoulès, directeur du pôle études de Rexecode, un institut économique réputé. Dans une société, plus il y a de personnes en activité, mieux l’économie se porte. À l’inverse, une population active limitée réduit la « taille du gâteau France » et donc le potentiel de création de richesse. Sauf, bien sûr, en cas de hausse soudaine de la productivité ou d’un recours encore plus marqué qu’aujourd’hui à l’immigration pour financer notre modèle social.

Le spectre de l’IA

En résumé, pas de catastrophe en vue à court terme sur le front de l’emploi, mais des inquiétudes pesantes sur le long terme. La plus saillante d’entre elles relève de la progression de l’intelligence artificielle dans les entreprises. L’IA est justement l’une des explications fournies par Capgemini pour justifier son plan de suppression de poste.

Dans un livre choc, Ne faites plus d’études : apprendre autrement à l’ère de l’IA (Buchet-Chastel, 2025), l’économiste Olivier Babeau et l’entrepreneur Laurent Alexandre prédisent un avenir sombre pour le marché de l’emploi. Selon eux, les « cols blancs » affectés à des tâches répétitives ou standardisées pourraient d’ici peu être remplacés par des modèles d’intelligence artificielle. À terme, même les employés ultra-diplômés, comme les polytechniciens, pourraient eux aussi être supplantés par des cerveaux en silicium, affirment-ils. Évidemment, de nouveaux emplois seront créés, mais probablement en nombre réduit.

Face à ces oiseaux de malheur, Olivier Redoulès se veut toutefois plus mesuré. « Certains disent que l’IA va remplacer les cadres, d’autres que des complémentarités IA-humains au travail sont possibles », nuance-t-il. Olivier Redoulès, qui penche pour la deuxième option, rappelle que les employés de bureau qualifiés sont toujours ceux qui résistent le plus aux crises du chômage, même pendant la crise des subprimes de 2008. Il est préférable qu’il en soit ainsi : en France 80 % des emplois se concentre dans le secteur du tertiaire.

Une vague de faillites frappe les entreprises américaines et européennes...

Les entreprises américaines, en particulier celles qui dépendent des importations, connaissent une vague de faillites due à une confluence de facteurs. L’augmentation du nombre de faillites d’entreprises atteint des niveaux inégalés depuis les lendemains de la Grande Récession. Les données de S&P Global Market Intelligence révèlent qu’au moins 717 entreprises ont déposé le bilan jusqu’en novembre 2025, soit une augmentation de 14 pour cent par rapport à la même période en 2024. Cela rapporte The Washington Post.

Augmentation des coûts

La hausse des faillites est notamment concentrée dans le secteur industriel, qui englobe l’industrie manufacturière, la construction et les transports. Les entreprises qui s’occupent de dépenses discrétionnaires, telles que la mode et l’ameublement, constituent le deuxième groupe le plus important en termes d’insolvabilité.

Alors que l’inflation s’est quelque peu ralentie, les entreprises absorbent des coûts accrus pour maintenir des prix stables pour les consommateurs. Cette pression financière s’avère insoutenable pour des entreprises déjà vulnérables.

Faillites en Europe

La tendance à l’augmentation des difficultés des entreprises ne se limite pas aux États-Unis. Les derniers chiffres de l’Europe pour le troisième trimestre 2025 révèlent un tableau mitigé, rapporte Eurostat. Les enregistrements d’entreprises ont augmenté de 4 pour cent par rapport au trimestre précédent, avec une croissance notable dans des secteurs tels que l’information et la communication, la construction et les transports. Cependant, les déclarations de faillite ont également augmenté de 4,4 pour cent au cours de la même période.

Un examen plus approfondi des tendances européennes en matière de faillites révèle des variations sectorielles. Les secteurs de l’hébergement et de la restauration, des transports et des services financiers ont connu les plus fortes augmentations du nombre de faillites. À l’inverse, les secteurs de l’information et de la communication, de la construction et de l’industrie ont connu une légère baisse des dépôts de bilan. Les données du dernier trimestre 2025 de l’Union européenne permettront de mieux comprendre l’évolution du paysage économique et la trajectoire des défaillances d’entreprises. (uv)

https://fr.businessam.be/vague-de-faillites-frappe-les-entreprises-americaines-et-europeennes/

 

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La « job machine » française cale à nouveau : les destructions d’emplois dépassent désormais les créations ; le nombre de chômeurs, comme le taux de chômage, repart à la hausse. Ce dernier flirte à nouveau avec les 8% de la population active. En progressant de 0,3 point sur un an, il atteint un pic inédit depuis quatre ans. Le gouvernement assure qu’il s’agit d’une « hausse en trompe-l’œil ». Depuis le 1er janvier 2025, la loi sur le plein emploi prévoit en effet l’inscription automatique à France Travail d’un grand nombre de bénéficiaires du RSA et de jeunes en parcours d’insertion. Un argument qui trouve vite ses limites : même en neutralisant l’effet de ces nouvelles règles de comptabilisation, le nombre de chômeurs progresse bel et bien. Et surtout, cette explication ne dit rien de la faiblesse des créations de postes ni de l’augmentation des destructions.

Les précaires en première ligne

Comme souvent, les premières victimes de la remontée du chômage sont les publics les plus fragiles. Trois grands facteurs discriminants émergent, à commencer par le motif d’inscription à France Travail, qui reflète en partie le type de contrat ou la forme d’emploi du dernier poste occupé. Les salariés aux statuts les plus précaires sont, une fois encore, les premiers à voir leurs emplois supprimés. Les intérimaires sont en première ligne. Quand la conjoncture se dégrade, ce sont les premiers contrats non renouvelés : leurs effectifs reculent nettement depuis plusieurs trimestres. Les fins de mission s’enchaînent sans être relayées par de nouvelles, poussant de nombreux travailleurs à s’inscrire à France Travail. Les renouvellements de CDD se font plus rares, tandis que les offres se tarissent. Saisonniers et intermittents du spectacle figurent aussi parmi les catégories les plus exposées. Autre profil en hausse : celui des personnes qui s’inscrivent pour la première fois à France Travail, souvent après la fin de leurs études. Cette tendance illustre les difficultés croissantes des jeunes à s’insérer sur le marché du travail.


L’âge comme facteur d’exclusion

C’est le deuxième facteur discriminant : l’âge. Occupant les postes les plus sensibles aux soubresauts de la conjoncture, les jeunes affichent un taux de chômage supérieur à celui du reste de la population : un jeune actif sur cinq, ou presque, est sans emploi, et il est de plus en plus difficile de décrocher un premier poste, même pour les plus diplômés. Interrogés en juin 2025, 84% des titulaires d’un bac +5 sortis en 2024 estiment que leur entrée sur le marché du travail a été difficile, soit 23 points de plus que la promotion 2022, arrivée avant le retournement conjoncturel. Près de 40% ont mis plus de six mois à décrocher un premier poste, un allongement marqué qui s’accompagne le plus souvent de sacrifices — salariaux, mais pas seulement. Des jeunes sans emploi, donc, mais qui ne sont pas tous inscrits à France Travail et ne sont pas comptabilisés comme chômeurs.

Quand les femmes paient le plus lourd tribut

Troisième grand élément discriminant : le sexe. Parce qu’elles occupent des postes plus précaires et plus sensibles à la conjoncture, les femmes sont plus impactées que les hommes. Sur un an, le chômage des femmes a augmenté de plus de 9%, soit près de 8 points de plus que les hommes ; même constat pour la progression du taux de chômage, près de deux fois plus rapide pour les femmes. En outre, plus souvent contraintes d’être à temps partiel, l’ajustement passe aussi par la baisse du nombre d’heures travaillées.

Si, pour l’instant, ce sont les plus fragiles qui encaissent le choc, une crise prolongée – combinée à l’automatisation accélérée par l’IA – finirait inévitablement par toucher l’ensemble des actifs, y compris ceux qui se croyaient protégés.

 
Alexandre Mirlicourtois

Publié le jeudi 11 décembre 2025

https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-Chomage-qui-est-en-premiere-ligne

Le rouleau compresseur chinois est en train de devenir monstrueux...

 

Sur les douze derniers mois, l'excédent commercial chinois vis-à-vis de l'Europe a dépassé le cap des 300 milliards de dollars. Trois fois plus qu'en 2019, il y a six ans seulement. Information passionnante dénichée par un économiste de Rexecode et un journaliste des Échos, Guillaume de Calignon, dans les statistiques douanières de Pékin.

Encore d'autres chiffres. Cet excédent dépasse désormais l'excédent chinois vis-à-vis des États-Unis. Enfin, le déficit purement français, c'est-à-dire l'écart entre ce que nous importons de Chine et exportons vers la Chine, représente un 6ᵉ de ces 300 milliards (50 milliards).

Montée en gamme

Pourquoi ce rouleau compresseur a-t-il grossi ? Il y a quinze ans, nous achetions à la Chine des produits simples : électroménager, meubles, vêtements (pour aller vite). Puis, il y a eu les téléphones et les ordinateurs. Maintenant, des voitures électriques, des batteries et des panneaux solaires. La montée en gamme n'a pas pris l'escalier, mais l'ascenseur.

Et il grimpe encore. Se rajoute petit à petit au rouleau : des publications scientifiques et des dépôts de brevets en pagaille, sans oublier une domination totale dans les terres dites rares : je parle des 17 métaux utilisés dans la fabrication des batteries et des lasers ou des écrans de téléphone et des éoliennes. Bref, le rouleau compresseur roule.

Mais pourquoi a-t-on laissé faire ? Parce qu'au début, cela a arrangé les pays occidentaux. Une main d'œuvre peu chère fabriquait tout. C'était excellent pour le pouvoir d'achat. En Europe, cela a permis d'augmenter (sans que cela se voie trop) les impôts et les cotisations sociales, pour payer les retraites et la santé.

C'étaient les années 2000.

L'erreur est d'avoir sous-estimé la Chine

Sauf que les Chinois sont allés vite, très vite, très très vite pour se développer – plus vite qu'aucun pays dans l'histoire de l'humanité. Les Occidentaux ont commencé à se dire : ok, tant pis, on perd des emplois, mais alors les entreprises ont salivé devant l'immense marché de la Chine comme client, avec sa classe moyenne qui s'est enrichie.

C'étaient les années 2010.

Sauf que les Chinois ont encore accéléré et, troisième étape, nous concurrencent sur tous nos points forts. L'erreur est de les avoir sous-estimés. C'est aussi d'avoir sous-estimé leur capacité à violer toutes les règles. C'est enfin d'avoir pensé que leurs produits ne séduiraient pas parce que personne ne rêve du modèle chinois comme on rêve du modèle américain. Triple erreur.

Ce sont les années 2020.

Résultat, aujourd'hui, la Chine, c'est 30% de la production industrielle mondiale. Contre 15% pour les Etats-Unis et 15% pour l'Europe.

Et donc, que faire ? Jouer le rapport de force, comme Donald Trump. Les pays européens divergent entre eux, mais cela viendra. La semaine dernière, le patron de Bpifrance (un organisme public), Nicolas Dufourcq, écrivait ceci (je le cite) : "Si ça continue, le tsunami chinois détruira toutes les PME industrielles de la Pologne à la Bretagne. Il faut fermer l'Europe temporairement". Fin de citation.

Un propos provocateur, mais productif.

Valse de licenciements...

Depuis septembre 2023, plus de 100 000 personnes ont vu leur emploi menacé ou supprimé par leur employeur. Dans le détail, plus de 31 000 emplois sont menacés et pas loin de 75 000 emplois ont été tout bonnement supprimés, au gré des défaillances d’entreprises, délocalisations et restructurations. Les données du syndicat font également état de 1 400 intérimaires laissés sur le carreau. Une statistique largement sous-estimée, tant nombre d’entreprises reposent sur ces travailleurs précaires pour tourner.

Les données ne prennent pas non plus en compte les emplois indirects – comme les salariés des sous-traitants qui pourraient fermer boutique si leurs clients devaient cesser leur activité –, laissant présager une vague prochaine de nouveaux licenciements.

Des « licencieurs » aux profils variés

Les données permettent d’observer qu’aucune région, ni aucun secteur d’activité, n’échappe aux destructions d’emplois.


Milee, entreprise de distribution de prospectus publicitaires, remporte la palme du plus grand nombre de postes détruits, avec 10 000 emplois supprimés, appliquant ainsi le plus grand plan « social » français depuis quarante ans.


Elle partage le podium avec l’énergéticien Engie, qui supprime ou menace 4 850 postes, et la banque Société générale, avec 4 050 emplois fragilisés.

Toutefois, certains secteurs d’activité sont plus touchés que d’autres.

C’est le cas du commerce. On compte 14 930 emplois menacés ou supprimés, dans des enseignes de toutes tailles. Celles de la grande distribution sont d’ailleurs présentes dans le top 10 des plus grands licencieurs, comme Auchan (2 300 emplois supprimés ou menacés) et Casino (3 300 emplois). Mais la casse ne s’arrête pas à la grande distribution.

Un très grand nombre d’enseignes de prêt à porter, comme IKKS, Minelli, Naf Naf, Pimkie ou Galeries Lafayette sont également concernées. Une hécatombe symptôme de l’appétit d’actionnaires peu scrupuleux, mais pas seulement. Elle témoigne aussi d’une recomposition des habitudes de consommation des Français, à l’heure ou le chinois de l’ultra-fast-fashion, Shein, se taille une place jusqu’au BHV de Paris.

