gazette médiévale..

Publié le par ottolilienthal

Entre 1066 et 1086, l'Angleterre connut l'une des redistributions de richesses et de terres les plus radicales de l'histoire européenne. À l'achèvement du Domesday Book, l'ancienne noblesse anglaise avait quasiment disparu en tant que classe de propriétaires terriens.

La « saisie territoriale épique » :


ce processus mêla subtilité juridique et recours à la force brute.


Monopole royal : après son couronnement, Guillaume déclara que toutes les terres d’Angleterre lui appartenaient de droit de conquête. Tout Anglais ayant combattu à Hastings ou participé à une rébellion était considéré comme un traître, et ses terres étaient immédiatement confisquées par la Couronne.


La disparition des 95 % : sous Édouard le Confesseur, des milliers de thanes anglais possédaient les terres. En 1086, selon le Domesday Book, les nobles anglais ne détenaient plus que 5 % des terres.


Les nouveaux barons : Guillaume remplaça environ 4 000 seigneurs anglais par moins de 200 barons normands. Ceci créa une classe supérieure bien plus concentrée et puissante qu’à l’époque anglo-saxonne.

Méthodes de déplacement et confiscation pour rébellion : Les révoltes anglaises successives dans le Nord et l’Ouest fournirent à Guillaume le prétexte « légal » de chasser les seigneurs saxons de régions entières et de les remplacer par des fidèles.


Accaparement illégal : Nombre de Normands ne se contentèrent pas d’attendre les concessions officielles. Ils se livrèrent à des accaparements illégaux de terres, s’emparant des domaines par la force ou par la corruption.


Mariages forcés : Les veuves et les filles de nobles anglais déchus étaient souvent contraintes d’épouser des chevaliers normands, garantissant ainsi que même lorsque les terres n’étaient pas confisquées, elles passaient aux mains des Normands.

Le destin des dépossédés.


Les élites anglaises qui perdirent leurs terres ne disparurent pas pour autant ; elles durent faire face à des choix difficiles :


Pauvreté et servage : Nombre d’entre elles furent réduites à la misère ou devinrent des « vilains » (paysans non libres) sur les terres mêmes qu’elles possédaient.


Exil : Un nombre important d’entre elles s’enfuirent en Écosse, en Scandinavie, voire jusqu’à Constantinople, où beaucoup rejoignirent la garde varègue d’élite pour combattre comme mercenaires pour l’empereur byzantin.


Assimilation : Une poignée d’entre elles – seulement deux grands propriétaires terriens anglais (Thurkill d’Arden et Colswein de Lincoln) – parvinrent à conserver d’importantes propriétés en faisant preuve d’une loyauté absolue envers Guillaume.

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Le droit de cuissage a-t-il existé ?

Un seigneur féodal n’avait pas – officiellement – le droit de dépuceler la femme d’un vassal lors de sa nuit de noces. Il existait, en revanche, un « droit de cullage ».

Le droit de cuissage est le droit dont aurait joui le seigneur féodal de dépuceler la femme d'un vassal ou d'un serf lors de sa nuit de noces. Si les historiens ne doutent pas un seul instant de la violence sexuelle exercée par les seigneurs au Moyen Âge, aucune trace d'un quelconque droit ou d'une quelconque coutume en la matière n'a été retrouvée. La notion de droit de cuissage aurait été créée au XVIIIe siècle, puis aurait été reprise au XIXe, pour discréditer les seigneurs et, avec eux, l'Ancien Régime et la société féodale.

Droit de… cullage

En revanche, de nombreux documents prouveraient qu'il existait un impôt payé par les paysans à leur seigneur avant de se marier. De plus, les serfs, considérés comme des objets appartenant au seigneur, devaient obtenir son autorisation s'ils voulaient « prendre femme », et ce, bien souvent en échange d'une contrepartie financière, appelée « cullage » (cullagium, « collecte » en latin). Avec un tel nom, on comprend aisément l'origine de la méprise…

Il n'en reste pas moins que, dans la pratique, le « droit de cuissage » est devenu une institution. Même la littérature en montre les stigmates : ainsi Le Mariage de Figaro, la pièce de Beaumarchais, dans laquelle le comte compte bien exercer son « droit » sur la belle Suzanne…

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