La gazette des prédateurs

Publié le par ottolilienthal

"Tout le monde a peur de perdre quelque chose" : comment le silence a perduré autour du comportement de Patrick Bruel...

La réputation du chanteur de 67 ans, visé par plusieurs plaintes pour violences sexuelles, semblait connue de tous depuis des décennies. Dans le milieu artistique, la peur d'être "blacklistées" a dissuadé de nombreuses femmes de s'exprimer.

"Les gens qui disent tomber des nues sont des menteurs". Cette ancienne professeure de la "Star Academy", qui préfère rester anonyme, ne mâche pas ses mots : "Tout le métier est au courant depuis toujours qu'il a un problème avec les femmes." Elle a croisé Patrick Bruel à plusieurs reprises, lors de tournages d'émissions. "Le but du jeu, glisse-t-elle, était de ne jamais se retrouver dans un ascenseur avec lui."

Voilà plus de deux mois que Mediapart a révélé les huit premiers témoignages(Nouvelle fenêtre) de femmes accusant le chanteur de 67 ans d'agressions sexuelles, tentatives de viols ou viols. Dans leur sillage, une vingtaine d'autres ont également assuré avoir été victimes de violences sexuelles de sa part, toujours auprès de Mediapart(Nouvelle fenêtre), mais aussi de Elle(Nouvelle fenêtre) et de la RTBF(Nouvelle fenêtre). Les faits dénoncés s'étalent de 1991 à 2019. Une dizaine de plaintes ont été déposées à ce jour. Patrick Bruel reste présumé innocent et conteste fermement les accusations qui pèsent sur lui. "Jamais il n'a cherché à contraindre quiconque à un acte sexuel. Il affirme n'avoir jamais outrepassé un refus, jamais forcé un geste ou un rapport sexuel", a défendu son avocat, Christophe Ingrain. Vendredi 29 mai, le chanteur a annoncé qu'il ne participerait pas à la prochaine édition des Enfoirés, en janvier prochain. Il a également décidé d'annuler tous ses concerts jusqu'à l'automne, incluant des dates à Paris et des festivals.

Valérie Bègue et Lio : de rares prises de position des célébrités

Depuis les dernières révélations, une poignée de célébrités ont admis publiquement avoir entendu parler du comportement de l'interprète de Qui a le droit. Sous une publication de la comédienne Andréa Bescond sur Instagram, les actrices Alexandra Lamy et Chloé Jouannet (sa fille) ou l'ancienne Miss France Valérie Bègue ont été les premières à commenter ces accusations de violences sexuelles. "On le sait depuis des années", "qu'il aille se faire soigner", a lancé, plus directement, la chanteuse Lio quelques semaines après, sur le plateau de "C à vous" sur France 5. Jeudi, la chanteuse Zazie s'est à son tour exprimée sur Europe 1 : "Le grand séducteur, le dragueur, ce n'est pas un scoop. Mais évidemment, vu mon caractère, vous vous doutez bien que si j'avais vu le tiers du quart de ce qui est décrit par ces femmes, je vous en parlerais, parce que ça ne passerait pas." Elle est la seule au sein des Enfoirés, dont Patrick Bruel est un pilier depuis 1993, à avoir réagi en son nom à ce jour.

Parallèlement, de très nombreux témoignages anonymes ont déferlé sur les réseaux sociaux, relayés par des comptes comme "Balance ton agency"(Nouvelle fenêtre), créé par la lanceuse d'alerte Anne Boistard pour dénoncer les violences dans le milieu de la publicité, ou par celui du médecin et auteur Baptiste Beaulieu(Nouvelle fenêtre). Franceinfo a pu échanger avec plusieurs témoins : des femmes principalement, et quelques hommes, qui décrivent un artiste qui serait habité par un sentiment de "toute-puissance" vis-à-vis de la gent féminine. Ces personnalités et anonymes ont préféré, pour l'écrasante majorité, s'exprimer sous pseudo ou via leur seul prénom, terrifiés par les conséquences potentielles sur leur carrière d'une prise de parole publique. "Tout le monde a peur de perdre quelque chose", résume l'ancienne professeure de la "Star Academy".

