23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 09:02

En vingt fiches techniques, Mediapart nous propose une expertise complète du programme du Front national et de sa candidate Marine Le Pen. De nombreux abonnés lecteurs de Mediapart ont demandé de mettre en accès libre et gratuit cette enquête. C'est chose faite: vous pouvez à votre guise utiliser, transmettre, faire connaître ce décryptage. Bonne lecture!

Partager cet article

21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 15:28

 

Il est demandé à chacun de se trouver un emploi et aux entreprises de créer les emplois que chacun occupera. Voilà la manière classique dont on envisage les choses. Mais l’évolution du marché du travail ne devrait-elle pas nous conduire à modifier drastiquement notre manière de voir ?

 

Les travaux des champs, la transformation des matières premières, la manufacture de biens, le traitement de dossiers, requéraient tous de la main-d’œuvre en quantité considérable. Cela a cessé d’être le cas.

 

De temps immémoriaux nous avons cherché à remplacer le travail humain par celui de la machine dans les tâches dangereuses, abrutissantes ou fastidieuses, et nous y avons admirablement réussi. La « machinisation » est devenue « ordinisation » : le robot nous remplace dans les tâches manuelles et le logiciel nous remplace dans les tâches intellectuelles. En décembre dernier, alors que le président Obama plaidait pour un relèvement du salaire minimum, la chaîne de restauration rapide Applebee’s faisait savoir que les commandes seraient désormais passées à l’aide de tablettes intégrées dans les tables, à l’aide desquelles se ferait également le règlement par carte de crédit.

 

 

En septembre 2013, deux chercheurs de l’université d’Oxford, Carl Frey et Michael Osborne estimaient dans « L’avenir de l’emploi. Dans quelle mesure les emplois sont-ils exposés à l’« ordinisation » » que 47% de la force de travail occupe un emploi qui sera remplacé à terme par un ordinateur.

 

Ce chiffre de 47% se révélera sans doute optimiste, un biais de l’étude étant que plus une tâche nous apparaît ardue moins la machine sera à même de la remplir. Or les tâches qui nous semblent les plus complexes sont algorithmiques, impliquant de nombreux calculs mais en réalité les plus aisées à programmer. Par ailleurs, plus une expertise est coûteuse à constituer, plus l’incitation financière est grande à la transcrire en logiciel. Ainsi, sur les marchés boursiers les traders sont déjà remplacés par des logiciels appelés « algos » (pour « algorithme ») dans 50 à 60 % des transactions.

 

Dans une série d’entretiens à paraître, l’économiste belge Bruno Colmant et moi-même constatons l’existence d’une « loi de baisse tendancielle du taux de travail » : un mouvement en ciseau entre la quantité de travail accumulée sous forme de capital, en augmentation constante, et la quantité de travail effectif à consentir comme avances dans la production et la distribution, qui est elle en baisse en termes absolus.

 

Or la grande majorité de la population obtient traditionnellement de son travail les revenus qui assurent sa subsistance. La question de l’emploi doit donc être radicalement repensée dans le contexte nouvellement apparu. Il faut tirer les conséquences du scénario qui s’est mis en place : les revenus des ménages vont devoir être dissociés de la force de travail que ses membres représentent, celle-ci cessant rapidement de constituer un atout monnayable.

 

La représentation de « l’An 2000 » qui était la nôtre dans les années 1950, supposait que tous bénéficieraient en termes de temps libre et d’opulence du remplacement de l’homme par la machine. C’était ignorer que les principes de la propriété privée veulent que les gains de productivité soient partagés, au titre de profit, entre dividendes revenant aux actionnaires et salaires démultipliés et bonus accordés aux dirigeants des entreprises. Les salaires qu’obtiennent ceux dont les avances sont en travail plutôt qu’en capital ou en gestion, sont comptabilisés en tant que coûts, c’est-à-dire envisagés seulement comme grevant le profit dont les seuls bénéficiaires légitimes sont les investisseurs et les dirigeants de l’entreprise.

 

Le chroniqueur Jonah Goldberg ne s’y trompait pas, qui commentait la décision de la chaîne Applebee’s dans ces termes : « Si quelqu’un se lance dans les affaires, ce n’est pas pour créer des emplois, c’est pour gagner de l’argent. Or la main d’œuvre, c’est un coût ». Il s’agit là d’une évidence, que l’on appelle « compétitivité » et dont nos dirigeants semblent aveugles à l’implication immédiate : l’incitation massive qu’il y a là à éliminer l’emploi purement et simplement, laissant ouverte la question des revenus futurs de ceux qui aujourd’hui ne vivent pas des gains du capital ou de la gestion d’une grosse entreprise mais des revenus du travail.

 

Simonde de Sismondi (1773-1842) proposait que le travailleur remplacé par la machine obtienne une rente perçue sur la richesse que celle-ci créerait ensuite. La forme moderne que prendrait une telle mesure serait une taxe sur les gains de productivité et son bénéfice serait redistribué prioritairement aux victimes de l’« ordinisation ». C’est là la condition à remplir impérativement si l’on veut voir se réaliser un jour l’idyllique « An 2000 » dont le rêve hantait le milieu du siècle dernier.

