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Silure, le bon géant..

Publié le par ottolilienthal

« C’est à partir de 1968 que le silure a colonisé la Saône »

La Fédération de pêche vient de présenter une étude sur le silure, poisson qui a colonisé la Saône et le Rhône, depuis 40 ans. Rencontre avec Jean-Pierre Faure, directeur technique.

 

D’où proviennent ces silures ?

En 1959, 29 spécimens rapportés du Danube ont été introduits dans un étang de Lescheroux, en Bresse (01). Via la Sane morte, leur progéniture a colonisé la Seille, puis à partir de 1968, la Saône.

Pourquoi avoir réalisé une étude ?

Nous avions peu d’informations et devions répondre à de nombreuses questions, du public, sur une espèce atypique, de très grande taille. À cela est venu s’ajouter un débat national sur sa gestion, une demande de classement en « espèce susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques », de multiples demandes de pêches de destruction.

Nous nous sommes servis des études réalisées par Jean-Claude Tanzilli, un guide de pêche professionnel, qui s’est passionné, pour ce poisson, que de nombreux pêcheurs ont tout de suite qualifié de nuisible. De 1988 à 2015, il a réalisé plus de 2 600 sorties de pêche, capturé plus de 17 000 silures et analysé le contenu de 3 883 estomacs. De 1993 à 2004, il a tatoué 720 spécimens, pour étudier leur croissance et leurs déplacements.

Que mange le silure ?

Des nuisibles comme l’écrevisse américaine, les bivalves et gastéropodes, des oiseaux, dont le cormoran, rats et ragondins. Mais aussi des silures, les gros mangeant les plus petits.

Ce qui signifie ?

Que leur population s’autorégule. D’ailleurs, depuis 12 ans, l’on est revenu au nombre des années 80. Le silure attaque le cormoran, prédateur du poisson, dont l’abattage est estimé à 150 euros par individu.

Que répondez-vous à ceux qui demandent le classement en nuisible ?

Les grands silures semblent bel et bien réaliser eux-mêmes la régulation de leur population par cannibalisme. Ils exploitent des ressources inaccessibles aux autres prédateurs (grands poissons, vertébrés terrestres.) Pour contrôler les effectifs de cette espèce, la méthode la plus simple et efficace serait probablement de protéger les grands spécimens (plus de 170 cm) avec une taille maximale de capture.

 

Gérard urbin

Une espèce vieille de 8 millions d’années

 

Le silure est un poisson très ancien, puisque dans la vallée du Rhône, on a retrouvé des fossiles de cette espèce. Avec le brochet et l’anguille, il était le prédateur dominant.

Ayant besoin d’une eau à 20 degrés, pour se reproduire, il a disparu du bassin rhodanien, il y a deux millions d’années. Le plus gros spécimen capturé dans le Rhône mesurait 1,70 m.

Le silure peut atteindre un poids de 100 kg et vivre plus de 50 ans. Les captures et baguages ont montré que ces animaux vivaient en groupe et, après avoir été relâchés, regagnaient leur lieu de capture.

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