"Un regard de bête, de prédateur"

Voilà pourtant des années que Patrick Bruel traîne la réputation d'un homme insistant auprès des jeunes femmes. Elles semblent avoir été presque constamment mises en garde à son sujet. "Fais gaffe : c'est Bruel que tu vas maquiller", entend déjà Nathalie en 1996, lorsqu'on lui demande de s'occuper du chanteur, en loges, pour l'émission "Nulle part ailleurs" de Canal+. Pour se prémunir d'une éventuelle "main baladeuse" et camoufler son corps, elle assure être arrivée en bleu de travail le jour J. "Sur place, la personne à l'accueil m'a félicitée, soulagée que je sois prévenue", se souvient-elle.

Mais en la voyant, Patrick Bruel lui aurait immédiatement lancé un regard très soutenu. "Il mettait une intensité pas du tout naturelle, comme s'il observait une glace arriver quand il fait chaud", raconte la maquilleuse. Elle affirme avoir tout de suite cherché à mettre une distance. "Je lui ai dit que je faisais de la boxe française et qu'il ne fallait pas me chercher. Le problème, c'est que ça l'a excité. Il m'a répondu : 'J'aime quand on résiste'" ou encore : 'On a envie de voir ce qu'il y a là-dessous'", rapporte Nathalie, qui confesse un sentiment d'impuissance malgré son caractère bien trempé.

"Toute la société était construite sur le pouvoir des hommes. J'étais une petite intermittente du spectacle. Je me suis dit : 'Si tu veux continuer à bosser, il faut te taire'."

Nathalie, ancienne maquilleuse

à franceinfo

Même ressenti pour Leslie, pianiste de variété, lorsque le chanteur se serait montré "immédiatement tactile" avec elle, en 2014, lors du tournage de "La Chanson de l'année", une émission de TF1. "C'étaient des caresses sur le bras, sur la nuque, des bras autour du cou", décrit-elle, et ce bien qu'il y ait eu alors du monde autour d'eux.

"#Metoo n'était pas encore passé. Le vocabulaire de l'époque c'était : 'Il est ingérable, hyper lourd, chaud'."

Leslie, musicienne

à franceinfo

A l'instar de Nathalie, elle affirme ne jamais avoir oublié le regard que Patrick Bruel aurait posé sur elle : "Ça m'a glacée. C'était un regard de bête, de prédateur."

Elsa* s'en souvient aussi parfaitement : "Il avait les yeux grands ouverts et me regardait comme si j'étais le messie, limite avec un filet de bave", assure la jeune femme, qui croise la route du chanteur en 2017, lors de son premier stage dans le monde de la musique. Elle a à l'époque 23 ans, lui 57. La même année, Adèle* en a 24 quand elle prend une photo avec lui sur un événement littéraire. Elle travaille alors pour un quotidien national en tant que journaliste en alternance. Patrick Bruel, qui figure parmi un parterre d'invités prestigieux, en profite, selon elle, "pour descendre sa main sur [sa] taille et [lui] peloter les fesses", relate la journaliste à franceinfo. "A ce moment-là, je me dis : 'S'il le fait dans un cadre public, en totale impunité, c'est qu'il l'a déjà fait plusieurs fois. Et qu'est-ce que ça doit être entre quatre murs !'." Adèle, qui n'a pas déposé plainte, n'en parlera à ses collègues que plusieurs mois plus tard. "Ouais, c'est un playboy", commentent-ils simplement.

"Il faut se rendre compte de combien rapporte un homme comme lui"

Dans le milieu artistique, des surnoms grivois circulent depuis des années au sujet du chanteur : "Babar", "le nymphomane", ou "demi-baguette", en référence à une anatomie qu'il aurait tendance à exhiber.

Julie*, qui, toute jeune, travaillait en tant que CDD sur l'organisation d'un festival en Occitanie en 2019, relate avoir été mise en garde, quelques mois avant la venue de l'artiste, à l'occasion d'un briefing aux équipes.

"La production du festival nous a clairement demandé de ne pas laisser les bénévoles seules dans les loges le jour où il serait là, ni même en backstage, sur le côté de la scène."

Julie, ancienne CDD sur un festival en Occitanie

à franceinfo

"On nous a aussi informés du fait qu'il avait tendance à se promener sans ses vêtements, ajoute-t-elle. Que ce soit dans sa loge ou dans les couloirs, il se baladait complètement nu. J'ai vu ses parties intimes à plusieurs reprises", rapporte la jeune femme, la vingtaine à l'époque.

