réchauffement climatique et permafrost..

Publié le par ottolilienthal

La principale route de l’Alaska est en train de fondre

 

Une route stratégique reliant Dawson Creek au Canada à Fairbanks en Alaska subit des mouvements de terrain en raison du dégel. La faute au réchauffement climatique, selon les scientifiques.

 

 

“Sur certains segments de cette route longue de 1 387 miles [2 232 km], l’instabilité du sol est telle que l’asphalte est gondolé par endroits.” Voilà l’image que présente aujourd’hui l’une des plus importantes autoroutes de l’Alaska, explique Bloomberg.

 

 

Pourtant, à sa construction en 1942, la route était “une démonstration de l’ingéniosité américaine”, explique le site. Aujourd’hui, elle a un rôle clé dans l’infrastructure de la région, où elle fait office “d’artère principale qui relie ‘la Dernière Frontière’[surnom de l’Alaska] au Canada et au nord-ouest des Etats-Unis, amenant les touristes jusqu’aux bateaux de croisière en Alaska, acheminant des aliments, des provisions et des médicaments aux villes reculées, ainsi que l’équipement pour les champs de pétrole et les mines, qui sont le nerf de la guerre dans la région”.

 

Mais si cette route également prisée des voyageurs en quête d’aventures est dans ce piteux état, c’est la faute au réchauffement climatique, selon les scientifiques. Une couche de permafrost – une partie de terre ou de sédiments gelée en permanence – située en dessous de la route a commencé à fondre, explique Bloomberg. “La surface sombre de la route absorbe le soleil, tandis que la bande d’arrêt d’urgence où stagnent l’eau et la neige agit comme une couverture chaude.”

Résultat : les travaux de réparation par kilomètre et par an coûtent 30 000 dollars canadiens, soit plus de 20 000 euros. Et le problème est loin d’être un cas isolé, affirme le site. Des pistes de décollage, des bâtiments et des pipelines sont menacés par le dégel du permafrost, et ce problème existe aussi en dehors de l’Amérique du Nord.

L’Alaska, ou les contradictions d’Obama sur le climat

 

Jeff Currey, ingénieur en génie des matériaux du département des transports de la région nord de l’Alaska, explique qu’il s’agit du plus grand problème géotechnique de la région :

Nous empruntons toujours des routes que les Romains ont construites il y a 2000 ans, alors que nous avons bâti des routes qui ressembleront, sans entretien, à des montagnes russes dans une année ou deux, parce qu’elles ont été construites sur du permafrost instable au dégel.”

 

Source

Le dégel du permafrost pourrait accentuer le réchauffement climatique

 

CLIMAT - Les scénarios de réchauffement présentés au sommet de Doha ne prennent pas en compte cette menace...

C’est la menace sous la glace: la fonte du pergélisol (permafrost en anglais), ces sols gelés quasiment en permanence dans les régions arctiques d'Amérique du Nord et de Sibérie, pourrait accentuer le réchauffement climatique. Dans un rapport rendu public lors de la conférence des Nations unies sur le changement climatique à Doha, le Programme de l'Onu pour l'environnement (PNUE) a alerté ce mardi sur la nécessité de prendre en compte ce facteur dans les projections de hausse de température d'ici 2100.

Un cercle vicieux de réchauffement

On estime que le pergélisol, qui couvre près d'un quart de l'hémisphère Nord, contient 1.700 milliards de tonnes de dioxyde de carbone, soit le double de la quantité actuellement présente dans l'atmosphère. «Le pergélisol a commencé à fondre», a déclaré le responsable de cette étude, Kevin Schaefer, de l'Université du Colorado, lors d'une conférence de presse à Doha. Or cette fonte signifie que les projections des Nations unies sur la hausse des températures d'ici 2100 «pourraient être trop basses», a-t-il ajouté.

 

Dans un rapport publié la semaine dernière, le PNUE a estimé que le rythme de l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre devrait entraîner une hausse des températures mondiales comprise entre 3° et 5° Celsius d'ici la fin du siècle. Les experts des Nations unies jugent qu'une hausse supérieure à 2° provoquera des bouleversements climatiques tels que sécheresses, inondations ou encore élévation du niveau de la mer, et que ces phénomènes provoqueront eux-mêmes des crises humanitaires et diplomatiques. Mais cela ne prend toutefois pas pleinement en compte les effets d'une fonte du pergélisol, souligne le PNUE, qui craint un cercle vicieux par lequel cette fonte aggraverait le réchauffement climatique qui alimenterait lui-même le dégel.

«Le pergélisol est l'une des clés pour l'avenir de la planète»

«Le pergélisol est l'une des clés pour l'avenir de la planète car il contient une quantité importante de matière organique gelée qui, une fois décongelée et libérée dans l'atmosphère, devrait amplifier le réchauffement actuel de la planète», prévient Achim Steiner, directeur exécutif du PNUE. «L'impact potentiel de la fonte du pergélisol sur le climat, les écosystèmes et les infrastructures a été négligé pendant trop longtemps», ajoute-t-il. Les négociateurs réunis à Doha «doivent prendre en compte ces émissions (liées à la fonte du pergélisol) ou nous risquons de pulvériser le seuil maximal de réchauffement de 2°», a dit Kevin Schaefer.

 

avec Reuters
 
http://www.20minutes.fr/article/1051594/degel-permafrost-pourrait-accentuer-rechauffement-climatique

Commenter cet article