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finances : vous reprendrez bien un peu de déconfiture ?

Publié le par ottolilienthal

les faillites d’entreprises devraient bondir de 25 % en 2020, selon Coface

L’assureur-crédit anticipe une explosion des défaillances dans le monde. Celle-ci s’annonce deux fois plus forte aux Etats-Unis que dans les principales économies d’Europe de l’Ouest.

Suite logique de la violente récession que devrait connaître l’économie mondiale en 2020, avec une production en recul de 1,3 %, les défaillances d’entreprises vont bondir de 25 %, selon les chiffres publiés lundi 6 avril par Coface. « Ce serait, de très loin, la plus forte hausse depuis 2009 [+ 29 %], quand bien même l’activité économique redémarrerait graduellement dès le troisième trimestre et qu’il n’y aurait pas de deuxième vague épidémique au second semestre », précise la société d’assurance-crédit spécialisée dans les échanges internationaux. La filiale du groupe Natixis prévoit aussi un net recul en volume des échanges internationaux de 4,3 %, après – 0,4 % en 2019, année marquée par la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine.

Cette explosion des défaillances d’entreprises s’annonce, d’après les économistes de Coface, deux fois plus forte aux Etats-Unis (+ 39 %) que dans les principales économies d’Europe de l’Ouest (+ 18 %). Sur le Vieux Continent, toutefois, le Royaume-Uni se détache, avec une prévision proche de celle des Etats-Unis. En France, où le président de la République s’était engagé, dès la mi-mars, à instaurer les mesures nécessaires pour éviter les faillites, « quoi qu’il en coûte », les défaillances pourraient augmenter de 15 %, contre 11 % en Allemagne, 18 % en Italie et 22 % en Espagne, anticipe Coface.

Dans un entretien accordé au Journal du dimanche, le 5 avril, le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, a notamment indiqué que la garantie des prêts bancaires promise par l’Etat (à hauteur de 300 milliards d’euros) avait déjà été sollicitée par « plus de 100 000 entreprises », soit, « sur huit jours, 20 milliards d’euros » de prêts garantis. Autre mesure-clé : la prise en charge du chômage partiel, qui concernait, le 3 avril, une entreprise du secteur privé sur quatre (soit 473 000 sociétés) et 5 millions de salariés.

Plans de sauvegarde et de redressement allongés

De plus, « en trois jours, 450 000 petites entreprises ont sollicité le fonds de solidarité », a précisé M. Le Maire. Ce dispositif prévoit une aide de 1 500 euros en cas de forte baisse du chiffre d’affaires. Les sociétés menacées de faillite peuvent obtenir un soutien supplémentaire de 2 000 euros. Enfin, l’ensemble des entreprises bénéficient d’un report du paiement des charges sociales et fiscales.

Autres dispositions pour prévenir les défaillances, l’assouplissement des procédures judiciaires. En France, le délai de quarante-cinq jours pour se déclarer en dépôt de bilan auprès du tribunal de commerce est allongé à trois mois après la fin de l’état d’urgence sanitaire, afin de permettre éventuellement à la société de profiter du redémarrage de l’économie. De même, les plans de sauvegarde et de redressement pourront être prolongés.

Toutefois, au dire de l’économiste Denis Ferrand, de Rexecode, le pic des défaillances pourrait survenir, paradoxalement, lors du redémarrage de l’activité et non au cœur de la crise. « Les dispositifs de soutien de l’Etat au moment du choc sont transitoires, souligne-t-il. Or, c’est au moment où la demande se redressera que les besoins en fonds de roulement des entreprises rebondiront. » Le report des charges sociales et fiscales, ainsi que d’autres postes comme les loyers, pourrait aussi être une bombe à retardement, décalant un certain nombre de difficultés à l’été, voire à l’automne, en fonction du calendrier du confinement et de la fin des mesures.

Publié le 06 avril 2020
Au Portugal, la possibilité d’une crise financière ravive des souvenirs douloureux
La crise qui se profile à l’horizon sera “20 fois pire” que celle des subprimes en 2007-2008, annonce le journal i. Et, selon les analystes financiers interrogés par le quotidien, les banques portugaises n’y sont pas du tout préparées.

C’est un titre pour le moins anxiogène que propose ce matin le journal i, qui contraste avec l’horizon bleu ciel et les illustrations de la une : “La nouvelle crise financière qui se profile à l’horizon sera ‘20 fois pire’ que celle des subprimes, survenue en 2007-2008.

Le quotidien annonce en ouverture de son dossier :

Les sonnettes d’alarme continuent d’être tirées concernant le risque d’une nouvelle crise financière. Le Portugal est-il désormais mieux préparé ? Les spécialistes que nous avons contactés assurent que non et rappellent les 18 milliards d’euros gaspillés pour sauver les banques du pays.”

Le “mauvais exemple” de Banco Espirito Santo

Pour ses lecteurs, le journal i détaille ce que le Portugal aurait pu faire avec cette somme : “Construire 27 ponts Vasco de Gama [qui se situe à Lisbonne] ou 157 hôpitaux publics, ou encore assumer les dépenses d’électricité des Portugais durant deux ans.”

