Allemagne...
L'aveu terrible du patron de Volkswagen...
La situation de Volkswagen est «plus que critique», admet son PDG, Oliver Blume, qui envisage des suppressions massives d’emplois.
Le patron de Volkswagen, Oliver Blume, a prévenu dimanche que le groupe était dans une situation «plus que critique» avant plusieurs réunions avec le personnel au cours desquelles il doit défendre des plans d’économies du géant de la construction automobile.
Dans une interview publiée sur l’intranet de l’entreprise, Oliver Blume a souligné que Volkswagen et l’ensemble de l’industrie automobile allemande traversaient «la plus grande tourmente de leur histoire», en raison d’une conjoncture mondiale défavorable et de la concurrence chinoise.
Le constructeur automobile envisage des suppressions massives d’emplois et dans les prochains jours, M. Blume doit participer à des réunions avec les représentants du personnel au siège de Volkswagen à Wolfsburg et sur ses sites de Zwickau et Emden pour faire une mise à jour des plans de l’entreprise.
«Nous ne voyons actuellement aucun moyen pour que les usines d’Emden, Hanovre, Zwickau et Neckarsulm restent rentables dans les années 2030»
Le PDG du géant automobile a indiqué qu’aucune décision n’avait été prise concernant la fermeture d’usines. Mais «nous ne voyons actuellement aucun moyen pour que les usines d’Emden, Hanovre, Zwickau et Neckarsulm restent rentables dans les années 2030», a-t-il prévenu.
Le plus grand constructeur automobile européen est également confronté au défi que représente la surproduction de 500'000 véhicules par an en Europe. La fermeture d’usines serait toujours «la dernière solution, et la plus coûteuse», a souligné Olivier Blume.
Des «solutions industrielles» à l'étude
Pour ce qui concerne les sites où la production de voitures deviendrait non rentable, Volkswagen explore d’autres «solutions industrielles», a indiqué le patron du constructeur, évoquant des discussions avancées avec des entreprises de l’industrie de la défense pour l’utilisation de son usine d’Osnabrück.
Il a averti que la situation de Volkswagen était «plus que critique» et affirmé que le niveau actuel de bénéfices de l’entreprise n’était pas suffisant pour garantir qu’elle «ait les moyens à long terme pour les nouvelles technologies, de nouveaux produits et ses sites».
Outre la concurrence avec la Chine, Oliver Blume a cité, parmi les principaux défis auxquels fait face l’entreprise, «les tarifs douaniers américains, la guerre au Moyen-Orient et le poids des réglementations».
Plan d'économie en stand-by
À la question de savoir si une amélioration pouvait être espérée, il a répondu: «Au contraire, nous devons nous attendre à ce que les risques s’aggravent dans le monde entier.»
En juillet, Oliver Blume avait présenté des plans d’économies au conseil de surveillance de Volkswagen, mais aucune décision n’avait été prise. Les médias allemands avaient rapporté à l’époque que le gouvernement du Land de Basse-Saxe, qui est un actionnaire majeur du groupe Volkswagen et détient 20% des droits de vote, avait refusé d’approuver ces plans.
Nouvelle gifle
Le groupe a déjà approuvé la suppression de 50'000 emplois. Selon le PDG, des accords ont déjà été conclus avec 37'000 employés dans ce cadre. «Nous ne pouvons réussir que si tout le monde soutient ce plan», a-t-il affirmé.
La présidente du puissant syndicat IG Metall, Christiane Benner, a critiqué vendredi la direction et averti que les salariés résisteraient à la fermeture d’usines. «Les travailleurs de Volkswagen ont déjà dû accepter des coupes lourdes et douloureuses et maintenant ils reçoivent une nouvelle gifle», a déclaré Christiane Benner à l’hebdomadaire «Wirtschaftswoche».
AFP 23 08 26
https://www.20min.ch/fr/story/automobile-la-situation-de-volkswagen-est-plus-que-critique-admet-son-pdg-103621557
« L’Allemagne [et le Royaume-Uni] ont abordé l’énergie comme un projet politique. L’*Energiewende* — la transition énergétique — a été présentée comme un impératif moral, un moyen de « sauver la planète » en abandonnant le nucléaire et les combustibles fossiles. Or, la thermodynamique ne se plie pas aux impératifs moraux ; elle obéit aux lois de la physique. Et la loi physique est claire : on ne peut pas alimenter une puissance industrielle avec des sources intermittentes sans une capacité de secours fiable garantissant l’approvisionnement lorsque le soleil ne brille pas et que le vent ne souffle pas…
La leçon à en tirer n’est pas que les énergies renouvelables constituent le problème. La leçon est que démanteler des infrastructures fiables avant de les avoir remplacées engendre dépendance, hausse des coûts et vulnérabilité industrielle. L’énergie ne relève pas de l’idéologie. Elle constitue le métabolisme de la civilisation… »
Alors même que nous subissons la chaleur de l’été le plus chaud jamais enregistré, les nuages gris d’un hiver difficile se profilent déjà à l’horizon… un hiver assombri par la perte massive d’approvisionnement en combustibles en provenance du golfe Persique et par les sanctions auto-infligées à l’encontre de la Russie. Pendant des années, la classe politique s’est empressée de souligner les rares jours où l’éolien et le solaire parvenaient à satisfaire notre demande d’électricité, tout en ignorant les 60 % du temps où nous dépendons d’un mix de production nucléaire et gazière. Mais cet hiver, nous pourrions bien découvrir ce qui se passe lorsque nous ne disposons plus que de l’éolien et du solaire… et si nos infrastructures de réseau vieillissantes sont à la hauteur du défi.
Moisés R. Hernández, Tim Watkins
Une grave sécheresse menace la production industrielle allemande, car la baisse du niveau des eaux du Rhin entrave les voies de navigation essentielles. Selon Fabian Spiess, du BDB, la principale organisation professionnelle de la navigation intérieure, la faible profondeur des eaux oblige les navires à transporter des chargements plus légers, ce qui entraîne une hausse des frais de transport.
Cette crise logistique affecte directement de grandes entreprises telles que BASF et Thyssenkrupp, qui dépendent toutes deux des barges pour acheminer des matières premières essentielles comme les produits chimiques, le pétrole brut et le charbon.
Répercussions sur les entreprises
L’impact opérationnel est déjà manifeste. Thyssenkrupp a été contrainte d’abandonner son système interne de pousseurs sur son site de Duisbourg au profit de navires externes capables de naviguer dans des eaux peu profondes. De même, BASF a dû déployer une flotte plus importante de navires pour compenser la capacité réduite de chaque navire.
Martin Ademmer, de Bloomberg Economics, a fait remarquer que, même si les entreprises sont peut-être plus résilientes que les années précédentes, une nouvelle période de sécheresse prolongée pourrait étouffer la fragile reprise du secteur manufacturier qui a suivi la précédente crise énergétique.
Contres-courants économiques
La reprise économique générale de l’Allemagne, que le gouvernement a cherché à stimuler par des investissements dans les infrastructures et les dépenses de défense, est déjà confrontée à d’importants contre-courants. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont déjà conduit Berlin à revoir à la baisse ses prévisions de croissance pour 2026, à 0,5 pour cent.
Les données historiques de l’Institut de Kiel pour l’économie mondiale soulignent la gravité du risque, en rappelant qu’une sécheresse similaire en 2018 avait réduit la production nationale d’environ 0,4 pour cent.
Problèmes dans la chaîne d’approvisionnement
Les défis actuels sont exacerbés par un manque d’options de transport alternatives. Marc Schattenberg, économiste à la Deutsche Bank AG, a souligné que les axes ferroviaires de fret essentiels longeant la rive droite du fleuve sont actuellement fermés pour cause d’entretien.
Il a averti que les goulets d’étranglement dans la chaîne d’approvisionnement, survenant dans un contexte d’instabilité géopolitique, pourraient entraver les récents signes de stabilisation de l’industrie manufacturière, bien que l’impact exact sur le PIB reste difficile à quantifier tant que la crise ne s’aggrave pas
Pressions inflationnistes
Des inquiétudes existent également quant à l’impact inflationniste de ces perturbations. Isabel Schnabel, de la Banque centrale européenne, a souligné que l’état du Rhin pouvait constituer un facteur potentiel de hausse soutenue des prix. Si l’analyste Daniel Hartmann, de Bantleon AG, estime que le niveau du fleuve à lui seul ne ferait augmenter l’inflation que de 0,2 point de pourcentage, il a toutefois averti que l’effet combiné de la sécheresse — notamment la hausse des coûts alimentaires — pourrait créer un fardeau économique plus important. (fc)
https://fr.businessam.be/la-secheresse-sur-le-rhin-menace-la-production-industrielle-allemande/
L'Allemagne s'effondrera avant la France....
D'abord la chute de son industrie automobile, comme je le dis depuis deux ans, puis le reste suivra. Le modèle de cogestion tant vanté va voler en éclats. Il n'y aura plus de consensus, et si l'AfD remporte effectivement les élections (déjà des élections régionales en septembre 2026, puis au printemps 2027, en même temps qu'en France : autant de tests), c'est la fin possible de l'UE d'ici 2029, si elle remporte également les élections fédérales, ce qui est plausible, voire probable.
Starmer hors jeu, Macron inéligible, Merz sur la sellette… on comprend la panique de la Commission. Elle entrevoit la fin de son monde. Et cela l'effraie, car cela s'accompagnera de la colère populaire, qui se déchaînera.
(avis sur blog Tverberg, 02 07 26)
Le 23 juin 2026, Friedrich Merz déclarait devant les industriels que l’Allemagne perdait chaque jour entre 300 et 500 emplois. Quelques jours plus tard, Volkswagen envisageait de nouvelles dizaines de milliers de suppressions de postes.
Lire ces événements comme de simples accidents conjoncturels serait manquer l’essentiel, car ils procèdent d’une même erreur intellectuelle. Pendant vingt ans, l’Allemagne a cru se protéger en limitant la dette.
La cinglante réalité est qu’elle ne l’a pas supprimée : elle l’a déplacée hors de ses comptes.
La dette qui ne figure dans aucun bilan
En effet, cette dette s’est accumulée dans ses voies ferrées mal entretenues, dans ses ponts vieillissants, dans ses réseaux numériques retardataires, dans son énergie trop chère, dans ses écoles dégradées, dans ses usines insuffisamment préparées au basculement technologique. Elle ne figure pas dans les statistiques de Maastricht ni dans les ratios de dette publique.
Elle a beau être cachée – et dans le passé savamment dissimulée- la dette allemande se rembourse en pertes de productivité, en faillites, en emplois détruits et, finalement, en déclassement.
Car un État peut bel et bien réduire son déficit tout en détériorant son bilan réel composé d’infrastructures, de capital humain, de sécurité énergétique, de capacités industrielles.
L’Allemagne a contenu son passif financier tout en laissant dépérir son actif collectif.
Quand la crédibilité devient rigidité
Adopté en 2009, le frein constitutionnel à l’endettement répondait à l’époque à une exigence de crédibilité et entendait discipliner la dépense, garantir la soutenabilité des finances publiques, signaler que l’Allemagne ne financerait pas ses faiblesses par la fuite budgétaire.
Incontestablement, cette discipline a consolidé la confiance et a conféré à Berlin une autorité particulière en Europe.
Hélas, un instrument de crédibilité devient vite un instrument d’aveuglement s’il est maintenu envers et contre tout après la disparition du cycle qui l’avait justifié.
En définitive, la Schuldenbremse a traité de la même manière la dépense courante et l’investissement d’avenir, confondu dette improductive et dette de reconstruction, prudence et immobilisme. Adoptée pour empêcher l’État de vivre au-dessus de ses moyens, elle l’a conduit à vivre au-dessous de ses besoins.
Les instituts IW et IMK évaluent ainsi à près de 600 milliards d’euros sur dix ans l’effort d’investissement public supplémentaire nécessaire pour moderniser les infrastructures, renforcer l’éducation et les communes, mener la décarbonation. Simplement le prix de ce qui ne fut pas entrepris hier.
Une politique de sous-maintenance nationale
À cet égard, la paralysie ferroviaire du 23 juin en dépeint l’image dramatique. Cette Allemagne qui avait fait de la ponctualité une composante de son identité économique dépend désormais d’équipements de communication vieillissants et d’un réseau qui accumule retards, pannes et travaux différés.
L’Allemagne a consommé le capital public des générations précédentes en célébrant la sobriété de ses comptes. Pour solde, sa rigueur budgétaire aura fonctionné comme une politique de sous-maintenance nationale.
Le mur démographique
Cette dette invisible allemande n’est pas seulement faite de béton, de rails et de câbles, car elle est aussi démographique. Le chiffre a de quoi interloquer : un quart de la population allemande aura 67 ans ou plus en 2035. Le pays devra financer davantage de dépenses de retraite, de santé et de dépendance avec une base de cotisants plus étroite, au moment même où il lui faut reconstruire son appareil productif.
En Allemagne, les investissements du futur entrent dès à présent en concurrence avec les engagements sociaux du passé.
Car telle est la véritable dette intergénérationnelle : des actifs moins nombreux devront réparer les infrastructures, financer les pensions et soutenir la transition industrielle. Or, différer aujourd’hui l’investissement au nom du vieillissement ne fera qu’affaiblir la richesse censée payer les retraites de demain.
Que finance la dette ?
En somme, le problème allemand réside dans l’incapacité à hiérarchiser des obligations devenues simultanées : réindustrialiser, investir, décarboner, réarmer le pays, financer son vieillissement. Emprunter pour entretenir une infrastructure, financer une capacité énergétique ou soutenir une mutation industrielle n’est pas comparable à emprunter pour préserver une rente ou différer une réforme.
Enfin, l’obsession du montant de la dette a fait oublier la question décisive : que finance-t-elle ?
Les États modernes mesurent la dette financière avec une précision obsessionnelle. En revanche, ils semblent passer à côté de celle qu’ils contractent en renonçant à entretenir leur capital collectif.
Car l’Allemagne ne s’est pas ruinée en dépensant trop : elle s’est fragilisée en croyant qu’elle pouvait dépenser moins que ce qu’exigeait la conservation de sa puissance, tout en différant l’adaptation de son contrat social.
Voilà sa véritable crise : non pas une dette excessive, mais une somme de dettes niées.
Une puissance décline lorsqu’elle n’est plus en état d’arbitrer entre ce qu’elle doit préserver, réformer et financer.
Michel Santi 28 06 26
https://michelsanti.fr/dette-invisible/la-dette-cachee-de-lallemagne
Un rapport sectoriel récent fait état d’un pessimisme croissant parmi les équipementiers automobiles allemands, le nombre d’entreprises anticipant une détérioration de la conjoncture étant désormais supérieur à celui des entreprises tablant sur une croissance. Ce revirement d’humeur fait suite à un sondage réalisé en janvier, où l’optimisme l’emportait encore sur le pessimisme.
Facteurs du déclin
L’association professionnelle VDA attribue le ralentissement à la transition difficile vers la mobilité électrique, une évolution qui menace de supprimer jusqu’à 225 000 emplois. Les équipementiers sont en outre pénalisés par des coûts d’exploitation élevés et divers obstacles au commerce international. Selon l’enquête menée auprès de 116 entreprises, environ 33 pour cent prévoient une détérioration de la situation, tandis que seul un quart reste optimiste.
Les engagements financiers en Allemagne sont également en baisse, puisque près des deux tiers des fournisseurs ont soit annulé, soit reporté, soit délocalisé leurs investissements nationaux. L’Asie est apparue comme la principale bénéficiaire de cette fuite des capitaux, l’Amérique du Nord et d’autres États membres de l’UE enregistrant également des gains.
Crise du marché du travail
Les tendances de l’emploi dans le pays ont atteint un niveau critique. Plus de 50 pour cent des entreprises interrogées réduisent leurs effectifs en Allemagne, tandis que seulement 3 pour cent embauchent de nouveaux collaborateurs – le chiffre le plus bas enregistré depuis que la VDA a commencé à suivre ces données en juin 2024. Il est à noter que 44 pour cent des entreprises qui suppriment des emplois locaux augmentent leurs effectifs sur les marchés étrangers.
Attractivité industrielle
La présidente de la VDA, Hildegard Mueller, a qualifié les résultats de signe évident des difficultés rencontrées par l’Allemagne pour rester un pôle industriel attractif. L’association a souligné que les petites et moyennes entreprises sont particulièrement vulnérables aux réglementations strictes en matière de travail, aux lourdes contraintes administratives et à la flambée des salaires. De plus, l’instabilité au Moyen-Orient a exacerbé ces pressions, 46 pour cent des fournisseurs faisant état d’une augmentation de leurs dépenses en énergie, en carburant et en composants essentiels.
17 06 26
https://fr.businessam.be/le-pessimisme-gagne-du-terrain-dans-le-secteur-allemand-des-equipementiers-automobiles-des-emplois-et-des-investissements-sont-menaces/
La douleur d’un membre déjà perdu...
L’Allemagne souffre d’un Phantomschmerz, une douleur de membre fantôme. C’est le mot qu’emploient Sander Tordoir et Brad Setser dans leur rapport du 20 mai pour le Centre for European Reform : la douleur se ressent là où quelque chose de vital a déjà été perdu. Ce membre manquant, c’est la demande d’exportation, amputée par la pression chinoise sur la base industrielle allemande. Le diagnostic est exact, mais incomplet. La Chine a fourni l’arme ; c’est l’Allemagne qui a guidé sa main.
L’excédent commercial chinois avec l’UE atteint 113 milliards de dollars sur les quatre premiers mois de 2026, contre 91 un an plus tôt — près d’un milliard de déficit européen par jour. Autrefois exportatrice nette de biens d’équipement vers la Chine, l’Allemagne en est devenue importatrice nette. Nulle surprise : c’est le résultat de vingt ans de choix imposés par Berlin au continent.
Le 26 mai 2013, Angela Merkel recevait à Berlin le Premier ministre Li Keqiang, au moment où la Commission s’apprêtait à frapper les panneaux solaires chinois de droits de 47 %. La France et l’Italie soutenaient la mesure. Devant les caméras, Merkel promit que l’Allemagne ferait tout pour l’empêcher — et tint parole. La Commission céda ; l’industrie solaire européenne disparut.
Aujourd’hui, la Chine contrôle l’essentiel de la chaîne de valeur. Les constructeurs automobiles que Merkel protégeait des représailles chinoises sombrent : Volkswagen supprime des milliers de postes et songe à ouvrir ses lignes à des marques chinoises. L’industrie allemande sous-traite désormais sa propre substitution.
Le Wandel durch Handel, ce « changement par le commerce », tenait de la religion : l’interdépendance avec les autocraties finirait par les transformer. Berlin l’appliqua à la Russie via Nord Stream — on connaît le résultat — puis à la Chine, avec le même aveuglement. Et comme la politique commerciale est une compétence exclusive de l’Union, c’est toute l’industrie européenne qui se retrouve sur un siège éjectable chaque fois que Berlin bloque un tarif. L’Allemagne a privatisé les bénéfices de la mondialisation chinoise et socialisé ses coûts : un aléa moral à l’échelle d’un continent.
Souvenons-nous. Entre 2010 et 2015, la Grèce suffoquait. Schäuble répondit par l’austérité, la Bundesbank combattit l’OMT de Draghi, Karlsruhe le déclara suspect. Le PIB grec se contracta d’un quart. À mesure qu’Athènes étouffait, la BCE engrangeait 7,8 milliards d’euros de profits sur la seule dette grecque, dont la rétrocession fut différée et marchandée. Le message de Berlin était limpide : la BCE n’a qu’un mandat, la stabilité des prix. Point final.
Or voici ce que ce dogme refuse de voir. Selon Goldman Sachs, le yuan est sous-évalué de 12 % sur la mesure la plus directement commerciale, et jusqu’à 25 % une fois intégrés les écarts de productivité. La fourchette importe peu : même la borne basse dépasse ce qu’un droit de douane sectoriel peut compenser. Un euro fort face à un yuan comprimé taxe chaque exportation européenne et subventionne chaque importation chinoise. Y répondre par des tarifs, c’est éponger l’océan avec une serpillière.
Les grandes puissances exportatrices, elles, n’hésitent pas : la Chine pilote le yuan en flottement administré, la Suisse a tenu un plancher EUR/CHF de 2011 à 2015, le Japon est intervenu sur le yen en 2022. L’instrument existe pour l’euro — l’article 219 du Traité — mais il exige l’unanimité. Et nul n’a défendu avec plus de constance que Berlin l’idée qu’une monnaie ne sert qu’aux prix, jamais à l’industrie. Le levier n’est pas absent du droit européen : il est verrouillé par la doctrine allemande.
Accordons à l’orthodoxie ce qu’elle a de fondé. Affaiblir l’euro n’est pas gratuit : l’Europe paie son énergie en dollars, et une monnaie plus faible renchérit chaque baril. La rigueur allemande protège donc aussi un pouvoir d’achat réel. Mais l’objection se retourne : c’est cette même obsession qui a privé l’Europe de l’outil capable de corriger le déséquilibre à la racine, la condamnant à subir et l’inflation importée des crises énergétiques, et la déflation industrielle du choc chinois. En refusant l’arme du change, Berlin a perdu sur les deux tableaux.
Il y a une justice poétique — et terrible — à ce que l’Allemagne ait besoin, pour survivre, de tout ce que Schäuble, Weidmann et Merkel ont combattu. L’Europe finira par offrir ces instruments, car l’alternative est la désintégration. Mais Berlin doit regarder en face la leçon que cette crise lui administre.
La solidarité européenne n’a jamais été cette aumône que le fort concède au faible, révocable au gré de la conjoncture. Elle est une assurance mutuelle : on paie la prime quand on domine, pour y recourir quand on tombe. L’Allemagne qui a refusé sa prime vingt ans durant découvre qu’elle va devoir réclamer la couverture. Le 29 mai, les commissaires débattront de la Chine. La mutualisation refusée hier et exigée aujourd’hui n’est pas une contradiction : elle révèle la nature de l’assurance. La solidarité n’est pas morale, elle est fonctionnelle — et c’est bien pourquoi il est indécent de la refuser aux autres pour l’exiger pour soi.
Deutsche Bahn: perte nette aggravée et trains toujours plus en retard...
L’opérateur ferroviaire allemand a annoncé vendredi une perte nette alourdie en 2025, avec une ponctualité historiquement basse des trains longue distance qui ne s’améliorera pas en 2026, à cause de chantiers inédits pour rénover les infrastructures vétustes.
Contraint à une modernisation titanesque après des décennies d’inaction, le rail allemand a vécu une nouvelle année noire, marquée par le limogeage de son ex-patron en poste depuis 2017. Dans un communiqué, la Deutsche Bahn (DB) affiche sa troisième perte nette annuelle d’affilée, à 2,3 milliards d’euros, soit 500 millions d’euros de plus qu’en 2024.
Sujet d’énervement en Allemagne et de moqueries dans le monde entier, la ponctualité des trains a de nouveau été très mauvaise en 2025. 60,1% des trajets longue distance sont arrivés avec moins de six minutes de retard, contre 62,5% l’an dernier, à cause d’un «grand nombre de chantiers», selon l’entreprise. Pour 2026, l’objectif est de maintenir ce niveau de ponctualité, car des travaux sont prévus sur près de 28'000 sites, a déclaré Evelyn Palla, cheffe de la Deutsche Bahn.
https://www.20min.ch/fr/story/economie-rail-allemand-annee-noire-et-des-trains-toujours-plus-en-retard-103021435
L’éclatement de la guerre en Ukraine le 24 février 2022 aurait dû remettre la France, première puissance militaire de l’UE et seule puissance nucléaire le Royaume-Uni parti, au centre du jeu européen. Pour une raison simple. L’intuition gaullienne, qui innerve tout le rapport de la France au monde depuis l’acquisition d’une force de frappe nucléaire autonome, est la bonne : avant le marché, avant l’économie, la politique, c’est-à-dire la survie dans une société internationale fondamentalement hobbesienne, prime. Dure leçon pour les élites dirigeantes européennes - et même françaises – qui n’ont voulu regarder le monde qu’au travers du prisme de l’économie.
Pourtant, ce n’est pas sous l’égide naturelle de la France que la défense de l’Europe est en train de se construire. Par un retournement dont les thuriféraires du couple franco-allemand devraient méditer l’ironie, c’est l’Allemagne, qui au gré des renoncements français a pris le pouvoir dans l’UE depuis une quinzaine d’années, qui a commencé à structurer les questions de défense au feu de ses intérêts. Comment l’Allemagne, puissance civile depuis 1949, est-elle en passe de réussir ce tour de force ? Pour paraphraser Paul Valéry dans La conquête allemande (1897), avec «méthode», autour d’une série d’atouts.
Premier atout : l’industrie. L’Allemagne, dont l’on se plaît à Paris à souligner les difficultés, reste une formidable puissance industrielle. Rappelons ici qu’en 2024, son excédent commercial s’élevait à 243 milliards d’euros (à 6 milliards du record de 249 milliards en 2016 - Destatis). Le mouvement de transformation partielle de l’industrie allemande en industrie de défense est en marche. Avec ses champions comme Rheinemetall, qui annonce par exemple produire bientôt 1,5 million d’obus de 155 mm, plus que toute l’industrie américaine. S’il le faut en s’alliant avec des partenaires européens (l’italien Leonardo), ou extra-européens (l’américain Anduril, navire amiral de la convergence entre la tech et l’industrie de défense américaine).
Deuxième atout : la puissance financière. La remontée en puissance des budgets militaires européens, sous l’action brutale de Donald Trump, a été actée au sommet de La Haye du 25 juin 2025. Soit. Sauf que l’Allemagne n’est pas la France désargentée. Pendant les 15 ans qui ont suivi la crise Lehman Brothers de 2008, l’Allemagne, très critiquée en cela par la France, a maintenu ses finances publiques à flot en constitutionnalisation l’interdiction du déficit. Le résultat ? Avec une dette de 63% du PIB, monter à 100% – situation qui resterait meilleure que celle de la France dont les finances publiques ne sont plus sous contrôle – permettrait à l’Allemagne d’investir de l’ordre de 2000 milliards d’euros. Dit de manière simple : la fourmi allemande va utiliser dans la défense la puissance de frappe qu’elle a patiemment constituée pendant que la France travaillait 35 heures, embauchait des fonctionnaires, et refusait de reculer l’âge de la retraite.
Troisième atout : l’UE comme levier d’Archimède. La France, avec le fonds européen de défense et la création d’un commissaire européen à la défense, s’est enorgueillie d’avoir commencé à convertir l’UE à la dangerosité du monde. L’Allemagne, avec le zèle du nouveau converti, s’engouffre dans la brèche. Avec les personnes, puisque tant le Parlement européen (Manfred Weber) que la Commission (Ursula von der Leyen), et plus généralement l’UE dans son intégralité, n’ont jamais été aussi allemands. Avec les concepts aussi. L’ordo libéralisme, d’essence germanique, reste l’ADN de l’UE. L’Allemagne sait l’utiliser. Contre la France notamment. En combattant bec et ongles l’idée de préférence communautaire en matière d’armement soutenue en vain par la France. En poussant pour que les questions d’armement soient traitées au prisme des règles de marché. En militant pour un contrôle par la Commission – entendez par Berlin – des exportations d’armement. En un mot, en cassant l’équilibre bâti par la France entre des besoins opérationnels, une vision politique, des capacités industrielles.
Quatrième atout : l’Otan, au service des intérêts allemands. Au-delà des péripéties actuelles, le fait est que personne en Europe ne souhaite vraiment la fin de l’Otan. En revanche, l’Allemagne comprend qu’il est industriellement et commercialement vital pour la mue qu’elle veut effectuer de contrôler la définition des besoins capacitaires de l’Alliance. À cette fin, elle y place ses hommes. Plus encore. Elle se montre prête – comme la presse anglo-saxonne et une partie des dirigeants français qui demandent depuis des décennies que l’Allemagne endosse un rôle politique à la hauteur de sa puissance économique l’y poussent – à prendre le relais d’une Amérique obnubilée par la lutte avec la Chine pour l’hégémon. L’ambassadeur américain à l’Otan, Whittaker ne déclarait-il pas il y a quelques semaines qu’un allemand pourrait remplacer le traditionnel américain à la tête du commandement européen de l’Alliance (SACEUR) ?
L’OPA de l’Allemagne sur les questions de défense ne manque pas de maestria. Décomplexée dans un monde difficile, elle joue habilement de nos faiblesses pour défendre ses intérêts. L’essentiel est ailleurs. Il concerne la France bien sûr, incapable de construire sur ses atouts militaires bien réels pour endosser le rôle qui devrait être le sien, voire de défendre ses spécificités. Il concerne l’Europe plus généralement. Car si l’on considère la façon dont l’Allemagne a entraîné tous ses partenaires dans une transition énergétique ratée, l’on frémit des dégâts qu’elle pourrait faire au renforcement pourtant indispensable de la défense de l’Europe. Il serait temps à Paris de s’en rendre compte.
Le Figaro
Ancien haut fonctionnaire à la Commission européenne, Bruno Alomar a publié La Réforme ou l’insignifiance. Dix ans pour sauver l’Union européenne (Éditions de l’École de guerre, 2018).
L’année 2026 s’ouvre sur une vérité que plus personne ne parvient à dissimuler. Matrice industrielle du continent, socle de la prospérité européenne depuis trois décennies, l’Allemagne est entrée dans une récession structurelle. Le Financial Times l’a écrit noir sur blanc à la fin de 2025 : la première économie d’Europe ne retrouvera que péniblement son niveau d’avant le séisme 2020–2022 – cette Allemagne d’avant la pandémie et la guerre en Ukraine, adossée à une énergie bon marché, à des chaînes de valeur mondialisées et à une stabilité géopolitique aujourd’hui révolue
Ce n’est pas une parenthèse conjoncturelle. C’est un basculement de régime.
Mais attention, car c’est un modèle qui s’effondre. L’Allemagne ne souffre pas d’un déficit de compétences, ni d’une obsolescence technologique. L’Allemagne est victime d’un empilement de décisions politiques – allemandes et européennes – ayant méthodiquement sapé ses fondations productives. La question n’est plus de savoir si Berlin traverse une mauvaise passe, mais si l’Union européenne a organisé, par aveuglement idéologique, l’affaiblissement systémique de son cœur économique.
Les chiffres sont sans appel. En 2025, la production d’acier brut y a chuté d’environ 10 %. Des sites emblématiques ferment ou se vident de leur substance. Les géants de la sidérurgie invoquent tous des coûts énergétiques devenus incompatibles avec toute activité lourde. L’automobile, pilier du Mittelstand et vitrine du savoir-faire allemand, suit la même pente. De 5,6 millions de véhicules produits en 2017, l’Allemagne est tombée à un peu plus de 4 millions en 2025. La trajectoire 2026 glisse vers 3,4 millions.
Il ne s’agit pas de défendre un passé révolu, mais de rappeler une évidence matérielle. Une économie décarbonée exige plus d’acier, plus de cuivre, plus de chimie, plus de machines, plus d’infrastructures. On ne bâtit ni hydrogène, ni réseaux intelligents, ni batteries, ni éoliennes sur un désert industriel. La transition verte suppose une base productive robuste. Or, en 2026, l’Allemagne détruit plus de capacités qu’elle n’en crée.
La pathologie est importée : choc énergétique, incertitude géopolitique, inflation normative. Le moteur n’est pas grippé, mais son carburant lui a été retiré.
L’Allemagne porte évidemment sa part de responsabilité : sortie précipitée du nucléaire, illusion d’un gaz russe éternellement bon marché, inertie administrative chronique. Ces erreurs qui auraient pu être corrigées ont été figées, puis amplifiées par une architecture européenne devenue incapable d’arbitrer entre morale, géopolitique et survie économique.
La rupture avec la Russie après 2022 fut un tournant historique – qui pouvait se justifier moralement- mais qui fut gérée avec une légèreté sidérante. La destruction des pipelines Nord Stream – dont les responsabilités demeurent taboues – a scellé une dépendance durable au gaz liquéfié américain, structurellement plus cher. En 2026, l’industrie allemande paie toujours ce choc : énergie coûteuse, volatilité chronique, perte d’avantage comparatif.
Se superposé une transition verte pensée à Bruxelles comme une liturgie normative plutôt que comme une politique industrielle. Si les objectifs climatiques ne sont pas en cause, leur mise en œuvre est incontestablement dogmatique. Taxes carbone, normes environnementales, obligations de transformation s’empilent sans stratégie productive crédible. Les usines ferment plus vite qu’elles ne se transforment.
Fuite en avant assumée et incarnée par Ursula von der Leyen qui se décline en sanctions prolongées, en durcissement réglementaire, en centralisation stratégique. Les capitales suivent, Berlin en tête, en dépit d’une Allemagne – première puissance économique du continent- se comportant néanmoins en exécutant discipliné.
Le contraste est cruel : pendant que Washington, sous une administration Trump II ouvertement protectionniste, subventionne massivement son industrie, l’Europe contraint la sienne. Les entreprises allemandes investissent davantage au Texas qu’en Rhénanie.
Les conséquences ne sont plus abstraites. Collectivités exsangues, bassins industriels sinistrés, classes moyennes inquiètes. La colère politique enfle. En Rhénanie-du-Nord-Westphalie, bastion historique de la CDU, l’AfD dépasse les 25 %. À l’Est, elle est hégémonique. Chez les jeunes urbains, la radicalité bascule à gauche.
