La tuberculose n'est pas de retour, elle n'a jamais été éradiquée..

Publié le par ottolilienthal

On pensait s'être débarrassé de l'infection la plus mortelle au monde: elle fait pourtant son grand retour....

Longtemps considérée comme éradiquée, la tuberculose progresse de nouveau sur fond de désengagement sanitaire et de fractures sociales.

Longtemps considérée comme un vestige du passé, la tuberculose –une maladie responsable de plus d'un milliard de morts dans l'histoire– semblait avoir disparu des radars sanitaires, tout du moins dans les pays développés. À tel point que les États-Unis avaient réduit le financement de leurs programmes de lutte. Pourtant voilà: elle refait surface. Le nombre de cas augmente de nouveau aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans plusieurs régions du monde. Comment expliquer le retour de cette infection qu'on croyait presque oubliée?

La tuberculose est causée par la bactérie Mycobacterium tuberculosis, un microbe qui s'attaque le plus souvent aux poumons, mais peut infecter d'autres organes. Très contagieuse, elle se transmet par de minuscules gouttelettes projetées dans l'air lorsqu'une personne infectée tousse ou éternue. Ses symptômes les plus courants sont une toux persistante et des douleurs thoraciques, mais certaines personnes ne présentent aucun signe apparent. Si la maladie se soigne généralement par antibiotiques, elle peut devenir mortelle en l'absence de traitement –et certaines souches sont désormais résistantes aux médicaments.

Selon le site IFL Science, la pandémie de Covid‑19 a joué un rôle majeur dans cette résurgence. Pendant que les hôpitaux et les systèmes de santé concentraient leurs efforts sur le coronavirus, d'autres maladies infectieuses ont été délaissées. La détection et le suivi des patients ont reculé dans de nombreux pays. Ce relâchement mondial a laissé le champ libre à la bactérie, déjà bien implantée dans certains foyers de pauvreté.

L'Afrique et l'Asie du Sud‑Est touchées

Car la tuberculose reste avant tout une «maladie des pauvres». La malnutrition, la promiscuité et le manque d'accès aux soins créent des conditions idéales pour sa propagation. Dans un contexte de baisse du niveau de vie et d'inégalités croissantes, la maladie retrouve donc un terrain fertile, jusque dans les pays riches.

«Pendant des années, un financement international soutenu a permis de freiner l'incidence et la mortalité de la tuberculose dans les zones les plus touchées, rappelle Leonardo Martinez, professeur adjoint d'épidémiologie à l'Université de Boston. Mais la menace reste entière: les conséquences les plus graves touchent l'Afrique et l'Asie du Sud‑Est, là où le VIH et la tuberculose se propagent conjointement et où les systèmes de santé dépendent de l'aide extérieure».

Dans un monde globalisé, la géographie ne protège plus personne: les bactéries voyagent librement. «En matière de santé mondiale, il n'y a pas de “eux”, il n'y a que “nous”», disait le regretté médecin humanitaire et anthropologue Paul Farmer. Une phrase qui résonne aujourd'hui plus que jamais.

En 2025, l'administration Trump a drastiquement réduit les budgets dédiés à l'aide humanitaire et à la santé mondiale. Une étude menée par des chercheurs de Harvard et de Boston a estimé que ces réductions pourraient entraîner 2,5 millions de cas supplémentaires de tuberculose pédiatrique d'ici à dix ans et environ 340.000 décès d'enfants. Si Washington se retirait totalement du Fonds mondial, ces chiffres pourraient grimper jusqu'à près de 9 millions de cas et 1,5 million de morts.

Le retour de la tuberculose n'est donc pas une fatalité biologique. Il est avant tout le reflet de nos choix politiques et sociaux. Les frontières ne suffisent pas à retenir une bactérie, seule la solidarité internationale peut la contenir.

Lucas Déprez-Rose

https://www.slate.fr/sante/debarrasse-infection-mortelle-monde-tuberculose-retour-etats-unis-afrique-asie-aide-humanitaire-traitement-soins?utm_campaign=la-quotidienne&utm_medium=email&utm_edition=202603300400&utm_source=newsletter

 

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L’OMS met en garde contre l’impact des coupes budgétaires sur la prise en charge de la tuberculose en Europe...

