tomate story...

Publié le par ottolilienthal

Derrière les tomates du Mont-Saint-Michel, le système d’une multinationale hollandaise...

Leader européen de la tomate, le groupe hollandais Agrocare possède deux sites de production dans la Manche, où travaillent des ouvriers agricoles d’Amérique latine et d’Europe de l’Est, dans des conditions très difficiles. Enquête...

Pedro* était venu travailler en Normandie en tant qu’ouvrier agricole. Il y a vécu un cauchemar. Le jeune Péruvien d’une vingtaine d’années est arrivé cette année en France pour travailler dans une serre de tomates dans la Manche. Il pensait avoir eu de la chance en trouvant un emploi et un logement à proximité.

Embauché par la société Les Maraîchers de Normandie, Pedro était encore en période d’essai quand il s’est rompu les ligaments de la cheville gauche, d’après lui en « construisant un enclos pour le chien du propriétaire » des lieux.

Hébergé non loin des mégaserres d’Isigny-le-Buat, dans un pavillon où son employeur loge une dizaine de travailleurs sud-américains, Pedro voit alors son contrat rompu immédiatement, en dépit d’un arrêt de travail délivré par l’hôpital d’Avranches – document que nous avons pu consulter.

« Malgré mon arrêt de travail, on m’a demandé de quitter le logement immédiatement, continue Pedro. Je les ai suppliés de me laisser rester dans le logement, mais ils ont refusé. J’ai donc dû rentrer au Pérou pour continuer mon traitement médical et préparer une opération. » Le jeune homme a été forcé, selon lui, à signer une lettre de démission en français, langue qu’il ne parle pas, et a erré dans la campagne normande avant de pouvoir retourner dans son pays d’origine.

Leader européen de la tomate sous serre

Les Maraîchers de Normandie est une filiale de l’entreprise néerlandaise de production de tomates Agrocare. Elle emploie des dizaines de travailleurs en Normandie et les loge discrètement dans des maisons de campagne du Sud-Manche. Leader européen de la tomate, le groupe hollandais Agrocare produit ses légumes aux Pays-Bas, en France, en Tunisie et au Maroc. L’entreprise a fusionné avec son concurrent national Combivliet en 2023 et réalisé un chiffre d’affaires de 345,8 millions d’euros en 2024.

En France, Agrocare déploie ses activités à travers une dizaine de sociétés comme Les Maraîchers de Normandie, Les Maraîchers de France, Les Serres du Mont-Saint-Michel, Energie Nord ou encore Energie Sud, pour la production d’électricité.

Toutes ces sociétés normandes sont dirigées par Rik Van den Bosch, l’homme à la tête de la branche hexagonale du groupe. La Normandie compte deux sites de production de tailles imposantes : dix-sept hectares de serres à Brécey et douze hectares à Isigny-le-Buat. En fonction depuis 2020, ce dernier site devait être étendu, avec huit hectares de serres supplémentaires. Mais le projet a été retoqué en novembre 2024 par le préfet de la Manche. Le représentant de l’État pointait notamment l’insuffisance des mesures de compensation proposées, mais surtout une mauvaise évaluation des impacts sur la ressource en eau.

Loin de se décourager, le groupe a revu sa copie, cette fois-ci avec seize hectares de serres en plus au lieu de huit ! Opposé à ce projet et plus largement à ce modèle de production agro-industriel, un collectif d’une trentaine de membres actifs, essentiellement des riverains, lutte sans relâche à Isigny-le-Buat. À l’automne 2024, le groupe Stop tomates industrielles avait réuni environ 500 personnes dans le village pour une marche aux côtés de plusieurs associations environnementales.

60 heures par semaine

Parmi les leviers de la contestation des opposants à l’agrandissement des mégaserres d’Isigny-le-Buat, les conditions de travail des ouvriers agricoles reviennent régulièrement sur la table. Sur la centaine d’employés que compte Les Maraîchers de Normandie, près de 80 travailleurs sont d’origine étrangère pour une vingtaine de Français. Ces derniers travaillent à l’administration quand les étrangers sont sous les serres.

Comme l’a révélé le média d’investigation normand Le Poulpe l’an dernier, les ouvriers sont soumis à une cadence importante, avec plus de 600 kilos à ramasser par jour pour certains. Ils manipulent des produits chimiques qui ont occasionné des blessures, comme des brûlures conséquentes. Ils travaillent aussi parfois sans équipements de protection, multipliant ainsi les risques d’accident avec le liquide pour désinfecter leurs outils, par exemple. Ils subissent aussi les pics de chaleur, parfois plus de 40 degrés en été.