“La crise dans le milieu bancaire est à nos portes”, appuie le quotidien, qui rappelle le traumatisme de Banco Espirito Santo (BES), la première banque du Portugal cotée en Bourse, qui s’est effondrée en 2014 sur fond d’irrégularités comptables. L’État portugais y avait injecté près de 4 milliards d’euros dans le cadre d’un plan de sauvetage, qui a eu un impact budgétaire équivalent à 2,8 % du PIB. Cinq ans plus tard, le journal i précise :

Cette affaire est aujourd’hui étudiée dans les meilleures universités américaines comme un exemple à ne pas suivre.”

La plus grosse calamité financière de l'histoire américaine

Personne ne semble s’en soucier, on l’explique et on la minimise… et pourtant, la dette US pourrait avoir des effets dévastateurs sur l’économie.

Aujourd’hui, nous abordons une chose dont personne ne se soucie beaucoup, même si elle menace d’engendrer la plus grosse calamité financière de l’histoire des États-Unis : La dette.

Un glorieux Valhalla ?

La dette US totale – publique et privée – approche désormais les 74.000 milliards de dollars. L’économie qui soutient cette dette a connu une croissance régulière, mais de loin pas assez rapide pour tenir le rythme.

Comme nous le faisons souvent remarquer, le temps, c’est de l’argent. Lorsque vous devez de l’argent, vous devez en réalité du temps. Or le temps n’est pas une chose que l’on peut bidouiller à son gré. Il passe… quoi que vous pensiez ou fassiez.

Historiquement, les Américains devaient 1,5 jour de futur travail pour chaque jour de labeur présent. En d’autres termes, le ratio dette/PIB atteignait en moyenne 1,5/1 durant les huit premières décennies du XXe siècle.

Ensuite, la dette a augmenté ; elle se monte désormais à 3,5 jours de futur PIB pour chaque jour de production actuelle.

Sommes-nous arrivés à un glorieux Valhalla, où les anciennes règles ne s’appliquent plus, où la dette n’a plus d’importance… où le temps n’est plus notre maître, mais notre serviteur ?

Plus de dette ? Pas de problème

Houlà… nous allons un peu trop vite. Ralentissons.

Il y a deux raisons pour lesquelles on dit que la dette n’est pas un problème. La première, donnée par l’économiste Paul Krugman & co., est que « nous nous la devons à nous-mêmes ». La deuxième, proposée par Donald Trump, l’économiste Gale Pooley et d’autres, est que nous « nous en sortirons par la croissance ».

Nous pouvons facilement jeter la première raison à la poubelle. Le fait que « nous nous la devons à nous-mêmes » n’est qu’une identité comptable. Pour chaque débiteur, il y a un créditeur. Pour chaque dollar de débit, il y a un dollar de crédit. Pour chaque chiffre négatif du côté gauche du registre, il y a un chiffre positif du côté droit.

C’est juste une manière de suivre les choses, pour les comptables. Dans le monde réel, ce « nous » est trompeur. Certains doivent. D’autres reçoivent.

John travaille pendant 20 ans. Il épargne son argent. Il le prête à Tom. John a un crédit équivalent au débit de Tom. « Nous » sommes quittes.
John pense avoir 20 ans de travail et d’épargne qui lui reviendront, sur lesquels il a l’intention de prendre sa retraite. Si l’on part du principe que Tom peut gagner et épargner de l’argent au même rythme que John, le premier devra consacrer 20 ans de futur travail et épargne pour régler sa dette envers le second.

On est quitte… ou pas

Toute dette est essentiellement un contrat entre le passé et l’avenir. L’argent ne peut être prêté que s’il a été gagné dans le passé. Ensuite, il ne peut être remboursé que s’il est à nouveau gagné… dans l’avenir.

Et si Tom ne peut pas payer ? 20 ans de travail et d’épargne seront perdus. Le monde sera plus pauvre en conséquent, et le pauvre John devra travailler aussi longtemps qu’il le peut.

Sur le papier, Tom doit peut-être à John exactement la somme qu’il avait empruntée… et John a peut-être un crédit exactement équivalent à la somme prêtée.

Mais cela n’a aucun sens. Une dette qu’on ne peut pas rembourser, qu’on la doive à « nous-mêmes » ou au roi de Siam, n’a aucune valeur.

Attendez une minute. John va passer cette dette en pertes et profits. Il perdra de l’argent. Mais Tom sera libéré de son obligation de payer. John sera plus pauvre. Mais Tom sera plus riche. On est toujours quitte, non ?

Non. Tom a pris l’épargne de John et l’a dépensée. Cette richesse n’existe plus. « Nous » sommes plus pauvres.

Un mensonge apaisant

À présent, examinons l’autre mensonge apaisant – selon lequel nous sortirons de la dette « par la croissance ».

Comme le souligne Krugman lui-même, dans l’urgence de la Seconde guerre mondiale, le gouvernement américain avait emprunté une gigantesque somme d’argent. Mais, au cours des décennies qui suivirent, l’économie s’est développée plus rapidement que la dette. Ainsi, comme une star de cinéma vieillissante, la dette de l’ère de la Deuxième guerre mondiale a disparu petit à petit.

