Grooming gang : le scandale des agressions sexuelles au Royaume-Uni
Dans l'une des nombreuses affaires de gangs pédocriminels qui secouent le Royaume-Uni, sept hommes ont été condamnés ce mercredi à Manchester à des peines allant jusqu'à 35 ans de prison.
Sept hommes ont été condamnés ce mercredi à des peines allant de 12 à 35 ans de prison, après avoir fait de deux adolescentes leurs esclaves sexuelles en Angleterre, dans une des affaires de gangs pédocriminels récemment qualifiés de « fléau » par le gouvernement britannique. Pendant plusieurs décennies, dans plusieurs villes anglaises, des groupes d'hommes pour beaucoup d'origine pakistanaise s'en sont pris à des filles et jeunes filles, pour la plupart blanches et issues de milieux défavorisés.
Plus d'une centaine d'hommes ont déjà été condamnés, les victimes sont estimées à plusieurs milliers, et la police et les services sociaux ont été sévèrement critiqués pour avoir échoué à les protéger.
35 ans de prison pour le chef du groupe
Dans le procès qui s'est conclu mercredi à Manchester, dans le nord de l'Angleterre, sept hommes ont été condamnés pour des faits qui se sont produits entre 2001 et 2006. Les victimes étaient âgées de 13 ans au début des faits. Elles « étaient extrêmement vulnérables [...], elles ont été passées de main en main à des fins sexuelles, maltraitées, humiliées, avilies », a déclaré le juge Jonathan Seely. « Toutes deux ont été abandonnées par ceux dont le travail consistait à les protéger », a-t-il aussi déploré. L'une des jeunes filles, qui vivait dans un foyer pour enfants à l'époque, avait indiqué que les travailleurs sociaux l'avaient qualifiée de « prostituée ».
Le chef du groupe, Mohammed Zahid, un homme de 65 ans né au Pakistan, a été condamné à 35 ans de prison, la peine la plus lourde. Il vendait de la lingerie sur un marché de Rochdale, dans le nord de l'Angleterre, et attirait des adolescentes en leur promettant de l'alcool ou de la drogue en échange de rapports sexuels.
Pendant le procès, le procureur Rossano Scamardella avait décrit les sévices imposés aux deux jeunes filles, obligées d'avoir des rapports sexuels « avec plusieurs hommes le même jour », « dans des appartements vétustes, sur des matelas moisis » ou encore « dans des voitures, des parkings ou des entrepôts désaffectés ». C'était « où et quand ces hommes le souhaitaient », avait-il poursuivi, soulignant que ces adolescentes avaient été réduites au statut d'objet.
Les excuses du gouvernement
Les sept hommes ont été poursuivis dans le cadre de l'Opération Lytton, une enquête lancée en 2015 par la police du Grand Manchester sur des faits d'exploitation sexuelle de mineures à Rochdale. Le scandale des gangs pédocriminels, ou « grooming gangs », est revenu dans l'actualité en janvier quand le milliardaire Elon Musk a accusé le Premier ministre Keir Starmer d'avoir laissé des « groupes de violeurs exploiter des jeunes filles sans avoir à faire face à la justice ». Le dirigeant travailliste était à la tête du parquet d'Angleterre et du Pays de Galles entre 2008 et 2013.
Cette affaire est régulièrement utilisée par l'extrême droite britannique pour dénoncer le laxisme des pouvoirs publics et une justice à deux vitesses. Le gouvernement a présenté en juin ses excuses à ces victimes « pour la douleur et la souffrance inimaginables » qu'elles ont endurées ainsi que « pour l'échec des institutions [du] pays, pendant des décennies », à les « protéger ».
Une série de réformes a été annoncée par Yvette Cooper, alors ministre de l'Intérieur, pour « éradiquer le fléau » des gangs pédocriminels. La loi doit être modifiée « pour garantir que les adultes qui ont des relations sexuelles avec pénétration avec un enfant de moins de 16 ans encourent une inculpation pour viol ». Ce scandale est « une tache sur notre société », avait déclaré Yvette Cooper. Mais les faits semblent se poursuivre. En 2023, environ 700 infractions liées à l'exploitation sexuelle d'enfants en bande organisée ont été enregistrées, selon un rapport indépendant sur ces “grooming gangs” (gangs de pédocriminels), publié en juin.