« J’ai pu voir des travailleuses étrangères habillées en peignoir et en sous-vêtements dans les serres, sous une très grande chaleur », décrit une personne qui s’est rendue plusieurs fois sur le site du groupe à Brécey. « Les repas sont pris de manière séparée entre Français et travailleurs étrangers, continue-t-elle, sous couvert d’anonymat. Personne ne se croise. Quand les Françaises mangent, les Polonaises travaillent, et inversement. »

En plus des conditions de travail, un ouvrier polonais a révélé au Poulpe travailler « 240 heures par mois, 60 heures par semaine en étant payé au Smic  », malgré un contrat de travail stipulant 35 heures hebdomadaires. « L’entreprise ne faisait pas vraiment de sélection selon le profil, mais surtout selon la capacité à supporter le rythme, confirme Pedro. Nous étions souvent surveillés et poussés à aller plus vite, même quand certains, comme moi, étaient blessés. »

Mis à la porte de leur logement

Selon nos informations, de nombreux travailleurs originaires d’Europe de l’Est ont quitté les sites de production ces derniers mois, remplacés par des personnes venant d’Amérique du Sud, dont l’Équateur, la Bolivie et le Pérou. « Une personne bolivienne que je connais travaille 12 à 14 heures par jour », explique à Basta! une autre personne en contact avec des travailleurs de Brécey. Pour tous ces travailleurs venant parfois de très loin, l’entreprise normande fournit un logement, payant. Sur les fiches de paie de Pedro, on voit ainsi une cinquantaine d’euros prélevés sur salaire pour le logement collectif. Là encore, les conditions interrogent.

Marine* [ 1 ] habite une petite commune du Sud-Manche, d’environ 2000 habitants. Depuis quelques années, la maison voisine de son pavillon est louée pour les ouvriers agricoles. Un matin d’hiver, un homme et une femme bulgares ont frappé à sa porte. « Il faisait trois degrés dehors, l’homme m’explique qu’ils ont été renvoyés de leur entreprise, mis à la porte de leur logement, se souvient-elle. Ils étaient à pied, sans véhicule, je les ai fait entrer chez moi, car il faisait froid. Sans bagages, ils étaient complètement perdus. J’ai cherché les numéros de différentes associations pour trouver de l’aide. »

Des propriétaires démarchés

En vain. Mais en échangeant avec les deux Bulgares via un logiciel de traduction sur son téléphone, Marine parvient à contacter des volontaires pour amener les deux personnes à Rennes afin d’y trouver un bus. Marine ne sait pas ce qui leur est arrivé ensuite. « Comment accepter que ces personnes soient jetées dehors par trois degrés, dans un pays qui n’est pas le leur, sans aucun moyen de locomotion ? » s’indigne l’habitante.

Selon nos informations, les communes normandes de Brécey, Avranches, Ducey, Saint-Hilaire-du-Harcouët, Rouffigny, Saint-Aubin-de-Terregatte et Isigny-le-Buat sont, ou ont été, concernées par ces locations de logements pour les travailleurs des serres d’Agrocare. L’entreprise prévoyant un agrandissement de son exploitation, celle-ci démarche des propriétaires dans la région afin de trouver des pavillons qui pourraient accueillir une dizaine, voire une quinzaine de personnes.

Dans une commune du Sud-Manche, Charles* a ainsi fait visiter sa maison il y a quelques mois. « L’employée des serres estimait que chez moi, elle pourrait placer neuf à dix personnes au moins », rapporte l’homme. À Isigny-le-Buat, la maison concernée se trouve dans le bourg, sans nom sur la boîte aux lettres.

Lors de notre visite, les personnes présentes ne parlaient pas français et n’ont pas souhaité s’exprimer. « Il y a seulement des voitures qui passent pour les prendre et les ramener, c’est comme du ramassage, témoigne Marine. Nous vivons à côté d’ombres. Il n’y a aucun échange, je ne peux même pas dire combien de personnes logent dans cette maison. »

Silence des élus locaux

Malgré tout, il est difficile de trouver un ou une élue locale pour commenter ce système de production des tomates « du Mont-Saint-Michel ». Seuls les travailleurs sont pourtant soumis à une clause de confidentialité. « Ce type de grosses multinationales prend le pouvoir sur nos territoires », dénonce l’eurodéputé normand écologiste David Cormand, qui s’est rendu sur place lors d’une mobilisation. « Leur impact et leur capacité d’investissement sont tels qu’elles arrivent en partie à s’asseoir sur les droits sociaux, mais aussi à imposer une forme de silence et d’acceptation de la part des élus locaux, notamment », poursuit-il.