L’industrie, première victime

Le secteur d’activité qui paie la plus lourde addition est toutefois celui de l’industrie. Toutes branches confondues (métallurgie, chimie, textile, verre et céramique), près de 37 000 emplois sont concernés par des plans de restructuration. Quasiment 24 000 ont déjà été supprimés.

Le constructeur automobile Stellantis a, à lui seul, supprimé ou menacé 1 480 emplois, Valeo 1 390 et Michelin 1 254 sur les deux dernières années. ArcelorMittal, première industrie en nombre d’emplois menacés ou supprimés, a, quant à lui, annoncé la suppression de 1 942 postes, alors même que les hauts-fourneaux ont reçu plusieurs millions d’euros d’argent public pour assurer leur transition énergétique.

Ces données révèlent l’ampleur de la désindustrialisation en France. Au mois d’octobre, le baromètre industriel de l’État, établi par la Direction générale des entreprises, annonçait qu’au premier trimestre 2025 les usines qui ont fermé (82) étaient presque deux fois plus nombreuses que les usines qui ont ouvert (44).

Une autre donnée, collectée par la caisse primaire d’assurance maladie, confirme ce marasme industriel : entre 2003 et 2023, le secteur de la métallurgie enregistre une baisse d’effectif d’environ 15 %, soit plus de 300 000 salariés. Dans l’industrie chimique, les effectifs ont également diminué de 15 %, ce qui représente près de 80 000 salariés sur vingt ans.

Cette casse sociale signe l’échec de huit années de politique de l’offre macroniste, faite de cadeaux fiscaux aux entreprises (baisse des impôts de production, des impôts sur les sociétés…), dont l’efficacité n’a jamais été prouvée.

Une récente étude de l’Institut des politiques publiques vient d’ailleurs de montrer l’absence d’effets mesurables de la baisse des impôts de production (10 milliards d’euros par an, tout de même) sur l’investissement des entreprises.


Marie Toulgoat. Arthur Dumas. Source (Synthèse)

 

L’avis de A-M. R.

« Cette casse sociale signe l’échec de huit années de politique de l’offre macroniste, faite de cadeaux fiscaux aux entreprises (baisse des impôts de production, des impôts sur les sociétés…), dont l’efficacité n’a jamais été prouvée. »

E. Macron a fait ce pourquoi il avait été élu : se mettre au service de la finance, des actionnaires et des grandes fortunes, le reste ça n’a jamais été son problème.
C’est une marionnette aux mains de la finance.

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Brandt, Kickers, placés en redressement judiciaire. Plus que les difficultés de l’électroménager et du textile français, c’est le signe de la poursuite du naufrage de l’industrie des biens de consommation, malgré une demande intérieure dynamique. L’écart entre la consommation des ménages et le « made in France » l’illustre parfaitement. Le divorce entre les deux courbes s’amorce au début des années 2000. Depuis, chaque crise — grande récession de 2008-2009, Covid — creuse davantage le fossé. L’industrie française encaisse, sans jamais rebondir. Résultat : la demande des ménages s’envole depuis le début des années 1990, quand la production s’étiole. Plus que ça, des bastions entiers ont disparu du paysage industriel français.

Des filières entières rayées de la carte

Dans les biens non durables, il ne reste plus grand-chose de la filière textile-habillement-cuir. L’industrie de la chaussure en est le symbole avec une chute vertigineuse de 97% de la production. Même constat dans les biens durables : le meuble –65%, l’électroménager –22%. Plus aucun ordinateur — ou presque — n’est fabriqué en France, pas davantage de téléphones. Moins de 1,5 million de véhicules sortent des chaînes de montage, contre plus de 3 millions dans les années 90.

Les causes de cette déconfiture sont multiples : erreurs politiques, choix économiques discutables, stratégies hasardeuses, attaques venues de l’extérieur… Un enchaînement qui a atrophié la base industrielle du pays. Tout cela s’inscrit dans un temps long, dès les années 1990. La France s’engage alors dans la politique du franc fort en s’alignant sur le deutschemark. Dans le même temps, la peseta espagnole, la lire italienne et la livre britannique sont dévaluées. La compétitivité française dégringole.

Le tournant des années 2000 et la mondialisation accélérée

Les premières digues cèdent : textile, habillement, cuir… En dix ans, la production est quasiment divisée par deux ; le meuble commence aussi à souffrir. Les années 2000 accélèrent le mouvement. Le révélateur vient de l’éclatement de la bulle internet en 2001. Cette crise marque un vrai tournant. Les événements s’enchaînent : entrée de la Chine dans l’OMC fin 2001, accélération de la mondialisation et concurrence des pays à bas coûts. Déjà déstabilisées, la filière textile-habillement-cuir et le meuble décrochent. D’autres suivent : c’est le cas d’une partie de l’électronique grand public, notamment la fabrication d’ordinateurs.

Des choix politiques défavorables à l’industrie

Il n’y a pas que la Chine. Il faut aussi mentionner un choix politique français majeur : stimuler la consommation et l’immobilier, plutôt que l’industrie, promouvoir le fabless, l’industrie sans usine. Pendant ce temps, l’Allemagne engrange les fruits des réformes Schröder, de la mise en place de son économie de bazar et gagne des parts de marché, tandis que les délocalisations françaises s’accélèrent. Puis vient la grande récession de 2008-2009, suivie de crises à répétition et d’une concurrence renforcée venue d’Italie et d’Espagne, converties au néomercantilisme : déflation salariale, compression de la demande intérieure, export offensif.

L’automobile, miroir du déclin industriel français

Finalement, c’est l’industrie automobile qui condense le mieux les déboires du « made in France » : concurrence de l’Allemagne, de la Chine, délocalisations et erreurs stratégiques ont divisé par trois la production sur le sol français. Une partie de l’industrie des biens de consommation est aujourd’hui un champ de ruines, avec cette conséquence simple et implacable : le « plus d’achats » ne stimule plus nos chaînes de production, il creuse notre solde extérieur. Consommer, c’est importer.

 
Alexandre Mirlicourtois

Publié le mardi 04 novembre 2025

https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-Comment-la-France-a-perdu-son-industrie-de-consommation

Défaillances d’entreprises…

… pourquoi ce niveau record en 2025…

L’usine de sirops Teisseire, vieille de 300 ans, ferme ses portes à Crolles en Isère. Au-delà du symbole, cette défaillance allonge la liste des PME en difficulté dans nos départements (lire par ailleurs). Or « un emploi industriel, c’est quatre emplois indirects, rappelle Jérôme Lopez, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) en Isère. Dans les semaines à venir, avec les 167 emplois de Teisseire, il faut s’attendre à 600 emplois détruits dans le silence ». Le restaurant et la boulangerie du coin, la société de maintenance, celle pour l’entretien, la sécurité, la com’, la logistique…

Le syndicat des indépendants (SDI) réunit particulièrement les entreprises de moins de 10 salariés. Jean-Guilhem Darré, son délégué général, relève : « 91 % des dirigeants sont inquiets, en colère ou déprimés. Nous réalisons cette enquête sur le moral des dirigeants et c’est le résultat le plus élevé qu’on ait jamais connu. Ils sont de plus en plus nombreux à envisager de cesser volontairement leur activité ».

Pour les PME de 10 à 19 salariés et celles au-delà de 50 : « il y a de vraies tensions locales ».

Avec 6800 défaillances d’entreprises en septembre, la France a connu la pire « période de rentrée » depuis 2009, selon le cabinet Altares, expert en données d’entreprises. « Sur le début de l’année, les TPE de 6 à 9 salariés subissent les tendances les plus sévères (+ 14 % entre 2024 et 2025). Mais ce à quoi on doit faire attention, c’est la taille du dessus, les 10-19 salariés, prévient Thierry Millon, directeur d’études chez Altares. Il y a de vraies tensions locales et il faut relever l’accentuation du risque des gros acteurs » (au-delà de 50 salariés, Altares compte + 25 % de défaillances).

Depuis la dissolution d’il y a un an et demi…

Le SDI dénonce régulièrement l’instabilité politique. A la CPME, Jérôme Lopez déroule une logique implacable : « Depuis la dissolution il y a un an et demi, tous les trois mois, -on est dans l’incertitude. J’ai des confrères industriels qui faisaient 500 000 euros de chiffre d’affaires l’an dernier avec le. CHU, ils en font 170 cette année. Ça, c’est une conséquence directe des crises budgétaires. Si les budgets ne sont pas votés, il n’y a pas d’argent dans les établissements publics. Si les établissements publics n’investissent pas, les établissements privés ne sont pas confiants, ce qui gèle les projets d’investissement ».
Évidemment, les élections qui approchent n’arrangeront rien.

« Les carnets de commandes sont dégradés, les stocks élevés et des investissements productifs diminuent comme on l’avait prédit, relève Gilles Mollard, président de l’Union des industries et métiers de la métallurgie de Haute-Savoie. Les raisons sont diverses, mais c’est aussi lié à la crise de confiance des consommateurs en France. Les coûts énergétiques – même si l’électricité a baissé – restent quand même 30 % plus chers qu’aux États-Unis et la fiscalité est jugée dissuasive ».

Si Altares voit aussi des signaux positifs, une autre tendance inquiète notamment le représentant du SDI. Les entreprises de plus de 10 ans vacillent, alors qu’elles devraient figurer parmi les plus résilientes. Ce jour, les Aciéries de Bonpertuis (groupe Forlam) attendent de connaître leur sort…
Six siècles après leur création.


Célia Amphoux.Dauphiné. 21/10/2025

Pire « période de rentrée » depuis 2009…. Record des défaillances d’entreprise...

Un rapport d’Altares pointe « l’incertitude » qui entoure l’économie française pour expliquer les 6.800 défaillances d’entreprises enregistrées en septembre

C’est une statistique économique qui inquiète. Selon un rapport du groupe Altares publié lundi, un total de 6.800 défaillances d’entreprises ont été enregistrées en France en septembre, ce qui constitue la pire « période de rentrée » depuis 2009.

L’étude dénombre pour l’ensemble du troisième trimestre 14.371 procédures collectives ouvertes, un record pour cette période, soit une hausse de 5,2 % sur un an. Altares met en avant « l’incertitude » qui entoure l’économie française, ainsi qu’une consommation des ménages « atone ».

L’industrie manufacturière particulièrement touchée

C’est l’industrie manufacturière qui semble être la plus touchée avec un bond de 17 % par rapport au troisième semestre 2024. Les petites entreprises de 10 à 19 employés sont aussi celles qui voient leur nombre de défaillances augmenter le plus spectaculairement, avec une hausse de 13 %.

Et près d’un dirigeant d’entreprise de moins de 10 employés sur six, déclare penser à cesser son activité d’ici la fin de l’année, dévoilait déjà une étude du syndicat des indépendants (SDI), publié jeudi. Autre tendance inquiétante selon Altares, les défaillances de structures créées il y a plus de quinze ans sont en forte progression (18 %).

Plus d’1,1 million d’entreprises créées sur un an

L’étude relève toutefois qu’un tiers des entreprises en défaillance font l’objet de jugements en redressement, une proportion en hausse. Ces procédures peuvent permettre de maintenir l’activité ou de préserver certains emplois parmi les 52.000 menacés ce trimestre par les défaillances.

20 Minutes avec AFP

Alors que l’économie mondiale ralentit, que les tensions commerciales se durcissent, et que les grandes puissances redéploient méthodiquement leur force économique, la France, elle, s’égare dans une crise politique sans fin. Le débat public s’enlise dans des querelles byzantines et des batailles budgétaires ubuesques.

L’équilibre trompeur d’un pays à l’arrêt

Certes, quelques indicateurs pourraient donner le change : une inflation contenue, un chômage relativement stable, une consommation qui finalement résiste. Et si l’on oublie un instant l’état calamiteux des finances publiques, le pays pourrait même donner l’illusion d’un certain équilibre. Mais c’est l’équilibre figé d’un système à l’arrêt. Car cette façade rassurante masque l’essentiel : un appareil productif en perte de vitesse, une influence internationale en recul, et surtout, une incapacité chronique à définir une trajectoire stratégique claire.

Quand l’indécision devient doctrine

Derrière cette résilience apparente se cache une pathologie plus grave : l’indécision érigée en système. Les gouvernements se succèdent sans majorité cohérente, les arbitrages économiques s’enchaînent sans cap, les annonces politiques tombent sans lendemain. Résultat : l’action publique perd en crédibilité, en interne comme à l’international. Les marchés en donnent une lecture sans appel : le spread entre les taux français et allemands se creuse. Mais ce ne sont finalement pas les chiffres qui inquiètent le plus, mais l’absence de cap.

Un monde qui réécrit les règles

Le monde, lui, a changé de logiciel. Les États-Unis de Trump imposent des barrières douanières, restructurent leurs chaînes de valeur, relocalisent massivement. La Chine de Xi Jing Ping accélère sa montée en gamme technologique. L’Allemagne tourne le dos à ses tabous budgétaires et injecte des milliards dans la défense, l’énergie, la souveraineté industrielle. Partout, les États réarment leurs économies. Et ce réarmement est aussi stratégique que militaire.

La France, spectatrice d’un basculement

Dans le nouveau désordre géoéconomique, la France semble rester figée sur le quai pendant que le train du monde repart. Engluée dans des querelles politiciennes, elle s’enferre dans des débats comptables dérisoires, arbitrant sur des décimales de PIB pendant que les autres redéfinissent leur puissance autour de la souveraineté, de la résilience, de la réindustrialisation. Mais l’heure n’est plus aux ajustements à la marge. Il faut trancher : entre désendettement et investissement massif, dépendance consentie ou souveraineté industrielle, gestion à courte vue ou vision stratégique.

