El Nino gazette...
Une campagne d'alerte sur El Niño exhorte les gouvernements à se préparer....
Des scientifiques et des personnalités internationales ont lancé la campagne « El Niño Alert » pour inciter les gouvernements à mettre en œuvre des mesures préventives et d'adaptation, afin d'anticiper les effets potentiels de ce phénomène prévu pour la période 2026-2027.
Cette initiative, portée initialement par Yellow Dot Studios en collaboration avec des scientifiques et des personnalités telles que Javier Bardem, Jane Fonda et Mark Ruffalo, ainsi que le chercheur espagnol Antonio Turiel, vise à anticiper les impacts d'El Niño et à favoriser la coordination des interventions.
Le site web alertelnino.com permet aux utilisateurs de suivre l'évolution du phénomène, de consulter les prévisions et leurs conséquences, ainsi que de poser des questions et de réagir aux mesures prises dans différents pays. Une pétition internationale a également été lancée pour exhorter les gouvernements à intégrer les risques liés à El Niño dans leurs plans d'urgence et d'adaptation.
Antonio Turiel, chercheur au Conseil supérieur de la recherche scientifique (CSIC) en Espagne, a averti que ce phénomène entraînait une hausse temporaire de la température mondiale de 1,8 degré Celsius ; il cite une étude récente évaluant à 20 % la probabilité d'atteindre une hausse de 2 degrés Celsius.
Les recherches indiquent par ailleurs que l'Espagne, selon les observations passées, peut connaître des températures avoisinant les 50 degrés Celsius pendant plusieurs jours dans certaines conditions météorologiques. M. Turiel a également mis en garde contre les impacts potentiels sur les cultures et la durée d'ensoleillement, ainsi que sur les risques de tempêtes violentes en provenance de la Méditerranée.
La campagne appelle à une action immédiate dans les domaines de la gestion des urgences, de la protection civile, de l'agriculture, des ressources en eau, de la santé publique et de l'adaptation au changement climatique. En Espagne, les organisateurs prévoient d'adresser des courriers au gouvernement, au Parlement européen et aux autorités régionales.
L'organisation souligne que des mesures proactives permettent de réduire les risques et de protéger les communautés les plus vulnérables.
https://24ora.com/alerta-di-el-nino-ta-urgi-e-gobiernonan-pa-prepara-awor/
El Niño pourrait avoir des conséquences dramatiques. Dans un nouveau rapport, des climatologues estiment que le phénomène météorologique pourrait causer jusqu'à 450.000 décès d'ici février.
Cette année, le phénomène météorologique El Niño a marqué de son empreinte de nombreuses régions du monde. Les événements climatiques de cet été témoignent de son intensité, qui devrait atteindre un niveau record d'ici février. Face à cette situation, les chercheurs alertent sur une conséquence alarmante. Si des mesures rapides ne sont pas prises, El Niño pourrait entraîner le décès d'environ 450.000 personnes d'ici février.
Des vagues de chaleur similaires à celles qui ont frappé l'Europe cet été vont atteindre les pays de l'hémisphère Sud au cours des prochains mois, alors que les saisons du printemps et de l'été approchent dans ces régions. Une nouvelle vague de décès est également redoutée après février, explique le média New Scientist.
«Nous allons observer une augmentation anormale du nombre de décès, explique Emily Grover-Kopec, spécialiste du climat au sein du cabinet de recherche indépendant Rhodium Group. Je m'attends tout à fait à ce que ces chiffres augmentent, malheureusement.»
La projection de 450.000 décès a été publiée dans un rapport du Climate Impact Lab de l'université de Chicago. Elle repose sur le lien observé entre les températures et la surmortalité: la mortalité augmente lors des épisodes de grand froid ou de chaleurs extrêmes. L'ampleur des effets varie selon la capacité d'adaptation des populations et des infrastructures. Les mesures prises pour se protéger de la chaleur, notamment les plans de climatisation, jouent un rôle.
Pour obtenir leurs résultats, les chercheurs se sont basés sur une étude de 2022. Celle-ci a divisé le monde en 24.000 régions et a analysé, dans chacune d'elles, le lien entre les températures extrêmes et la mortalité. En combinant ces données avec les prévisions saisonnières, ils ont estimé qu'El Niño provoquera 240.000 décès liés à la chaleur entre septembre et février. En ajoutant les victimes recensées depuis le début de l'épisode en juin, le total s'élève à 450.000.
L'Afrique serait la région la plus touchée, avec notamment 30.000 décès supplémentaires estimés au Nigéria. L'Indonésie enregistrerait 19.000 victimes supplémentaires d'ici février, l'Inde 16.000 et le Brésil 13.000. Le rapport distingue trois groupes d'âge: les enfants de 4 ans et moins, les personnes de plus de 65 ans et les autres. «On observe des effets sur les trois groupes d'âge, souligne Emily Grover-Kopec. Le groupe le plus vulnérable est celui des personnes les plus âgées, suivi des nourrissons.»
chaleur et mortalité est constant et fiable à l'échelle mondiale», confirme Christopher Callahan, climatologue à l'université américaine de l'Indiana. Il a utilisé une méthode similaire pour estimer que la vague de chaleur de juin avait causé la mort de 20.000 personnes en Europe.
Les estimations ne prennent en compte que les pertes humaines liées à la chaleur. Pourtant, «El Niño influe sur les feux de forêt en Indonésie, les maladies infectieuses en Amérique du Sud, les inondations dans l'ouest des États-Unis, etc. Le nombre total de décès pourrait donc être plus élevé», conclut le professeur.
https://www.slate.fr/sciences/el-nino-phenomene-climatique-450000-deces-rechauffement-climatique-temperatures-deces?utm_source=firefox-newtab-fr-fr
De l'Inde à la Corée du Sud, en passant par la Chine et l'Indonésie, les gouvernements asiatiques se préparent à affronter sécheresses, incendies de grande ampleur, typhons et inondations.
El Niño version 2026 pourrait bien être le plus intense que la Terre ait connu, et l'Asie en a bien conscience. Les autorités adaptent leurs plans de prévention et de gestion des risques climatiques, face à ce qu'elles considèrent comme le plus grand défi à relever. Tour d'horizon des mesures mises en place.
El Niño est un phénomène météorologique naturel qui dure environ une année et se produit tous les deux à sept ans. Météo France le définit comme un «réchauffement accentué des eaux de surface près des côtes de l'Amérique du Sud», qui est lié au «cycle de variations de la pression atmosphérique entre l'est et l'ouest du Pacifique, couplé à un cycle du courant océanique le long de l'équateur». L'épisode actuel devrait encore s'intensifier dans les prochains mois et pourrait atteindre une intensité exceptionnelle.
Les conséquences de ce phénomène climatique extrême inquiètent déjà les organisations internationales: le Programme alimentaire mondial (PAM) estime qu'environ cinquante millions de personnes supplémentaires risquent d'être touchées par la famine d'ici la fin 2027. Le secrétaire général des Nations unies (ONU), António Guterres, a déclaré début septembre qu'El Niño «prenait sous nos yeux une ampleur exceptionnelle». Dans toute l'Asie, les gouvernements tentent donc d'anticiper les conséquences de cet épisode météorologique extrême, chacun avec ses propres moyens.
Pékin a lancé une campagne de 100 jours pour se préparer. L'un des objectifs est de protéger les récoltes contre la sécheresse, mais aussi contre les fortes précipitations. Pour ce faire, l'Empire du Milieu prévoit de moderniser ses systèmes de surveillance et d'alerte. Les autorités ont encouragé les villes à créer des cartes de risques climatiques, pour identifier les zones les plus exposées aux inondations et aux vagues de chaleur.
Après avoir vécu sa plus chaude journée jamais enregistrée le 9 août, Hong Kong a revu sa politique relative au travail. En cas de fortes chaleurs, les horaires de travail doivent être aménagés, entrecoupés de pauses désormais obligatoires. Les entreprises doivent également s'équiper de systèmes de climatisation, précise le Guardian.
À Taïwan, la situation a été jugée urgente, ce qui a poussé l'île à recourir à des méthodes similaires à celles utilisées pour faire face aux attaques terroristes ou aux tremblements de terre. Début septembre, les autorités ont organisé un exercice à grande échelle de trois jours, simulant des températures supérieures à 40°C. Au programme: coupures d'électricité et d'eau, problèmes ferroviaires ou encore pannes de climatisation.
Le Sri Lanka semble être le pays le plus touché par les conséquences actuelles d'El Niño. Il connaît sa sécheresse la plus rude depuis une décennie. Plus de 160.000 personnes sont confrontées à une pénurie d'eau potable. Colombo envisage désormais le scénario où les réserves d'eau douce pourraient disparaître. Les autorités seraient alors contraintes de traiter l'eau de mer salée. Les experts restent toutefois sceptiques: le pays ne dispose que d'une seule usine de dessalement.
Dans certaines régions d'Inde, les précipitations de mousson ont fortement diminué en septembre. Les cultures du riz, des légumineuses, du coton et du maïs sont menacées. Avec une conséquence économique importante: avec la baisse des récoltes, les prix des denrées alimentaires risquent d'exploser, alors même que les familles pauvres et celles de la classe moyenne peinent déjà à supporter le coût de l'alimentation. Le gouvernement indien veut mettre en place un «bouclier protecteur pour les agriculteurs»: renforcement des infrastructures de collecte d'eau de pluie et des réservoirs, mais aussi développement de cultures moins gourmandes en eau.
L'Asie du Sud-Est s'inquiète aussi des conséquences d'El Niño sur les cultures. Alors que la guerre en Iran a fait grimper les coûts des engrais, les Philippines, la Malaisie et l'Indonésie sont particulièrement vulnérables aux fluctuations des prix alimentaires. «Pour les Indonésiens, la part du revenu consacrée à l'alimentation peut atteindre 50%, voire plus. Toute hausse des prix les affecte donc de manière disproportionnée», détaille Elyssa Kaur Ludher, spécialiste du changement climatique à l'ISEAS – Yusof Ishak Institute, à Singapour. Pour les mois à venir, les gouvernements d'Asie du Sud-Est misent notamment sur l'agriculture régénérative et les biofertilisants.
Le Japon s'attend, lui, à l'arrivée de nouveaux «super-typhons». Tokyo encourage ses citoyens à protéger leur logement, à respecter les avis d'évacuation officiels et à se constituer des réserves de nourriture et d'eau. Le ministère des Infrastructures a identifié plusieurs passages souterrains à haut risque, qui vont être fermés à titre préventif.
Partout en Asie, les pays se préparent à un phénomène d'une ampleur inédite. Les prochains mois seront décisifs, même s'il reste difficile, à l'heure actuelle, de quantifier avec précision l'ampleur des dégâts qu'El Niño pourrait causer.
https://www.slate.fr/sciences/el-nino-asie-preparation-phenomene-meteorologique-intense-politiques-changement-climatique-mesures?utm_campaign=la-quotidienne&utm_medium=email&utm_edition=202609200400&utm_source=newsletter
Antonio Turiel, chercheur au Conseil supérieur de la recherche scientifique (CSIC) espagnol, tire la sonnette d'alarme concernant le phénomène El Niño : « Je pense que l'année prochaine, nous allons subir un choc majeur. »...
Le Pacifique accumule des températures record tandis que la science alerte sur le fait que le changement climatique ne progresse plus graduellement, mais par bonds vertigineux.
On n'a jamais détecté autant de chaleur dans le Pacifique équatorial, et le plus inquiétant est qu'El Niño n'a pas encore atteint son point le plus critique. Mais il ne s'agit pas simplement d'un phénomène que nous connaissons déjà bien. L'important, c'est le contexte : cet El Niño survient dans un océan surchauffé et une atmosphère chargée d'énergie, plus que d'habitude. On ne peut plus le considérer comme une simple fluctuation du thermomètre ; il est devenu un accélérateur qui précipite la crise climatique par des chocs, et non par des changements progressifs.
On a tendance à percevoir le réchauffement climatique comme une rampe continue, une ligne droite qui monte progressivement d'année en année. C'est une erreur. La physique du climat progresse par à-coups. Antonio Turiel, physicien et chercheur au CSIC (Conseil supérieur de la recherche espagnol), nous met en garde depuis plusieurs années : « Le phénomène s’accélère actuellement. Je pense que l’année prochaine, nous allons subir un choc majeur, un choc très important.» Le plus frustrant, c’est que, précisément au moment où la planète connaît ces bouleversements brutaux, le climatoscepticisme semble gagner du terrain dans le débat public, sapant la volonté politique nécessaire pour agir.