Afin de faire passer son projet auprès de la population, l’entreprise est allée jusqu’à proposer 300 000 euros, en avril 2024, à la municipalité d’Isigny-le-Buat pour rénover les églises du village – ce qui a été refusé. Contactées à plusieurs reprises, les municipalités d’Isigny-le-Buat et de Brécey n’ont pas donné suite à nos sollicitations. Par SMS, le député local Bertrand Sorre (macroniste) nous a assuré « ne pas avoir d’informations sur ces deux entreprises, sinon ce que la presse a pu relayer ».

Du côté des syndicats agricoles, seule la Confédération paysanne s’oppose frontalement à ce mode de production par le biais d’actions diverses. Elle a déposé, le 31 octobre, une motion destinée à freiner l’essor des serres chauffées lors d’un vote à la chambre d’agriculture de la Manche.

En face, la FDSEA (branche départementale de la FNSEA) et les Jeunes agriculteurs ont rejeté cette idée. « Ils ont défendu le projet, mais seulement à demi-mot », dit Aurélien Marion, porte-parole la Confédération paysanne de la Manche, présent ce jour-là. « Sur les deux élus de la Coordination rurale, l’un a voté pour la motion, l’autre s’est abstenu. Pour moi, la FDSEA de la Manche ne s’intéresse qu’au sujet du lait ici [la Manche est le premier département laitier de France, ndlr]. Que le maraîchage soit dans les mains d’une multinationale, ce n’est pas leur problème. »

L’électricité plus rentable que les tomates

Outre les conditions de travail, les aides publiques (450 000 euros de prêt à taux zéro accordés par la région Normandie) ou encore l’accaparement de terres agricoles, la Confédération paysanne de la Manche dénonce également le modèle économique des serres industrielles. Car la revente d’électricité peut générer davantage de profits que la culture de légumes elle-même.

Ce système fonctionne via un moteur de cogénération alimenté en gaz, qui chauffe les tomates la nuit et l’hiver et produit aussi de l’électricité, revendue ensuite. En 2023 les quatre filiales d’Agrocare liées à l’énergie en Normandie (Energie Nord, Energie Sud, Energie Ouest et Isigny Lumière) ont rapporté plus de 11 millions d’euros de bénéfices au groupe, contre moins d’un million pour l’ensemble des six sociétés maraîchères, certaines étant déficitaires. « Cette multinationale hollandaise n’a rien à voir avec l’agriculture, tranche l’eurodéputé David Cormand. C’est une forme de colonisation qui fait beaucoup de mal à l’agriculture. »

Dans les prochaines semaines, une enquête publique devrait être mise en place par la préfecture de la Manche au sujet du projet d’extension du site d’Isigny-le-Buat. Nul doute que le sujet risque d’agiter à nouveau le bocage normand, car le site produisant déjà une dizaine de tonnes de tomates par an verrait alors sortir de terre l’une des plus grandes serres d’Europe.

« Nous comptons réorganiser une marche, comme nous avons fait il y a un an, signale Gérard Chauvet, du collectif Stop tomates industrielles. Ce sujet doit être au cœur de la campagne des municipales à Isigny-le-Buat. »

*Le prénom a été changé.

Guy Pichard

https://basta.media/derriere-tomates-du-mont-saint-michel-systeme-multinationale-hollandaise-Agrocare

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La tomate cerise tricolore joue son va-tout pour chasser le Maroc de ses étals...

Les producteurs de tomates sous serre ont dégainé un emballage bleu, blanc, rouge vantant « la souveraineté alimentaire française »...

C’est un emblème des apéros. A côté des chips et du saucisson, la tomate cerise est devenue l’atout végétal de la table basse, souvent plus portée sur le sel et les graisses que sur le fruit ou le légume. Au point que pour bon nombre de Français, il n’y a pas vraiment de saison de la tomate cerise. Même ceux qui se refusent à acheter des tomates en hiver craquent souvent pour ces petites boules rouges prêtes à consommer, comme un gage diététique. Sans vraiment se soucier d’où elles viennent, ni comment elles poussent.

