Assurance-vie : " plus dure sera la chute "

Publié le par ottolilienthal

Êtes-vous l'héritier d'une assurance-vie oubliée ? Un site permet de le vérifier

 

3,7 milliards d'euros non réclamés dorment dans les coffres des banques et de la Caisse des dépôts... L'Etat a décidé d'aider les épargnants à remettre la main dessus.

 

Qui n'a pas rêvé de voir un jour un héritage inattendu lui tomber dessus ? Vous pouvez désormais savoir si vous êtes l'un des bénéficiaires des 3,7 milliards d'euros issus des 6,5 millions de comptes bancaires et de contrats d'assurance-vie non réclamés, recensés depuis l'entrée en vigueur de la loi Eckert le 1er janvier 2016.

Depuis le début de l'année, un site internet créé et géré par la Caisse des dépôts et consignations (CDC), www.ciclade.fr, permet aux éventuels bénéficiaires et ayants droit de rechercher si des sommes issues de comptes inactifs et de contrats d'assurance-vie non réclamés et confiés à la CDC peuvent leur revenir. Jusqu'à présent, 17,5% des recherches ont abouti à une "correspondance positive" qui permettra, sous réserve de fournir des pièces justificatives, de récupérer les sommes concernées.

ENQUÊTE. Ces milliards d'euros assurances-vies entassés par les banques

"Protéger les épargnants"

Ce site est l'une des mesures nées de la loi Eckert, qui renforce les obligations des établissements financiers face à des comptes bancaires ou des contrats d'assurance-vie dont les fonds ne sont pas réclamés par leurs propriétaires ou leurs bénéficiaires.

 

"L'objectif de la loi est de protéger les épargnants" et "de leur faire revenir leurs biens", a rappelé Christian Eckert, secrétaire d'Etat au Budget et initiateur de la loi, lors d'une conférence de presse présentant un premier bilan détaillé des sommes transférées à la CDC l'an dernier, soit au total près de 3,7 milliards d'euros.

Dans le détail, plus de la moitié de ce montant, soit 1,9 milliard d'euros, provient de 5,5 millions de comptes bancaires inactifs. A cela viennent s'ajouter 938 millions d'euros issus de 400.000 produits d'épargne salariale non perçus. Enfin, les 843 millions d'euros restants proviennent de 550.000 contrats d'assurance sans bénéficiaire identifié.

L'argent reste en déshérence pendant 30 ans

Au total, près de 6,5 millions de comptes ou de contrats inactifs ont été répertoriés par 253 établissements différents, à savoir des banques, des sociétés de gestion d'épargne salariale et des assureurs. Cette loi oblige ces établissements notamment à recenser annuellement les comptes bancaires, d'épargne salariale et les contrats d'assurance inactifs puis à les transférer à la Caisse des dépôts si l'inactivité dépasse 3 ans en cas de décès du détenteur du produit, 10 ans dans les autres cas.

"Après 30 ans d'inactivité et sans manifestation du bénéficiaire, l'argent est définitivement reversé à l’Etat. Il n’est alors plus possible d'en demander la restitution", rappelle la CDC.

(CDC)

"Ce texte permet aux Français de récupérer des sommes qui jusque-là figuraient dans les actifs bancaires et sur lesquelles étaient prélevés des frais souvent supérieurs à ceux prélevés sur les comptes ordinaires actifs, permettant ainsi aux banques de récupérer, au fil des années, de l'argent qui appartenait aux épargnants", défend Christian Eckert auprès de l'AFP.

INTERVIEW. "J'ai peur que les petits épargnants ne soient encore lésés"

Néanmoins, le secrétaire d'Etat souligne les efforts entrepris par les secteurs de la banque et de l'assurance, qui ont investi afin d'identifier de manière plus efficace les potentiels destinataires.

Soumis à une obligation de moyens et non pas de résultats, "les sociétés financières, banques ou assurances, ont profité de cette démarche pour un peu redorer leur image de marque passablement écornée [...] mais aussi pour renouer le contact avec la clientèle", ajoute Christian Eckert.