Le choix d’exister

Pourtant, la France ne manque ni de talents ni d’atouts. Elle manque d’une colonne vertébrale et d’une volonté stratégique. Tant qu’elle confondra tactique électorale et projet national, elle restera en marge d’un monde qui, lui, avance en blocs structurés autour d’intérêts bien définis. Ce à quoi nous faisons face n’est pas une simple crise conjoncturelle, mais un basculement d’époque. Et dans ce genre de rupture, ceux qui hésitent ou tergiversent sortent définitivement de l’histoire.

 
Cyrille Moleux

Publié le mardi 07 octobre 2025

https://www.xerficanal.com/economie/emission/Cyrille-Moleux-France-le-debat-economique-et-budgetaire-insoluble

Le ralentissement économique de la France : La production industrielle chute et les risques augmentent...

La production industrielle française a connu une baisse inattendue au mois d’août, suscitant des inquiétudes quant à la santé de la deuxième économie de la zone euro. Les économistes avaient prévu une légère augmentation, mais la production a en fait baissé de 0,7 pour cent par rapport à juillet. C’est ce qui ressort du dernier rapport de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Cette baisse s’est répercutée sur la production manufacturière, qui a également reculé de 0,7 pour cent.

Les tendances récentes indiquent un affaiblissement de la croissance

Alors que l’économie française a fait preuve de vigueur au cours du premier semestre, les données récentes indiquent une tendance à l’affaiblissement. La confiance des entreprises et des consommateurs reste faible et l’activité du secteur privé a diminué en septembre.

L’instabilité politique est un facteur important qui contribue à cette incertitude. La deuxième chute du gouvernement en moins de deux ans a suscité des appréhensions quant aux futures politiques fiscales et aux dépenses publiques. Le nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, est engagé dans des négociations cruciales avec les partis d’opposition pour s’assurer de leur soutien à son plan de réduction du déficit.

Le poids de la dette et l’instabilité posent des risques

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a récemment fait part de ses inquiétudes concernant le poids de la dette et l’instabilité politique en France. Il a averti que ces facteurs pourraient étouffer la croissance économique, car les consommateurs augmentent leur épargne et les entreprises hésitent à investir.

Les données de l’Insee pour le mois d’août ont révélé que la baisse de la production dans le secteur des transports a été l’un des principaux facteurs de la diminution globale de la production industrielle. Le raffinage du pétrole et les services publics ont également enregistré des contractions.

Cependant, il y a eu quelques nouvelles positives : l’Insee a révisé le chiffre de la production industrielle de juillet à la hausse, de -1,1 pour cent à -0,1 pour cent.

https://fr.businessam.be/le-ralentissement-economique-de-la-france-la-production-industrielle-chute-et-les-risques-augmentent/

 

https://insolentiae.com/le-groupe-brandt-en-redressement-judiciaire/

Emploi : ce pilier de l'économie va supprimer 30 000 postes en 2025...

Un secteur stratégique, qui emploie près de 2 millions de personnes en France, s’apprête à vivre une nouvelle hémorragie d’emplois. Après des dizaines de milliers de suppressions l’an dernier, l’hécatombe va s’accélérer en 2025...

Jamais deux sans trois, dit-on. C’est bien vers une troisième année consécutive de destruction d’emplois que le bâtiment s’achemine, et à un rythme qui s’accélère. Le secteur devrait perdre 30 000, voire 35 000, postes de salariés et intérimaires équivalents-emploi temps plein en 2025, prévient Olivier Salleron, président de la Fédération française du bâtiment (FFB), lors d’un point de conjoncture, ce mercredi 10 septembre. La filière, qui fait travailler 1,7 million de personnes en France, a déjà supprimé 28 800 emplois en 2024, soit près de cinq fois plus qu’en 2023. La conséquence de la crise immobilière déclenchée par le quadruplement des taux de crédit en 2022 et 2023.

A la chute des ventes de logements neufs s’ajoute désormais le recul, inattendu, des travaux d’amélioration et d’entretien, qui représentent 57% de l’activité du bâtiment. Alors que la FFB tablait initialement sur une augmentation de 0,6% du chiffre d’affaires de l’amélioration-entretien cette année, elle anticipe à présent une baisse de 0,8%. «La succession de rabotages et de gels de MaPrimeRénov’ pèse lourdement dans ce retournement de tendance», tacle Olivier Salleron. En effet, les ménages désireux d’effectuer une rénovation énergétique d’ampleur de leur logement ne peuvent plus demander MaPrimeRénov’, la principale aide publique, depuis le 23 juin dernier, et jusqu’au 30 septembre prochain.

Sans le bâtiment, pas de croissance économique

La situation ne risque guère de s’améliorer à la réouverture du guichet car les conditions d’éligibilité à MaPrimeRénov’ pour les rénovations d’ampleur seront durcies. Et, à partir du 1er janvier 2026, l’isolation des murs et l’installation d’une chaudière biomasse, efficaces et relativement abordables, ne seront plus subventionnées par MaPrimeRénov’ dans le cadre des rénovations comprenant un geste unique de travaux. Cette dernière mesure, prévue par un décret et un arrêté publiés le 9 septembre, pour des questions budgétaires, est «terrible», juge Olivier Salleron.

Le patron de la FFB dénonce «une énorme gifle, infligée par des technocrates de Bercy qui n’ont jamais mis les pieds sur un chantier mais qui décident que ce n’est pas la peine de rénover les logements des plus modestes». Il s’agit également d’un «cataclysme pour nombre de petites entreprises de rénovation, qui avaient investi dans la formation de techniciens, et qui voient du jour au lendemain l’isolation des murs rayée de la carte», déplore-t-il. En formant le vœu que «le gouvernement qui sera formé par le nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, remette en place» ces deux types de travaux dans le dispositif MaPrimeRénov’. «Sans le bâtiment, il n’y a pas de croissance économique» du pays, rappelle Olivier Salleron.

Christine Lejoux,

https://www.capital.fr/immobilier/emploi-un-secteur-cle-va-supprimer-30-000-postes-en-2025-1518129

Il ne manquait plus que ça ! C’est ce qu’ont dû se dire nombre de chefs d’entreprise après l’annonce surprise, par François Bayrou, d’un vote de confiance dont l’issue a toutes les chances de précipiter la chute du gouvernement. La conjoncture internationale était déjà difficile à décrypter. Compliqué, en effet, de prévoir comment l’économie américaine encaissera le choc des décisions prises par Donald Trump. Délicat, aussi, d’établir un diagnostic sur l’état de santé réel de la Chine, freinée par une demande domestique toujours en panne. Complexe, enfin, de déterminer l’orientation de l’économie européenne, tant les trajectoires des économies sont opposées : accélération forte au 2è trimestre en Espagne, modeste en France, léger recul en Italie, plus prononcé en Allemagne. Vient donc, maintenant, en plus, s’ajouter le brouillard total sur les contours du cadre fiscal et social dans lequel les entreprises vont devoir composer en 2026.

Quand l’investissement s’éteint

Une seule certitude : tant que les patrons n’y verront pas plus clair, l’attentisme sera général. Bref, le tissu productif va se mettre sur pause et toutes les décisions importantes seront suspendues. L’investissement, bien entendu : l’instabilité politique (quatre Premiers ministres se sont succédé en moins de deux ans), les interrogations incessantes sur les orientations budgétaires brouillent la visibilité des entreprises, qui retardent, réduisent, voire annulent les projets les plus stratégiques. Ces ajustements se sont déjà produits l’an passé et se poursuivront dans les mois à venir.

L’autre grand poste mis sous veille : les recrutements. La tendance était déjà médiocre avant l’annonce du 25 août, notamment pour les cadres : à peine 8% des entreprises prévoyaient d’embaucher, des intentions au plus bas depuis quatre ans. Évidemment, toutes les lignes de dépenses sont passées en revue par les « cost killers » et la rentrée est placée sous le signe de la sauvegarde de la trésorerie. L’enjeu : disposer du cash nécessaire pour passer le cap. Or, il y a de quoi être inquiet, notamment pour les PME.


Quand les secteurs clés vacillent

À l’amorce de l’été, les dirigeants faisaient déjà état d’une situation particulièrement dégradée dans l’industrie, avec un solde d’opinion nettement en dessous de la moyenne des dix dernières années. En arrière-plan : un poids des stocks de produits finis encore très lourd et des délais de paiement clients qui s’allongent. Ce n’est pas mieux dans les services marchands, où la situation apparaît particulièrement dégradée, notamment dans les services aux entreprises : c’est le cas du vaste secteur de l’information-communication (qui inclut notamment les services informatiques), mais aussi du conseil et des activités juridiques et comptables. Le même schéma se répète dans le BTP, le commerce, et la situation va continuer de se dégrader.

Quand les dettes deviennent un fardeau

Autre grain de sable dans la mécanique : cinq ans après le lancement du PGE, 71% des TPE-PME sont toujours engagées dans son remboursement, avec comme date butoir fin 2026. En intégrant les ETI, l’encours résiduel atteint 37 milliards d’euros, soit 25% des volumes empruntés. Des sommes à décaisser qui pourraient rapidement devenir un boulet, car pour les entreprises concernées, l’accès au financement bancaire est déjà restreint.

Avant l’été, le nombre de défaillances s’était stabilisé autour de 6 000 unités par mois, soit un niveau déjà exceptionnellement élevé, qui a porté sur douze mois la sinistralité à plus de 65 000 entreprises (record historique). L’espoir était que le point haut soit enfin atteint. Il ne l’est vraisemblablement pas ! La coupe est pleine. L’automne et l’hiver prochains risquent d’être particulièrement meurtriers.

 
Alexandre Mirlicourtois

Publié le jeudi 04 septembre 2025

https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-Visibilite-zero-le-pire-a-venir-pour-les-entreprises

La flambée des prix de l'énergie détruira le peu d'industrie lourde qui reste au Royaume-Uni et dans l'UE, a averti le patron d'un géant de la métallurgie avant son introduction en bourse à Londres lundi...

Evangelos Mytilineos, directeur général de Metlen, une entreprise grecque du secteur de l'énergie et des métaux, a marqué la nouvelle introduction de son entreprise au FTSE 100 par une mise en garde sévère concernant l'impact désastreux de la hausse des coûts de l'énergie.

« Le Royaume-Uni et l'Europe sont entrés dans une période de prix de l'énergie élevés par rapport à nos concurrents », a-t-il déclaré.

« Des pays comme la Chine, les États-Unis et d'autres ont peut-être un coût de l'énergie deux fois ou trois fois inférieur au nôtre, et c'est le principal problème pour la productivité du Royaume-Uni et de l'Europe à l'avenir. »

« De nombreuses entreprises [britanniques et européennes] délocalisent leurs usines vers d'autres régions du monde. »

M. Mytilineos a cité la décision du géant chimique allemand BASF, en 2024, de fermer 11 usines chimiques en Allemagne et d'investir 10 milliards d'euros (8,7 milliards de livres sterling) dans une nouvelle méga-usine dans le sud de la Chine, décision en partie liée aux coûts de l'énergie et aux réglementations environnementales. Le dirigeant grec, qui est également président de l'Association européenne des métaux, a déclaré que le Royaume-Uni et l'Europe se battaient pour conserver leurs usines.

« Il y a dix ans, l'Europe comptait peut-être 15 usines d'aluminium, mais il n'en reste plus que quatre aujourd'hui. Nous achetons donc notre aluminium à des pays comme la Chine et l'Indonésie, qui le produisent au charbon », a-t-il déclaré.

Ce déclin est en partie dû au coût des énergies renouvelables, dont le déploiement est généralement financé par des subventions qui ajoutent des taxes aux factures d'énergie. La flambée des prix du gaz suite à l'invasion de l'Ukraine par la Russie a également aggravé le problème.

« Tant que le gaz russe existait, nous pouvions être compétitifs à l'échelle mondiale », a déclaré M. Mytilineos. « Aujourd'hui, c'est fini. C'est de la géopolitique, et l'Europe en paie le prix. »

https://finance.yahoo.com/news/sky-high-energy-prices-destroying-080000265.html?fr=sycsrp_catchall

Les faillites de grosses PME atteignent un niveau alarmant...

« C’est un niveau qui doit nous alarmer » : les grosses PME dans l’enfer des défaillances titrent les Echos en précisant « dans une conjoncture morose, les entreprises de belle taille sont de plus en plus fragiles. Selon Altares, 109 entreprises de plus de 100 salariés sont en cessation de paiements depuis janvier, soit un bond de 30 % sur la même période en 2024 ». Source Les Echos ici

« Attention, très fragile ! L’état de santé des PME inquiète. Les plus grosses d’entre elles, censées avoir les reins plus solides que les petites, n’en finissent plus de nourrir les rangs des victimes de défaillances. Ces derniers jours, Carmat, Casa France, France Solar, Chalavan et Duc, Comptoir des Cotonniers ou Princesse Tam Tam sont venus allonger la liste noire des structures mises à terre. Avec à la clé, à chaque fois, des centaines de salariés menacés ».

Les Echos ont raison de pointer le phénomène.

Entre changement de modèle économique, évolution des usages, mais aussi crise économique profonde depuis la dissolution, la France est à l’arrêt et la consommation au point mort comme en témoigne le taux d’épargne record de nos concitoyens qui ne savent pas à quelle sauce ils vont être mangé.