Ce que les consommateurs français ignorent, c’est que ce fruit rond qui ne pèse que quelques grammes est au cœur d’une véritable guerre commerciale entre le Maroc et la France. Et devinez qui gagne ? Petit indice : pas nous. Les agriculteurs tricolores ne produisent que la moitié des tomates que nous consommons, le reste arrivant par camions depuis l’Afrique du nord ou l’Espagne. Le Maroc ayant choisi de se spécialiser dans le petit format, il inonde nos supermarchés et primeurs de ses produits, en grande partie grâce à un accord de libre-échange signé avec l’Union européenne.

Le patriotisme dans un emballage

Lassés de voir les tomates cerises marocaines envahir leurs étals, les maraîchers français ont décidé de répliquer. Prisonniers de cet accord de libre-échange, ils ont choisi de répondre avec une barquette unique faisant la promotion de leur production. Avec un emballage drapé d’un large bandeau bleu blanc rouge et de messages prônant la préférence nationale : « Oui ! A la souveraineté alimentaire française », peut-on lire en gros. Ou encore : « Petit apéro français ». Et enfin : un logo « Tomates de France » imprimé sur une carte tricolore du pays. Difficile de faire plus Français.

« Pendant longtemps, on ne trouvait les produits marocains qu’à l’automne ou en hiver, pendant notre saison basse. Maintenant, c’est toute l’année », analyse Ronan Collet, producteur de tomates à Noyal-Châtillon-sur-Seiche, près de Rennes. Mais pourquoi les Français achètent-ils des tomates cerises toute l’année ? « Car ils ont bonne conscience, ils veulent essayer d’avoir les 5 fruits et légumes par jour », glisse le maraîcher.

Pour tenter de faire front, l’ensemble des producteurs de tomates sous serre chauffée se sont donc mis d’accord sur une barquette unique. Un choix qui leur demande des sacrifices importants : chaque marque accepte de s’effacer et d’abaisser son prix pour tenter de concurrencer les produits du Maghreb. « Vous devriez les trouver autour de 1,19 ou 1,29 euro. Si c’est plus cher, c’est que le distributeur ne joue pas le jeu », explique Ronan Collet. Le prix reste un peu plus élevé que la barquette de tomates marocaines, vendue à 99 centimes tout au long de l’année. « On ne peut pas s’aligner. Mais on offre la garantie d’un produit de qualité et quasiment sans pesticides », poursuit le directeur de la coopérative de la région rennaise Solarenn, qui a produit 23.000 tonnes de tomates l’an dernier.

La main-d’œuvre est beaucoup plus chère

Face au tassement des prix de la traditionnelle tomate grappe, l’entreprise bretonne a développé sa gamme « petit fruit ». Elles sont nombreuses à avoir fait le même choix en France. « Parce que la valeur au kilo est trois fois supérieure », reconnaît Pierre-Yves Gestin, président de Savéol, premier producteur français, qui a sorti 74.000 tonnes de tomates de ses serres l’an passé. Mai si elle se vend plus cher, la « cerise » pose un problème majeur de compétitivité. Car elle n’offre pas les mêmes rendements à l’hectare et demande surtout plus de main-d’œuvre.

Sur ce point, la concurrence avec le concurrent du Maghreb est impossible. En France, la main-d’œuvre représente plus de 40 % du coût de revient de la tomate cerise. Et pourtant, on ne peut pas dire que les salaires proposés aux saisonniers soient mirobolants. Mais au Maroc, le coût de la main-d’œuvre est dix à quinze fois moins élevé. « Clairement, ça nous empêche de nous développer. On pourrait produire deux fois plus », assure Pierre-Yves Gestin

L’an dernier, la profession s’était attaquée frontalement à la marque Azura, leader de ce marché d’export. Des opérations coup de poing avaient été menées dans des supermarchés, dans le but « d’afficher » les produits importés. Car la marque Azura entretient le flou, se gardant bien d’afficher les couleurs du Maroc sur sa barquette. Seule l’origine obligatoire du produit indique discrètement au consommateur d’où vient la tomate. « On a beaucoup de mal à savoir d’où elle vient. S’il ne cherche pas, le client ne le saura pas », prévient Ronan Collet, de Solarenn.

Des camions entiers faisant route vers la plateforme de Perpignan avaient été vidés par des producteurs français en pétard. Cette année, la profession plaide pour un apaisement. « On a décidé de renouer le dialogue, on pense pouvoir cohabiter », assure Ronan Collet. Le 22 avril, les associations de producteurs françaises et marocaines ont signé une déclaration commune lors du Salon international agricole du Maroc. L’intention est bonne. Mais on ignore combien de temps la trêve va durer.