 

Le travail et l’emploi sont des enjeux de société cruciaux et méritent d’être jugés et traités comme tels. Au lieu de cela, l’État se contente d’intimer aux salariés « Trouvez-vous un emploi ! » et aux entreprises : « Créez de l’emploi ! », dans un « Que chacun s’y prenne comme il l’entend ! » généralisé, sans que la question soit même posée de comment cela pourrait se faire, ni a fortiori si cela est toujours possible. Doit-on s’étonner si le ton monte de part et d’autre ? Parallèle à la « transition énergétique », la « grande transformation du travail » mérite la même attention.

 

Paul Jorion

 

http://www.pauljorion.com/blog/?p=64223#more-64223

Partager cet article

20 avril 2014 7 20 /04 /avril /2014 08:31

 

 

 

Le radon est un gaz radioactif d'origine naturelle. L'Agence de sûreté nucléaire alerte sur l'augmentation des concentrations dans les habitations.

 

 

RADON. L’Agence de sûreté nucléaire (ASN) a souligné la présence de plus en plus importante d’un gaz radioactif, le radon, décelée dans des habitations. Des doses élevées de ce gaz ont ainsi été enregistrées dans 31 départements français.

 

Dans son rapport annuel sur l’état de la sûreté nucléaire et de la ­radioprotection en France publié mardi 15 avril, l’ASN délivre une carte des communes les plus exposées.

 

Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle issu de la désintégration de l’uranium et du radium présents dans la croûte terrestre. La nature des roches est l’un des principaux paramètres influençant l’émission du gaz dans l’atmosphère. Il est donc présent partout à la surface de la planète et provient surtout des sous-sols granitiques et volcaniques ainsi que de certains matériaux de construction. Sa concentration varie d’un lieu à l’autre dans une région selon la teneur en uranium naturel du sous-sol.

 

Les mesures réalisées par l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a permis de classer les départements en fonction du potentiel d’exhalation du radon des terrains.

 

 

Voir également la carte publiée par l'IRSN détaillant, commune par commune, le potentiel d’exhalation du radon.

 

C’est le risque de cancer du poumon qui motive la vigilance à l’égard du radon dans les habitations ou autres locaux.

 

Selon l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), de nombreuses études épidémiologiques ont démontré ces dernières années l'existence d'un risque cancérigène. Le radon est en effet un des agents responsables du cancer du poumon même si son impact est loin d'être aussi important que celui du tabac.

 

Dans les espaces clos où l’air est confiné (grottes, caves, vides sanitaires, pièces d’habitation), la concentration en radon peut être dix fois plus importante qu’à l’air libre et faire courir un risque aux populations exposées.

 

Selon l'ASN, l'exposition à ce gaz joue un rôle dans 10 à 15% des cancers du poumon. Elle recommande donc une meilleure information des populations potentiellement concernées.

 

 

http://www.sciencesetavenir.fr/sante/20140418.OBS4382/presence-croissante-d-un-gaz-radioactif-dans-31-departements.html

Partager cet article

19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 18:36

 

 

 

 

 

 

L’Europe, et c’est tout à son honneur, a instauré depuis de nombreuses années des mesures de protection de l’environnement qui encadrent l’activité des entreprises. Economiquement, que l’on ait affaire à une norme, une interdiction, une obligation, une limitation, ou encore une fiscalité explicite, leur effet premier est en général de monter les couts, ou de baisser les revenus pour les acteurs assujettis.

 

C’est par exemple le cas s’il faut installer de nouveaux dispositifs de dépollution sur une usine, équiper les véhicules de nouveaux filtres, si un terrain cesse d’être constructible, ou s’il s’agit de limiter les émissions de CO2. C’est bien pour cette raison que les mesures de protection de l’environnement sont si peu populaires auprès des acteurs économiques : avant de créer éventuellement de nouveaux marchés, les nouvelles mesures commencent par rendre le monde moins simple pour les acteurs en place.

 

Si cela conduit à augmenter les couts, pourquoi donc protéger l’environnement, alors ? Parce que « l’environnement » n’est rien d’autre que l’ensemble du patrimoine terrestre qui permet à nos activités économiques d’exister, et que l’entamer aujourd’hui, c’est affaiblir notre aptitude à prospérer demain. Le préserver, c’est donc arbitrer en faveur de l’avenir et au détriment du présent, ou encore s’éviter collectivement de « manger le capital » trop vite.

 

Pour matérialiser une rareté croissante de ressources ou un danger croissant lié à nos rejets, les mesures instaurées visent au fond à matérialiser dans les comptes des entreprises de nouvelles « dotations aux amortissements » ou « provisions pour risques » qui n’existaient pas avant. La mise en libre compétition, au niveau mondial, de producteurs qui doivent subir ces nouvelles charges, avec d’autres qui n’ont pas cette obligation, peut alors devenir un jeu inéquitable.

 

Supprimons les mesures de protection génératrices de couts, demandent les uns. Il y a une autre manière de rétablir l’équilibre, qui n’obère pas l’avenir celle-là : n’accepter les accords de libre-échange qu’entre zones ayant les mêmes standards de protection de l’environnement. Au moment où elle négocie avec un pays qui, au surplus, n’a pas non plus de plancher sur la rémunération de ses salariés (les USA), l’Europe ne devrait-elle pas y penser un peu plus ?