A cela vous pouvez ajouter l’arrivée des élections municipales qui ont toujours pour effet, 1 an avant, de geler beaucoup de projets, chantiers et travaux.

La France est l’arrêt et partout aussi bien en cessation d’activité que cessation de paiements.

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

Avoir ou ne pas avoir de cash est devenu la véritable obsession des chefs d’entreprises. Si oui, ça passe ; si non, ça casse. À force de se concentrer sur le résultat net – le bénéfice ou le déficit en langage courant – il est facile d’oublier que le plus important, quand le temps se couvre, reste la trésorerie. C’est elle qui permet de faire face à ses obligations : payer les salariés, les fournisseurs, l’administration fiscale, l’Urssaf et autres, les banques, mais aussi de continuer à investir pour ne pas être dépassé lorsque la reprise sera là. Une bonne trésorerie, c’est la bouée de sauvetage qui permet de naviguer sereinement, même quand les vents sont contraires.

Alarmes sur le niveau des trésoreries

Or, tous les clignotants ont viré au rouge. Selon la dernière enquête sur les grandes entreprises et les ETI réalisée conjointement par Rexecode, l’Association française des trésoriers d’entreprises et le Mouvement des entreprises de taille intermédiaire, le solde d’opinion des trésoriers s’est nettement dégradé en juin dernier, atteignant son plus bas niveau depuis la crise de la Covid : un peu plus d’un quart des entreprises interrogées jugent désormais leur trésorerie difficile, 10 points au-dessus de la moyenne à long terme. Plus la situation dure, plus les inquiétudes montent : 40% des trésoriers se disent aujourd’hui préoccupés. Un signe ne trompe pas : d’après la même enquête, il apparaît que les délais de paiement des clients s’allongent, un indicateur clair que les entreprises, face à la détérioration de leur situation financière, retardent leurs paiements pour préserver leurs liquidités.

La pression monte dans tous les secteurs

Faire le dos rond est devenu prioritaire. Moins détaillées, les enquêtes de la Banque de France et de l’Insee permettent néanmoins d’étendre le champ à toutes les entreprises, par grande branche d’activité. Le constat est le même : dans l’industrie, le solde d’opinion des chefs d’entreprises sur la situation de leur trésorerie est nettement en dessous de la moyenne des 10 dernières années, avec un poids des stocks de produits finis encore très lourd et des délais de paiement clients qui s’allongent. Ce n’est pas mieux dans les services marchands, où la situation apparaît particulièrement dégradée, notamment dans les services aux entreprises : c’est le cas du vaste secteur de l’information-communication (qui inclut notamment les services informatiques), mais aussi du conseil et des activités juridiques et comptables.

Le bâtiment est au diapason avec toujours le même schéma : une trésorerie qui s’assèche peu à peu et des délais de paiements clients qui s’allongent. La situation est aussi tendue dans le commerce.


Hausse du risque de défaillance

La pression monte pour toutes les entreprises, quel que soit leur taille et leur secteur. En cause, les conséquences du ralentissement général de l’économie avec, à la clé, des baisses d’activité, mais aussi le reflux très rapide de l’inflation qui ne permet plus de faire passer des hausses de prix, alors même que les négociations salariales se sont déroulées sur la base d’une inflation passée élevée. Un effet de ciseau qui met les marges sous pression.

À cela s’ajoute, principalement pour les TPE-PME, des problèmes d’accès au financement bancaire, notamment pour toutes celles encore engagées dans le remboursement du PGE, soit près de 7 sur 10. La dégradation des trésoreries ne se traduit pas par une explosion immédiate des défaillances, mais si la situation persiste, la casse sera inévitable.

 
Alexandre Mirlicourtois

Publié le lundi 30 juin 2025

https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-Alerte-sur-la-tresorerie-des-entreprises

Chaque semaine, depuis le début de l’année, un millier de PME environ disparaissent dans l’indifférence générale, trop petites pour faire les gros titres. C’est pourtant une véritable hécatombe. Près de 16 600 sont ainsi entrées en procédure collective au premier trimestre, qu’il s’agisse, selon la gravité des situations, d’une procédure de sauvegarde, d’un redressement judiciaire ou d’une liquidation… la plus radicale des issues (7 cas sur 10). En hausse de 2,4% par rapport aux trois premiers mois de 2024, le nombre de défauts explose, ce qui inscrit ce début d’année parmi les plus sombres jamais enregistrés depuis 1991. En élargissant l’échelle du temps à douze mois glissants, le seuil des 67 000 se profile. Record historique.

L’effet boomerang des créations d’entreprises

La remontée des défaillances s’explique d’abord par un facteur mécanique : le niveau toujours très élevé de créations d’entreprises. Même si l’élan entrepreneurial s’essouffle légèrement, on en dénombre encore environ 400 000 par an. Or, 4 sur 10 échouent dans les cinq premières années. Ce flux nourrit inévitablement une vague de défaillances quelques années plus tard. Autre facteur déterminant : le retrait des aides liées à la crise sanitaire. Le « quoi qu’il en coûte » — fonds de solidarité à destination des TPE et PME indépendantes, PGE, chômage partiel, reports, voire exonérations de charges sociales et fiscales — a permis de maintenir à flot des entreprises qui, pandémie ou pas, étaient vouées à disparaître. Beaucoup ont fait défaut une fois les dispositifs retirés d’autant plus qu’il a fallu encaisser les conséquences de la flambée des matières premières, de l’énergie en particulier, consécutive à la guerre en Ukraine.

L’engrenage du remboursement des aides

Cette phase n’est pas encore achevée car une partie des aides accordées n’était qu’un simple différé de paiement : soit un échelonnement des charges, soit, comme le PGE, un prêt à rembourser. Cinq ans après son lancement, 71% des TPE-PME sont encore engagées dans son remboursement, avec comme date butoir fin 2026. En intégrant les ETI, l’encours résiduel atteint 37 milliards d’euros, soit 25% des volumes empruntés. Si la conjoncture venait à se durcir, ces sommes à décaisser pourraient rapidement devenir un boulet car, pour les entreprises concernées, leur accès au financement bancaire est déjà restreint.

Vulnérabilité sectorielle accrue

Quoi qu’il en soit, les PME sont sorties fragilisées de cette séquence. Or, la situation se tend, tant sur le plan de la trésorerie que de l’activité. Dans l’industrie, le solde d’opinion des PME sur leur situation de trésorerie est préoccupant et continue de se détériorer. Les services marchands ne sont pas beaucoup mieux lotis. La situation apparaît notamment très dégradée dans l’hôtellerie-restauration, secteur qui a largement eu recours au PGE et qui représente aujourd’hui l’un des principaux foyers de défaillances. Le commerce et la construction sont également touchés, même si les niveaux y sont moins alarmants. Un signe ne trompe pas : les délais de paiement s’allongent, chacun tentant de refiler la « patate chaude ».


Une visibilité à court terme compromise

Côté activité, les PME sont plus particulièrement exposées au marché intérieur. Or, les ménages réduisent leurs dépenses et privilégient l’épargne. Ce n’est pas bon pour le commerce, les services aux ménages, récréatifs et leurs fournisseurs. Les entreprises, elles, doivent composer avec le manque total de visibilité sur le plan budgétaire et fiscal et coupent dans toutes leurs dépenses. Ce à quoi s’ajoutent les incertitudes sur le plan international qui affectent indirectement les PME via leurs donneurs d’ordres : quand les gros maigrissent, les maigres meurent. Et il ne faudra pas compter sur la dépense publique pour relancer la machine. Les défaillances de PME ne sont plus des accidents passagers : elles s’installent.

 
Alexandre Mirlicourtois

Publié le mercredi 04 juin 202

https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-L-hecatombe-des-PME-(et-ce-n-est-pas-fini-)

L’économie mondiale semble en léthargie, comme si les annonces de Donald Trump avaient été digérées. Aux États-Unis, le S&P 500 a repris des couleurs et s’apprête à retrouver ses pics annuels. Les acteurs de la chaîne d’approvisionnement entre la Chine et les États-Unis sont passés de l’effarement à l’euphorie en quelques jours. Pourtant, Washington n’a accordé qu’une trêve de 90 jours au reste du monde. Faute d’accords, les hostilités reprendront dès le 12 juillet. Le rush actuel du fret entre l’Oncle Sam et l’Empire du Milieu n’est donc qu’un effet d’aubaine. Même en cas de désescalade, le mal est fait. L’Europe, prise entre deux feux, sera le dindon de la farce.

Une économie américaine affaiblie par sa propre stratégie

Côté États-Unis, les portes vont se refermer en raison de la dégradation de la conjoncture interne et de l’agressivité commerciale du pays. Les chiffres du 1er trimestre ont été décevants, avec un PIB en recul. Il est encore trop tôt pour parler de récession, car ce résultat s’explique par une flambée des importations : anticipant de nouveaux droits de douane, les entreprises ont gonflé leurs achats. Le soufflé devrait retomber, les entrepôts étant désormais pleins, et la forte contribution négative du commerce extérieur s’atténuer. Mais un sujet d’inquiétude demeure : la consommation. Elle patine, en lien avec le décrochage de la confiance des ménages. Les Américains resteront prudents, leur vision de l’avenir s’étant nettement assombrie.

L’inflation inquiète, la Fed temporise

Autre point noir : la tendance de fond de l’inflation sous-jacente, hors alimentation et énergie. Son ralentissement laissait espérer un atterrissage en douceur, mais le changement de cap économique pourrait relancer la hausse des prix. Cette crainte a déjà conduit la Fed à maintenir ses taux lors de sa dernière réunion, et elle devrait les garder stables toute l’année. Après avoir surperformé, la croissance américaine ne dépassera guère 1% cette année, alors que ses frontières économiques se ferment. Un sérieux frein pour la croissance mondiale, en général, et chinoise, en particulier.

La Chine peine à relancer sa demande intérieure

Car malgré les efforts du gouvernement Xi Jinping, la relance de la consommation reste poussive, voire ratée. La confiance des ménages reste en berne, les anticipations aussi, et cela pèse sur la demande intérieure, tout comme le secteur immobilier-construction, avec un climat des affaires toujours très dégradé et des mises en chantier qui peinent à redémarrer. Une fois de plus, l’économie chinoise devra compter sur son secteur exportateur, alors même qu’il est confronté au ralentissement des échanges avec les États-Unis.

L’Europe sous pression entre deux géants

Pour les Européens, le contexte international se caractérise d’un côté par un marché américain en ralentissement, de plus en plus fermé par des mesures protectionnistes, et de l’autre par un marché chinois atone, avec des industriels devenus ultra-agressifs pour écouler leur production partiellement exclue du marché américain, dans les secteurs sensibles : automobile, électronique, santé, textile. L’accroissement attendu des dépenses militaires, le soutien budgétaire important en Allemagne, la modération des prix, la poursuite de la baisse des taux par la BCE, et le plan de relance européen permettront de limiter les dégâts, mais pas d’insuffler une vraie dynamique de croissance.

Coup de frein américain, ralentissement chinois, Europe fragilisée : la croissance mondiale ne dépassera pas 2% cette année, et bien moins si Donald Trump franchit un nouveau cap en juillet dans la guerre commerciale qu’il a déclarée au monde.

 
Alexandre Mirlicourtois

Publié le jeudi 22 mai 2025

https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-2025-l-economie-mondiale-au-bord-de-la-panne_3754008.html?

Jean-Hervé Lorenzi, économiste : « Notre monde vit une rupture absolue »...
Et si l’on avait quelques raisons d’espérer ? C’est le message de Jean-Hervé Lorenzi, auteur d’un livre qui privilégie les propositions, et président du Cercle des économistes, qui organise début juillet les Rencontres économiques d’Aix.
 
Quelle est cette crise mondiale qui nous menace ?

« L’ensemble du modèle économique mondial est en train de connaître une rupture et subit des dérèglements. Il y a des transitions difficiles, en particulier la transition démographique, peut-être plus importante que la transition climatique. Et il y a trois éléments clés à comprendre. Un, les gains de productivité sont beaucoup moins importants qu’il n’y paraît, malgré l’intelligence artificielle dont on parle tant. Deux, la financiarisation, le développement d’une activité financière qui est une industrie propre, et qui ne finance plus grand-chose, d’où la dette géante, publique et privée, que connaît le monde entier. Trois, les inégalités : il y a toujours eu des non-qualifiés et des qualifiés, mais dans ma jeunesse, les non-qualifiés avaient des perspectives de promotion, alors qu’aujourd’hui, quand tu es au SMIC, non-qualifié, tu n’as guère de chance d‘évoluer. »

Tout n’est donc pas la faute de Donald Trump ?

« Non. La guerre en Ukraine, ce n’est pas lui qui l’a déclenchée, pas plus que la guerre possible entre l’Inde et le Pakistan, ni les centaines de milliers de morts au Sud-Soudan… Le phénomène Trump, c’est une hystérisation des éléments qui étaient déjà présents, comme l’endettement massif de l’économie américaine, ou une politique agressive à l’encontre de l’Europe. Son idée fixe est la compétition entre les deux grandes puissances, États-Unis et Chine, et cette compétition entre le premier et le deuxième est assez normale. Enfin, les problèmes que nous avons évoqués (démographie, financiarisation, inégalités), créent des sociétés qui vont voter Trump, populiste. »

« Le monde ne sera pas capable de rembourser sa dette »

Dans ce contexte mondial, quelle est la marge de manœuvre d’un petit pays comme la France ?