Ce rythme effréné remet en cause tous les calendriers officiels. Il y a encore peu de temps, nous considérions comme acquis que le seuil critique de deux degrés serait atteint en 2050 ; aujourd’hui, au vu du bilan thermique de la planète, les scientifiques situent déjà ce scénario au milieu des années 2030, probablement autour de 2036. Quinze ans nous ont été imposés d’un seul coup. Comme l'explique Jorge Olcina, climatologue à l'Université d'Alicante, c'est comme un voyage à toute vitesse vers le futur thermique : nous subissons actuellement les températures que l'on prévoyait dans les années 1940 ou 1950.
Pourquoi cela se produit-il ? En théorie, El Niño survient tous les sept ou huit ans, suivi de La Niña qui refroidit les eaux et rétablit l'équilibre. Mais jusqu'à présent, ce cycle ne semble pas se produire. L'océan a absorbé près de 90 % de l'excès de chaleur de la planète, se comportant comme une éponge géante. Lorsque El Niño se déclenche, cette éponge se vide brutalement et libère toute cette énergie dans l'atmosphère. C'est pourquoi Jorge Olcina insiste sur le fait que tous les épisodes El Niño de ces vingt dernières années ont été nettement plus intenses : non pas parce que le cycle naturel a changé, mais parce que l'énergie accumulée dans l'océan est bien plus importante.
Les preuves sont là. Les épisodes de 2015-2016 et 2023-2024 n'étaient pas de simples anomalies ; Chacun de ces épisodes a ajouté plus d'un dixième de degré à la moyenne mondiale, nous poussant jusqu'au niveau actuel de 1,55 degré. Et ce qui se met en place est encore plus inquiétant. James Hansen, une des plus grandes figures historiques de la climatologie, l'a affirmé sans détour : cet événement est hors normes. Actuellement, la chaleur emmagasinée dans le Pacifique équatorial dépasse déjà celle du légendaire Super El Niño de 1997. En bref, ce que nous avons vécu jusqu'à présent n'est qu'une répétition générale de ce qui nous attend.
Avec la surface de la mer qui brûle et une immense quantité de chaleur piégée sous les vagues, nous entrons en territoire inconnu. D'autant plus que cet épisode n'atteindra son apogée que dans plusieurs mois. El Niño n'est plus ce phénomène météorologique curieux qui apportait la pluie à une partie du globe et la sécheresse à l'autre ; il est devenu le déclencheur qui bouleverse les prévisions et nous plonge soudainement dans un climat extrême que nous pensions lointain.
Antonio Ferrer 13/09/2026
https://www.larazon.es/tecnologia-consumo/ciencia/antonio-turiel-investigador-cientifico-csic-insta-preocupacion-fenomeno-nino-creo-ano-viene-nos-vamos-llevar-susto-grande-grande-grande_202609136aa002a72d7d3022178326a7.html
La grande vague de tempêtes se fait attendre sur l’Atlantique, en pleine haute saison. Ce qui semble être une bonne nouvelle cache pourtant un revers qui pourrait avoir des répercussions jusque sur notre hiver
C’est la période de l’année où les cartes météorologiques de l’Atlantique devraient normalement regorger de cyclones. Septembre est considéré comme le mois le plus dangereux de toute la saison cyclonique, celui où se forment habituellement les systèmes les plus puissants. Pourtant, cette année, quelque chose d’inhabituel se produit : le calme règne.
Au lieu de l’enchaînement habituel de tempêtes baptisées, l’Atlantique tropical se montre étonnamment calme. Les statistiques sont sans équivoque : la saison 2026 s’oriente vers une activité nettement inférieure à la moyenne, avec moins de tempêtes, moins d’ouragans et très peu de phénomènes majeurs.
Moins de tempêtes que ne le laisse présager le calendrier
Une saison moyenne dans l’Atlantique compte environ 14 tempêtes baptisées, dont sept ouragans et trois ouragans majeurs. Pour 2026, les prévisions sont sensiblement inférieures : entre sept et treize tempêtes baptisées, deux à six ouragans et, au maximum, deux ouragans majeurs.
La probabilité d’une saison moins active que la normale est désormais estimée à environ 75 %, contre seulement 5 % pour une saison supérieure à la moyenne. Autrement dit, ce calme n’est pas le fruit du hasard : il était prévu par les modèles.
Pour en comprendre la raison, il ne faut pas regarder du côté de l’Atlantique, mais bien plus loin, vers le Pacifique. Un mécanisme climatique capable d’influencer les conditions météorologiques sur une grande partie de la planète s’y est enclenché : El Niño est de retour, avec une intensité rarement observée.
Un puissant El Niño active à distance un mécanisme qui coupe littéralement l’herbe sous le pied des systèmes tropicaux de l’Atlantique. Le cisaillement du vent augmente au-dessus de la région cyclonique : les vents d’altitude désorganisent les tourbillons naissants avant même qu’ils ne puissent se transformer en ouragans.
Et cet épisode El Niño n’a rien d’ordinaire. Dans le Pacifique central, les valeurs mesurées dépassent déjà celles enregistrées lors des célèbres années record du passé. Un phénomène de très forte intensité est désormais considéré comme presque certain pour l’automne et le début de l’hiver. Il pourrait s’agir de l’un des épisodes les plus puissants depuis le début des relevés fiables.
C’est précisément ce qui rend cette saison cyclonique si calme particulièrement révélatrice. Elle constitue en quelque sorte l’empreinte visible d’un phénomène qui touchera bien d’autres régions — et finira par nous atteindre.
C’est là que la situation devient intéressante pour l’Allemagne et la France et que commence le grand débat entre spécialistes. Une influence aussi puissante venue du Pacifique ne reste pas confinée à cet océan. Par des mécanismes indirects dans la stratosphère, elle peut modifier la stabilité du vortex polaire au-dessus de nos régions — un facteur déterminant pour savoir si nous connaîtrons de doux vents d’ouest ou un air glacial venu de l’est.
Les signaux vont toutefois dans des directions différentes. Selon une première interprétation, un puissant El Niño aurait plutôt tendance à renforcer le vortex polaire, nous orientant ainsi vers un hiver doux et changeant. Selon une autre hypothèse, la probabilité de fortes incursions d’air froid augmenterait sensiblement à partir du mois de janvier.
Mon analyse des prochaines semaines
Il faut être honnête : pour l’Europe centrale, le signal venu du Pacifique reste faible, et non dominant. Il est trop éloigné pour permettre d’annoncer dès maintenant un « hiver glacial » ou une « douceur record ». Ceux qui l’affirment se livrent à de simples spéculations.
Une chose est cependant certaine : les prochaines semaines fourniront les pièces décisives du puzzle. À partir d’octobre, les modèles saisonniers deviendront nettement plus fiables pour l’Europe, et le vortex polaire nous révélera alors quel type d’hiver ce calme inhabituel sur l’Atlantique pourrait nous réserver.
Johannes Habermehl Meteored Allemagne
https://www.tameteo.com/actualites/previsions/un-calme-suspect-regne-sur-l-atlantique-un-geant-du-pacifique-faconne-deja-notre-hiver.html
El Niño, un phénomène qui pourrait tout changer : « En 2027, on va avoir une grosse frayeur »....
Le Pacifique équatorial accumule une quantité de chaleur sans précédent depuis le début des relevés, et l'épisode El Niño qui s'y développe n'a pas encore atteint son apogée. Mais ce phénomène océanique courant n'affecte plus la planète comme auparavant : il se manifeste désormais dans des eaux plus chaudes, une atmosphère plus instable et un réchauffement climatique qui modifie déjà les schémas connus.
Le risque ne réside pas seulement dans un nouveau record de température, mais aussi dans le fait qu'El Niño agit comme un accélérateur d'une crise climatique qui progresse moins graduellement et davantage par étapes. Ces étapes sont inversement proportionnelles à la montée du déni du changement climatique au sein de la société, ce qui entrave la recherche de solutions.
Il s'agit du pire contexte sociopolitique possible pour faire face à une menace naturelle qui exige une action politique. Antonio Turiel, docteur en physique théorique de l'Université autonome de Madrid et chercheur à l'Institut des sciences marines du CSIC (Conseil supérieur de la recherche scientifique espagnol), tire la sonnette d'alarme :
« On a intégré le changement climatique dans notre perception et on le perçoit comme une progression linéaire, mais il ne progresse pas de façon linéaire : il s'accélère même actuellement. Je pense que l'année prochaine, nous allons subir un choc considérable.» Il est important de noter qu'Antonio Turiel, comme d'autres scientifiques, avait prédit le risque lié à la tempête DANA et à la panne d'électricité.
Pour Turiel, ce que nous allons vivre l'année prochaine est un avant-goût de l'avenir : « de ce que sera l'année 2036, date à laquelle on estime que nous atteindrons les 2 °C. Car réfléchissez : il n'y a pas si longtemps, on parlait de 2050. Or, compte tenu du déséquilibre radioactif actuel, on évoque déjà le milieu des années 2030. » Jorge Olcina, directeur du laboratoire de climatologie de l'Université d'Alicante, partage l'avis de Turiel : nous sommes sur le point d'entamer un nouveau chapitre du réchauffement climatique. « On peut dire que cela accélère les prévisions de hausse des températures des années 1940 et 1950 ; autrement dit, cela nous amène à aujourd'hui. »
Que se passe-t-il avec El Niño ?
« El Niño est un phénomène régulier. Ce qui est préoccupant dans ce cas précis, c'est son intensité, sa force », explique Turiel, « El Niño crée d'abord une zone d'eau chaude dans le Pacifique, ce qui entraîne une hausse de la température moyenne de la planète.»
El Niño n'est pas un phénomène récent. C'est un cycle climatique naturel qui se répète de façon irrégulière, avec une périodicité généralement comprise entre 7 et 11 ans, même si des décennies peuvent parfois s'écouler entre deux épisodes importants. Ce qui a changé, c'est le contexte dans lequel ce phénomène se développe. Après chaque épisode El Niño, une réaction inverse se produit : un refroidissement des océans qui rétablit l'équilibre, appelé La Niña. Mais au cours de ce siècle, l'effet La Niña semble inefficace.
« Tout épisode El Niño survenu ces 20 dernières années sera toujours plus intense », constate Jorge Olcina. « La chaleur accrue dans les océans augmente donc l'intensité d'El Niño, et par conséquent la mobilisation d'énergie liée à ces processus », ajoute-t-il.
Lors d'un épisode El Niño, l'océan libère une partie de l'énergie accumulée dans l'atmosphère. « La mer, véritable réservoir de chaleur de la Terre, restitue une partie de cette chaleur à l'atmosphère lors d'un épisode El Niño », explique Turiel.
À ce jour, l'océan a absorbé environ 90 % de la chaleur excédentaire liée au changement climatique, et El Niño gagne en intensité et en impact. Il en résulte une hausse des températures mondiales. Chaque événement majeur laisse des traces : après les épisodes El Niño de 2015-2016 et 2023-2024, la température moyenne de la planète a fortement augmenté. « Aujourd'hui, le réchauffement atteint 1,55 °C, principalement en raison des épisodes El Niño de 2015-2016 et 2023-2024, qui ont contribué ensemble à une hausse de plus de 0,1 °C de la température mondiale », souligne Turiel.
Un événement qui bat déjà des records
Les données disponibles jusqu'en août 2026 suggèrent que l'épisode actuel pourrait dépasser les records modernes. James Hansen, considéré comme le père de la climatologie, explique sur son site web Substak qu'El Niño entre en territoire inconnu.
« El Niño s'est intensifié. Son intensité est hors normes. Les mesures régulières d'El Niño ont dépassé les précédents records pour la période disposant de données fiables, même si son pic d'effet n'est pas attendu avant plusieurs mois », écrit-il. Son indicateur de référence – la chaleur contenue dans les 300 premiers mètres du Pacifique équatorial – dépasse déjà celle du Super Niño de 1997-1998.
Dans sa publication, il souligne que l'épisode El Niño de 2023-2024, qui a alimenté un réchauffement climatique extrême, n'était qu'un épisode modéré comparé à l'actuel. « La chaleur contenue dans l'océan tropical et la température de surface influent chacune sur l'intensité d'El Niño ; ce sont donc deux indicateurs pertinents », ajoute-t-il.
Ce super Niño survient sur une planète déjà affectée par le réchauffement climatique d'origine humaine.