 

Jean Marc Jancovici

 

http://www.manicore.com/documentation/articles/echos_avril2014_libre_echange.html

Partager cet article

18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 08:31

 

 

Revenons au Global Financial Stability Report du FMI dont nous avons parlé la semaine dernière, mais cette fois au premier chapitre, dans la section concernant les banques européennes (à partir de la page 39). Et le constat que réalise l’institution internationale est plutôt inquiétant puisque, selon elle, les créances douteuses ("non performing loans") que les banques européennes détiennent dans leurs bilans ont doublé depuis 2009, pour passer de 400 à 800 milliards d'euros. Ce sont surtout, on l’aura compris, les banques des pays en difficulté qui sont concernées (Italie, Espagne, Portugal, Grèce).

 

Une lourde menace pèse donc sur le secteur bancaire des pays du sud, avec tous les risques de contagion que cela comporte pour les pays du cœur. Existe-t-il des raisons pour espérer que la situation s’améliore ? Non, au contraire, affirme le FMI, qui estime que 20 à 30% des entreprises italiennes ne dégagent pas suffisamment de cash flow pour payer les intérêts de leur dette. En Espagne et au Portugal, c’est encore pire avec une proportion de 30 à 40% ! Les débiteurs étant eux-mêmes en mauvaise posture, la situation ne peut donc que se dégrader.

 

Pour l’Allemagne et la France, 15% "seulement" des entreprises ont un cash flow inférieur à leurs frais financiers. La France a pourtant battu en 2013 un record de faillites et son économie s’avère à l’évidence en moins bonne forme que celle de l’Allemagne, à croire que les banques françaises ont la prescience de "couper le robinet" très rapidement, dès que les premières difficultés apparaissent pour leurs entreprises clientes. Quoi qu’il en soit, les systèmes bancaires de ces pays sont moins touchés sur ce point.

 

A l’aune de ces chiffres, on mesure encore mieux l’incapacité chronique des plans de Quantitative easing ou autres LTRO à produire le moindre rebond de l’économie réelle : celle-ci se porte tellement mal, les banques sont déjà tellement empêtrées dans des crédits en perdition, que la dernière chose à espérer est bien une hausse des prêts aux entreprises ! Tout cet argent créé ex-nihilo finit en réserve à la banque centrale ou en spéculation sur les marchés, mais certainement pas en création de richesse. Cet argent a surtout pour utilité de resolvabiliser les banques en leur apportant de la liquidité, alors que ces 800 milliards de créances douteuses auraient déjà dû en envoyer beaucoup sur le tapis.

 

Par ailleurs, ces chiffres sont à évaluer dans le contexte actuel de taux d’intérêt les plus faibles que l’on puisse trouver dans ces dernières décennies. Une remontée significative des taux alourdirait le coût de ces crédits, la proportion des entreprises passant la tête sous l’eau augmenterait encore, et les créances douteuses exploseraient, dégradant encore plus la situation de nombreuses banques…

 

Enfin ces chiffres, ceux concernant les entreprises comme ceux des banques, montrent bien qu’il n’y a aucune véritable reprise économique auto-entretenue en Europe (excepté l’Allemagne exportatrice), et que c’est seulement la consommation des ménages, dopée par de la dette publique, qui parvient à sauver les apparences. Décidément, le secteur bancaire européen nous réserve encore de mauvaises surprises…

 

Philippe Herlin

 

La reproduction, intégrale ou partielle, est autorisée dès lors que "GoldBroker.com tous droits réservés" est mentionné accompagné d'un lien vers cette page.

 

 

Partager cet article

15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 23:46

 

 

 

 

Alors que le monde a les yeux braqués sur l’Ukraine et la Crimée, se joue au cœur de l’Europe une autre guerre des nerfs. Le taux d’inflation annuel de la zone euro s’est établi à 0,5% en mars, de quoi aviver le débat sur le risque d’une déflation.

 

 

 

Un spectre hante l’Europe. Dans son rapport hebdomadaire, le président de l’institut économique allemand DIW, Marcel Frotzcher, met en garde contre « le risque d’une inflation durablement faible et peut-être même d’une déflation dans la zone euro ».

 

En effet, les signes d’un tel phénomène se font plus prégnants. Pour la première fois depuis 1964, Chypre a connu une déflation, c'est-à-dire que le niveau général des prix a baissé de 0,4% en 2013 (voir notre article du 6 février 2014 : http://bit.ly/1iMhV4R). Ce n’est pas le seul pays européen concerné. Selon Eurostat, la Grèce est également touchée et dans une moindre mesure la Slovaquie et le Portugal. L’inquiétude grandit aussi du côté de l’Espagne où l’institut national de statistiques a annoncé un taux d’inflation à - 0,2% pour le mois de mars. Les différences restent fortes entre pays de la zone euro, mais les faits sont têtus. Après un petit jeu de correction et de re-correction, l'inflation dans la zone euro s’établit finalement à 0,7% en février puis 0,5% en mars. Nous sommes loin de la cible fixée par les traités d’une inflation « proche mais inférieure à 2% ».

 

 

La zone euro au bord du précipice ?