« La France n’est pas un petit pays. Elle demeure, je crois, la 6ème ou 7ème puissance mondiale, et évidemment qu’elle a des marges de manœuvre au niveau européen et au niveau national. Nous avons des secteurs d’activité de qualité : le luxe, l‘énergie avec le nucléaire mais aussi les renouvelables, les services des boîtes comme Veolia, la construction d’avions avec l’Allemagne, etc. »

Mais que devient la marge de manœuvre avec une dette à 115 % du PIB ?

« Ma conviction est que le monde ne sera pas capable de rembourser sa dette. Pour la France, c’est une contrainte lourde, mais la Grande-Bretagne a été la première puissance du monde pendant tout le XIXe siècle avec une dette publique très importante, et les États-Unis sont à 120 %…»

« Ce n'est pas la pire des crises politiques qu'on a connues »

Vous êtes complètement à contre-courant de tout le discours dominant…

« Oui, et je m’en réjouis. Le discours dominant n’a pas pris en compte la rupture absolue que vit notre monde. »

Quelles marges de manœuvre, enfin, quand on a un pouvoir politique bloqué ?

« Ça, c’est le plus compliqué. Mais ce n’est pas non plus la pire des crises politiques qu’on a connues. »

Elle est insidieuse, elle bloque tout…

« Oui, elle est insidieuse. Et dans nos défauts français, il y a cette espèce d’instabilité, cette incapacité de bien gérer. Mais en positif, il y a une capacité de rebond. Et nous avons certains problèmes qui sont à mon avis aisément solubles. Le plus simple est celui des retraites : il faut arrêter de dire qu’on n’est pas capables de se réformer, on en est à la cinquième réforme des retraites ! Pour réussir, il faut mettre en avant les annuités plutôt que l‘âge légal, mettre des dispositifs de décote et de surcote importants sur les annuités, essayer de résorber l’inégalité majeure que subissent les femmes, et faire de la capitalisation collective, comme on avait fait pour le fonds de réserve de retraite (FRR, en 1999). Honnêtement, ce n’est pas très compliqué. Au fond, si on arrive à gérer tout ça de manière à peu près intelligente et sans drame, on peut retrouver des taux de croissance conséquents. »

Un monde de violences. Et après ?, de Jean-Hervé Lorenzi et Mickaël Berrebi (Éditions Eyrolles).

https://www.leprogres.fr/economie/2025/05/20/jean-herve-lorenzi-notre-monde-vit-une-rupture-absolue

Le compte à rebours a commencé..

L’espace de juste quelques semaines, la Maison Blanche et les Etats-Unis se sont mis dans une situation dont ils auront le plus grand mal à sortir.

 

Dès le 10 avril, le commerce entre les USA et la Chine a progressivement, mais irrésistiblement, cessé. Les réservations de cargos se sont, en fait, effondrées dans la foulée de «Liberation Day». Un container met 30 jours pour faire le trajet maritime vers Los Angeles depuis la Chine, et 55 jours pour arriver à New York. C’est donc vers le 10 mai prochain que les effets économiques commenceront à se faire sentir, et que le transport routier (profession cruciale et très influente aux Etats-Unis) subira une halte…par manque de marchandises à acheminer. Les entrepôts et autres lieux de stockage devront procéder à des licenciements, suivis par les ports. C’est Los Angeles qui sera la première à en pâtir, suivie deux semaines plus tard par Chicago, Houston, New York…

 

Cette calamité ne pourra même pas évitée dans l’hypothèse la plus favorable (et la moins vraisemblable) où les tariffs sont purement et simplement abandonnés, car c’est 30 jours supplémentaires qui seront nécessaires pour que l’activité économique US puisse redémarrer. A Los Angeles. Quelques semaines plus tard encore à Chicago et à New York.

 

Mes calculs et propos sont-ils outranciers ? Souvenons-nous des confinements, où nous avons appris à nos dépens que l’activité met beaucoup, beaucoup, de temps à se remettre en ordre de bataille. Les USA se retrouvent comme passagers dans un véhicule sur le point de se prendre une collision frontale que nul ne peut éviter, car il est à présent trop tard pour freiner. Ce, à condition bien sûr, que la Chine et que les Etats-Unis reprennent leurs relations commerciales, comme s’il rien ne s’était passé.

 

Entre nous, pourquoi un pays comme la Chine reviendrait au «business as usual» avec un pays ayant tenté de l’asphyxier, et de l’humilier sur la place publique ? Juste car il a échoué ? Moi qui connaît les américains – et qui les aime -, il me semble néanmoins qu’ils ne sont – tant intellectuellement que matériellement – nullement prêts à être sur le banc des attaqués et des mis en cause au vu de ce qui se profile.

 

Aujourd’hui, c’est la Chine qui veut réduire ses relations avec eux. C’est la Chine qui dé dollarise. C’est de Chine que monte cette clameur poussant au fameux découplage de son économie. En prenant de cette manière en otage la Chine, les Etats-Unis n’ont fait qu’accélérer ces phénomènes dont la quasi-totalité des économistes, des analystes et des politiciens disaient qu’ils se produiraient bien un jour…mais plus tard, n’est-ce pas? Avec un bonus pour la Chine : ça lui coûte bien moins cher de se détacher à tous ces niveaux et de suite des Etats-Unis, tant sur le plan pécuniaire que sur celui de sa réputation.

 

Pour les Etats-Unis, le compte à rebours a commencé. Les pénuries sont à venir, comme hélas les fermetures d’usines qui manqueront de pièces détachées et de sociétés en manque de commandes. Leur secteur de la défense lui-même en subira les effets qui comprendra à quel point certaines terres peuvent êtres rares. Le plus triste, pourtant, sera le sort des petites entreprises – dont certaines marques de grande qualité et d’excellente renommée- qui feront faillite cette année, car elles n’auront pas la possibilité de délocaliser hors de Chine. Ecrasées par les géants US qui iront dans des pays comme le Vietnam, elles seront les dernières servies – si toutefois elles le sont tout court ? – par ces nouvelles chaînes de production qui accorderont évidemment la priorité aux méga entreprises américaines. Ces petites et moyennes entreprises seront vraisemblablement rachetées par la Chine qui tirera force bénéfices de mettre ainsi la main sur de prestigieuses marques ayant mis des décennies à rivaliser en créativité afin de s’imposer dans leur secteur.

 

Cette analyse se passe de conclusion, tant l’auteur est sonné par ce qui s’annonce. 

 

Michel Santi

Ce n’est plus un frisson passager du protectionnisme. C’est un séisme géoéconomique. Le retour de Donald Trump à l’agenda politique américain marque une rupture assumée avec l’ordre commercial mondial tel qui été l’avait façonné depuis l’OMC : multilatéralisme, libre circulation des biens, arbitrages juridiquement encadrés.

La fin du multilatéralisme commercial

Tout cela vole en éclats. Vins, aéronautique, luxe, agriculture : la France est en première ligne d’un affrontement qui n’a plus rien de théorique. Ce que Trump engage, c’est une guerre commerciale assumée – et cette fois, durable. Ce sont trois chocs majeurs qui frappent notre économie.

Une guerre des chaînes de valeur

Trump veut « rapatrier » la valeur. Les hausses tarifaires visent à fragmenter brutalement les chaînes de production mondiales pour forcer une relocalisation vers les États-Unis. Or, de nombreuses PME, ETI françaises sont insérées dans des chaînes transatlantiques, notamment dans l’automobile et l’aéronautique. Ces filières, autrefois fondées sur la complémentarité, sont aujourd’hui désorganisées.

Une marginalisation industrielle programmée

Le « Buy American Act », renforcé, agit comme une barrière implicite. Résultat : les acteurs français se retrouvent relégués aux segments les moins rentables et les moins stratégiques des chaînes de valeur, voire exclus de certains appels d’offres ou de projets industriels structurants.

Le commerce transformé en arme géopolitique

Trump ne traite plus les échanges commerciaux comme des flux économiques, mais comme des outils de rapport de force. Chaque tarif est une punition. Chaque exemption devient une monnaie d’échange. Cette logique de « diplomatie punitive » engendre une instabilité inédite pour les entreprises françaises, qui doivent désormais intégrer un nouveau risque : le risque « Trump ». Quand une décision présidentielle peut ruiner des années de conquête commerciale, d’investissement ou de R&D, c’est tout l’édifice stratégique qui se fragilise. L’incertitude devient la norme.

Un chantage au modèle social européen

Le choc n’est pas qu’économique. Il est idéologique. Face à un modèle américain alliant protectionnisme, dérégulation, baisse d’impôts et subventions massives (comme avec l’IRA, l’Inflation Reduction Act de Biden), les entreprises françaises commencent à réclamer les mêmes « armes ». Cela ouvre une brèche dans le consensus français autour du modèle social. Le danger : une course vers le moins-disant fiscal, social et environnemental, au nom de la « compétitivité ». Ce n’est plus seulement un affrontement entre États. C’est une mise à l’épreuve de nos choix collectifs.

L’Europe ne peut plus tergiverser

Trump ne fait pas que bouleverser le commerce mondial. Il nous oblige à choisir. Face à la brutalité stratégique américaine, l’Europe ne peut plus tergiverser. Soit elle construit enfin une souveraineté économique crédible, capable de défendre ses normes, ses industries et ses valeurs. Soit elle devient un simple marché ouvert, soumis aux rapports de force extérieurs. Le libre-échange est mort. Place à la guerre des récits économiques et des normes dominantes.

 
Alexandre Mirlicourtois

Publié le lundi 07 avril 2025

https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-La-guerre-commerciale-de-Trump-les-degats-pour-l-economie-francaise

 

Des études de cas valent souvent mieux qu’un long raisonnement économique. Ici, la multinationale danoise Yara. Peu connue, elle est numéro 1 mondial des engrais azotés et a réalisé en 2023 un chiffre d’affaires consolidé de près de 16 milliards de dollars. Sa matière première principale, le gaz naturel, est transformée en ammoniaque, un composant essentiel pour la fabrication d’engrais. Selon l’estimation du groupe, en incluant les aides de l’État américain, le prix de production de l’ammoniaque outre-Atlantique va devenir 4 fois moins élevé qu’en Europe. Les conséquences ? Les fermetures d’un site en Belgique, d’un autre en France et ce n’est certainement pas terminé. Le cas n’est pas isolé.

Délocalisation et investissement étranger

L’allemand BASF, géant de la chimie, a réduit son activité sur son site historique tout en réalisant le plus gros investissement étranger de son histoire en Chine : 10 milliards de dollars dans la construction d’un complexe chimique. Le sidérurgiste ArcelorMittal envisage une expansion en Alabama, alors qu’il ferme ses usines de Reims et de Denain en France. Au cœur de l’Europe, l’industrie manufacturière allemande est sous pression. La production des secteurs les plus énergivores a notamment plongé de 15% par rapport à son niveau d’avant la crise Covid, et il y a de la casse.


L'énergie, facteur clé de compétitivité

Les défaillances dans l’industrie manufacturière sont sur une pente montante tout comme dans l’industrie en général au sein de la zone euro. La cause de tous ces déboires est multifactorielle, mais il existe un coût coupable plus que les autres : l’énergie. L’exemple français en donne une illustration parfaite. Le prix du gaz naturel a bondi de 80% en France entre le premier semestre 2019 et le premier semestre 2024 avec, selon les volumes consommés, des hausses s’étalant de 45 à 80% environ. Et peu importe que les tarifs soient aujourd’hui inférieurs aux pics atteints peu après le déclenchement de la guerre en Ukraine, le choc reste d’une violence inouïe.

Disparités régionales et impact sur l'industrie

Le nœud du problème, c’est qu’à la différence du pétrole, marché globalement unifié avec des écarts de cours limités entre le Brent, la référence en Europe, et le WTI, pour l’Amérique, le marché du gaz est fragmenté entraînant de fortes disparités entre les régions depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. La volonté des pays européens de limiter leur dépendance au gaz russe a conduit à un renchérissement structurel des coûts d’approvisionnement : en 2024, le prix du gaz naturel en Europe était cinq fois plus élevé que celui des États-Unis…


Souveraineté énergétique et compétitivité industrielle

Comme le prix de l’électricité est en grande partie couplé à celui du gaz, les évolutions sont du même acabit et dans un cas comme dans l’autre, les gros consommateurs, les industriels les plus énergivores, sont aussi ceux qui subissent les hausses les plus spectaculaires. Les particularismes nationaux peuvent nuancer le discours, mais le sens de l’histoire est donné : le prix de l’électricité est trois fois élevé en Europe qu’en Chine par exemple. Comment les secteurs électro-intensifs (chimie, métallurgie par exemple) où les coûts de l’énergie peuvent représenter jusqu’à 60% de leur coût global peuvent-ils rivaliser et rester compétitifs sans un soutien massif : le risque sinon, c’est que le fer, l’acier, l’aluminium, la chimie, la pétrochimie, mais aussi une partie de l’agroalimentaire subissent le même sort que l’industrie du textile et se retrouvent décimés. Un sacré enjeu de souveraineté européenne.

Alexandre Mirlicourtois

https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-L-industrie-europeenne-etranglee-par-le-cout-de-l-energie

Atos, Auchan, Michelin, Nexity, Royal-Canin, Sanofi, les annonces chocs de restructuration s’enchaînent avec à la clé des réductions massives d’emplois. Ce n’est pas un effet de loupe lié à ces noms célèbres, mais la traduction d’une vague montante à travers toute la France de plans de sauvegarde de l’emploi, plus communément appelés plans sociaux.