Pas un accident, car la désindustrialisation détruit plus que des emplois. Elle pulvérise le contrat social allemand fondé sur la stabilité, sur la compétence, sur la prospérité partagée. Les élites ouvrent un boulevard aux forces antisystème dès lors qu’elles expliquent que “la douleur est nécessaire” au nom d’objectifs abstraits. Une union promettant la prospérité et délivrant la décroissance ne conserve pas la loyauté de ses peuples. En affaiblissant son moteur, l’Union Européenne fragilise peut-être irrémédiablement son propre projet.
Fin 2025, le chancelier Friedrich Merz lance un plan d’investissements pouvant atteindre 500 milliards d’euros pour “sauver l’industrie”. Intention juste et louable. Las, ce plan bute sur l’architecture européenne elle-même. Sans assouplissement durable des règles budgétaires – règle d’or d’investissement, mutualisation partielle, rôle accru de la Banque européenne d’investissement – tout restera dans le registre du symbolique. L’Europe sait mobiliser des centaines de milliards pour stabiliser la finance, mais hésite à le faire pour sauver sa base productive.
Trois ruptures s’imposent.
Pragmatisme énergétique. Non pour renoncer au climat, mais pour hiérarchiser dans le temps. Sécuriser des sources abondantes et bon marché – nucléaire compris – afin de préserver l’appareil productif pendant la transition.
Désescalade stratégique. Non pour capituler face à Moscou ni abandonner l’Ukraine, mais pour reconnaître qu’on ne mène pas une guerre longue en sabotant sa propre base énergétique. L’autonomie n’est pas la morale ; elle en est la condition matérielle. La morale ne produit pas de kilowattheures.
Débureaucratisation. Non pour dissoudre l’Union, mais pour restituer au politique la primauté sur la norme, et substituer à la religion réglementaire une véritable politique industrielle.
L’illusion européenne ne s’arrête d’ailleurs pas à l’énergie russe. Elle se prolonge dans une dépendance croissante à la Chine pour les terres rares, les aimants permanents, les composants des batteries et des éoliennes. L’Europe prétend s’émanciper géopolitiquement tout en confiant à Pékin les nerfs de sa transition verte, mais remplace une vulnérabilité par une autre et confond vertu stratégique avec fragilité réelle.
L’Allemagne ne teste pas la patience de l’Europe : elle en révèle la faillite stratégique. Une union sacrifiant son cœur industriel sur l’autel de postures morales et de calculs géopolitiques mal maîtrisés se condamne à l’impuissance.
L’effondrement allemand n’est pas une fatalité, mais le produit de choix politiques.
La véritable raison du réarmement de l’Europe : l’effondrement industriel de l’Allemagne...
L’effondrement mondial se produit progressivement. L’Allemagne est la première touchée....
Ce schéma explique tout ce qui se passe en Europe. L'Allemagne tente d'éviter son effondrement industriel en augmentant sa production militaire et en entraînant toute l'Union européenne dans sa chute.
C'est une tentative désespérée, vouée à l'échec car l'Allemagne ne dispose plus des mêmes ressources fossiles que dans les années 1930, lorsque le gouvernement nazi avait utilisé la même stratégie pour sauver l'économie. Quoi qu'il en soit, cette tentative ruinera les citoyens européens, qui perdront les services publics qu'ils fournissaient auparavant, ainsi que leurs économies. (Image ci-dessus, tirée du blog d'Alex Krainer).
Que se passe-t-il avec l'Union européenne ? Elle était autrefois un groupe d'États raisonnablement attachés au bien-être de leurs citoyens, à la santé de l'environnement et à la paix dans le monde. Et puis, soudain, ses dirigeants se sont transformés en une bande de bellicistes fanatiques, prêts à dilapider les dernières richesses de leurs citoyens pour développer un appareil militaire colossal. Pourquoi ?
Tout cela s'inscrit dans une tendance qui a commencé à se dessiner il y a une cinquantaine d'années. Les premières estimations du rapport « Les Limites à la croissance » de 1972 prévoyaient une trajectoire pour le système industriel mondial impliquant un effondrement global au cours des premières décennies du XXIe siècle. La production industrielle s'est avérée être le premier élément à s'effondrer, rapidement suivie par la production alimentaire, puis par la population.
Une mise à jour récente du modèle a confirmé ces résultats et a calculé le début de l'effondrement industriel dans quelques années. Voir la figure ci-dessous, extraite d'un de mes articles récents sur l'effet Seneca.
L'effondrement mondial est le résultat de nombreux effondrements plus modestes qui se produisent progressivement à travers le monde. C'est un peu comme lors du naufrage du Titanic : presque tout le monde a fini par se noyer, mais pendant un certain temps, des gens dansaient encore sur les ponts supérieurs. On pourrait donc s'attendre à ce que certaines économies soient déjà en train de sombrer. Et, en effet, c'est le cas en Allemagne, comme le montre le graphique en début d'article. La production industrielle allemande s'effondre à une vitesse remarquable : une courbe de Sénèque typique. Une règle empirique pour les systèmes économiques en effondrement est que le déclin est environ trois fois plus rapide que la croissance. Et c'est précisément le cas pour l'Allemagne.
Bien sûr, l'effondrement industriel affecte fortement l'ensemble de l'économie allemande. Si vous souhaitez confirmer cet effondrement à l'aide de paramètres financiers, consultez le rendement des obligations d'État.
Krainer parle d'un « Armageddon obligataire » en Allemagne, ce qui est peut-être un peu exagéré. La situation s'est légèrement améliorée récemment, mais un effondrement reste un effondrement. Le gouvernement allemand tente de maintenir le système en marche en vendant des obligations moins chères et plus rémunératrices. C'est une pente glissante, un système de Ponzi en somme. Le véritable risque est budgétaire : si l'Allemagne s'enfonce dans une spirale de la dette, la Banque centrale européenne devra choisir entre sauver la dette allemande ou l'euro. Cela pourrait entraîner l'effondrement de toute l'Union européenne, probablement inévitable à présent.
Plusieurs autres indicateurs économiques, consultables sur « Trading Economics », confirment tous l'effondrement allemand en cours. Au passage, ne vous fiez pas à l'indicateur financier le plus courant, le produit intérieur brut (PIB). Il est désormais largement manipulé pour masquer son déclin. C'est comme compter les calories d'un soda et parler de nutrition.
Pourquoi l'Allemagne s'effondre-t-elle ? Si vous lisez les commentaires sur les réseaux sociaux, vous verrez que chacun y va de sa propre théorie. C'est parce que l'Allemagne a construit des éoliennes au lieu de centrales nucléaires, parce que le gouvernement allemand a laissé entrer trop de migrants, parce que quelqu'un a fait sauter le gazoduc North Stream, à cause de la pandémie de COVID-19, parce que Poutine est mauvais, à cause de l'idéologie woke, et autres raisons du même genre. La plupart de ces prétendues explications sont qualitatives et non étayées par des données. Par exemple, la transition énergétique en Allemagne a commencé bien avant le début de la crise. De même, la COVID-19 et la guerre en Ukraine ont débuté bien après le début de la crise allemande.
En réalité, une explication claire, facile à dégager des données, existe. Elle tient à la structure de l'économie allemande, fortement dépendante de la production industrielle et, en particulier, des exportations automobiles. Or, l'Allemagne n'était pas préparée à l'arrivée soudaine de la Chine sur le marché automobile. Voyez ce qui s'est passé (Source : Organisation internationale des constructeurs automobiles).
Vous voyez comment la Chine a écrasé tous les autres constructeurs automobiles. Ils ne pouvaient tout simplement pas rivaliser avec des voitures meilleures et moins chères. L'Allemagne en a particulièrement souffert, prise au dépourvu, s'obstinant à vendre des voitures obsolètes à moteur thermique. La Chine, en revanche, a misé tout sur les voitures électriques et remporte la bataille à l'échelle mondiale. Le désastre allemand est illustré ci-dessous.
L'effondrement allemand n'est pas uniquement dû à l'industrie automobile. Les voitures n'en ont été que le déclencheur. C'est tout le système qui est devenu incapable de fonctionner, en raison des multiples contraintes engendrées par la croissance : épuisement des ressources, pollution, pénurie d'énergie, bureaucratie, etc. L'effondrement devait bien commencer quelque part, et il a commencé par l'un des points faibles du système mondial : l'Allemagne. La ruine est rapide, comme le disait Sénèque.
De toute évidence, le gouvernement allemand ne peut rester les bras croisés face à la désintégration de l'économie du pays. Il tente d'appliquer la stratégie habituelle de tout gouvernement dans une telle situation. Si l'industrie automobile perd sa compétitivité sur le marché mondial, l'État prend le relais en tant que client et l'oriente vers la production d'équipements militaires. Et c'est précisément ce qu'il fait.
Dès leur arrivée au pouvoir, les nazis ont augmenté drastiquement les dépenses militaires, jusqu'à atteindre, une dizaine d'années plus tard, un montant cent fois supérieur à celui du début. À ce moment-là, près de 80 % du revenu national était consacré à l'armement. Une folie pure et simple, certes, mais c'est pourtant ce qui s'est passé. Les gouvernements sont des machines stupides et cruelles.
Il n'y a rien de spécifiquement nazi là-dedans. L'histoire nous apprend que les États confrontés à des difficultés économiques tentent de les résoudre par la force, la force militaire. Cela ne fonctionne jamais ; au contraire, cela ne fait qu'empirer les choses. Les Romains ont précipité leur chute en consacrant toutes leurs ressources aux légions et aux fortifications. L'Union soviétique a fait de même en essayant de contrôler l'Afghanistan. Et vous savez ce qui est arrivé à l'Allemagne sous le régime nazi. D'ailleurs, contraindre une économie à consacrer toutes ses ressources à l'effort militaire implique une répression brutale de toute dissidence, ce qui se produit actuellement en Allemagne. Et adieu la liberté d'expression ; ce phénomène n'est pas propre à l'Allemagne.
Ce désastre ne restera pas cantonné à l'Allemagne. Ses répercussions se font sentir dans tout le système européen. Après le Brexit, l'Allemagne a vu sa part de l'économie européenne s'accroître considérablement. Elle représente 24 % du PIB de l'UE et 26 % de sa production industrielle. On peut désormais affirmer, à juste titre, que l'Europe se résume à l'Allemagne et à quelques États membres. Hormis le Royaume-Uni, qui s'effondre en même temps que l'Allemagne, les autres composantes de l'Union ont, jusqu'à présent, mieux résisté à la crise car leur économie était moins dépendante des exportations automobiles. Mais leur situation reste préoccupante
Voilà pourquoi l'Union européenne se lance dans l'idée insensée du « réarmement de l'Europe », une voie typique empruntée par les États et empires en déclin. Avant de s'effondrer complètement, ils s'efforcent généralement de renforcer leur puissance militaire, tentant désespérément d'utiliser la force pour éviter l'inévitable.
Comme l'écrit Alfredo Facchini sur Facebook : « Nous sommes confrontés à une véritable escroquerie, concoctée par une Europe stagnante qui en est venue à voir Keynes sous un uniforme de camouflage, vendant le réarmement comme un moteur de l'économie. De la croissance, certes, mais seulement pour ceux qui produisent des armes. Pour le peuple, en revanche, persistent la précarité, des salaires de misère et des services sociaux réduits au strict minimum.»
Lorsque la voie du réarmement est choisie, la tendance s'auto-alimente : plus d'armes signifient plus de profits pour l'industrie militaire, et plus de profits signifient plus de financement pour encore plus d'armes. C'est une explosion de l'industrie militaire qui ruine les citoyens, les privant de tous les services que l'État fournissait autrefois, de la santé à l'éducation. Dans une situation extrême, comme ce fut le cas en Allemagne dans les années 1940, l'effort devient si global que le gouvernement procède à l'élimination physique des citoyens jugés inutiles et à charge pour l'État (comme je le décris dans mon livre, Exterminations (2024)).
Cela va-t-il se produire ? L'histoire a tendance à rimer, sans pour autant se répéter à l'identique. Dans les années 1930, l'Allemagne pouvait encore développer une industrie militaire comparable à celle des autres puissances de l'époque, notamment la Grande-Bretagne, grâce à ses abondantes réserves de charbon. Sa production de charbon égalait celle de la Grande-Bretagne, pourtant déjà en déclin
Il est désormais impossible pour l'Allemagne de reconstruire son économie avec ses réserves de charbon, aujourd'hui fortement épuisées. Elle ne peut pas non plus le faire avec le gaz russe, désormais considéré comme néfaste. Les énergies renouvelables se développent en Allemagne, mais elles ne couvrent encore qu'une fraction de sa consommation énergétique totale : près de 60 % de sa consommation d'électricité, mais seulement 20 % de sa consommation d'énergie primaire.
Ces contraintes énergétiques rendent physiquement impossible une militarisation totale comme dans les années 1930. Rheinmetall peut tripler sa production d'obus de 155 mm, mais on ne peut pas faire fonctionner des usines de chars ou des fonderies d'aluminium pour avions de chasse avec seulement 20 % de l'énergie primaire produite par des centrales photovoltaïques et éoliennes, elles-mêmes dépendantes de composants chinois. La trajectoire est donc plus proche de celle du Japon entre 1937 et 1945 (un agresseur pauvre en ressources démarre fort, puis s'essouffle très rapidement) que de celle de l'Allemagne entre 1939 et 1945. En revanche, cela pourrait être un point positif et stimuler les énergies renouvelables, le seul secteur de l'économie qui puisse encore croître grâce aux ressources locales.
L'histoire nous enseigne une chose : les États en déclin ont tendance à se trouver dans l'incapacité de s'engager dans des aventures militaires au-delà de leurs frontières. Cette phase va bientôt commencer en Europe, mais pour l'instant, nous traversons encore une période dangereuse. Heureusement, le réarmement n'a pas pour but de faire la guerre, mais de faire du profit. On peut donc espérer que personne ne sera assez fou pour entraîner l'Europe dans une guerre majeure contre la Russie. Mais rien n'est moins sûr : nombre de dirigeants au plus haut niveau sont déments. Si cela se produit, tout est possible, et nous pourrions être confrontés à une série de scénarios catastrophes qui ne laisseraient que des ruines et quelques survivants dans la région que nous appelons Europe occidentale.
En ce sens, l'effondrement économique de l'Union européenne est une bonne chose, car il empêcherait la formation d'un bloc militaire dont les dirigeants pourraient croire qu'une guerre renforcerait leur puissance. Qui sait ? Nous pourrions peut-être éviter le pire. Qui sait ?
Dec 08, 2025
Remarques : il n'a pas été possible de copier directement les graphiques dans le texte. Ils
sont visibles directement via le lien ci dessous.
Selon un rapport de l'agence de notation Creditreform, environ 23.900 entreprises devraient avoir déposé le bilan en 2025 en Allemagne, ce qui souligne les difficultés profondes auxquels sont confrontées les entreprises allemandes après deux années de récession économique.
Les faillites d'entreprises allemandes devraient atteindre cette année leur plus haut niveau depuis 11 ans, selon une étude publiée lundi 8 décembre, alors que le pays est confronté à une morosité économique persistante. Selon un rapport de l'agence de notation Creditreform, environ 23.900 entreprises devraient avoir déposé le bilan en 2025, soit une augmentation de 8,3% par rapport à 2024. Il s'agit également du plus important nombre depuis 2014.
Si cette hausse est moins marquée que les années précédentes, l'augmentation du nombre de dépôts de bilan souligne les difficultés profondes auxquels sont confrontées les entreprises allemandes après deux années de récession économique.
De nombreuses entreprises sont lourdement endettées, ont du mal à obtenir de nouveaux prêts et doivent faire face à des charges structurelles telles que les prix de l'énergie ou la réglementation, a déclaré Patrik-Ludwig Hantzsch, responsable de la recherche économique chez Creditreform.
"Cela met les petites et moyennes entreprises, en particulier, sous une énorme pression et paralyse de nombreuses activités", ajoute-t-il.
285.000 salariés concernés
L'augmentation du nombre de procédures d'insolvabilité est due cette année à une hausse du nombre de cas parmi les petites entreprises. Les micro-entreprises, comptant jusqu'à dix employés, représentent ainsi la part la plus importante (81,6% cette année, soit une légère hausse par rapport à 2024). Creditreform s'attend à ce que les pertes financières dues aux faillites atteignent environ 57 milliards d'euros en 2025, contre 59,1 milliards d'euros en 2024.
Au sein de la population active, les faillites d'entreprises devraient toucher environ 285.000 salariés, soit une légère baisse par rapport aux 291.000 salariés de l'année précédente. Le rapport dresse des perspectives prudentes pour 2026, malgré les projets du gouvernement en matière d'investissements dans les infrastructures et le réarmement visant à stimuler l'activité économique.
“L'économie allemande perd de sa compétitivité", a alerté Bernd Bütow, dirigeant de Creditreform. "Les coûts élevés, la bureaucratie et la faiblesse persistante de l'économie continueront à favoriser les faillites.”
En France, le nombre de défaillances d'entreprises tend à se stabiliser après avoir augmenté de 150% depuis 2021. Le nombre de défaillances a été de 68.145 en cumul sur les douze derniers mois, un niveau légèrement inférieur au nombre du mois de septembre (68.335). Ce constat, a précisé la Banque de France, "est commun à la plupart des catégories de PME et à la majorité des secteurs d'activité".
BFM Business P.La. avec Reuters
Un groupe industriel allemand de premier plan a lancé un avertissement sévère, déclarant que l’état actuel de l’économie du pays était la pire crise depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La Fédération des industries allemandes (BDI) exhorte le gouvernement du chancelier Friedrich Merz à prendre des mesures immédiates pour inverser le déclin. Le président de la BDI, Peter Liese, a exprimé sa profonde inquiétude, déclarant que l’économie allemande est en forte baisse et que la réponse du gouvernement a été insuffisante.
Croissance modérée à venir
Le groupe prévoit que la production industrielle diminuera pour la quatrième année consécutive en 2025, signalant un problème économique structurel plutôt que cyclique. L’Allemagne est confrontée à une confluence de défis, notamment la flambée des coûts de l’énergie qui pèse sur les fabricants, la baisse de la demande pour ses exportations sur des marchés cruciaux, la montée en puissance de la Chine en tant que rival industriel et les barrières commerciales imposées par les États-Unis.
Après deux années de récession, l’Allemagne ne devrait connaître qu’une croissance modeste en 2025. Le chancelier Merz, qui a pris ses fonctions en mai, s’est engagé à revitaliser l’économie, mais il est confronté à des critiques de plus en plus vives pour la lenteur et l’inefficacité apparentes de son administration. Siegfried Russwurm, président du BDI, a souligné la nécessité d’un changement décisif de la politique économique, en donnant la priorité à la compétitivité et à la croissance. Il affirme que l’Allemagne doit agir de manière décisive pour faire face à la crise actuelle
03 12 25
https://fr.businessam.be/lindustrie-allemande-traverse-la-pire-crise-economique-depuis-la-seconde-guerre-mondiale/
Un nombre croissant d’entreprises s’inquiètent pour leur survie. Le manque de commandes entraîne des tensions financières et une anxiété accrue au sein des entreprises. Seuls deux secteurs montrent des signes d’amélioration.
Le pourcentage d’entreprises allemandes confrontées à une menace immédiate pour leur survie économique est passé à 8,1 pour cent, contre 7,3 pour cent en octobre 2024, selon le groupe de réflexion économique allemand ifo Institut.
Manque de commandes
Klaus Wohlrabe, responsable des enquêtes ifo, prévoit que les défaillances d’entreprises resteront probablement élevées dans les mois à venir. Il attribue cette tendance à la pénurie de nouvelles commandes, à la faiblesse de la demande et à l’intensification de la concurrence internationale.
Dans tous les secteurs, les entreprises considèrent le manque de commandes comme la menace la plus importante pour leur survie. Ce déficit de commandes entraîne d’importants problèmes de liquidités. En outre, l’augmentation des coûts d’exploitation et de personnel pèse sur les entreprises, tandis que la baisse de la demande entraîne une diminution des revenus. Les exigences bureaucratiques excessives ne font qu’aggraver la situation.
Tendances sectorielles
Le secteur du commerce de détail connaît une augmentation particulièrement forte des préoccupations existentielles. 15 pour cent des entreprises font état de graves difficultés économiques, contre 13,8 pour cent l’année dernière. Le risque de défaillance a également augmenté chez les prestataires de services, 7,6 pour cent d’entre eux étant désormais menacés dans leur existence économique (contre 5,8 pour cent en octobre 2024).
À l’inverse, le secteur industriel a vu la proportion d’entreprises se sentant menacées diminuer légèrement, passant de 8,6 pour cent à 8,1 pour cent. Le secteur de la construction a également connu un certain soulagement, le pourcentage d’entreprises confrontées à d’importants problèmes économiques étant passé de 7,9 pour cent l’année dernière à 6,3 pour cent actuellement. (uv)
22 11 25
https://fr.businessam.be/de-plus-en-plus-dentreprises-allemandes-craignent-la-faillite-en-raison-du-manque-de-commandes/
L'Allemagne plafonne les prix de l'électricité pour préserver sa base industrielle...
L'Allemagne a accepté de subventionner l'électricité pour ses industries lourdes, en plafonnant les prix à environ 0,05 € par kilowattheure de 2026 à 2028 – une mesure politique majeure visant à empêcher son tissu industriel de s'éroder sous le poids de la flambée des coûts de l'énergie en Europe.
Depuis la crise énergétique de 2022, les prix de l'électricité sont restés volatils, connaissant une nouvelle flambée cet automne alors que la production d'énergie renouvelable a faibli et que la production d'électricité à partir de gaz a atteint son plus haut niveau depuis 2021. La faiblesse des vents, la faible production hydroélectrique et les goulets d'étranglement du réseau ont contraint l'Allemagne à brûler davantage de gaz naturel et de charbon pour stabiliser l'approvisionnement.
Ces dynamiques ont fait de la sécurité énergétique un enjeu politique majeur. Les prévisions d'un hiver rigoureux ont déjà fait grimper les contrats à terme sur l'électricité en Allemagne à près de 100 € le mégawattheure, ravivant la colère du public quant à la compétitivité industrielle et à l'accessibilité financière pour les ménages.
Je me demande comment cela va fonctionner...(Gail Tverberg)
L'Allemagne prend une mesure désespérée pour sauver son industrie : elle subventionnera les prix de l'énergie jusqu'en 2028....
Rien ne symbolise mieux l'état actuel de l'industrie allemande que l'oxydation d'un métal qui perd ses propriétés. L'ancienne machine industrielle allemande, jadis toute-puissante et source de fierté mondiale pendant des décennies, poursuit son déclin et rejoint une économie qui souffrait déjà de l'asphyxie avant la pandémie. La concurrence féroce de la Chine, la fin des approvisionnements en gaz russe, le coût élevé du travail et désormais les droits de douane américains… les raisons de ce déclin, accompagné d'une perte de compétitivité douloureuse, ont été largement débattues. De plus en plus conscients de cette érosion, les dirigeants allemands ont multiplié les propositions. Même si l'impression persiste que les autorités sont encore à la traîne, leur message est au moins bien intentionné. Cette semaine, la coalition au pouvoir a pris plusieurs nouvelles mesures, en se concentrant notamment sur le soutien au secteur industriel en difficulté. La plus notable consiste en une subvention partielle des prix de l'énergie, une aide essentielle pour les secteurs énergivores.
Au cours des dernières 24 heures, le gouvernement de grande coalition entre les démocrates-chrétiens et les sociaux-démocrates s'est entendu sur plusieurs initiatives qui, en l'absence d'un plan directeur plus global, visent à atténuer l'incertitude. Certaines de ces mesures constituent déjà des décisions politiques concrètes ; d'autres résultent simplement de l'accord conclu la nuit dernière entre les principaux dirigeants des partenaires de la coalition et ne sont pas encore des décisions gouvernementales officielles. Ces annonces nécessitent encore l'aval de l'ensemble du cabinet et du parlement, ce qui incite certains à la prudence. Ce n'est pas la première fois ces derniers mois qu'un vote commun entre les deux partis traditionnels réserve des surprises désagréables, compte tenu des profonds désaccords qui structurent leur organisation.
La mesure qui a suscité le plus d'attention médiatique est la décision de fixer le prix de l'énergie à cinq centimes par kilowattheure (kWh) pour les industries énergivores jusqu'en 2028. Actuellement, ce prix avoisine les 15 centimes. L'idée d'une subvention pour l'énergie industrielle avait déjà été évoquée dans l'accord de coalition officiel, mais elle n'avait pas encore été précisée ni mise en œuvre. Les entreprises allemandes, notamment les constructeurs automobiles et les sidérurgistes, se plaignent depuis longtemps du désavantage concurrentiel que représentent les prix élevés de l'énergie.
« L'objectif est d'alléger significativement le fardeau qui pèse sur notre économie et de réduire les coûts de production », a déclaré le chancelier Friedrich Merz. L'UE doit maintenant approuver ce plan conformément à la réglementation en matière d'aides d'État. « Les discussions avec la Commission européenne sont pratiquement terminées et nous espérons obtenir son approbation », a assuré M. Merz. La VCI, association professionnelle de l'industrie chimique représentant le secteur, durement touché par la flambée des prix de l'énergie suite à la guerre en Ukraine (comme en témoignent les gros titres concernant l'entreprise historique BASF), a jugé la mesure utile, tout en indiquant que le gouvernement devrait faire davantage pour redonner à l'Allemagne sa compétitivité. Elle a notamment plaidé pour des allégements fiscaux et une simplification des procédures administratives.
Le chancelier et ses partenaires de coalition se sont également entendus jeudi sur la construction de nouvelles centrales à gaz d'une capacité de huit gigawatts, ainsi que sur la réduction des redevances de contrôle aérien, dans le but d'économiser 350 millions d'euros pour le secteur de l'aviation. La création d'un « Fonds Allemagne » a également été abordée. Cette idée, déjà mentionnée dans l'accord de coalition, prévoyait alors un fonds de 10 milliards d'euros destiné à attirer 90 milliards d'euros supplémentaires du secteur privé pour soutenir les PME et les entreprises en expansion.
Un autre sujet brûlant a été le rétablissement du service militaire, cette fois-ci « semi-obligatoire ». Dès l'année prochaine, tous les hommes de 18 ans devront se soumettre à une évaluation pour la conscription. Si le nombre de volontaires pour la conscription est insuffisant, les candidats au service militaire seront sélectionnés par tirage au sort. Aucun objectif chiffré n'a été fixé. Face aux soupçons suscités, Berlin s'est empressé de détailler les mesures incitatives. Afin de rendre le service militaire plus attractif, la solde mensuelle passera de 1 800 à 2 200 € à 2 600 €. La nouvelle loi instaurera également divers avantages, tels que des subventions pour le permis de conduire, dont le coût en Allemagne peut dépasser 1 000 €.
En réalité, le service militaire obligatoire n'est pas imposé, mais si le nombre d'enrôlements reste insuffisant dans les années à venir, le Parlement pourrait instaurer un système de tirage au sort ou tout autre mécanisme pour contraindre les hommes à servir. Le taux de recrutement est à un niveau historiquement bas en Allemagne, le désintérêt des jeunes pour la question est manifeste dans les sondages, et la menace russe est prise de plus en plus au sérieux.
Un signal clair est envoyé.
Ces mesures interviennent le jour même où il a été révélé que le nouvel endettement net du gouvernement fédéral allemand sera supérieur de 8 milliards d'euros aux prévisions initiales pour l'année prochaine. Cette situation est reflétée dans le projet de budget 2026 approuvé par les parlementaires ce vendredi. À la suite des discussions à la Chambre basse du Parlement visant à finaliser les détails du plan financier pour l'année prochaine, le nouvel endettement a été fixé à 98 milliards d'euros, contre 90 milliards d'euros dans une version précédente, selon un document consulté par Bloomberg. En incluant les fonds spéciaux alloués à la défense et aux infrastructures, qui ne font pas partie du budget de base, les nouveaux emprunts atteindront environ 180 milliards d'euros d'ici 2026, selon des sources proches du dossier qui se sont confiées à l'agence de presse américaine.
« Il aura fallu du temps, mais Berlin a enfin reconnu que l'économie allemande n'est pas seulement confrontée à une récession conjoncturelle, mais aussi à une période de faiblesse structurelle », déclare Carsten Brzeski, économiste en chef chez ING et analyste régulier des difficultés économiques qui frappent la puissance économique traditionnelle de l'Europe, non sans son scepticisme habituel à l'égard de Berlin. Le dernier rapport du Conseil des conseillers économiques allemands, réputé pour son expertise, publié cette semaine, est l'un des nombreux exemples qui suggèrent que l'économie est probablement confrontée à son plus grand défi économique de ces 80 dernières années, affirme Brzeski.
L'expert salue tout particulièrement la mesure prise concernant les prix de l'énergie : « Cela envoie un signal clair et pourrait apporter au secteur non seulement un soulagement à court terme, mais aussi de la clarté et de la stabilité pour les années à venir. Il ne s'agit pas encore d'une stratégie globale et cohérente pour une réforme économique plus large, mais c'est un sujet à aborder ultérieurement. »
« Quinze années d'investissements insuffisants, un manque de réformes structurelles et l'émergence de la Chine comme concurrent redoutable ont érodé le modèle économique allemand. Le changement de cap annoncé il y a six mois concernant la relance budgétaire aurait dû marquer le début d'une réforme économique plus vaste et plus durable, mais le nouveau gouvernement semblait croire qu'avec cette décision prise au printemps, son objectif était déjà atteint », déplore l'analyste d'ING.
Face au risque élevé que toute reprise de l'économie allemande en 2026 soit principalement due aux trois jours ouvrables supplémentaires par rapport à 2025 (qui ajouteront environ 0,3 point de pourcentage à la croissance du PIB), plutôt qu'à une reprise généralisée, il est urgent d'agir, souligne Brzeski.
Bourdes, maladresses, décisions brutales non concertées… Six mois après son arrivée à la chancellerie, Friedrich Merz commence à faire douter à Bruxelles.
Friedrich Merz devait incarner le renouveau allemand. Six mois après son arrivée à la chancellerie, les capitales européennes sont aux aguets. Non pas sur ses intentions – personne ne doute de sa volonté de redonner à l'Allemagne son rang européen –, mais sur sa méthode, qui accumule les maladresses diplomatiques au pire moment.
Le dernier épisode en date ? Sa déclaration, lors du Conseil européen du 23 octobre, sur l'accord Mercosur. Devant la presse internationale, le chancelier affirme que les vingt-sept États membres, France comprise, ont unanimement approuvé l'accord. Stupeur dans les capitales européennes. La vice-présidente de la Commission européenne, Kaja Kallas, absente de la salle lors des discussions entre dirigeants, se fie aux propos de Merz et les répète.
Embarras général : Antonio Costa, le président du Conseil européen, s'était contenté de demander aux dirigeants de charger leurs ambassadeurs de résoudre les problèmes techniques liés à la traduction de l'accord. Friedrich Merz a transformé cette invitation à résoudre les dernières difficultés en validation politique. Erreur d'interprétation ? Vœu pieux ? Merz a entendu ce qu'il avait envie d'entendre. Quoi qu'il en soit, l'incident révèle un problème de méthode inquiétant pour un chef de gouvernement.
La relance de l'adhésion turque à l'UE ?
Plus grave encore : sa sortie à Ankara. Lors d'une conférence de presse aux côtés d'Erdogan, Merz déclare : « Personnellement, je vois et le gouvernement fédéral voit la Turquie étroitement aux côtés de l'Union européenne. Nous voulons continuer à faciliter la voie vers l'Europe. »
La phrase, non dépourvue d'ambiguïtés, est immédiatement interprétée par Ankara comme une relance du processus d'adhésion, pourtant officiellement gelé depuis juin 2018. Certes, le chancelier Merz rappelle aussi l'obligation de respecter les critères de Copenhague (État de droit, droits fondamentaux). Mais le mal est fait : Athènes et Nicosie sont vent debout, et Paris n'en pense pas moins en coulisses.
La question n'est pas de savoir si un partenariat renforcé avec la Turquie est souhaitable – il l'est probablement dans une forme à concevoir. La question est celle du processus : comment un chancelier allemand peut-il, sans consultation préalable, rouvrir un dossier aussi sensible ? Tout le monde sait que l'adhésion turque n'est plus à l'ordre du jour ; pourquoi donner de faux espoirs aux Turcs ?
À ces dérapages diplomatiques s'ajoutent des déclarations sur l'immigration qui ont même déclenché un tollé en Allemagne. Des propos jugés stigmatisants par une partie de l'opinion, y compris au sein de la CDU, où certains cadres prennent désormais publiquement leurs distances. « Friedrich Merz n'est plus le commentateur narquois qui lâche des punchlines : en tant que chancelier, il a une responsabilité particulière pour la cohésion, la culture du débat et un récit d'avenir positif », râle Dennis Radtke, eurodéputé CDU-PPE.
Un style de gouvernance inadapté
Ce qui se dessine, c'est un style : celui d'un homme rompu aux affaires, habitué à trancher vite et seul, mais peu familier des subtilités de la diplomatie multilatérale. Friedrich Merz privilégie les intérêts économiques immédiats – notamment les relations commerciales avec la Turquie, cruciales pour l'industrie allemande – sans toujours mesurer les conséquences politiques à long terme. Dans le monde de l'entreprise, cette approche directe peut fonctionner. Dans celui de la diplomatie européenne, elle déstabilise et suscite des doutes.