En 1948, elle se montait à 126% du PIB ; en 1980, elle était tout juste reconnaissable à 42% du PIB.

S’en sortir par la croissance ne fonctionne que si l’urgence passe et que le PIB se développe plus rapidement que la dette.

Actuellement, sans bombardiers japonais au-dessus des têtes… et sans chars de la Wehrmacht roulant sur les Champs-Elysées… le PIB américain se développe d’environ 2% par an. La dette américaine, cependant, croît d’environ 1.000 milliards de dollars par an… soit 5% à peu près.

Comme nous l’avons souligné hier, cette explosion de dette se produit moins de deux ans après une grosse réduction d’impôts censée stimuler la croissance du PIB… et alors que nous sommes dans les dernières phases d’un boom de 10 ans.

Qu’arrivera-t-il lorsque le boom prendra fin ?

Nous y viendrons dans un instant. D’abord, qu’en est-il de l’argument de M. Pooley ?

Selon lui, les mesures du PIB ne tiennent pas compte des améliorations technologiques… et, grâce à tous ces progrès, la dette ne sera pas un problème. Après tout, le nouvel iPhone est 120 fois plus puissant que le premier, tandis que le nouveau Ford F150 compte 600 microprocesseurs. Voilà qui aidera Tom à payer ses factures, non ?

Voyons voir… comment est-ce que ça fonctionne ?

En théorie, diront les technophiles, l’innovation et l’invention donneront à Tom un rendement plus élevé sur son temps. Sauf qu’on ne peut pas rembourser ses dettes en puissance informatique. On les paie en argent. Et d’où vient l’argent ? Du temps passé à travailler.

L’inflation ou la mort

Le taux de croissance des salaires baisse depuis 40 ans. En dépit de plus d’innovations que jamais au cours de l’Histoire, les salaires réels aujourd’hui ne sont pas plus élevés que dans les années 70.

À présent, à la fin du cycle, il paraît que les salaires augmentent de près de 5% par an. Mais une fois la crise engagée, cette croissance des salaires disparaîtra rapidement… alors même que la dette augmente plus encore.

Et ensuite ? Tout le monde sait ce qui va se passer.

Peu importe qui sera à la tête du pays, les États-Unis sont dans un piège « l’inflation ou la mort ». Personne ne veut voir le boom prendre fin, par ailleurs. On continuera donc à gonfler la bulle…

Entreront en piste l’assouplissement quantitatif, les programmes d’infrastructures… les crédits d’impôts… l’annulation des dettes étudiantes… l’augmentation des prestations sociales… et toutes les autres gabegies censées aider Tom à payer ses factures !

Durant la crise qui se dessine, les déficits US augmenteront à 2.000 milliards de dollars par an ou plus. La dette gouvernementale passera à 40.000 milliards de dollars… et au-delà. La dette totale – y compris celle des ménages et des entreprises – dépassera les 100.000 milliards de dollars. 

Progressivement… puis brutalement… les prix à la consommation grimperont. Et à partir de là, ce sera une affaire toute différente.

 

 «Le krach qui vient»

 

 La croissance mondiale ralentit très fortement. La progression du commerce international a chuté. L’économie mondiale se trouve à un point de bascule.

Les orages n’éclatent pas seulement dans les ciels bleus mais aussi dans les horizons chargés. Les krachs ont en commun de naître de l’augmentation incontrôlée et de la gratuité des moyens de paiement qui favorisent le gonflement de bulles spéculatives. Ils éclatent quand les profits gonflés par l’euphorie diminuent et ne permettent plus de rembourser les dettes accumulées. L’économie mondiale se trouve précisément à ce point de bascule.

La croissance mondiale ralentit très fortement, revenue à 2,9 %, soit son plus faible niveau depuis dix ans. La progression du commerce international a chuté de 4,6 % à 1,2 % en deux ans sous l’effet de la généralisation des mesures protectionnistes. L’industrie, qui avait été au cœur de la mondialisation et des «quarante glorieuses» chinoises, se trouve frappée de plein fouet par la guerre commerciale et technologique, expliquant la chute de l’activité en Chine, en Allemagne, qui s’apprête à entrer en récession, ou en Corée du Sud.

Au total, les dettes publiques et privées culminent à 250.000 milliards de dollars, soit 320 % du PIB mondial, entraînant une floraison de bulles spéculatives de l’immobilier au private equity en passant par le marché de l’art. Sous l’apparence de liquidités illimitées et de records boursiers pointent deux réalités. D’un côté, les introductions en Bourse sont à l’arrêt et les opérations de fusion-acquisition en recul de plus de 12 % depuis le début de l’année. De l’autre, le secteur financier, pris en tenaille entre les taux négatifs et les fintechs, prend des risques déraisonnables en termes de prêts à des entreprises et des ménages de plus en plus fragiles pour entretenir l’activité et en termes de placements dans des actifs de plus en plus illiquides et risqués pour générer de la rentabilité. Ceci est tout particulièrement vrai en Europe où une partie du secteur bancaire n’a pas été restructurée, notamment en Allemagne, et où les activités les plus rentables sont monopolisées par les institutions américaines.