Quel que soit le secteur, leur nombre s’envole et plus encore celui des suppressions de postes associés en passe de dépasser son pic de la crise sanitaire.


Plus inquiétant, les statistiques publiées par le ministère du Travail concernent uniquement les restructurations qui ont effectivement été validées et/ou homologuées par les pouvoirs publics, mais pas toutes celles qui sont initiées, c’est-à-dire en cours d’élaboration, qui donnent la tendance des prochains mois : leur progression n’annonce rien de bon.


Défaillances d’entreprises : une situation critique


Autre symptôme alarmant de l’état de santé des entreprises françaises : l’explosion du nombre de défaillances. C’est un véritable mur. Là aussi, des noms connus ont fait la Une des journaux : Caddie, Go Sport, Casino. Là aussi, il ne s’agit pas d’un effet d’optique, mais le simple témoignage de l’étendue des dégâts : plus de 65 000 entreprises ont fait défaut en 2024, un record.


Tous les secteurs sont concernés, tous les établissements quelle que soit leur taille, même si ce sont les PME qui paient actuellement le plus lourd tribut. Le coût économique de ces défaillances est en hausse aussi. Il dépasse son ancien record atteint lors de la grande récession de 2008-2009.

Cette vague montante n’est plus un effet de rattrapage post-Covid ou l’héritage de l’explosion des créations d’entreprises ces dernières années, mais bien le symptôme de la montée des difficultés économiques et financières alors que nombre de petites structures doivent encore s’acquitter de leur PGE. Un boulet en termes de trésorerie ; une bombe à retardement pour 2025.


Une pression accrue sur le marché de l’emploi


Résumées, les forces qui façonnent actuellement le marché du travail sont donc de quatre ordres.


• Une multiplication des destructions de postes en liaison avec le nombre grandissant de sociétés en position délicate. Cette déferlante se retrouve dans le gonflement du nombre d’entrées à France Travail à la suite d’un licenciement économique et dans le non-renouvellement des missions d’intérim. Les entreprises, dans un contexte économique tendu, mettent fin aux contrats courts.


• Autre tendance, la réduction, voire le gel des embauches par les autres entreprises compte tenu du contexte économique, financier et politique. Le recul du nombre de CDI signés est à cet effet un signal fort.


• C’est enfin le plafonnement des créations d’entreprises et des emplois inhérents. Après plusieurs années d’euphorie entrepreneuriale, la dynamique s’essouffle. Hors micro-entrepreneurs, les nouvelles entreprises se font plus rares. Toutes ces forces convergent vers un même résultat : une chute des créations nettes d’emplois, qui basculent désormais dans le rouge.


• En face, la pression démographique, bien que moins intense, continue d’ajouter des actifs sur le marché du travail.


La résultante, c’est un nombre de chômeurs qui progresse en valeur absolue et un taux de chômage en forte hausse, notamment chez les jeunes de moins de 25 ans. Il frôle à nouveau la barre des 20%, au plus haut depuis près de cinq ans, une augmentation alarmante pour la prochaine génération de diplômés qui s’apprête à affronter un marché du travail dégradé.


Les craintes du chômage avaient quasiment disparu ; elles font un brutal retour sur l’avant-scène et seront en tête des préoccupations des Français cette année.

Alexandre Mirlicourtois

https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-Alerte-sur-les-plans-sociaux-et-les-defaillances-d-entreprise

 
 

Publié le mardi 21 janvier 2025

La France s’effondre : «Bienvenue dans l’horreur économique !»...

Plus que jamais, tous les voyants sont au rouge pour l’économie française. Déficits publics, chômage, crise politique… La récession est à nos portes et une thérapie de choc doit être menée au plus vite, selon notre chroniqueur Marc Touati, économiste, président du cabinet ACDEFI et conseiller économique d’eToro.

Que ce soit d’un point vue économique, politique, sociale et sociétal, la France est malheureusement en train de s’effondrer devant nos yeux et quasiment personne ne réagit… Tous les événements récents vont malheureusement dans ce sens : la censure du gouvernement Barnier, les cafouillages à répétition sur le budget 2025, les sommets d’impopularité de Monsieur Macron, la flambée des déficits publics et de la dette, qui sont d’ailleurs devenus incontrôlables, mais aussi l’effondrement des indicateurs avancés de l’activité et la flambée des perspectives d’augmentation du chômage… Une véritable horreur économique et politique ! Et ce n’est pas la nomination d’un nouveau Premier ministre qui va changer la donne.

D’ailleurs, pour ne rien arranger et confirmant ces dérapages, les taux d’intérêt des obligations de l’Etat français restent élevés en dépit du soutien de la BCE. Ils sont même passés au-dessus de celui de l’Etat grec lors de la semaine du 2 décembre et se maintiennent au même niveau depuis. Dans le même temps, l’écart de taux d’intérêt à 10 ans (également appelé «spread») entre la France et l’Allemagne a atteint 90 points de base, un sommet depuis l’été 2012, pour désormais se stabiliser autour des 80 points de base, ce qui reste très élevé. Quant au «spread» France-Portugal, il s’est hissé entre 30 et 40 points de base depuis octobre dernier.

Pour la première fois, le taux d’intérêt à 10 ans des obligations de l’Etat français a dépassé celui des obligations de l’Etat grec et y reste proche

C’est dire l’ampleur de la crise de confiance que subit actuellement la France vis-à-vis des marchés financiers et des investisseurs au sens large. Cette sanction est néanmoins méritée. En effet, la France est le seul pays de la Zone Euro qui a augmenté son déficit public au cours des deux dernières années. Encore plus grave, c’est le seul qui fait l’objet d’une procédure de la part de la Commission européenne pour déficit excessif et qui s’apprête à ne pas respecter ses engagements pour 2025.

Et pour cause : le budget de 2025 sera dupliqué sur celui de 2024, qui tablait sur une croissance économique de 1,5%. Or, au regard des indicateurs avancés de l’activité économique française (qu’il s’agisse des indices Insee du climat des affaires et de confiance des ménages, mais aussi des indices des directeurs d’achat), non seulement le PIB français devrait reculer au quatrième trimestre 2024, mais, au surplus, il ne devrait progresser que d’au mieux 0,5% l’an prochain.

France : l’indice PMI composite s’effondre et annonce un plongeon du PIB fin 2024-début 2025

© Insee, ACDEFI

Dans ce cadre, le déficit public sera encore supérieur à 6% du PIB en 2025. Ce qui, pour la deuxième année consécutive, placera la France comme le pays de la Zone Euro affichant le plus fort déficit public. Une nouvelle vague de défiance pourrait alors s’engager, suscitant un nouveau mouvement d’augmentation des taux d’intérêt obligataires et d’élargissement des «spreads» avec les autres membres de l’UEM. Et ce, d’autant qu’avant même le budget 2025, l’état réel des finances publiques de la France est tout simplement catastrophique, avec notamment une dette publique qui avoisine les 3 300 milliards d’euros et les 115% du PIB.

Certes, en mars 2020, compte tenu de la situation cataclysmique mondiale qui prévalait alors, il était concevable de tout faire pour éviter le pire, notamment en augmentant la dette publique, qui était d’ailleurs en grande partie financée par la Banque centrale européenne (c’est ce que l’on appelle la «planche à billets»). La grave erreur a été de continuer de faire flamber la dette publique après 2020. Je n’ai pas arrêté d’alerter les pouvoirs publics depuis lors, mais malheureusement sans succès.

De plus, cette gabegie de dette publique n’a produit que de piètres résultats économiques. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : depuis le début 2020, la dette publique a augmenté d’environ 850 milliards d’euros, alors que, sur la même période, le PIB français en valeur (c’est-à-dire augmenté de l’inflation), a progressé de 450 milliards d’euros. Oui ! Vous ne rêvez pas : il manque 400 milliards d’euros ! Une inefficacité française qui ne date pas d’hier. Le dernier excédent public français remonte effectivement à… 1974 ! Le pire est qu’en dépit de 50 années consécutives de déficits (un record pour les pays développés), la croissance structurelle française n’a cessé de chuter, passant de 2,5% par an en 1980 à 0,9% aujourd’hui. C’est cette dangereuse fuite en avant qui a suscité la flambée de la dette publique. Cette dernière ne représentait que 20% du PIB en 1980, contre près de 115% aujourd’hui. Encore plus grave, 54,6% de notre dette publique est détenue par des non-résidents, ce qui nous rend donc de plus en plus dépendant de ces derniers et nuit de facto à notre souveraineté.

54,6% de la dette publique française est détenue par des non-résidents (contre 47,8% fin 2021)

© AFT, Banque de France, ACDEFI

Le drame de la dette publique n’est pas tant son niveau que son manque de soutenabilité. Une dette est en effet soutenable si elle génère au moins assez de revenus pour rembourser les intérêts de la dette chaque année. Or, en France, une telle situation n’a plus été observée depuis 2007. De plus, compte tenu de l’augmentation récente des taux d’intérêt des obligations de l’Etat français, la charge d’intérêts de la dette publique française atteint actuellement 60 milliards d’euros par an, et bientôt 75 milliards d’euros.

Cela est devenu insupportable, d’autant que l’augmentation des taux d’intérêt se répercute sur l’ensemble des crédits des entreprises et des ménages. D’où un effondrement de l’activité économique, qui suscite une hausse du chômage, mais aussi une augmentation des déficits publics et de la dette, ce qui entraîne une nouvelle vague d’augmentation des taux d’intérêt… et le cercle pernicieux continue jusqu’à épuisement… Quoi qu’il arrive, la crise de confiance à l’égard de la capacité de l’Etat français à réduire son déficit public ira donc crescendo, aggravant la récession qui est en train de s’installer en France. Quelle tristesse !

Pour terminer sur une note d’espoir, il faut souligner que le redressement budgétaire de la France reste possible. En fait, pour réduire notre déficit et sauver l’économie française, il faut engager ce que j’appelle une «thérapie de choc bienveillante». Celle-ci passe par deux voies essentielles. D’une part, une baisse des impôts pour tous, entreprises et ménages (notamment les impôts sur la production et la CSG), de manière à relancer la confiance et la croissance économique. D’autre part, une nette réduction des dépenses publiques et notamment les dépenses de fonctionnement qui ont augmenté de plus de 15% au cours des trois dernières années, soit 3 points de plus que l’ensemble des dépenses publiques. C’est un vrai non-sens : lorsqu’une entreprise est en déficit, elle commence par réduire ses dépenses de fonctionnement pour sauver le reste. En France, l’Etat fait exactement l’inverse. Il est grand temps que cela change.

Marc Touati, économiste, président du cabinet ACDEFI, conseiller économique d'eToro

14 12 24

https://www.capital.fr/economie-politique/la-france-seffondre-bienvenue-dans-lhorreur-economique-1506919

Les industries européennes sont confrontées à des défis croissants en raison de la flambée des prix du gaz naturel et des incertitudes qui pèsent sur l’approvisionnement cet hiver. Les prix de référence du gaz naturel en Europe ont atteint un pic d’un an, sous l’effet d’un temps plus froid qui a épuisé les réserves de stockage au rythme le plus rapide depuis 2016.

L’arrêt imminent des livraisons de gaz russe par gazoduc à l’Europe via l’Ukraine après le 31 décembre vient s’ajouter à ces préoccupations, intensifiant encore la concurrence pour les approvisionnements limités en gaz naturel liquéfié (GNL) avec l’Asie. Le Dutch TTF Natural Gas Futures, un indicateur clé pour le commerce du gaz en Europe, a atteint le mois dernier un niveau inégalé depuis 2024 et a poursuivi sa trajectoire ascendante au début du mois de décembre.

Les industries européennes désavantagées

Les analystes et les dirigeants de l’industrie craignent que les coûts élevés de l’énergie ne désavantagent considérablement les industries européennes par rapport à leurs concurrents aux États-Unis, en Asie et au Moyen-Orient. Le prix du hub néerlandais est actuellement presque cinq fois plus élevé que le prix de référence du gaz naturel américain au Henry Hub.

La hausse des coûts de l’énergie constitue une menace

Ces tensions économiques surviennent à un moment critique pour la zone euro, alors que l’Allemagne, la plus grande économie d’Europe, a évité de justesse la récession au troisième trimestre de cette année. Alors que le PIB de la zone euro a augmenté de 0,4 pour cent au cours du troisième trimestre, dépassant les attentes, grâce aux bonnes performances de l’Allemagne et de la France, la menace de l’augmentation des coûts de l’énergie jette une ombre sur les perspectives économiques futures.

 
 

 

Annonce d’un plan social chez Auchan, fermeture de deux usines Michelin, la liste des mauvaises nouvelles s’allonge et n’annonce rien de bon sur l’état de santé du marché du travail. En position de force jusqu’à maintenant, les salariés et leurs représentants se retrouvent affaiblis au moment même où la saison des négociations annuelles sur les rémunérations bat son plein avec des revendications encore élevées, héritage de la période d’inflation passée. Le contexte social est explosif. Les prémices de ce retournement sont pourtant perceptibles depuis plusieurs mois.


Indicateurs du retournement


Trois indicateurs permettent de l’appréhender :


1. Le taux d’emplois vacants. Il baisse même dans les services à fortes valeur ajoutée, dans la finance, l’information-communication où se concentre une grande partie de l’emploi cadre. Cela montre que les besoins des entreprises sont comblés plus facilement, autrement dit les tensions s’apaisent et ont quasi-disparu à tous les échelons.