C'est encore seul qu'il publie une tribune dans le Financial Times appelant à l'utilisation de 140 milliards d'euros d'avoirs gelés russes pour l'Ukraine. La Belgique, au premier rang des représailles russes, n'a guère apprécié cette démarche solitaire qui semblait dicter aux Vingt-Sept la marche à suivre… Résultat : le Premier ministre belge a tout stoppé au dernier Conseil européen, d'autant plus que Merz lui « a tapé sur la tête », selon les confidences d'un diplomate. La manière forte ne fonctionne pas.
Le problème, c'est le contexte. L'Allemagne traverse une crise économique sérieuse : croissance atone, industrie automobile fragilisée, compétitivité en recul. Dans ce climat anxiogène, l'AfD (extrême droite) prospère, dépassant les 20 % dans les sondages. L'Allemagne a besoin d'un pilote expérimenté, pas d'un apprenti navigateur.
La France, fragilisée par la fin compliquée du mandat d'Emmanuel Macron, inquiète tant par l'état de ses finances que par la perspective d'une victoire du Rassemblement national à la présidentielle de 2027. Tous le constatent : il n'y a plus de moteur politique en Europe au moment même où il en faudrait plutôt deux ou trois qu'un seul.
On peut comprendre l'urgence et l'anxiété qui animent Friedrich Merz, sa volonté de rompre avec l'immobilisme reproché à Angela Merkel. Mais, entre immobilisme et improvisation, il existe un chemin : celui de la préparation, de la consultation, de la coordination.
Les partenaires européens de l'Allemagne n'attendent pas d'elle qu'elle redevienne dominatrice mais qu'elle redevienne fiable. « Aujourd'hui, le point n'est pas encore clair de savoir si l'Allemagne de Merz veut avancer en coopération ou de manière solitaire. Or elle a les moyens de faire seule », analyse un diplomate européen.
Six mois ne font pas un bilan définitif. Mais les signaux sont préoccupants. À Berlin comme à Bruxelles, on espère désormais que le chancelier Merz saura s'entourer, écouter et transformer son énergie en stratégie. L'Europe en a besoin. L'Allemagne aussi.
La prospérité de la première économie européenne repose en grande partie sur son partenariat avec la Chine, analyse le journal économique allemand “Handelsblatt”. Mais les relations entre les deux pays sont de plus en plus déséquilibrées, suscitant de fortes inquiétudes à Berlin.
Un chat porte-bonheur venu d’Asie semble braver du regard les lecteurs de Handelsblatt, les sourcils froncés et les bras croisés. “Le piège de Pékin”, titre le journal économique allemand, en une de son édition du 31 octobre. “Matières premières, semi-conducteurs, débouchés commerciaux… par facilité et manque de clairvoyance à long terme, l’Allemagne s’est placée sous le joug de la Chine. Et en paie aujourd’hui le prix. Mais ce n’est pas inéluctable.”
“Pendant des décennies, l’Allemagne a cultivé sa dépendance économique à la Chine”, assure le média de Francfort, dans un long article d’analyse. Un exemple récent le confirme. La semaine dernière, les constructeurs automobiles du pays d’outre-Rhin ont connu d’importantes difficultés, après l’arrêt des livraisons chinoises de certains composants utilisés pour fabriquer des puces électroniques.
Perte d’influence
“Ni Berlin ni Bruxelles, où se décide la politique commerciale de l’Union européenne, n’ont su profiter [de leur relation privilégiée avec la Chine] pour gagner en influence sur la politique de Pékin.” Cela s’est confirmé récemment à Busan, en Corée du Sud, où les dirigeants américain et chinois se sont, certes, entendus sur un accord concernant les échanges commerciaux de terres rares, mais où les Européens n’étaient pas représentés, alors que les intérêts du Vieux Continent étaient également en jeu.
Le ministre des Affaires étrangères allemand Johann Wadephul a quant à lui subi un “affront” personnel. Il y a quelques jours, sa visite en Chine a été tout bonnement annulée. Selon des sources diplomatiques européennes, Pékin aurait fait pression sur le conservateur pour qu’il revienne publiquement sur ses critiques contre l’action du géant asiatique en mer de Chine méridionale. Ce dernier a refusé, mais son voyage avorté montre, selon le titre économique, que l’influence de l’Allemagne ne cesse de se réduire dans un pays qui est pourtant son premier partenaire commercial.
Face à ce constat, le gouvernement de Friedrich Merz a appelé les grandes entreprises d’outre-Rhin à diversifier leurs fournisseurs et à ne pas s’approvisionner uniquement en Chine. Des mains tendues ont aussi été adressées à différents pays riches en matières premières – comme la Turquie ou le Canada. Sur le plan européen, plusieurs initiatives ont par ailleurs été lancées, dont le projet “Resource EU” visant à recycler des terres rares déjà présentes dans les 27 pays de l’UE. Cela suffira-t-il à rendre le Vieux Continent indépendant de la Chine ?
Handelsblatt se garde bien de répondre à cette question.
https://www.courrierinternational.com/une/une-du-jour-l-allemagne-s-est-placee-sous-le-joug-de-la-chine-et-elle-en-paie-le-prix_236942
État critique....
J'ai découver le rapport du troisième trimestre de Porsche, intitulé « Porsche AG : un flux de trésorerie net solide dans un contexte de marché difficile »....
Un peu perplexe face à tous les articles de presse affirmant que Porsche avait en réalité publié des chiffres plutôt décevants, je me suis plongé dans la lecture et j'ai appris que
« Comme prévu, le réalignement stratégique et les défis macroéconomiques ont eu un impact significatif sur les bénéfices des neuf premiers mois de l'année » et que « des dépenses exceptionnelles d'environ 2,7 milliards d'euros, notamment pour la flexibilisation du portefeuille de produits et les activités liées aux batteries », avaient eu un impact très négatif sur le résultat net.
De plus, la rentabilité opérationnelle des ventes a chuté de 14,1 % sur les neuf premiers mois de 2024 à seulement 0,2 %, et les ventes elles-mêmes ont chuté de 6 %, tandis que les bénéfices ont chuté de 99 %, un chiffre qui pourrait être exorbitant.
Malgré celà, tout allait bien et l'année prochaine serait meilleure, a déclaré Porsche.
Après avoir subi un coup dur de 3,1 milliards d'euros sur l'ensemble de l'année en raison de son changement d'orientation sur les véhicules électriques, de sa propre production de batteries et de ses « coûts de restructuration », , ce qui se passe chez Porsche arrive à tous les autres constructeurs automobiles allemands, et la situation s'aggravera encore plus après que la Chine a réduit l'approvisionnement en minéraux et puces électroniques essentiels de l'UE suite à la saisie parfaitement justifiée, pas du tout dérangée et parfaitement pragmatique du fabricant de puces électroniques Nexperia par le gouvernement néerlandais, pourtant parfaitement sensé.
Mais pas d'inquiétude. L'UE « étudie toutes les options pour réagir à la menace chinoise des terres rares »…
Irina Slav
https://irinaslav.substack.com/p/critical-condition
La production industrielle allemande a fortement reculé en août, bien plus qu'attendu, ravivant les craintes d'une contraction de la première économie européenne durant le trimestre d'été dans le sillage des droits de douane américains...
Le suicide allemand en chiffres...
« Face à la récession industrielle actuelle, les suppressions d'emplois dans l'industrie allemande s'accélèrent : au 30 juin de cette année, le nombre de salariés était inférieur de 2,1 % à celui de douze mois plus tôt. En un an, environ 114 000 emplois ont été supprimés dans l'industrie allemande. Depuis 2019, année pré-pandémique, le nombre de salariés a diminué de près de 250 000, soit une baisse de 4,3 %.»
Ceci est la traduction automatique d'un paragraphe d'un rapport d'EY sur l'industrie automobile allemande de fin août. CNBC en a parlé ici. Je vais maintenant faire une chose inhabituelle et laisser les chiffres parler d'eux-mêmes. Sans ordre particulier :
18.03.2025 : Audi supprime 7 500 emplois
04.06. 2025 : Près de 20 000 salariés de Volkswagen se sont volontairement retirés du marché du travail, tandis que d’autres pourraient travailler 4 jours par semaine dans le cadre d’une réforme.
03.06.2025 : Deutsche Post prévoit de supprimer 8 000 emplois.
15.09.2025 : Des suppressions d’emplois sont à prévoir, Bosch visant à économiser des milliards d’ici 2030.
08.07.2025 : Daimler Truck prévoit de supprimer environ 5 000 emplois en Allemagne.
18.02.2025 2025 : Continental : le géant allemand des pièces détachées automobiles supprime des milliers d’emplois (3 000 dans le monde, plus de la moitié en Allemagne)
26.08.2025 : L’industrie automobile allemande supprime 51 500 emplois en un an
16.09.2025 : Ford supprime 1 000 emplois en Allemagne face au ralentissement des ventes de véhicules électriques
09.01.2025 : L’Allemagne enregistre le plus grand nombre de faillites d’entreprises depuis la crise financière
08.05.2025 : L’Allemagne enregistre sa plus forte hausse des faillites depuis 20 ans
26.06.2025 : L’Allemagne enregistre son taux de faillites d’entreprises le plus élevé depuis dix ans (rapport)
Irina Slav 18 09 25
https://irinaslav.substack.com/p/germanys-suicide-by-the-numbers?
Il y a deux manières de lire l’économie allemande. La première consiste à jeter un œil dans le rétroviseur pour en prolonger la trajectoire. Dans ce cas, la récession est au bout du chemin, ou risque de jouer les prolongations. Après un sursaut en début d’année, la croissance outre-Rhin a de nouveau flanché au 2è trimestre. Ce mouvement de « stop & go » prolonge une séquence qui dure depuis deux ans. En niveau, si l’on prolonge la courbe du PIB allemand, ce n’est pas un plateau qu’il faut dessiner, mais une pente descendante. En cause, le duo industrie–exportations, un atout devenu faiblesse.
L’exportation en perte de vitesse
La force manufacturière allemande a longtemps reposé sur sa capacité à se projeter au-delà de ses frontières : en gagnant massivement des parts de marché chez ses voisins européens, en s’imposant aux États-Unis et en s’ancrant en Chine alors en pleine expansion. Mais depuis la crise de la Covid, la machine s’est enrayée, et l’inquiétude grandit. Washington a ouvert une véritable guerre commerciale : 15% de droits de douane pour la plupart des produits européens. Pour l’acier, l’aluminium et toute une série de biens industriels associés (des locomotives aux machines-outils), la facture grimpe à 50%.
Résultat : le « made in Germany » risque de caler dans les trimestres à venir. La rupture est en outre déjà visible : au premier semestre 2025, les exportations vers les États-Unis ont reculé de 3%. Le record de 162 milliards atteint l’an dernier semble désormais hors de portée, et la marche arrière est enclenchée.
La Chine et l’Europe ne prennent pas le relais
La situation est d’autant plus délicate que depuis la pandémie, les flux commerciaux avec la Chine se sont inversés. Les importations en provenance de l’Empire du Milieu explosent (encore +11% sur les six premiers mois de l’année), tandis que les exportations diminuent.
(-14% au cours du 1er semestre). Quant aux grands débouchés européens, ils demeurent sans dynamisme, hormis l’Espagne. Dans ce contexte, il est inévitable qu’il y ait de la casse. Le nombre de faillites explose, de nombreux emplois manufacturiers sont détruits : près de 15 000 par mois en moyenne depuis le début de l’année. Des pertes d’emplois qui font grimper les chiffres du chômage : encore près de 3 millions de chômeurs en août dernier, un niveau inédit depuis 12 ans. Le taux de chômage s’élève désormais à 6,3% de la population active, en hausse de 1,3 point par rapport à son dernier point bas de mai 2022. Décidément, rien ne va plus.
Lueur d’optimisme dans l’industrie
Et pourtant, même dans l’industrie, le moral des chefs d’entreprise reprend quelques couleurs. Les industriels anticipent même un léger rebond. Un retournement qui incite à adopter un autre regard, complémentaire du premier, en intégrant les retombées d’un double plan d’investissement hors normes : 500 milliards d’euros pour les infrastructures et la transition climatique, 500 autres pour la défense. En douze ans, ce sont donc 1 000 milliards d’euros — près de deux points de PIB par an — qui seront injectés dans l’économie outre-Rhin. Les effets ne peuvent pas être immédiats, mais ils sont en préparation.
La grande différence de l’Allemagne par rapport à la France ou aux pays du Sud, c’est sa capacité à se relancer en empruntant sans inquiéter les marchés, finances publiques plus saines obligent. Le redémarrage est certes plus laborieux qu’attendu et les perspectives d’un rebond rapide s’éloignent : 2025 s’inscrira dans le prolongement des deux années précédentes. Mais l’économie allemande a mangé son pain noir et prépare son retour en 2026.
Publié le mardi 09 septembre 2025
https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-Allemagne-la-panne-avant-le-rebond
L'arnaque de la « pénurie de compétences » en Allemagne : ouverture des frontières, pertes d'emplois et effondrement économique...
L'idéologie de l'ouverture des frontières extérieures est devenue un élément central de la politique bruxelloise. En 2015, l'invitation d'Angela Merkel à des millions de personnes n'a fait que confirmer une politique déjà bien ancrée. Prétendre que cela avait un quelconque rapport avec la lutte contre la « pénurie de compétences » a toujours été une fiction commode.
L'économie allemande est aujourd'hui en chute libre. Des années de surréglementation, de fardeaux budgétaires écrasants et une crise énergétique auto-infligée ont profondément marqué le marché du travail. Depuis 2019, environ 700 000 emplois ont disparu dans le secteur privé.
L'expansion de l'État masque l'effondrement
Au cours de la même période, le gouvernement lui-même a créé près d'un demi-million d'emplois dans le secteur public. Cela signifie que la destruction réelle dans l'économie productive s'élève à environ 1,2 million d'emplois. Rien qu'en 2025, 100 000 nouvelles coupes budgétaires sont à prévoir – un verdict alarmant sur la trajectoire économique de Berlin, de style socialiste et centralisée. C'est aussi la conséquence logique de la croyance qu'une « transition verte » axée sur les subventions peut se substituer à une économie privée façonnée par les marchés de capitaux, la concurrence et l'innovation.
Ce déclin est structurel. Depuis 2018, la productivité décline année après année. Le modèle de croissance allemand est en panne. En 2024, 64,5 milliards d'euros d'investissements directs nets ont quitté le pays, dont une grande partie vers les États-Unis, où la réindustrialisation, la déréglementation et l'abondance énergétique rendent le climat des affaires plus attractif. L'Allemagne, autrefois moteur des exportations mondiales, perd des capitaux et du savoir-faire.
Le marché du travail tourne
L'investissement en Allemagne stagne. Selon les données officielles, le nombre d'offres d'emploi en juillet a chuté de près de 11 % par rapport à l'année précédente, pour atteindre seulement 628 000. Face à ces situations, des millions de chômeurs, tant allemands qu'immigrés, sont confrontés à ce problème. Deux causes se dégagent : l'éducation publique produit systématiquement des diplômés inadaptés à la demande du marché, et un État-providence généreux décourage les individus de s'adapter et de rechercher un emploi productif.
L'ampleur réelle du chômage est occultée. Des centaines de milliers de personnes sont dissimulées dans des dispositifs de chômage partiel, des programmes de « formation » ou des failles statistiques visant à minimiser les chiffres. Les travailleurs existent. Et pourtant, les médias et les responsables politiques ne cessent de répéter l'avertissement d'une grave pénurie de main-d'œuvre qualifiée.
Pratiquement aucun discours d'entreprise ni aucune étude de groupe de réflexion n'échappe au cliché de la pénurie de travailleurs. L'Institut pour l'économie allemande, basé à Cologne, met en garde contre une pénurie de plus de 530 000 travailleurs qualifiés, affirmant que la compétitivité est « gravement menacée ». La banque publique KfW la qualifie de « principal risque économique pour l'Allemagne » et prédit « des décennies de faible croissance » sans réforme. La « solution » officielle proposée est toujours la même : ouvrir davantage les frontières, dans l’espoir de trouver, à un moment ou à un autre, une fraction des candidats adéquats dans le raz-de-marée migratoire.
La réalité des affaires
Mais le recrutement pratique de personnel qualifié a toujours été une responsabilité essentielle des dirigeants. Aucune entreprise prospère ne compte sur l’État pour fournir des candidats qualifiés. Au contraire, elles créent des conditions attractives : salaires compétitifs, perspectives de promotion et opportunités de développement. Elles recherchent des talents dans le monde entier, en ciblant les véritables viviers d’expertise. Elles investissent dans l’intégration et la fidélisation, sachant que les travailleurs qualifiés sont recherchés à l’échelle mondiale.
Les entreprises proactives participent aux salons internationaux, font appel à des recruteurs spécialisés et publient des annonces dans les médias techniques. Elles recrutent dans les écoles et les universités pour sécuriser leur vivier. Rien de tout cela ne dépend des agences d’emploi publiques, des « initiatives » symboliques ou de l’afflux de migrants économiques non qualifiés.
Le fait que les entreprises allemandes restent largement silencieuses sur les échecs de la politique d’ouverture des frontières, tout comme elles restent silencieuses sur les absurdités de la transition écologique, révèle l’esprit corporatiste qui lie désormais les entreprises et la politique. Deux camps défendent l'ouverture des frontières
Le discours sur la « démographie » et la « pénurie de compétences » est soutenu par deux camps. Le premier est celui des idéalistes naïfs, qui s'accrochent à la croyance que l'effondrement démographique de l'Allemagne peut être compensé par des flux migratoires en provenance des régions pauvres. Ils restent aveugles aux conséquences culturelles de l'islamisation de masse, ignorent la réalité de la fragmentation sociale et citent les États-Unis comme modèle, ignorant que l'immigration américaine du XIXe siècle était majoritairement européenne, culturellement compatible et forcée à l'assimilation par l'absence d'État-providence.
Pour eux, Frontex – le garde-frontières de l'UE – n'est rien d'autre qu'une feuille de vigne pour les frontières extérieures abandonnées de l'Union.
Le deuxième camp adopte une stratégie politique plus calculée. Comme aux États-Unis, l'immigration massive en provenance de régions pauvres et instables se traduit par une hausse des voix pour la gauche. Eux aussi invoquent « l'effondrement démographique » et la « pénurie de compétences » pour justifier leur position. Avec le soutien des médias, ils ont réussi à stigmatiser toute critique de la politique d'ouverture des frontières comme fasciste ou réactionnaire.
Perspectives et conséquences
Alors que les États-Unis, sous Donald Trump, ont opéré le renversement le plus radical imaginable en matière d'immigration – tolérance zéro, expulsions massives et répression –, l'Union européenne s'enfonce dans le chaos. La montée en puissance de partis de droite tels que l'AfD en Allemagne, le Fidesz en Hongrie, Fratelli d'Italia de Giorgia Meloni et le Rassemblement national de Marine Le Pen en France témoigne d'une résistance populaire. Malgré cette poussée, aucun renversement crédible de la politique migratoire de l'UE n'a encore été observé.
Tant que des gestes symboliques – comme un simple vol d'expulsion ou un bref contrôle aux frontières – suffisent à calmer la presse et à stabiliser les sondages en faveur de la gauche (et de ses alliés dits « conservateurs »), les bureaucrates bruxellois gardent le contrôle de la politique.
Pendant ce temps, les véritables solutions ne sont pas l'œuvre des gouvernements, mais des entreprises : les entreprises du Mittelstand, la distribution, les champions industriels et les entreprises familiales. Elles recrutent à l'étranger, investissent dans la formation, coopèrent avec les écoles et les universités, et construisent les pipelines que l'État a détruits avec son système éducatif défaillant. Le marché du travail allemand est sauvé non pas par une politique d'ouverture des frontières, mais par l'initiative même du secteur privé que les politiciens continuent de saper.
Thomas Kolbe
https://www.zerohedge.com/economics/germanys-skills-shortage-scam-open-borders-job-losses-and-economic-collapse
L'Allemagne ne doit pas suivre la France dans le bourbier de la dette....
Notre principal partenaire européen est en train de trébucher vers la faillite nationale, politiquement incapable d'agir. Le gouvernement allemand devrait tirer les leçons de cette situation difficile. Les signaux envoyés par Bruxelles ne sont pas de bon augure.
On apprend de ses erreurs, dit le dicton. Mais il n'est pas nécessaire de commettre toutes les erreurs soi-même. Les personnes sages apprennent des malheurs de leur voisin et s'évitent ainsi bien des difficultés. Ce qui nous amène à la crise de la dette française – et à la question de savoir si le gouvernement allemand est capable d'admettre qu'il est confronté à une décision : l'Allemagne suivra-t-elle la voie budgétaire erronée que son principal partenaire européen suit depuis plusieurs années ? Ou se recentrera-t-elle sur une gestion budgétaire plus saine et restructurera-t-elle ses finances publiques ?
Un regard sur la France montre où l'on se dirige si l'on augmente non seulement temporairement la dette publique en cas de crise aiguë, mais aussi si l'on finance à crédit des dépenses en constante augmentation. Depuis la crise financière de 2009, le gouvernement français vit largement au-dessus de ses moyens. Les retraites anticipées, les entreprises publiques coûteuses et un État-providence globalement surdimensionné coûtent bien plus cher que ce que génèrent les recettes fiscales. Et les franges de droite et de gauche, qui se sont renforcées au fil des ans, ont depuis longtemps dissipé l'enthousiasme initial pour les réformes du président et ancien candidat Emmanuel Macron.
Aujourd'hui, le Premier ministre français François Bayrou, qui souhaite réduire le déficit budgétaire excessif par un plan d'austérité strict, s'essouffle au Parlement face aux populistes de droite comme de gauche. Le deuxième plus grand État membre de l'UE, considéré, avec l'Allemagne, comme la force motrice de l'Union, est en train de trébucher, politiquement ingouvernable, vers la faillite nationale.
La France est trop grande pour être sauvée par ses partenaires de l'UE, comme ce fut le cas avec succès pour la Grèce grâce à plusieurs plans d'aide – et un gouvernement désormais raisonnable. Mais dans le même temps, le principe du « too big to fail » s'applique. Bruxelles travaille depuis longtemps sur un programme de relance de la dette commune. Et Paris fait particulièrement pression pour de nouvelles euro-obligations.
https://www.welt.de/debatte/article68b04b313db0221f89403e53/staatsfinanzen-deutschland-darf-frankreich-nicht-in-den-schuldensumpf-folgen.html
Berlin limoge le patron de la Deutsche Bahn...
Richard Lutz quitte prématurément ses fonctions à la tête de la compagnie ferroviaire allemande après des années de ponctualité en chute libre...
Le gouvernement allemand a annoncé jeudi le limogeage du patron de la Deutsche Bahn, Richard Lutz, sous le feu des critiques notamment en raison du manque de ponctualité des trains.
«Nous avons convenu de mettre fin prématurément au contrat du patron des chemins de fer», a annoncé le ministre allemand des Transports, Patrick Schnieder, lors d’une conférence de presse surprise à Berlin. Il a pointé du doigt la situation «dramatique» de la DB, le manque de satisfaction des usagers en termes de ponctualité et de rentabilité.
Le taux de ponctualité des trains longue-distance chute depuis des années en Allemagne. L’an dernier, elle atteignait seulement 62,5%, contre 79% en 2016.
Départ anticipé
A la tête de la DB depuis 2017, Richard Lutz, âgé de 61 ans, restera toutefois en fonction jusqu’à ce qu’un successeur soit trouvé. Il s’agit d’un départ anticipé: son contrat devait courir jusqu’en 2027.
Le ministre conservateur avait averti qu’il prendrait une décision sur l’avenir de la direction de l’entreprise publique avant la fin de l’été, dans le cadre d’une refonte de la stratégie ferroviaire nationale.
Les détails d’une «réforme» de la DB seront divulgués le 22 septembre, a annoncé le ministre, lors de la conférence de presse de jeudi. «Si tout se passe de façon idéale, nous pourrons présenter la stratégie et peut-être aussi la succession dans un délai relativement court», a-t-il ajouté. Patrick Schnieder s’était dit «insatisfait» de la ponctualité des trains allemands, dénoncée par les usagers et régulièrement raillée sur les réseaux sociaux.
L’association des usagers de la Deutsche Bahn a accueilli froidement l’annonce du départ de Richard Lutz. «La situation des chemins de fer ne changera pas en changeant les dirigeants, mais uniquement en améliorant la politique ferroviaire en Allemagne et en finançant suffisamment les chemins de fer», a déclaré à l’AFP Karl-Peter Naumann, dirigeant d’honneur de Pro-Bahn. «Tous les ministres des Transports précédents ont en fait plus ou moins échoué et ont fortement contribué à la situation actuelle des chemins de fer», a-t-il ajouté.
Vétusté des infrastructures
L’entreprise, détenue à 100% par l’Etat fédéral, subit la vétusté de ses infrastructures, et une dette qu’elle a réduit cet été grâce à la vente de sa filiale logistique rentable Schenker.
Le groupe pourra compter jusqu’à la fin de la législature en 2029 sur 107 milliards d’euros d’aides publiques, dont plus de 20 milliards cette année. La grande partie provient du fonds d’infrastructure spécial de 500 milliards d’euros adopté en mars pour le gouvernement.
Mais 17 milliards d’euros supplémentaires seraient nécessaires d’ici 2029, a plaidé Richard Lutz, pour mener de front la numérisation et la modernisation des infrastructures existantes, sans retard.
- par
- Agence France-Presse
- https://www.20min.ch/fr/story/trains-en-retard-berlin-limoge-le-patron-de-la-deutsche-bahn-103398392
Selon une récente enquête de l’institut ifo de Munich, une grande partie des entreprises allemandes sont confrontées à une pénurie de commandes. En juillet, 36,7 pour cent des entreprises ont déclaré manquer d’engagements fermes, ce qui représente une légère baisse par rapport aux 37,3 pour cent enregistrés en avril, mais reste nettement supérieur à la moyenne à long terme. C’est ce que rapporte Die Zeit.
Pas de reprise économique
Selon Klaus Wohlrabe, expert de l’ifo, le manque persistant de commandes entrave une reprise économique substantielle. Le secteur industriel a connu une nouvelle augmentation des entreprises signalant des pénuries de commandes, passant de 36,8 pour cent à 38,3 pour cent.
Les industries les plus touchées sont celles de la construction automobile (passant d’environ 35 pour cent à près de 43 pour cent), des machines (46 pour cent) et des fabricants d’équipements électriques (41 pour cent). L’industrie métallurgique connaît également une baisse marquée des commandes, près de la moitié des entreprises faisant état de volumes de commandes insuffisants.
Tendance plus positive
À l’inverse, le secteur des services affiche une tendance plus positive. Le pourcentage d’entreprises confrontées à des pénuries de commandes a diminué de 32,3 pour cent à 29,9 pour cent. Toutefois, certains segments du secteur restent sous pression. Bien que la proportion d’entreprises confrontées à des pénuries de commandes ait diminué d’environ 73% à 56%, les agences de travail temporaire restent particulièrement touchées.
Les autres secteurs des services dont les déficits de commandes sont supérieurs à la moyenne comprennent les fournisseurs d’hébergement (54 pour cent) et les entreprises de publicité et d’études de marché (51 pour cent).
Le secteur du commerce de détail continue également à se débattre avec une situation difficile en matière de commandes. Deux tiers des grossistes et la moitié des détaillants font état d’une demande insuffisante. (jv)
https://fr.businessam.be/entreprises-allemandes-confrontees-a-une-penurie-persistante-de-commandes/
Pour le seul mois de juin, les économistes d'IWH ont recensé 1 420 faillites d'entreprises, soit une baisse de 4 % par rapport à mai. Cependant, les comparaisons annuelles révèlent l'ampleur de la crise : une augmentation de 23 % depuis juin 2024. Ces chiffres sont également supérieurs de plus de 50 % à la moyenne d'avant le confinement.
Notamment, dans des Länder économiquement forts comme la Bavière et la Hesse, les faillites ont augmenté de manière disproportionnée, de respectivement 80 % et 79 %.
Au total, 4 524 faillites d'entreprises ont été enregistrées au deuxième trimestre, soit une augmentation de 7 % par rapport au premier trimestre 2025.
https://www.zerohedge.com/markets/germanys-insolvency-tsunami-structural-breakdown-underway
Quark 06 08 25
Pour la première fois depuis 1993, le volume semestriel de bière bues en Allemagne est tombé sous la barre des quatre milliards de litre, dans un marché en recul depuis plusieurs années.
La bière ne coule plus à flot. La consommation de l'alcool produit à partir de houblon a connu son pire semestre depuis 30 ans en Allemagne, selon des chiffres parus vendredi, de quoi donner des maux de tête aux brasseurs qui redoutent aussi l'effet des droits de douane américain, alors que ce vendredi 1er août est marqué par la journée mondiale de la bière.
Entre janvier et juin, les Allemands ont ingurgité 3,9 milliards de litres de bière, soit une diminution de 6,3% sur un an selon l'office fédéral de statistiques Destatis. C'est la première fois depuis 1993 que le volume semestriel tombe sous la barre des quatre milliards de litre, dans un marché en recul depuis plusieurs années.
Le coût des matières premières n'aide pas
Cela s'explique par « des raisons démographiques », dans un pays vieillissant et « la réticence massive des consommateurs à dépenser », explique Holger Eichele, directeur de la Fédération des brasseurs allemands, dans un communiqué.
En parallèle, les quelques 1 500 brasseries du pays se débattent avec des coûts des matières premières et de l'énergie élevés, à l'image d'autres pans de l'industrie nationale en crise.
Par ailleurs, les brasseurs tremblent face « aux risques géopolitiques » touchant leurs marchés d'exportation, qui représentent 18% des ventes au premier semestre. Les 15% de surtaxes sur les exportations européennes vers les Etats-Unis, deuxième importateur de bière allemande derrière l'Italie, « devraient accroître considérablement la pression » sur le secteur.
La bière sans alcool prend le pouvoir
La fédération réclame d'abaisser rapidement la TVA dans les restaurants de 19% à 7%, une promesse controversée du chancelier conservateur Friedrich Merz.
Les brasseurs peuvent toutefois se raccrocher au dynamisme des bières sans alcool, qui affichent une croissance de 8% au premier semestre.
« Bientôt, une bière sur dix brassée en Allemagne sera sans alcool », félicite M. Eichele, qui affirme que l'Allemagne est « leader mondial » de ce segment.
https://www.leprogres.fr/economie/2025/08/01/consommation-de-biere-en-recul-historique-droits-de-douane-les-brasseurs-boivent-la-tasse
Le Mal Européen : L'Allemagne Entre dans la Spirale de la Dette...
L'Allemagne est en passe de perdre sa réputation d'État responsable sur le plan budgétaire. Par des dépenses incontrôlées, le gouvernement fédéral entraîne le pays dans des eaux troubles.
Jeudi, le Handelsblatt a fait état d'un nouveau déficit budgétaire. D'ici 2029, les dettes supplémentaires, jusqu'alors non financées, devraient passer de 144 à 150 milliards d'euros, selon plusieurs sources gouvernementales. Ces dettes ne font pas partie de la dette fédérale prévue, mais s'y ajoutent. Plus récemment, la coalition a convenu d'avancer à 2027 le complément de retraite prévu pour les mères, ce qui entraînerait des dépenses supplémentaires de 4,5 milliards d'euros.
Il faut le dire clairement : sous la direction du chancelier Friedrich Merz, l'Allemagne a abandonné ses derniers efforts de rigueur budgétaire et de budgétisation conservatrice. Le coût du consensus politique fragile d'une coalition, conçu pour éviter les conflits, est répercuté sur les contribuables.
Un Krach Prévisible
Ces chiffres sont déjà alarmants, mais nous sommes encore dans le calme avant la tempête. En 2025, le ratio de nouvelle dette nette devrait atteindre 3,2 % du PIB. Ce montant comprend environ 82 milliards d'euros de nouvelle dette fédérale, 15 milliards d'euros d'emprunts supplémentaires auprès des États et des municipalités, et environ 37 milliards d'euros de « fonds spéciaux » fédéraux – dette fantôme hors budget.
Ces prévisions s'effondreront dès que l'économie allemande s'enfoncera davantage dans la récession. La hausse du chômage et la baisse des recettes fiscales pèseront davantage sur le budget fédéral et les fonds de protection sociale. Si les responsables politiques se sentent encore rassurés par une dette publique de 63 % du PIB, si l'on inclut le programme d'endettement de 1 000 milliards d'euros du gouvernement Merz, les niveaux d'endettement pourraient dépasser 90 % du PIB d'ici la fin de la décennie.
L'Allemagne pratique désormais une politique budgétaire que la plupart des citoyens connaissent mal. Les habitudes méditerranéennes sont de retour, non pas sous la forme d'un temps ensoleillé, mais plutôt par une mauvaise gestion des finances publiques. Les recettes fiscales ne peuvent plus combler les déficits
Dans une démonstration d'orgueil sans précédent, la politique allemande a laissé son État-providence largement ouvert à la pauvreté liée à l'immigration au cours de la dernière décennie, provoquant un désarroi non seulement budgétaire, mais aussi culturel et économique. À cela s'ajoutent le vieillissement de la population et une crise économique auto-infligée. Tout indique désormais que le système de protection sociale est voué à la catastrophe.