La crise de crédit est ouverte

La bulle sur les actifs technologiques montre des signes d’éclatement. En 2018, plus de 134 milliards de dollars ont été investis dans les start-up aux États-Unis, dont une partie ne capitalise que des promesses de pertes. L’annulation de l’introduction en Bourse de WeWork venant après les échecs d’Uber, de Lyft, Slack ou Peloton, marque le retour des investisseurs à la raison. Mais ce changement pourrait être fatal à des entreprises comme SoftBank, dont le fonds Vision Fund a investi 97 milliards de dollars, levés au Moyen-Orient et en Asie, dans des entreprises technologiques dont bon nombre ne présentent aucun espoir de rentabilité.

Au plan structurel, les bouleversements provoqués par la révolution numérique et l’indispensable transition écologique

La crise de crédit est désormais ouverte pour les États et les entreprises les plus vulnérables. En témoignent l’Argentine, au bord d’un neuvième défaut en dépit d’une aide sans précédent de 57 milliards du FMI en 2018, la situation critique de la Turquie et de l’Afrique du Sud. Simultanément se multiplient les faillites d’entreprises zombies fondées sur des empilements de crédits et de dettes, à l’image de Thomas Cook ou des compagnies aériennes Aigle Azur et XL Airways.

Ces alertes ont pour toile de fond trois évolutions. Au plan conjoncturel, l’épuisement du cycle d’expansion qui a débuté en 2009 aux États-Unis et les désordres croissants provoqués par une politique monétaire ultra-expansionniste: le jugement de Maurice Allais est pleinement confirmé qui soulignait, lors de la crise asiatique de 1997, que «le mécanisme actuel de la création de monnaie par le crédit est certainement le cancer qui ronge les économies de marché». Au plan structurel, les bouleversements provoqués par la révolution numérique et l’indispensable transition écologique. Au plan géopolitique, la remontée en flèche des risques, sous l’effet de la nouvelle guerre froide entre les États-Unis et la Chine, de l’ascension des violences à Hongkong, de la montée des tensions dans le Golfe et du chaos créé par le Brexit, qui confortent la volatilité des marchés.

Les autorités politiques, qui se sont entièrement reposées sur les banques centrales pour piloter la sortie du krach de 2008, doivent désormais ouvrir les yeux sur les risques d’un nouveau choc financier. Sa violence sera en effet démultipliée par l’augmentation du stock des dettes et sa gestion rendue beaucoup plus difficile par la démondialisation impulsée par Donald Trump.

Les priorités sont claires. Se préparer à activer tous les leviers de la politique économique, y compris l’arme budgétaire pour les pays qui, comme l’Allemagne et l’Europe du Nord, en ont les moyens. Mettre fin à la zizanie mortifère au sein de la BCE et renforcer la zone euro par la réalisation de l’union bancaire et des marchés de capitaux. Réintégrer la finance de l’ombre et les fintechs dans la supervision des risques systémiques. Améliorer le filet de sécurité européen et mondial pour abonder la liquidité internationale en cas de choc. Et, enfin, préserver le système multilatéral et la possibilité de stratégies concertées pour éviter un effondrement des échanges et des paiements mondiaux.

 

Nicolas Baverez
Mis à jour le 06/10/2019

Nicolas Baverez:« La folie de l’argent gratuit »

 

 

 

L’expansion monétaire incontrôlée qui se répand dans le monde est dangereuse et irresponsable.

 

De la spéculation sur les tulipes à Amsterdam au XVIIe siècle aux krachs de 1929 et 2008 en passant par la banqueroute de Law en 1720, les bulles autour des actions des chemins de fer au XIXe siècle, de l’automobile au XXe siècle, du numérique au XXIe siècle, tous les grands chocs du capitalisme ont pour point commun l’augmentation incontrôlée et la gratuité des moyens de paiement. Tous sont nés des mêmes illusions mêlant la foi dans une prospérité illimitée, la fascination pour les fortunes rapides, l’émancipation des contraintes d’équilibre financier, monétaire ou budgétaire au nom d’un mode de croissance, d’une révolution technologique ou d’une configuration géopolitique présumés inédits et différents.

Onze ans après le pire krach du capitalisme depuis 1929, la politique monétaire n’a jamais été aussi expansive.

 

Sous la pression des autorités politiques qui remettent de plus en plus en cause le principe de leur indépendance, les banques centrales arbitrent en faveur du soutien à tout prix de l’activité. Aux États-Unis, la Fed a interrompu la réduction de la taille de son bilan, qui atteint 3 800 milliards de dollars, et baissé ses taux de 0,25 % pour la première fois depuis 2008. En Europe, la BCE, sous l’impulsion de Mario Draghi, prépare le lancement d’un nouveau programme de rachat d’actifs et une baisse des taux, déjà à un plancher historique (- 0,40 %). Dix banques centrales ont baissé leurs taux au deuxième trimestre 2019 et huit en juillet. Depuis 2014, les taux d’intérêt négatifs se sont ainsi généralisés au Japon puis en Europe.