Les prix baissent. Ne serait-ce pas une bonne nouvelle après tant d’années de crise ? Justement non. Il convient de s’intéresser de plus près à ce concept un peu abstrait. La déflation est définie comme un processus permanent et général de baisse des prix, « une situation dans laquelle la baisse des prix est associée à une crise économique à la fois sévère et longue » selon les termes de la Banque de France. A Chypre par exemple, non seulement les prix des produits courants augmentent mais les salaires baissent. Cela signifie surtout que le pays s'enfonce dans la récession, la population ne consomme plus, les investissements sont repoussés.

 

Le risque est alors d’entrer dans une spirale déflationniste. Face à la baisse de la consommation, les entreprises produisent moins, reportent leurs investissements, baissent leurs prix (et donc les salaires). La machine économique se grippe. La consommation diminue à nouveau. Un nouveau cycle s’enclenche : baisse de la production, des prix, des salaires puis de la consommation. Jusqu’où irons-nous ?

 

 

Mario Draghi sous le feu des critiques

 

 

L’objectif principal de la Banque centrale européenne (BCE) est de garantir la stabilité des prix par le contrôle de la masse monétaire (via la définition des taux d’intérêt). Avec une inflation de 0,7%, la BCE ne respecte pas ses statuts. Ceux-ci stipulent en effet que la BCE doit assurer la stabilité des prix, définie comme une cible d'inflation inférieure mais proche de 2% par an. Alors que Janet Yellen, présidente de la Fed, la banque centrale des Etats-Unis, continue à injecter chaque mois 65 milliards de dollars dans la machine américaine, Mario Draghi reste de marbre. Il n’y a pas de danger aux yeux du premier banquier européen. Jens Weidmann, président de la Bundesbank, est du même avis et ne voit pas de signe d’une baisse de la consommation privée, ni d’un report des investissements.

 

Mais le doute face au stoïcisme de la BCE grandit. Luis Linde, gouverneur de la banque centrale espagnole, compte au rang des critiques : « Les taux d’intérêts sont bas mais ils pourraient l’être encore plus. […] Si l’on me demandait, si la possibilité d’une déflation est élevée, je répondrais non. Mais quand bien même elle serait faible, la BCE devrait prendre les mesures adéquates et mener une politique monétaire moins restrictive. »

 

 

Le prix de la déflation

Les comparaisons historiques ont leurs limites. Elles permettent toutefois d’éclairer une situation. Lorsque nous parlons d’inflation nous viennent en mémoire, par une association d’idées forgées depuis l’école, ces photos en noir et blanc de nos livres d’histoire : des hommes charriant des brouettes de billets, des enfants allemands faisant flotter au vent un cerf-volant confectionné de Reichsmarks, des pyramides de billets n’ayant d’autres valeur que celle du papier utilisé pour leur fabrication. En tournant la page, le chapitre suivant s’ouvrait sur des autodafés et des défilés militaires. C’était l’année 1933.

 

Nos livres de collégiens ont cependant omis un chapitre de l’histoire allemande. Entre 1930 et 1932, le chancelier Heinrich Brüning est à la tête du gouvernement de la République de Weimar. Économiste orthodoxe, il conduit une politique de restriction budgétaire implacable : coupe dans les services publics, réduction des prestations sociales, hausse des impôts. Cette politique de rigueur lui vaudra d’être surnommé « le chancelier de la faim ». Ces mesures ont fait tomber l'Allemagne dans une spirale déflationniste, qui précède directement 1933. Certes, l’hyperinflation des années 1922-1923 a profondément déstabilisé la société allemande, mais c’est bien une période de déflation qui a donné le coup de grâce à une République de Weimar chancelante.

 

D’autre part, en entretenant savamment (http://bit.ly/1hE0FST) la confusion entre les notions d’inflation et d’hyperinflation, le traumatisme des années 1922-1923 est utilisé comme explication et justificatif de la politique monétaire de la BCE (inspirée directement de celle de la Bundesbank). Un tel épouvantail permet de discréditer à moindre effort les critiques comme Paul Krugman, prix Nobel d"économie 2008, qui préconise une cible d’inflation à 4%.

 

Les arguments pour une politique monétaire restrictive, pour la réduction des budgets publics se cantonnent trop souvent à des considérations économiques. Quand bien même il serait possible d’assainir une économie pour qu’elle reparte de plus belle, les blessures politiques et sociales d’une société ne se résorbent pas par enchantement. Pourtant, ce jeudi 10 avril, Angela Merkel et Antonis Samaras célébraient le retour de la Grèce sur les marchés financiers après quatre ans de mise à l’index. Qu’est devenue la Grèce depuis quatre ans ? Le chômage atteint officiellement 28% (60% chez les jeunes), le taux de suicide a augmenté de 40%, l’Aube dorée est entrée au Parlement. Écoutons donc les mises en garde de Marcel Frotzcher.

 

Emmanuel Girard

 

http://www.lejournalinternational.fr/Le-fantome-de-Heinrich-Br%C3%BCning_a1816.html

Partager cet article

15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 23:00

 

Le Centre européen des consommateurs reçoit toutes les plaintes des Français concernant des sites basés à l'étranger... En fonction du nombre de plaintes reçues, le centre a pu établir la liste des sites qui arnaquent le plus les Français. Palmarès.