Le véritable problème n'est pas le record en lui-même, mais le contexte dans lequel il se produit. « Ce super El Niño arrive sur une planète déjà affectée par le réchauffement climatique d'origine humaine », souligne Hansen. « Les vagues de chaleur s'intensifient, tant en mer que sur terre. »
Les vagues de chaleur marines, en particulier, se sont intensifiées au cours du siècle dernier en réponse au réchauffement climatique, et récemment, leur intensité a augmenté plus rapidement, coïncidant avec une accélération du réchauffement. « Les vagues de chaleur marines affectent déjà l'intégrité des écosystèmes marins et les services écosystémiques associés », note Hansen.
El Niño n'est pas le seul responsable de la situation actuelle. « Le processus de réchauffement climatique réchauffe principalement les bassins marins, les bassins océaniques ; le Pacifique est l'un des plus chauds », souligne Olcina.
Par conséquent, tout épisode récent part d'un contexte de températures déjà élevées. « Annoncer un super El Niño, etc., c'est bien d'alerter les populations, mais disons que cela s'inscrit dans la logique du processus de réchauffement actuel qui réchauffe les bassins océaniques », précise-t-il. « Par conséquent, si le phénomène se reproduit dans 7 ou 8 ans, il sera encore plus intense car la mer continue de se réchauffer », explique l'expert de l'Université d'Alicante.
Turiel approfondit son analyse. « Depuis un certain temps déjà, au moins depuis 1979, nous observons que les phases de La Niña sont de plus en plus chaudes et moins efficaces pour capter la chaleur », explique-t-il. « Et, en fait, depuis le début du XXIe siècle, nous constatons que La Niña est devenue inefficace. »
Il en résulte un schéma en escalier : chaque épisode majeur d'El Niño fait grimper la température, et les épisodes de La Niña suivants ne parviennent plus à refroidir le système aussi efficacement qu'auparavant. « À chaque El Niño, on observe un pic de température, et lorsque La Niña arrive, si elle arrive un jour, rien ne change. La température de l'air reste la même », souligne Turiel.
Scénarios de température
Les projections de température varient selon les sources. Olcina souligne que, tant l'année du début d'El Niño que l'année suivante, « la température de la Terre augmente généralement temporairement de 0,1 à 0,2 °C, en raison de l'effet El Niño ».
« Ensuite, en 2028, elle revient plus ou moins à la normale, mais l'année El Niño et l'année suivante, lors du calcul du bilan thermique mondial, contribuent toujours à cette hausse de 0,1 à 0,2 °C », explique-t-il. « Puisque nous atteignons déjà des valeurs de hausse de température proches de 1,5 degré Celsius, il est certain que, si ce n'est l'année prochaine, nous atteindrons l'année suivante 1,5 degré Celsius de hausse de température depuis 1850. »
Il ne serait pas exclu que l'année prochaine, nous atteignions une température supérieure de plus de 2 °C aux niveaux préindustriels.
Turiel propose un scénario plus extrême. « Lorsque nous avons pris connaissance des prévisions en début d'année annonçant un épisode El Niño, nous avons envisagé que la planète pourrait atteindre, même brièvement, une hausse de 1,7 ou 1,8 °C par rapport aux niveaux préindustriels », se souvient-il.
« Mais, compte tenu de l'intensité que semble prendre cet El Niño, les modèles indiquant déjà des valeurs très élevées, il n'est pas exclu que l'année prochaine, la température dépasse les 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels », prévient-il.
Il précise que, théoriquement, cette hausse devrait être temporaire, « simplement due à El Niño, mais, comme je l'ai dit, les épisodes La Niña ne sont pas très efficaces pour refroidir l'atmosphère. La température baissera peut-être légèrement, mais nous resterons proches du seuil critique. »
Le lien direct entre El Niño et l'Europe n'est pas aussi évident que dans d'autres régions. « En Europe, il n'y a pas de lien aussi direct, pas de téléconnexion, comme on l'appelle lors d'un épisode El Niño », explique Turiel. « Mais, évidemment, ce qui affecte l'Europe, c'est cette hausse généralisée et très intense des températures. À certains moments de l'été, dans certaines villes, notamment dans le sud de l'Espagne, on pourrait atteindre 50 °C, des températures incompatibles avec la vie humaine », précise-t-il.
Plus de pluie ?
Olcina rappelle que, historiquement, les épisodes El Niño en Espagne ont été associés à des années d'activité atmosphérique accrue. « Normalement, lors d'un El Niño, l'atmosphère est plus agitée. Par conséquent, en principe, El Niño en Espagne a toujours entraîné des phénomènes de fortes pluies, de fronts froids et d'inondations », souligne-t-il.
Il cite des exemples historiques : en 1982, lors d'un fort épisode El Niño, la rupture du barrage de Tous s'est produite ; En 1987-1988, de fortes pluies ont touché toute l'Espagne ; en 1997-1998, Malaga a connu des inondations. « Autrement dit, El Niño est généralement associé à une activité atmosphérique significative d'au moins un an, voire un an et demi, dans notre hémisphère nord », explique-t-il.
Il précise toutefois que les phénomènes observés cet été en Méditerranée ne sont pas directement liés à El Niño. « Ce qui se passe ici cette année n'a rien à voir avec El Niño. L'impact se fait généralement sentir l'année suivante, car il doit se propager à l'autre hémisphère et modifier la circulation atmosphérique », souligne-t-il.
Le réchauffement actuel de la Méditerranée, qui a atteint des températures de 29 à 30 °C, est dû au réchauffement climatique et à l'accumulation de vagues de chaleur sahariennes. « Et oui, c'est comme du carburant qu'on prépare : en cas d'instabilité, cela peut déclencher des nuages très énergétiques et des pluies torrentielles. C'est pourquoi cette année, nous devons être particulièrement vigilants quant à ce qui pourrait se produire en Méditerranée », avertit Olcina.
Impacts régionaux
El Niño modifie les régimes de précipitations à l'échelle mondiale. « Normalement, on observe davantage de sécheresse en Amérique du Nord et du Sud, et beaucoup plus de pluie en Australie. Or, lors des années El Niño, ce schéma est perturbé », explique Olcina.
Lors d'un épisode El Niño, les eaux chaudes s'accumulent continuellement dans les secteurs américain et central du Pacifique Sud. « C'est l'indicateur le plus fiable d'un phénomène El Niño, et tout porte à croire, d'après les dernières données de la NOAA, qu'il s'agira d'un El Niño intense », souligne-t-il.
Les téléconnexions peuvent avoir des répercussions sur des régions éloignées. « On parle effectivement de sécheresses en Amazonie ; on parle d'ouragans très violents dans les Caraïbes ; en Europe, comme je l'ai dit, l'atmosphère est très agitée et génère des fronts froids plus extrêmes pendant les années El Niño », explique Olcina.
Turiel ajoute d'autres impacts communs : « Au Pérou, il pleuvra davantage et il fera beaucoup plus chaud pendant leur été, qui correspond à notre hiver. En décembre, période où ce phénomène atteint son apogée, il fera plus chaud et plus humide cette année. En Californie, il pleuvra davantage ; au Brésil, il y aura une sécheresse. En Indonésie, il y aura une sécheresse.»
Face à ce scénario, les recommandations des experts convergent toutes vers la même conclusion : renforcer la surveillance et la préparation. « Nous devons intensifier la surveillance météorologique et les prévisions saisonnières. Il est essentiel que ce travail se poursuive avec rigueur et dévouement », affirme Olcina. « Et, en cas d’alerte à des phénomènes météorologiques extrêmes, le public doit en être informé. Tout ce qui concerne la phase de prévision – prévisions saisonnières et hebdomadaires – doit être pleinement opérationnel et parfaitement organisé.»
« Il s’agit d’une urgence nationale. Des mesures d’urgence doivent être prises car la situation pourrait s’aggraver considérablement. »
Mais il y a un aspect qui, selon lui, fait défaut en Espagne : « En Espagne, nous manquons d’éducation aux risques et aux situations extrêmes. Nous ne savons pas comment réagir. Nous l’avons encore constaté récemment : ce n’était pas un phénomène météorologique extrême, mais après le tremblement de terre de Grenade, les gens se sont précipités dans les rues, ont dormi dehors et ont risqué d’être blessés par des chutes de débris.» Autrement dit, nous ne sommes ni préparés ni formés à cela.
Turiel appelle à une action politique plus forte. « Pour moi, c'est une urgence nationale. Je pense que des mesures d'urgence doivent être prises car la situation pourrait vraiment s'aggraver considérablement. »
« Imaginez si le jour le plus frais de l'année prochaine était aussi chaud que l'heure la plus chaude de cette année. C'est possible. Il est donc évident que nous devons revoir beaucoup de choses, sinon les gens vont mourir comme des mouches », prévient-il.
Il reconnaît cependant qu'il existe des marges d'incertitude importantes, même si elles diminuent à mesure que l'échéance approche. « Nous devons continuer à surveiller la situation, mais, du point de vue de la gestion des risques, nous sommes face à un risque absolument énorme et disproportionné », souligne-t-il.
Changement climatique non linéaire
L'un des messages les plus convaincants de Turiel est l'idée que le changement climatique n'est pas un processus linéaire. « Nous observons le changement climatique depuis longtemps, et pendant la majeure partie de cette période, nous l'avons décrit comme un changement climatique progressif. Or, nous évoluons vers un changement climatique non linéaire. »
Il illustre cette différence par un exemple : « Si vous êtes en voiture et que vous roulez à 40 km/h, et que vous freinez d'une certaine manière, et que vous constatez que la voiture a besoin de 10 mètres pour s'arrêter complètement, si maintenant, au lieu de rouler à 40 km/h, vous roulez deux fois plus vite, à 80 km/h, et que vous freinez exactement de la même manière, la plupart des gens penseront : "Puisque vous roulez deux fois plus vite, la distance parcourue est deux fois plus grande." Mais c'est faux : la distance parcourue est quatre fois plus grande. Et si vous roulez à 160 km/h, la distance de freinage est alors 16 fois plus longue », explique-t-il.
« Une recommandation aux responsables politiques serait de se préparer au pire », déclare Turiel. « Nous travaillons sur un document en ce sens, car je considère qu'il s'agit d'une urgence nationale. »
Olcina, quant à lui, souligne la nécessité de maintenir et de renforcer les systèmes de prévision et d'alerte précoce. « Ici, il s'agit avant tout de savoir ce qui se passe. » « Dans la région Pacifique, les rapports de la NOAA sont très détaillés et, bien sûr, nous devons faire des prévisions, comme c'est généralement le cas en Espagne, où les résultats sont généralement très bons, mais nous devons rester attentifs à l'évolution de la situation », souligne-t-il.
« L'atmosphère est un tout, et parfois nous ne nous en rendons pas compte, mais nous sommes confrontés à des phénomènes interconnectés. Il est donc important de les anticiper », conclut-il.
L'année 2027 pourrait être la plus chaude de l'Histoire...
L'étude des coraux montre qu'El Niño s'intensifie avec le réchauffement climatique...
Des squelettes de coraux vieux de 1000 ans montrent que le phénomène naturel El Niño s'intensifie à mesure que la planète se réchauffe, avec des conséquences majeures pour l'avenir, alerte une étude jeudi. Publiée dans la prestigieuse revue Science, elle paraît au moment où El Niño se renforce dans le Pacifique équatorial et menace de provoquer des conditions climatiques extrêmes à travers le globe.
Cet épisode, dont le pic est attendu vers la fin de l'année, pourrait être le plus puissant jamais observé et contribuer à faire de 2027 une année record en matière de chaleur, ont prévenu les météorologues. Et ses conséquences se font déjà sentir, de l'Amérique centrale frappée par la sécheresse à l'Indonésie, où il alimente de violents incendies de forêt.
Le changement climatique en parallèle
«Nous savons désormais que, dans le Pacifique équatorial, ces épisodes d'El Niño très puissants sont inhabituels à l'échelle des 1000 dernières années et dépassent largement le niveau préindustriel», explique à l'AFP Julia Cole, professeure à l'Université du Michigan et principale auteure de l'étude.
Les scientifiques s'accordent largement à reconnaître que les effets météorologiques d'El Niño s'ajoutent à ceux du changement climatique, aggravant ainsi les précipitations dans certaines régions et la sécheresse et les vagues de chaleur dans d'autres.
Mais aucun consensus n'existait jusqu'à présent sur la question de savoir si le réchauffement de la planète amplifie lui-même l'ENSO, le phénomène climatique naturel cyclique à l'origine des épisodes opposés El Niño et La Niña, tous deux lourds de conséquences météorologiques.