 

Le premier effet de la diminution des taux consiste à lever toute contrainte sur l’endettement des États. L’expansion monétaire va donc de pair avec des relances budgétaires, à l’image des États-Unis, où le déficit public atteindra 1 000 milliards de dollars en 2020, soit 5,5 % du PIB, au moment où le taux de chômage (3,7 %) est au plus bas depuis 1969. La frénésie de l’emprunt s’étend désormais aux ménages, notamment pour financer leurs investissements immobiliers, et aux entreprises, notamment dans les secteurs d’activité les plus exposés à la révolution numérique ainsi que dans les régions les plus fragiles comme l’Europe du Sud.

 

La pénalisation de l’épargne contribue à la déstabilisation des classes moyennes des pays développés et nourrit le populisme

 

L’expansion monétaire incontrôlée qui se répand dans le monde est dangereuse et irresponsable. Sur le plan économique, elle ne soutient que marginalement l’économie réelle car si les banques centrales savent émettre des moyens de paiement, elles ne peuvent en contrôler l’usage et l’affectation.

 

Les liquidités déversées, loin d’aller en priorité à la production et à l’investissement pour améliorer la croissance potentielle et la productivité, ont conforté les rentes, les entreprises en situation d’oligopole et les inégalités.

 

Sur le plan financier, les banques sont ruinées par les taux négatifs, ce qui se traduit par la montée de la « finance de l’ombre » avec un basculement des actifs vers le secteur financier non bancaire. Sur le plan politique, la pénalisation de l’épargne contribue à la déstabilisation des classes moyennes des pays développés et nourrit le populisme.

 

Surtout, l’argent facile et gratuit constitue une machine à distribuer du pouvoir d’achat fictif et à créer des bulles spéculatives qui se généralisent, de l’immobilier à l’art contemporain en passant par les dettes souveraines ou les actions et les obligations à haut rendement pour les entreprises. La récession n’est donc reportée qu’au prix de la préparation méthodique d’un nouveau krach qui entraînera l’effondrement de l’activité et de l’emploi, des prix et des revenus. Or l’accélération actuelle de l’expansion monétaire et budgétaire prive dans le même temps les autorités politiques et les banques centrales de toute capacité de réaction. Par ailleurs, le travail de sape poursuivi par Donald Trump contre les institutions multilatérales limite les possibilités de coopération internationale et de stratégies concertées qui jouèrent un rôle décisif pour endiguer les risques de déflation mondiale en 2008.

 

La monnaie demeure le plus puissant et le plus rapide des instruments de politique économique. Il est indispensable de l’activer en période de krach ou de déflation, mais non pas en période de plein-emploi pour conforter la surchauffe. Il est par ailleurs illusoire de se reposer sur elle pour reporter ou éluder les réformes structurelles nécessitées par le vieillissement démographique, la révolution numérique ou le changement climatique.

 

L’argent gratuit est une addiction économique qui ne peut connaître d’issue heureuse. Sa fin est connue : le krach, dont seul le moment reste incertain

 

L’argent gratuit est une addiction économique qui ne peut connaître d’issue heureuse. Sa fin est connue: le krach, dont seul le moment reste incertain. Son risque ultime n’est autre que l’effondrement de la monnaie, à l’image du Zimbabwe ou du Venezuela.

 

Face au net ralentissement de la croissance mondiale (3 %) et du commerce international (2,5 %), la priorité doit être donnée à la reconstitution des marges de manoeuvre budgétaires et monétaires, au renforcement de la zone euro par la réalisation de l’union bancaire et des marchés de capitaux, à l’amélioration du filet de sécurité mondial pour abonder la liquidité internationale en cas de choc (actuellement doté de 4 000 milliards de dollars), à la préservation du système multilatéral pour gérer les risques systémiques du capitalisme universel.

 

C’est à raison qu’Ernest Hemingway rappelait que «la première panacée pour une nation mal dirigée est l’inflation monétaire, la seconde est la guerre. Les deux apportent prospérité temporaire et destruction indélébile. Les deux sont le refuge des opportunistes économiques et politiques ».

 

Nicolas Baverez Mis à jour le 05/08/2019

 

 

Dette US : ce sont les contribuables qui perdent
Photo by Allef Vinicius on Unsplash

Qui se préoccupe encore de vertu budgétaire ? Pas les soi-disant “conservateurs” américains, en tout cas – et tant pis pour leurs électeurs, qui sortiront pourtant perdants…

 

Par Bill Bonner.

Il ne reste sans doute plus guère de conservateurs budgétaires au Congrès US – et ceux qui sont encore là doivent avoir senti une lame acérée s’enfoncer dans leur dos mardi dernier.

Du Washington Post :

“Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants US, est arrivée à un accord de principe lundi permettant d’augmenter de 320 milliards de dollars la limite de dépense et de suspendre le plafond de dette fédérale jusqu’à après l’élection présidentielle de 2020.”