 

 

 

 

 

Le site Télécharger-français.com

Le Centre européen des consommateurs a transmis à RTL la liste des sites qui arnaquent le plus les Français selon les plaintes qu'il reçoit régulièrement. Le site de téléchargement Télécharger-français.com en fait partie. Ce site basé à Chypre propose de télécharger des films, des jeux et des contenus. Il faut ensuite remplir un formulaire avec des données personnelles.

 

Mais à ce moment-là, le client s'aperçoit que le téléchargement nécessite un abonnement de 99 euros. Il décide donc de tout annuler. Mais ses données ont été prises en compte et il reçoit un mail de confirmation pour son inscription. Puis des mails de relance pour les 99 euros, à chaque fois majorés d'intérêts de 12 euros. Le conseil du centre : ne surtout rien faire puisque vous n'avez pour le moment rien payé.

 

Vous êtes à la recherche de mobilier design à bas prix ? Evitez le site Infurn.com ! En effet, de nombreuses plaintes attestent que les meubles n'arriveront peut-être jamais chez vous, et que les délais de livraison sont très longs.

 

Et si jamais vous décidiez de demander un remboursement, préparez-vous à attendre très longtemps... Ou même à ne jamais le voir arriver.

 

Guy Roux a beau en faire la publicité, méfiez-vous ! Le site vol24.fr présenterait des problèmes au niveau de la réservation. Ainsi, lorsque vous choisissez un vol en ligne, le site vous demande d'envoyer par email une copie de votre carte d'identité, et une copie de votre carte bleue. Seulement, si vous faites vous aussi partie des personnes qui ne souhaitent pas transmettre ces documents par internet, sachez que vous en serez pour vos frais !

 

En effet, en cas d'annulation de votre commande, vous vous exposez à payer la somme de 100 euros pour frais, directement prélevés sur votre compte

 

Ne vous lancez surtout pas dans les placements financiers avec le site internet Investissementsforex.com ! En effet, ce site qui vous promet de belles opportunités n'a en fait tout simplement pas d'autorisation pour agir sur les marchés financiers.

Certains sites de rencontres

Vous recherchez l'âme soeur ? Très bien, mais ne vous jetez pas sur n'importe quel site les yeux fermés ! Le Centre européen des consommateurs met en garde contre les sites be2.fr, eDarling.fr et eDates.fr. Le problème de ces sites se situe souvent dans leurs offres tarifaires et génèrent des centaines de plaintes des consommateurs.

 

Ainsi, le site eDates.fr propose une offre d'essai intéressante... Mais l'acceptation de cette offre vaut engagement pour 9 semaines au tarif de 162 euros, renouvelable automatiquement. Derrière, difficile de se rétracter, et impossible de se faire rembourser.

 

Maëlle Boudet

 

http://www.planet.fr/dossier-de-la-redaction-internet-ces-sites-qui-vous-arnaquent-le-plus.453275.1565.html?page=0%2C4

 

 

 

Partager cet article

15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 22:56

 

La banque s'est séparée de trois cadres qui avaient signalé des opérations douteuses au sein de la filiale monégasque.

 

 

 

Pour ces trois salariés, tout a commencé en décembre 2012 quand l'un d'eux, salarié de la banque Pasche à Monaco, filiale du Crédit Mutuel, découvre des opérations douteuses au sein de l'établissement bancaire. Il alerte le dirigeant de la filiale, lequel élude le problème. Tenace, le salarié va voir deux autres collègues pour leur demander ce qu'ils pensent des opérations en question. Réponse unanime: au mieux, elles sont "étranges".

 

Puisque l'alerte à la direction n'a servi à rien, les salariés veulent se couvrir juridiquement pour ne pas être inquiétés au cas où la justice serait saisie de ce dossier. Début 2013, ils vont alors voir une avocate, Sophie Jonquet, qui leur demande des éléments afin d'étayer le dossier. Les trois salariés les obtiennent en mars. L'avocate dispose alors de suffisamment d'éléments pour prendre sa plus belle plume et écrire au grand patron du Crédit Mutuel-CIC afin de lui demander un rendez-vous pour lui exposer la situation. La lettre a des conséquences miraculeuses puisque, en mai 2013, elle est reçue par le directeur juridique du groupe. Elle explique que ses clients veulent juste que la situation soit réglée au sein de la filiale monégasque, et notamment que les opérations sur les comptes douteux soient analysées et clarifiées. Le rendez-vous est tendu, il dure trois heures, mais, quelques jours après, le président du conseil d'administration de la Banque Pasche, Christophe Mazurier, descend en personne à Monaco pour faire le ménage.

 

Seulement voilà:malgré cette visite, les comptes douteux continuent à fonctionner. D'autre part, fin juin, deux des "lanceurs d'alerte" reçoivent une lettre de licenciement et, le 12 juillet, le troisième est convoqué à un conseil de discipline pour répondre d'une "faute lourde". Enfin le Crédit Mutuel-CIC vend en août l'encombrante banque Pasche Monaco au groupe Haviland -la vente sera effective le 1er novembre 2013. Le "ménage" semble fait, mais pas dans le sens espéré par les lanceurs d'alerte...