Antoine*, qui a travaillé sur la dernière tournée de Patrick Bruel en 2024, confirme l'existence de "consignes très claires", à savoir : "Ne jamais laisser une femme seule avec lui dans sa loge. C'était pareil sur les Enfoirés." "Et quand on dit : 'Ce n'est pas normal', on nous répond : 'Oui, mais comme il y a eu des accusations à son encontre, on ne veut pas que le doute puisse planer'", rapporte-t-il, ulcéré. Le chanteur avait en effet été accusé de violences sexuelles en 2019 par plusieurs masseuses. Leurs plaintes avaient été classées sans suite à l'automne 2020. La procédure est désormais rouverte par le parquet de Nanterre, à l'aune des nouvelles accusations qui pèsent contre l'artiste.

Antoine n'est pas surpris que les témoignages dévoilés ces dernières semaines aient mis tant d'années à sortir. Notamment parce que "beaucoup de gens ont intérêt à ce qu'il continue à travailler. Il génère tellement d'argent..." Il estime que la tournée de l'artiste mobilise "100 à 200 emplois par jour". Thierry*, technicien sur une dizaine de spectacles des Enfoirés, avance la même explication : "Il faut se rendre compte de combien rapporte un homme comme lui." Il rappelle que, malgré les accusations, Patrick Bruel "continue de remplir une salle de théâtre tous les soirs", à Paris, même si une représentation a été interrompue par trois militantes féministes.

"Patrick Bruel est vendeur et fait vivre beaucoup de gens. Je pense que beaucoup, autour de lui, ont préféré fermer les yeux."

Thierry, ancien technicien sur les concerts des Enfoirés

à franceinfo

Le quinquagénaire dit avoir été témoin à plusieurs reprises du comportement "hyper pushy" du chanteur avec de "très jeunes femmes". Il assure même l'avoir vu draguer sa propre fille de 16 ans, il y a quelques années. Selon lui, la réputation de "dragueur lourd" du chanteur au sein des Enfoirés était largement connue. Contactée, la direction des Enfoirés n'a pas répondu à nos sollicitations.

Thierry observe : "Le monde du spectacle musical est un tout petit milieu : on se connaît tous, c'est effrayant." Si quelqu'un parle, il risque d'être rapidement "blacklisté". C'est un environnement "très patriarcal","les décideurs sont majoritairement des hommes", regrette-t-il. "Ça change depuis quelques années, mais pas à la vitesse qu'il faudrait."

Un artiste "bankable" aussi dans le cinéma

Jean-Michel Aubry Journet, cofondateur du collectif #MusicToo France créé en 2020 pour dénoncer les violences sexistes et sexuelles dans l'industrie musicale, pressent que "toute cette époque-là va tomber". Il déplore qu'une grande partie des hommes encore en poste "n'aient pas appris les bases du management, du droit du travail, de la gestion d'équipes". Il n'est pas étonné du temps qu'il a fallu aux plaignantes pour s'exprimer face au comportement d'un homme ayant forgé, au fil des années, une image d'"icône, de gendre idéal" dans un monde, celui de la musique, où "les efforts de toute une équipe participent à la réussite d'une personne".

Pour autant, dans le cinéma aussi, les agissements reprochés à Patrick Bruel étaient connus, vus et sus de tous. Héloïse*, qui l'a côtoyé sur le tournage du Prénom, en 2011, confirme le mutisme du milieu. "Je connais des gens qui ont bossé avec lui et pour qui sa réputation était un non-sujet total. Tant que d'autres ne dénoncent pas, on ne se penche pas dessus. Car si vous avez Patrick Bruel au casting, le projet que vous créez a davantage de chances d'être financé", analyse-t-elle. De fait, le sexagénaire a joué dans une cinquantaine de films depuis Le Coup de sirocco, en 1979.

"C'est un monde avec beaucoup d'entre-soi, de bourgeoisie, très difficile d'accès. Tout ça joue", pour expliquer les ressorts de cette omerta, avance Héloïse. Selon elle, certains comportements pourtant répréhensibles sont aussi banalisés, car ce "milieu est rempli de prédateurs, dont beaucoup de grands hommes".