L’accord ainsi obtenu est une capitulation si abjecte… un rejet si lâche des principes conservateurs… que l’on se pose la question : Pourquoi les républicains ont-ils accepté une telle chose ?

Les républicains eux-mêmes semblent l’ignorer.

C’est « un compromis », selon David Perdue, représentant républicain de la Géorgie.

« Sans commentaire », a dit Mitt Romney, de l’Utah.

Aujourd’hui, c’est le parti de Donald J. Trump qui a trouvé les mots justes pour décrire l’accord :

« C’est un vrai compromis pour donner une belle victoire de plus à notre Super Armée et aux Vétérans ! »

La bataille du porte-monnaie

Le Pentagone a peut-être essuyé des revers en Corée, au Vietnam, en Irak et en Afghanistan, mais il est le grand vainqueur de son combat le plus important – la bataille du porte-monnaie.

Oui, cher lecteur, comme prévu, la Maison Blanche et le Congrès sont parvenus à un accord budgétaire, prouvant ainsi qu’on ne laissera rien se mettre en travers du chemin de l’inflation – que ce soit les plafonds de dette, la prudence, la prévoyance ou le bon sens.

Avec cet accord, le cash continue d’affluer pour la défense… mais aussi pour les gabegies internes. Les dépenses fédérales US sur l’année fiscale actuelle dépasseront celles de l’année dernière de 420 milliards de dollars. En d’autres termes, les dépenses augmentent au rythme de 10 % – soit trois à quatre fois plus vite que le PIB. Cela met le déficit à près de 5 % du PIB – plus haut que l’Italie… ou même l’Argentine.

Cela met également les États-Unis en bonne voie pour une dette gouvernementale de 40 000 milliards de dollars d’ici la fin de la prochaine décennie… avec des déficits de 10 %.

C’est ce qu’il arrivera lorsque la prochaine récession se produira enfin. Les déficits et la dette exploseront, tandis que les programmes de dépenses d’infrastructures et la chute des revenus s’emballeront.

Pourquoi les républicains ont-ils accepté cela ? Stephen Moore, du journal The Hill, a sa propre réponse ; nous avons la nôtre. Commençons par Moore :

“D’abord parce qu’une fois de plus ils ont accepté de donner aux démocrates, quasiment au dollar près, ce que ces derniers voulaient pour les programmes sociaux, afin de capter les votes démocrates pour de nouvelles dépenses militaires. C’est un mauvais compromis et les contribuables en sont les perdants. Deuxièmement, je soupçonne que, en dépit de la rhétorique moralisatrice sur des budgets équilibrés, les républicains au Congrès ne veulent pas plus réduire les dépenses que les démocrates – si bien qu’ils n’ont pas beaucoup résisté.”

Notre réponse est plus simple : l’inflation ou la mort.

La nouvelle théorie

Les dirigeants ont appris que, politiquement, les déficits n’ont pas d’importance.

Ni les républicains ni les démocrates, ni le Congrès ni la Maison Blanche, ne s’en inquiètent. L’inflation des prix à la consommation est basse. L’inflation du prix des actifs est géniale, selon eux. Et le public ne s’inquiète pas plus de la santé financière du pays que les politiciens.

Qui plus est, les politiques ont une nouvelle théorie – la Théorie monétaire moderne – qui leur affirme qu’ils peuvent dépenser autant qu’ils le veulent… tant que les prix à la consommation ne grimpent pas trop.

Plus important encore, le pays a besoin de plus d’argent factice, plus de taux d’intérêts factices et plus de croissance factice. Soit on maintient le flot d’argent et de crédit… soit la bulle implose.

Washington veut davantage d’usines à gaz. Les investisseurs attendent le Dow à 30 000 sous quelques mois. Et le public – qui est toujours le dernier à comprendre ce qui se passe – nie les preuves qu’il a sous les yeux et croit que les États-Unis ont « la meilleure économie de tous les temps ».

Tout ce qui importe, désormais, c’est de faire en sorte que le bal continue – l’emprunt… les dépenses… et le boom factice.

Moore a raison : l’armée et ses compères obtiennent plus d’argent (nous y reviendrons). Les étudiants peuvent perdre du temps à l’école aux frais du public. Et des millions de personnes dans tout le pays sont heureuses de toucher quelques allocs grâce à l’un ou l’autre des programmes gouvernementaux.

Mais les contribuables sont les principaux perdants.
 

Grand débat : la note édifiante de Bercy sur l'état des finances publiques

Dans une note publiée sur le site dédié au grand débat et repérée par « L'Opinion », Bercy liste les dépenses de l'État rapportées à un budget de 1 000 euros.

 

La morale du document : « Les finances publiques de la France sont marquées par le niveau de dépenses publiques le plus élevé des pays développés. »

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Mensonge.

Le nuage s’est arrêté à la frontière, dormez tranquillement. Mensonge.

Les banques sont solides. Dormez braves gens. Mensonge.

Les exemples sont multiples. Les « fake news » les plus dangereuses sont en réalité les mensonges d’État, et ils sont nombreux. Trop nombreux.

