tourisme niouzes
Le réchauffement et ses conséquences commencent à peser sérieusement sur les voyages et les séjours à l’étranger. Au point qu’il est possible de prédire, selon un chercheur spécialiste du secteur, l’avènement de “l’ère du non-tourisme”. “Il y a quatre-vingts ans, le tourisme de masse faisait ses débuts en Europe. Je doute qu’il y ait encore beaucoup de gens pour pratiquer le tourisme dans quatre-vingts ans”, explique Stefan Gössling dans The Guardian.
Les vagues de chaleur répétitives, les incendies et le stress hydrique dû aux périodes de sécheresse prolongées rendent déjà nettement moins attirantes nombre de destinations traditionnelles. “Le réchauffement fait fondre la neige dans les stations de ski alpines, l’érosion des côtes affecte les plages du sud de l’Europe, la sécheresse oblige les hôtels espagnols à faire venir de l’eau douce pour remplir leurs piscines, tandis que les incendies de forêt ravagent les îles grecques.”
En tête des régions les plus menacées du fait de leur exposition aux aléas climatiques et de leur dépendance à l’industrie du tourisme : les îles de la mer Egée, notamment Kos, Rhodes et Mykonos, suivies par les îles ioniennes, notamment Corfou. “Pour l’instant, la menace est locale, mais à l’avenir de plus en plus de régions seront concernées et le phénomène deviendra disruptif”, prévient le chercheur. D’autant que les mesures pour restreindre les émissions de carbone, qui seront de plus sévères, vont fatalement renchérir le coût des voyages.
Un défi pour le secteur du voyage
“Nous avons énormément de mal à passer sérieusement à l’action, mais les gens ont pris conscience des risques auxquels ils sont exposés et les professionnels du secteur souhaitent prendre la mesure du défi commercial”, estime Stephan Gossling, dont le discours a fait sensation, en mars dernier, lors de la convention ITB de Berlin, le plus important salon mondial du tourisme.
Selon lui, le tourisme serait responsable de 8,8 % des émissions responsables du réchauffement climatique alors que 1 % de la population mondiale serait à l’origine de la moitié des émissions dues au transport aérien. “Rien qu’en faisant en sorte que ce tout petit groupe de personnes voyage un peu moins, nous pourrions réduire les émissions [de l’aviation] de 25 %.”
Mais le chercheur n’exonère pas pour autant les “citoyens ordinaires” de tout effort en matière d’évolution des comportements. “Notre casse-tête, ce sont les voyages au long cours”, plaide Stephan Gossling, qui met notamment en cause les pratiques nomades associées aux années sabbatiques et les influenceurs de la génération Z qui présentent le voyage comme un mode de vie séduisant.
https://www.courrierinternational.com/article/voyage-vers-la-fin-des-vacances-a-l-etranger_234490
C’est certain, selon les professionnels, le tourisme mondial va battre tous ses records en 2025. Voici les principales données sur lesquelles se base cette prévision : près de 1,5 milliard de touristes ont voyagé à l’étranger en 2024, un chiffre équivalent à celui de la dernière année avant la pandémie. Cette dynamique s’est accompagnée d’une hausse plus forte encore des recettes touristiques : environ 1 800 milliards de dollars, soit 14% de plus qu’en 2023, et 17% par rapport à 2019.
L'année 2025 débute dans la continuité de cette lancée : selon le baromètre du tourisme mondial de l’ONU, les arrivées de touristes internationaux ont encore augmenté de 5% au 1er trimestre par rapport à l’année précédente, malgré les tensions commerciales et géopolitiques. Alors pourquoi s’inquiéter ? D’un point de vue purement statistique, les trois premiers mois de l’année constituent généralement la période la plus creuse. Bien qu'ils puissent donner une indication sur la tendance, ils ont un impact limité sur la performance globale. Mais beaucoup plus important et inquiétant, le déroulé du trimestre montre un point d’inflexion en mars, avec un recul du nombre de voyageurs sur un an.
Vient ensuite le contexte international. L’arrivée de Donald Trump. Trois dates sont à retenir : son élection le 5 novembre, son investiture le 25 janvier, et le « Liberation Day » du 2 avril. Cette période a été dominée par l'escalade générale des tensions commerciales, mais plus encore vis-à-vis des voisins immédiats avec en sus pour le Canada une menace d’annexion. Une grande partie du monde s’est automatiquement détournée des États-Unis, les Canadiens en particulier qui représentent près de 3 touristes sur 10. Cela a suffi à faire afficher aux États-Unis un bilan négatif sur les quatre premiers mois de l’année, d’autant que les flux en provenance d’autres pays, comme la Chine, diminuent aussi.