2. Deuxième indicateur, les démissions, notamment les démissions des salariés en CDI. De moins en moins franchissent le cap, or le changement de poste ou d’entreprise est normalement le moyen le plus rapide pour faire un bon salarial. En période euphorique, nombre de salariés n’hésitent d’ailleurs pas à quitter leur emploi, même sans avoir encore retrouvé un autre, convaincus de trouver rapidement mieux ailleurs. Ce n’est évidemment plus le cas, le personnel en poste reste en poste renonçant à prendre des risques.


3. Enfin, il y a l’évolution des embauches. Elles diminuent. Pas tant en CDD où elles plafonnent mais en CDI où le nombre de contrats signés recule. De moins en moins d’entreprises prennent le risque d’un recrutement durable.


La sinistralité des entreprises en augmentation


Les négociations salariales à l’embauche vont se durcir car toutes ces tendances sont appelées à se renforcer. Pour embaucher, pour revaloriser le personnel, les chefs d’entreprise ont besoin d’avoir un horizon a minima dégagé, or ce n’est ni le cas en termes d’activité ni en termes de fiscalité. Au contraire, l’environnement se durcit. C’est déjà perceptible dans l’évolution du taux de marge des sociétés non-financières qui recule, or les marges cela sert à investir, à embaucher, à revaloriser et faire évoluer son personnel. Plus inquiétant encore, les trésoreries des entreprises, c’est-à-dire le cash, le nerf de la guerre en période difficile, se tendent dans tous les secteurs, dans l’industrie et les services marchands notamment.


Ces difficultés se retrouvent mécaniquement dans l’évolution de la sinistralité, avec un nombre de défaillances en forte augmentation. Tous les secteurs sont concernés, toutes les entreprises quelle que soit leur taille, même si ce sont les PME qui paient actuellement le plus lourd tribut. En hausse aussi, le coût économique de ces défaillances a dépassé son ancien record atteint lors de la grande récession de 2008-2009. Les conséquences en matière d’emploi sont lourdes et elles sont désormais bien visibles. Depuis deux trimestres, le secteur privé détruit des emplois et le nombre de chômeurs s’inscrit sur une tendance haussière.


La menace du chômage


Le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans notamment frôle à nouveau la barre des 20% au plus haut depuis près de 5 ans, une augmentation alarmante pour la prochaine génération de diplômés qui s’apprête à affronter un marché du travail dégradé. Compte tenu des prévisions de croissance, ce changement de paradigme du marché du travail va se renforcer. Selon notre scénario à Xerfi, la France perdrait environ 145 000 emplois l’année prochaine. Compte tenu de l’évolution de la population active qui continue de croitre notamment sous l’effet de la réforme des retraites, le taux de chômage repasserait au-dessus de 8%.


Multiplication des plans sociaux, hausse des défaillances, destructions d’emplois, baisse des embauches notamment en CDI, augmentation du chômage, la période s’annonce difficile pour les salariés.

Alexandre Mirlicourtois 21 novembre 2024

 

https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-Marche-du-travail-multiplication-des-clignotants-orange_3753363.html

Industrie : « des milliers d’emplois » perdus dans les mois qui viennent, selon le ministre...

Marc Ferracci, qui s’exprimait ce samedi 9 novembre, préconise une réponse européenne, notamment pour soutenir le secteur automobile...

Après l'annonce de la fermeture de deux usines Michelin cette semaine, Marc Ferracci, ministre de l'Industrie, craint que d'autres sites suivent le même chemin, a-t-il déclaré, ce samedi 9 novembre. Les secteurs de l'automobile et la chimie étant particulièrement fragilisés, aussi bien en France qu'en Allemagne, a-t-il encore précisé.

« Des annonces de fermetures de sites, il y en aura probablement dans les semaines et les mois qui viennent », estime Marc Ferracci pour qui le bilan social « va se compter en milliers d'emplois ». Le ministre préconise une réponse européenne, notamment pour soutenir le secteur automobile.

Il a passé trois heures, vendredi 8 novembre, à Cholet (Maine-et-Loire) sur le site d'une des deux usines Michelin promises à la fermeture, accueilli par des huées. Son entourage précise que « les gens qui sifflaient n'étaient souvent pas des salariés de Michelin ». Le géant français du pneu a annoncé le 5 novembre la fermeture avant 2026 des sites de Cholet et Vannes (Morbihan), qui comptent au total 1 254 salariés.

Bonus écologique européen

Les équipementiers automobiles européens ont tiré la sonnette d'alarme cette semaine face au nombre inédit de suppressions d'emplois dans le secteur. 32 000 suppressions de postes en Europe ont été annoncées au premier semestre 2024, soit plus que pendant la pandémie de Covid, dans ce secteur qui emploie 1,7 million de salariés en Europe. L'industrie automobile, en perte de compétitivité par rapport à l'Asie et aux États-Unis, est touchée à la fois par le recul des ventes sur le continent, la concurrence chinoise à bas prix et la lenteur de l'électrification.

Parmi les mesures évoquées, Marc Ferracci envisage « un bonus écologique à l'échelle européenne, un emprunt commun européen pour financer des mécanismes de soutien à la filière ». « Dès le 1er semestre 2025 », a-t-il ajouté, « la Commission européenne a dit qu'elle allait mettre en priorité un clean industrial act, c'est-à-dire une législation européenne sur l'industrie propre, dans laquelle nous pourrons mettre en place un certain nombre de mesures ».

Dans l'aéronautique, la branche défense et espace d'Airbus, qui fabrique notamment des satellites et compte 35 000 salariés, devrait supprimer 2 500 postes en 2026. Marc Ferracci a indiqué qu'il veillerait à ce qu'il n'y ait pas de licenciements, les salariés ayant vocation à être reclassés dans d'autres entités d'Airbus. La chimie française, particulièrement sensible aux coûts de l'énergie et de l'électricité, a, elle, dit mi-octobre craindre de perdre « 15 000 emplois » en trois ans sur 200 000, soit 8 %.

Déjà un millier de suppressions d'emplois ont eu lieu ces derniers mois chez Solvay, Syensqo, Weylchem Lamotte, qui s'ajoutent aux 670 prévues par le groupe pétrochimique ExxonMobil à Port-Jérome en Normandie. En région Auvergne-Rhône-Alpes, la faillite de Vencorex, sur la plateforme chimique de Pont-de-Claix (Isère), met « près de 5 000 emplois en jeu » dans d'autres secteurs industriels que le groupe alimente, estime la CGT.

F.B. avec AFP

https://www.lepoint.fr/economie/le-ministre-de-l-industrie-s-attend-a-des-fermetures-de-sites-dans-les-semaines-et-les-mois-qui-viennent-09-11-2024-2574866_28.php

L’économie française en chute libre : «Le chômage va augmenter massivement !»...

Tous les voyants sont au rouge pour l’économie française, alerte notre chroniqueur Marc Touati. Chute des investissements des ménages et des entreprises, crise du logement, confiance en berne… il n’y aura pas de miracle et le chômage va exploser, avertit le président d’ACDEFI.

Sans véritable surprise, le PIB français a été dopé aux JO au troisième trimestre 2024, augmentant de 0,4% sur un trimestre et de 1,3% en glissement annuel. L’explication comptable de ce résultat est assez simple : sur les 0,4% de croissance trimestrielle, 0,3 point provient de la consommation des ménages et 0,1 point de la formation de stocks. Quant à la contribution du commerce extérieur, elle s’avère nulle puisque les importations ont reculé de 0,7%, tandis que les exportations ont régressé de 0,5%, soit des contributions respectives de + 0,2 point et - 0,2 point.

Mais il y a bien plus grave. En effet, après avoir déjà reculé de 1,8% au cours des trois trimestres précédents, l’investissement des entreprises a enregistré son quatrième trimestre consécutif de baisse, chutant de 1,4% sur le seul troisième trimestre 2024, un record depuis le premier trimestre 2014 (hors période Covid).

Au cours des quatre derniers trimestres, cet agrégat essentiel de l’activité économique (puisqu’il conditionne notamment l’emploi et donc les revenus et la consommation des prochains trimestres) a plongé de 3,2%. En dehors du premier semestre 2020 (confinement oblige), une telle chute en si peu de temps n’a plus été observée depuis la récession de 2009.

C’est dire l’ampleur des dégâts pour les entreprises françaises, qui tranche d’ailleurs avec l’apparente résistance de la croissance globale ! Or, les investissements d’aujourd’hui étant les emplois de demain, il est malheureusement clair que les destructions d’emplois vont s’intensifier et que le taux de chômage de catégorie A va bientôt dépasser les 8,5%, contre 7,6% en septembre selon Eurostat.

Et, malheureusement, il y a encore pire ! Ainsi, au troisième trimestre 2024, l’investissement logement des ménages français a enregistré son 13ème trimestre consécutif de baisse. Aussi fou que cela puisse paraître, il s’agit tout simplement d’un record historique : jamais cet agrégat n’a chuté de façon continue pendant une si longue période ! Sur l’ensemble de cette triste séquence, l’investissement logement des ménages a ainsi subi un effondrement de 18,7%. Comparativement à son niveau d’avant Covid, c’est-à-dire, depuis la fin 2019, il enregistre une baisse de 13,7% Enfin, si l’on se réfère à son niveau de 2007, le plongeon de l’investissement logement français atteint 19,9% !

Or, comme le dit la sagesse populaire, qui fait d’ailleurs malheureusement tant défaut dans l’Hexagone depuis trop d’années : quand le bâtiment va, tout va, mais quand il ne va pas, rien ne va plus ! Au total, l’effondrement parallèle de l’investissement des ménages et de l’investissement des entreprises annonce des heures sombres pour l’économie française. Après le sursaut artificiel du PIB au troisième trimestre 2024, il faut donc se préparer à une forte chute de ce dernier au cours des prochains trimestres, ce qui entraînera immanquablement une augmentation massive du chômage, mais également des déficits publics et de la dette.

C’est d’ailleurs ce qu’ont confirmé tous les indicateurs avancés de la conjoncture française en octobre. En effet, que ce soit les indices HCOB des directeurs d’achat (PMI) ou ceux du climat des affaires et de confiance des ménages de l’Insee, ils annoncent tous une forte baisse de l’activité économique hexagonale, voire une rechute dans la récession. Ainsi, en octobre 2024, les indices PMI de la France sont tombés à 44,5 dans l’industrie, 48,3 dans les services et 47,3 pour l’indice composite, qui atteint désormais un plus bas depuis janvier 2024. Des niveaux qui annoncent une récession dramatique et généralisée pour l’automne-hiver 2024-2025.

Cette triste perspective est également confirmée par les indices Insee du climat des affaires. En effet, en octobre, celui relatif à l’ensemble des secteurs d’activité a reculé à 97,3, soit près de 3 points en deçà de sa moyenne de longue période. Dans l’industrie, la sanction est encore bien plus sévère, puisque l’indice Insee du climat des affaires y a atteint 92,4, un plancher depuis mai 2013 hors période pandémique. A l’évidence, pour la concrétisation de la réindustrialisation du pays promise par les dirigeants français depuis quelques années, il faudra repasser…

Mais ce n’est pas tout, car dans cette même enquête Insee réalisée auprès des chefs d’entreprise en octobre, l’indice du climat de l’emploi s’est fortement dégradé, annonçant une augmentation massive du taux de chômage au cours des prochains mois. Cette sombre anticipation a aussi été validée par la forte augmentation de l’indice Insee des perspectives de chômage des ménages. En octobre, ce dernier a effectivement atteint un plus haut depuis mai 2021, annonçant un taux de chômage d'au moins 8,5% d'ici la fin 2024.

Autrement dit, que ce soit du côté des chefs d’entreprise ou des particuliers, tous les Français sont conscients que la situation économique de la France est en train de devenir catastrophique. Et l’augmentation des impôts à venir ou encore le triste capharnaüm qu’est devenue l’Assemblée nationale ne vont évidemment pas arranger ce contexte de plus en plus insupportable. D’ailleurs, il faut souligner que le projet de loi de finances pour 2025 est déjà caduc. Et pour cause : il est basé sur une croissance d’au moins 1,1% pour l’an prochain, alors que celle-ci sera d’au mieux 0,5 %... Oups !

À lire aussi : La France de 2024 «ressemble de plus en plus à la Grèce de 2009», voici pourquoi

Marc Touati, économiste, président du cabinet ACDEFI, auteur de 8 best sellers économiques, dont « RESET II – Bienvenue dans le monde d’après » sorti en septembre 2022.

01 11 24

https://www.capital.fr/economie-politique/leconomie-francaise-en-chute-libre-le-chomage-va-augmenter-massivement-1504840


 

« On court à la catastrophe » : en Corse, l’été noir du tourisme...