Le coup de tonnerre vient du Financial Times, qui nous explique qu’ils ont délibérément menti sur la gravité de la situation.

Pendant qu’ils écrivaient que tout se passerait bien, les mêmes journalistes faisaient la queue dans leurs banques pour récupérer leur pognon avant que vous ne perdiez le vôtre…

Mais ce mensonge n’est pas grave, car comme le dit ce journaliste du Financial Times, « Le droit à la liberté d’expression ne nous donne pas le droit de crier au feu dans un cinéma bondé ; il y avait le risque d’un incendie, et nous aurions pu allumer l’étincelle en criant à ce sujet ».

Il n’y a pas de censure, il y a le principe de « responsabilité ».

Pour justifier que l’on ne parle pas d’un sujet, il y a ce principe bien pratique de « responsabilité ». Je suis responsable donc je me tais.

Mais responsable de quoi ?

Être responsable est une bonne chose, mais de quoi le système médiatique est-il responsable désormais ?

D’une chose simple.

De la stabilité du système en place.

Fallait-il avoir peur de dénoncer certains errements de ce système économique avant qu’il ne provoque un effondrement mondial avec son cortège de malheurs humains ? Facile d’invoquer la « responsabilité » à la fin quand on a été irresponsable tout au long de la montée d’un processus qui nous menait à une catastrophe prévisible.

La « responsabilité », le cache-sexe de l’irresponsabilité et de la complaisance.

L’affaire Benalla ne devrait pas avoir lieu si tout le système médiatique faisait son travail. Pourtant, il se contente de plaire et de cirer les pompes. Irresponsabilité.

Irresponsabilité du même système quand vous n’entendez personne critiquer ni mettre en garde (ou si peu) contre les politiques monétaires des banques centrales qui sont une fuite en avant particulièrement risquée.

Irresponsabilité toujours quand on voit chaque année la dette de la France grossir inexorablement nous menant à la faillite, et l’on sait quelles funestes conséquences attendent un pays en faillite. Là encore, silence coupable, et quand ceux qui savent iront chercher l’argent de leur contrat d’assurance vie, ils ne vous diront rien… par « responsabilité » pour ne pas… déclencher la panique, parce que vous comprenez, « Le droit à la liberté d’expression ne nous donne pas le droit de crier au feu dans un cinéma bondé ».

C’est beau de savoir se mentir à ce point-là pour encore mieux justifier les mensonges aux autres.

Le mieux c’est de ne pas être irresponsable en camouflant tant qu’il en est encore temps plutôt que d’attendre de devoir être « responsable » quand les conséquences de la vérité pourraient être désagréables. Ce type de problèmes et de dilemmes moraux ne devraient pas se produire.

Voilà ce que dit John Authers, Chief Markets Commentator et Associate Editor pour le Financial Times

« Il est temps d’admettre qu’un jour j’ai délibérément caché des informations importantes aux lecteurs. C’était il y a dix ans, la crise financière était à son comble, et je pense avoir fait ce qu’il fallait. Mais dix ans après la crise de 2008 (nos premières pages de la période sont sur ft.com/financialcrisisis), j’ai besoin d’en parler.

Le moment est arrivé le 17 septembre, deux jours après la faillite de Lehman. Ce mercredi a été – pour moi – le jour le plus effrayant de la crise, lorsque la finance mondiale s’est rapprochée le plus de la faillite totale. Mais je n’ai pas écrit autant dans le Financial Times.

Deux nouvelles cruciales avaient été diffusées mardi soir. Premièrement, AIG a reçu un renflouement de 8,5 milliards de dollars. Elle en avait besoin parce qu’elle devait payer des opérations de swaps sur défaillance qu’elle avait garanties. Sans ces garanties, les obligations figurant au bilan des banques et considérées comme sans risque seraient plutôt considérées comme sans valeur. Cela rendrait instantanément de nombreuses banques qui les détiennent techniquement insolvables. Un échec d’AIG, de l’avis de beaucoup, signifierait un effondrement instantané du système bancaire européen, qui détenait un crédit américain très dégradé.

Le fait que les États-Unis aient craché tant d’argent suggère que les garanties d’AIG ne sont pas dignes de confiance – alors quelle garantie pourrait être bonne pour un prêt ?

Entre-temps, le Reserve Fund, le plus important fonds commun de placement indépendant du marché monétaire américain, a annoncé une perte sur ses avoirs en obligations Lehman. Par conséquent, son prix serait inférieur à 1 $ l’action.

C’était terrifiant parce que les fonds du marché monétaire, qui détiennent des obligations à court terme, étaient considérés comme garantis. Aucun fonds du marché monétaire n’avait jamais « cassé le dollar » (ou n’était tombé en dessous d’un prix de 1 $).

Les fonds étaient des clients essentiels pour la dette à court terme. Sans eux, comment les banques ou les grandes entreprises pourraient-elles se financer elles-mêmes ? Les investisseurs se sont précipités pour retirer de l’argent des fonds monétaires, tandis que les gestionnaires des fonds ont abandonné les obligations de sociétés pour la sécurité des bons du Trésor.