Des groupes de proxénètes, majoritairement pakistanais, ont sévi durant des années au Royaume-Uni. Des filles violées et prostituées dénoncent l'absence de réaction de la police et des services sociaux. En Angleterre, des centaines, voire des milliers de jeunes filles ont été manipulées, violées, prostituées. Pendant des années, les autorités ont détourné le regard. Le scandale des grooming gangs, des groupes de proxénètes majoritairement pakistanais, révèle l'ampleur du système
Ils avaient transformé deux ados de 13 ans en esclaves sexuelles...
Sept hommes ont été condamnés pour les viols répétés de deux adolescentes entre 2001 et 2006 à Rochdale, près de Manchester...
Sept hommes ont été reconnus vendredi coupables des viols de deux jeunes filles qu’ils avaient transformées en esclaves sexuelles, dans le dernier procès en date d’une affaire de gang pédocriminel au Royaume-Uni. Mohammed Zahid, 64 ans, Mushtaq Ahmed, 67 ans, Kasir Bashir, 50 ans, Mohammed Shahzad, 44 ans, Naheem Akram, 48 ans, Roheez Khan, 39 ans, et Nisar Hussain, 41 ans, connaitront leur peine à une date ultérieure.
Le juge Jonathan Seely du tribunal de Manchester a prévenu qu’ils encouraient de «longues peines de prison». Tous ont été maintenus en détention, à l’exception de Kasir Bashir qui a disparu avant le début du procès. Pendant le procès, le procureur Rossano Scamardella avait décrit les sévices imposés aux deux jeunes filles, âgées de 13 ans au début des faits, qui ont duré cinq ans, entre 2001 et 2006.
«Où et quand ces hommes le souhaitaient»
Il a raconté qu’elles étaient obligées d’avoir des rapports sexuels «avec plusieurs hommes le même jour», «dans des appartements vétustes, sur des matelas moisis» ou encore «dans des voitures, des parkings ou des entrepôts désaffectés». C’était «où et quand ces hommes le souhaitaient», avait-il poursuivi, soulignant que ces adolescentes avaient été réduites au statut d’objet.
L’une des jeunes filles, qui vivait dans un foyer pour enfants à l’époque, a indiqué que les travailleurs sociaux l’avaient qualifiée de «prostituée». À la fin de l’audience, le détective Alan Clitherow de la police du Grand Manchester, a présenté ses excuses pour l’inaction des autorités de l’époque.
Les sept hommes ont été poursuivis dans le cadre de l’Opération Lytton, une enquête lancée en 2015 par la police du Grand Manchester sur des faits d’exploitation sexuelle de mineures à Rochdale, une ville proche de Manchester. Au total, 37 individus ont été inculpés dans ce cadre, et plusieurs procès doivent encore avoir lieu à partir de septembre.
Des milliers de victimes
Pendant plusieurs décennies, dans plusieurs villes anglaises, des groupes d’hommes majoritairement d’origine pakistanaise s’en sont pris à des filles et jeunes filles, pour la plupart blanches et issues de milieux défavorisés. Plus d’une centaine d’hommes ont été condamnés, et les victimes sont estimées à plusieurs milliers. La police et les services sociaux ont été sévèrement critiqués pour avoir échoué à protéger les jeunes victimes.
Ce scandale des «grooming gangs» est revenu dans l’actualité début janvier, quand le milliardaire Elon Musk a accusé le Premier ministre Keir Starmer d’avoir laissé des «groupes de violeurs exploiter des jeunes filles sans avoir à faire face à la justice». Le dirigeant travailliste était à la tête du parquet d’Angleterre et du Pays de Galles entre 2008 et 2013.
AFP
https://www.20min.ch/fr/story/royaume-uni-ils-avaient-transforme-deux-ados-de-13-ans-en-esclaves-sexuelles-103364049
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