Gugusses gazette
Aux trois gugusses...
Ce n’est pas parce qu’ils ont entre les mains les outils parmi les plus puissants de la planète qu’ils doivent nous faire peur.
Au fond, les géants de la Silicon Valley — avec leurs intelligences artificielles, leurs taxis autonomes et leurs robots humanoïdes incapables d’ouvrir un lave-vaisselle — tiennent plus souvent du comique raté que du génie.
Prenez les trois personnes les plus en vue de la planète, Elon Musk, qu’on ne présente plus, Tim Cook, le boss d’Apple, et Mark Zuckerberg, patron du groupe Meta.
Le premier est un escroc : il clame partout que son Cybertruck, un véhicule tout-terrain au design absolument immonde, se vend comme des petits pains. En réalité, le patron de X (mais aussi de Tesla et de SpaceX) a tellement de mal à écouler ses boîtes de conserve sur roues qu’il les rachète lui-même avec les cartes de crédit de ses autres entreprises pour gonfler les ventes.
Le deuxième, lui, pourrait bien se retrouver sur un siège éjectable depuis qu’un rapport sorti dans la presse américaine a révélé que son nouveau bijou, l’iPhone Air, n’intéressait absolument personne. Serait-ce parce que, à part augmenter les prix, affiner de quelques millimètres chaque smartphone et prendre ses clients pour des pigeons, Apple n’innove plus ? Allez savoir…
Le troisième, quant à lui, est soit le pire menteur de la décennie, soit un immense détraqué sexuel. Alors que Meta est accusé par plusieurs sites pornographiques d’avoir volé leurs vidéos pour entraîner sa foutue IA, Zuckerberg s’est défendu en insistant sur le fait que les milliers de vidéos téléchargées illégalement étaient… pour son usage personnel.
On vous laisse choisir.
Lorraine Redaud. Charlie Hebdo. 12/11/2025
Le paillasson Zuck...
Rarement a-t-on vu multimilliardaire se courber avec autant d’aisance. Que s’est-il donc passé en à peine quatre ans ?...
En janvier 2021, quelques jours après l’assaut du Capitole par des partisans de Trump, Mark Zuckerberg, patron de Meta, décidait de bannir ce dernier de ses plateformes, arguant que les risques étaient « trop grands » pour le laisser continuer à balancer son flot de fausses informations. Et voilà qu’aujourd’hui le grand gaillard qui s’est mis au MMA se pisse dessus et fait désormais tout pour que l’homme orange — qui, en août dernier, menaçait de « l’enfermer en prison à vie » — le porte dans son cœur. À commencer donc par le recrutement de Dana White, patron de l’UFC, la ligue la plus prestigieuse du monde du MMA, et grand ami de Donald, au conseil d’administration de Meta.
Une nouvelle tête, mais aussi et surtout de nouvelles règles : dans une vidéo publiée la semaine dernière, Zuckerberg a tout simplement annoncé vouloir se débarrasser de ses Tact checkers, « trop politiquement biaisés », selon lui — trop wokistes, selon le sous-texte.
Pour justifier son choix, le futur courbaturé à force de s’agenouiller devant Trump plaide une volonté de remettre la liberté d’expression au cœur de ses réseaux sociaux. Une influence muskienne qui autoriserait par exemple les utilisateurs à pouvoir qualifier les personnes homosexuelles de « malades mentales » et les femmes d’« objets ménagers ».
Mais évidemment, comme partout, la liberté d’expression a des limites : sur la messagerie interne du groupe, Zuckerberg a supprimé toutes les plaintes d’employés mécontents de la nouvelle direction adoptée par l’entreprise.
Lorraine Redaud. Charlie Hebdo. 15/01/2025
https://librejugement.org/2025/01/20/le-paillasson-zuck/