(Avec AFP)

 

L'Obs

Comment les assureurs se refont une santé sur votre dos

On nous ment. Nous, ce sont les 65% de ménages français qui possèdent un contrat d’assurance-vie. Depuis trois ans, les assureurs annoncent, la mine contrite, que le rendement de leurs contrats va encore baisser à cause de la chute des taux d’intérêt. C'est faux!

Cette semaine la Macif puis AG2R La Mondiale ont été les premières compagnies d’assurance à annoncer le taux de rendement de leurs contrats phares en euros pour 2016. Les annonces des autres assureurs se succéderont jusqu’en février, mais cette année, sans surprise, leur taux devrait fortement baisser. A l’image des taux annoncés par la Macif: entre 1,2 et 1,8%. Et par AG2R La Mondiale: 1,75 et 2,1%.

Tous les experts s’accordent à dire que cette année, la moyenne du marché devrait passer sous la barre symbolique des 2%. Soit moins de 1,7% une fois retirés les prélèvements sociaux. Avec une inflation proche de 0,50% en 2016, le rendement réel d’un contrat d’assurance vie en 2016 est donc proche de… 1%! Pas forcément l’idéal pour faire fructifier sa pelote en attendant la retraite… D’autant qu’en 2015, faut-il le rappeler, le rendement moyen des fonds en euros était encore de 2,27%. Et qu’il atteignait même 2,54 % en 2014. Comment une telle dégringolade a-t-elle été rendue possible?

"Quand le sage montre la lune, le fou regarde le doigt" dit un proverbe chinois. Le doigt, en l’occurrence, c’est le taux d’intérêt de l’obligation d’état à 10 ans, qui sert de référence sur le marché. Pour les assureurs, la chose est sûre: c’est la baisse des taux d’intérêt sur les marchés financiers qui est la cause de la baisse du rendement de leurs contrats. En témoignent les explications d’AG2R La Mondiale pour la faiblesse des taux de ses contrats: "En 2016, les marchés financiers ont fait preuve d'une forte volatilité et les rendements des placements obligataires ont nettement diminué, à l'image de la baisse du rendement de 0,40% en moyenne annuelle des emprunts d'État français à 10 ans".

Le problème, c’est que les assureurs jouent avec les mots et nous font croire que le taux d’intérêt ("le doigt") est responsable du rendement des actifs qu’ils gèrent ("la Lune"). Rien n’est plus faux. En effet, un assureur redistribue le rendement qu’il obtient de la gestion d’un portefeuille de titres, généralement constitué de 90% d’obligations (majoritairement d’Etat), d’actions et parfois d’un peu d’immobilier. Ce portefeuille est constitué au fur et à mesure que les assurés lui confient leur épargne. Il contient donc des titres anciens, servant un taux très élevé. Seules les dernières souscriptions se font dans des conditions défavorables, aux taux actuels.

Calculs opaques des taux de rendement

Or, ces souscriptions –selon la fédération des assureurs elle-même- sont au point mort… En réalité, le seul indicateur de la rentabilité d’un portefeuille d’assureur est le taux de rendement de ce qu’on appelle généralement "l’actif général" et qui est une sorte de pot commun de ce que gère la compagnie... Chaque année, tout assuré reçoit d’ailleurs de sa compagnie deux chiffres: le taux de rendement de son contrat et celui de l’actif général dont il est extrait. Les deux chiffres sont généralement assez éloignés: par exemple 2,2% pour le premier et 3,5% pour le second. C’est sur cet écart que la compagnie va prélever ses frais, constituer des réserves et… décompter ses profits!