«Des implications immenses»
Les implications d'une telle intensification «sont immenses pour les populations», rappelle la chercheuse, car «El Niño est une source majeure d'extrêmes climatiques et de risques naturels».
«Ces résultats soulignent la nécessité urgente de passer des énergies fossiles à des énergies renouvelables moins nocives pour le climat», insiste auprès de l'AFP Andrew Dessler, climatologue à l'Université Texas A&M n'ayant pas participé à cette étude.
AFP 27 08 26
https://www.20min.ch/fr/story/el-nino-l-annee-2027-pourrait-etre-la-plus-chaude-de-l-histoire-103623750
Cet événement météorologique récurrent pourrait être le plus intense de sa catégorie depuis au moins 500 ans. Il pourrait ainsi contribuer à faire de 2027 une nouvelle année record en matière de chaleur.
Tous les deux à sept ans se produit El Niño, un phénomène météorologique naturel durant environ une année et correspondant au «réchauffement accentué des eaux de surface près des côtes de l'Amérique du Sud», comme le définit Météo France. Il est lié à «un cycle de variations de la pression atmosphérique entre l'est et l'ouest du Pacifique, couplé à un cycle du courant océanique le long de l'équateur».
La nouvelle occurrence d'El Niño est en cours de développement dans l'océan Pacifique. Selon le service britannique de météorologie Met Office, relayé par la BBC, il pourrait nous valoir un automne très pluvieux et orageux, mais également très instable. «Il faut bien comprendre qu'il s'agit d'un événement sans précédent, affirme Adam Scaife, responsable des prévisions à long terme au Met Office. Je n'ai jamais vu un signal El Niño aussi intense dans nos prévisions.»
Les scientifiques déclarent généralement un épisode El Niño lorsque les températures de surface de la mer dans une zone clé du Pacifique sont supérieures ou égales de 0,5°C à la moyenne à long terme. Or les mesures actuelles montrent qu'elles sont largement supérieures de plus de 2°C. Les dernières prévisions réalisées par le Met Office suggèrent que ce réchauffement pourrait dépasser 3°C plus tard cette année, alors qu'El Niño approche de son pic. Ce serait un phénomène sans précédent depuis 1950, et probablement le plus important depuis le XIXᵉ siècle, selon le Met Office.
Des températures très élevées dans les profondeurs océaniques –environ 8°C au-dessus de la normale à une profondeur de 100 mètres, en tout cas à certains endroits– pourraient contribuer à amplifier le phénomène, fournissant à El Niño un réservoir d'eau chaude pour renforcer son statut de super-événement. «Il nous reste encore de nombreux mois avant que cet événement ne continue d'évoluer. C'est l'une des raisons pour lesquelles nous misons de plus en plus sur le fait qu'il s'agira d'un événement record», déclare ainsi Zeke Hausfather, climatologue chez Berkeley Earth, un groupe de recherche américain.
Les projections effectuées par d'autres groupes de défense du climat sont même plus élevées que celles prévues par le Met Office, atteignant 4°C au-dessus de la moyenne. Si cela se produisait, «ça pourrait être l'événement El Niño le plus fort depuis 500 ou même 1.000 ans», affirme Zeke Hausfather.
Si ces projections se vérifient dans les faits, devra-t-on considérer ce triste et inquiétant «record» comme une conséquence directe du changement climatique? Pour l'Organisation météorologique mondiale (OMM), il n'existe pour l'heure «aucune preuve que le changement climatique augmente la fréquence ou l'intensité des événements El Niño». Le rapport 2021 du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) indique cependant que l'intensité moyenne du phénomène a augmenté depuis 1950, par rapport à ce qui avait pu être constaté depuis le début du XVᵉ siècle. Les épisodes les plus intenses se produisent également plus fréquemment que par le passé.
Inversement, puisque El Niño se produit désormais dans un contexte de réchauffement climatique, ses impacts sur le climat devraient être plus extrêmes. Les modifications de la répartition de la chaleur au-dessus des océans et les changements dans les régimes de vents dans l'atmosphère peuvent en effet avoir des répercussions considérables sur la météo à l'échelle mondiale.
Par exemple, lors des années El Niño, la mousson du sud-ouest peut entraîner une diminution des précipitations en Asie du Sud –qui, jusqu'à présent en 2026, sont bien inférieures à la normale. Dans les régions proches du Pacifique tropical, on évoque un risque de sécheresse et de feux de brousse. Une menace accrue d'inondations au Pérou, en Équateur et dans le sud des États-Unis est également pointée.
Pour couronner le tout, lors des épisodes El Niño, une quantité importante de chaleur est libérée de l'océan vers l'atmosphère. De fait, comme l'explique Nick Dunstone, climatologue au Met Office, cela peut entraîner «une augmentation de la température moyenne mondiale, en particulier au cours de l'année civile suivant le pic hivernal d'El Niño». La conséquence est sans appel: «Il est très probable que 2027 remplace 2024 comme année la plus chaude jamais enregistrée.» Commencez déjà à vous hydrater.
https://www.slate.fr/monde/el-nino-version-2026-plus-fort-phenomene-rechauffement-climat-recherche-meteo?utm_campaign=la-quotidienne&utm_medium=email&utm_edition=202608250400&utm_source=newsletter
La NOAA a augmenté d’environ 14 % la probabilité d’un phénomène très intense au printemps par rapport à juillet. La possibilité d’un épisode seulement modéré ou fort a pratiquement disparu.
L’Administration nationale océanique et atmosphérique des États-Unis (NOAA), par l’intermédiaire du Climate Prediction Center (CPC), a publié ce jeudi 13 août une nouvelle mise à jour du rapport de diagnostic ENSO, un document mensuel qui rassemble les prévisions officielles sur l’évolution de l’oscillation australe El Niño (ENSO).
Le principal enseignement reste la forte probabilité d’un El Niño très intense, avec une anomalie supérieure à 2 °C. La probabilité que l’anomalie de la température de surface de la mer (TSM) dans le Pacifique équatorial dépasse 2 °C entre octobre et décembre est désormais estimée à 95 %.
D’ici la fin du mois d’août, le phénomène devrait atteindre des anomalies hebdomadaires correspondant à la catégorie « très forte », avec des valeurs supérieures à 2 °C. Cela renforce l’hypothèse d’un El Niño historique, qui pourrait figurer parmi les plus intenses jamais observés et potentiellement devenir le plus puissant du siècle. Voici les détails de la dernière mise à jour de la NOAA et les raisons pour lesquelles cet El Niño est déjà historique.
La probabilité d’un El Niño très intense augmente de 14 %
La semaine dernière, des anomalies de +1,8 °C dans la région Niño 3.4, +2,4 °C dans Niño 3 et +3,3 °C dans Niño 1+2 ont été observées, tandis que Niño 4 affichait une anomalie de +0,3 °C. Ces valeurs montrent une forte concentration du réchauffement dans le Pacifique équatorial central et oriental.
Les principaux changements par rapport au rapport de juillet concernent précisément la période durant laquelle le phénomène devrait atteindre son intensité maximale. La NOAA a relevé d’environ 14 points la probabilité d’un El Niño très intense entre octobre et décembre, passant de 81 % en juillet à près de 95 % en août.
La possibilité d’un épisode modéré ou fort a pratiquement disparu, avec une probabilité d’environ 5 %, ce qui montre que l’agence considère désormais un réchauffement extrême du Pacifique équatorial comme le scénario le plus probable.
Si cette nouvelle hausse est notable, elle n’est pas vraiment surprenante au regard du réchauffement rapide et intense du Pacifique observé depuis la mi-avril. Les principaux modèles climatiques vont d’ailleurs dans le même sens et renforcent, à chaque nouvelle mise à jour, leurs prévisions de réchauffement.
Jamais une anomalie de 1,8 °C n’avait été observée aussi tôt
L’anomalie relative de la température de surface de la mer dans la région Niño 3.4 a atteint 1,8 °C au cours de la semaine centrée sur le 5 août 2026, soit la date la plus précoce jamais enregistrée dans la série hebdomadaire du CPC/NOAA, selon une analyse exclusive de Meteored Brésil.
Le précédent record remontait au Super El Niño de 1997-1998, qui avait atteint ce même niveau le 20 août, tandis que les autres épisodes n’avaient franchi ce seuil qu’entre septembre et octobre.
Le fait qu’El Niño ait atteint 1,8 °C aussi tôt, ou que la NOAA estime à 95 % la probabilité qu’il soit très intense, ne signifie pas pour autant qu’il deviendra le plus puissant jamais enregistré.
Cependant, lorsque ce record est mis en perspective avec l’évolution rapide des températures du Pacifique et la hausse des probabilités annoncées par la NOAA, le scénario apparaît de plus en plus exceptionnel.
La grande inconnue est désormais de savoir jusqu’où le réchauffement pourra encore progresser au cours des prochains mois, alors que le pic du phénomène se produit généralement entre le printemps et le début de l’été, et si l’El Niño de 2026 pourra dépasser les épisodes qui figurent jusqu’à présent parmi les plus intenses jamais observés.
Les modèles climatiques prévoient un pic supérieur à 3 °C et, si ce scénario se confirme, l’El Niño 2026-2027 deviendrait le plus puissant jamais enregistré.
Ana Maria Pereira Nunes Meteored Brésil
https://www.tameteo.com/actualites/previsions/super-el-nino-la-noaa-porte-a-95-la-probabilite-d-un-phenomene-tres-intense.html
Les nouvelles prévisions confirment un phénomène Super El Niño historique, avec un réchauffement supérieur à 3 °C Les principaux centres internationaux de prévision climatique renforcent le scénario d’un Super El Niño historique. La convergence des modèles, l’intensification du réchauffement prévu et les conditions records déjà observées dans l’océan Pacifique confortent l’hypothèse selon laquelle l’épisode de 2026-2027 pourrait être le plus intense depuis le début des relevés
Le phénomène climatique El Niño qui continue à se renforcer "attise une planète déjà en feu", entraînant le monde en "territoire inconnu", s'est alarmé vendredi le secrétaire général de l'Onu, dans un discours martelant les dangers de la crise climatique.
Il y a deux mois, j'avais prévenu qu'El Niño arrivait à nos portes. Il est maintenant à l'intérieur de la maison et augmente la chaleur", a déclaré Antonio Guterres à la presse.
"Nous avons déjà enduré un été d'extrêmes : des dômes de chaleur battant tous les records, des incendies apocalyptiques ravageant l'Espagne, la France et au-delà, des milliers de vies perdues sous une chaleur accablante, a-t-il ajouté. Mais selon les dernières données scientifiques, ce n'est qu'un échauffement."
El Niño est un phénomène naturel qui revient tous les deux à sept ans. Les eaux de surface dans le centre et l'est de l'océan Pacifique équatorial se réchauffent, ce qui entraîne pendant des mois des modifications majeures des régimes de vents, de pression et de précipitations à l'échelle mondiale.
Les eaux du Pacifique 3°C plus chaudes que la normale
Cette année, la plupart des modèles prédisent un épisode El Niño d'ampleur exceptionnelle, potentiellement le plus fort jamais enregistré. Et ce, dans un contexte de réchauffement de la planète provoqué par les humains.
Les eaux du Pacifique n'ont jamais été aussi chaudes si tôt au début d'un phénomène El Niño, avec des prévisions de température à la surface de la mer d'environ 3°C au-dessus de la normale, a noté Antonio Guterres.
L'Organisation météorologique mondiale prévoit que "d'ici octobre, quasiment toutes les parties terrestres de la planète seront plus chaudes que la normale", a-t-il insisté.
Il y a un "risque de pulvériser tous les records saisonniers et d'entraîner des conséquences encore plus graves à l'échelle mondiale", a-t-il ajouté, soulignant, au-delà de la chaleur, l'impact d'El Niño sur les précipitations, avec la crainte d'un affaiblissement de la mousson en Inde.
« Nous sommes en terrain inconnu [avec] une crise climatique en surrégime »
Antonio Guterres secrétaire général de l'Onu
Morts liés à la chaleur extrême
Dans ces conditions, "la chaleur fauche des vies à une échelle croissante, jour après jour, dans toutes les régions du monde", a-t-il ajouté, déplorant que les morts liés à la chaleur extrême soient toujours insuffisamment répertoriés.
Alors que "la planète se réchauffe plus vite que notre capacité de réaction", le secrétaire général a insisté pour des actions immédiates "sur quatre fronts".