"Ne pas faire de vagues"

Il est donc particulièrement difficile de s'exprimer dans de telles conditions, d'autant que les femmes qui osent dénoncer ces agissements s'exposent ensuite à des conséquences. C'est l'amère expérience qu'en a eue Florence Mendez, à l'origine du #Metoostandup début 2024. Depuis, l'humoriste et comédienne belge, qui continue de s'exprimer sur Instagram(Nouvelle fenêtre) sur les violences sexistes et sexuelles, affirme subir un "boycott" médiatique et de la part de certains agents et attachés de presse. "La règle c'est de ne pas faire de vagues. Personne ne veut bosser avec des gens qui en font, car ils vont vous compliquer la tâche."

"S'il y avait le moindre avantage à dénoncer les agresseurs sexuels, les femmes n'attendraient pas aussi longtemps pour témoigner et elles seraient beaucoup plus nombreuses à parler."

Florence Mendez, humoriste et comédienne

à franceinfo

La comédienne se souvient d'ailleurs avoir eu "un fou rire nerveux" lors du passage de Patrick Bruel dans l'émission "C'est presque sérieux" sur la radio belge, en 2018. En cause selon elle : un regard "très insistant" du chanteur qui peut déstabiliser. "Quand on voit que Flavie Flament, riche et célèbre, a d'abord eu besoin de témoigner anonymement, ça montre l'emprise de ce genre d'hommes dans le milieu artistique", souligne-t-elle. Avant de révéler mi-mai sur Mediapart(Nouvelle fenêtre) avoir déposé plainte pour viol contre le chanteur, l'animatrice s'était en effet d'abord exprimée sous le pseudonyme "Eva" dans le média en ligne.

Pour Karine Huet, secrétaire générale adjointe du Snam-CGT, syndicat des musiciens de la CGT Spectacle, le fait que Flavie Flament prenne la parole doit permettre à d'autres femmes de franchir le pas. Le syndicat réclame désormais au ministère de la Culture le retrait de la licence d'entrepreneur de spectacles à la société 14 Productions, gérée par le chanteur lui-même et qui pilote l'organisation de ses concerts. Le communiqué de la CGT Spectacle, relayé sur X(Nouvelle fenêtre), rappelle ainsi : "Le sentiment d'impunité reste une des principales causes de la persistance des violences sexistes et sexuelles dans le secteur du spectacle. Tout ce que la loi permet aujourd'hui doit donc être activé pour y remédier."

*Les prénoms ont été modifiés.


Si vous êtes témoin ou victime de violences conjugales, sexistes ou sexuelles, vous pouvez appeler le 3919. Ce numéro d'écoute est gratuit, anonyme, ouvert 24h/24 et 7j/7, accessible aux personnes sourdes et malentendantes. Ce service est également joignable par chat(Nouvelle fenêtre) sur le site de la Fédération nationale solidarité femmes. Il est aussi possible d'envoyer un signalement en ligne(Nouvelle fenêtre). D'autres informations sont disponibles sur le site arretonslesviolences.gouv.fr(Nouvelle fenêtre). En cas d'urgence, composez le 17 pour joindre la police ou la gendarmerie. 

 

Juliette Campion - avec Catherine Fournier
France Télévisions
 
Publié
 
https://www.franceinfo.fr/culture/musique/patrick-bruel/affaire-de-violences-sexuelles/enquete-franceinfo-tout-le-monde-a-peur-de-perdre-quelque-chose-comment-le-silence-a-perdure-autour-du-comportement-de-patrick-bruel_8039063.html
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Patrick Poivre d'Arvor : Deux nouvelles plaintes pour agressions sexuelles ont été déposées contre le journaliste...

Plus de 10 femmes accusent déjà l’ancien journaliste de viols, d’agression ou de harcèlement sexuels..

Deux nouvelles plaintes pour agression sexuelle, confirmées par le parquet de Nanterre, visent désormais le journaliste Patrick Poivre d’Arvor. Elles portent à treize le nombre de femmes accusant l’ex-présentateur du JT de TF1, rapporte RTL.

Les faits dénoncés remontent à 2001 pour l’une et 2011 pour l’autre (alors que chacune des plaignantes n’était alors âgée que d’une vingtaine d’années). Toutes deux avaient rencontré PPDA dans un cadre professionnel. Si l’une avait déjà saisi la justice sans suite, l’autre s’est exprimée pour la première fois, s’agrégeant à une procédure devenue tentaculaire.