Camille Allain

Les tomates ULTRA résistantes au mildiou...

Le mildiou, fléau des tomates dans les jardins, bientôt plus une source d’angoisse pour les jardiniers ?

De longs programmes de recherches agronomiques ont permis l’obtention et la diffusion, tout récemment, de quelques variétés de tomates très bien armées pour résister d’une façon jamais vue auparavant aux assauts de cette redoutable maladie, cauchemar des cultivateurs. Et ce, par travail traditionnel avec les plantes, sans aucun recours à des manipulations génétiques de laboratoire. Nous sommes fiers d’avoir réussi à nous procurer des semences de ces nouveautés révolutionnaires, quasi introuvables pour beaucoup d’entre elles, et pouvoir proposer des plants en exclusivité aux passionnés du potager que vous êtes.

En résumé, il était connu que certaines espèces sauvages ou autres souches “peu intéressantes” de tomates avaient une résistance partielle ou très forte au mildiou (“champignon” microscopique Phytophthora). La première partie du travail a été d’identifier ces variétés, et ensuite de comprendre grâce à quoi elle étaient si chanceuses. Trois gènes, “morceaux” de leur patrimoine génétique ancestral naturel, ont été identifiés et ont une influence majeure dans la résistance : les gènes Ph1, Ph2, Ph3, Ph4 & Ph5. Les deuxième et troisième sont les plus importants, et le Ph3 le plus intéressant. Certaines plantes ont l’un ou l’autre, et il peut être en “simple exemplaire” (hétérozygote) ou en “double” (homozygote)…

Arbre généalogique de la tomate Mountain Merit, avec ses ancêtres qui lui ont transmis les gènes Ph2 & Ph3.

Les agronomes ont donc patiemment croisé ces lignées de tomates avec d’autres, afin d’obtenir des variétés à fruits intéressants et possédant un ou deux gènes de résistance naturels. Un effort particulier a aussi été fait pour une qualité gustative plus que correcte, voire excellente ! Nous vous proposons les résultats de ce long labeur, vous avez la chance de pouvoir les essayer en primeur dans votre jardin. Voici les variétés résistantes pour lesquelles nous avons des semences et que nous testerons en champs cette année :

  • Abigail F1 :
  • Buffalosun F1 :
  • Burlesque F1 :
  • Cherry Bomb F1 :
  • Cocktail Crush F1 :
    ULTRA résistante confirmée, bon goût : confirmé
  • Consuelo F1 :
  • Crimson Crush F1 :
    ULTRA résistante confirmée, bon goût : confirmé – gènes Ph2 & Ph3
  • Crimson Plum F1 (syn. Nagina) :
  • Damsel F1 :
  • Darkstar F1 :
  • Defiant PhR F1 :
    ULTRA résistante confirmée, croissance déterminée – gènes Ph2 & Ph3
  • Galahad F1 :
  • Iron Lady F1 :
    ULTRA résistante confirmée, croissance déterminée  – homozygote Ph2 & Ph3
  • Medium Rare F1 (syn. Rose Cruch) :
    ULTRA résistante confirmée, bon goût : confirmé
  • Merrygold F1 :
  • Mountain Magic F1 :
    ULTRA résistante confirmée, bon goût : confirmé – hétérozygote Ph2 & Ph3
  • Mountain Merit F1 :
    ULTRA résistante confirmée, croissance déterminée – hétérozygote Ph2 & Ph3
  • Nagina F1 (syn. Crimson Plum) :
  • Oh Happy Day F1 :
  • Plum Perfect F1 :
  • Plum Regal F1 :
    excellente résistante confirmée, croissance déterminée – homozygote gène Ph3
  • Rose Cruch F1 (syn. Medium Rare) :
    ULTRA résistante confirmée, bon goût : confirmé
  • Rubylicious F1 :

Vous pouvez les cultiver sous serre, mais aussi en pleine terre sans protection, c’est d’ailleurs tout l’intérêt.

Les variété suivantes étaient décrites comme résistantes mais nous ont déçus lors du dernier comparatif, nous les cultiverons à nouveau en 2022 pour vérifier.