Et ce n’est pas fini. Les voyages à l’étranger se préparent sur le long terme et, sauf événements personnels ou internationaux exceptionnels, les annulations sont rares. Les États-Unis bénéficient donc encore aujourd’hui de l’arrivée de touristes qui avaient choisi cette destination avant l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, ce qui crée une certaine inertie. Mais ces flux finiront par se tarir. Vient ensuite la montée des tensions au Proche et Moyen-Orient, dont le paroxysme a été la guerre des 12 jours entre l’Iran et Israël. Au-delà de l’arrêt du tourisme dans ces deux pays, c’est toute la région qui sera durablement impactée, alors qu’elle était en plein essor et affichait même les meilleurs résultats par rapport aux autres destinations internationales. Tous les pays de la région, ou partie de leur territoire, sont désormais classés par le Quai d’Orsay : en zones fortement déconseillées, déconseillées sauf raison impérative, ou en vigilance renforcée.
Une grande partie de l’Afrique subsaharienne est dans le même cas. Ces mises en garde sont partagées par tous les pays occidentaux. Bien qu’il y ait des effets de report entre destinations, ces transferts sont partiels. Enfin, le contexte économique général joue également un rôle. Les États-Unis ralentissent, l’Europe est à l’arrêt, et beaucoup d’espoirs reposent sur le retour des touristes chinois après plusieurs années de disette post-Covid. Mais là aussi, la situation économique risque de se tendre.
Bref, il y a plus de raisons de s’alarmer sur les résultats du tourisme cette année que d’être optimistes et, il y aura plus de perdants que de gagnants.
Publié le vendredi 04 juillet 2025
https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-Un-ralentissement-du-tourisme-mondial_3754160.html?utm_source=sendinblue&utm_campaign=XC040725&utm_medium=email
Tous les ministres en charge du secteur le claironnent : la France est championne du monde du tourisme. C’est pourtant totalement faux, c’est une imposture, elle ne domine même pas le palmarès européen. Tous s’appuient sur le même chiffre trompeur : le nombre de touristes étrangers arrivés sur le territoire. Un peu plus de 89 millions en 2023, aucun pays n’a fait mieux.
Une offre touristique exceptionnelle, mais...
C’est quand même un drôle de chiffre. Certes, la France, avec l’Italie, dispose d’un patrimoine culturel unique au monde. Le pays bénéficie aussi de deux formes de tourismes de loisirs, balnéaire et de sports d’hiver grâce à son domaine skiable hors normes, auxquels il faut encore ajouter le tourisme d’affaires. C’est un fait objectif, l’offre de la France en matière touristique est complète, ce qui est exceptionnel. Mais de là à caracoler en tête, notamment devant les États-Unis ou la Chine qui bénéficient pourtant d’un sérieux effet de taille, c’est étrange.
La France est en fait un pays de passage. Nombre de vacanciers d‘Europe du Nord et de l’Est ne font que la traverser le plus vite possible avant de rejoindre leur destination finale, en l’occurrence l’Espagne, le Portugal ou l’Italie. Ils dépensent peu et leur principal budget est celui du carburant et des péages. D’après les estimations de l’Insee, 20% des touristes ne feraient que traverser la France. Et, selon la Direction générale des entreprises, seule la moitié des touristes y passeraient au moins 3 nuits.
Faire face à la réalité des chiffres
Bref, notre chiffre de fréquentation fait de la « gonflette ». Cela devient une évidence, dès lors qu’il est rapproché de celui des recettes touristiques. En centrant l’analyse uniquement sur les pays européens, la France passe alors nettement en dessous de l’Espagne dont les dépenses effectuées par les visiteurs étrangers sont 33% plus élevées. Sur cet indicateur, l’Hexagone est plus proche de l’Italie en 3ème position. Ce classement en termes de dépenses réalisées par les visiteurs étrangers est encore très flatteur. Il faut a minima le compléter. D’abord en le rapprochant des dépenses des Français réalisées à l’extérieur des frontières. C’est une chose d’attirer la clientèle internationale, c’en est une autre de satisfaire la demande domestique. Or, les Français partent à l’étranger et y dépensent même beaucoup. Parmi les Européens, ils se placent dans le top 3 des plus dépensiers derrière les Allemands et les Anglais. Le solde touristique donne alors son verdict. Si l’Espagne est hors concours, la France tombe de son piédestal et glisse à la 5ème place, coincée entre la Grèce et la Croatie. Les recettes touristiques sont aussi à mettre en rapport avec le nombre de touristes pour dégager un chiffre d’affaires moyen par visiteur. C’est un indicateur de performance. Il faut alors piocher dans le top 15 pour retrouver la France tombée à la 13ème place.