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle à une action immédiate pour protéger les services de lutte contre la tuberculose dans le monde entier, car les réductions de financement menacent des années de progrès dans la lutte contre cette maladie mortelle. Malgré des avancées significatives qui ont permis de sauver environ 79 millions de vies depuis 2000, les efforts mondiaux sont aujourd’hui confrontés à de sérieux revers en raison d’une réduction drastique des fonds alloués à la santé. Cette perturbation est particulièrement prononcée dans la région africaine de l’OMS, suivie par les régions de l’Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental, où les pays sont confrontés à des pénuries critiques de ressources humaines, de services de diagnostic et de systèmes de collecte de données.

Les conséquences de ces réductions de financement sont dévastatrices, entraînant des retards de diagnostic, une augmentation des risques de transmission et un effondrement des services essentiels de lutte contre la tuberculose. En outre, les chaînes d’achat et d’approvisionnement des médicaments antituberculeux sont défaillantes dans de nombreux pays, ce qui compromet les résultats pour les patients. Cette situation exacerbe une crise de sous-financement déjà existante ; en 2023, seuls 26 pour cent des 22 milliards de dollars annuels nécessaires à la prévention et aux soins de la tuberculose étaient disponibles.

Action coordonnée contre la réduction des soins aux tuberculeux

Pour faire face à ce problème urgent, l’OMS appelle à une action immédiate et coordonnée de la part des gouvernements, des responsables de la santé mondiale, des donateurs et des décideurs. Il s’agit notamment d’assurer un financement national durable pour garantir un accès équitable à la prévention et aux soins de la tuberculose, de préserver les services essentiels et de mettre en place des plateformes de collaboration nationale solides pour relever les défis collectivement. En outre, l’OMS insiste sur la nécessité de renforcer les systèmes de suivi afin de détecter rapidement les perturbations et d’évaluer l’impact de ces coupes en temps réel.

Dans le cadre de sa stratégie de lutte contre les contraintes croissantes en matière de ressources, l’OMS préconise l’intégration de la tuberculose et de la santé respiratoire dans les systèmes de soins de santé primaires. Cette approche intégrée favorise une stratégie unifiée de lutte contre les facteurs de risque communs tels que le surpeuplement, le tabagisme, la malnutrition et les polluants environnementaux.

Protéger des vies grâce à la coopération mondiale

En s’attaquant à la tuberculose en même temps qu’à d’autres problèmes de santé dans une optique globale, l’OMS vise à renforcer la riposte mondiale et à obtenir des améliorations durables des résultats sanitaires. En cette Journée mondiale de la tuberculose, l’OMS exhorte chacun – individus, communautés, sociétés, donateurs et gouvernements – à contribuer à l’éradication de la tuberculose. Une action concertée de toutes les parties prenantes est essentielle pour éviter de nouveaux revers, protéger des vies et garantir la sécurité sanitaire mondiale.

https://fr.businessam.be/loms-met-en-garde-contre-les-risques-de-reduction-des-soins-aux-tuberculeux/

Un cluster local de tuberculose est sous surveillance depuis quatre ans...
Non, la tuberculose n’a pas disparu, malgré les vaccins et les antibiotiques. L’infection connaît même un léger rebond dans le Haut-Bugey ces dernières années, suivi de près par les autorités sanitaires. Dans le monde, elle tue encore à très grande échelle
 
Maladie infectieuse la plus mortelle au monde avant l’émergence du Covid-19, la tuberculose n’a cessé de reculer en France depuis 50 ans, à la faveur de la couverture vaccinale et de traitements antibiotiques. Mais elle n’a pas disparu (lire par ailleurs). Il n’y a pas besoin d’aller bien loin pour observer ses résurgences : depuis 2020, un cluster est sous surveillance dans le Haut-Bugey.
 

Premiers cas en 2017

La détection locale des premiers cas remonte à 2017. « Mais il n’y a pas non plus eu de flambée » tempère le Dr Caroline Tatai, infectiologue chargée du suivi de la maladie dans l’Ain. « Oui, la tuberculose existe, elle est toujours là. Oui, elle est présente dans le haut Bugey. Mais elle l’est partout », rappelle-t-elle.

 

 

https://www.leprogres.fr/sante/2024/03/27/un-cluster-local-de-tuberculose-est-sous-surveillance-depuis-quatre-ans

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Grâce à un dépistage récent, les autorités sanitaires ont pu diagnostiquer une vingtaine de cas de tuberculose en Seine Saint-Denis. Comment expliquer la résurgence et la propagation de cette maladie?

Atlantico : Y a-t-il matière à s’inquiéter lorsque l’on découvre une vingtaine de cas d’une maladie assez contagieuse comme la tuberculose ?