D'ici 2025, un déficit cumulé de plus de 55 milliards d'euros est attendu, principalement au niveau de l'assurance maladie obligatoire, qui accusera un déficit record de près de 47 milliards d'euros. L'assurance dépendance engendre des pertes supplémentaires de 1,6 milliard d'euros, et le fonds de pension accuse un déficit d'environ 7 milliards d'euros.
Autrefois présenté comme un système « adapté aux générations futures », le modèle de protection sociale allemand est devenu un gouffre sans fond. Les renflouements fédéraux, les prêts d'urgence et les cotisations toujours plus élevées caractérisent désormais un État social entrant dans la phase initiale de l'effondrement.
Vae victis – malheur aux vaincus – et heureux ceux qui ont anticipé cette chute et ont eu les moyens d'échapper au piège de l'État-providence. La facture est désormais payée par les travailleurs qui souffrent en silence – les héros qui absorbent les conséquences des politiques d'endettement inconsidérées par leur travail et leur temps perdu.
La politique sociale actuelle est avant tout un atelier de réparation des dommages causés par l'interventionnisme politique. En tentant de fusionner un ciment social artificiel à la société, la part de l'État dans le PIB a atteint 50 %. Malgré des hausses d'impôts massives – taxes sur le CO2, péages routiers, impôts fonciers et progression du froid – l'écart entre les dépenses publiques et les recettes fiscales réelles ne cesse de se creuser.
À la croisée des chemins
Mais rien ne semble indiquer un recul à Berlin. La compétition politique entre les partis étatistes, dont la CDU, n'aboutit qu'à un seul résultat : des budgets sociaux plus importants, des promesses d'allocations sans fin et une ingérence accrue dans l'économie.
Avec sa loyauté dogmatique envers la politique climatique et son idéologie de l'ouverture des frontières, l'État allemand trébuche aveuglément vers un carrefour. Les crises budgétaires ne peuvent être anticipées ; elles surviennent lorsque les gouvernements perdent leur capacité d'emprunt sur les marchés financiers. Comme l'a dit Hemingway à propos de la faillite : « D'abord lentement, puis soudainement.»
Une fois ce moment venu, lorsque les marchés obligataires disent non, la société se retrouve face à deux voies : l'étatisme total ou le libéralisme économique radical. Dans le premier cas, les marchés de l'énergie et des capitaux tombent sous le contrôle de l'État, tandis que la gestion économique devient autoritaire. C'est la voie que l'Allemagne suit actuellement.
L'alternative est celle choisie par l'Argentine sous la présidence de Javier Milei, symbolisée par sa désormais célèbre tronçonneuse. Cette voie renvoie à une civilisation fondée sur un gouvernement limité, confiné à la protection de la sécurité intérieure et extérieure.
L'Europe, un laboratoire
Que cela nous plaise ou non, nous participons tous à une vaste expérience sociale. La question est : l'Europe peut-elle se débarrasser de son socialisme dégénératif – l'idéologie qui a infligé tant de dommages au continent et au monde – ou allons-nous retomber dans des schémas infantiles, refusant toute réforme par peur et sentimentalisme ?
Le débat budgétaire et la paralysie politique en France offrent un aperçu de notre propre avenir. Le quota de l'État français a grimpé à 57 %. Ses politiques d'ouverture des frontières ont échoué. Son État-providence pléthorique a rendu le pays ingouvernable.
Tout cela culmine dans une crise gouvernementale permanente, se traduisant par un effondrement de la confiance du public. La volatilité économique, longtemps réprimée par l'État-providence, éclate désormais sous forme de troubles sociaux dans les rues.
Tyler Durden 28 juillet 2025 Thomas Kolbe
À propos de l'auteur : Thomas Kolbe, diplômé allemand en économie, travaille depuis plus de 25 ans comme journaliste et producteur média pour des clients issus de divers secteurs et associations professionnelles. En tant que publiciste, il se concentre sur les processus économiques et observe les événements géopolitiques du point de vue des marchés financiers. Ses publications s'inscrivent dans une philosophie centrée sur l'individu et son droit à l'autodétermination.
https://www.zerohedge.com/political/european-disease-germany-enters-debt-spiral
commentaires sur le blog de Quark :
Les industries clés de l'Allemagne, comme la construction mécanique et la construction, sont désormais en pleine dépression. Depuis 2019, avant même les confinements, la production dans ces secteurs a chuté jusqu'à 15 %. Dans le secteur de l'hôtellerie et de la restauration, les ventes réelles ont encore chuté de 4 % en glissement annuel en mai. La situation est catastrophique. Après des années d'inflation, les ménages luttent contre l'effondrement de leur pouvoir d'achat.
Le budget de guerre prévu par l'Allemagne éclipse tout ce que l'histoire du pays a connu après la Seconde Guerre mondiale. Avec le « fonds spécial » de 100 milliards d'euros à compter de 2022 et l'adoption cette année d'un nouveau fonds supplémentaire de 1 000 milliards d'euros, les budgets annuels de la défense augmentent à pas de géant. Alors que les responsables politiques, tant du gouvernement que de l'opposition, prônent une augmentation des dépenses militaires à 5 % du PIB, la classe dirigeante se prépare ouvertement à une guerre totale. 5 % du PIB allemand équivaudraient à environ 225 milliards d'euros par an.
Cette militarisation a des conséquences considérables pour la classe ouvrière. Pistorius n'a laissé aucun doute quant à savoir qui paiera la facture. À la radio publique, il a déclaré avec cynisme : « Ce pays ne peut pas être défendu avec des prestations sociales et l'éducation.» Le gouvernement détourne déjà des fonds initialement destinés à des fins sociales et environnementales vers l'armement. L'Union européenne, par exemple, a consacré les fonds excédentaires issus de la relance post-COVID-19 à la défense, réduisant ainsi les budgets initialement prévus pour le changement climatique et les investissements numériques.
En Allemagne, une nouvelle loi sur l'investissement accélérera les achats et développera les capacités industrielles. Le gouvernement introduit également un nouveau type de « service militaire volontaire », calqué sur le système suédois, afin d'augmenter rapidement les effectifs de la Bundeswehr.
Derrière les proclamations sur la « sécurité » et la « défense de notre mode de vie » se cache un programme impérialiste impitoyable. Le capitalisme allemand utilise la guerre en Ukraine comme une opportunité pour se débarrasser des dernières restrictions à l'usage de la force militaire imposées depuis la chute du régime nazi et redevenir la première puissance militaire européenne. À l'automne 2023, Pistorius a déclaré que l'Allemagne devait être « prête à la guerre ». Le chef de la CDU, Friedrich Merz, a réitéré ce message lors de son premier discours au Bundestag en tant que chancelier, déclarant : « La Bundeswehr sera l'armée conventionnelle la plus puissante d'Europe. »
Cette politique, longtemps promue par l'extrême droite, est désormais devenue le programme officiel de toute la classe dirigeante. Le chrétien-démocrate Johann Wadephul et les politiciens de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) réclament depuis des années que 5 % du PIB soient alloués à la défense. Aujourd'hui, cette politique est devenue une politique d'État, soutenue par les ministères dirigés par la CDU et le SPD.
La marche guerrière insensée du gouvernement allemand bénéficie du soutien de tous les grands partis. Les Verts, autrefois pacifistes autoproclamés, sont devenus les plus fervents défenseurs du militarisme, applaudissant ouvertement le déploiement de la Bundeswehr contre la Russie.
Le Parti de gauche critique certaines des mesures récentes, mais uniquement pour dissimuler et préserver le programme de guerre du gouvernement, tout en tentant de contenir une large opposition publique. Cependant, il a voté en faveur de crédits de guerre d'un milliard d'euros au Bundesrat et a ensuite joué un rôle clé dans l'élection rapide de Merz au poste de chancelier au Bundestag.
Les conséquences de cette offensive militariste seront catastrophiques. Le programme de réarmement implique que la classe dirigeante mènera la guerre non seulement en Europe, mais aussi contre les droits sociaux et démocratiques de la classe ouvrière dans son pays. Comme lors des périodes précédant la Première et la Seconde Guerre mondiale, les classes dirigeantes en Allemagne, dans toute l'Europe et au sein de l'OTAN répondent aux crises internes et aux contradictions internationales par des préparatifs de guerre et de dictature.
Les travailleurs et la jeunesse doivent en tirer les conséquences. La politique de guerre de l'OTAN ne peut être stoppée que par la mobilisation politique indépendante de la classe ouvrière en Europe et à l'échelle internationale, dirigée contre le système capitaliste qui engendre la guerre. L'urgence est de construire un mouvement socialiste anti-guerre qui rassemble les travailleurs de tous les pays sur la base d'un programme internationaliste commun. (Article initialement publié en anglais le 6 juin 2025)
https://www.wsws.org/es/articles/2025/06/09/cecd-j09.html
Les défaillances d'entreprises en Allemagne ont atteint leur plus haut niveau en dix ans au premier semestre 2025, en raison d'une demande faible, de la hausse des coûts et d'un contexte économique incertain, montre une étude publiée jeudi par le cabinet d'études Creditreform.
Quelque 11.900 faillites d'entreprises ont été enregistrées au cours des six premiers mois de cette année, soit 9,4% de plus qu'au cours de la même période de l'année précédente, selon l'étude.
"L'Allemagne reste plongée dans une crise économique et structurelle profonde", a déclaré Patrik-Ludwig Hantzsch, économiste chez Creditreform.
Trésoreries au plus bas
Les entreprises allemandes sont de plus en plus en difficulté, car leurs réserves financières s'amenuisent et, dans certains cas, les prêts ne sont plus prolongés, a ajouté l'analyste.
Il a également prévenu que le risque de défaillances resterait élevé pour le reste de l'année, car il est peu probable que l'économie allemande, qui a enregistré en 2024 sa
deuxième année consécutive de récession, se redresse de manière significative prochainement.
La reprise économique ne devrait pas se faire sentir avant la mise en place en 2026 du fonds d'investissement de 500 milliards d'euros approuvé au début de l'année par le gouvernement de Friedrich Merz.
Le nombre d'employés qui travaillaient dans ces entreprises en faillite s'élève au total à environ 141.000, selon Creditreform.
"La persistance d'un niveau élevé de défaillances déclenche de plus en plus de réactions en chaîne", note Patrik-Ludwig Hantzsch.
L’économie allemande traverse une récession. Cette crise frappe durement l’emploi, en particulier dans l’industrie. En un an, plus de 100.000 postes industriels ont disparu. Près de la moitié de ces pertes concernent le secteur automobile.
Selon une étude récente du cabinet EY, environ 45.400 emplois ont été supprimés dans l’automobile. Fin mars, l’industrie comptait 5,46 millions de travailleurs. Cela représente une baisse de 1,8 pour cent par rapport à l’année précédente, soit 101.000 emplois perdus en douze mois
Concurrence chinoise
Plusieurs facteurs aggravent la situation. D’abord, la demande reste faible en Europe. Ensuite, les tensions commerciales avec les États-Unis freinent les exportations vers la première économie mondiale. À cela s’ajoute la pression exercée par la concurrence chinoise, notamment sur les prix.
Jan Brorhilker, associé chez EY, souligne que ces difficultés pèsent lourdement sur les industriels allemands. D’après EY, la tendance reste inquiétante : au moins 70.000 suppressions d’emplois supplémentaires sont attendues d’ici fin 2025.
Certaines entreprises, en particulier dans la construction mécanique et l’automobile, ont déjà lancé des plans d’économies. Rien qu’en un an, l’industrie automobile a perdu près de 6 pour cent de ses effectifs. Cette baisse s’explique en grande partie par la chute des ventes. De plus, la transition vers la voiture électrique et la concurrence asiatique accélèrent les restructurations.
La chimie et la pharmacie restent stables
Tous les secteurs ne sont pas touchés de la même manière. L’emploi dans la chimie et la pharmacie reste stable, avec une baisse limitée à 0,3 pour cent. En revanche, la métallurgie et l’industrie textile affichent des pertes importantes, dépassant les 4 pour cent.
Face à ces chiffres, un débat s’ouvre sur l’avenir industriel de l’Allemagne. Certains craignent une désindustrialisation. Pourtant, les données sur le long terme montrent une tendance globale à la croissance de l’emploi industriel.
L’économie allemande est résiliente
Malgré les défis, Jan Brorhilker rappelle que l’industrie allemande a souvent démontré sa capacité d’adaptation. Toutefois, il insiste : pour rester compétitive, l’Allemagne doit agir.
Selon lui, il faut baisser les coûts, alléger la bureaucratie et stimuler la demande intérieure. Cela permettrait de réduire la dépendance aux exportations. De son côté, l’association de l’industrie automobile (VDA) appelle aussi les responsables politiques à réagir rapidement.
https://fr.businessam.be/leconomie-allemande-confrontee-ecession-pertes-demplois/
Son réseau électrique est au bord de la rupture : comment le pays s’est fourvoyé dans une impasse à 520 milliards et reste dépendant des fossiles...
Le 6 novembre, à 17 heures. L'Allemagne fait face à un scénario cauchemardesque : ses 1 602 éoliennes maritimes sont à l'arrêt complet. Ses 72 gigawatts d'éoliennes terrestres (plus de 30 000 mâts !) ne produisent que 114 mégawattheures, une fraction dérisoire (0,1 %) de ses besoins. Le soleil est couché, rendant inutiles ses 3,7 millions d'installations solaires (94 gigawatts). La consommation, elle, atteint 66 gigawattheures…
Pour éviter le black-out, le pays doit importer massivement de l'électricité et pousser au maximum ses centrales au fioul et au charbon. Le prix du mégawattheure s'envole à 820 euros, « dix fois son prix habituel », s'affolera, sur LinkedIn, le patron de l'énergéticien allemand RWE, Markus Krebber.
Ce « Dunkelflaute » (absence simultanée de vent et de soleil) se prolonge pendant plus de trente heures. Les dispositifs de stockage – batteries et stations de pompage – sont vite épuisés. Le pays doit importer environ 13 gigawatts d'électricité, ses moyens pilotables nationaux (53 gigawatts) étant insuffisants pour couvrir la demande.
« Cela signifie que la même situation n'aurait pas été gérable un jour de janvier avec une charge de pointe plus élevée, selon Markus Krebber. En Allemagne, nous agissons depuis des années comme si la question de l'ajout de capacités sécurisées pouvait être reportée. Non, nous n'avons plus le temps ! »
Sept fois plus de CO2
À mesure que les journées de ce type se multiplient, l'échec de l'Energiewende, cette « transition énergétique » allemande vantée comme un modèle en Europe, se fait de plus en plus criant. Et l'un des plus grands faits d'armes d'Angela Merkel – unanimement célébrée comme la « chancelière du climat » lorsqu'elle acte, en 2011, la sortie de son pays du nucléaire, embrassant le mouvement engagé au début des années 2000 par la coalition rouge-verte au pouvoir – s'est mué en une humiliation nationale.
En vingt ans, le pays a investi plus de 500 milliards d'euros pour installer des forêts d'éoliennes, couvrir ses toits de panneaux solaires. Une facture payée au prix fort (l'un des plus élevés d'Europe) par les contribuables et par l'industrie…
Pour un bilan environnemental désastreux : alors que la dernière centrale nucléaire a fermé en avril 2023, le kilowattheure allemand émet, en moyenne annuelle, sept fois plus de CO2 que le kilowattheure français : 417 grammes contre 59. Pour compenser l'intermittence des renouvelables et la fermeture de ses réacteurs, l'Allemagne a dû augmenter ses capacités fossiles de plus de 5 % en vingt ans, les centrales à charbon fermées étant remplacées par des centrales au gaz (massivement importé de Russie, puis des États-Unis), dont la consommation a bondi de 71 %.
Demande en électricité : un bond de 70 %
En 2024, le réseau électrique est au bord de la rupture, selon un rapport corrosif publié en mars par la Cour des comptes allemande. Le développement des réseaux accuse un « retard considérable », écrit-elle : seuls 2 695 kilomètres de lignes électriques ont été construits, sur les 14 000 nécessaires à l'Energiewende… à peine 19 % ! Il faudra sept ans minimum, estime la cour, pour rattraper le retard.
Pour éviter l'effondrement du réseau, le pays doit recourir massivement au redispatching – ces ajustements d'urgence qui ont coûté 4,2 milliards d'euros en 2023. Et, selon l'Agence fédérale des réseaux, il faudra investir 460 milliards d'euros supplémentaires d'ici à 2045 pour adapter les réseaux électriques à la hausse programmée des renouvelables.
La demande en électricité, elle, est censée bondir de 70 % d'ici à 2050 pour que l'Allemagne puisse tenir ses engagements climatiques. Le pourra-t-elle ? Le « modèle allemand », dénoncent ses détracteurs, menace aujourd'hui à la fois la survie économique du pays et le climat.
https://www.lepoint.fr/monde/l-allemagne-reinvestit-dans-les-energies-fossiles-29-11-2024-2576689_24.php
Guerre, extrême droite, démocratie fragilisée : autant de raisons qui poussent certains Allemands à envisager un départ. La “Frankfurter Allgemeine Zeitung” brosse le portrait d’un pays en plein doute...
En réaction aux tensions géopolitiques et à la montée de l’extrême droite, un nombre croissant d’Allemands évoquent ouvertement l’idée de quitter leur pays. La Frankfurter Allgemeine Zeitung décrit cette tendance inquiétante, alimentée par des craintes diverses : la guerre, la dérive politique ou encore la perte des valeurs démocratiques. “Il faut partir tant qu’il est encore temps”, confie un Berlinois, qui exprime un sentiment diffus d’urgence et de résignation.
Dans les cafés de Charlottenburg, dans les salons familiaux ou sur les réseaux sociaux, la question revient : où aller ? Si l’Amérique du Sud, l’Asie ou l’Afrique du Sud sont parfois envisagées, une destination semble dominer les esprits : le Canada, perçu comme un havre de stabilité et de tolérance. “À la fin, il ne reste que l’océan devant l’île de Vancouver”, écrit le quotidien, traduisant le rêve d’un ailleurs idéalisé.
Ce phénomène touche particulièrement les étrangers et les descendants d’immigrés, notamment musulmans et juifs. Après la montée de l’AfD, certains ont exprimé leur désillusion : “Allemagne, tu nous as perdus”, pouvait-on lire sur les réseaux. Cette crispation révèle un malaise plus profond : la crainte de voir l’histoire se répéter.
À cela s’ajoute l’incertitude géopolitique. Le retour de Donald Trump aux États-Unis et son désengagement annoncé vis-à-vis de l’Europe alimentent l’anxiété. La peur d’une attaque russe n’est plus un fantasme, mais un scénario pris au sérieux par certains. “Deux ans, peut-être, avant que Poutine ne frappe”, lance une retraitée berlinoise. Une rhétorique qui rappelle d’anciennes blessures, alors que l’Europe paraît de plus en plus isolée.
Dans ce climat, un best-seller récent résume l’état d’esprit ambiant : Pourquoi je ne me battrai jamais pour mon pays. Son auteur, Ole Nymoen, revendique une posture antimilitariste radicale. Interrogé sur son attitude en cas d’invasion, il répond sans détour : “Je fuirai.” Une déclaration qui divise, entre ceux qui y voient du défaitisme et ceux qui, silencieusement, préparent déjà leur départ.
Loin d’être anecdotique, cette tentation de l’exil révèle une fissure dans la confiance des Allemands envers leur propre nation. Si la situation continue de se dégrader, l’hémorragie pourrait ne plus être seulement symbolique.
Face à la loi du plus fort imposée par les empires russe et américain, le chancelier Friedrich Merz fixe une ligne claire : relance de l’économie, fin de l’austérité et réarmement...
La révolution conservatrice conduite par Donald Trump, qui entend refonder les États-Unis autour d'une démocratie illibérale, d'un capitalisme de prédation et d'un alignement sur les empires autoritaires, télescope toutes les démocraties. Elle constitue un traumatisme existentiel pour l'Allemagne qui s'est reconstruite après 1945 autour des valeurs libérales portées par l'Amérique.
La conférence sur la sécurité de Munich a tourné à l'électrochoc, qui a vu J. D. Vance acter le ralliement de l'administration Trump au narratif et aux revendications russes sur l'Ukraine, confirmer la désintégration politique sinon la dénonciation juridique de l'Alliance atlantique, afficher son soutien aux partis d'extrême droite, à commencer par l'AfD.
Responsabilité historique
L'Allemagne a brutalement réalisé sa solitude face à un monde qui a basculé. Solitude face à l'obsolescence de son modèle mercantiliste, qui se traduit par une activité stagnante depuis 2019, une production industrielle en chute de 7 % depuis 2018, l'envolée des faillites et la fin du plein-emploi – et ce, au moment où les mesures protectionnistes des États-Unis pourraient lui coûter 1,5 % de son PIB.
Solitude face à la menace impériale de la Russie du fait de la disparition de la garantie de sécurité des États-Unis qui la désignent désormais comme un adversaire. Solitude face à la montée de l'extrême droite, dorénavant activement soutenue par l'administration Trump.
Friedrich Merz porte ainsi une responsabilité historique, alors même que sa victoire aux élections du 23 février a été incontestable, mais moins nette qu'attendu. Il représente la dernière chance avant l'arrivée au pouvoir de l'AfD.
Il concentre les espoirs des Européens de sortir le continent de la stagnation et de le réarmer. Il donnera au monde une indication cruciale sur la volonté et la capacité de l'Europe de défendre la liberté économique et politique ou bien sur sa soumission au nouveau désordre mondial et à loi du plus fort imposée par les empires.
L'effort de défense à 3,5 % du PIB en 2030
Pour n'être pas encore gagné, le pari de Friedrich Merz de stabiliser une Allemagne désorientée en la remettant en mouvement paraît bien engagé. Il a défini et fait valider par les électeurs une ligne claire qui associe contrôle de l'immigration, relance de l'économie, réarmement et fin de l'austérité. Il a conclu en un temps record, dès le 8 mars, un accord sur les principes de la future coalition avec le SPD.
Il a mis en œuvre avant l'installation du nouveau Parlement, où l'AfD et Die Linke disposeront d'une minorité de blocage, la révision de la Constitution sur le frein à la dette qui plafonne à 0,35 % du PIB les nouveaux emprunts fédéraux. Et ce, en négociant un accord avec le SPD et les Verts qui exclut du déficit les dépenses de défense – y compris l'aide à l'Ukraine, la défense civile et les services secrets – au-delà de 1 % du PIB, ainsi que la création d'un fonds spécial pour l'investissement de 500 milliards d'euros, dont 100 pour la transition climatique et 100 pour les seize Länder.
Enfin, il a érigé le réarmement en priorité absolue, en prévoyant de porter l'effort de défense à 3,5 % du PIB en 2030, en ouvrant un dialogue stratégique avec le Royaume-Uni et la France sur la dissuasion nucléaire, en planifiant la reconversion d'une partie des capacités de l'industrie automobile vers la production d'armement.
Dynamisme du capitalisme familial
Sous la pression de Vladimir Poutine, qui entend reconstituer l'empire soviétique, et de Donald Trump, qui poursuit le dynamitage de l'Occident, l'Allemagne est en passe de se libérer du bilan catastrophique des années Merkel – marquées par la réponse déflationniste à la crise de la zone euro, par le désastre économique et écologique de la sortie nucléaire, par l'organisation de la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie, par l'ouverture unilatérale des frontières aux migrants qui a fait la fortune de l'extrême droite sur tout le continent – comme de la procrastination propre à Olaf Scholz qui réduisit le « Zeitenwende » à une lettre morte.
Berlin dispose de formidables atouts pour réussir sa transformation : le dynamisme de son capitalisme familial – à l'image de Rheinmetall, dont le carnet de commandes a bondi de 34 à 55 milliards d'euros en un an –, la qualité de sa recherche, la faiblesse de sa dette publique limitée à 62 % du PIB, la vitalité de sa société civile, le contrôle de la Commission et du Parlement européens.
Le réveil de l'Allemagne constitue une excellente nouvelle pour l'Europe. Elle devrait redevenir un pôle de stabilité pour ses citoyens comme pour ceux du continent, mais au service du développement, de l'innovation et de la sécurité. La relance de son économie peut compenser les dommages de la guerre commerciale lancée par les États-Unis.
Son réarmement symbolisera le changement de stratégie des Européens et adresse à la Russie un puissant signal de dissuasion. Son nouveau cours donne de la crédibilité au tournant de l'Europe qui, face au chaos intérieur et extérieur promu par les États-Unis, dispose d'une chance historique de redevenir un acteur majeur du XXIe siècle en attirant capitaux, talents et entreprises grâce à la combinaison de la liberté, de la stabilité, de la protection de l'État de droit et de la sécurité.
Il reste que la renaissance de l'Allemagne laissera la France en position de seul homme malade de l'Europe. L'Allemagne a compris in extremis que le monde du XXIe siècle ne l'attendrait pas. Elle n'attendra pas la France. À nous de nous réveiller sans temporiser jusqu'à la prochaine élection présidentielle.
Lors des élections fédérales ce dimanche 23 février en Allemagne, l’AfD a obtenu un score historique. La politique énergétique désastreuse soutenue par la coalition au pouvoir a favorisé son essor, argumente l’expert en énergie Philippe Charlez
S’il fallait une preuve supplémentaire de l’impasse dans laquelle se trouve la transition énergétique européenne, le résultat des législatives allemandes en fournirait l’éclatante démonstration. La sanction est très lourde pour la coalition au pouvoir : les verts perdent 33 sièges, la SPD 86. Quant aux libéraux du FDP, qui siègent à Bruxelles dans le groupe Renew, ils ne seront plus représentés au Bundestag. Si le CDU-CSU redevient le premier parti, il n’augmente cependant sa présence au Parlement que de 12 sièges. Le grand gagnant n’est pas la CDU mais l’AfD qui, avec plus de dix millions de voies, augmente sa représentation de 69 sièges.
Après l’Argentine de Milei, les États-Unis de Trump, les Pays-Bas de Wilders, l’Italie de Meloni et la Belgique de De Wever, l’imprenable citadelle verte allemande a basculé vers une droite dure au mieux anti-Green deal au pire climatosceptique assumée. Quant à la France, elle n’a échappé à cette déferlante anti-écologiste qu’en s’abritant derrière un front républicain factice.
Dans les faits, l’opinion publique hexagonale très majoritairement à droite avait clairement sanctionné l’écologie politique en juin dernier, EELV se retrouvant à la limite de la non-représentation au Parlement européen. En déclarant que «tout comme les États-Unis, le peuple allemand en a eu assez d’un programme dénué de bon sens, notamment en matière d’énergie», Donald Trump ne fait que décrire avec réalisme le véritable ressenti du peuple allemand.
L’effondrement de l’ex-coalition «pastèque» n’est pas (comme certains ne manqueront de le proclamer !) le résultat d’une «manipulation de l’extrême droite» mais, entre autres, la conséquence de résultats écologico-économiques calamiteux. Le 100% renouvelable, la croissance verte et les millions d’emplois promis par l’Energiewende (la transition écologique) se sont dans les faits transformés en cauchemar : récession économique, chômage, prix stratosphérique du MWh, industries chimique et automobile aux abois. Après plus de mille milliards d’euros d’investissements dans la transition énergétique, la troisième puissance économique mondiale se retrouve au pied du mur.
Angela Merkel nomma son amie Ursula von der Leyen pour lancer, sous le nom de « pacte vert », l’Energiewende européen. Un pacte vert à la fois techniquement irréaliste, financièrement insoutenable et climatiquement inutile.
L’ambition de l’Energiewende était d’accéder rapidement à la chimère d’un mix d’énergies 100% renouvelables en remplaçant le nucléaire et le charbon par des énergies renouvelables intermittentes (supérieures à 50% en 2024) s’appuyant en transition sur l’avantageux gaz russe. Vanté par les écologistes jusqu’à peu, ce modèle irréaliste s’est effondré comme un château de cartes dès le milieu de l’année 2021 avec la crise énergétique, avant que le conflit russo-ukrainien ne porte le gaz naturel et par effet rebond l’électricité à des prix inédits.
L’Allemagne est aujourd’hui obligée d’importer via les terminaux méthaniers français, belges et hollandais (les Verts se sont toujours opposés à la construction de terminaux méthaniers en Allemagne !) du gaz naturel liquéfié (de schiste !) américain cinq fois plus cher que le gaz russe. Pour pallier les intermittences de ses ENR, elle importe aussi massivement de l’électricité française à la grande satisfaction d’EDF qui, grâce à ses exportations, a engrangé des bénéfices historiques en 2024.
Olaf Scholtz a certes gouverné au mauvais moment et payé l’addition d’une faillite collective remontant au début des années 2000. Mais n’oublions jamais que c’est Gerhard Schröder qui sacrifia le nucléaire allemand au nom d’un sinistre accord électoral avec les Verts. Que c’est aussi Schröder qui, une fois retourné dans la vie active, devint le conseiller privé de Poutine et négocia les gazoducs Nord Stream aujourd’hui détruits. C’est encore Schröder qui, via le russe Gazprom, fit financer de sombres ONGs (parmi lesquelles WWF du macroniste Pascal Canfin) pour faire du lobbying antinucléaire. Un lobbying poussé à son paroxysme sur le sol français par des fondations allemandes financées par le pouvoir.
C’est ensuite Angela Merkel qui, après la catastrophe de Fukushima (un tsunami et non un accident nucléaire !), entérina le projet de Schröder et lança l’Energiewende. C’est encore Angela Merkel qui nomma son amie Ursula von der Leyen à la tête de la Commission européenne pour lancer, sous le nom de «pacte vert», l’Energiewende européen. Un pacte vert à la fois techniquement irréaliste, financièrement insoutenable et climatiquement inutile. Un pacte vert dont les règles furent biaisées au profit de l’Allemagne utilisant à nouveau ses ONG pour faire du lobbying auprès des députés européens. Un pacte vert qui est en train de sacrifier l’Europe et ce qui lui reste de son industrie sur l’autel de la vertu.
On peut s’attendre à un nouveau pied de nez aux électeurs qui, une fois de plus, n’auront pas été entendus. Une constante historique : quels que soient les résultats, on prend les mêmes et on recommence !
En dehors des urnes qui l’ont massivement rejeté, l’échec cuisant de l’Energiewende se lit aussi en filigrane d’une des promesses de Friedrich Merz, leader de la CDU et probable futur chancelier : l’Allemagne, ennemie historique de l’atome et sortie du nucléaire depuis à peine un an songe… à y revenir rapidement. Cet échec se lit aussi en filigrane du programme de l’AfD, ouvertement climatosceptique, souhaitant abandonner le Green deal, maintenir les centrales à charbon, démolir les éoliennes et reprendre les achats de gaz russe après avoir réparé les gazoducs Nord Stream.
Les choses vont-elles changer pour autant ? Rien n’est moins sûr. La CDU-CSU refusant catégoriquement de s’associer à l’AfD (ces deux partis possèdent pourtant à eux seuls une majorité écrasante au Bundestag), parti jugé infréquentable, Friedrich Merz ne pourra que gouverner avec le SPD et les Verts. Il subira alors inexorablement l’éternel chantage qui prévaut depuis deux décennies dans toutes les coalitions où les écologistes sont présents. Un chantage permettant à Ursula von der Leyen de préserver son mortifère Green deal.
Adieu veau, vache, cochon couvée. Malgré des résultats limpides, on peut s’attendre à un nouveau pied de nez aux électeurs qui, une fois de plus, n’auront pas été entendus. Une constante historique : quels que soient les résultats, on prend les mêmes et on recommence
Philippe Charlez est docteur en physique, expert des questions énergétiques et auteur des Dix commandements de la transition énergétique (VA éditions, 2023). Nicolas Meilhan est ingénieur, ancien conseiller scientifique auprès de France Stratégie. (28 02 25)
https://www.lefigaro.fr/vox/monde/allemagne-la-defaite-de-la-coalition-au-pouvoir-consequence-de-la-faillite-de-la-transition-ecologique-allemande-20250228
Cinq mois de tractations et d’atermoiements. C’est le temps qu’il a fallu à l’Autriche pour se trouver un nouveau gouvernement. Malgré sa victoire électorale, le leader d’extrême droite a échoué à former une majorité. C’est donc finalement une coalition tripartite, constituée des conservateurs, des socio-démocrates et des libéraux, qui arrive au pouvoir dans un contexte économique dégradé : le budget 2025 n’a toujours pas été voté, mais pire encore, cela fait plus de deux ans que le pays flirte ou est techniquement en récession alors qu’il est pourtant considéré comme l’un des plus solides et stables d’Europe. Bilan, le PIB a reculé pour la deuxième année consécutive en 2024, et les perspectives pour 2025 sont peu encourageantes, pas plus de 0,5% de croissance. Le taux d’inflation, lui, reste nettement au-dessus de la moyenne européenne et l’écart s’est encore creusé en début d’année.
Une puissance économique sous pression
Le contraste est saisissant entre la situation actuelle et l’accumulation des bonnes performances passées. Ce petit pays, d’à peine plus de 9 millions d’habitants, pas plus grand que la région Nouvelle-Aquitaine, s’est hissé dans le top 30 mondial des puissances économiques et à la 12ème place en Europe. Avec un PIB par habitant proche de 60 000 dollars par an, le pays est l’un des plus riches d’Europe, au 7ème rang devant l’Allemagne et la France.