 

Le trio ne se laisse pas intimider et fait déposer le 4 juillet 2013 par ses avocats une "dénonce" (terme juridique pour "dénonciation") auprès du parquet général de Monaco. Parallèlement, une action est lancée en novembre au tribunal du travail de Monaco (équivalent monégasque des prud'hommes) pour licenciement abusif. Preuve que les choses bougent à Monaco en matière de transparence financière, le parquet monégasque ouvre une action judiciaire quelques semaines à peine après le dépôt de la "dénonce" et le juge d'instruction Pierre Kuentz est saisi du dossier.

 

L'histoire aurait pu continuer normalement, avec une instruction, un procès éventuel, un jugement de la justice monégasque et de son tribunal du travail, mais, le 9 avril dernier, alors que les avocats du trio organisent une conférence de presse pour faire le point sur le dossier, c'est la stupeur dans la salle. Un huissier se présente et tend à l'une des avocates du trio une ordonnance du tribunal de grande instance de Lyon l'autorisant à enregistrer la conférence de presse. Il pose alors tranquillement un dictaphone sur la table des conférenciers sous les yeux de l’assistance, médusée.

 

L'ordonnance indique également que les clients de l'huissier, la Banque Pasche Monaco, le Crédit Mutuel, et le CIC, co-demandeurs, se réservent la possibilité de porter plainte contre l'avocate pour "atteinte à la présomption d'innocence". Questions: pourquoi le Crédit Mutuel était-il co-demandeur de l'ordonnance puisqu'il n'est plus concerné par la banque Pasche deMonaco, dans la mesure où il ne la possède plus ? Contacté par téléphone et courriel, le Crédit Mutuel n'a pas souhaité répondre.

 

Laurent Calixte

 

Challenges .fr

 

 

Partager cet article

15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 08:20

Atlantico : Selon les nouvelles projections du FMI, la croissance mondiale devrait être de 3,6 % cette année. Néanmoins l’institution reste plutôt sceptique sur les perspectives de croissance. Que faut-il comprendre ? Y a-t-il reprise ou non ?

 

Charles Sannat : Nous faisons face à une situation économique d’une complexité extrême. Pour comprendre ce qu’il se passe, il est impératif de sortir des incantations habituelles du type les marchés sont en hausse ou encore telle ou telle statistique du mois de février est en hausse de 0,1 % par rapport à la semaine précédente. Tout cela n’a aucun sens si ce n’est d’empêcher de voir le tableau d’ensemble. Il faut donc prendre de la hauteur et regarder ce qu’il se passe sur le moyen et long terme. Dans quelle tendance sommes-nous, qu’affrontons-nous ? Quels sont les défis à relever ?

 

Si vous reprenez l’évolution de la croissance ces 40 dernières années, alors un constat s’impose. La croissance moyenne de chaque décennie est beaucoup plus faible que la croissance de la décennie précédente. En clair ? La croissance tend vers 0. Nous y sommes. Il y a une grande logique économique à cela. Le capitalisme est intrinsèquement déflationniste. Il faut comprendre cette idée. Le système économique vise à faire toujours mieux avec toujours moins. C’est ce que l’on appelle la compétitivité ou encore les gains de productivité.

 

Comment voulez-vous parler de croissance comme le fait le FMI en annonçant un chiffre de 3,6 % sans parler de croissance « nette ». Cela n’a plus aucun sens économique ! Une croissance économique de 3 % du PIB réalisée grâce à une création monétaire de 8 % de ce même PIB équivaut en réalité à une récession de 5 %, or c’est exactement cela la réalité de la croissance mondiale. Nous avons évité pour le moment une récession durable uniquement parce que les États-Unis ont « imprimé » les billets nécessaires. Il n’y a pas actuellement de véritable création de richesses. Il s’agit de bulles spéculatives aussi bien sur les actions que sur les obligations ou encore sur l’immobilier dont les niveaux de prix restent très élevés (en particulier en France) puisque les taux d’intérêt sont encore très bas.

 

Cette crise a commencée « officiellement » avec la crise des subprimes en 2007. En réalité, elle est beaucoup plus ancienne et beaucoup plus profonde. Mais quand bien même nous ne retiendrions que cette date de 2007, cela fait 7 ans qu’elle a commencé ! 7 ans ! 7 ans que chaque année on s’interroge doctement sur la reprise ou non… Ce n’est pas cela qu’il faut se demander. Là encore il faut lever la tête et regarder au loin. Lorsque l’on parle d’une crise qui dure depuis 7 ans, on ne parle pas d’une petite crise ou d’un trou d’air passager.

 

Nous faisons face à un changement de paradigme.

 

Notre modèle économique, hérité de la révolution industrielle, était basé sur la consommation de masse nécessitant une masse d’ouvriers grâce à des matières premières et à de l’énergie abondante et pas cher. Si vous prenez les paramètres de ce paradygme économique, vous constatez que nous n’avons plus besoin de masse d’ouvriers et cela sera encore pire dans les 10 ans qui viennent avec la nouvelle rupture technologique liée à la robotique. Les matières premières se raréfient dangereusement et leurs coûts explosent dès que la croissance « repart ». Quant aux prix de l’énergie, ils sont anormalement élevés alors que la croissance n’est plus au rendez-vous. En 2008, le prix du baril atteignait même les 150 dollars…

 

Ce que je tente de vous démontrer, c’est qu’il ne peut plus y avoir de croissance telle que nous l’avons connu et telle que nous la connaissons pour une raison très simple. Si la croissance revient alors les prix de l’énergie et des matières premières vont exploser à la hausse comme ce fut le cas jusqu’en 2008 et cette explosion des prix viendra casser toute reprise, rendant illusoire toute idée de croissance forte et pérenne. Nous devons comprendre que nous touchons en réalité aux limites de notre modèle. La croissance infinie dans un monde fini est, par nature, une aberration intellectuelle.

