Shackleton, le héros méconnu des terres polaires..

Publié le par ottolilienthal

En 1914, Ernest Shackleton publie une annonce pour recruter des hommes pour traverser l'Antarctique. Il précise : "Retour incertain. Salaire faible. Froid extrême."

Il reçoit 5000 candidatures en 48 heures. Ce n'est pas une histoire de courage. C'est une histoire de calcul.

Shackleton savait une chose que la plupart des gens ignorent : le risque nommé est moins dangereux que le risque caché. En mettant le pire en premier, il n'a pas découragé les candidats. Il a filtré les mauvais et galvanisé les bons.

Pourtant, la plupart des plans que l’on fait sont construits pour rassurer. Ils listent ce qui peut bien se passer, anticipent les objections, minimisent ce qui fait peur. Mais le risque de ne jamais partir, lui, n'y figure jamais. Personne ne le modélise, et personne ne chiffre son coût.

Le problème, c’est que l’intelligence donne accès à plus de scénarios catastrophes. C'est sa force et son piège. Plus on comprend un système, plus on voit ce qui peut mal tourner.

Et à partir d’un certain seuil, la réflexion ne prépare plus à rien. Elle fabrique juste de meilleures raisons d'attendre. L'audace ne consiste pas à ignorer ce que l'intelligence révèle. Elle consiste à décider que ces informations ne changeront pas le verdict.

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En décembre 1914, Sir Ernest Shackleton et 27 hommes d’équipage ont quitté l'île de South Georgia dans l'Atlantique Sud à bord du navire l’Endurance. Ils avaient pour objectif d’être les premiers à traverser le continent Antarctique. Mais l’expédition tourna au drame lorsque leur navire fût brisé par les glaces et qu’ils se retrouvèrent seuls sur la banquise avec seulement 3 chaloupes et quelques vivres sauvés du naufrage.


Pendant plus d’un an et demi, ils ont lutté contre le vent, le sel et le froid glacial sans que le groupe se désagrège. Notons au passage que dans cette région du globe, les températures moyennes avoisinent les – 65° C en hiver et - 28 ° C en été.


C’est dans ces conditions extrêmes, qu’ils réussirent l’exploit de survivre grâce, notamment, à la perspicacité et à l’optimisme contagieux d’Ernest Shackleton dont le leadership est devenu légendaire et continue d’inspirer de nos jours de nombreux leaders sportifs, aventuriers, chercheurs mais également dirigeants et managers d’entreprises.


Ce qu’il y a de remarquable dans cette aventure, c’est surtout l’intelligence humaniste avec laquelle Shackleton négocie chacune des nombreuses épreuves physiques et psychologiques auxquels le collectif est confronté avec toujours comme objectif ultime celui de sauver chacune des vies de son équipage.


Shackleton sait que la manifestation constante et sincère de son optimisme est juste vitale lorsque la situation devient périlleuse. Voici 3 manifestations caractéristiques de l’optimisme de Shackleton :


Tout d’abord sa personnalité : les officiers de l’Endurance s’accordent à dire que Shackleton a une personnalité attachante, extravertie et spontanément joviale qui dénote de celles des autres maîtres à bord de l’époque souvent qualifiée de rugueuses et distantes. En outre, il a cette clarté de jugement qui inspire naturellement confiance.

 
Ensuite il a un incroyable sens du collectif : malgré le naufrage dont il assume pleinement la responsabilité, Shackleton gagne la loyauté de ses hommes en refusant l’adage selon lequel la survie doit aller aux plus forts. Au lieu de ça, il s’ingénie à protéger prioritairement les plus faibles. Il a aussi le don pour encourager les autres, en montrant lui-même l’exemple et en traitant sans délai et avec la fermeté qu’il convient tout conflit susceptible de dégénérer.


Enfin, c’est un vrai stratège : Certes le but initial de l’expédition fut un échec, mais jamais l’équipage n’aurait survécu sans une succession impressionnante de décisions judicieuses qui font écho au fameux précepte d’Hannibal Barca : « Trouve un chemin où fabrique le ».  


On peut donc dire que l’optimisme de Shackleton n’est ni une sorte d’espérance béate, ni un enthousiasme puéril. C’est tout l’inverse du découragement propre aux atrabilaires et autres irascibles accablés par les déconvenues de l’existence.


En fait ! L’optimisme de Shackleton est un acte de leadership, considéré comme un devoir moral auquel doit s’astreindre tout responsable d’un collectif en cherchant, quelque-soi les circonstances, les meilleures opportunités pour le bien commun.

 

 

https://www.xerficanal.com/strategie-management/emission/Eric-Jean-Garcia-Une-lecon-de-leadership-optimiste-Shackleton_3747593.html?utm_source=Mod%E8le%20diffusion%20Xerfi%20Canal&utm_medium=email&utm_campaign=XC270220

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Paul-Émile Victor aimait à rappeler que s'il avait consacré sa vie à l'exploration des régions polaires, c'était pour avoir lu un jour la relation du voyage de Sir Ernest Shackleton à bord de l'Endurance : à ses yeux le plus beau récit d'aventures qui ait été publié en ce siècle - rien de moins. Deux ans après qu'Amundsen eut atteint le pôle Sud, Shackleton s'embarque à bord de l'Endurance. Son but : débarquer sur la côte de l'Antarctique une équipe d'exploration au complet. et tenter de traverser, en traîneaux à chiens, le continent glacial dans toute sa largeur, de la mer de Weddell (Atlantique sud) à la mer de Ross (qui s'ouvre au sud de la Nouvelle-Zélande).

En fait rien ne se passa comme prévu et l'expédition faillit bien tourner à la tragédie : il s'en fallut quasi d'un miracle. ou plutôt de l'obstination insensée d'un homme qui s'ingéniait à trouver dans la pire adversité des ressources insoupçonnables. Shackleton et son équipage ne réussiront même pas à toucher le continent : leur navire, prisonnier des glaces dès l'hiver austral 1915, finira broyé par la banquise après quelques mois de dérive. Il leur faut alors, pendant des semaines, pousser sur la glace leurs trois chaloupes montées sur traîneaux, jusqu'à la mer libre. et de là, tenter de remonter vers le nord et atteindre une île où l'on puisse les secourir. Après une navigation périlleuse au milieu des icebergs, sans nourriture et presque sans sommeil, la petite troupe réussit à toucher l'île Éléphant, aux portes de la mer de Weddell.

Mais l'île est déserte et aucun navire ne fréquente ces parages. Shackleton ose alors l'impossible : il laisse sur place le gros de son expédition, qui tentera de survivre quatre mois durant presque privée de tout. et rejoint en canot, avec cinq hommes, les côtes de l'archipel de Géorgie du Sud où hivernent parfois quelques baleiniers - soit 1 500 km à la voile et à la rame à la veille de l'hiver austral !

Il lui faudra encore traverser, sans aucun matériel, les montagnes et les glaciers vertigineux de l'archipel ( jusqu'alors inexplorés) avant de toucher le premier poste civilisé. Puis organiser rien de moins que quatre tentatives pour rallier l'île Éléphant bloquée par les glaces. et ramener finalement son équipe au complet. Bref, un échec.

Mais où Paul-Émile Victor persiste à voir la plus fabuleuse aventure jamais vécue par les hommes en terre australe...

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