Après un net recul en 2023, la fréquentation touristique est en perte de vitesse dans l’île, sur fond de crise du pouvoir d’achat et de cherté des transports

Dans les ruelles de Zonza (Corse-du-Sud), charmant village de l'Alta Rocca, massif qui s'étend au pied des aiguilles de Bavella, cette restauratrice n'en croit pas ses yeux. En cette mi-août, la moitié de sa terrasse est vide. « On dirait que la haute saison n'a pas commencé, s'inquiète cette commerçante, quinze ans d'activité au compteur. On se croirait au mois de juin. »

L'affluence est, certes, plus importante qu'au printemps dans ce site touristique bien connu pour ses piscines naturelles et ses sentiers de randonnée au cœur du parc naturel régional. Mais, comme dans le reste de l'île, la fréquentation accuse une nette perte de vitesse. Les chiffres de la chambre de commerce et d'industrie de Corse en disent suffisamment sur cette désaffection : moins 10 % de passagers dans les aéroports corses en juillet, par rapport à 2023. Côté maritime, la chute est contenue et s'établit à moins de 2 %. Reste que la tendance confirme la baisse déjà enregistrée l'été précédent : un recul de 8,1 % par rapport à 2022, selon l'Insee. « On court à la catastrophe, s'alarme Francis Berfini, hôtelier à Poggio-Mezzana (Haute-Corse), qui assure avoir perdu un gros tiers de sa fréquentation. Nous ne sommes plus une région attractive par rapport à d'autres territoires en Méditerranée. »

Les professionnels du tourisme pointent une nouvelle fois le coût des transports comme une des premières causes de cette baisse d'affluence dans une activité grandement tributaire des tarifs appliqués par les compagnies aériennes et maritimes. Ce que les touristes eux-mêmes n'hésitent pas à confirmer, plutôt amers : « Nous avons payé 1 350 euros de billets d'avion à trois, dont un enfant, pour un aller-retour Paris-Bastia, explique Charlène, une mère de famille originaire de la capitale. Ce n'était pas aussi cher lorsque nous étions venus en Corse en 2019. C'est un budget conséquent, qui n'est pas forcément à la portée de tous. »

Le pilier de l'économie corse

Il faut dire qu'après deux ans d'inflation, le pouvoir d'achat des touristes n'est plus ce qu'il était. En Corse, où le coût de la vie est 7 % plus cher qu'en province sur le continent, selon une étude de l'Insee, les vacanciers semblent d'autant plus enclins à limiter leurs dépenses. « On est très prudents, confient Marie et David, un couple de cadres originaire des Yvelines, venu pour cinq jours de vacances dans la station balnéaire de Saint-Florent (Haute-Corse). Les loisirs et les promenades en mer sont chers, tout comme la plupart des restaurants. On fait attention. »

Selon les professionnels, cette situation s'explique en partie par des coûts d'exploitation élevés en raison de l'insularité. Ils seraient, selon les secteurs d'activité, supérieurs de 14 à 25 % à la moyenne nationale, selon une enquête du cabinet Goodwill-Management, sollicitée par la chambre de commerce et d'industrie de Corse.

Ce phénomène ne suffirait toutefois pas, selon les acteurs du tourisme, à expliquer à lui seul la méforme de ce secteur économique qui pèse lourd dans l'île : plus de 9 000 entreprises recensées comme « touristiques » et pas moins de 39 % du PIB selon l'Insee, contre 7,5 % pour l'ensemble français.

La hausse jugée « surréaliste » de l'offre para-hôtelière est aussi pointée du doigt : ces milliers de logements, villas ou appartements, regroupés sous l'appellation de « meublés de tourisme », et destinés à la location saisonnière pour une clientèle de passage, qui échappe à l'hébergement classique dans les hôtels, campings et résidences de tourisme. Depuis 2019, leur nombre a bondi de 48 % pour franchir la barre des 37 500 meublés, soit environ 14 % du parc de logements insulaire, selon une étude réalisée pour les Grandes Maisons Corses, une association qui réunit une vingtaine d'établissements haut de gamme dans l'île.

« Cela va tourner au drame »

« On assiste à un transfert de l'activité vers ces hébergements non professionnels, tonne César Filippi, hôtelier à Porto-Vecchio (Corse-du-Sud) et président du groupement des hôtelleries et restaurations (GHR) de Corse qui compte quelque 300 acteurs de l'activité touristique insulaire. Sur les dix derniers jours du mois d'août, nous avons seulement 30 % de chambres réservées dans mon établissement. C'est du jamais-vu en cinquante ans d'exploitation. Cela va tourner au drame. »

Cette figure du tourisme insulaire est d'autant plus inquiète que l'hôtellerie classique continue de voir sa part de marché grignotée par cette activité parallèle et marque le pas. Avec 147 000 lits, elle représente 23 % de capacités en moins que les 181 800 lits déclarés dans les « meublés ». Fin mai, l'Agence du tourisme de la Corse avait annoncé une expérimentation face aux perspectives moroses de l'été : accorder des promotions allant jusqu'à 30 % sur les billets d'avion des touristes qui optent pour un forfait comprenant le vol et un hébergement. Une offre excluant les locations de type Airbnb pour ne pas favoriser le paracommercialisme.

Cette mesure d'urgence, expérimentée par sept offices du tourisme, était censée « convaincre toujours plus de visiteurs de venir en Corse », dixit Marie-Hélène Casanova-Servas, la présidente nationaliste du conseil de surveillance d'Air Corsica. Mais cette promotion de dernière minute ne semble pas encore porter ses fruits au regard de l'affluence dans l'île.

Si les professionnels espèrent encore « sauver les meubles » d'ici à la fin du mois d'août, César Filippi ne semble guère se bercer d'illusions : « Cela va être très difficile, prédit cet hôtelier bien au fait de la situation touristique insulaire. Je ne veux pas noircir le tableau, mais on s'achemine vers des liquidations. Je crois que la rentrée au tribunal de commerce va être terrible. »

, correspondant à Bastia (Haute-Corse).

https://www.lepoint.fr/societe/on-court-a-la-catastrophe-en-corse-l-ete-noir-du-tourisme-16-08-2024-2567993_23.php

Ford perd près de 50 000 dollars (38 700 livres sterling) sur chaque voiture électrique vendue, selon les résultats de l'entreprise, alors que les constructeurs traditionnels luttent contre l'abandon de l'essence.

La société a enregistré une perte de 1,1 milliard de dollars pour sa division de véhicules électriques, Ford E, ce qui équivaut à environ 47 600 dollars par voiture. Elle a vendu 23 957 véhicules électriques, soit une augmentation de 61 % par rapport à l'année précédente.

Ces chiffres ont contribué à un premier semestre torride au cours duquel Ford E a perdu 2,5 milliards de dollars, l'activité étant en passe de perdre 5 milliards de dollars au total cette année.

Ford a imputé cette perte à la guerre des prix qui sévit dans le secteur, et ce malgré les efforts déployés pour réduire les coûts de 400 millions de dollars.

Ces chiffres brutaux soulignent les énormes sommes d'argent que les constructeurs automobiles du marché de masse dépensent pour électrifier leurs gammes de produits. La perte de 50 000 dollars par voiture a été rapportée pour la première fois par Robert Bryce, expert du secteur, dans sa lettre d'information Substack.

Les voitures à batterie sont plus chères à produire que leurs homologues à moteur à combustion interne, ce qui complique les efforts des gouvernements pour réduire les émissions de carbone en imposant leur vente en plus grand nombre. Dans le même temps, une vague de rivaux chinois cherchent à pénétrer le marché avec leurs propres véhicules électriques bon marché produits en masse.

Cela a incité certains pays à offrir de généreuses subventions pour rendre leurs VE nationaux plus attrayants, les États-Unis offrant aux consommateurs un crédit d'impôt de 7 500 dollars par voiture dans le cadre de la loi sur la réduction de l'inflation (Inflation Reduction Act) de l'administration Biden.

Il s'agit également d'un défi majeur pour le gouvernement de Sir Keir Starmer, alors que le Premier ministre se prépare à renforcer le régime réglementaire britannique en avançant l'interdiction des ventes de nouvelles voitures à essence de 2035 à 2030.

L'interdiction a été repoussée de cinq ans à 2035 par Rishi Sunak, pas plus tard qu'en septembre dernier. Mais Sir Keir s'est engagé à annuler ce changement.

Toutefois, dans le même temps, le parti travailliste n'a pas encore indiqué s'il comptait tenter de stimuler l'adoption de ce système - qui est en perte de vitesse chez les particuliers depuis l'année dernière - en offrant des incitations financières aux consommateurs.
 

Les principaux constructeurs automobiles, dont Stellantis, propriétaire de Vauxhall, ont également critiqué les réglementations introduites par le gouvernement conservateur au début de l'année. Le Zero Emission Vehicle (Zev) Mandate augmente progressivement la proportion de voitures électriques vendues entre 2024 et 2030, de 22 % au départ jusqu'à 80 %.

Pendant ce temps, les constructeurs automobiles sont obligés de vendre des VE avec des rabais importants pour les écouler, selon les données mensuelles d'Auto Trader.

Stellantis a accusé le gouvernement de devancer la demande des consommateurs et a menacé de fermer ses usines au Royaume-Uni si le régime n'était pas assoupli, alors que les plaintes concernant les objectifs risquent d'entraîner sa division britannique dans le rouge.

Mike Hawes, directeur général de la Society of Motor Manufacturers and Traders (SMMT), qui représente l'industrie, a également averti que l'absence d'incitations financières pour les consommateurs obligerait les constructeurs automobiles à continuer d'essuyer des pertes.

S'exprimant mercredi, il a déclaré : « [Le mandat ZEV] a contraint l'offre de véhicules, il ne peut pas contraindre la demande. La situation est difficile [...]. Ce n'est pas linéaire, c'est plutôt cahoteux. Et cette irrégularité a été constatée ici au Royaume-Uni et dans toute l'Europe.

« La différence, c'est que nous ne disposons pas du cadre incitatif en place pour les consommateurs privés, comme c'est le cas sur de nombreux marchés européens.

« Nous devons vendre ces véhicules maintenant. Nous sommes tenus de les vendre maintenant. Et cela signifie que nous devons nous assurer que nous actionnons tous les leviers pour augmenter la demande. Nous avons investi, et continuons d'investir en tant qu'industrie, d'énormes sommes d'argent. Nous ne pouvons pas continuer ainsi indéfiniment.

https://www.telegraph.co.uk/business/2024/07/25/ford-loses-50000-on-every-electric-car/?

Les ventes de champagne en recul sur tous les marché

Les ventes de champagne sont mal orientées depuis 21 mois consécutifs. La baisse s'est encore accélérée au premier semestre, sous l'effet de l'inflation et de la hausse des taux. Mais aussi du contexte géopolitique.

(extrait)

https://www.lesechos.fr/industrie-services/conso-distribution/les-ventes-de-champagne-en-recul-sur-tous-les-marches-2109164?utm_source=pocket-newtab-fr-fr

Nicolas Meilhan : «On a dépassé le niveau de la crise financière de 2008 avec 400 PME qui ferment tous les mois»...

Ses analyses tranchent radicalement avec les déclarations de Bruno Le Maire, sur la santé économique du tissu entrepreneurial : «On a dépassé le niveau de la crise financière de 2008 avec 400 PME qui ferment tous les mois (…) Lorsqu’on regarde les variations et les projections, on pourrait arriver à des fermetures de 6500 entreprises sous un an ou deux ans! »

https://putsch.media/20240319/actualites/societe/video-nicolas-meilhan-on-a-depasse-le-niveau-de-la-crise-financiere-de-2008-avec-400-pme-qui-ferment-tous-les-mois/

"A plus de 3 euros, les consommateurs n'achètent plus": pour le patron de Super U, les Français déconsomment...
Sur BFMTV, Dominique Schelcher, PDG de Système U, constate un phénomène de déconsommation avec une tendance: les consommateurs se détournent des produits à plus de 3 euros.
 

L'inflation ralentit, mais a durablement changé les habitudes des consommateurs. Et pas dans le sens des distributeurs. Dominique Schelcher, PDG de Système U, constate un phénomène de déconsommation chez les consommateurs. Cette tendance se concrétise par un nouveau plafond tarifaire pour certains produits.

"Le prix moyen acheté, c'est 2,85 euros. Selon la dernière tendance des panélistes, les produits de plus de 3 euros sont en baisse de volume", constate Dominique Schelcher.

En tête de liste, les produits de beautés sont affectés par cette barrière. Mais selon le dirigeant de Système U, elle touche tous les produits, même ceux en promotion.

"La promotion est en difficulté. Acheter un grand lot qui va rester dans [le] placard, a plus de 3 euros, ça n'intéresse pas", observe Dominique Schelcher.

"On est en déconsommation"

Les seuls produits à échapper à cette tendance sont ceux de "plaisir, comme le chocolat, les gâteaux ou l'alcool", signale le dirigeant. "Mais à part ça, les consommateurs ont pris de nouvelles habitudes et ça va durer. Un nouveau rapport à la consommation s'est installé".

"On est en déconsommation en France. L'impact de l'inflation, c'était d'abord de l'arbitrage: moins de non-alimentaires, moins de produits frais traditionnels, moins de grandes marques au profit de marques de distributeurs".

Cette "déconsommation" s'observe également dans la baisse des volumes achetés. Le recul était de -4,5% en janvier et de -1,2% en février. En clair, "les gens achètent moins", regrette Dominique Schelcher qui voit une forte baisse des passages en caisse.

 
"Dans tous les magasins en France, 39 milliards d'articles qui passent au scanner. 850 millions ont été déconsommés l'année dernière".

"Il y a une grande partie des Français qui ne s'en sortent pas avec cette inflation", constate le patron de Système U.

Pascal Samama Journaliste BFM Éco

https://www.bfmtv.com/economie/consommation/a-plus-de-3-euros-les-consommateurs-n-achetent-plus-pour-le-patron-de-super-u-les-francais-deconsomment_AV-202403270327.html

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