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L’industrie mondiale du diamant est confrontée à une crise sans précédent, marquée par la chute des revenus, l’arrêt des opérations et des préoccupations croissantes quant à la pertinence culturelle et économique des diamants. Si certains analystes pensent que ce ralentissement est cyclique, d’autres estiment qu’il est le signe d’un changement fondamental dans les fondements de l’industrie
De Beers, le plus grand producteur de diamants au monde, fait face à une baisse de 44 pour cent de ses revenus et se retrouve avec des milliards de dollars de stocks invendus. Cette crise a des conséquences profondes pour tous les pays producteurs de diamants. Le Botswana, par exemple, cherche des canaux de vente alternatifs pour ses diamants et a annoncé par l’intermédiaire de la Okavango Diamond Company (ODC) qu’elle commencera à vendre des diamants par contrat dès septembre, dans le cadre d’une stratégie plus large visant à diversifier ses canaux de vente. Parallèlement, le russe Alrosa fait face à d’importantes pertes de bénéfices en raison des sanctions qui frappent l’entreprise.
L’impact sur les petites entreprises
Les petites entreprises luttent également pour leur survie : Petra Diamonds a perdu son PDG et vendu des actifs, tandis que Lucapa, en Australie, s’est placée sous administration volontaire et que Koidu Limited, en Sierra Leone, a mis fin à ses activités. Même Lucara, une société connue pour ses records de production, est aujourd’hui confrontée à des incertitudes financières. Cela rapporte Mining.com.
L’entrepreneuse technologique Leanne Kemp affirme que le discours traditionnel de l’industrie du diamant sur la permanence, le romantisme et la rareté ne trouve plus d’écho auprès des consommateurs qui privilégient l’approvisionnement éthique, la durabilité et la transparence. Elle estime que l’avenir réside dans une origine vérifiable et des récits éthiques plutôt que dans la nostalgie.
Analyse du secteur et perspectives
Paul Zimnisky, analyste du secteur, propose un point de vue plus modéré, attribuant le ralentissement à la correction de la demande post-pandémique, à la récession du luxe en Chine et à l’essor des diamants cultivés en laboratoire. Il suggère qu’un relâchement de ces pressions pourrait conduire à une reprise de l’industrie, mais reconnaît que le sort de l’industrie dépend de sa capacité à raviver le désir de diamants naturels.
De Beers, autrefois synonyme de rareté fabriquée et d’image de marque agressive, est aujourd’hui à vendre. Sa décision de fermer sa marque de bijoux en diamants cultivés en laboratoire est le signe d’un retour aux sources et d’un regain d’intérêt pour les diamants naturels.
L’avenir de l’industrie du diamant
L’avenir de l’industrie du diamant reste incertain. Pour les pays fortement tributaires des revenus du diamant, tels que le Botswana, le Canada, la Namibie, l’Angola et la Russie, les enjeux sont importants. Zimnisky souligne que la narration et le marketing sont essentiels pour ce produit de luxe. L’ancienne ère des diamants s’achève et une nouvelle ère axée sur la transparence, l’éthique et la pertinence des valeurs modernes doit émerger.
https://fr.businessam.be/lindustrie-du-diamant-est-confrontee-a-une-crise-sans-precedent/
D’un côté, la nature. Elle met des millions d’années à faire remonter à la surface un diamant. Son extraction est coûteuse et cause des dommages durables à l’environnement. De l’autre, l’homme, capable de le produire en laboratoire, en quelques semaines, à moindre coût avec des conséquences environnementales réduites. Et il ne faut pas parler de pâles copies. Les diamants synthétiques ont la même structure carbonée que les diamants naturels et sont indiscernables de ces derniers à l’œil nu, même pour les spécialistes. Créée en 1954 par la société américaine General Electric, la production de diamants de synthèse a d’abord été destinée à un usage industriel, avant de véritablement décoller à partir des années 2010, portée par les avancées technologiques.
Un impact direct sur les prix du marché traditionnel
Désormais, ces pierres élevées en laboratoire ne se cantonnent plus à l'industrie : elles sont entrées en force sur le marché de la joaillerie. A priori, pour les acteurs traditionnels, il n’y a pas péril en la demeure. La production de diamants extraits se situe à environ 110 millions de carats, celle de diamants synthétiques oscille entre 6 et 7 millions, soit à peine 6% du marché, mais c’est un chiffre en hausse constante.
Les conséquences sont de deux ordres. Le prix ! À la différence de l’or, le diamant n’a pas de prix unifié faisant référence. Sa valeur repose sur quatre critères, les 4 C : la taille, la pureté, la teinte et le poids. Résultat, un diamant naturel d’un carat se vend entre 2 000 et 25 000 euros selon sa qualité. Un diamant de laboratoire, entre 800 et 2 500 euros, soit une différence de prix de 60 à 90%. Cette alternative plus abordable exerce une pression directe sur les prix des diamants naturels. Depuis 2016, ils ont perdu plus de 9% de leur valeur et leur production recule. Ce n’est pas un effondrement, mais le coup est rude pour le marché traditionnel.
Une demande croissante et de nouveaux débouchés
Alors, pourquoi pas encore plus ? Parce que l’arrivée massive du diamant de laboratoire a ouvert de nouveaux horizons. En joaillerie, c’est la fameuse bague de fiançailles. En Inde, pays le plus peuplé au monde, la demande s'est déplacée vers les diamants, devenus le choix le plus populaire. Mais c’est aussi le cas ailleurs. Le diamant a également renforcé ses usages. Ses propriétés exceptionnelles – dureté, conductivité thermique – en font un matériau clé pour l’industrie : outils de coupe, meules abrasives, électronique de pointe… Le diamant synthétique s’impose. Il trouve même sa place en biotechnologie et en médecine, notamment comme semi-conducteur ou pour des applications médicales de haute précision. Le diamant élevé en culture est donc, pour partie, encore une offre complémentaire plus que concurrente, mais pour combien de temps ? Le mouvement est en marche.
Un séisme pour les pays producteurs de diamants naturels
Surtout, cette transformation redessine la géographie de l’offre. Excepté le Canada et la Russie, l’offre de diamant naturel se situe quasi exclusivement en Afrique : Botswana, Angola, République démocratique du Congo, Afrique du Sud, Namibie. C’est une source d’activité, d’emplois et de devises vitale, même si, il ne faut pas être naïf, elle est bien souvent source de corruption. Au Botswana, les ventes de diamants représentent 80% des exportations, 50% des recettes publiques et 30% du PIB. Le développement du diamant de laboratoire est un cataclysme pour tous ces pays souvent fragiles, car l’offre de diamants synthétiques se situe ailleurs, en Chine, aux États-Unis, en Inde, plus proche de la demande.
Les diamants synthétiques ont transformé le paysage de l’industrie du diamant, offrant des alternatives plus abordables et potentiellement plus éthiques aux consommateurs, mais cela s’est fait au prix de la fragilisation extrême de certains des pays les moins favorisés.
Alexandre Mirlicourtois
Publié le jeudi 13 mars 2025
https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-Quand-les-diamants-de-synthese-vont-destabiliser-les-marches
Le poinçon est une gravure ou un creux permettant de reconnaître la teneur en or contenue dans un objet (bijoux, montres, etc.). Concernant l’or, on distingue 5 poinçons différents...
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