Un potentiel touristique sous-exploité
Si l’écart des prix relatifs entre pays peut expliquer certaines positions, le classement de la France renvoie l’image d’un pays qui sous-exploite son potentiel touristique. Impression confirmée, dès lors que les recettes sont rapportées au PIB pour gommer les effets de taille des pays. Deux pays se détachent : le Monténégro et la Croatie. Avec Chypre et Malte, il s’agit de petites économies mono-spécialisées sur le tourisme. Toutefois, le classement de la France détonne. Il faut plonger à la 22ème position pour la retrouver, coincée entre la Lituanie et la Pologne. S’il est difficile de comparer des petites économies hyperspécialisées avec d’autres dont la base sectorielle est plus large, la France ne tient pas son rang et se situe nettement derrière l’Espagne, mais aussi l’Autriche, destination phare hivernale ou bien encore l’Italie.
Il faut l’admettre, nous ne sommes ni les premiers, ni les meilleurs et il faut sortir de l’autosatisfaction. À trop se focaliser sur le nombre d’arrivées, les faiblesses en termes d’accueil et de services sont masquées tout comme cette évidence : loin des cocoricos, la France sous-exploite son potentiel touristique.
Publié le mercredi 03 avril 2024
https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-La-France-championne-du-tourisme-Une-supercherie-la-preuve_3752639.html?
Bien que la haute saison touristique du mois d’août soit passée, l’Espagne reste confrontée au problème du surtourisme, les visiteurs recherchant le soleil de l’hiver. Ce problème s’étend au-delà des mois d’été, alimentant des manifestations et des protestations dans diverses régions..
Des manifestations ont éclaté dans tout le pays, notamment à Saint-Sébastien, à Séville et dans les îles Canaries. Les manifestants expriment leurs inquiétudes quant aux effets négatifs du tourisme sur leurs communautés, en soulignant des problèmes tels que l’augmentation du coût des loyers et la pression exercée sur les services publics.
Inquiétudes et revendications croissantes
Ces sentiments reflètent un changement d’attitude plus général à l’égard du tourisme en Espagne et en Europe. Le boom des voyages qui a suivi la pandémie s’est traduit par un nombre record de visiteurs, et les projections indiquent une poursuite de la croissance. Si le tourisme contribue de manière significative à l’économie espagnole, en générant des emplois et des revenus, il suscite également des inquiétudes quant à sa durabilité et à son impact sur les résidents locaux.
Les critiques affirment que le modèle actuel donne la priorité à la satisfaction à court terme des visiteurs plutôt qu’aux besoins des résidents permanents. Ils soulignent la prédominance de l’industrie du tourisme dans l’aménagement des villes, le déplacement des habitants en raison de l’augmentation du coût du logement et la marchandisation des espaces publics. Les manifestants réclament une évolution vers des modèles touristiques plus durables et plus équitables, qui profitent à la fois aux visiteurs et aux résidents.
Réponses du gouvernement et critiques
Les autorités répondent à ces préoccupations par diverses mesures. Barcelone prévoit d’interdire les locations touristiques de courte durée d’ici 2028, Palma de Majorque a plafonné les arrivées de bateaux de croisière et Tenerife a mis en place des limites de visiteurs dans les parcs naturels. Séville introduira une taxe pour l’accès à la Plaza de España. Toutefois, les manifestants estiment que ces mesures sont insuffisantes et réclament des changements plus fondamentaux pour s’attaquer aux causes profondes de leurs griefs.
Le débat sur l’avenir du tourisme en Espagne met en lumière un dilemme complexe auquel sont confrontées de nombreuses destinations dans le monde : trouver un équilibre entre les bénéfices économiques et la préservation des communautés locales et des identités culturelles.
La tour Eiffel parmi les pires « attrape-touristes » du monde selon une étude...à l’aide de deux plateformes d’évaluation, l’entreprise a classé les attractions en fonction du nombre total d’évaluations disponibles mentionnant les termes « attrape-touristes », « décevant » et « surestimé » mais précise que « seules les attractions ayant fait l’objet de plus de 1.000 avis ont été incluses dans le classement final. » Ces termes reviennent à 1.291 reprises sur Internet.
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