Pierre Botton

Publié le par ottolilienthal

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L’ex-homme d’affaires lyonnais Pierre Botton condamné à 5 ans de prison ferme
Soupçonné d'avoir détourné plus de la moitié des dons à destination de son association, l'ex-homme d'affaires lyonnais Pierre Botton avait été jugé début mars par le tribunal de Paris pour "abus de biens sociaux". Il a été condamné ce mardi à 5 ans de prison ferme.

L’ex-homme d’affaires Pierre Botton lyonnais, qui avait déjà été impliqué dans une retentissante affaire politico-financière des années 1990, a été condamné mardi à 5 ans de prison ferme pour abus de biens sociaux notamment et un mandat d’arrêt a été prononcé à son encontre.

Au-delà des réquisitions du parquet

Le tribunal de Paris est allé au-delà des réquisitions du parquet, qui avait demandé 4 ans de prison ferme lors du procès début mars. Il a assorti la peine de prison d’une amende de 150 000 euros et d’une interdiction définitive de diriger une société ou une association.

A la suite d'une signalement par Tracfin, le service de lutte contre le blanchissement du ministère des finances, à l'été 2017, une enquête avait été ouverte pour faire la lumière sur des mouvements financiers potentiellement frauduleux entre les comptes de la société de Pierre Botton, son association "Ensemble contre la rédicive", qui vise à favoriser la réinsertion des personnes détenues, et les comptes personnels de l'homme d'affaires. Ce dernier avait détourné à son profit plus de la moitié des dons à l'association. 

"Assurer son train de vie"

Pierre Botton a commis une "litanie d'infractions" avec pour seul but "d'assurer son train de vie", qui oscillait entre 20 000 et 36 000 euros par mois, avait assuré le procureur, à l'audience, début mars.

(avec AFP)

 

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Soupçonné d'avoir floué son association, Botton retourne au tribunal

Après 20 mois de détention dans les années 1990, l'ex-homme d'affaires Pierre Botton s'était engagé pour "changer la prison". Mercredi, il retourne devant un tribunal, soupçonné d'avoir détourné l'argent de son association de lutte contre la récidive.

Cet homme de 64 ans, qui conteste "formellement" les faits reprochés, doit comparaître notamment pour abus de confiance, abus de biens sociaux et escroquerie. 

L'ancienne présidente de l'association et ex-femme de Pierre Botton, Anne-Valérie Noir, est jugée pour abus de confiance. 

Ancien homme d'affaires, Pierre Botton a été au cœur d'une retentissante affaire politico-financière au cours de la dernière décennie du XXe siècle. Il est alors le gendre et ex-directeur de campagne de Michel Noir, ministre RPR puis maire de Lyon.

En 1996, il est condamné en appel à 5 ans de prison dont 18 mois avec sursis pour abus de biens sociaux. Il passera 602 jours en prison.

Quelques années plus tard, il fonde une association - "Prisons du cœur" qui deviendra "Ensemble contre la récidive" - visant à améliorer les conditions de détention des condamnés à des peines de moins de cinq ans, hors crimes sexuels et crimes de sang.

"La prison a sauvé ma vie", déclare-t-il en 2011. "J'étais en train de me perdre, je n'avais qu'une valeur: réussir, être riche. J'aimerais aider un certain nombre de détenus à ne pas se perdre, à réussir leur vie."

Des groupes comme Axa, Vinci ou Schneider deviennent mécènes ; Michel Drucker ou Yannick Noah notamment participent à ses campagnes et M. Botton devient un interlocuteur des pouvoirs publics.

La ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie lui confie en 2010 une mission visant à atténuer le "choc carcéral" pour les détenus arrivant en prison. En 2012, il tente de lancer une prison expérimentale "sans grillage ni barbelé" dans le Jura ; c'est finalement un "centre de réinsertion" pilote qui ouvre en Isère.

Mais en janvier 2017, à la suite d'un signalement du service antiblanchiment du ministère des Finances, Tracfin, une enquête préliminaire est ouverte. Et en mai 2019, M. Botton est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris.

- "Enquête à charge" -

Une dizaine d'infractions lui sont reprochées, qui concernent l'association (aujourd'hui dissoute) et trois sociétés, selon des sources concordantes.

La société de M. Botton, baptisée "Au centre des projets", facturait des prestations de services à l'association, liées aux actions menées dans les prisons. Or, elles représentaient "54 à 61%" de la totalité des dons (privés) reçus par l'association, selon les enquêteurs.  

Au sein de cette société, M. Botton est soupçonné d'avoir, entre 2013 et 2017, fait passer des dépenses personnelles pour des dépenses professionnelles: loyers et travaux dans une villa à Cannes et dans son logement parisien, voyages, frais de restauration et d'hôtellerie de luxe... 

Des mouvements de fonds au sein d'une autre société de droit suisse et dans une société civile immobilière (SCI) sont aussi en cause. Les montants se chiffrent en centaines de milliers d'euros.

M. Botton est par ailleurs renvoyé devant le tribunal pour une facture de 515.619 euros, qui aurait été présentée indûment à l'association en 2014.

Cette facture devait initialement être réglée par la Caisse des dépôts et consignations (CDC) mais n'a "jamais" été payée, a insisté auprès de l'AFP l'avocat de M. Botton. 

En 2016, un contrôle fiscal a validé "95%" des dépenses concernées, a affirmé Me Jérôme-Marc Bertrand, assurant que les frais imputés étaient bel et bien liés à des activités professionnelles. 

Il a regretté que l'enquête soit restée entre les mains du parquet et qu'une instruction n'ait pas été ouverte. "On a une enquête à charge du début à la fin, qui n'interroge pas les bonnes personnes, qui n'étudie pas les bonnes factures et surtout, qui garde des œillères jusqu'au bout."

L'avocate de Mme Noir, Me Odile Garlin-Ferrard, a également déploré que le dossier n'ait pas été confié à un juge et que des confrontations n'aient pas été organisées.

Le procès doit se tenir sur quatre demi-journées, les 26 février, 2, 3 et 4 mars.

AFP24/02/2020
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