Sortir des énergies fossiles pour que le monde "arrête d'attiser la crise", protéger la population avant que la chaleur ne devienne encore plus meurtrière, avec notamment des systèmes d'alerte précoce et un accompagnement des communautés, une meilleure prise en compte de la chaleur extrême sur les lieux de travail, et adapter les villes, les écoles, les hôpitaux.
Par AFP
https://la1ere.franceinfo.fr/nouvellecaledonie/el-nino-qui-se-renforce-attise-une-planete-deja-en-feu-s-alarme-le-chef-de-l-onu-1724548.html

Il n'a jamais été aussi chaud depuis 150 ans.
Dans le Pacifique, un phénomène se prépare qui pourrait bouleverser les cartes météorologiques du monde entier. Trois grands modèles météorologiques sont unanimes. Et pour la France ?..
Cela se passe à des milliers de kilomètres de chez nous, au milieu du Pacifique, et pourtant, cela nous concerne tous. Au cours des dernières semaines, une immense bulle d’eau chaude a fait surface dans cette région. El Niño est de retour... et pas sous la forme d’une simple brise, mais avec une ampleur qui interpelle même les météorologues les plus chevronnés.
Les prévisions des services météorologiques américains, européens et australiens vont toutes dans le même sens : nous nous dirigeons vers un « super El Niño ». Les écarts de température de la mer pourraient atteindre trois degrés au-dessus de la normale, voire quatre localement. De telles valeurs n’ont jamais été enregistrées depuis le début des relevés en 1870.
Ce qui se passe en ce moment dans le Pacifique
El Niño est, à la base, un phénomène simple aux conséquences considérables. Normalement, les alizés poussent les eaux chaudes de surface vers l'ouest, en direction de l'Indonésie. Au large de l'Amérique du Sud, des eaux froides de profondeur remontent à la surface. C'est précisément ce mécanisme qui est actuellement perturbé. Les alizés s'affaiblissent, et les eaux chaudes refluent vers l'est.
Il s'ensuit une réaction en chaîne. De l'air humide s'élève au-dessus de l'océan réchauffé, la circulation de Walker bascule, entraînant avec elle un déplacement des zones pluvieuses sur près de la moitié du globe.
L'Australie et l'Indonésie s'assèchent, tandis que le Pérou et l'Équateur sont submergés par les pluies. Et le jet-stream, cette bande de vents violents située à environ dix kilomètres d'altitude qui régit notre climat, subit une forte accélération.
Pour l'été en cours, cela n'augure rien de bon. El Niño fait encore grimper la température moyenne mondiale, à l'instar d'un amplificateur qui ajoute encore quelques dixièmes de degré à tout le reste. Les années record succèdent presque toujours à de fortes phases El Niño : ce fut le cas notamment en 2016.
Les vagues de chaleur que nous subissons actuellement ne sont pas provoquées par ce phénomène, mais elles s’avèrent plus intenses qu’elles ne le seraient sans cette poussée supplémentaire. Un à deux degrés de plus à l’extrémité supérieure de l’échelle font la différence entre une température de 39 ou de 41 degrés dans une région.
C'est là que les choses deviennent vraiment intéressantes pour nous. Un El Niño puissant a la fâcheuse tendance à affaiblir le vortex polaire au-dessus de l'Arctique. Cet immense tourbillon d'air fonctionne comme un couvercle qui retient l'air polaire glacial au pôle Nord. S'il devient instable, l'air froid se déplace vers le sud.
C'est précisément ce signal qui apparaît dans les premiers modèles à long terme pour l'hiver 2026/27. Si un réchauffement soudain de la stratosphère venait s'y ajouter, le « couvercle » pourrait alors véritablement s'envoler. Il en résulterait des vagues de froid et de la neige jusqu'à basse altitude – justement après l'un des étés les plus chauds jamais enregistrés.
Il faut rester honnête : une prévision hivernale en juillet n’est pas une prévision météorologique, mais un calcul de probabilité. El Niño augmente considérablement le risque d’une perturbation du vortex polaire, mais ne la garantit pas. L’hiver 2015/2016 a lui aussi fait suite à un « super El Niño » et s’est avéré bien trop doux
Tout dépend du moment. Si le vortex s'effondre en janvier, nous avons de bonnes chances d'avoir de la neige et du gel. Si cela ne se produit qu'en mars, l'hiver sera déjà bien avancé. Cette distinction est souvent occultée dans les gros titres.
Ce qu'il faut faire maintenant
Les six à huit prochaines semaines nous apporteront la réponse. D’ici début septembre, on saura si El Niño maintient son rythme ou s’il ralentit en cours de route. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’il sera possible de se prononcer sérieusement sur la suite des événements.Une chose est déjà claire : nous allons connaître un hiver qu'il faudra surveiller de près. Ceux qui envisagent d'installer une pompe à chaleur, de commander du fioul ou d'acheter des pneus neige devraient suivre l'évolution de la situation de près. Et ceux qui rêvent de neige ont, cette année, de meilleurs arguments que d'habitude.
Johannes Habermehl Meteored Allemagne
https://www.tameteo.com/actualites/previsions/le-phenomene-el-nino-le-plus-intense-depuis-155-ans-un-meteorologue-met-en-garde-l-hiver-bascule.html
El Niño frappe un système déjà en plein effondrement... Le véritable enjeu réside dans un système mondial qui perd déjà de sa résilience.
El Niño arrive avec une intensité inhabituelle. J'examine ici les zones susceptibles de subir les impacts les plus sévères, l'importance du moment de son apparition et les mesures concrètes que nous pouvons adopter alors que le système s'affaiblit davantage.
1. Introduction
Depuis plusieurs années, les océans affichent des températures élevées sans parvenir à se refroidir suffisamment entre les différents épisodes climatiques. Les prix des denrées alimentaires et de l'énergie ont grimpé en flèche après la dernière série de chocs sans jamais retrouver leur niveau initial. Les marchés des engrais et de l'énergie peinent encore à se remettre des récentes perturbations survenues dans le golfe. La banquise arctique a enregistré son étendue maximale hivernale la plus faible, et son étendue au début de l'été figurait parmi les plus basses jamais relevées. Cumulés, ces facteurs ont épuisé la marge de sécurité dont disposait le système mondial pour amortir les années difficiles.
C'est dans ce contexte qu'El Niño fait son apparition.
En juillet 2026, le phénomène El Niño est déjà en cours ; il s'intensifie et devrait perdurer jusqu'au printemps prochain. La NOAA estime à 97 % la probabilité qu'il se prolonge jusqu'au début du printemps 2027, avec 81 % de chances qu'il atteigne une intensité « très forte » entre octobre et décembre. Si cela se produit, il se classera parmi les épisodes El Niño les plus puissants jamais enregistrés depuis 1950.[1]
Cela suffirait en soi à constituer un événement majeur. El Niño est le principal moteur de la variabilité climatique interannuelle sur la planète : il redistribue la chaleur et les précipitations dans les zones tropicales, perturbe les moussons, accroît les risques de sécheresse dans certaines régions et d'inondations dans d'autres, tout en poussant les températures mondiales à la hausse avec un certain décalage.
Les températures mondiales à la surface des océans ont déjà battu les records pour un mois de juin. Copernicus signale que les températures quotidiennes moyennes à la surface des océans ont dépassé les sommets atteints en 2023 et 2024, culminant le 21 juin 2026. Les océans affichent des températures anormalement élevées depuis plusieurs années, sans le refroidissement qui suit habituellement ces phases.
Un épisode El Niño intense vient désormais se superposer à un océan qui ne s'est jamais véritablement remis de la précédente phase de réchauffement. L'épisode La Niña, qui aurait dû apporter un répit, a été bien plus faible que prévu. Les vagues de chaleur marines ont persisté, la reconstitution de la banquise est restée insuffisante et l'inflation n'est jamais revenue à son niveau de référence antérieur. Il en va de même pour les marchés de l’énergie et des engrais.
El Niño survient comme un facteur d’amplification, au moment précis où le système global dispose de moins de marge de manœuvre pour absorber un choc.
Nous assistons à une érosion de la résilience, qui se déroule au ralenti. Le niveau de référence ne cesse de baisser. Depuis le Covid, l’alimentation, l’énergie, le logement, les assurances, les finances publiques et les chaînes d’approvisionnement présentent tous ce même schéma : ils continuent de fonctionner, mais au prix de davantage de subventions, d’une complexité accrue et de tensions plus fortes, pour finalement offrir un niveau de stabilité moindre.
C’est le type de dynamique décrite par Joseph Tainter à propos des sociétés devant gérer une complexité croissante pour des rendements décroissants.
… et voilà qu’El Niño arrive, agissant comme un multiplicateur de force pour tous ces secteurs déjà sous tension.
2. L’Inde est le pays qui présente le risque humain le plus évident.
La mousson a déjà mal commencé : les précipitations de juin 2026 ont été inférieures de près de 40 % à la moyenne — faisant de ce mois le cinquième mois de juin le plus sec depuis 1901 — et les prévisionnistes s’attendent à ce que les pluies de juillet restent également en dessous de la normale. Pourquoi est-ce important ? Parce que la mousson apporte environ 70 % des précipitations annuelles de l’Inde, que près de la moitié des terres agricoles indiennes ne sont pas irriguées et que le mois de juillet constitue la période critique pour les semis de riz, de coton, de maïs et de soja.[3]
Les pluies récentes ont réduit le déficit national, mais la répartition reste inégale ; une nouvelle interruption de la mousson est prévue et les semis accusent déjà un retard par rapport à l’année dernière.[4] La crise climatique est, en fin de compte, une crise alimentaire.
Les conséquences s’enchaînent de manière assez directe : une mousson faible ou irrégulière fragilise les cultures, ce qui pèse sur les revenus ruraux et les prix des denrées alimentaires ; la chaleur qui l’accompagne fait grimper la demande d’électricité, ce qui met le réseau sous tension et aggrave, par ricochet, l’exposition à la chaleur des ménages les plus pauvres. À cela s’ajoute le coût des engrais : une anomalie climatique se transforme rapidement en un problème systémique global.
La chaleur représente l’autre risque majeur. Le danger réside dans la combinaison de températures élevées et d’une forte humidité, situation où la transpiration — principal mécanisme de refroidissement du corps — devient inefficace. Le seuil de 35 °C de température « au thermomètre-globe humide » marque approximativement la limite supérieure de survie humaine, mais des personnes tombent malades et meurent bien en deçà de ce niveau, en particulier si elles sont âgées, pauvres, travaillent à l’extérieur ou vivent sans système de refroidissement fiable.[13]
3. L’Australie est confrontée à une situation comparable.
Le Bureau de météorologie s'attend à un phénomène El Niño fort à très fort, avec environ la moitié de ses modèles indiquant un pic parmi les plus élevés depuis 1950. Les précipitations devraient être inférieures à la moyenne dans le sud et l'est de l'Australie de juillet à septembre, avec des températures supérieures à la moyenne dans la majeure partie du pays.[5]
Les risques sont à la fois la chaleur combinée à la sécheresse des sols, les incendies, le stress agricole, les coûts d’assurance et la demande d’énergie. Un dipôle positif de l’océan Indien (IOD) se développant parallèlement à El Niño ne ferait qu’aggraver la situation ; les deux ont l’habitude de se combiner.
L’Asie du Sud-Est est également exposée. La FAO signale un risque de sécheresse en Asie du Sud et du Sud-Est – Inde, Myanmar, Thaïlande, Cambodge, Vietnam, Philippines, Indonésie et Timor-Leste – le riz pluvial et le maïs étant les plus touchés.[6]
Cette portée s’étend bien au-delà de la région elle-même, car le riz, l’huile de palme, le café, le cacao, le sucre et les aliments pour animaux sont les produits par lesquels l’instabilité climatique atteint réellement les budgets des ménages.
4. Le Royaume-Uni est également exposé, mais pas de la même manière.
Les liens entre El Niño et la météo britannique sont indirects et vagues. Le Met Office note qu'El Niño peut faire basculer l'automne et le début de l'hiver vers des conditions plus douces, plus humides et plus venteuses, avec une période plus froide et plus calme plus tard en hiver, mais le lien avec le Royaume-Uni est lâche. ENSO est ici un facteur secondaire, pas l'événement principal.[7]
Le véritable risque pour le Royaume-Uni est la dépendance aux importations. Le Royaume-Uni dépend fortement des fruits, légumes et fruits de mer importés, la plupart provenant de pays confrontés à leurs propres pressions climatiques et hydriques.[8]
Les rayons pleins des supermarchés donnent l’impression d’un approvisionnement alimentaire stable, mais il s’agit là du résultat d’une chaîne d’approvisionnement longue, à forte intensité énergétique, dépendante du crédit et exposée au climat, et ne dit pas grand-chose de la résilience réelle de cette chaîne. Lorsque plusieurs régions productrices de produits alimentaires sont confrontées simultanément à des difficultés, le Royaume-Uni le ressent généralement d’abord à travers les prix : inflation persistante, portions plus petites, davantage de substitutions, assurances plus élevées et ménages les plus pauvres poussés au bord de l’adéquation nutritionnelle.