Un modèle industriel exemplaire mais fragilisé
Le succès économique de l’Autriche est avant tout un succès industriel, que le pays doit à ses entreprises de taille intermédiaire (ETI) complétées par un réseau très dense de PME, généralement familiales, très innovantes, centrées sur des marchés de niche à haute valeur ajoutée, axées sur l’exportation, connectées notamment à l’Europe centrale avec comme locomotive l’Allemagne. Parmi les principaux points forts : la métallurgie, l’électrochimie et l’ingénierie. Les recettes du succès passent aussi par une spécialisation sectorielle par Lander, organisé en un écosystème avec ce souci permanent d’échapper à la concurrence par les coûts : Haute-Autriche (sidérurgie, chimie, mécanique) ; Salzbourg (bois-papier, électricité) ; Vorarlberg (textile-habillement) ; Carinthie (bois, pâte à papier, industrie papetière) ; Styrie (automobile) et enfin Vienne dans les services financiers.
Un essoufflement industriel préoccupant
Hier force, aujourd’hui faiblesse, le cœur industriel du pays bat plus lentement : la production manufacturière ne cesse de décliner et est tombée sous son niveau d’avant Covid. Quant aux exportations, elles font grise mine et se sont fortement contractées. Alors que se profilent les conséquences à venir de la flambée des droits de douane américains sur les produits européens, les industriels autrichiens doivent déjà affronter deux vents contraires. D’une part, ils doivent composer avec la paralysie de l’industrie allemande. Mission impossible, car ce débouché est incontournable : 30% des exports du pays lui sont destinés. D’autre part, le « made in Austria » subit une lourde perte de compétitivité, conséquence directe du sevrage brutal du gaz russe.
Une crise énergétique aux répercussions durables
L’Autriche, historiquement proche du Kremlin, a longtemps bénéficié de conditions énergétiques avantageuses, rendant ses industries énergivores particulièrement vulnérables à cette rupture. Le choc y est donc bien plus sévère qu’ailleurs, entraînant une forte pression sur les coûts de production, d’autant qu’est venu se greffer un effet de second tour manifesté par une forte hausse des salaires (21% au cours des trois dernières années contre 15% en zone euro). L’autre point fort, le tourisme hivernal, ne va pas beaucoup mieux. À l’ombre de l’Allemagne, l’Autriche connaît des jours difficiles.
Alexandre Mirlicourtois
https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-L-Autriche-dans-la-crise
Publié le mardi 04 mars 2025
Le nombre de faillites d’entreprises en Allemagne a atteint son plus haut niveau depuis dix ans en 2024, et les chiffres ont continué de grimper en janvier. L’Office fédéral de la statistique (Statistisches Bundesamt) fait état d’une augmentation de près de 14 pour cent du nombre de procédures d’insolvabilité enregistrées en janvier par rapport à l’année précédente. Il est important de noter que ces statistiques reflètent les décisions prises par les tribunaux de l’insolvabilité, souvent plusieurs mois après la demande initiale.
Le mois de novembre a été marqué par une forte augmentation des faillites, le tribunal allemand a enregistré 1787 demandes de mise en faillite d’entreprises, soit une hausse d’environ 18 pour cent par rapport à l’année précédente. Le montant total des créances déclarées par les créanciers s’est élevé à environ 2,8 milliards d’euros, contre environ 1,5 milliard d’euros au mois de novembre précédent.
Nombre de défaillances
Au sein de secteurs spécifiques, des industries telles que le transport et la logistique, la construction et l’hôtellerie ont connu une forte concentration de défaillances. À l’inverse, les faillites particulières n’ont augmenté que légèrement, de 2,8 pour cent, pour atteindre 5971 cas.
Selon Creditreform, une agence allemande d’évaluation du crédit, il y a eu environ 22 400 faillites d’entreprises en Allemagne en 2024, soit le nombre le plus élevé depuis 2015. Cette année pourrait potentiellement dépasser le record établi pendant la crise financière mondiale de 2009, qui avait enregistré plus de 32 000 cas.
Facteurs d’influence
Plusieurs facteurs contribuent à cet environnement difficile pour les entreprises : les prix élevés de l’énergie, la complexité des processus bureaucratiques, l’incertitude politique et la baisse des dépenses de consommation. De plus, les mesures exceptionnelles mises en place par le gouvernement lors de la pandémie de COVID-19 pour éviter une vague de faillites ont depuis expiré.
https://fr.businessam.be/les-defaillances-dentreprises-allemandes-atteignent-leur-plus-haut-niveau-depuis-10-ans/
Une austérité érigée en dogme...
La crise économique allemande actuelle ne s’explique pas seulement par la guerre commerciale avec la Chine ou les difficultés de l'industrie automobile. Un facteur clé est interne : l’austérité budgétaire, érigée en dogme national. Tous les partis, de l’extrême droite à la gauche, y adhèrent. Son grand prêtre le plus emblématique fut Wolfgang Schäuble, ancien ministre des Finances. En 2009, au cœur de la crise de la zone euro, l’Allemagne a gravé dans le marbre de sa Constitution la Schuldenbremse (frein à la dette), limitant le déficit structurel de l’État à 0,35 % du PIB et interdisant tout déficit aux Länder.
Un frein à la croissance et aux infrastructures
Cette austérité a pesé négativement sur toute l’Europe après 2008, creusant l’écart avec les Etats Unis. Mais elle a aussi affaibli l’économie allemande. Certes, la dette publique est passée de 80 % du PIB en 2009 à 63 % en 2023, mais l’Allemagne a raté une opportunité historique d’investir lorsque les taux d’intérêt étaient nuls ou négatifs. La baisse de l’endettement public s’est faite au détriment d’infrastructures vitales. Ainsi, le réseau ferroviaire est obsolète, entraînant retards et inefficacité. Les routes sont en mauvais état, avec des ponts menaçant de s’effondrer. La couverture mobile et Internet est l’une des plus faibles d’Europe, freinant l’innovation et la compétitivité. La transition énergétique, pourtant cruciale, peine à avancer faute de financements publics suffisants...
Un carcan constitutionnel difficile à briser
Les Allemands prennent conscience de l’impasse du Schuldenbremse. Mais sa modification exigerait une majorité de 60 % au Bundestag, difficile à atteindre dans un paysage politique morcelé. Pour contourner l’obstacle, les gouvernements successifs ont créé des fonds extrabudgétaires, non soumis aux règles de déficit. Ce stratagème a permis de financer la relance post-COVID et les 100 milliards d’euros du réarmement allemand annoncés par Olaf Scholz après l’invasion de l’Ukraine.
Un séisme politique en novembre 2023
Tout a basculé quand la Cour constitutionnelle de Karlsruhe a invalidé fin 2023 le transfert de 60 milliards d’euros d’un fonds COVID vers un fonds climat, jugeant cette pratique illégale. Cette décision a contraint le gouvernement à des mesures d’austérité radicales, provoquant l’éclatement de la coalition SPD-Verts-Libéraux et les élections anticipées.
Vers une remise en cause du dogme ?
Ironie du sort, Friedrich Merz, leader des Chrétiens-Démocrates, qui devraient remporter ces élections, a évoqué une possible remise en cause de la Schuldenbremse. Un tel revirement serait plus facile en effet pour la droite que pour la gauche, toujours soupçonnée de laxisme budgétaire. Mais ce changement demeure lointain et incertain. L’impasse budgétaire actuelle bloque non seulement notre voisin, mais aussi toute l’Europe, qui dépend fortement de la locomotive économique allemande.
Guillaume Duval
Publié le vendredi 14 février 2025
Récession, baisse rapide des exportations, dégradation des infrastructures… L’Allemagne, longtemps considérée comme un pôle de stabilité en Europe, traverse une profonde crise économique et sociale qui entraîne une recomposition du paysage politique.
La montée en puissance de l'AfD : un séisme politique
La manifestation la plus marquante de cette crise est l’ascension spectaculaire de l’AfD (Alternative für Deutschland). Ce parti d’extrême droite est désormais crédité de plus de 20 % des intentions de vote pour l’élection du 23 février, un score en forte hausse par rapport aux dernières élections législatives.
De la dissidence anti-euro à la mutation vers l'extrême droite
Fondée en 2013, en pleine crise grecque, comme une dissidence anti-euro issue du libéralisme, l’AfD a rapidement évolué vers l’extrême droite. Elle rassemble aujourd’hui des courants radicaux, y compris des néonazis. Avec 10,3 % des voix et 83 sièges au Bundestag lors des dernières élections, elle pourrait doubler son score le 23 février.
L'Europe inquiète face à la poussée de l'extrême droite allemande
Le retour en force d’un parti d’extrême droite en Allemagne suscite de vives inquiétudes en Europe. Toutefois, même avec 20 % des voix, cette force politique reste deux fois moins puissante qu’en France ou en Italie.
L’AfD domine dans l'Est de l'Allemagne
L’AfD réalise ses meilleurs scores à l’Est, dépassant 30 % des voix. Ce phénomène s’explique par une situation économique et sociale dégradée, semblable à celle des zones françaises touchées par la désindustrialisation. Mais il trouve aussi des racines dans l’histoire particulière de cette région.
Un passé qui pèse encore sur l'Allemagne de l'Est
Contrairement à l’Ouest, où le passé nazi a été confronté après 1968, l’Allemagne de l’Est n’a connu qu’un antinazisme officiel dicté par la propagande communiste. Les Allemands de l’Est, soumis à la domination soviétique, n’ont jamais perçu 1945 comme une libération. Leur isolement prolongé a contribué à en faire un terreau fertile pour l’extrême droite.
Un soutien affiché à Vladimir Poutine
Malgré cela, l’AfD soutient ouvertement Vladimir Poutine. Parce qu’il incarne surtout les valeurs prônées par l’extrême droite : racisme, culte de la violence, rejet de la démocratie et de l’État de droit. Un vieux fond impérialiste joue également, rappelant le pacte germano-soviétique et les ambitions territoriales historiques de l’Allemagne à l’Est.
L'AfD au pouvoir demain ? Improbable
Malgré sa montée en puissance, une coalition avec l’AfD reste improbable pour l’instant. Fin janvier, la CDU a certes voté avec l’AfD sur les migrations, provoquant une levée de boucliers, notamment d’Angela Merkel. Mais cet épisode a affaibli la CDU dans les sondages. L’Allemagne demeure, sur ce point, très différente de l’Autriche, où la dénazification n’a jamais été pleinement réalisée.
Guillaume Duval
https://www.xerficanal.com/economie/emission/Guillaume-Duval-L-Allemagne-en-crise-les-neo-nazis-en-pleine-ascension
dans la course actuelle au suicide économique, l'Allemagne est en pole position, ayant mis hors service ses centrales nucléaires en réponse à la peur totalement irrationnelle des tsunamis et, plus récemment, ayant décidé de se déconnecter du gaz russe bon marché. En conséquence, les Allemands ont inventé un mot - dunkelflaute (« accalmie du vent noir ») - pour décrire une situation de plus en plus grave dans laquelle le vent s'arrête de souffler et le soleil de briller :
« Phénomène qui peut se produire à la fin de l'automne ou pendant les mois d'hiver pendant plusieurs jours ou semaines en raison d'une diminution du vent et d'un ciel de plus en plus nuageux. Ce phénomène peut entraîner une diminution de la contribution globale des énergies renouvelables au réseau électrique, ce qui pose des problèmes pour le maintien d'un approvisionnement énergétique stable et fiable pour un système énergétique alimenté uniquement par des ressources renouvelables ».
(commentaire de Tim Watkins)
Une récession sans fin, des plans sociaux en série, une coalition gouvernementale qui a volé en éclats : la crise que traverse l’Allemagne est profonde et remet en cause son modèle économique et politique. Si « l’homme malade de l’Europe » espère trouver des réponses à ses problèmes à l’issue des élections législatives en février, il risque de déchanter. Et voir, au contraire, sa situation s’aggraver, en raison de deux offensives pour le moins déstabilisantes en provenance des Etats-Unis, l’une en cours d’Elon Musk, l’autre à venir de Donald Trump.
La première est politique avec un déboulé fracassant du patron de Tesla, X, et SpaceX dans la campagne législative. Dans une tribune publiée ce week-end dans Die Welt, Elon Musk a réitéré son soutien à l’AfD, le parti allemand d’extrême droite qu’il considère comme « la dernière lueur d’espoir pour l’Allemagne ». S’il reconnaît le droit à la liberté d’expression, le gouvernement allemand déplore néanmoins une « recommandation électorale ». Il n’a pas tort. De tels propos, émanant d’une personnalité appréciée par une grande partie de la jeunesse et proche du futur président américain, ne peuvent que donner du crédit à l’AfD, déjà à la deuxième place dans les sondages avec 19% des intentions de vote.
La seconde est économique avec le relèvement des taxes sur les importations qu’envisage Donald Trump. Si la Chine est ciblée, l’Allemagne, au regard des volumes exportés, est aussi dans le viseur. Et a beaucoup à perdre. Une réduction du marché américain verrait s’écrouler le dernier pilier de son modèle industriel, après la fin du gaz russe et la baisse des exportations vers la Chine.
C’est là que les actions de Musk et de Trump – au-delà du peu de considération qu’elles traduisent à l’égard de leurs alliés européens – ont des interférences : la fermeture d’une usine fait toujours le jeu des extrêmes.
Fabrice Glyzinski
https://www.lopinion.fr/international/musk-trump-la-double-lame-americaine-contre-lallemagne?
L’Allemagne se dirige donc vers des élections anticipées. Scholz a perdu le vote de confiance des députés. Clap de fin pour la coalition qui avait déjà implosé le 6 novembre dernier....
En cause ? Pour faire court, le budget, et surtout le fameux frein à l’endettement public inscrit, sous Merkel, dans le marbre de la Constitution allemande. Le budget de l’Etat fédéral ne peut, légalement, dépasser 0,35% du P.I.B. du pays, et les 16 Länder, de leur côté, n’ont plus le droit de contracter quelque nouvelle dette que ce soit.
L’Allemagne se retrouve donc dans une situation aberrante où elle n’a jamais profité des taux négatifs – qui ont pourtant duré plusieurs années – pour investir. Son frein à l’endettement lui a systématiquement fait sous-investir dans ses infrastructures, sous prétexte de protéger ses jeunes générations qui, aujourd’hui, disposent d’une des plus mauvaises connections internet en Europe.
Pendant de nombreuses années, ce pays a déployé d’intenses pressions et efforts destinés à ce que tous les autres pays de l’Union adoptent son modèle, et lui ressemblent.
Au final, ce pays semble s’acheminer vers une situation critique car des décennies d’austérité le laissent désormais avec une économie qui s’est contractée de 5% par rapport à sa tendance pré-pandémique. Après avoir misé tout sur le diesel et sur ses industries certes de prestige mais à présent poussiéreuses et d’un autre âge, le déclin de sa compétitivité coûtera à chaque famille 2’500 euros par an (selon Bloomberg). Madame Merkel peut bien se réveiller opportunément et proposer dans sa toute récente autobiographie intitulée “Liberté” de repenser ce frein à l’endettement.
L’Allemagne est tout de même condamnée à stagner, voire à régresser, car des décennies de négligences, d’avarice, de maltraitance de ses salariés avec les mini jobs, de choix stratégiques systématiquement biaisés par son appât du gain et par son fétichisme budgétaire seront très difficiles à surmonter.
Deutsche Bahn et son réseau ferré sont le symbole par excellence de l’enfer que sont devenus aujourd’hui les trajets en train dans ce pays. Les fans et les supporters de l’EURO 2024 ont découvert avec effarement que des retards de 30 à 45 minutes étaient systématiques. Un ami allemand me disait il y a peu que le “chaos du rail allemand est une honte nationale car tout y est à moderniser, à changer, à jeter”. L’Allemagne y a investi ces 20 dernières années moins que n’importe quelle autre nation européenne, par tête d’habitant. Pire même, puisqu’elle a réduit son réseau de 40’000 à 34’000 KM lorsqu’elle avait pour projet de privatiser Deutsche Bahn…pour séduire de potentiels investisseurs.
Les économistes allemands à l’impeccable orthodoxie, comme ses politiques à l’hiératique ordolibéralisme, peuvent être fiers de leurs excédents et de leur rigueur. Il est toutefois nettement plus facile d’afficher des comptes équilibrés pour prétendument protéger les générations futures, que de calculer les ravages qu’exercent factuellement leur entêtement sur ces mêmes jeunes générations.
Qu’à cela ne tienne : l’allemand a sa temporalité, ses blocages et son inertie qui lui sont propres. La moitié des allemands reste aujourd’hui persuadée que la pauvreté et que le chômage de masse subis au début des années 1930 étaient la résultante de l’hyperinflation ayant sévi 10 ans auparavant. Moins d’un allemand sur 25 est informé de la réalité, à savoir que c’est la déflation qui fut responsable de leurs déboires.
Michel Santi 17 12 24
https://michelsanti.fr/allemagne/allemagne-en-crise
Dans une industrie allemande qui broie pourtant déjà du noir, 2025 ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. Statistiquement, l’industrie manufacturière va partir avec un handicap. Les carnets de commandes laissent entrevoir un dernier trimestre médiocre, sans perspectives de redressement à court terme. Résultat, l’acquis de croissance en fin d’année sera négatif à hauteur de 2%. Autrement dit, même si les industriels parviennent à maintenir leur niveau de production tout au long de 2025 (ce qui n’est pas une certitude), le bilan annuel enregistrera une perte moyenne d’activité en volume de 2 % par rapport à 2024.
Les conditions pour inverser la tendance
Pour espérer inverser la tendance, deux conditions doivent être réunies : que les débouchés à l’export se desserrent et que le « made in Germany » écrase à nouveau la concurrence ou, pour le moins, maintienne ses positions. La redynamisation des débouchés à l’exportation est essentielle pour une économie fondée pour moitié sur les exports. La faiblesse de l’activité prévue en Europe pour 2025 fait reposer tous les espoirs sur le grand large. Premier partenaire commercial des industriels allemands, les États-Unis sont incontournables : dynamiques, les exportations à destination de l’Oncle Sam se situent à un niveau record comme les excédents manufacturiers engrangés, à près de 85 milliards d’euros. La vitalité de l’économie américaine a été une véritable bouée de sauvetage... jusqu’à maintenant, car une nouvelle ère va s’ouvrir avec l’arrivée de Donald Trump à la tête de la Maison-Blanche en janvier 2025 et ses projets d’augmentation des droits de douanes. Une chose est sûre, les excédents allemands seront dans le viseur du nouvel homme fort de Washington.
La Chine : un partenaire devenu concurrent
Quant à la Chine, ce n’est pas l’Eldorado promis mais au contraire un territoire d’où émergent des concurrents de plus en plus puissants qui s’imposent de plus en plus sur leur marché domestique et qui chassent sur les prés carrés allemands à l’export jusqu’à imposer le « made in China » en Allemagne. Le déficit manufacturier avec l’Empire du Milieu va à nouveau dépasser 50 milliards d’euros cette année. Symbole de cette dynamique, BYD, le constructeur chinois de véhicules électriques, s’impose partout dans le monde tandis que Volkswagen coupe dans ses effectifs en Allemagne.
Un accord stratégique avec le Mercosur
On comprend mieux alors l’empressement d’Olaf Scholz à faire ratifier l’accord avec le Mercosur. D’une part, c’est une zone (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay, Bolivie) avec qui les industriels allemands, malgré des droits de douanes nettement supérieurs à la moyenne des pays industrialisés, dégagent de confortables excédents depuis 10 ans dans la chimie organique, les machines et équipements, la pharma et l’automobile. D’autre part, il y a urgence pour l’Allemagne car la Chine mène une grande offensive sur le continent sud-américain. En tout état de cause, dans le meilleur des cas pour les Allemands, ces marchés ne s’ouvriront pas réellement avant 2026. Pas sûr en outre que cela soit totalement suffisant pour relancer la production manufacturière sur le territoire allemand, car à son tour, l’Allemagne est confrontée à une vague de délocalisations.
Non pas dans le cadre de l’économie de bazar, où seulement certaines parties des chaînes de valeur sont délocalisées, mais par la volonté des industriels de passer un nouveau cap, c’est-à-dire tout produire hors du territoire. Sur son flanc Est, c’est pour réduire les coûts salariaux face au bond en avant des rémunérations en interne : estimée à 3,2% en termes réels (c’est-à-dire hors inflation) pour les salariés bénéficiant d’une convention collective, la progression est le double qu’en France, par exemple. Mais c’est aussi la ruée vers l’Ouest. Les États-Unis sont devenus un véritable aimant grâce à une offensive dans la production d’énergie qui a fait baisser les prix et à une politique volontariste pour attirer les investissements étrangers grâce à de généreux crédits d’impôts via l’Inflation Reduction Act.
Donald Trump ne fera que renforcer ce mouvement alors que la transition énergétique et les nouvelles contraintes environnementales pénaliseront toujours plus les activités localisées en Europe en général, en Allemagne en particulier. Le décrochage industriel allemand est en marche et rien ne semble pouvoir le stopper à court terme.
Publié le vendredi 13 décembre 2024 .
Indicateur de l’économie : l’acier. L’acier, comme le béton, le plastique et les engrais sont les piliers de l’économie. Je vous parle de ça, car le géant de l’acier Allemand, Thyssenkrupp, va licencier 11'000 collaborateurs sur les 27'000.
Le chancelier Olaf Scholz a viré son ministre de l’Économie et membre de la coalition au pouvoir Christian Linder. Le gouvernement est sur le point de s’écrouler. Ca devrait devenir une réalité avant Noël. L'Economie allemande qui s’enfonce avec la France sur ses épaules et Trump pour mettre le clou, va falloir être motivé pour parler de la grandeur de l'Europe.
Friedrich Merz pourrait être le prochain chancelier.
Le chancelier Olaf Scholz a discuté pendant 1 heure au téléphone avec Poutine. Une première en 2 ans.
On parle de grève chez Volkswagen qui n’arrive pas à trouver un accord avec les syndicats pour licencier 4'000 employés.
L’incertitude des consommateurs a de nouveau augmenté et l’épargne augmente. Le licenciement est le nouveau truc à la mode outre-Rhin, sans compter que l’industrie automobile, tout comme la chimie sont au fond du trou. Et puis, pour couronner le tout, selon les résultats du dernier sondage de l’IFO, 90% des économistes interrogés estime que l’Allemagne va prendre cher une fois que Trump sera à la Maison Blanche.
Les Allemands ont bloqué un cargo de gaz liquide Russe au terminal de Brunsbuettel. Pas question de recevoir du méthane Russe.
https://2000watts.org/index.php/energies-fossiles/peak-oil/1403-energies-economie-petrole-et-peak-oil-revue-mondiale-novembre-2024.html
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L'Allemagne en crise existentielle - Michel Santi
https://michelsanti.fr/allemagne/lallemagne-en-crise-existentielle
L’Allemagne en crise existentielle...«Nous les allemands regardons vers Moscou et vers Varsovie. Paris et Londres sont des villes du passé», me confiait il y a seulement 3 ans un interlocuteur allemand...C’était encore l’âge d’or pour ce pays persuadé que la globalisation bienfaisante pour son industrie serait éternelle. Angela Merkel, «l’indispensable européenne»
Hans Beckhoff, chef d'entreprise allemand, explique que les fabricants du pays sont en difficulté...
Depuis l'ouverture de Beckhoff Automation il y a 44 ans, le propriétaire Hans Beckhoff affirme qu'il n'a jamais vu une crise économique comme celle-ci.
« En général, on peut s'attendre à une crise tous les cinq à huit ans », déclare M. Beckhoff. « Cette fois-ci, il s'agit d'une crise redoutable, d'une crise très profonde.
Entreprise allemande, Beckhoff Automation fabrique des systèmes de contrôle automatisés pour un large éventail d'industries, notamment l'industrie manufacturière et le secteur de l'énergie.
Elle appartient au célèbre Mittelstand allemand, ces petites et moyennes entreprises souvent très spécialisées qui représentent 99 % des entreprises allemandes, fournissent environ 59 % des emplois allemands et sont considérées comme les « champions cachés » de l'économie allemande.
La capacité du Mittelstand à adopter une vision à long terme des performances de l'entreprise plutôt que de se précipiter sur les dividendes annuels est l'une des raisons pour lesquelles l'industrie manufacturière allemande est si robuste. Toutefois, l'économie mondiale évolue rapidement et la pression monte.
« Nous nous portons toujours bien, même si la situation économique s'est vraiment ralentie », déclare Frederike Beckhoff, responsable du développement de l'entreprise chez Beckhoff Automation et fille de Hans. « Les résultats de cette année ne seront pas à la hauteur de ceux des trois dernières années ».
Les entreprises allemandes ont été touchées par un certain nombre de problèmes ces dernières années. Il s'agit notamment des fortes hausses des prix de l'énergie qui ont suivi l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, de l'augmentation de l'inflation générale et de la concurrence accrue de la Chine.
Les entreprises se plaignent également de la vétusté des infrastructures allemandes, telles que le réseau ferroviaire, les ponts et les routes, très critiqués, que la chaîne publique Deutsche Welle qualifie tous trois de « vieillissants et en ruine ».
D'autres entreprises soulignent ce qu'elles considèrent comme un lourd fardeau bureaucratique aux niveaux national et européen, des décisions gouvernementales incohérentes prises depuis Berlin, ainsi que des coûts de main-d'œuvre plus élevés et des pénuries de personnel.
« Les trois dernières années n'ont pas été faciles en Allemagne », déclare Joachim Ley, directeur général de Ziehl-Abegg, fabricant de systèmes de ventilation, de climatisation et d'ingénierie.
« Ce dont nous avons vraiment besoin, c'est d'une prise de décision [gouvernementale] fiable au lieu de virages à 180 degrés. Même si vous n'aimez pas les décisions, vous pouvez au moins planifier et vous adapter si la décision est fiable. Ces allers-retours pèsent lourdement sur les entreprises allemandes ».
Les fabricants allemands disent qu'ils sont confrontés à un certain nombre de problèmes
Le gouvernement de coalition allemand s'est effondré au début du mois et des élections générales sont désormais prévues pour le 23 février, précédées d'un vote de confiance le 16 décembre.
Parmi les revirements opérés par le gouvernement ces dernières années, citons l'annulation des programmes de subvention pour les pompes à chaleur et les véhicules électriques. Cela a eu un impact sur les ventes nationales et sur les objectifs de consommation nette zéro. Berlin n'a pas souhaité faire de commentaires.
Si les volte-face politiques n'ont pas aidé les entreprises allemandes, nombre d'entre elles considèrent la Chine comme la principale source de tension, en particulier pour les constructeurs automobiles allemands, qui ont été frappés par deux problèmes.
La demande intérieure de véhicules s'est refroidie en Chine, et la Chine dispose désormais d'une industrie automobile forte et d'une politique d'exportation agressive.
« Depuis le début de l'année 2021, les exportations chinoises de véhicules électriques ont augmenté de 1 150 % », explique Cyrus de la Rubia, économiste en chef à la Hamburg Commercial Bank.
« Il ne s'agit que des EV [véhicules électriques]. Si l'on prend toutes les voitures, y compris celles fonctionnant avec des combustibles fossiles, on obtient tout de même une augmentation des exportations chinoises de 600 %. Au cours de la même période, les exportations allemandes ont augmenté de 60 %. Il est donc évident qu'un changement de parts de marché est en train de se produire.
Volkswagen, le plus grand employeur privé d'Allemagne, menace donc de fermer des usines nationales pour la première fois en 87 ans d'existence. Cela pourrait entraîner des dizaines de milliers de suppressions d'emplois en Allemagne.
En octobre, le constructeur automobile a annoncé une chute de 64 % de ses bénéfices au troisième trimestre par rapport à l'année précédente, principalement en raison d'une baisse de la demande en Chine, un marché traditionnellement important pour les marques allemandes de voitures haut de gamme.
Mercedes-Benz a fait état d' une baisse de 54 % au cours de la même période, et BMW a également lancé des avertissements sur les bénéfices, tous deux invoquant une baisse des commandes chinoises.
Mme Beckhoff estime que les constructeurs automobiles et l'ensemble du secteur manufacturier allemand doivent accroître leur compétitivité. « Je pense vraiment que la productivité est une chose que nous devons prendre très au sérieux », dit-elle.
« La richesse dont nous jouissons dans la plupart des régions d'Allemagne et d'Europe, nous ne pouvons pas la considérer comme acquise.
Selon M. Ley, les fabricants allemands qui exigent des marges à bas prix risquent de rencontrer des difficultés, mais il pense qu'il y a de l'espoir pour les produits de haute qualité dotés de caractéristiques innovantes qui reposent sur une ingénierie et une propriété intellectuelle de niveau mondial.
Klaus Günter Deutsch, responsable de la recherche sur la politique industrielle et économique à la Fédération des industries allemandes (BDI), estime que « beaucoup dépendra de notre capacité à augmenter les niveaux d'innovation plus rapidement, mieux et de manière plus cohérente dans toute l'Europe ».
Il ne fait aucun doute que les suppressions d'emplois et les restructurations sur le territoire national seront un processus douloureux pour les fabricants allemands tels que Volkswagen et l'entreprise chimique BASF, qui a également annoncé des réductions d'effectifs.
Toutefois, M. Beckhoff estime que ce retour à la réalité peut être salutaire à long terme. « Je pense qu'il est bon pour l'industrie allemande que Volkswagen ait des problèmes, car cela renforce la motivation », déclare-t-il.
« On comprend enfin que nous devons vraiment faire quelque chose. Que disait Winston Churchill ? Il ne faut jamais gaspiller une bonne crise !
Les travailleurs de Volkswagen ont récemment manifesté devant l'usine d'Osnabrueck, en Allemagne.
Si l'on peut espérer une transformation positive du secteur manufacturier à long terme, les perspectives à court terme resteront difficiles. Le prochain gouvernement allemand, quel qu'il soit, devra prendre des décisions difficiles.
« Je reste optimiste », déclare l'économiste Dr de la Rubia, qui estime que la nécessité de moderniser les infrastructures allemandes est désormais “tellement évidente” que le prochain gouvernement, quel qu'il soit, devra prendre des mesures.
Je pense qu'ils diront : « D'accord, la crise est vraiment là et maintenant nous allons faire un grand pas en avant ». C'est ce que j'espère et ce dont je suis convaincu ».
Beaucoup s'accordent à dire que cette crise est peut-être exactement ce dont l'Allemagne a besoin. Dans les années d'après-guerre, le pays a prouvé qu'il était capable de produire un « miracle économique » contre toute attente.
Les circonstances actuelles sont peut-être différentes, mais il n'est pas impensable que, moyennant une action concertée, elle puisse le faire à nouveau.
Carrie King
Business reporterReporting from
Berlin
https://www.bbc.com/news/articles/cvg5kpweqjzo
Traduit avec DeepL.com (version gratuite)
La semaine dernière, l’Allemagne a connu quelques jours de brouillard intense, sans soleil ni vent, ce qui a fait que la production d’électricité à partir de sources renouvelables était presque inexistante. Les centrales au gaz et les importations d’électricité en France ont dû compenser l’absence d’électricité renouvelable. Ce fait ponctuel met en évidence les graves problèmes énergétiques que connaît l’Allemagne.
L’Allemagne a traditionnellement été considérée comme la locomotive de la zone euro en raison de sa forte économie, basée principalement sur une industrie de pointe, compétitive et exportatrice. Aujourd’hui, le moteur allemand semble être en panne, en grande partie à cause des effets retardés de ses propres décisions et de la mise en place de politiques vertes de transition énergétique accélérée. Son économie est en récession et les problèmes rencontrés par certaines de ses principales entreprises ne sont pas de bon augure pour l’avenir sans un changement de cap important.
Sous le mandat d’Angela Merkel (2005-2021) l’Allemagne a pris des décisions en matière de politique énergétique dont les conséquences se font actuellement sentir :
Son gouvernement a adopté la Climate Protection Act, qui impose une réduction des émissions de CO2 de 65 % d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 1990.
Il a basé l’approvisionnement en énergie bon marché sur les importations d’énergie de la Russie, développant deux grands travaux d’infrastructure : le gazoduc Nord Stream 1, inauguré en 2012, et le gazoduc Nord Stream 2 achevé en 2021.
Après l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon en 2011, Merkel a décidé de se passer du nucléaire en fermant progressivement les centrales alors en service. La dernière centrale nucléaire allemande a fermé en 2023. L’Allemagne a décidé de mettre fin à son énergie nucléaire sans avoir d’alternative fiable.
Le suivi des politiques de transition énergétique accélérée a conduit à la fermeture de centrales au charbon et à un déploiement important d’énergies renouvelables. Les énergies renouvelables sont intermittentes et ne garantissent pas l’approvisionnement. Ils ont besoin d’une alternative disponible pour les cas où ils ne le sont pas, comme cela s’est produit la semaine dernière.
Avec le début de la guerre en Ukraine et les sanctions contre la Russie, le coût énergétique pour l’industrie allemande a explosé, l’approvisionnement en énergie bon marché provenant de Russie disparaissant. Le patronat industriel allemand (BDI) s’est prononcé à plusieurs reprises de manière très critique sur la politique énergétique menée par le gouvernement allemand.