 

Quels pourraient être les signes d’une reprise stable et durable ?

 

Charles Sannat : La colonisation d’une nouvelle planète serait un bon signe… Toutes les questions que se posent les gens tournent autour de cette idée de croissance. Voyez-vous la croissance revenir ? Quand la sainte croissance va-t-elle enfin se manifester ? Va-t-elle rester ?

 

La raison à cela est simple. « Lorsque votre seul outil est un marteau, alors tout ressemble furieusement à un clou ! » Tout notre système économique est un schéma de Ponzi basé sur cette idée de croissance infinie. Sans croissance forte, le système est voué à l’effondrement. Ce n’est qu’une question de temps. C’est la raison pour laquelle nous cherchons tous à savoir si la croissance va arriver. Nous l’attendons comme certains attendent la pluie et nous dansons pour la faire venir… évidemment sans succès.

 

Nous avons un besoin désespéré de croissance alors que nous devrions réfléchir aux solutions pour vivre dans un monde sans croissance. Nous devons affronter un monde profondément déflationniste, structurellement et durablement déflationniste. Cela ne veut en aucun dire que c’est la fin du monde. C’est juste la fin d’un système.

 

La triste vérité est que nous attendons des signes qui ne viendront pas car la croissance est désormais impossible. Impossible car nous sommes rentrés dans l’ère de la rareté. Rareté des matières premières et de l’énergie. Impossible car nous faisons face à une falaise démographique jamais vue dans l’histoire humaine avec le vieillissement de la population et le papy-boom actuellement en cours qui donnera lieu rapidement à un « dépendance-boom », et à un « décès-boom ». Il s’agit-là d’une pyramide des âges profondément déflationniste. La situation japonaise préfigure parfaitement le futur de l’économie mondiale car les mêmes forces sont à l’œuvre partout dans le monde. Au Japon, ils attendent la croissance non pas comme nous depuis 7 ans… mais depuis 30 ans.

 

À l’inverse, quelles sont les menaces qui pèsent sur la croissance mondiale ?

 

 

Charles Sannat : Elles sont multiples. Les prix et l’accessibilité à l’énergie et aux matières premières, la mondialisation et la globalisation de l’économie qui pèsent sur l’emploi dans les pays dits « développés », l’avènement de la révolution robotique avec la commercialisation dès 2015-2016 des premiers humanoïdes avec intelligence artificielle, évidemment les politiques monétaires plus ou moins accommodantes ou encore des niveaux d’endettement jamais atteints partout dans le monde et qui ne pourront être remboursés que si la croissance revenait sauf que… sauf que le coût de l’endettement finit aussi par peser durablement sur votre potentiel de croissance.

 

Les pays les plus économiquement stables ne sont-ils pas l’arbre qui cache la forêt ? On parle beaucoup de la reprise de l’emploi aux USA, qu’en est-il concrètement ?

 

 

 

Charles Sannat : L’Amérique du Nord comme l’Europe sont profondément malades et nous souffrons d’une maladie identique. Cette crise est beaucoup plus grave que celle de 1929 car dans les années 30 nous avions encore des possibilités évidentes d’accès aux ressources. Ce n’est plus le cas en 2014 avec plus de 7 milliards d’individus et une planète déjà fondamentalement dévastée. Concernant spécifiquement le cas de l’emploi américain… la taille de la population active aux USA n’a jamais été aussi faible depuis le milieu des années 60 alors que la population américaine a considérablement augmenté. Beaucoup d’Américains sont tout simplement exclus définitivement du marché du travail. L’économie n’a plus besoin de bras. C’est exactement la même chose en Europe et en France avec un taux de chômage qui, là encore, partout dans le monde dit « développé » monte inexorablement depuis… 40 ans !

 

La reprise aux États-Unis est purement monétaire et liée aux injections massives d’argent et aux taux bas. Pour chaque dollar de « croissance », il faut créer 4 nouveaux dollars qui viennent donc déprécier la valeur de la monnaie. Encore une fois, cela n’a aucun sens économique de parler de reprise lorsque pour 1 de richesse il faut créer 4 de nouvelle dette. Encore une fois, on veut espérer une croissance aux USA car l’économie américaine est la « locomotive » du monde. Si les USA vont mieux, alors nous finirons nous aussi par aller mieux. Le raisonnement est juste quoiqu’il ait aussi ses limites. Mais les USA n’iront pas mieux. L’Europe n’ira pas mieux. Faire la danse de la croissance en véhiculant un discours béatement optimiste ne fera pas pleuvoir la croissance, pas plus que mon discours ne l’empêchera de venir quand même !

 

La réalité, crue et difficile, c’est qu’il faut que chacun de nous se prépare à affronter un monde sans croissance et le meilleur service à rendre aux gens n’est pas de les faire espérer bêtement que ça ira mieux demain mais de les aider à prendre conscience qu’il faut qu’ils se préparent à un monde profondément différent.