Les étagères vides arrivent plus tard, voire pas du tout. C’est l’inflation qui vous attire, et les plus défavorisés en font l’expérience de manière disproportionnée.
5. Le détroit d’Ormuz est autant une histoire d’engrais que de pétrole.
Le détroit transportait auparavant environ un tiers de l’urée commercialisée à l’échelle mondiale et près de la moitié du soufre maritime. Les expéditions ont commencé à se redresser après les récentes perturbations, mais les volumes restent inférieurs à la normale et de grandes quantités ont été retardées.[9]
Dans l’ensemble, la convergence semble extrêmement sérieuse. El Niño met les cultures à rude épreuve ; La perturbation d’Ormuz met l’accent sur les engrais ; le stress lié aux engrais augmente le coût du maintien des rendements ; le stress énergétique augmente les coûts de transport, d’irrigation, de transformation et de réfrigération. Les gouvernements réagissent alors par des subventions, des restrictions à l’exportation, des contrôles des prix ou des déblocages de stocks d’urgence.
C’est le signe d’un système qui manque d’élasticité. La mise à jour de la Banque mondiale sur la sécurité alimentaire va dans le même sens, avertissant que les prix des engrais augmentent fortement et que les effets d’une utilisation réduite des engrais pourraient ne pas se manifester avant les récoltes plus tard cette année.[10]
Ce décalage temporel est crucial : ces systèmes semblent fonctionner normalement jusqu'au moment où ils sont rattrapés par la réalité. Il convient également de prendre en compte certains signaux d'évolution plus lente en arrière-plan. Le Met Office a signalé que le maximum hivernal de la banquise arctique en mars 2026 a atteint un niveau historiquement bas ; l'étendue de la glace en juin figurait parmi les plus faibles jamais enregistrées à cette période, accompagnée d'une fonte précoce en bordure de l'Atlantique.[11] La circulation méridienne de retournement atlantique (AMOC) — qui contribue à maintenir un climat doux en Europe et influence les régimes de précipitations à l'échelle mondiale — subit une pression croissante due au réchauffement des mers, à la fonte des glaces et aux variations de salinité.[12]
Un épisode El Niño intense ne suffira pas, à lui seul, à provoquer un effondrement de l'AMOC. Toutefois, la banquise, la chaleur océanique, les prix des denrées alimentaires, les marchés des engrais, les finances publiques et les budgets des ménages montrent tous des signes de tension découlant de cette même perte de résilience sous-jacente. Le système continue de fonctionner, mais il exige désormais davantage d'énergie, de ressources financières et de complexité pour se maintenir.
6. Comment réagir ?
Pour la plupart des gens, la réponse la plus pertinente consiste à se constituer des marges de sécurité. Cela implique de stocker de la nourriture alors que les prix grimpent, de constituer des réserves d'eau face à la fréquence accrue des sécheresses et des vagues de chaleur, d'améliorer la qualité des sols alors que l'approvisionnement en engrais dépend des prix du gaz, de la géopolitique et des voies maritimes, et de conserver des semences alors que les chaînes d'approvisionnement mondiales continuent de faire preuve de fragilité.
Développer des compétences et des capacités locales constitue une réponse rationnelle face à un système dont la fiabilité diminue. Suivez une formation en conception permacole si cela vous est possible.
Pour les ménages au Royaume-Uni, les préparatifs judicieux sont assez évidents : augmenter les stocks de denrées de base et d'eau, améliorer les sols, acquérir des compétences en production alimentaire locale, prévoir des solutions de secours pour l'énergie, le chauffage, la climatisation et la cuisson, prêter une attention particulière à la nourriture et aux médicaments spécifiques pour animaux de compagnie (difficiles à remplacer), accroître ses capacités de culture et réduire sa dépendance aux modèles logistiques en flux tendus.
Si votre chat, votre chien ou tout autre animal de compagnie a des besoins alimentaires spécifiques, prenez-les en compte. Mon chat nécessite une alimentation vétérinaire pour les voies urinaires ; je conserve donc un stock de six mois au cas où le fabricant rencontrerait des perturbations.
En période de canicule, mettez de l'eau à disposition des animaux. C'est la moindre des choses, sachant que la civilisation humaine est à l'origine de l'effondrement de leur environnement.
Pour quiconque gère des terres, la leçon à retenir est de concevoir des systèmes capables de faire face à la variabilité — réchauffement, sécheresse et froid simultanés — plutôt que de se préparer à un scénario unique. Haies brise-vent, stockage d'eau, drainage, matière organique des sols, cultures rustiques, cultures sous abri, plantes vivaces côtoyant des cultures annuelles de base, compost, biochar, conservation des semences, systèmes à faibles intrants : aucune de ces mesures ne résout le problème de fond, bien entendu, mais chacune réduit la dépendance à l'égard de systèmes dont la fiabilité s'effrite.
7. Ce qu'il faut surveiller
Quelques indicateurs devraient permettre d'y voir plus clair au cours des prochains mois. La mousson indienne va-t-elle se rétablir en juillet et août ? L'Australie va-t-elle aborder le printemps dans des conditions chaudes et sèches, sous l'influence d'un dipôle de l'océan Indien (IOD) positif ? Les prix du riz, de l'huile de palme, du café ou du sucre vont-ils connaître une forte volatilité ? Les prix des engrais resteront-ils élevés et verra-t-on apparaître des restrictions à l'exportation ? La banquise arctique restera-t-elle à un niveau très bas lors de son minimum de fin d'été ? L'année 2027 semble-t-elle en passe de battre un nouveau record de température mondiale ?
Si plusieurs de ces facteurs convergent, la période 2026-2027 marquera un changement de palier irréversible plutôt qu'un simple événement ponctuel.
El Niño agit ici comme un facteur d'amplification. Le véritable enjeu réside dans la rencontre entre le dépassement des limites écologiques et un système dont la résilience est épuisée. Les chocs se propagent plus loin qu'auparavant. Le rétablissement prend plus de temps. Les coûts restent plus élevés après chaque choc. La complexité ne cesse de croître, tandis que les bénéfices qu'elle génère s'amenuisent.
Voilà ce qu'est la polycrise en termes simples : il ne s'agit pas d'un effondrement qui surviendrait mardi prochain, mais de l'avènement progressif et inégal d'un monde plus rude, à travers les canaux habituels que sont les prix, la météo, l'alimentation, l'eau, l'énergie, les migrations, la politique et les tensions institutionnelles.
Références
[1] NOAA Climate Prediction Center, ENSO Diagnostic Discussion, 9 juillet 2026.
[2] Copernicus Marine et Copernicus Climate Change Service, relevés quotidiens mondiaux de la température de surface de la mer, juin 2026.
[3] Reuters, « L'Inde met en garde contre des précipitations de mousson inférieures à la moyenne en juillet après un mois de juin particulièrement sec », 30 juin 2026.
[4] Reuters, « La mousson indienne devrait s'affaiblir dans l'ouest et le sud, ralentissant les semis », 9 juillet 2026.
[5] Australian Bureau of Meteorology, point sur l'ENSO et prévisions pour la période juillet-septembre, juin 2026.
[6] FAO, « El Niño arrive. Voici où les risques pour l'agriculture sont les plus élevés », juin 2026.
[7] UK Met Office, « El Niño déclaré pour 2026 alors que le Pacifique se réchauffe », juin 2026.
[8] Defra, Rapport 2024 sur la sécurité alimentaire du Royaume-Uni, Thème 2 : Sources d'approvisionnement alimentaire du Royaume-Uni.
[9] Reuters, expéditions d'engrais via le détroit d'Ormuz, juin 2026.
[10] Banque mondiale, Point sur la sécurité alimentaire, juillet 2026.
[11] UK Met Office, note d'information sur la banquise arctique et antarctique, juin 2026.
[12] Carbon Brief, explications sur l'AMOC, avril 2026.
[13] S.C. Sherwood et M. Huber, « An adaptability limit to climate change due to heat stress » (Une limite d'adaptabilité au changement climatique due au stress thermique), Proceedings of the National Academy of Sciences, 2010.
Adrian Lambert 12 juillet 2026
https://adrianlambert.substack.com/p/el-nino-lands-on-a-system-already
«Nous n’avons jamais eu de prévision d’un El Niño aussi puissant»...
Un expert alerte sur un El Niño d'une puissance inédite en cours de formation, qui risque de provoquer des phénomènes météorologiques extrêmes partout dans le monde...
Le phénomène climatique El Niño, actuellement en formation, devrait battre «des records» en termes d’intensité, a déclaré mardi un expert de référence, suscitant des inquiétudes quant aux sécheresses, inondations et autres phénomènes extrêmes qui l’accompagnent.
Les modèles de prévision laissent entrevoir un événement «extrême», a déclaré Tim Stockdale, expert d’El Niño au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT), une organisation intergouvernementale. Selon M. Stockdale, El Niño ne ressemble cette fois à rien de ce qu’il a observé au cours de plus de trois décennies d’études du phénomène.
«Je pense qu’il est tout à fait juste de dire que nous n’avons jamais eu de prévision d’un El Niño aussi puissant», a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse, en précisant que les modèles de prévisions climatiques convergent tous en ce sens. «Je m’attends à ce qu’il batte des records», a déclaré M. Stockdale lors d’une conférence de presse, précisant toutefois que «rien n’est garanti».
Changements à l'échelle mondiale
El Niño est une variation naturelle du climat qui réchauffe les températures de surface dans le centre et l’est de l’océan Pacifique équatorial, entraînant des changements à l’échelle mondiale au niveau des vents, de la pression atmosphérique et des régimes pluviométriques. Il se produit généralement tous les deux à sept ans et dure environ neuf à douze mois.
Combiné au changement climatique d’origine humaine, le dernier El Niño a contribué à faire de 2023 la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée et de 2024 l’année la plus chaude de tous les temps. Ce phénomène météorologique peut aussi entraîner des sécheresses dans certaines régions du monde et des inondations dans d’autres.
Vendredi, l’ONU avait déjà alerté sur un renforcement rapide d'El Niño en cours qui devrait atteindre une «forte intensité» entre juillet et septembre (niveau 3 sur 4), augmentant la probabilité de phénomènes météorologiques extrêmes dans le monde.
AFP
https://www.20min.ch/fr/story/climat-le-prochain-el-nino-devrait-battre-des-records-d-intensite-103598380
Après une période durant laquelle les marchés mondiaux ont été principalement influencés par les changements monétaires, les conflits commerciaux et l’instabilité géopolitique, les facteurs climatiques redeviennent un facteur déterminant, écrit Ole Hansen, responsable de la stratégie des matières premières chez Saxo Bank. L’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) a confirmé l’arrivée d’El Niño dans le Pacifique tropical, ce qui laisse présager une instabilité accrue des prix des matières premières au cours des 6 à 18 prochains mois.
Les données historiques issues d’épisodes marquants, tels que ceux de 2015-2016 et de 1997-1998, suggèrent que de telles configurations peuvent profondément perturber les secteurs mondiaux de l’exploitation minière, de l’énergie et de l’agriculture. Les tendances actuelles de l’indice océanique El Niño laissent entrevoir la possibilité d’un « Super El Niño », qui amplifierait ces risques.
Secteur agricole
Le secteur agricole est généralement le plus sensible à ces changements. La production de riz est une préoccupation majeure, car la diminution des pluies de mousson en Asie du Sud-Est et en Inde pourrait menacer la sécurité alimentaire et inciter les pays à restreindre leurs exportations.
Les marchés du sucre sont confrontés à une double menace : la sécheresse en Thaïlande et en Inde pourrait faire baisser les rendements, tandis qu’un excès d’humidité au Brésil pourrait nuire aux récoltes. De même, le cacao et le café Robusta sont menacés par le stress thermique et les précipitations irrégulières en Afrique de l’Ouest et en Asie du Sud-Est.