Or, que voit-on? Que la rentabilité de l’actif général des compagnies baisse beaucoup moins vite que la rentabilité de ses contrats. Les compagnies sont bien sûr très discrètes là-dessus, mais plusieurs documents émanant de l’ACPR, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, tutelle des assureurs, confirment le phénomène sur plusieurs années. Sur la base des contrats gérés par 12 grandes compagnies, le rendement de l’actif général avait diminué de 3 centièmes entre 2014 et 2015 (soit -0,03 point), tandis que le taux des contrats diminuait, lui, de 15 centièmes (soit -0,15 point, à 2,82%).

Entre 2013 et 2014, même phénomène: une baisse de 23 centièmes du taux des contrats et de seulement 16 centièmes du taux de l’actif général. Ces gains, que les assureurs gardent sous le pied, alimentent les "réserves" des compagnies. Ils doivent servir à "absorber les chocs" comme le souligne Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du cabinet de conseil Facts&Figures. L’assureur n’a comme obligation que de redistribuer cette réserve dans les 8 ans. Mais pas forcément à l’assuré sur l’épargne duquel il les a prélevées!

Or, le poids de ces réserves dans les encours des assureurs augmente régulièrement depuis 2011: elles représentaient 1,3% des encours gérés en 2011, mais dépassaient 2,2% fin 2015. Ainsi, CNP assurances, qui gère les contrats de la Caisse d’épargne a vu passer ces réserves de 1,59% à 3%, Cardif, assureur de BNP Paribas, de 1,54% à 3,27%, la palme revenant à MMA, passé de 0,85% à 3,85%!

S’y ajoutent les plus-values (ou éventuellement les moins-values) latentes sur le portefeuille. Si elles sont faibles, la compagnie sera incitée à modérer le niveau du taux servi à l’assuré. Mais que les 16 millions de détenteurs de contrats se rassurent: les plus-values sont aussi en nette hausse, comme le confirme un récent document de l’ACPR. Ces petits calculs expliquent qu’au total, entre 2006 et 2015, le taux des contrats a reculé de plus de 1,6 point alors que celui des actifs généraux n’a perdu que 1,25 point! L’affirmation des assureurs selon laquelle ils baissent les taux de leurs contrats pour compenser la baisse des taux d’intérêt est donc fausse!

Où vont les réserves?

Mais alors, où atterrissent ces provisions et ces plus-values latentes? Dans la poche des assurés, direz-vous, car après tout, c’est leur épargne qui a généré ces gains non distribués. Pas du tout! Elles vont directement dans les poches de la compagnie, qui en fait pratiquement ce qu’elle veut. Elle peut notamment s’en servir pour renforcer ses fonds propres ou pour promouvoir un nouveau produit. Et oui! Un assureur a parfaitement le droit de prendre les gains fait avec votre argent pour les donner à votre voisin! Injuste? Sans doute. Mais légal. Et cette injustice va s’accroître encore dans les prochains mois. Ainsi en a décidé le législateur et les autorités de tutelle du secteur qui estiment que les assureurs sont encore trop généreux avec leurs clients!

L’ACPR, par le biais de son vice-président, Bernard Delas a ainsi mis en garde ses administrés assureurs: "il n’est pas raisonnable de laisser penser aux épargnants qu’ils peuvent bénéficier durablement à la fois de la garantie du capital investi et d’une rémunération excédant de 2 à 3 points le niveau de l’inflation. La modération en matière de taux de revalorisation des contrats d’assurance vie est un impératif." L’idée, bien sûr, est d’orienter l’épargnant, grâce à cette baisse des rendements parfaitement orchestrée, vers des fonds moins contraignants pour l’assureur, comme les fonds actions.

La loi Sapin II, votée il y a quelques semaines, en a donc remis une couche: le Haut Comité de stabilité financière est autorisé à "moduler les règles de constitution et de reprise de la provision pour participation aux bénéfices", autrement dit, à encadrer les taux de rendement des fonds en euros des assureurs. En fonction des besoins et des objectifs des autorités et des assureurs. Gérard Bekerman, président de l’Afer, le contrat d’assurance-vie associatif aux plus de 800.000 adhérents, s'en est étonné: "Pourquoi vouloir plafonner ce que nous pouvons donner à nos adhérents?" La question, pour le moment, n’a pas trouvé d’écho de la part des assureurs. Mais elle confirme ce que le responsable d’une grande compagnie nous a rappelé: "en assurance-vie, un taux de rendement, ça ne se constate pas, ça se décrète"...