PPDA bientôt auditionné

Pour rappel, seul un viol présumé de Florence Porcel, en 2009, vaut aujourd’hui une mise en examen au journaliste d'aujourd'hui 78 ans. Lequel rejette en bloc toutes les accusations. Son audition devrait bientôt être annoncée, ouvrant la voie à une possible nouvelle mise en examen.

Reste le nœud du dossier : la prescription des faits. Mais les avocates des supposées victimes plaident la « sérialité », estimant que chaque nouvelle plainte interrompt la prescription de la précédente. C’est ce qui permis de condamner des criminels en série comme Michel Fourniret et Émile Louis, rappelle RTL. La justice tranchera.

 

Harrods a déjà indemnisé plus de 75 victimes de Mohamed Al-Fayed...

Le grand magasin de luxe londonien Harrods a dédommagé plus de 75 victimes de violences sexuelles de la part de son ancien propriétaire, décédé en 2023...

Le grand magasin de luxe londonien Harrods a indemnisé plus de 75 victimes de violences sexuelles de la part de son ancien propriétaire, le défunt homme d’affaires égyptien Mohamed Al-Fayed, et quelque 200 autres demandes sont actuellement en cours d’examen. «À ce jour, plus de 75 survivantes ont reçu une indemnisation complète dans le cadre du dispositif» mis en place par Harrods en mars 2025, a annoncé le magasin jeudi à l’AFP.

Elles font partie des 259 personnes qui ont déposé une demande d’indemnisation dans le cadre de ce dispositif, qui était ouvert jusqu’au 31 mars. Les dossiers des autres victimes sont toujours en cours d’examen, a précisé Harrods dans un communiqué. Plus tôt jeudi, l’inspection de la police britannique avait annoncé avoir ouvert une enquête sur un policier et quatre anciens agents, soupçonnés d’avoir échoué à donner suite à des signalements d’agressions sexuelles visant Mohamed Al-Fayed, de son vivant.

Jamais inquiété de son vivant

Après la diffusion d’un documentaire de la BBC sur cette affaire en septembre 2024, la police de Londres avait reconnu avoir reçu 21 témoignages de femmes contre le milliardaire égyptien, avant son décès en 2023. Mais l’homme d’affaires n’a jamais fait l’objet de poursuites. Les accusations de viols, agressions sexuelles et de traite d’êtres humains contre Mohamed Al-Fayed, qui possédait aussi le Ritz en France et le club anglais de Fulham, mais également contre ses deux frères, Ali et Salah, se sont multipliées après la diffusion de ce documentaire.

Harrods avait souligné que les victimes engagées dans la procédure d’indemnisation pourraient recevoir différents montants. Ceux-ci peuvent se cumuler jusqu’à environ 400 000 livres (423 110 francs) en fonction du préjudice, selon un document d’Harrods. Ces dernières devaient attester d’un «lien suffisamment étroit» avec le magasin de luxe, au Royaume-Uni ou à l’étranger, et accepter de faire l’objet d’une évaluation psychologique.

Soupçons de faute professionnelle

«Bien que rien ne puisse réparer les violences subies par les survivantes, Harrods souhaite que toutes les personnes éligibles reçoivent cette compensation», avait alors précisé le magasin. En parallèle, «cinq personnes – un agent en service de la police métropolitaine (de Londres) et quatre anciens agents – ont été informées qu’une enquête était en cours à leur encontre pour des soupçons de faute professionnelle», a annoncé jeudi l’IOPC, la police des polices britannique.

L’enquête de cet organisme indépendant porte sur la façon dont les agents avaient répondu aux signalements faits par quatre victimes de Mohamed Al-Fayed de son vivant, et permettra de déterminer s’ils doivent ou auraient dû faire l’objet d’une procédure disciplinaire. La police londonienne a affirmé apporter son concours à l’enquête, précisant que celle-ci «ne signifie pas nécessairement que des poursuites pour faute professionnelle seront engagées».

AFP

https://www.20min.ch/fr/story/royaume-uni-harrods-a-deja-indemnise-plus-de-75-victimes-de-mohamed-al-fayed-103559659

 

 

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