À l’inverse, certaines régions pourraient en bénéficier ; l’Argentine enregistre souvent de meilleurs rendements pour le maïs, le blé et le soja grâce à des précipitations accrues. En Amérique du Nord, El Niño crée un clivage géographique, apportant des hivers plus humides en Californie et dans le sud des États-Unis, tandis que le nord et le Canada connaissent des conditions plus douces et plus sèches.
Approvisionnements alimentaires mondiaux
Malgré ces risques, les approvisionnements alimentaires mondiaux semblent actuellement stables. L’indice mondial des prix alimentaires de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) n’affiche qu’une hausse modeste de 2 pour cent au cours de l’année écoulée, les stocks importants et la forte production qui ont suivi la crise entre l’Ukraine et la Russie en 2022 ayant contribué à amortir la hausse des prix. Cependant, l’accès aux engrais et l’évolution des conditions météorologiques restent des variables critiques.
Évolutions de l’offre et de la demande énergétiques
Les secteurs énergétiques sont confrontés à une situation à double tranchant : la fluctuation de l’offre et de la demande. En Asie, la hausse des températures entraîne généralement une forte augmentation des besoins en climatisation, ce qui accroît la consommation d’électricité.
Lorsque cela coïncide avec une baisse de la production hydroélectrique due à la sécheresse, les services publics se tournent souvent vers le gaz naturel et le charbon thermique. Cela pourrait intensifier la concurrence entre l’Asie et l’Europe pour les cargaisons de GNL, ce qui pourrait faire grimper les prix.
Imprévisibilité du marché
En fin de compte, le retour d’El Niño ajoute une nouvelle couche d’imprévisibilité à un marché déjà mis à rude épreuve par les tensions macroéconomiques et politiques. Plutôt qu’une hausse uniforme des prix, ce phénomène météorologique devrait entraîner une plus grande volatilité et des divergences entre les différentes matières premières. Les investisseurs et les parties prenantes se concentreront principalement sur l’intensité du phénomène et sur l’ampleur des perturbations qu’il causera aux infrastructures mondiales dans les secteurs de l’électricité, de l’exploitation minière et de l’agriculture.
https://fr.businessam.be/responsable-de-la-strategie-des-matieres-premieres-chez-saxo-el-nino-menace-de-perturber-les-prix-des-denrees-alimentaires-et-de-lenergie-a-lechelle-mondiale/
Le dérèglement climatique va amplifier les effets dévastateurs d’El Niño, quel que soit son niveau d’intensité, alerte “New Scientist”. Mais il pourrait aussi contribuer à rendre ce phénomène naturel plus fort et plus fréquent selon certains modèles.
Un “El Niño XXL” s’apprête à déferler sur la planète, à en croire les titres de certains journaux. [ Le 11 juin, la NOAA, l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique, a confirmé que le phénomène El Niño avait commencé.] La plupart des modèles prévoient qu’il aura une intensité modérée, mais quelques-uns avancent qu’il pourrait être très puissant, voire déboucher sur ce que l’on appelle un “super El Niño”. D’où les gros titres.
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Cela dit, la situation globale n’est pas du tout rassurante. Quel que soit le degré d’intensité de cet épisode, il faut s’attendre dans les futures décennies à des phénomènes El Niño encore plus destructeurs. Même s’ils ne seront pas tous forcément très intenses, leurs effets seront démultipliés par le réchauffement climatique.
Axel Timmermann, chercheur à l’Université nationale de Pusan, en Corée du Sud, explique :
“Même un épisode d’El Niño classique aura des répercussions plus graves à l’échelle régionale et mondiale.”
Plus inquiétant encore, des études menées par Axel Timmermann et d’autres scientifiques suggèrent qu’El Niño et La Niña, [les deux phases opposées d’un phénomène oscillant] regroupés sous l’acronyme “Enso” (pour “El Niño – oscillation australe”), vont devenir plus forts et commenceront à influencer les conditions météorologiques dans l’océan Atlantique également, ce qui aggravera leurs effets.
“Les dernières simulations de nos modèles informatiques prévoient une bascule vers une recrudescence des épisodes d’El Niño et de La Niña beaucoup plus intenses, ainsi qu’une intensification de leurs effets sur des régions pourtant éloignées, en particulier l’Europe”, avertit Axel Timmermann.
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Le phénomène El Niño est avant tout une affaire de masses d’eau et de vents dans le Pacifique. En temps normal, lorsque les conditions sont dites “neutres”, les alizés soufflent vers l’ouest le long de l’équateur. Ils poussent ainsi les eaux de surface dans cette direction, ce qui accumule de l’eau chaude dans la partie occidentale de l’océan Pacifique. Pour remplacer ces masses d’eau déplacées, des eaux froides remontent des profondeurs le long des côtes de l’Amérique du Sud. Parallèlement, l’air chaud et humide s’élève au-dessus des masses d’eau chaude à l’ouest, ce qui déclenche de fortes précipitations.
Parfois, cependant, ces alizés faiblissent, voire s’inversent, permettant à une partie de ces eaux chaudes de refluer vers l’est. La zone de pluies se déplace alors elle aussi dans cette direction, ce qui peut accentuer les vents d’est. C’est l’un des mécanismes qui favorise la formation d’El Niño. Ce déplacement vers l’est provoque également des sécheresses dans des régions comme l’Australie et l’Indonésie, et des inondations en Amérique du Sud.
C’est également pour cette raison que les épisodes d’El Niño entraînent un réchauffement rapide de la surface du globe. Le déploiement des masses d’eau chaude accentue l’évaporation : l’énergie emmagasinée par l’océan est alors libérée sous forme de chaleur lors de la formation des nuages, ce qui transfère des quantités considérables de chaleur du Pacifique vers l’atmosphère.
Plus de 3 °C par rapport à la normale
L’intensité de ces épisodes dépend de la quantité d’eau chaude qui reflue vers l’Amérique du Sud et de la distance qu’elle parcourt vers l’est. Pour la mesurer, on évalue les écarts de températures du Pacifique dans les bassins central et oriental par rapport à la normale.
Même si les définitions varient, on considère qu’El Niño est en formation quand il y a une anomalie de température de la surface de l’océan de 0,5 °C. Un “super El Niño” n’est pas une expression scientifique, mais elle pourrait être utilisée quand cette anomalie dépasse 2 °C, et un “El Niño XXL” quand elle est supérieure à 3 °C, explique Adam Scaife, du Centre Hadley, qui fait partie du Met Office [le service national britannique de météorologie].
À mesure qu’El Niño se forme, d’autres phénomènes s’enchaînent. C’est le cas en particulier de l’accumulation de nuages au-dessus de l’océan Pacifique tropical, qui a pour effet de réduire les températures. Cela favorise un retour à des conditions neutres ou amorce une transition vers La Niña, un phénomène durant lequel les alizés d’est se renforcent et font remonter les eaux profondes et donc froides plus loin vers l’ouest que d’ordinaire.
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Les trois épisodes d’El Niño les plus intenses jamais enregistrés ont eu lieu en 1982-1983, en 1997-1998 et en 2015-2016. Tous trois ont eu des conséquences très graves pour les populations et la faune, et entraîné notamment le dépérissement important des massifs coralliens et d’autres espèces marines.
Chaque “super El Niño” fait également des milliers de milliards de dollars de dégâts, selon une étude de Christopher Callahan, chercheur à l’université de l’Indiana, publiée [dans Science] en 2023. “Nos résultats démontrent que l’ampleur des pertes économiques est directement liée aux records de chaleur de l’océan Pacifique, explique-t-il. Si un épisode d’El Niño très intense survient cette année, il faut s’attendre à des conséquences économiques catastrophiques, de l’ordre des événements précédents.”
Avec le réchauffement de la planète, les phénomènes El Niño, qu’ils soient modérés ou très intenses, vont provoquer encore plus de dégâts. “Les données scientifiques sont très claires là-dessus”, assure Richard Allan, de l’université de Reading, au Royaume-Uni.
“Choc climatique”
Les inondations liées à l’Enso vont devenir plus intenses parce qu’il y a aura plus d’humidité dans l’atmosphère, et donc des précipitations plus importantes en volume, expose Richard Allan. Et les périodes de sécheresse seront plus longues et plus intenses parce que le sol sèche plus vite quand il fait plus chaud.
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Certains modèles climatiques indiquent également que le réchauffement de la planète va accélérer les mécanismes qui régissent l’Enso. Cela pourrait se traduire par des épisodes d’El Niño et de La Niña plus violents, s’enchaînant à un rythme plus rapide. Ce “choc climatique” sera encore plus difficile à gérer pour nos sociétés dans un monde en plein réchauffement.
“Cela se traduirait, dans de nombreuses régions du monde, par des alternances bien plus brutales entre des années de pluies torrentielles et des années de sécheresse”, prévient Malte Stuecker, chercheur à l’université d’Hawaii et membre de l’équipe d’Axel Timmermann.
Pis encore, selon leurs recherches, ces fluctuations incessantes amèneraient [le phénomène naturel qu’est] l’Enso à exercer une influence sur un autre mécanisme climatique, appelé “oscillation nord-atlantique”, et à se synchroniser avec lui. L’Europe subirait alors, elle aussi, une alternance terrible d’inondations et de sécheresses. Malte Stuecker souligne :
“Ce serait un changement radical pour l’Europe, car, avec le climat actuel, El Niño n’a pas d’effet majeur sur les conditions météorologiques en Europe.”
S’il est désormais quasi certain que des épisodes d’El Niño d’une intensité semblable à celle d’aujourd’hui feront plus de ravages, la possibilité de voir le phénomène gagner encore en puissance suscite beaucoup plus de réserves. “L’évolution d’El Niño et de La Niña divise profondément la communauté scientifique”, constate Adam Scaife.
Tous les modèles climatiques ne prévoient pas une intensification d’El Niño, précise-t-il. En revanche, nombre d’entre eux s’accordent sur le fait que les liens avec d’autres régions du monde, comme l’Atlantique, vont se resserrer. Par conséquent, les répercussions d’El Niño au-delà du Pacifique risquent de s’accentuer.
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Même si les épisodes d’Enso devaient s’emballer, ce ne sera pas le cas indéfiniment, nuance Axel Timmermann. Cette intensification est en partie alimentée par le réchauffement rapide des eaux de surface [jusqu’à 100 mètres de profondeur] dans la majeure partie de l’océan Pacifique. Dès que les eaux profondes commenceront à se réchauffer à leur tour, réduisant ainsi l’écart de température, le phénomène Enso devrait logiquement perdre de sa force, explique le chercheur.
Seul hic, l’enfant terrible du Pacifique ne devrait pas commencer à s’assagir avant les années 2150. En attendant, vous pouvez attacher vos ceintures.
Ce phénomène, synonyme de sécheresses, inondations et températures record dans le monde, pourrait devenir en fin d'année l'un des plus intenses jamais enregistrés...
Le phénomène naturel El Niño a officiellement commencé. Il pourrait devenir en fin d'année l'un des plus intenses jamais enregistrés, a annoncé jeudi 11 juin l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA).
L'agence estime à 63% le risque d'un phénomène très fort entre novembre et janvier, ce qui le classerait parmi les épisodes les plus intenses jamais enregistrés depuis le début des mesures en 1950. Ce phénomène climatique naturel revient tous les deux à sept ans.
Peur de la famine
Le phénomène est naturel mais s'ajoute à un climat déjà réchauffé par les activités humaines, ce qui fait craindre le pire. Cette combinaison est "redoutable", prévient Marc Alessi, du groupe Union of Concerned Scientists. "Les températures mondiales pourraient facilement atteindre des niveaux record", notamment cet hiver, alerte-t-il.
Dans la région dite du "Corridor sec", région couvrant des parties du Guatemala, du Honduras, du Salvador et du Nicaragua, le retour d'El Niño fait craindre une réduction de moitié des précipitations et alimente la peur de la famine. En Afrique de l'Est, il pourrait "frapper des communautés déjà mises à mal par les sécheresses et les inondations de ces dernières années", prévient Mohamed Adow, du centre de réflexion Power Shift Africa au Kenya.
Craintes pour 2027
"Les conditions El Niño jetteront de l'huile sur le feu d'une planète qui se réchauffe. Les impacts seront encore plus forts et ressentis encore plus loin. Ils traverseront les frontières à une vitesse dévastatrice", a alerté début juin le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, dans une vidéo. Le phénomène connaîtra son pic cet hiver. Il dure habituellement de neuf à douze mois.
Une fois passé, la planète n'en aura pas fini avec El Niño. La chaleur océanique se dissipe lentement et peut continuer à faire grimper les températures mondiales l'année suivante. Cela explique que de nombreux climatologues craignent que 2027 batte le record de l'année la plus chaude jamais enregistrée.