 

Quelle est la feuille de route des grandes instances internationales (FMI, OMC) ?

 

Charles Sannat : C’est assez simple. Les États redoutent tous une chose : l’effondrement brutal du système économique. L’objectif des grandes nations, et donc des instances internationales, est de piloter au mieux cette transition afin d’éviter tout effondrement brutal et d’accompagner le plus en douceur possible cette transition d’un système économique déjà mort vers son successeur dont personne n’a encore la moindre idée de ce à quoi il devrait ressembler. La question est donc de savoir si cette transition douce est seulement possible.

 

 

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes »

 

http://www.24hgold.com/francais/actualite-or-argent-debat-marc-touati-charles-sannat-sur-le-retour-de-la-croissance-.aspx?article=5377072058H11690&redirect=false&contributor=Charles+Sannat

Partager cet article

13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 15:15

 

BERLIN (Reuters) - Le monde doit agir plus vite pour maintenir le réchauffement climatique dans les limites globalement admises ou il sera contraint de s'en remettre à des solutions technologiques coûteuses et encore aléatoires, estime le Giec dans le troisième et dernier volet de son cinquième rapport, publié dimanche.

 

L'étude du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), qui s'appuie sur le travail d'un millier d'experts, estime que la communauté internationale a les moyens d'assurer le passage de l'énergie fossile aux énergies renouvelables comme l'éolien, le solaire ou le nucléaire. Cette transition ne retirerait selon le Giec que 0,06 point de pourcentage par an à la croissance économique mondiale.

 

"Nous avons une fenêtre d'opportunité dans la prochaine décennie, au maximum dans les deux prochaines décennies", pour agir à moindre coût, a déclaré Ottmar Edenhofer, qui a coprésidé une réunion à Berlin du groupe d'experts de l'Onu.

 

"Je ne dis pas que cela ne coûtera rien. Je ne dis pas que la politique climatique est gratuite, mais cela vaut la peine de payer", a-t-il dit.

 

Le rapport, approuvé par les gouvernements, doit servir de document scientifique de référence aux pays qui négocient un accord de réduction des émissions de gaz à effet de serre en vue de la conférence de Paris sur le climat fin 2015.

 

Les gouvernements ont promis de limiter la hausse des températures à un maximum de 2 degrés Celsius par rapport à l'ère pré-industrielle pour éviter une multiplication d'événements climatiques extrêmes que le Giec juge liés au réchauffement.

 

L'organisme calcule cependant que pour remplir un tel objectif, il faudrait que les émissions de gaz à effet de serre atteignent un pic prochainement et chutent de 40 à 70% par rapport à leurs niveaux de 2010 d'ici à 2050, puis soient proches de zéro d'ici à 2100.

 

CAPTURER LE CO2

 

De telles baisses sont bien plus importantes que celles programmées par les gouvernements mais, insiste le Giec, retarder ces mesures ne fera qu'obliger le monde à recourir à des solutions techniques encore peu éprouvées.

 

Une de ces méthodes mentionnée par le Giec consisterait à brûler du bois, des récoltes, de la biomasse en général, pour produire de l'électricité tout en capturant les gaz à effet de serre dans les fumées et à les enfouir sous terre.

 

Cette technologie expérimentale permettrait de réduire la quantité de charbon dans le cycle naturel de croissance et de pourrissement des végétaux.

 

Mais il y a des risques, liés notamment au besoin de vastes surfaces pour faire pousser la biomasse, qui pourraient provoquer une poussée des prix alimentaires.

 

"On ne peut pas s'amuser à attendre en pariant sur des miracles technologiques qui surgiront pour nous sauver la mise", a déclaré Christiana Figueres, secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique.

 

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a jugé que chaque année d'inaction augmentait le coût futur de la lutte contre le réchauffement climatique. "Ce rapport montre très clairement que nous sommes confrontés à un problème de volonté globale, pas de capacité", a-t-il dit.

 

Le Giec estime avec une probabilité supérieure à 95% que le réchauffement climatique est dû aux activités humaines. Il juge que la part des énergies à faible émission de carbone, qui représentait 17% des énergies utilisées dans le monde en 2010, devra tripler ou quadrupler d'ici 2050 pour prendre le pas sur les énergies fossiles.

 

Ces énergies à faible émission peuvent englober les centrales à charbon, à gaz ou à fioul si elles utilisent le procédé de capture et séquestration du carbone (CCS), mais ce système reste expérimental.

 

Le canadien Saskatchewan Power Corp doit lancer cette année un projet de centrale à charbon CCS censée capturer annuellement un million de tonnes de dioxyde de carbone.

 

Les écologistes contestent cependant le procédé CCS de même que le recours au nucléaire et préconisent uniquement la transition vers les énergies renouvelables.

 

Le Giec publiera une synthèse des conclusions de son cinquième rapport d'évaluation, le premier depuis 2007, en octobre prochain.

 

(Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

 

© 2013 Thomson Reuters. All rights reserved.

 

http://www.boursorama.com/actualites/plus-le-monde-tergiverse-plus-le-co-t-sera-eleve-selon-le-giec-14a1faa2f3565be49fdbc4b2b442c24b

Partager cet article

Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog