Boomers gazette
Camarade boomer, ta dette n'est pas la nôtre
https://blogs.mediapart.fr/yves-guillerault/blog/090925/camarade-boomer-ta-dette-n-est-pas-la-notre
Camarade boomer, ta dette n’est pas la nôtre Avant d’accuser boomers, chômeurs, cancéreux, etc. de dilapider l’argent public, M. Bayrou, ex-chef de gouvernement et boomer de son état, aurait été avisé de faire l’inventaire des décisions politiques prises ces cinq dernières décennies, de l’entrisme des plus grands capitalistes du pays et de la connivence qui les unis pour pomper sans vergogne les richesses des besogneux que nous sommes.
La génération née entre 1942 et 1965 a tout du bouc émissaire. On oublie un peu vite que la durée du travail était alors la plus élevée du monde développé...
François Bayrou a violemment mis en cause les boomers, en les accusant de porter la responsabilité principale du décrochage de la France et de la faillite des finances publiques. Il est bien vrai que la génération du baby-boom, née entre 1942 et 1965, a bénéficié d'un environnement très favorable. Elle a en effet connu la paix à partir de 1962, la prospérité avec la plus belle phase de croissance de l'histoire économique de la France entre 1958 et 1973 reposant sur un cercle vertueux entre gains de productivité, hausse du niveau de vie et rentabilité du capital, le progrès social avec le plein-emploi, la montée et l'enrichissement des classes moyennes, l'augmentation du patrimoine des ménages favorisée par le désendettement lié à l'inflation.
Il est bien vrai que les mentalités de ces générations ont été forgées par la révolution introuvable de Mai 68, qui a porté la libéralisation de la société française mais qui a aussi ouvert l'ère de l'individualisme, de la priorité à la consommation sur la production, du primat des intérêts privés sur le bien commun, du mépris pour l'État et l'autorité publique.
Il est bien vrai que les retraités disposent aujourd'hui d'un revenu moyen supérieur à celui des actifs et possèdent plus de 65 % du patrimoine des ménages. Il est tout aussi vrai que leurs pensions mobilisent 14,5 % du PIB et que leur financement a été à l'origine de plus de la moitié des 1 200 milliards d'euros de dette publique accumulés depuis l'élection d'Emmanuel Macron.
Il est vrai que leurs enfants souffrent d'un chômage permanent et d'une paupérisation massive avec une chute de la richesse par habitant au dixième rang dans l'Union européenne, de 15 % inférieure à celle de l'Allemagne et de 52 % à celle des États-Unis. Il est vrai que leurs petits-enfants sont touchés de plein fouet par la précarité et héritent d'un pays en faillite, conjuguant euthanasie de la croissance, sous-productivité, inemploi de masse, appauvrissement, débâcle des comptes extérieurs et crise de la dette publique.
Des transformations d'une ampleur et d'une rapidité inouïes
Pour autant, le procès fait aux boomers est à la fois faux et injuste. Il s'inscrit dans la longue série de la recherche de boucs émissaires – les immigrés, les riches, les marchés financiers, l'Europe ou la mondialisation –, qui masque les véritables raisons de la crise existentielle de la France et interdit de lui apporter une solution.
Tout d'abord, la génération du baby-boom a non seulement beaucoup travaillé mais elle a supporté des transformations d'une ampleur et d'une rapidité inouïes. De 1960 à 1973, la croissance a progressé de 6 % par an et la production industrielle de 6,5 % par an, grâce à des gains de productivité du travail de 6,5 % par an. La durée du travail était alors la plus élevée du monde développé et la priorité donnée à l'investissement qui culminait à 25 % du PIB est allée de pair avec la compression des salaires jusqu'en 1968. Surtout, l'économie et la société françaises ont subi des mutations sans précédent en s'urbanisant, en s'industrialisant et en s'ouvrant au marché commun en une génération.
Par ailleurs, les baby-boomers sont loin d'être uniformes. Ils se divisent en deux ensembles au destin très différent. Les générations nées entre 1942 et 1955 ont pleinement bénéficié des Trente Glorieuses. Les générations nées entre 1955 et 1965 ont été touchées de plein fouet par la fin de l'ère keynésienne et l'entrée de la France dans une phase de long déclin caractérisé par la décroissance à crédit, le chômage structurel, la paupérisation de la population et des territoires, l'installation d'un double déficit commercial et budgétaire.
