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Publié le par ottolilienthal

14-18 : des chevaux dans la guerre

Plus d'un million de chevaux et mulets sont morts pendant la Grande Guerre. Une hécatombe qui révèle les insuffisances de la hiérarchie militaire. Interview.

 

En enquêtant sur l'histoire évolutive des chevaux, des chercheurs ont mis le doigt sur les effets génétiques, pas toujours positifs, de leur domestication.

 

Raconter l'histoire évolutive des chevaux et, à travers elle, l'histoire des civilisations qui ont participé à leur domestication, c'est le rêve que poursuit l'équipe internationale de chercheurs dirigée par le Français Ludovic Orlando, professeur associé au Centre de géogénétique du Muséum d'histoire naturelle du Danemark. Une quête qui passe par des techniques d'analyse de l'ADN toujours plus perfectionnées.

Ainsi, alors que l'équipe s'était illustrée en 2013 par la reconstitution du génome d'un lointain cousin du cheval vieux de 735 000 ans, elle s'est récemment employée à identifier les effets globaux de la domestication sur son animal fétiche. Pour ce faire, les chercheurs ont comparé l'ADN de chevaux domestiques actuels, celui de la seule race encore considérée comme sauvage, le cheval de Przewalski, et ceux prélevés sur des fossiles de chevaux sauvages ayant vécu il y a 16 000 et 43 000 ans, soit bien avant les débuts du processus de domestication. Une confrontation qui s'est révélée riche en enseignements.

 

 

D'abord, sur les origines des chevaux domestiques actuels, l'étude publiée dans les annales de l'Académie des sciences américaine (PNAS) confirme qu'ils ne descendent absolument pas, comme on l'a longtemps cru, du cheval de Przewalski, qui a vraisemblablement évolué séparément dans sa niche écologique du massif de l'Altaï, une zone montagneuse comprise entre l'actuelle Russie, la province chinoise du Xinjiang, la Mongolie et le Kazakhstan. En effet, le génome des chevaux domestiques actuels s'est révélé bien plus proche de celui des chevaux sauvages éteints datant de 16 000 et de 43 000 ans que du petit cheval sauvage aujourd'hui menacé d'extinction. "D'ailleurs, nous avons pu observer qu'au moins 15 % du génome de la lignée des chevaux domestiques actuels provient des chevaux sauvages anciens", explique Ludovic Orlando.

Des effets néfastes de la sélection positive

Ensuite, en se penchant sur les différences entre les chevaux domestiques actuels versus celui des chevaux sauvages, les scientifiques sont parvenus à identifier un groupe de 125 gènes très probablement impactés par le processus de domestication. "Ce sont notamment des gènes impliqués dans la différenciation des muscles, des os des membres, de différents tissus des articulations ou encore dans la différenciation cardiaque. Et, sur le fond, ce n'est pas très surprenant puisqu'il s'agit de caractéristiques liées à la locomotion et à l'effort pour un animal qui a été principalement utilisé pour le transport", précise Ludovic Orlando. "Mais il y a aussi là-dedans des gènes qui sont connus chez l'homme pour être impliqués dans des troubles du comportement ou de la cognition, comme ceux qui contrôlent par exemple la réponse à la peur", ajoute-t-il. Des éléments qui ont pu jouer un rôle clé dans la domestication.

Mais l'étude met également clairement en lumière le cuisant revers de ce façonnage du cheval par l'homme : une baisse considérable de la diversité génétique dans la population des chevaux domestiques qui s'accompagne d'une accumulation non négligeable de mutations génétiques délétères. "Sélectionner positivement des animaux pour certaines de leurs caractéristiques revient à ne faire se reproduire qu'une sous-partie des individus, les uns avec les autres. Ce qui finit par provoquer un effondrement démographique qui autorise la fixation dans le génome de mutations génétiques délétères." Ainsi, en voulant créer le cheval parfait, aboutirait-on à des individus concentrant un maximum de tares génétiques. Une conclusion qui invite à méditer...

 

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