  • Jasper F1 : gène(s) Ph2 et/ou Ph3
  • Legend (stabilisée) : gène Ph2
  • Matt’s Wild Cherry (une “vieille sauvage” classique) : gène Ph3 probable

Quelques autres variétés dites résistantes, et des non résistantes, seront plantées à titre de témoins.

Les essais en plein champs sont impressionnants, photos prises mi-septembre :

Bien sûr, ultrarésistance ne veut pas dire invulnérable : on constate parfois quelques symptômes légers ou isolés sur ces variétés, voir photo ci-contre, et un minimum d’attention sera toujours bénéfique, cela reste une tomate : plus vous chérirez ces nouveautés, mieux vous les protégerez, encore meilleurs seront les résultats. Il n’y a pas plus résistant que ces variétés innovantes, faites en sorte d’exploiter leur potentiel au maximum et permettez-leur de s’épanouir pleinement (tuteurage, engrais, désherbage, arrosage…) le retour sera positivement surprenant.Enfin, tout comme la grippe humaine, les différente souches de mildiou évoluent au fur et à mesure des années, s’adaptant aux mécanismes de résistance avec plus ou moins de succès, selon la météo et le soin apporté aux plantes… Le gène Ph2 n’a un impact de résistance que contre certaines lignées précises de Phytophtora, tandis que l’action du Ph3 est beaucoup moins dépendante de la nature de l’agresseur, et donc offre une bien plus forte résistance potentielle à la plante qui le possède. La combinaison Ph2 + Ph3 est cependant très intéressante : l’ensemble est supérieur à la somme des parties !

Vous maximiserez aussi vos chances de succès en appliquant les bonnes vieilles recettes habituelles du jardinage : le mildiou survit dans les tissus végétaux infectés de l’année précédente, nettoyez bien vos parcelles, ne mettez pas de morceaux contaminés au compost que vous répandez partout ensuite, faites des rotations de cultures pour repartir d’une parcelle saine… Un plant de tomate aime le soleil et l’aération, vous pouvez éclaircir le feuillage, et il est admis que s’il ne reste des feuilles que sur la moitié voire le tiers supérieur d’une plante bien soignée, cela ne change rien à la production : éliminez les feuilles “inutiles” de la base, qui touchent le sol, ou si vous avez un doute sur leur santé… Et ne mouillez jamais volontairement ou accidentellement le feuillage, le mildiou adore ça !

Lisez nos conseils de culture détaillés, de la graine à l’assiette ツ

Même variété de tomate, à gauche sur ses racines, à droite greffée (conduites en 2 bras).

Si vous aimez expérimenter, vous pouvez greffer ces magnifiques nouvelles variétés sur de formidables porte-greffes professionnels pour tomates, qui apporteront une protection contre les maladies & ravageurs du sol, en plus d’une vigueur et production fortement augmentées ! Mais les semences de ces porte-greffes sont difficiles à trouver, et tous ne se valent pas…

 

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Les producteurs français de tomates cerises voient rouge face à la concurrence marocaine...

Exemptée de droits de douane et vendue beaucoup moins cher que sa rivale française, la tomate cerise marocaine est plébiscitée dans l’Hexagone par la grande distribution et les consommateurs. Au grand dam des maraîchers tricolores.

 

C’était le mois dernier. Alors que l’on croyait la colère des agriculteurs du début d’année enfin calmée, des producteurs de tomates du Sud-Ouest et de Bretagne ont organisé des opérations commandos dans des supermarchés un peu partout en France. L’objet de leur courroux : les barquettes de 250 gram­mes de tomates cerises à 0,99 euro en provenance du Maroc, qui se vendent comme des petits pains (+ 60 % en cinq ans). Les maraîchers dénon­cent une concurrence délo­yale car le prix de la main-d’œuvre est de 0,97 euro de l’heure au Maroc et de 13,50 euros en France. Même après avoir effectué plus de 5 000 kilomètres dans des camions réfrigérés, la tomate africaine est 200 % moins chère qu’une tomate locale au printemps, et encore 55 % moins chère en pleine saison, lorsque la production française est à son maximum.

Et le consommateur adore : ce n’est pas un aliment à manger en salade comme la tomate classique, qui, elle, a des ventes en recul, mais un produit de grignotage sain, qui se cro­que comme une friandise. La denrée parfaite. Sauf pour son bilan carbone et l’utilisation de l’eau...

Jean François Arnaud 14 07 2024

https://www.challenges.fr/economie/agriculture/les-producteurs-francais-de-tomates-cerises-voient-rouge-face-a-la-concurrence-marocaine_899343

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