Vous avez sûrement entendu parler d’El Niño. Gigantesque va-et-vient affectant masses d’air et températures océaniques, c’est l’un des régulateurs cycliques du climat. Il survient tous les deux à sept ans et le dernier épisode en date a été observé entre 2023 et 2024, poussant les températures globales au-dessus du seuil symbolique de +1,5 °C. En 2026, les climatologues s’attendent à un épisode important : El Niño pourrait amplifier les vagues de chaleur et les sécheresses de l’Océanie à l’Amazonie.
Autour de moi, beaucoup de gens espèrent à mi-voix que cela remettra le climat au centre des politiques mondiales. Pour comprendre pourquoi c’est une hypothèse optimiste, il faut aller lire ou relire le génial Génocides tropicaux de Mike Davis, paru en 2000. L’historien y suit le célèbre voyage de l’ancien président américain Ulysses S. Grant, parti faire un tour du monde en 1877. En Egypte, en Inde, en Chine, l’ancien président ne cesse de croiser la famine. Partout, la terre est « dure, brune et calcinée ». C’est comme s’il suivait les traces d’un « monstre dont l’épouvantable trajectoire de destruction s’étendait du Nil à la mer Jaune ».
Les années 1876-79 sont en effet marquées par des sécheresses d’ampleur biblique, qui se répéteront jusqu’à la fin de l’ère victorienne, et qui provoqueront l’une des plus grandes hécatombes de l’histoire humaine. Les contemporains de Grant se rendirent très vite compte qu’il y avait là une catastrophe planétaire – l’estimation du nombre de morts varie aujourd’hui entre 20 et 50 millions – et l’attribuèrent aux taches solaires. Ce n’est qu’un siècle plus tard, à la fin des années 1960, qu’émergea l’explication que nous tenons encore pour juste : celle d’un épisode particulièrement marqué d’El Niño.
Mais ce que montre Mike Davis, c’est que les famines de 1877 ne furent pas une fatalité tombée du ciel. Les populations de ce qui allait devenir le tiers-monde – Davis en fait un moment fondateur – furent broyées par « l’interaction maléfique » entre El Niño et l’impérialisme européen. Certes, les sécheresses affaiblissaient les cultures, mais les administrateurs coloniaux amplifiaient le phénomène par un mélange de racisme, d’incurie et de dogmatisme aveugle. « Les grandes famines victoriennes ont été les transformateurs et les accélérateurs des mêmes forces socio-économiques qui avaient facilité leur occurrence à l’origine. »
L’analyse faite par Davis a été critiquée, mais elle avait le mérite de montrer avec précision qu’il n’y a jamais de catastrophe purement « naturelle ». Avec cette référence en tête, on peut se demander ce que provoquera un fort El Niño dans le monde de Trump. Quand les grandes puissances sont lancées dans une course à l’accaparement des ressources, quand l’agriculture est déjà affectée par le renchérissement des engrais du fait de la guerre en Iran, on voit bien comment des sécheresses intenses pourraient déstabiliser des pays et en favoriser d’autres. Davis rappelle d’ailleurs que lors d’épisodes El Niño « la production céréalière américaine est le plus souvent en antiphase météorologique avec les […] mauvaises récoltes » ; les Etats-Unis profitant de l’occasion pour vendre leurs surplus au reste du monde…
Rémi Noyon 10 06 26
https://420ppm.substack.com/p/veille-1-une-histoire-de-monstre?utm_source=post-email-title&publication_id=2373144&post_id=198158260&utm_campaign=email-post-title&isFreemail=true&r=216vfx&triedRedirect=true&utm_medium=email
Le président américain a obtenu le démantèlement progressif de près de 900 capteurs utilisés pour surveiller les océans. Une décision qui inquiète profondément les chercheurs chargés de prévoir les épisodes climatiques extrêmes.
La Fondation nationale pour la science américaine (NSF) a annoncé le 21 mai le démantèlement d'un réseau tentaculaire de 900 capteurs sous-marins au large des côtes américaines, explique un article du site Gizmodo. Une nouvelle exigence de l'administration Trump, alors que le projet avait coûté 368 millions de dollars (317 millions d'euros) aux contribuables américains.
Pourquoi c'est grave? D'abord, parce que ces dispositifs sous-marins sont indispensables pour établir des modèles et des prévisions de température. Des prévisions qui sont aujourd'hui le seul moyen d'anticiper les ravages d'El Niño, ce phénomène climatique provoquant des épisodes de chaleur extrême et de sécheresses sur les côtes américaines régulièrement. «Ce manque d'information va devenir très handicapant», s'est inquiété l'océanographe Ed Dever, qui a participé à diriger ces capteurs dans le Pacifique nord, auprès de l'Associated Press.
Le réseau d'instruments comprend notamment un dispositif d'observation des océans (OOI), un programme que Donald Trump a plusieurs fois essayé de faire disparaître depuis 2025, jusqu'à finalement réussir ce mois-ci. L'OOI a annoncé retirer un des capteurs le 16 juin prochain et estime que le réseau sera entièrement détruit d'ici à 2027.
L'initiative a collecté une quantité immense de données des fonds marins depuis sa création en 2015. Au-delà de prévoir El Niño –qui s'annonce particulièrement violent cette année– le dispositif permet à la Californie de surveiller les tsunamis et les séismes, de repérer les eaux à faible taux d'oxygène, appelées «dead zones» et, plus généralement, de réunir des données inaccessibles par satellites ou n'importe quel instrument de surface. Tout avait été conçu pour que le réseau dure entre vingt-cinq et trente ans… mais c'était sans compter sur Donald Trump.
Le projet est aussi un pilier de la recherche scientifique indépendante et collaborative sur la question des océans à l'échelle mondiale. La mise en place d'un dispositif au fond de la mer d'Irminger, au nord de l'océan Atlantique, était le fruit d'un effort international pour comprendre les ralentissements de certains courants dus au changement climatique. Ces modifications de courants pourraient être la cause d'une augmentation des températures extrêmes et de catastrophes naturelles cataclysmiques sur l'ensemble du globe.
Face à de tels enjeux, le coût d'entretien du réseau est relativement faible avec 48 millions de dollars par an (41,2 millions d'euros), soit 0,003% du montant des dépenses facultatives du gouvernement. Une paille comparé à ce que le ministre de la Guerre, Pete Hegseth, aurait dépensé en 2025 en homard et autres objets luxueux, tout cela aux frais du contribuable américain.
De son côté, l'administration Trump a déclaré que la décision s'inscrivait dans une stratégie visant à «favoriser le soutien aux priorités scientifiques en évolution et aux technologies émergentes». Autrement dit, l'argent ira à l'IA plutôt qu'à la surveillance des courants marins.
«Renoncer à un investissement de 368 millions de dollars dans un système de pointe, un exploit d'ingénierie déjà financé par le peuple américain, relève de la myopie», s'est indigné Chris Robbins, directeur associé de l'ONG Ocean Conservancy, auprès du New York Times.
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Phénomène El Niño : faut-il craindre un été caniculaire ?
Il pourrait bien provoquer un été caniculaire en France. Le phénomène El Niño, qui vient du Pacifique, engendre des sécheresses dans certaines régions du monde et des pluies diluviennes dans...
Cerise sur le gâteau, un "Super El Nino" est en train de se préparer dans le Pacifique. Le Super El Nino, c'est comme Musk sous kétamine et une tronçonneuse dans la main.
Vivement que l'on puisse aller se réfugier sur Mars.
https://2000watts.org/index.php/energies-fossiles/peak-oil/1480-energies-economie-petrole-revue-mondiale-mai-2026.html
Et si le prochain El Niño révélait les fragilités cachées de la transition énergétique ? En bouleversant vents, pluies et températures, le phénomène climatique pourrait mettre les réseaux électriques renouvelables face à leur plus grand test de résilience...
Les réseaux électriques ont été pensés comme des infrastructures relativement prévisibles. Aujourd’hui, avec la montée en puissance des énergies renouvelables, la météo devient l’un des grands chefs d’orchestre du système énergétique mondial. Justement, les signaux envoyés par le Pacifique inquiètent les climatologues.
Climat : acteur direct de l'électricité
Selon la NOAA, le système d’alerte ENSO est désormais placé sous « El Niño Watch », avec une probabilité de 82 % de voir El Niño émerger entre mai et juillet 2026, et 96 % de chances qu’il persiste jusqu’à l’hiver 2026-2027. Sous la surface de l’océan Pacifique équatorial, les températures augmentent déjà depuis six mois consécutifs.
Ce phénomène climatique naturel, lié à un réchauffement anormal des eaux du Pacifique tropical, ne se contente pas de modifier les températures mondiales. Il déplace les régimes de pluie, perturbe les vents et transforme l’ensoleillement à l’échelle planétaire. Et donc, il agit directement sur les trois piliers des énergies renouvelables, l’hydroélectricité, l’éolien et le solaire.
L'hydroélectricité en première ligne
C’est souvent l’énergie renouvelable la plus vulnérable face aux variations climatiques. Sans pluie, les barrages perdent leur capacité à produire. L’exemple du barrage de Kariba, en Afrique australe, reste spectaculaire.
Lors du dernier épisode El Niño de 2023-2024, le niveau du réservoir est tombé à un record historique, provoquant un effondrement de la production électrique en Zambie et au Zimbabwe, deux pays fortement dépendants de cette infrastructure.
En Colombie, où l’électricité repose à plus de 80 % sur l’hydroélectricité, même des épisodes El Niño modérés ont réduit les apports d’eau des réservoirs d’environ 14 %. Le Soudan et la Namibie ont eux aussi subi d’importantes pertes de disponibilité hydroélectrique.
Le solaire et l'éolien ne disparaissent pas...mais se déplacent
Contrairement à une idée reçue, El Niño ne fait pas « tomber en panne » les renouvelables. Il modifie leur géographie. Dans certaines régions touchées par la sécheresse, le ciel plus dégagé peut augmenter le rayonnement solaire et donc améliorer la production photovoltaïque. Mais ailleurs, les changements de mousson ou de circulation atmosphérique réduisent l’ensoleillement.
Même logique pour le vent. Pendant El Niño, certaines zones d’Asie du Sud ou des Caraïbes enregistrent un affaiblissement des vents, ce qui réduit la performance des éoliennes.
Le rapport WMO–IRENA 2024 montre d’ailleurs que ces anomalies climatiques deviennent déjà visibles dans les chiffres énergétiques mondiaux. En Afrique australe, les capacités éoliennes ont progressé de +8 à +16 %, tandis que le solaire gagnait +2 à +6 %. À l’inverse, l’Asie du Sud a subi des déficits simultanés de production éolienne et solaire.
Une demande électrique qui explose avec la chaleur
Toutefois, au moment où certaines productions renouvelables ralentissent, les besoins en électricité augmentent fortement. Les vagues de chaleur poussent des millions de foyers à utiliser davantage la climatisation. En Asie du Sud, les anomalies mensuelles de la demande électrique ont atteint environ +16 % en octobre 2024.
À l’échelle mondiale, le rapport estime que la demande énergétique liée au climat a augmenté de 4 % par rapport à la moyenne 1991-2020. Et cela survient dans un monde où les capacités renouvelables dépassent désormais 4 400 gigawatts.
Anticiper pour éviter les crises
L’un des grands enseignements du rapport WMO–IRENA est la montée en puissance des prévisions climatiques saisonnières. Les modèles du Centre européen ECMWF sont désormais capables d’anticiper plusieurs mois à l’avance certaines anomalies régionales de production solaire ou de demande électrique.
Concrètement, ces prévisions peuvent aider à mieux gérer les barrages, planifier les échanges d’électricité entre pays ou préparer les réseaux aux pics de consommation.
Des recherches menées en Amérique latine montrent même qu’en combinant intelligemment l’hydroélectricité, le solaire et l’éolien selon leurs complémentarités géographiques et saisonnières, il serait possible de réduire la variabilité des renouvelables jusqu’à 65 % et de multiplier par cinq le niveau minimal de production disponible, y compris pendant les sécheresses liées à El Niño.
La transition énergétique ne dépend donc pas uniquement des technologies. Elle dépend aussi de notre capacité à comprendre le climat, à l’anticiper et à construire des systèmes suffisamment souples pour vivre avec ses bouleversements.
Mamy Nirina Rolland Randrianarivelo
Organisation météorologique mondiale. (2026, 13 janvier). Climate variability emerges as both risk and opportunity for global energy transition.
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