Ce ne sont pas les boomers mais les dirigeants qui portent la responsabilité première dans le redressement des Trente Glorieuses comme dans le décrochage de la France depuis 1981. Si la France obtint les meilleurs résultats du monde développé après le Japon de la fin des années 1950 jusqu'au début des années 1970, c'est grâce aux politiques courageuses qui permirent de surmonter les conflits de la décolonisation, la crise de Mai 68, la désintégration du système de Bretton Woods et le basculement vers les changes flottants, tout en restaurant sa puissance et en lui donnant un positionnement original entre l'Ouest et l'Est, le Nord et le Sud.
Ce n'est pas la fatalité mais les erreurs en chaîne des gouvernants – relance keynésienne et retour à l'économie administrée en 1981, franc puis euro fort, passage aux 35 heures alors que l'Allemagne se lançait dans l'Agenda 2010 et que la Chine entrait dans l'OMC, utilisation de l'euro comme levier pour le surendettement – qui ont fait passer la France à côté du cycle de la mondialisation, puis qui ont refusé d'adapter le modèle français au nouvel âge des empires, mettant l'impératif de la souveraineté et le réarmement au premier plan à partir de 2022.
Un nouveau pacte entre les générations
Enfin, la stigmatisation des boomers va à l'encontre des exigences du redressement de la France. Les retournements brillants effectués en Europe du Nord et du Sud rappellent qu'une démocratie se modernise toujours avec ses citoyens, jamais sans eux ou contre eux. La politique française meurt du clientélisme et des approches catégorielles qui dissolvent l'intérêt national. La modernisation de la France implique assurément un effort des retraités, car le système de répartition qui verse 389 milliards de pensions pour 325 milliards de cotisations est insoutenable. Mais cet effort doit s'inscrire dans un nouveau pacte entre les générations incluant l'augmentation de la durée et de la productivité du travail des actifs ainsi qu'une amélioration drastique du niveau d'éducation des jeunes.
Ce rassemblement n'a rien d'illusoire comme l'ont montré les succès des Jeux olympiques de 2024 ou la restauration de Notre-Dame de Paris, grâce à la mobilisation des talents et à l'alignement de tous les acteurs au service d'un projet collectif. Mais il doit être élargi pour être mis au service de la réunification et du redressement de la nation.
La crise de la France n'est pas liée aux boomers mais à la démagogie dans laquelle s'est enfermée la classe politique française faite de déni des réalités, de lâcheté et d'irresponsabilité, de capitulation devant les réformes avec le choix implicite d'attendre l'étranglement financier et d'en faire supporter l'impopularité au FMI, à la Commission européenne et à la BCE.
Ce sont bien nos dirigeants et nos élites qui ont sacrifié l'indépendance et la souveraineté nationales aux illusions sur la fin de l'histoire, du travail, des frontières, de la guerre ou sur l'argent public gratuit et illimité. Ce sont eux qui ont transformé la France d'une terre de production, d'innovation et de progrès en une économie de rente et une société bloquée. C'est aux Français, y compris aux boomers, de prendre désormais leur destin en main, de refuser d'être vassalisés et d'inventer un modèle français performant dans le XXIe siècle.
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Pourquoi le terme " boomer " fait polémique
https://www.20minutes.fr/societe/3029587-20210426-pourquoi-terme-boomer-fait-polemique
Pourquoi le terme « boomer » fait polémique... Personnes âgées, réticente au changement ou rétrograde… Selon son utilisation, le terme « boomer » peut poser problème...Une affiche qui s’est attirée de nombreuses critiques...
Serions-nous au commencement d'une effroyable guerre intergénérationnelle ? C'est bien possible ; la faute à la génération dorée du "babyboomer". Depuis qu'une jeune fille Viking de 16 printemps, à qui des délinquants climatiques arthrosés auraient volé sa jeunesse, est venue du froid pour faire la leçon aux vieux...
..“Ok boomer” signifie plutôt : “Toutes les raisons, toute la vision du monde, toute l’expérience qui sous-tendent plus ou moins consciemment votre critique (ou vos conseils, ou vos nuances) reposent sur une pure illusion. Pourquoi ? Parce que tout ce que vous considérez comme normal et raisonnable est en fait anormal et insensé ; votre vie est inscrite dans une exceptionnelle parenthèse historique en train de se refermer.”..
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