L’effet sur l’industrie allemande de tous les médias commentés est palpable : la production industrielle, à l’exclusion de la construction, a diminué de 17% par rapport aux niveaux de 2017; la production automobile a diminué de 28% de 5,7 millions de véhicules en 2016 à 4,1 millions en 2023; des entreprises comme BASF, le fleuron de l’industrie chimique allemande avec 400 usines dans le monde et 200 en Allemagne, ferme des usines sur le sol allemand et annonce des investissements pour 10 milliards d’euros en Chine; Volkswagen a annoncé son intention de fermer trois usines en Allemagne pour la première fois dans sa longue histoire.
Les représentants de l’industrie allemande se plaignent de la politique énergétique de leur gouvernement. Ils estiment que ni l’approvisionnement énergétique à moyen terme, ni le prix de l’énergie à l’avenir ne sont garantis. Ils affirment que cela les place en position de faiblesse par rapport aux autres marchés développés. Dans cet environnement, il est difficile de prendre des décisions d’investissement, et ils réalisent donc en pratique les grands investissements à l’extérieur de leurs frontières, comme la construction d’une usine de batteries Volkswagen aux États-Unis ou l’usine BASF en Chine. Il est essentiel de garantir l’approvisionnement en énergie à un prix raisonnable pour maintenir la compétitivité industrielle mondiale.
Les réglementations européennes auto-imposées interdisant la vente de véhicules à combustion à partir de 2035, en supposant que la technologie triomphante sera celle du véhicule électrique, ont entraîné un coup de pied dans l’autre puissante industrie automobile allemande. En outre, la concurrence chinoise de véhicules électriques pose un problème sérieux non seulement sur le marché européen lui-même, mais aussi sur le marché chinois, destination de pourcentage élevé des exportations de voitures allemandes.
La Chine est passée d’une destination de nombreux biens industriels allemands à un concurrent sur le marché chinois et mondial. La voiture électrique n’est qu’un exemple.
La victoire de Trump aggrave les problèmes de l’Allemagne : devra augmenter ses dépenses de défense; la guerre tarifaire nuira à ses exportations; le laxisme environnemental des concurrents asiatiques, et maintenant des Américains, La compétitivité des produits allemands et européens est encore plus faible.
Le 23 février prochain, il y aura de nouvelles élections en Allemagne. Avec les sondages, il est difficile qu’un gouvernement fort puisse émerger. À moins de grandes surprises, le nouveau gouvernement devra nécessairement être composé de deux ou trois partis, ce qui rend difficile un changement clair de cap.
Le problème de l’Allemagne est le problème de l’Europe. L’Allemagne reste le principal contributeur net à l’UE. L’Europe ne peut pas aller bien si l’Allemagne va mal.
En définitive, les mesures prises par l’Allemagne et l’UE sont à l’origine de la désindustrialisation sans que cela n’entraîne une réduction globale des émissions. Ce qui n’est pas fabriqué en Europe sera fabriqué ailleurs dans le monde avec des considérations environnementales beaucoup moins importantes. Il faudra voir si le nouveau gouvernement allemand changera de cap, ce qui est improbable mais pas impossible.
La victoire électorale de Donald Trump aux États-Unis est le point culminant de la « tempête parfaite » qui plane sur l'économie allemande depuis la pandémie. Si la politique commerciale de droits de douane agressifs que le prochain occupant de la Maison Blanche entend mettre en œuvre inquiète aux quatre coins du monde et, bien sûr, en Europe, l 'Allemagne est le grand point faible. La traditionnelle machine exportatrice européenne a déjà souffert ces derniers temps et les prétentions de Trump menacent d'un coup qui pourrait s'avérer mortel au milieu du marasme économique (croissance plate depuis Covid et frôlement continu de la récession technique) et politique (le faible gouvernement tripartite dirigé par les sociaux-démocrates vient d'être dynamité) que traverse le pays, surnommé par la presse financière internationale - comme il y a 20 ans - « l'homme malade » de l'Europe.
Tout semble avoir joué contre la « locomotive économique » historique du Vieux Continent. La sortie de la pandémie s'est faite avec la fin du gaz russe bon marché en raison de la guerre avec l'Ukraine (essentiel pour le muscle industriel teuton), des taux d'intérêt beaucoup plus élevés (après la vague inflationniste) et un changement de dynamique plus marqué de la part de la Chine (l'« ami » chinois achète déjà moins de valeur ajoutée à l'Allemagne en raison de sa faiblesse après le covid et parce qu'il la produit lui-même).
Voilà pour Berlin, qui traînait déjà des vents structurels contraires et qui voit maintenant comment l'« ami » américain lui lâche la main au sommet de la falaise.
Bien qu'ils soient loin de l'effet de 60 % prévu pour la Chine, les droits de douane américains de 10 % proposés par Trump pour l'Europe constituent une menace claire. Surtout pour une Allemagne qui a vu comment l'« ami » américain susmentionné a continué à acheter chez elle alors que Pékin, son partenaire commercial par excellence au cours des dernières décennies, s'est éloigné. Il s'agit d'une « bouée de sauvetage » transcendantale pour une économie dont les exportations représentent près de 50 % du PIB.
Les exportations vers les États-Unis représentent environ 3,8 % du PIB allemand et 10 % des exportations totales du pays. Comme l'a noté l'économiste Stéphane Colliac dans un rapport de BNP Paribas cet été, la tendance s'est renforcée : « Les exportations vers les États-Unis sont déjà le moteur du commerce extérieur allemand, ce qui a contribué à un changement majeur : le retour de la zone euro en tant que premier fournisseur des États-Unis, devant la Chine. Pour l'Allemagne, les exportations vers les États-Unis représentent un véritable moteur de croissance : +5,6 % en glissement annuel au cours des quatre premiers mois de 2024 vers les États-Unis et +40,4 % par rapport à la même période en 2019 (contre +3,2 % vers la Chine par rapport à 2019). »
Daniel Kral (Oxford Economics) : « Si les États-Unis deviennent protectionnistes, l'Allemagne est finie ».
Face à de telles données, il est normal qu'en Allemagne on retienne son souffle et que les analystes envisagent le pire. Daniel Kral, analyste chez Oxford Economics, a lancé un avertissement providentiel il y a un mois, alors qu'il y avait encore un espoir de victoire démocrate aux États-Unis. « La Chine est remontée dans la chaîne de valeur et n'est plus le moteur de la croissance allemande tirée par les exportations. Si les États-Unis deviennent protectionnistes, l'Allemagne est perdue », a publié l'analyste dans un billet sur X dans lequel il utilise l'expression is cooked, que l'on peut traduire en anglais par “est perdu” ou “fini”.
La rupture pourrait être particulièrement importante pour le secteur automobile en difficulté, qui était autrefois le « joyau de la couronne » de l'industrialisme allemand. « Il ne faut pas beaucoup d'imagination pour imaginer que les droits de douane américains sur les voitures européennes plongeront l'industrie automobile allemande dans des difficultés encore plus grandes », prédit M. Brzeski. Le fleuron national, Volkswagen, et d'autres firmes historiques comme BMW et Mercedes-Benz ne cessent de faire des titres négatifs dans la presse: réductions successives des prévisions de bénéfices, effondrement constant de la demande chinoise, fermetures d'usines, même sur le sol allemand, chute des ventes face à des modèles chinois moins chers... Le coup commercial de Trump serait le « coup de grâce » et, en prévision, les investisseurs ont déjà pénalisé des marques comme BMW en bourse hier, qui a perdu plus de 7 %.
Les conséquences ne tarderaient pas à s'étendre à l'ensemble de l'économie. Les perspectives de croissance ont été revues à la baisse à la suite de l'élection de Trump. Goldman Sachs prévoit désormais que le PIB de l'Allemagne ne progressera que de 0,5 % en 2025 (contre 0,9 % précédemment) et Berenberg a réduit ses prévisions de 0,5 % à 0,3 %.
« L'affaiblissement de la demande extérieure et l'augmentation de l'incertitude à un moment où les marges bénéficiaires se réduisent devraient nuire à l'investissement et assombrir les perspectives d'emploi, en particulier compte tenu de l'importante accumulation de main-d'œuvre après la pandémie », prévient l'équipe d'UniCredit Research dirigée par Daniel Vernazza dans une note destinée aux clients.
L'effet négatif pourrait même se faire sentir dans les poches des Allemands. « Des droits de douane plus élevés détournent la demande américaine des biens produits dans la zone euro et en Allemagne, ce qui réduit l'inflation dans la zone euro. Toutefois, l'augmentation des droits de douane américains entraîne une appréciation du dollar, ce qui rend les importations de la zone euro plus chères. En outre, on peut s'attendre à des tarifs douaniers de rétorsion de la part de l'UE avec un décalage dans le temps à partir de 2026, ce qui augmentera également les prix à la consommation en Allemagne », explique Jörg Krämer de Commerzbank.
Dans un rapport intitulé « Ce que la victoire de Trump signifie pour l'Allemagne », Krämer souligne une autre conséquence négative pour l'Allemagne du retour de Trump, qui n'est autre qu'un nouvel exode des entreprises allemandes vers l'autre rive de l'Atlantique, intensifiant un phénomène qui se produisait déjà : « (Le président élu) a annoncé son intention de réduire le taux de l'impôt sur les sociétés de 21 % actuellement à 15 %. Après l'expérience de sa première présidence, il est probable qu'il appliquera ce plan dans une large mesure, ce qui mettrait l'Allemagne encore plus sur la défensive.
Le taux effectif de l'impôt sur les sociétés (y compris la taxe professionnelle) est déjà nettement plus élevé qu'aux États-Unis ou chez d'autres concurrents européens. La victoire de Trump est donc susceptible d'intensifier la concurrence fiscale et de soutenir la tendance des entreprises allemandes à délocaliser de plus en plus leur production aux États-Unis. »
Ukraine, OTAN et politique intérieure
Kramer trouve un autre point négatif dans la géopolitique. Bien qu'il s'agisse d'un problème à l'échelle européenne, l'Allemagne est sous les feux de la rampe pour tout ce qui touche à l'Ukraine et à l'avenir de l'OTAN: des critiques adressées au chancelier Olaf Scholz pour avoir vacillé dans son soutien à l'Ukraine aux pressions exercées par l'administration Biden sur la « locomotive » européenne pour qu'elle porte ses dépenses de défense à 2 % de son PIB. Le retour de Trump ouvre de nombreuses inconnues sur ce front, mais l'attitude ambivalente du président à l'égard de l'OTAN est un risque à long terme souvent sous-estimé, note M. Kramer. « Trump est également susceptible de pousser les pays européens à dépenser davantage pour la défense, comme il l'a fait lors de son premier mandat », déclare Vernazza d'UniCredit.
« Ce ne serait pas un problème s'il n'y avait pas de menaces militaires significatives en Europe. Mais la Russie est agressive et les capacités défensives des démocraties européennes sont faibles. Il existe donc un certain risque qu'après une éventuelle victoire sur l'Ukraine dans quelques années, une Russie lourdement armée se retourne contre les États baltes, par exemple. En l'absence de garanties de sécurité illimitées de la part des États-Unis dans le cadre de l'OTAN, les investisseurs pourraient à un moment donné commencer à envisager des conflits militaires en Europe avec une probabilité faible mais non négligeable. Cela aurait un impact négatif évident sur les marchés financiers et le développement économique », poursuit l'économiste allemand.
Chez ING, Brzeski prévient que l'incertitude concernant le soutien des États-Unis à l'Ukraine ne pèsera pas seulement sur les perspectives d'investissement et de consommation, mais qu'elle constitue également un problème politique majeur en Allemagne, conduisant à l'effondrement récent du gouvernement allemand et à ses implications économiques avec le scénario potentiel de nouvelles élections en mars prochain, dont la seule option arithmétique viable qui peut émerger actuellement est la 'énième' grande coalition entre la CDU et les Sociaux-démocrates.
« À court terme, cet effondrement devrait peser sur le sentiment et freiner l'investissement et la consommation. Sur une note plus positive, un nouveau gouvernement pourrait, et j'insiste sur le fait qu'il pourrait et ne le fera pas, mettre enfin fin à la paralysie actuelle de la politique économique en Allemagne et fournir au pays la certitude et l'orientation politique tant attendues sur la façon de restaurer la croissance et la compétitivité ». L'économiste est prudent, reconnaissant que les perspectives de croissance de l'Allemagne dépendront largement de “la capacité d'un nouveau gouvernement à renforcer l'économie nationale dans le contexte d'une éventuelle guerre commerciale et de politiques industrielles encore plus strictes aux États-Unis”.
Traduit avec DeepL.com (version gratuite)
Volkswagen (Audi, Seat, Skoda) prévoit des dizaines de milliers de licenciements et la fermeture de 3 usines, la réduction dans les autres usines et la baisse de tous les salaires d'au moins 10% en Allemagne (imaginez pareille annonce en France). La baisse des ventes, notamment en Chine, souligne une surproduction.
Les dirigeants ont copieusement donné leurs brevets à la Chine et maintenant l'industrie est dans la panade. Le chancelier Olaf Scholz pointe du doigts les anciens managers.
Les prévisions économiques du pays sont mauvaises. Le coût de la main d’œuvre est en hausse, l’industrie chimique et automobile inquiètent, sans parler de problèmes sociaux qui poussent l’Allemagne à verrouiller ses frontières pour empêcher l’afflux de migrants.
Le gouvernement a revu à la baisse ses prévisions de croissance, tablant sur un recul de 0,2% du PIB cette année après une contraction de 0,3 % en 2023. L’Allemagne est en décroissance depuis 2023.
https://2000watts.org/index.php/energies-fossiles/peak-oil/1397-energies-economie-petrole-et-peak-oil-revue-mondiale-octobre-2024.html
Retards, vétusté, manque de main-d’œuvre… L’état déplorable dans lequel se trouve le système ferroviaire allemand en dit long sur le marasme dans lequel s’enfonce la République fédérale. Car les dysfonctionnements de la Deutsche Bahn sont étroitement liés aux priorités politiques de ces dernières décennies, assure “Die Zeit”...
À l’été 2013 – il y a donc plus de dix ans –, l’Institut allemand de recherche économique (DIW) publiait une étude avec les conclusions suivantes : l’Allemagne devait, selon lui, investir 75 milliards d’euros supplémentaires chaque année. Dans le seul secteur des transports, Berlin accusait un “retard d’au moins 6,5 milliards d’euros annuels”. Si aucune mesure n’était prise pour y remédier, la “viabilité du pays” serait menacée.
Depuis, d’autres rapports aux constats similaires sont diffusés régulièrement. En voici un petit florilège : “Le déficit des investissements publics devrait être comblé avec une plus grande fermeté”, estimait le Fonds monétaire international en 2014. “L’Allemagne doit réaliser davantage d’investissements publics”, recommandait la Commission européenne en 2017. “Il faut agir davantage pour combler le manque d’investissement”, préconisait l’OCDE en 2020.
On pourrait poursuivre encore longtemps cette litanie de mises en garde. Pourtant, elles ne semblent pas avoir eu beaucoup d’effets. Berlin n’a jamais rattrapé son retard d’investissement, et c’est en partie pour cela qu’aujourd’hui seul un train sur deux arrive à l’heure en gare certains jours (pour ceux qui circulent).
Certaines crises sont imprévisibles : les aléas climatiques, les guerres, les pandémies. Mais la crise de la Deutsche Bahn, elle, était annoncée. Elle découle d’une succession de décisions politiques qui se répercutent sur un secteur clé du service public. C’est un exemple typique de défaillance étatique.
Une fonction “quasi régalienne”
Les États tirent leur légitimité de leur efficacité (entre autres). La mise à disposition d’infrastructures publiques est une mission essentielle du gouvernement. Historiquement, c’est même l’un des facteurs qui ont poussé les populations à se regrouper durablement pour former des communautés. Dans l’Égypte ancienne, par exemple, c’est l’aménagement des systèmes d’irrigation qui aurait conduit au développement de structures d’organisation hiérarchiques, selon l’historien Karl August Wittfogel.
Car l’État n’est pas un fin en soi – sa seule raison d’être est de faciliter la vie des citoyens. C’est d’ailleurs l’essence même des infrastructures publiques que de ne pouvoir être gérées de manière autonome par les individus. Sans État, les voitures existeraient peut-être, mais sans doute pas les rues...
(extrait)
https://www.zeit.de/2024/42/deutsche-bahn-krise-staatsversagen-verkehrspolitik-finanzen/komplettansicht
Outre-Rhin, on surfe sur internet deux fois moins vite et dix fois plus cher qu'en France. Il existe pourtant des solutions faciles, mais peu de volonté de les mettre en œuvre.
Lorsque l'on franchit la frontière entre la France et l'Allemagne en voiture, on peut rouler un peu plus vite sur les nationales, à 100 km/h au lieu de 80 ou 90. En même temps, les passagers qui occupent le trajet sur leur portable se sentiront plutôt freinés: les vidéos saccadent, la musique s'arrête, les messages ne peuvent pas être envoyés. L'Allemagne paraît être parsemée de zones blanches. Et quand il y a du réseau, il semble souvent plus lent qu'en France.
Cette vérité ressentie peut être étayée par des faits. D'après une enquête du site de comparaison de prix Verivox, 16% du territoire allemand est encore mal couvert. Dans ces zones, seuls un ou deux opérateurs peuvent proposer un réseau de données mobiles 4G LTE. Dans certaines régions du sud de l'Allemagne en particulier, il n'est même pas possible de passer des appels d'urgence. Au tout début de l'année 2024, en Haute-Bavière, cela a été fatal à un alpiniste qui s'est effondré et n'a pas pu alerter les secours.
Pour les connexions câblées, la situation n'est pas meilleure. Selon le classement de l'indicateur de vitesse de connexion Speedtest, l'Allemagne atteint une vitesse moyenne de 90 mégabits par seconde (Mbps). En comparaison, d'autres pays d'Europe occidentale atteignent des vitesses trois à quatre fois plus élevées (environ 224 Mbps en France et 205 Mbps en Espagne). D'un point de vue purement technologique, il serait très simple d'améliorer les réseaux de télécommunications en Allemagne. Mais cette débâcle n'est pas le fruit du hasard: elle est due à un mélange d'intérêts économiques et politiques puissants. Et dans un avenir proche, il n'y aura probablement pas beaucoup de progrès.
En 1981 déjà, le chancelier Helmut Schmidt (1974-1982) avait présenté un plan pour le déploiement de la fibre optique dans toute l'Allemagne. S'il avait été mis en œuvre, ce plan aurait permis au pays de disposer très tôt de l'une des meilleures connexions internet du monde. Mais seulement un an plus tard, le ministre des Postes du gouvernement de son successeur Helmut Kohl (1982-1998) a décidé qu'au lieu de la fibre optique, on installerait partout des câbles en cuivre. Ce sont ces mêmes câbles en cuivre qui freinent encore aujourd'hui la connexion à internet en Allemagne.
L'objectif de cette décision était de donner un coup de pouce à la télévision par câble privée, qui dépendait des câbles en cuivre. Ainsi, le ministre visait à contrebalancer le gauchisme qu'il reprochait au service public de radiodiffusion, dont les émissions critiquaient parfois sévèrement la politique libérale-conservatrice d'Helmut Kohl. Un paramètre secondaire pratique: les câbles en cuivre ne coûtent qu'un tiers du prix de la fibre optique.
Aujourd'hui, tous ces câbles en cuivre, qui sont destinés à la télévision et non à l'internet à haut débit, doivent être remplacés par de la fibre optique, une entreprise longue et coûteuse qui nécessite de défoncer toutes les rues. Par conséquent, l'ombre des décisions des années 1980 en matière d'infrastructures plane encore sur le présent. Selon les chiffres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), seuls 11,2% de tous les raccordements à l'internet à haut débit en Allemagne sont des raccordements en fibre optique. En France, par contre, ce chiffre est de 66,3%.
À la lenteur, s'ajoute le fait qu'internet coûte très cher en Allemagne. Selon une étude réalisée en 2023, les utilisateurs français doivent débourser en moyenne 0,18 euro par gigaoctet de données mobiles, les Espagnols 0,43 euro, les Britanniques 0,56 euro et les Allemands… 2,14 euros. Au vu de ce tarif et de la mauvaise réception, il n'est guère surprenant qu'une autre enquête révèle qu'aucun pays européen n'est autant insatisfait de son service de téléphonie mobile (et fixe).
«Le fait que les opérateurs soient si chers s'explique en partie par les dépenses énormes qu'ils ont engagées en 2000, lorsque l'État a mis aux enchères les fréquences pour la norme de téléphonie mobile UMTS/3G, retrace Key Pousttchi, expert en informatique de gestion et professeur de numérisation et de transformation numérique. À l'époque, les six soumissionnaires ont payé un total de 100 milliards de marks allemands à l'État, soit l'équivalent de 50 milliards d'euros.» Aujourd'hui encore, les ventes aux enchères de fréquences se chiffrent en milliards d'euros, des investissements que les fournisseurs répercutent sur les clients.
Une autre raison des prix élevés est qu'il n'y a pas assez de concurrence. Actuellement, il n'y a plus que trois opérateurs de réseau mobile en Allemagne (T-Mobile, O2 et Vodafone), avec des prix et des parts de marché relativement similaires. En France, au moins, ils sont quatre opérateurs classiques (Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free mobile). Dans une expertise datant de janvier 2024, l'Agence fédérale des réseaux (Bundesnetzagentur) décrit ces conditions comme une «concurrence efficace»; quand d'autres parlent plutôt d'un oligopole dont l'État et les fournisseurs sont très satisfaits.
Key Pousttchi, quant à lui, est convaincu que ce problème ne peut être résolu que par un changement de paradigme dans la manière de considérer l'infrastructure relative à internet. Il estime que l'Agence fédérale des réseaux devrait appliquer les mêmes lois sur la concurrence qu'aux autres infrastructures de base, c'est-à-dire les autoroutes, les voies ferrées, l'approvisionnement en électricité et en eau. Actuellement, les trois opérateurs mobile allemands exploitent trois réseaux concurrents. C'est l'économie de marché qui est à l'œuvre, au détriment surtout des consommateurs qui vivent dans des régions peu peuplées.
«Si l'on compare cela à l'approvisionnement en eau, c'est comme si les citadins avaient trois robinets de différentes entreprises dans leur maison, alors que dans les régions rurales, les gens doivent encore aller au ruisseau pour puiser de l'eau, illustre Key Pousttchi. Nous aurions une meilleure connexion, des coûts d'exploitation réduits et des tarifs plus avantageux pour les consommateurs, si la concurrence entre les fournisseurs n'avait pas lieu autour de plusieurs réseaux, mais sur un seul réseau.»
L'expert en numérisation suggère que les trois opérateurs devraient créer ensemble une société d'exploitation neutre qui ne fournit qu'un seul réseau. Sur celui-ci, tous seraient en concurrence avec des tarifs différents. La mise en œuvre technique ne serait pas compliquée; Key Pousttchi en est persuadé: lorsque deux opérateurs allemands ont fusionné en 2014 (E-Plus a été absorbé par O2, filiale de Telefonica), l'interconnexion des réseaux n'a duré que trois ans. Cependant, il ne croit pas que les choses vont évoluer dans ce sens. Outre-Rhin, on continuera donc pour l'instant de surfer lentement et à un prix élevé.
Finn Gessert – Édité par Émile Vaizand –
https://www.slate.fr/monde/allemagne-internet-lent-cher-ancien-reseaux-mobile-telecommunications-qualite-prix-debit-operateurs-concurrence-economie
Le gouvernement allemand a revu ses prévisions de croissance économique à la baisse et s’attend désormais à une nouvelle récession avec une baisse du PIB de 0,2% en 2024, a rapporté dimanche le quotidien «Süddeutsche Zeitung». Le ministre de l’Économie Robert Habeck doit dévoiler officiellement ce chiffre mercredi, devenant même selon le journal plus pessimiste que les principaux instituts de conjoncture....
Energiewende : Et si l’Allemagne avait plutôt conservé, voire renforcé, son nucléaire...En juin 2024, un article de recherche au titre évocateur : « What if Germany had invested in nuclear power ? » a été publié. L’auteur norvégien Jan Emblemsvåg y compare les résultats en termes de dépenses de la politique de transition énergétique actuel, l’Energiewende, avec deux scénarios alternatifs maintenant du nucléaire.
L'économie allemande à nouveau en panne....Après avoir longtemps espéré un rebond, les principaux instituts économiques allemands anticipent désormais une stagnation de l'économie en 2024. Le chiffre du 2ème trimestre a fait l’effet d’une douche froide avec un PIB une nouvelle fois en recul. Depuis début 2023, cela fait trois fois que l’économie trébuche, soit un trimestre sur deux !
La crise européenne...
Non seulement l'Europe ne se développe pas, mais son fleuron (l'Allemagne) est mortellement blessé, car sa politique industrielle a subi les vicissitudes des sanctions contre le gaz russe bon marché.
Certaines données font froid dans le dos.
L'indice GFK mesure la confiance des consommateurs dans l'activité économique. Il prédit les dépenses de consommation et les résultats ne sont pas bons. Même lors de la grande crise de 2008, il n'a jamais été négatif, mais depuis 2020, c'est un véritable désastre, qui reflète le climat en Allemagne
Traduit avec DeepL.com (version gratuite)
Les ventes de voitures en chute libre en Allemagne, Volkswagen affirme que la baisse équivaut à deux usines.
Les chiffres des ventes de voitures particulières en Allemagne pour le mois d'août ont été publiés aujourd'hui, ce qui a été un choc pour le pays. Les immatriculations ont chuté de 27,8% à 197.322 unités, selon les informations fournies par l'Office fédéral des véhicules à moteur (KBA) mercredi.
La baisse est particulièrement importante pour les modèles électriques, avec des immatriculations en baisse de 69% à 27.033 unités, soit trois fois moins qu'en août 2023, lorsque les voitures électriques représentaient 31,7% des ventes avec un total de 86.673 livraisons. Un an plus tard, seulement 13,7% des voitures neuves immatriculées en août sont purement électriques et le chiffre pour l'année à ce jour est à peine supérieur à 12%.
(commentaire sur le blog de Gail Tverberg)
https://archive.md/cXiS1#selection-2209.0-2209.81
Le modèle allemand est en lambeaux, mais le chancelier Olaf Scholz n’est pas en position de conduire le nécessaire aggiornamento...
Gouvernement faible, modèle économique dépassé, crise migratoire, incertitude sécuritaire… l'Allemagne est en passe de devenir ingouvernable. Les scores inédits atteints par les partis extrémistes de droite et de gauche lors des deux élections régionales du 1er septembre sont un signal d'alarme non seulement pour la coalition Scholz au pouvoir à Berlin, mais aussi pour la CDU, privée de partenaire pour gouverner localement. En Thuringe, les trois partis extrémistes cumulent ensemble près des deux tiers des suffrages exprimés. En Saxe, ils raflent presque la moitié des voix.
C'est désormais l'Allemagne qui, plus qu'aucun autre pays, incarne la crise de l'Europe. Quel contraste avec l'ère pas si lointaine d'Angela Merkel ! Portée par les réformes libérales léguées par son prédécesseur, la chancelière a incarné pendant seize ans une ancre de stabilité politique sur le continent. Depuis qu'elle a cédé son fauteuil fin 2021 au social-démocrate Olaf Scholz, le voile se lève sur les fragilités du modèle.
L'Allemagne réunifiée après la chute du mur de Berlin s'était enthousiasmée pour la « fin de l'Histoire » prophétisée par le penseur américain Fukuyama. Elle qui avait tellement honte de son passé nazi pouvait enfin paraître comme une puissance du Bien, amie avec tous et aimée de tous, embrassant un avenir de paix et de démocratie. Elle excellait dans son rôle de championne du monde du « doux commerce » cher à Montesquieu.
Rêve brisé
En 2022, le retour de la guerre au cœur de l'Europe a brisé le rêve. Le quadruple pari de la classe dirigeante allemande – compter sur les États-Unis pour la sécurité, sur la Chine pour les exportations, sur la Russie pour l'approvisionnement en énergie et sur l'immigration pour la main-d'œuvre bon marché – a échoué. Moscou est devenu infréquentable ; Pékin importe de moins en moins ; Washington rechigne à financer la défense de l'Europe ; quant aux migrants, la culture de l'accueil incarnée par Merkel n'a pas résisté à la réalité des attentats djihadistes.
Le dernier en date a eu lieu le 23 août. Un demandeur d'asile syrien se réclamant de l'État islamique a poignardé à mort trois personnes et en a blessé huit autres pendant une Fête de la diversité à Solingen, près de Düsseldorf. L'angoisse qui a saisi le pays a joué son rôle dans l'essor de l'extrême droite aux régionales du 1er septembre.
Du côté de l'économie, le tableau n'est pas moins sombre. L'Allemagne traverse sa plus longue période de croissance faible depuis la Seconde Guerre mondiale (+ 0,4 % par an en moyenne sur la période 2018-2024, selon le FMI). L'ex-locomotive de l'Union européenne est devenue son boulet.
Poutinophiles et antieuropéens
Le triptyque d'une puissance de paix, abonnée au succès économique et respectueuse du « vivre ensemble » a façonné l'image que l'Allemagne entretient d'elle-même. Les désillusions sur ces trois fronts nourrissent désormais des interrogations existentielles. Même la construction européenne ne va plus de soi. La conviction que l'intérêt allemand coïncide toujours avec l'intérêt européen est ébranlée. Le Brexit puis les incertitudes françaises ont altéré cet article de foi. Et l'émergence des partis populistes AfD (droite) et BSW (gauche), aussi poutinophiles et antieuropéens l'un que l'autre, ont brisé le consensus.
La déstabilisation du paysage politique s'accompagne d'une polarisation aiguë. Quelque 42 % des Allemands, selon un sondage Ipsos de janvier, se disaient favorables à l'interdiction de l'AfD pour extrémisme. Cinq mois plus tard, le 9 juin, ce parti qui révulse ses opposants arrivait en tête aux européennes… et, le 1er septembre, il faisait de même en Thuringe et ratait d'un point seulement la première marche du podium en Saxe.
Une fois de plus dans son histoire, l'Allemagne va être contrainte de se réinventer. Mais cette tâche ne peut pas être confiée au chancelier Scholz. Sa coalition tripartite, bancale et discréditée, n'est pas en position de conduire le nécessaire aggiornamento. Selon toute probabilité, elle va même avoir du mal à tenir jusqu'à l'échéance normale des élections fédérales, en septembre 2025.
« Quand Paris tousse, l'Europe s'enrhume », affirmait au XIXe siècle le prince Metternich, chancelier de l'empire d'Autriche et grand diplomate. Il voulait dire par là que l'importance de la France sur le Vieux Continent impliquait que ses problèmes contaminaient toujours ses voisins. Deux siècles plus tard, c'est l'Allemagne qui est la puissance dominante. Lorsqu'elle éternue, l'Europe tombe malade.
https://www.lepoint.fr/editos-du-point/l-allemagne-boulet-de-l-europe-03-09-2024-2569247_32.php?
Deutsche Bahn annonce des résultats catastrophiques et une perte de €1,2 milliard durant le premier semestre. L’opérateur de train du gouvernement cumule des pertes à plus de €30 milliards. La Deutsche Bahn fait face à un matériel vieillissant et pas d’argent pour les rénovations et la maintenance. Si vous avez pris un train en Allemagne, vous êtes des chances d'etre arrivés en retard : 40% des trains sont en retard.
Des tronçons sont tellement hors d'usage, que des bus sont utilisés pour remplacer les trains. C'est dire si la situation est désespérée.
https://2000watts.org/index.php/energies-fossiles/peak-oil/1385-energies-economie-petrole-peak-oil-la-revue-mondiale-juillet-aout-2024.html
Les entreprises en faillite en Allemagne explosent et visent un nouveau record depuis 2017...
Malgré cela, la dette estimée par les tribunaux a diminué de 15 % en glissement annuel pour s’établir à 3,4 milliards
Le nombre d’entreprises déclarées insolvables en Allemagne au cours du mois de mai dernier a augmenté de 30,9% par rapport au même mois de l’année précédente, avec un total de 1934 sociétés en faillite, selon les données fournies par l’Office fédéral de statistique (Destatis), qui ouvrent la possibilité de plafonner le chiffre annuel à partir de 2017.
Malgré l’augmentation du nombre d’entreprises insolvables observée au mois de mai, la dette estimée par les tribunaux a diminué de 15% en glissement annuel, pour s’établir à 3,4 milliards d’euros.
En mai, on a enregistré 5,6 cas d’insolvabilité pour 10000 entreprises en Allemagne, le secteur des transports et du stockage ayant enregistré le plus grand nombre de cas pour 10000 entreprises, soit 12,2.
Les secteurs qui ont ensuite enregistré le plus grand nombre d’insolvabilités d’entreprises sont les services économiques, avec 9 insolvabilités, la construction, avec 8,5 cas et l’hôtellerie, avec 7,4 insolvabilités pour 10000 entreprises.
"Les signaux d’alarme sur les défaillances des entreprises sont en hausse", a commenté Marc Evers, expert en PME de la Chambre de commerce et d’industrie allemande (DIHK", après avoir pris connaissance des chiffres de Destatis.