C’était une course sur la banque. La solvabilité des plus grandes banques de Wall Street était en cause. Dans le chaos, le rendement des bons du Trésor est tombé à son plus bas niveau depuis Pearl Harbor. Les gens désespérés avaient besoin de sécurité ; les taux d’intérêt n’avaient pas d’importance.

Contrairement à ce qui s’était passé en 2007 sur Northern Rock au Royaume-Uni, rien de tout cela n’était visible. Il n’y a pas de file d’attente autour du pâté de maisons pour acheter des bons du Trésor. Mais les Wall Streeters, à qui j’ai parlé, pensaient que le système bancaire risquait d’échouer.

En fait, j’avais beaucoup d’argent liquide sur mon compte bancaire, à la Citibank. J’étais au-dessus de la limite couverte par l’assurance-dépôts américaine, donc si Citi faisait faillite, un événement autrefois inconcevable que je pouvais maintenant imaginer, je perdrais de l’argent pour de bon.

À l’heure du déjeuner, je me dirigeais vers Citi, prévoyant de retirer la moitié de mon argent et de le mettre sur un compte à la succursale Chase d’à côté. Cela doublerait l’argent que j’avais assuré.

Nous étions dans le centre de Manhattan, entourés de bureaux de banque d’investissement. Chez Citi, j’ai trouvé une longue file d’attente, tous des Wall Streeters bien habillés. Ils faisaient la même chose que moi. À côté, Chase était aussi plein de banquiers anxieux.

Elle m’a demandé si j’étais mariée et si j’avais des enfants. Puis elle a ouvert des comptes pour chacun de mes enfants et un compte joint avec ma femme. En quelques minutes, j’avais quadruplé ma couverture d’assurance-dépôts. J’étais maintenant exposé à l’Oncle Sam, pas à Citi. Avec un sourire, elle m’a dit qu’elle avait fait ça toute la matinée. Ni elle ni son amie à Chase n’avaient jamais eu de demandes pour faire cela jusqu’à cette semaine.

J’avais un peu de mal à respirer. Il y a eu une ruée vers les banques, dans le quartier financier de New York. Les gens qui paniquaient étaient les Wall Streeters qui comprenaient le mieux ce qui se passait.

Tout ce dont j’avais besoin, c’était d’avoir un photographe pour prendre quelques photos des banquiers bien habillés qui faisaient la queue pour leur argent, et d’écrire une légende pour l’expliquer.

Nous n’avons pas fait cela. Une telle histoire en première page du FT aurait pu suffire à pousser le système à l’extrême. Nos lecteurs n’ont pas été avertis, et le système s’est mis à paniquer sans le produit final.

C’était la bonne décision ? Je pense que oui. Tous nos concurrents ont également évité les photos des succursales de la banque de Manhattan. Le droit à la liberté d’expression ne nous donne pas le droit de crier au feu dans un cinéma bondé ; il y avait le risque d’un incendie, et nous aurions pu allumer l’étincelle en criant à ce sujet… »

Mais ce n’est pas tout et sans doute pas le plus grave…

Le plus grave c’est qu’il recommence et conclut son article en vous disant de dormir… tranquille !

« Dix ans plus tard, les banques américaines sont pratiquement les seuls acteurs du monde financier à être nettement plus sûrs qu’auparavant. Elles ont accumulé du capital, et le risque d’un effondrement soudain est maintenant beaucoup plus lointain.

Le problème aujourd’hui, c’est que l’élimination de ce risque a entravé la réduction des autres risques.
Aujourd’hui, les risques résident dans le gonflement des prix des actifs, dans les investissements à effet de levier et dans les fonds de pension qui les détiennent.

La prochaine crise ne concernera pas les banques, mais les fonds de pension qui, en se dégonflant, laisseront une génération sans assez d’argent pour la retraite.

La mauvaise nouvelle, c’est qu’il s’agit d’une crise dont la solution peut toujours attendre un autre jour.
Les politiciens peuvent l’ignorer.

La bonne nouvelle : je n’ai pas besoin de me taire cette fois-ci. »

Traduction ?

Les banques ne sont pas plus sûres, la bulle des actifs est terrible et ce sont les banques qui financent ces actifs en « bulle », les fonds de retraite sont en faillite et les anciens n’auront plus de pension, les taux sont bas et, remontant, peuvent provoquer un krach d’anthologie… y compris la faillite d’États devenant insolvables, alors que le capital « accumulé » par ces banques est placé… en obligations d’États en faillite virtuelle.

C’est vrai, c’est sûr, cette fois, personne n’est obligé de se taire, raison pour laquelle, semble-t-il, tout le monde se précipite pour vous expliquer les véritables risques qui pèsent sur nos économies, sur votre épargne, et justement la guerre sans merci que livrent les banques centrales pour tenter d’éviter que le pire ne se produise.

 

Charles SANNAT  13 Sep 2018

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Source Financial Times via Silverdoctors ici

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Paul 01/07/2016 11:49

Bonjour,
Je ne savais pas que les banques pouvaient utiliser le dépôt des épargnants en cas de crise. C’est gentil d’avoir partagé cette information.
A+