François Bricaire : On doit considérer que c’est un problème important. C’est une maladie contagieuse, présente partout dans le monde, et même dans un pays comme la France. Et il suffit qu’il y ait des conditions de vie dégradées pour qu’un malade tuberculeux en contamine d’autres.

 

Y a-t-il en général une recrudescence de cas ?

Non, mais il y a actuellement toujours nombre de cas de tuberculose, et en particulier en Ile-de-France et à Paris. C’est dû au fait qu’il y a une population importante, avec une présence forte immigrés qui viennent de pays où la tuberculose sévit, et en outre le fait que des foyers y sont en mauvaises conditions d’alimentation, d’habitat, de moyens de subsistance, peut-être un peu plus qu’ailleurs.

Les facteurs sociaux (pauvreté, malnutrition, hygiène… ) jouent donc un rôle déterminant ?

Oui, c’est connu depuis longtemps. Tout ce qui collabore à détériorer l’hygiène mais surtout l’alimentation, les conditions de vie, et même l’aspect psychologique. Les personnes en difficulté psychologique sont beaucoup plus sensibles à l’apparition d’une tuberculose.

L’aspect psychologique ?

Oui, ceux qui ont une existence difficile, voire malheureuse, sont dans un état plus propice à l’apparition d’une tuberculose. Laennec, qui s’est occupé de tuberculose (il en est d’ailleurs décédé), écrivait qu’il voyait beaucoup de pathologies tuberculeuses chez les jeunes filles de bonne famille qui s’ennuyaient. Et cet élément d’ennui, qui aboutissait à les faire déprimer, favorisait l’apparition de la tuberculose.

Plus clairement, quelqu’un au chômage et souffrant de mauvaise alimentation ou bénéficiant d’une hygiène insuffisante, aura plus de risques d’attraper la tuberculose ?

Absolument. Ce sont malheureusement les conditions favorables à l’éclosion d’un foyer tuberculeux.

 

De manière plus générale, peut-on assister réellement à un retour, dans nos sociétés occidentales, de maladies dites « anciennes », qu’on pensait avoir éradiquées ?

Ce n’est pas impossible, d’abord parce qu’il existe un aspect décrit depuis longtemps : le caractère parfois cyclique des maladies infectieuses. En outre on contrôle ces maladies par divers moyens, et si ces moyens se relâchent, alors ces maladies peuvent réapparaître. L’un de ces moyens est la vaccination. Quand on lâche la vaccination antidiphtérique, ce qui n’a jamais été fait en France, mais dans d’autres pays, on voit réapparaître la diphtérie. Dans le cas de la tuberculose, la paupérisation dans le monde ne peut être qu’un facteur favorable à voir le nombre de tuberculeux augmenter, si on ne prend pas des mesures par ailleurs pour éviter qu’elle ne s’exprime.

 

Justement, en parlant de vaccination, le vaccin par le BCG contre la tuberculose n’est plus obligatoire. Comment expliquer cet « abandon » partiel ?

Ce vaccin n’est pas parfait, c’est-à-dire qu’il n’assure pas une protection de très haute qualité ou absolue. C’est la raison pour laquelle il a été discuté, contesté, et surtout hors de France. Des pays ont décidé d’abandonner le BCG, d’autres ne le font d’ailleurs pas du tout. Ainsi, à la lumière d’études, de réflexions nationales et internationales, la France a décidé d’alléger le système, de considérer que lorsqu’il y avait un risque faible, dans la population, de voir survenir une infection tuberculeuse, on ne rendait plus obligatoire son vaccin. En France, l’obligation qui a été lâchée est néanmoins assortie de mesures complémentaires où la vaccination est vivement conseillée, et où elle doit être exécutée dans les zones à haute prévalence de tuberculose, comme justement l’Ile-de France, une zone où habitent de nombreux immigrés d’Afrique, d’Asie, et d’autres pays européens…

 

Ces maladies existant depuis longtemps évoluent, changent ?

La tuberculose n’a jamais été éradiquée. Elle a baissé, elle est partiellement contrôlée. Des maladies ont été éradiquées : la variole, la poliomyélite sans doute un jour. La tuberculose, non. Elle a été diminuée dans certains pays, mais elle remonte avec l’apparition du SIDA, les facteurs de paupérisation… Elle est un sujet de préoccupation, pour certaines zones géographiques de France qui sont à haut risque, dont l’Ile de France et certains départements d’Outre-Mer.

C’est une maladie difficile à contrôler, s’il y a un problème, d’autant plus que certains bacilles tuberculeux deviennent parfois moins sensibles ou plus résistants aux antibiotiques.

 

23 septembre 2011

 

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