"Près d’un tiers de plus d’insolvabilités d’entreprises que l’année précédente montrent la situation économique tendue", a souligné, rappelant que DIHK prévoit que le nombre d’insolvabilités d’entreprises "pourrait dépasser cette année le seuil de 20.000 pour la première fois depuis 2017".
Par ailleurs, l’office statistique allemand a indiqué que le mois de mai ont été comptabilisés un total de 5691 insolvabilités des consommateurs, ce qui représente une augmentation de 0,2% par rapport à mai 2023, bien qu’un frein important par rapport à la hausse de 279% observé en avril.
Les données préliminaires sur le nombre de défaillances ordinaires en Allemagne indiquent également une hausse de 13,5 % en juillet et de 6,3 % en juin 2024, ce qui laisse présager que les faillites déclarées continueront d’augmenter.
Les mauvaises nouvelles s’accumulent outre-Rhin pour des constructeurs qui craignent désormais de perdre leur leadership en raison des règlements européens
En un an, la situation s'est singulièrement effritée. Alors qu'au premier semestre 2023, les ventes de voitures électriques représentaient 18,5 % du marché, le premier semestre 2024 enregistre un effondrement à 13 % seulement du total des immatriculations. Une situation cruelle pour les constructeurs allemands qui se sont lancés à fond sur la voiture électrique en sacrifiant tout leur savoir-faire accumulé en plus d'un siècle sur le moteur thermique
Ce courage n'a pas été récompensé, puisque l'Allemagne a été, l'an dernier, le plus gros producteur européen de modèles électriques avec 995 000 véhicules fonctionnant à 100 % sur batterie sur un total de 1,27 million de véhicules électrifiés. Que s'est-il passé dans l'intervalle ? Le gouvernement allemand, à la recherche d'économies budgétaires, a décidé de cesser toute subvention à la vente des voitures électriques, ce qui a largement contribué à retourner le marché. Cela démontre que la voiture électrique est encore sous perfusion des aides gouvernementales à un moment où la motivation des acheteurs vacille.
Une leçon à méditer par les autres pays producteurs qui seraient tentés de supprimer toute aide. C'est le cas de la France qui, année après année, érode le montant des aides mais a renoncé jusqu'à présent à les supprimer. L'Allemagne, placée face au diktat de l'Europe en faveur de l'électrique, est contrainte de réduire la production de ses usines. Les stocks s'accumulent car, dans le même temps, les ventes en Chine se rétractent en raison d'une crise qui couve mais aussi de la montée de constructeurs nationaux décomplexés face aux prestations germaniques. Une autre ligne défensive consiste à reporter les investissements qui concernent les unités de production de batteries en Europe puisque celles venant de Chine sont taxées.
Électricité à 40 % issue du fossile
Si la situation est contrastée d'une marque à l'autre – BMW avec Mini s'en sort mieux que les autres –, la tendance générale est à la baisse. Elle conduit à réviser les objectifs en conséquence, ce qui ne plaît guère aux investisseurs. Tout cela serait déjà très difficile à surmonter sans qu'une nouvelle annonce ne vienne ébranler la confiance des plus optimistes. En effet, il est question désormais dans le calcul de l'empreinte carbone des voitures électriques d'inclure la façon dont l'électricité consommée est produite.
Un calcul indispensable en effet si l'on veut estimer l'impact global sur l'empreinte carbone des véhicules électriques. Si, à ce stade, on évalue la façon dont les batteries sont fabriquées et recyclées, on a négligé jusqu'à présent la qualité de l'électricité consommée. Et dans ce domaine de la production, l'Allemagne est très mal placée avec ses centrales à charbon, comparée à la France et son électricité majoritairement nucléaire.
Le dessein de la Commission européenne est de promouvoir une électricité plus propre et de distinguer les pays qui produisent les plus gros efforts dans ce domaine. Pour encourager une économie circulaire, une loi de 2023 encourage cette démarche qui n'arrange pas les Allemands dont l'électricité dépend à 40 % des énergies fossiles. Une solution pourrait être mise sur pied en définissant une « électricité automobile » qui serait issue d'une production plus vertueuse mais qui nécessiterait une distribution séparée. L'Allemagne n'est pas au bout de ses peines avec Bruxelles et se trouve placée à un carrefour stratégique qui pèsera sur son avenir.
https://www.lepoint.fr/automobile/vehicule-electrique-quand-le-ciel-tombe-sur-la-tete-des-allemands-08-08-2024-2567452_646.php
La Deutsche Bahn veut supprimer 30.000 postes...
La Deutsche Bahn a enregistré une perte de plusieurs milliards au cours des six premiers mois de l'année. Le groupe veut désormais réagir - et supprimer des dizaines de milliers d'emplois au cours des cinq prochaines années.
La Deutsche Bahn a enregistré une perte de 1,2 milliard d'euros au premier semestre de l'année 2024. Les grèves, les conditions météorologiques extrêmes, les chantiers et l'affaiblissement de la demande ont fortement dégradé le résultat du groupe par rapport à l'année précédente, a indiqué la compagnie ferroviaire. Le groupe veut réagir à ce mauvais bilan en supprimant des postes.
Au total, quelque 30.000 emplois à temps plein devraient être supprimés au cours des cinq prochaines années, a indiqué le directeur financier des chemins de fer, Levin Holle. C'est surtout dans l'administration que des emplois doivent être supprimés, la suppression d'environ 1.500 postes est déjà prévue cette année.
« Nous devons à l'avenir créer plus de trains avec moins de personnes », a souligné Holle. Grâce à la numérisation et à l'automatisation, les processus administratifs devraient à l'avenir être exécutés par moins d'employés.
https://www.tagesschau.de/wirtschaft/deutsche-bahn-verlust-106.html

Dans un environnement où l’économie allemande est extraordinairement énergivore, alors que la politique dogmatique des Verts pénalise de manière dramatique tous les acteurs de l’économie, les faillites de sociétés atteignent des niveaux records et effrayants dans une Allemagne littéralement en voie de désindustrialisation.
Merkel aura bien des comptes à régler avec l’Histoire
https://michelsanti.fr/crise-europeenne/lhomme-malade-de-leurope-le-retour
La contraction "inattendue" de la croissance économique allemande fait suite à un affaiblissement progressif de la plus grande économie européenne depuis la fin de l'approvisionnement en gaz bon marché en 2022. Au cas où quelqu'un se demanderait comment la chose la moins surprenante qui soit peut être qualifiée de surprenante, c'est parce que les économistes et les analystes ne s'attendaient pas à cette contraction et, comme nous le savons tous, les économistes - et les analystes - ne peuvent jamais se tromper, surtout lorsqu'ils ferment activement les yeux sur des évolutions évidentes telles que la relation de cause à effet entre le coût de l'énergie et la croissance économique.
Je suis sûr qu'à l'avenir, il n'y aura plus de surprises de ce genre, car le recul du deuxième trimestre fait suite à une croissance extrêmement forte du PIB de 0,2 % au premier trimestre, et il ne s'agit probablement que d'un accident de parcours temporaire sur la voie d'une croissance forte et soutenue. Remarque : lorsqu'une économie européenne affiche une croissance de 0,2 %, elle est forte. Si la Chine affichait un tel chiffre, on parlerait de la catastrophe du siècle.
(Irina Slav)
Avec l’Euro 2024, le monde découvre une Allemagne chaotique et désordonnée...les ratés de l’organisation du Championnat d’Europe des nations ont surpris de nombreux visiteurs étrangers, pour qui l’Allemagne était un pays réglé comme du papier à musique. La réputation de la République fédérale risque d’en prendre un coup, avertit la “Deutsche Welle”...
Voiture électrique : chute des ventes, le gouvernement allemand fait l'autruche
https://www.economiematin.fr/voiture-electrique-chute-vente-allemagne-bonus
Voiture électrique : chute des ventes, le gouvernement allemand fait l’autruche......les ventes de voitures électriques en Allemagne se sont effondrées depuis la suppression du bonus écologique en 2023. Loin de prendre cela comme un signe, le gouvernement allemand persiste et signe pour interdire les voitures thermiques d’ici 2035.
Et si l'Allemagne soutenait l'Ukraine pour des raisons démographiques?...
Dans le contexte de la guerre en Ukraine, l’irrationalité de la plupart des gouvernements européens, aveuglément alignés sur les intérêts de Washington, saute aux yeux. L’Union européenne est en effet devenue, pour reprendre les mots de Zbigniew Brzezinski, «un protectorat américain et ses Etats rappellent ce qu’étaient jadis les vassaux et les tributaires des anciens empires» (Brzezinski, Le grand échiquier, 2010, p. 88).
La vassalité, cependant, ne peut être un facteur unique d’explication. L’incapacité allemande, en particulier, à défendre l’approvisionnement en gaz de son industrie après le sabotage du Nord Stream laisse perplexe. La hausse subséquente des prix de l’énergie a plombé l’économie germanique, qui a basculé dans le rouge en 2023.
Malgré ce contexte de crise, Berlin se refuse toujours à rouvrir les vannes du Nord Stream, dont une partie des tubes est encore en état de fonctionner. C’est d’autant plus énigmatique que la nation allemande s’était transformée, depuis sa réunification, en véritable «société-machine» dédiée à la production. En outre, l’Allemagne a massivement soutenu l’effort de guerre ukrainien, débloquant près de 18 milliards d’euros d’aide militaire entre le 24 février 2022 et le 24 janvier 2024. Seuls les Etats-Unis ont fait mieux (voir graphique ci-dessous), mais toujours au bénéfice de leur industrie de l’armement.

Est-il possible de trouver une explication rationnelle au comportement du gouvernement allemand, en dépit de l’imbécillité apparente de ses décisions stratégiques? Deux pistes offrent des perspectives de réflexion intéressantes. La première, évoquée par Emmanuel Todd dans son dernier livre (La défaite de l’Occident, Gallimard, 2023) est d’ordre psychologique.
Le peuple allemand entretiendrait une mauvaise conscience historique due à ses responsabilités durant la Deuxième Guerre mondiale. Sorte de traumatisme national, qui infuse les soubassements de la psyché collective. «Assoiffée d’expiation, l’Allemagne aspire à être désormais du côté du bien: l’évidence de l’agression russe – le Mal en marche, si l’on ne réfléchit pas – facilite une telle posture. Comment ne pas être solidaire avec la petite Ukraine?» (p. 179)
La seconde explication est de nature démographique. L’Allemagne, comme beaucoup d’autres pays européens (en particulier à l’Est du continent), dispose d’un taux de fécondité extrêmement bas (1,5 enfant par femme en 2021). Trop bas pour que sa population se renouvelle. Elle joue donc sa survie en tant que nation. Seule l’immigration peut actuellement compenser ce déclin. De fait, comme le rappelle là encore Emmanuel Todd dans Où en sommes-nous? Une esquisse de l’histoire humaine (Seuil, 2017): «Dans le cas de l’Allemagne, la recherche, non seulement de main-d’œuvre mais aussi d’une immigration de peuplement, est devenue pour le patronat et le gouvernement une obsession.»
Sans cette immigration, l’industrie allemande, notamment, péricliterait à moyen-long terme. Par conséquent, «nous ne pouvons comprendre la politique extérieure allemande si nous oublions cet objectif démographique: la recherche d’immigrés est désormais l’un des objectifs prioritaires de Berlin. Cet axiome permet de comprendre des comportements difficilement explicables autrement.» (Todd, Où en sommes-nous?, p. 538)
Dans ce contexte, l’Europe de l’Est et l’Europe du Sud sont devenues des viviers de main-d’œuvre pour l’Allemagne, qui n’hésite pas non plus, depuis 2015, à ouvrir grand ses frontières à l’immigration extra-européenne (Turquie et Syrie en particulier). Parmi les ressortissants européens en Allemagne, les Ukrainiens sont les plus nombreux (1'164'200 en 2022, selon les statistiques du Budesamt). A noter que c’était déjà le cas avant le déclenchement de la guerre avec la Russie.
Selon Emmanuel Todd, cet «axiome migratoire» explique sans doute «l’activisme de la République fédérale dans les affaires ukrainiennes, dont la logique est tout à fait indépendante des rêves géopolitiques américains, à la Brzezinski, antirusses et planétaires». De fait, la pression occidentale sur l’Ukraine, loin de stabiliser le pays (contrairement à ce qui est promis) le transforme en pool de main-d’œuvre. Ainsi: «La désintégration de l’Ukraine pourrait assurer à l’Allemagne un approvisionnement abondant en main-d’œuvre et en immigrés. Dans ces conditions, entretenir le désordre ukrainien pourrait bien à nouveau apparaître comme "rationnel".» (Todd, Où en sommes-nous?, p. 542)
Cette analyse formulée par Todd en 2017 offre une grille de lecture intéressante dans le contexte de la guerre en Ukraine. Depuis le début des hostilités, en effet, plus d’un million d’Ukrainiens ont trouvé refuge en Allemagne, beaucoup espérant «s’y installer durablement», indique Le Monde. Cet afflux massif a engendré une forte augmentation de la population allemande totale, la plus importante depuis la réunification de l'Allemagne de l'Est et de l'Allemagne de l'Ouest en 1990.
La politique jusqu’au-boutiste de «soutien» (il faudrait plutôt écrire «accompagnement vers la désintégration») allemand à l’Ukraine pourrait sembler paradoxale, tant elle pénalise l’industrie allemande, qui subit de plein fouet la hausse des prix de l’énergie engendrée par la rupture des approvisionnements russes. Mais l’industrie allemande est historiquement résiliente. Il est donc envisageable que Berlin, pesant les intérêts économiques à long terme de son économie, ait accepté de sacrifier provisoirement son secteur industriel (qu’elle sait résilient) pour favoriser ses intérêts démographiques, qui obéissent à d’autres rythmes. En outre, l’immigration pèse aussi tendanciellement à la baisse sur les salaires, ce qui est susceptible de profiter aux entreprises.
Terminons ce court essai par l’analyse globale d’Emmanuel Todd concernant la politique migratoire allemande:
«La rationalité limitée du système mercantiliste allemand, qui recherche inlassablement la puissance commerciale et monétaire, aggrave le problème jusqu’à le rendre insoluble. Toujours plus d’immigrés, telle est la logique du système, qui inclut en son cœur la vague conscience d’une ultime impossibilité. Le sentiment de vertige qui en découle a fini par suggérer à l’Allemagne, en 2015, un saut dans le vide: l’appel et la porte ouverte à un afflux massif de réfugiés venus de Syrie et d’Afghanistan, mais aussi d’autres pays appartenant à la sphère arabe et musulmane. Croyant affirmer des valeurs universelles, Angela Merkel a en réalité cédé à l’illusion d’un homo economicus abstrait, dépourvu de culture spécifique.
(…) Nous atteignons ici le terme du paradoxe: l’extraversion de l’économie allemande devrait finalement conduire, comme le choix japonais de l’introversion, à un repli du pays sur lui-même. Le vrai risque est celui du durcissement interne d’une société allemande au sein de laquelle l’anxiété conduirait à une gestion policière de la différence des mœurs. L’autoritarisme et l’esprit de système inhérents à la culture allemande faciliteraient une telle orientation.» (Todd, Où en sommes-nous?, pp. 543-547)
https://bonpourlatete.com/analyse/et-si-l-allemagne-soutenait-l-ukraine-pour-des-raisons-demographiques
En Allemagne, les Verts éclaboussés par des révélations sur la sortie du nucléaire.... Un magazine allemand a révélé que le ministère de l’Économie, tenu par le leader écologiste Robert Habeck, avait ignoré plusieurs signaux d’alarme concernant la sortie du nucléaire.
Délocalisations, choix contraires à la transition climatique… Les effets de la récession sont multiples.
L'Allemagne était un moteur. Elle est devenue un frein. La première économie de la zone euro, et la troisième mondiale, n'en finit plus de ralentir, entraînant à sa suite le reste de l'Europe, France comprise. Après une année 2023 déjà atone, marquée par une chute de la croissance de -0,3 %, soit la pire performance des dix premières économies de la planète, les perspectives pour 2024 s'assombrissent encore.
Le ministre de l'Économie et vice-chancelier, Robert Habeck, n'a pas mâcher ses mots le 14 février : « L'économie allemande va dramatiquement mal. » À tel point que le numéro deux du gouvernement de coalition (sociaux-démocrates, Verts et libéraux), dirigé par Olaf Scholz, a dû réviser à la baisse ses prévisions de l'activité, de 1,3 % à seulement 0,2 % pour l'année en cours. Et à 1 % en 2025, au lieu de 1,5 % initialement annoncé.
https://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/croissance-l-allemagne-en-panne-l-ue-a-la-peine-991914.html
Le rapport accablant de la Cour Fédérale Il semble que la Cour Fédérale des Comptes, organe indépendant de contrôle financier et l’une des plus hautes autorités fédérales, soit indispensable non seulement pour identifier le véritable état de la transition énergétique en Allemagne, mais aussi pour la présenter sans fard. Dans son rapport spécial publié en mars 2024 /1/, l’autorité délivre un constat tout à fait accablant pour la politique énergétique allemande
Face aux difficultés, l'industriel allemand prévoit des coupes sévères dans ses effectifs dans les mois à venir. Empêtrée dans une crise à rallonge, l'économie allemande s'enfonce toujours plus dans la récession.
La vague des plans sociaux déferle en Allemagne. Après le fleuron Miele, l'industriel allemand Bosch prévoit de supprimer 3.500 postes dans le monde d'ici fin 2027, parmi les employés administratifs de sa filiale BSH spécialisée dans l'élelectroménager, a annoncé cette dernière vendredi. "Afin de préserver sa compétitivité et de financer les investissements nécessaires, BSH doit réduire considérablement la complexité et les coûts, compte tenu notamment de l'évolution rapide de la situation du marché et de la situation économique toujours difficile et en déclin", a expliqué BSH dans un communiqué.
Cette annonce est le reflet d'une industrie allemande en plein marasme. L'indice des directeurs d'achat PMI, publié jeudi dernier indique que la production industrielle outre-Rhin poursuit sa longue descente aux enfers. « L'Allemagne a été particulièrement vulnérable car elle comptait beaucoup sur l'énergie bon marché. A cela s'ajoutent les difficultés de l'industrie automobile. Les chocs cycliques s'ajoutent au choc conjoncturel. L'Allemagne est devenue la lanterne rouge en zone euro », a récemment expliqué à La Tribune, l'économiste d'ING Charlotte de Montpellier.
1.000 emplois dès 2024 chez Bosch
Ce fabricant de machines à laver et d'appareils de cuisine vise les postes "indirects", c'est-à-dire en dehors des chaînes de production, précise le communiqué. Parmi eux, 1.000 emplois sont concernés dès cette année, ajoute le communiqué, sans préciser pour le moment les termes du plan social.
La filiale, créée en 1967, qui produit des appareils de plusieurs marques dont Bosch et Siemens, emploie actuellement plus de 60.000 personnes dans le monde, dont 17.000 en Allemagne.
BSH n'a pas parlé de délocalisation, mais son patron, Matthias Metz, trouve "compréhensible", que les entreprises réfléchissent "s'implanter à l'étranger, compte tenu de la réglementation et de la bureaucratie excessives, des coûts énergétiques et d'autres conditions économiques en Allemagne", a-t-il déclaré au quotidien Süddeutsche Zeitung.
2024, année morose pour Bosch
Le groupe Bosch, dont l'essentiel de l'activité concerne l'automobile où il est leader mondial des équipementiers, a déjà annoncé des suppressions de postes dans cette branche. Il a déclaré en janvier supprimer 1.200 emplois dans la vente et le développement de ses systèmes embarqués, dans un contexte de transition délicate vers la mobilité électrique pour ce secteur clé de l'industrie allemande.
En décembre, le groupe de Stuttgart avait annoncé vouloir supprimer jusqu'à 1.500 emplois sur deux sites allemands fabricant des transmissions. Le groupe, qui emploie 427.600 salariés dans le monde s'attend à une année morose en 2024, notamment à cause du marché des voitures électriques, dont la demande n'augmente pas autant que prévu.
2.700 postes en sursis chez Miele
Le fabricant allemand d'électroménager haut de gamme Miele va supprimer ou délocaliser jusqu'à 2.700 emplois dans le monde, a-t-il annoncé mardi, invoquant un effondrement de la demande et une hausse des coûts de production.
Le groupe familial de Gütersloh (ouest) dit avoir "ressenti les effets de l'effondrement mondial de la demande" et de "l'augmentation drastique des coûts", le forçant à adopter un plan d'économies affectant près de 12% des effectifs, selon un communiqué.
Chez le fabricant de fours, aspirateurs et autres machines à laver, la majeure partie du plan annoncé repose sur 2.000 suppressions d'emplois en Allemagne et ailleurs, principalement dans les domaines dits "indirects", c'est-à-dire en dehors des services production et des chaînes de montage, explique le groupe.
(avec AFP)
https://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/hecatombe-dans-l-industrie-allemande-apres-miele-bosch-va-sabrer-plus-de-3-000-postes-991429.html
le décrochage !.... le pays est gagné par la peur du déclin conséquence d’un modèle économique incapable de s’adapter aux contraintes géopolitiques et environnementales....l’Allemagne a une crise de retard par rapport à la France et si elle n’est pas redevenue l’homme malade de l’Europe elle en est à coup sûr l’homme éreinté et has been.
L’Allemagne bride l’Europe...Plus grave erreur économique de l’Allemagne de ces 20 dernières années. Célébré à l’époque comme la victoire de la rigueur fiscale et budgétaire rompant avec l’insouciance reprochée à l’immense majorité des membres de l’Union vivement exhortés de lui emboîter le pas. Inscrit dans le marbre de la Constitution. Aujourd’hui, les politiques allemands ne savent plus comment s’en débarrasser.
les agriculteurs en colère se mobilisent contre le gouvernement Scholz...A Berlin, quelque 700 engins agricoles ont pris position au coeur de la capitale, près de la porte de Brandebourg... l'infiltration du mouvement par des extrémistes de droite inquiète les autorités..... de bruyants convois de tracteurs sont notamment entrés dans les métropoles de Munich au sud, Hambourg, Brème, au nord, ou Cologne à l'ouest, paralysant en partie le trafic.
Hit Parade du Mois
Au coeur de la transition énergétique, Berlin est en tête de ce hit parade.
Volkswagen va supprimer des postes de travail en Europe pour améliorer sa rentabilité. On parle de 20% des coûts. A voir combien d'emplois passeront à la trappe.
Le pétrolier-gazier Norvégien a signé un accord à €50 milliards avec Berlin pour livrer 30% des besoins industriels de gaz-méthane (130 milliards m3) d'ici à 2039. On se rappelle que Bruxelles avait interdit des contrats à long terme.
Avec les prix élevés du gaz, l'industrie allemande est en train de fuir le pays. La production industrielle à forte intensité énergétique en Allemagne est aujourd'hui inférieure de 20% à ce qu'elle était en 2015. Et il ne s'agit pas seulement de produits chimiques, la contagion touche des entreprises métallurgiques, le verre, la céramique, les engrais, le papier et surtout le secteur automobile.
Par manque d'argent, Berlin a supprimé abruptement les subsides pour acheter une voiture électrique ainsi que les subsides pour le diesel pour les agriculteurs. La Cour constitutionnelle a annulé cette "réaffectation de €60 milliards de crédits inutilisés lors du Covid". L'Allemagne espérait mettre sur les routes plus de 15 millions de voitures électriques d'ici à 2030. Les fabricants automobiles Allemands qui ont misé sur des voitures électriques chères et aussi gourmandes que des moissonneuses batteuses, sont en train de se faire dévorer par les Chinois. Pour rappel, VW, Mercedes et Audi s'étaient précipités en Chine pour leur refiler leur savoir-faire en échange de part de marché. Est-ce un effet boomerang?
Les boucliers tarifaires sur l'électricité et le gaz-méthane instaurés en 2023 vont prendre fin au 1er janvier 2024. Les citoyens vont à nouveau payer les tarifs pleins.
Pour les restaurants, la TVA devrait passer de 7 à 19%. Les fast-foods comme McDonalds et les takeaways sont exemptés. Cela ne s'invente pas ! Le secteur compte 1,3 million d'employés. Cette augmentation de TVA devrait servir à remplir les caisses vides de l'Etat.
https://2000watts.org/index.php/energies-fossiles/peak-oil/1363-energies-economie-petrole-et-peak-oil-revue-mondiale-decembre-2023.html
Les prix de l'immobilier allemand vont continuer à chuter ; pas de répit pour la flambée des loyers
Les locataires berlinois sont confrontés à la misère des prix élevés alors que la crise du logement s'aggrave.
Les prix de l'immobilier allemand vont baisser plus que prévu cette année et l'année prochaine, car les taux d'intérêt élevés sapent la demande, selon les analystes d'un sondage Reuters qui s'attendent à ce que l'offre de logements abordables se détériore et que le nombre de propriétaires diminue dans les années à venir.
Les prix de l'immobilier, autrefois florissants dans la plus grande économie d'Europe, ont baissé de plus de 10 % depuis leur sommet de l'année dernière, alors que la Banque centrale européenne a relevé ses taux d'intérêt de 450 points de base en seulement 15 mois, mettant fin à une période d'une dizaine d'années où les coûts d'emprunt étaient au plus bas.
Ces taux d'intérêt élevés et l'augmentation du coût de la vie due à l'inflation galopante de ces dernières années ont non seulement contraint de nombreux ménages à préférer la location à la propriété, mais ont également entraîné la pire crise que le secteur immobilier allemand ait connue depuis des décennies.
Certains promoteurs immobiliers allemands ayant déposé leur bilan, l'activité de construction a chuté de plus d'un tiers par rapport à l'année dernière.
L'opinion médiane de 14 experts immobiliers interrogés par Reuters du 15 au 23 novembre prévoit une baisse des prix moyens de l'immobilier de 8,0 % cette année et de 2,8 % l'année prochaine, ce qui est plus important que la baisse de 5,6 % en 2023 et l'absence de croissance en 2024 annoncées dans une enquête réalisée en août.
"La hausse des taux d'intérêt a contraint près de la moitié des acheteurs potentiels à quitter le marché du logement... et entraînera donc des baisses de prix sur le marché immobilier allemand cette année et les années suivantes", a déclaré Sebastian Schnejdar, analyste immobilier principal à la BayernLB.
"En outre, les frais généraux liés au chauffage, à l'électricité et aux charges communales ont augmenté de manière significative, ce qui a également entraîné une hausse des coûts du logement pour les propriétaires.
Ces sombres perspectives sont apparues malgré l'annonce récente par le gouvernement d'un plan de soutien de 45 milliards d'euros (47 milliards de dollars) pour le secteur de l'immobilier et de mesures visant à encourager la construction de logements, notamment des incitations fiscales.
L'activité économique globale devant rester faible au cours des prochains trimestres, le secteur de l'immobilier pourrait mettre un certain temps à se redresser.
Le secteur de l'immobilier commercial de la zone euro pourrait également être en difficulté pendant des années, ce qui constituerait une menace pour les banques et les investisseurs qui l'ont financé, a récemment déclaré la BCE.
Bien que 11 des 14 analystes ayant répondu à une question supplémentaire aient déclaré que l'accessibilité à l'achat pour les primo-accédants s'améliorerait au cours de l'année à venir, 10 des 14 contributeurs ont déclaré que l'offre de logements abordables se dégraderait au cours des 2 ou 3 prochaines années.
Dans le même temps, de plus en plus de personnes emménagent dans des logements locatifs, ce qui exerce une pression sur le marché, et les loyers augmentent plus rapidement que les salaires.
Dans la capitale, Berlin, où les appartements bon marché étaient nombreux il y a encore dix ans, le taux d'inoccupation est inférieur à 1 %.
L'opinion médiane de 12 experts immobiliers prévoit que les prix moyens de location des logements augmenteront de 4,0 % ou plus jusqu'en 2026.
Néanmoins, la proportion de propriétaires par rapport aux locataires diminuera au cours des cinq prochaines années, selon 11 des 14 analystes. Trois d'entre eux estiment qu'elle augmentera.
"À l'époque des faibles taux d'intérêt, l'accession à la propriété en Allemagne est devenue plus populaire, mais même si on la compare à la plupart des autres pays européens, l'Allemagne reste le pays des locataires", a déclaré Carsten Brzeski, responsable mondial de la macroéconomie chez ING.
"À l'avenir, le nouvel environnement de taux d'intérêt (plus élevés) empêchera un plus grand nombre de personnes d'acheter des biens immobiliers. Par conséquent, la tendance de la dernière décennie à passer du statut de locataire à celui de propriétaire est terminée. En outre, l'immigration devrait faire augmenter la demande de biens locatifs."
Reportage d'Indradip Ghosh ; Sondages de Purujit Arun, Rahul Trivedi et Sarupya Ganguly ; Rédaction de Ross Finley et David Evans
https://www.reuters.com/markets/german-home-prices-plunge-further-no-respite-surging-rents-2023-11-24/#:~:text=Once%2Dbooming%20property%20prices%%2020po,des%20rock%2Dbottom%20emprunt%20co%C3%BBts%20.
L'Allemagne ne devrait pas échapper à la récession en 2024, toujours empêtrée dans la crise de son modèle industriel, a estimé mercredi l'Institut économique IW qui table à présent sur une baisse du Produit intérieur brut (PIB) de 0,5%.
Selon l'institut basé dans la ville de Halle, «2024 aurait pu être une année de reprise pour l’économie allemande. Mais les conditions générales restent mauvaises». Les experts de l'IW ont considérablement révisé à la baisse leur prévision pour 2024 puisqu'en septembre, ils voyaient encore le PIB allemand progresser de 0,9%. Comme les autres instituts du pays et le gouvernement, ils prévoient pour l'année 2023 une récession, faisant de l'Allemagne l'une des lanternes rouges de la zone euro. L'IW estime que la baisse du PIB sera de 0,5% cette année, soit 0,1 point de moins que les prévisions du gouvernement.
Le modèle économique allemand, reposant sur une forte industrie exportatrice, souffre des prix trop élevés de l'énergie depuis la guerre en Ukraine et la fin des livraisons de gaz russe, des bouleversements géopolitiques et de la montée rapide des taux d'intérêt en zone euro qui pèsent sur le pouvoir d'achat. «Comme si les crises mondiales et les taux d'intérêt élevés ne suffisaient pas : la crise budgétaire actuelle aggrave la situation et plongera l'Allemagne dans une nouvelle année de récession», prédit l'IW.
Un gouvernement en difficulté
Un arrêt choc de la Cour constitutionnelle fédérale mi-novembre a laissé un trou de 60 milliards d'euros dans les plans budgétaires du gouvernement d'Olaf Scholz, désormais confronté à une crise politique pour résoudre ce casse-être financier. «Le conflit sur le budget fédéral est particulièrement perturbant pour les entreprises, dont beaucoup suspendent pour l’instant leurs décisions d’investissement», explique l'institut qui appelle à trouver «une solution rapide». Les prévisions de l'IW pour 2024 sont nettement plus pessimistes que celles du gouvernement, qui table sur une reprise de la croissance à 1,3% l'an prochain. De son côté, le Fond monétaire international (FMI) table sur un rebond de 0,9% pour la croissance allemande.
Capital avec AFP
https://www.capital.fr/economie-politique/allemagne-lindustrie-plombee-par-lenergie-la-recession-inevitable-selon-linstitut-iw-1488531
L’Allemagne vit la diminution de la consommation d’énergie. Son PIB se contracte et le secteur industriel est à la peine. BASF, qui utilise des tonnes de gaz-méthane, annonce une perte de €249 millions pour le dernier trimestre. Les prix du gaz sont trop chers en Europe. L’entreprise va encore fermer plusieurs unités à Ludwigshafen, dont son usine d’ammoniac. Dans le secteur des machines-outils, le marché est en chute libre.
Durant ces derniers mois, Berlin fait face à une désindustrialisation énorme dans les secteurs clés : l’acier et la pétrochimie et engrais gourmands en électricité et énergie. 32% des entreprises industrielles préfèrent un investissement hors d’Allemagne.
Pour stopper la chute de l’industrie, le gouvernement penche sur des subsides, comme en France, ainsi qu’un plafonnement des prix de l’énergie et de l’électricité. Ce bouclier ne va pas s'étendre au-delà de mars 2024.
La cour constitutionnelle a annulé €60 milliards initialement prévus pour le COVID. Le gouvernement voulait rediriger ce montant vers un fonds "climat et transformation" afin de se donner des moyens de financement pour la transition énergétique. Le gouvernement se trouve en difficulté et l'on parle de nouvelles élections
https://2000watts.org/index.php/energies-fossiles/peak-oil/1359-energies-economie-petrole-et-peak-oil-revue-mondiale-novembre-2023.html
L'Allemagne, championne de l'hypocrisie budgétaire en zone euro...Alors que la zone euro s’est installée dans la stagnation en 2023, les enquêtes de conjoncture ne laissent plus place au doute, surlignant un risque sévère d’approfondissement de la récession l’an prochain
L'Allemagne, sur la voie de la rédemption énergétique ?
https://www.contrepoints.org/2023/10/19/465497-lallemagne-sur-la-voie-de-la-redemption-energetique
L’Allemagne, sur la voie de la rédemption énergétique ?....L’Allemagne est aujourd’hui dans une impasse énergétique et voit sa stratégie verte vaciller. Le pays se tournera-t-il vers le nucléaire qu’il a longtemps renié ?...Après l’échec cuisant de sa transition énergétique, nommée Energiewende, inefficace et de plus en plus impopulaire, fondée sur des éoliennes et des panneaux solaires, l’Allemagne devra bientôt aller à Canossa en redéveloppant l’énergie nucléaire si elle souhaite vraiment se passer du gaz et du charbon.
Le nucléaire, la transformation narrative et l'activisme climatique
(interview d'eugyppius)
L'Allemagne a fermé ses trois dernières centrales nucléaires dans un contexte de pénurie d'énergie et contre la volonté de plus de 50 % des Allemands. La partie raisonnable du monde veut savoir pourquoi. Sérieusement, pourquoi ?
La réponse courte est que les Verts sont au gouvernement et qu'ils sont un parti antinucléaire plus encore qu'un parti antiémissions. Robert Habeck, le ministre de l'économie des Verts, a réagi à la crise énergétique en réactivant les centrales au charbon, en parcourant le monde pour signer des contrats de GNL et, plus généralement, en prenant des mesures pour maintenir la lumière allumée, ce qui a bien sûr irrité la base irrationnelle des Verts.
Lui et le reste du parti devaient apporter quelque chose à leurs électeurs, et la poursuite de la dernière étape de la sortie du nucléaire mise en place par Angela Merkel était ce quelque chose.
La phobie de l'énergie nucléaire est un phénomène culturel en Allemagne qui s'étend bien au-delà des électeurs verts et qui trouve son origine à Tchernobyl. Un roman de Gudrun Pausewang paru en 1987 et intitulé Die Wolke ("Le nuage") a exercé une influence considérable sur le plan culturel, parce qu'il fait partie intégrante des programmes scolaires.
Il s'agit d'une histoire sur une catastrophe semblable à celle de Tchernobyl en Allemagne de l'Ouest, et tous les Allemands ont été obligés de le lire à un moment ou à un autre de leur vie. Cette histoire et la propagande associée, via les médias et le système éducatif, ont façonné les opinions de toute une génération d'Allemands, et les sentiments qui en résultent sont l'une des principales raisons pour lesquelles les Verts sont si forts ici. Comme beaucoup de croyances naïves, quasi-religieuses et enfantines, elles sont remarquablement résistantes aux préoccupations pratiques et je ne vois pas beaucoup de chances de les changer.
L'énergie éolienne et l'énergie solaire sont présentées comme des substituts parfaits au pétrole et au gaz (et au charbon), et pourtant RWE a récemment commencé à démanteler un parc éolien pour agrandir une mine de charbon. Le gaz russe acheminé par gazoduc est remplacé par du GNL (y compris en provenance de Russie) malgré les assurances bruyantes que le gaz est en voie de disparition en raison de l'éolien et du solaire. Comment expliquer cette dissonance cognitive ?
C'est la même histoire que l'on retrouve partout : On peut développer les énergies renouvelables jusqu'à un certain point ; c'est facile au début. Puis on atteint un plafond, où divers problèmes - surtout des problèmes de gestion de réseau découlant de l'intermittence - rendent toute nouvelle expansion très difficile. L'Allemagne s'approchait depuis longtemps de ce point, mais la crise énergétique a contraint le gouvernement à y faire face plus directement et plus immédiatement qu'il ne l'avait espéré.
De nombreux articles de presse saluent l'augmentation substantielle de la capacité éolienne terrestre installée cette année, tout en soulignant que nous sommes loin d'être sur la bonne voie pour atteindre notre objectif de 150 000 MW pour 2030. Si l'on considère la capacité renouvelable installée au fil du temps, il semble bien que nous approchions d'un plafond.
L'idéologie des climatologues semble avoir été formée au début du processus de transition, lorsque les énergies renouvelables posaient des problèmes relativement solubles. Nous observons maintenant que cette vision naïve est confrontée à la dure réalité de ses propres limites et à l'absence soudaine de combustibles fossiles, que les Verts - si leur vision avait un tant soit peu de substance - auraient dû saluer.
Je dois dire que je me sens justifié, car certains de mes détracteurs affirmaient que les Verts n'étaient que des fous autodestructeurs qui voulaient réduire l'Allemagne en cendres. En fait, lorsqu'ils se sont trouvés au bord de la destruction politique (ce que des pannes d'électricité non gérées auraient signifié pour eux), ils ont eu recours à une politique énergétique minimalement rationnelle.
Oui, ils voulaient toujours couler le nucléaire, et ils y sont parvenus, mais ils ont aussi oublié leur phobie des combustibles fossiles dans la mesure où c'était nécessaire pour assurer leur survie politique.
L'équipe de la transition énergétique est composée d'institutions qui existent pour défendre les énergies renouvelables, faire pression en leur nom et publier des loufoqueries scientifiques pour les promouvoir, de sorte qu'elles ne peuvent pas simplement se retirer. Je pense que nous continuerons à voir s'élargir le fossé entre l'orthodoxie du parti et la politique énergétique réelle, jusqu'à ce que quelque chose se brise.
Si les Verts sont capables d'une pensée rationnelle pour survivre, ce clivage que vous mentionnez pourrait-il progressivement conduire à un renversement des politiques actuelles, aussi impossible que cela puisse paraître pour l'instant ? Pourrait-on assister à un scénario dans lequel, dans quelques années, ils diraient : "Qui, nous ? Nous n'avons jamais voulu 100 % d'énergie éolienne et solaire" ?
Il est très difficile de prédire l'avenir, mais nous avons déjà au moins un indice de ce qui pourrait se produire. À la dernière minute, l'Allemagne (et certains pays d'Europe de l'Est) a négocié une exception à l'interdiction européenne des moteurs à combustion interne en 2035, pour les voitures pouvant fonctionner avec des carburants synthétiques.
Oui, ils voulaient encore couler le nucléaire, et ils y sont parvenus, mais ils ont aussi oublié leurs obligations en matière de protection de l'environnement.
Il y a aussi le fait que ces échéances sont délibérément placées juste assez loin dans l'avenir pour :
a) entrer en vigueur après que la plupart des députés européens actuels ne seront plus en fonction
b) permettre aux technocrates actuels de s'appuyer sur les croyances parareligieuses omniprésentes dans le progrès technologique pour trouver des solutions à des problèmes impossibles. La vision est donc déjà équipée non seulement de rationalisations mythologiques, mais aussi d'échappatoires pratiques et personnelles.
Si l'on examine l'histoire plus large de l'activisme climatique, on s'aperçoit qu'il a déjà traversé plusieurs époques et qu'il est en fait assez malléable. Les premières inquiétudes liées à la surpopulation qui ont suivi le baby-boom de la fin des années 1960 ont cédé la place à diverses préoccupations écologiques, les émissions de CO2 ne devenant l'inquiétude dominante qu'après la fin de la guerre froide.
Je pense que l'idéologie connaîtra d'autres transformations et qu'elle pourrait finalement abandonner le CO2 au profit d'une autre mesure, comme les niveaux de méthane dans l'atmosphère. Les premières inquiétudes liées à la "bombe démographique" ont succombé au tiers-mondisme croissant de nombreuses entreprises philanthropiques.
Irina Slav
22 septembre
eugyppius est l'une des plus grandes stars de Substack. En soi, cela ne signifie pas grand-chose à notre époque, mais dans son cas, cette réputation est vraiment bien méritée. Dans une cacophonie de fausses informations et de désinformations, d'émotions à fleur de peau et de problèmes mentaux avidement entretenus, eugyppius est une rare voix de la raison et de la raison tout court, et pas seulement sur les sujets liés à l'énergie. Pourtant, en raison de ma regrettable fixation sur les questions énergétiques, c'est sur celles-ci que je l'ai interrogé.
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Témoignages. "Pourquoi nous quittons l'Allemagne"
https://www.courrierinternational.com/article/temoignages-pourquoi-nous-quittons-l-allemagne
“Pourquoi nous quittons l’Allemagne” Loyers exorbitants, pénurie de solution de garde d’enfants, froideur des collègues… Les expatriés quittent en nombre l’Allemagne. “Der Spiegel” a recueilli quelques-uns de leurs témoignages...
L’Allemagne adopte une loi controversée sur le chauffage vert qui coûterait à l’économie 1 000 milliards d’euros
Une loi exigerait que les systèmes de chauffage nouvellement installés soient alimentés par au moins 65 % d'énergie renouvelable.
Après six mois de débats acharnés, le gouvernement de gauche allemand a adopté la loi controversée sur le chauffage vert, la loi sur l'énergie du bâtiment (GEG). Selon des estimations élevées, cette loi coûtera à l'économie allemande plus de 1 000 milliards d'euros au cours des 20 prochaines années.
Même si les hommes politiques appartenant au trio politique allemand ont applaudi l'entrée en vigueur de la loi sur le chauffage vendredi dernier, les conséquences politiques ne sont probablement pas encore pleinement réalisées.
De nombreux Allemands – déjà aux prises avec l'inflation et un ralentissement de l'économie – ont rechigné à l'obligation d'installer de nouveaux systèmes de chauffage coûteux, la loi ayant été rejetée par la majorité de la population, selon un sondage. Le gouvernement est également accusé d'un processus législatif précipité et de l'absence d'auditions parlementaires, remettant en question le fondement démocratique de la loi dans son intégralité.
La loi exige que les Allemands possédant des systèmes de chauffage plus anciens les remplacent dans un certain délai, bien que le projet de loi final adopté ait édulcoré certaines exigences et prévu quelques exceptions. Néanmoins, le coût final de la facture devrait encore être énorme, les estimations élevées le situant à 1 000 milliards d’euros et les estimations inférieures à 600 milliards d’euros.
De nombreux Allemands ont toutes leurs économies dans leur maison, et pour de nombreuses personnes âgées, leur maison, souvent dotée de systèmes de chauffage plus anciens, a vu sa valeur diminuer à cause de la loi. Dans le même temps, dans les années à venir, ils seront obligés de procéder à des améliorations coûteuses en matière de chauffage – généralement sous la forme d’une pompe à chaleur et des coûts associés pour la faire fonctionner efficacement à l’intérieur d’un bâtiment – pour répondre aux nouvelles normes écologiques. Les experts préviennent également que les propriétaires seront incités à augmenter les loyers en réponse à la loi sur l'énergie du bâtiment.
Le problème est qu'environ les trois quarts des bâtiments anciens en Allemagne ont été construits avant l'entrée en vigueur des premières réglementations en matière d'isolation thermique en 1979. Beaucoup de ces bâtiments devront désormais être rendus économes en énergie, ce qui représente une charge financière énorme à une époque où L’Allemagne a également progressivement abandonné l’énergie nucléaire et le prix de l’énergie, notamment du pétrole et du gaz naturel, a grimpé en flèche.
Par : Junge Freiheit via ReMix
L'Allemagne en solo : ses intérêts au dessus de ceux de la zone euro.... elle fait cavalier seul, et ceux qui espèrent que l'Allemagne blessée se ralliera à l'idée de solidarité en seront pour leurs frais, car jamais les intérêts du pays n'ont été aussi éloignés de ceux de ses partenaires.
L’Allemagne, de “locomotive économique” à “lanterne rouge” de l’Europe....le temps du miracle économique allemand est bel et bien révolu, déplore “Der Spiegel”. Pour rester compétitive, la première économie du Vieux Continent va devoir se remettre en question et entreprendre d’importantes réformes.....
Les importations allemandes d’électricité atteignent un nouveau record alors que la sortie du nucléaire augmente les coûts de production
Malgré la fermeture de ses centrales nucléaires pour se concentrer sur la production d’énergie renouvelable, plus d’un cinquième de l’électricité importée le mois dernier a été produite à partir de l’énergie nucléaire...
L’Allemagne importe plus d’électricité que jamais après avoir acheté un record de 6505 gigawattheures de l’étranger en août, selon l’Agence fédérale des réseaux.
Le gouvernement fédéral a remplacé une grande partie de l’électricité produite par ses centrales nucléaires récemment fermées par de l’électricité importée, dont près de la moitié a été produite ironiquement au moyen de l’énergie nucléaire et des combustibles fossiles.
Cela s’est traduit par un déficit important de la balance commerciale de l’électricité, le pays ayant importé pour 557 millions d’euros d’électricité de plus que ses voisins de l’UE le mois dernier.
Les importations d’électricité se font généralement par la construction de lignes de transport ou de câbles sous-marins qui relient les réseaux électriques au-delà des frontières nationales. L’énergie peut être produite à partir de diverses sources, y compris l’hydroélectricité, le nucléaire, les combustibles fossiles tels que le gaz et le charbon, ou les énergies renouvelables.
Et bien que le gouvernement fédéral allemand cherche à privilégier les sources d’énergie renouvelables pour produire de l’électricité, comme en témoigne sa décision politique de fermer les centrales nucléaires restantes du pays plus tôt cette année, 21 % de l’électricité importée le mois dernier a été produite par l’énergie nucléaire et 28 % par la combustion du charbon et du gaz, selon le journal Bild.
Le chancelier Olaf Scholz a cherché à minimiser les préoccupations concernant la hausse des importations en juillet, affirmant que « chaque année, nous achetons de l’électricité à d’autres pays ».
Cependant, les importations d’électricité en Allemagne ont considérablement augmenté depuis la fermeture des centrales nucléaires du pays le 15 avril.
Comme l’a expliqué Tim Meyerjürgens, directeur général de l’opérateur de réseau de transport Tennet, la hausse des importations n’implique pas nécessairement que l’Allemagne ne soit pas capable de produire suffisamment d’électricité elle-même, mais ils « disent quelque chose sur le prix de la production ». c’est devenu plus cher.
Après l’abandon du nucléaire, une grande partie de l’électricité allemande a été produite au moyen de centrales au gaz naturel et au charbon, alors que la production d’énergie renouvelable n’était pas viable.
« Celles-ci sont souvent plus chères que les énergies renouvelables et l’énergie nucléaire à l’étranger », a expliqué Meyerjürgens, laissant entendre que le gouvernement fédéral approuve les importations d’électricité produite à partir du nucléaire alors qu’il aurait pu simplement les produire lui-même avec des centrales nucléaires nationales à un taux moins élevé.
Écrit par Thomas Brooke via Remix News
L’Allemagne n’arrive pas à faire revenir ses expats Même s’ils ont parfois envie de rentrer dans leur pays, les expatriés allemands se heurtent à de nombreux obstacles. Le “Spiegel” a rencontré deux universitaires qui illustrent ce problème....
La production industrielle allemande a plongé de 1,5% en juin. Les coûts élevés de l'énergie et la demande atone du secteur ont fait plonger les estimations.
Le recul est plus fort qu'attendu. La production industrielle en Allemagne a plongé en juin, pour le deuxième mois consécutif, sur fond de coûts élevés de l'énergie et de demande atone pour le secteur, qui plombent depuis plusieurs mois la première économie européenne. Elle a baissé de 1,5% sur un mois en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables, après une baisse révisée de 0,1% en mai, a indiqué lundi l'office de statistique Destatis dans un communiqué.
Le recul est beaucoup plus fort qu'attendu par les experts de l'outil d'analyse financière Factset, qui tablaient sur une baisse de 0,5%. Sur un an, la production recule de 1,7%, toujours selon Destatis.
Dans le détail, la production de biens d’équipement a diminué de 3,9%. Une baisse qui n'est pas compensée par la hausse pour les biens de consommation (+1,8 %) et de biens intermédiaires (+0,4 %), selon Destatis. L'automobile voit sa production reculer de 3,5% sur un mois. L'industrie allemande, pilier de la première économie européenne, souffre depuis plusieurs mois.
Elle est plombée par une nette chute de la demande intérieure, en raison de l'inflation, qui reste à des niveaux élevés -à 6,2% sur un an en juillet-, et par les hausses de taux menées tambour battant par la Banque centrale européenne (BCE).
Les prix de l'énergie restent en outre relativement élevés pour la branche, et certaines activités les plus énergivores, comme la chimie, peinent à retrouver leur niveau de production d'avant la guerre en Ukraine. "La crise énergétique a probablement causé une perte permanente de capacité dans ces secteurs", explique Franziska Palmas, experte pour Capital Economist.
Les exportations, essentielles pour le secteur, sont moins dynamiques, sur fond de ralentissement de la demande en produits allemands en Chine et aux États-Unis, deux marchés cruciaux pour le secteur. Les commandes sont certes reparties à la hausse depuis deux mois, mais ce rebond est "largement lié à des contrats importants" dans le domaine de aéronautique notamment, ce qui gonfle artificiellement les chiffres, a indiqué le ministère de l’Économie dans un communiqué. "Les perspectives pour la conjoncture industrielle sont toujours sombres", a-t-il résumé.
L’Allemagne est entrée en récession au premier trimestre, avec deux trimestres consécutifs de recul du PIB (produit intérieur brut), dont une baisse de 0,4% entre janvier et mars. Pour le deuxième trimestre, Destatis a certes fait état d'un PIB en stagnation (+0,0%). Mais ces chiffres sont provisoires.
https://www.capital.fr/entreprises-marches/allemagne-lindustrie-chute-lourdement-lestee-par-la-cherte-de-lenergie-1476149
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Allemagne. Le nouvel essor d'Alternative für Deutschland
http://alencontre.org/europe/allemagne/allemagne-le-nouvel-essor-dalternative-fur-deutschland.html
L’Alternative pour l’Allemagne (AfD-Alternative für Deutschland), un parti de droite radicale, connaît actuellement un record absolu dans les sondages électoraux, tant dans les Länder de l’Est que de l’Ouest...."il y a un grand danger pour la démocratie allemande car nous avons affaire à un large mouvement très extrême et proche des milieux violents les plus radicaux"
Si elle ne veut pas redevenir le vilain petit canard du Vieux Continent, la première économie européenne doit changer de modèle, affirme “The Economist”. Mais les décideurs allemands semblent frileux vis-à-vis des changements radicaux à mettre en œuvre.
Près de vingt-cinq ans après avoir qualifié l’Allemagne d’“homme malade de l’Europe”, The Economist reprend la même expression pour décrire la crise qu’elle traverse actuellement.
Sur sa une du 19 août, le journal britannique affiche l’image d’un “Ampelmann”, l’emblématique homme à chapeau des feux de signalisation est-allemands. Mais, contrairement à ce que pourrait laisser penser son pas déterminé, celui-ci est représenté sous perfusion. “L’Allemagne est-elle redevenue l’homme malade de l’Europe ?” peut-on lire en lettres blanches sur fond noir, au-dessus de l’illustration vert néon.
“Autrefois réputée pour ses bonnes performances en matière de croissance, la première puissance économique du Vieux Continent est désormais à la traîne”, développe le journal libéral londonien. Des réformes menées au début des années 2000 avaient permis au pays de surmonter les difficultés de la réunification, de faire baisser le chômage et de dépasser ses partenaires européens sur le plan économique. Mais ce “miracle” touche à sa fin.
Le pays est entré en récession en début d’année et “pourrait bien être la seule grande puissance économique à se contracter sur l’année 2023”. Dans le même temps, son manque d’investissements dans des secteurs stratégiques, comme la défense, les transports ou encore les nouvelles technologies, commence à se faire sentir. D’autant que le poids de son administration l’empêche de changer rapidement d’orientation.
“Ajoutez à cela la dégradation de la situation géopolitique, les difficultés à éliminer les émissions de carbone, et les défis associés à une population vieillissante”, et vous obtenez un pays en grandes difficultés.
La tentation de l’immobilisme
“S’il veut prospérer dans ce monde plus divisé, plus écologiste et plus vieillissant que jamais, Berlin devra adapter son modèle économique”, estime The Economist.
Selon l’hebdomadaire, l’Allemagne doit encourager l’innovation, attirer de nouveaux talents pour combler son manque de main-d’œuvre qualifiée, s’éloigner de son obsession de l’austérité et investir davantage. Dans le même temps, il faudrait repenser la transition énergétique, et anticiper les conséquences d’une éventuelle rupture avec la Chine, premier partenaire commercial du pays d’outre-Rhin.
Mais les divisions au sein de la coalition tripartite d’Olaf Scholz et la montée de l’extrême droite dans les sondages favorisent l’immobilisme. Le journal d’outre-Manche s’inquiète :
“Dans les années 1990, le fort taux de chômage avait forcé la coalition de Gerhard Schröder à agir, mais, aujourd’hui, il est plus facile pour le gouvernement de fermer les yeux sur les signaux d’alerte.”
“Certes, la situation n’est pas aussi inquiétante [qu’à l’époque]”, précise le titre. Le taux de chômage allemand reste peu élevé, et le pays européen demeure l’un des plus riches au monde. Mais cela pourrait ne pas durer éternellement. Les Allemands eux-mêmes ne sont pas dupes : “Ils sont de plus en plus nombreux à dénoncer un pays qui ne fonctionne pas aussi bien qu’il le devrait.”
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Défense. L'armée allemande a bien du mal à recruter
https://www.courrierinternational.com/article/defense-l-armee-allemande-a-bien-du-mal-a-recruter
L’armée allemande a bien du mal à recruter Alors que la guerre en Ukraine a poussé les autorités à massivement investir dans la Bundeswehr et sa modernisation, les jeunes Allemands ne se précipitent pas pour s’engager. Pis, les démissions se multiplient, relève la “Frankfurter Allgemeine Zeitung”.
Le plus vert des verts
La semaine a été riche en événements sur le front de la transition. Si vous ne l'avez pas remarqué, tant mieux pour vous, mais si vous lisez cet article, c'est que les choses sont sur le point de changer.
Tout d'abord, les mauvaises nouvelles. C'est avec le cœur lourd que je dois vous informer qu'après avoir fait bouillir, cuire, rôtir et nous être fait cuire de toutes les manières possibles en juillet, nous avons connu des températures plus fraîches que d'habitude en août. Il semble que le mois qui est traditionnellement au moins aussi chaud que juillet se soit allié aux négateurs du climat pour saper les appels de plus en plus pressants à "stopper le changement climatique"..
Passons maintenant aux bonnes nouvelles. Cette semaine, l'Allemagne a approuvé un plan d'investissement vert d'une valeur de 57,6 milliards d'euros pour 2024. Cela représente environ 63 milliards de dollars et l'argent servira à subventionner tout un tas de choses.
Il s'agit notamment de la rénovation et de la construction de bâtiments, de l'énergie éolienne et solaire, ainsi que de l'extension de l'infrastructure de recharge des véhicules électriques du pays.Ce dernier point est particulièrement judicieux. Les Allemands ne peuvent pas tolérer que les conducteurs abandonnent leur VE à mi-parcours parce qu'il n'y a pas de chargeur en état de marche dans les environs.C'est exactement ce qui est arrivé à un malheureux Canadien, propriétaire d'une Ford F-150 Lightning, qui a tenté de se rendre du Manitoba au Wisconsin sans y parvenir. L'investissement total de cet homme dans un véhicule électrique s'est élevé à 131 000 dollars. C'est dire si la situation est délicate.
Quoi qu'il en soit, revenons à l'Allemagne, dont le budget de subventions vertes pour 2024 fait partie d'un budget quadriennal plus important de 212 milliards d'euros. Baptisé "Fonds pour le climat et la transformation", ce trésor de guerre comprend également un soutien financier aux capacités locales de fabrication de semi-conducteurs, "aux matières premières et aux technologies de transformation telles que les composants de l'énergie solaire". Nous venons d'apprendre un nouvel euphémisme pour désigner l'éolien et le solaire.
Face à des sommes aussi importantes, on peut raisonnablement se demander d'où viendra l'argent. Si l'on a déjà passé un certain temps dans la tourbière de la transition, on ne se posera pas la question car on le saura. L'argent proviendra des impôts, directs et indirects.
Les prix locaux des émissions de carbone seront augmentés, ce qui devrait permettre au gouvernement d'empocher quelque 10,93 milliards d'euros, tandis que l'augmentation des recettes attendues du système européen d'échange de quotas d'émission devrait rapporter 8,19 milliards d'euros supplémentaires.
L'augmentation des prix des émissions de carbone se traduit par une hausse des factures pour les personnes qui ont la malchance d'avoir un système de chauffage au fioul ou au gaz dans leur maison, ainsi que pour les automobilistes. Mais cette hausse n'est pas trop importante. Reuters indique que, selon les calculs de l'industrie, l'augmentation du prix du carbone (40 euros, contre 30 euros par tonne actuellement) n'entraînera qu'une hausse de 0,04 euro par litre de carburant.Un petit prix à payer pour une Allemagne plus verte."Nous devons faire preuve d'un sens de la mesure lorsque nous fixons le prix du CO2, en particulier au vu de la faiblesse actuelle de la croissance", a déclaré le ministre des finances, Christian Lindner, dans un rare moment de lucidité de la part d'un membre de la classe politique allemande.
Ce sens des proportions devrait permettre aux recettes des taxes sur le CO2 d'augmenter de 27 % en 2024 par rapport à cette année, ce qui, selon moi, se traduit par "Toute personne qui génère du CO2 autrement qu'en respirant verra sa facture augmenter de 27 %".
Mais d'où viendra le reste de l'argent ? Même si les deux chiffres ci-dessus concernant le CO2 et le système d'échange de quotas d'émission sont des revenus escomptés pour l'année prochaine seulement, il reste encore 40 milliards d'euros à trouver, en quelque sorte. Le rapport Reuters détaillant les plans ne mentionne pas cela et je ne parle pas allemand, donc cela restera un mystère pour l'instant.
Ce qui n'est pas un mystère, c'est ce rapport du Handelsblatt, qui m'apprend, grâce à Google Translate, que les faillites en Allemagne ont augmenté de 23,8 % le mois dernier par rapport à juillet 2022. Et non seulement les entreprises déclarent des faillites, mais certaines ferment tout simplement leurs portes. Une "faiblesse de la croissance" en effet.
Dans ce contexte, l'ampleur du budget de transition pour une seule année devient encore plus impressionnante. Il est encore plus impressionnant lorsqu'on apprend qu'il s'agit d'une augmentation de 60 % par rapport au budget de cette année.L'Allemagne ne joue pas avec la transition. L'Allemagne aura une transition même si elle doit mourir pour cela. Le mot "mourir" est peut-être trop fort. Le FMI s'attend en effet à ce que le PIB du pays diminue de 0,3 % cette année.
Alors que l'Allemagne s'efforce de résoudre son problème énergétique tout en prétendant qu'il n'y a pas de problème du tout, sa coalition au pouvoir a un autre problème. Le "greenlash" qui s'empare de l'ensemble de l'Europe. Ainsi que les États-Unis, apparemment.
Selon Reuters, "alors que les décideurs politiques cherchent à traduire les objectifs de consommation nette zéro en mesures qui vont au-delà de la production d'électricité pour s'étendre à des domaines tels que les bâtiments et les transports, ils se heurtent à une résistance croissante de la part des citoyens qui luttent contre la crise du coût de la vie".
N'est-ce pas absolument inattendu, choquant et incroyable ? Je veux dire, ce n'est pas comme s'il y avait des gens qui avertissaient depuis des années que les Européens allaient devoir payer pour la transition par le nez et peut-être aussi par d'autres orifices. Ce n'est pas comme s'il s'agissait d'une prévision simple à faire à la lumière de l'équilibre entre l'offre et la demande de matières premières, du problème d'intermittence de l'éolien et du solaire, et d'autres détails mineurs.
Mais ce qui effraie vraiment les pouvoirs en place, c'est le fait que les partis anti-transition prennent leurs positions. Les médias, bien sûr, font leur part en qualifiant ces partis d'extrême droite, mais cela pourrait ne pas suffire cette fois-ci.
Les nouveaux gouvernements conservateurs de Suède et d'Italie repensent leurs engagements en matière d'émissions nettes zéro. La Pologne, qui a déjà un gouvernement conservateur, poursuit l'UE pour son interdiction des voitures, et ici, dans mon petit coin du monde, des groupes libéraux appellent à bannir le seul parti conservateur du parlement. Pourquoi ? Parce que beaucoup pensent qu'il est à deux élections rapides d'une majorité complète et que nous ne pouvons pas tolérer cela.
De nombreuses autres élections nationales sont prévues en Europe l'année prochaine, ainsi qu'une élection du Parlement européen. Ce sera intéressant. Elles risquent également d'être encore plus hystériques que cette année, et ce dans les deux sens du terme.
Prenons par exemple ce titre : Opinion : alors que l'Europe brûle, le centre-droit se détourne de l'action climatique. Pourquoi ce titre ? Il s'agit essentiellement d'une plainte d'un seul homme sur l'écologisme en Europe et sur les raisons pour lesquelles les gens sont si stupides de s'inquiéter de leurs factures d'électricité "alors que l'Europe brûle". Il faut lui reconnaître qu'il est capable de battre Guterres sur des affirmations non fondées et démesurées à n'importe quel moment.
Toutefois, ce que les deux articles "greenlash" disent essentiellement, c'est que, sentant leur portefeuille s'amenuiser, les gens commencent à se poser des questions. Les partis conservateurs ne gagnent pas en popularité dans la forteresse du libéralisme qu'est l'Europe par le plus grand des hasards. Ils gagnent en popularité grâce à un soutien populaire croissant. Il se pourrait bien que le vent tourne en Europe.
La réalité semble se réaffirmer aux États-Unis également. Selon Reuters, "les propriétaires de centrales électriques américaines ont averti mardi l'administration Biden que son vaste plan de réduction des émissions de carbone du secteur de l'électricité est irréalisable, car il repose trop sur des technologies coûteuses qui n'ont pas encore fait leurs preuves à grande échelle".
Je sais, n'est-ce pas ? Qui l'aurait cru ? Eh bien, ceux qui l'ont cru sont ceux qui savent de quoi ils parlent et ceux qui savent que si le plan Biden est mis en œuvre, nombre d'entre eux risquent de faire faillite car leur électricité devient prohibitive parce qu'elle est punie pour sa pollution alors que les alternatives "propres" reçoivent tout l'amour financier qu'elles peuvent avaler.
Je termine par la meilleure nouvelle de la semaine. Siemens Gamesa a résolu son problème de turbine et les nouvelles turbines qu'elle vend à ses clients ne tomberont pas en panne. Il ne reste plus qu'à réparer celles qui sont déjà installées. Cela ne lui coûtera que 1,6 milliard d'euros.
Irina Slav
11 août
La production industrielle allemande a plongé de 1,5% en juin. Les coûts élevés de l'énergie et la demande atone du secteur ont fait plonger les estimations.
Le recul est plus fort qu'attendu. La production industrielle en Allemagne a plongé en juin, pour le deuxième mois consécutif, sur fond de coûts élevés de l'énergie et de demande atone pour le secteur, qui plombent depuis plusieurs mois la première économie européenne. Elle a baissé de 1,5% sur un mois en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables, après une baisse révisée de 0,1% en mai, a indiqué lundi l'office de statistique Destatis dans un communiqué.
Le recul est beaucoup plus fort qu'attendu par les experts de l'outil d'analyse financière Factset, qui tablaient sur une baisse de 0,5%. Sur un an, la production recule de 1,7%, toujours selon Destatis.
Dans le détail, la production de biens d’équipement a diminué de 3,9%. Une baisse qui n'est pas compensée par la hausse pour les biens de consommation (+1,8 %) et de biens intermédiaires (+0,4 %), selon Destatis. L'automobile voit sa production reculer de 3,5% sur un mois. L'industrie allemande, pilier de la première économie européenne, souffre depuis plusieurs mois.
Elle est plombée par une nette chute de la demande intérieure, en raison de l'inflation, qui reste à des niveaux élevés -à 6,2% sur un an en juillet-, et par les hausses de taux menées tambour battant par la Banque centrale européenne (BCE).
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Les prix de l'énergie restent en outre relativement élevés pour la branche, et certaines activités les plus énergivores, comme la chimie, peinent à retrouver leur niveau de production d'avant la guerre en Ukraine. "La crise énergétique a probablement causé une perte permanente de capacité dans ces secteurs", explique Franziska Palmas, experte pour Capital Economist.
Les exportations, essentielles pour le secteur, sont moins dynamiques, sur fond de ralentissement de la demande en produits allemands en Chine et aux États-Unis, deux marchés cruciaux pour le secteur. Les commandes sont certes reparties à la hausse depuis deux mois, mais ce rebond est "largement lié à des contrats importants" dans le domaine de aéronautique notamment, ce qui gonfle artificiellement les chiffres, a indiqué le ministère de l’Économie dans un communiqué. "Les perspectives pour la conjoncture industrielle sont toujours sombres", a-t-il résumé.
L’Allemagne est entrée en récession au premier trimestre, avec deux trimestres consécutifs de recul du PIB (produit intérieur brut), dont une baisse de 0,4% entre janvier et mars. Pour le deuxième trimestre, Destatis a certes fait état d'un PIB en stagnation (+0,0%). Mais ces chiffres sont provisoires.
Capital avec AFP
https://www.capital.fr/entreprises-marches/allemagne-lindustrie-chute-lourdement-lestee-par-la-cherte-de-lenergie-1476149
L’économie allemande patauge dans une “atmosphère crépusculaire” L’hebdomadaire “Die Zeit” met en garde contre le déclassement économique de l’Allemagne, énumérant ce qui “ne fonctionne plus” : coûts de l’énergie, bureaucratie et manque de travailleurs qualifiés....l’Allemagne n’est plus qu’une “nation assoupie” qui attend un hypothétique prince pour la réveiller.
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