 

Extincteur ou barbelés pour votre assurance vie ?

 

La loi Sapin 2 a été adoptée le 8 novembre dernier. Elle confirme la réquisition possible par l’État de l’assurance-vie en euro en cas de nécessité (choc obligataire sur les marchés financiers).

Nous y voilà : lancée le 30 mars 2016 avec le dépôt du projet de loi à l’Assemblée nationale en première lecture, la navette parlementaire est arrivée à destination et la loi Sapin 2 a été adoptée le 8 novembre.

Inutile de vous pencher sur le Dossier de presse : vous n’y apprendrez grand-chose, ce genre de document étant plutôt fait pour rassurer que pour informer. Vous y trouverez par exemple ce genre de citation visant à rappeler au lecteur – au cas où il l’aurait oublié – que le législateur agit nécessairement pour son bien. Citation d’ailleurs retranscrite en bleu, couleur censée inspirer  confiance et intégrité. Voyez plutôt :

Le Dossier parlementaire permet en revanche de décrypter la signification des points de suspension figurant entre ces crochets.

Moins pire qu’avant ?

Le texte, dans son article 49, entérine la mise en place d’un dispositif permettant à des fonctionnaires de déterminer le rendement de votre fonds euros et de « restreindre » vos demandes de rachat (et non plus de les « suspendre »), de « retarder » vos demandes d’arbitrage et d’avances (et non plus de les « suspendre ») et ce, non pas au niveau d’une seule compagnie d’assurance (comme pouvait le faire jusqu’à présent l’Autorité de Contrôle Prudentiel), mais au niveau de  l’ensemble des contrats d’assurance-vie français, si la situation financière l’exige.

De telles mesures pourront être prises par le Haut Conseil de la Stabilité Financière « pour une période maximale de trois mois », et ne pourront « être maintenues plus de six mois consécutifs ».

La précédente mouture n’était pas limitée dans le temps (trois mois renouvelables). Enfin, avant de mettre en œuvre de telles mesures, le HCSF ne doit plus seulement « tenir compte » des intérêts des assurés, adhérents et bénéficiaires, mais y « veiller », au même titre qu’il veille à la protection de la stabilité financière.

Plusieurs amendements adoptés en deuxième lecture en commission des Finances au Sénat le 3 novembre ont donc été retenus par les députés, en vue d’éviter que le texte ne soit retoqué par le Conseil constitutionnel.

Pour François Villeroy de Galhau, le directeur de la Banque de France, « Il s’agit de corriger une anomalie et non pas évidemment de modifier les contrats d’assurance-vie ».

Michel Sapin estime qu’il s’agit d’ « un mécanisme de protection des petits épargnants ». Il explique que « si on met en place ce genre de mécanisme, c’est pour éviter que le gros épargnant bien informé retire la totalité des sommes placées et que l’organisme d’assurance se retrouve en faillite ».

Romain Colas proclame quant à lui que « S’inquiéter d’une telle mesure, c’est comme s’inquiéter de la présence d’un extincteur dans un immeuble ».

Il me semble plutôt que grâce à ce dispositif, les « gros épargnants », généralement mieux conseillés, donc les plus susceptibles d’anticiper le retrait de leur fonds en cas de forte remontée des taux, laissant seuls les retardataires et les « petits épargnants » prisonniers de la clôture de barbelés installée autour de « l’immeuble ». Cet aspect de la loi Sapin 2 a à mon sens plus l’apparence d’une fourberie que d’un « extincteur ». Une « anomalie » supplémentaire dans le paysage législatif français.

Côté rendement, appels à la baisse…

Le 14 octobre, comme chaque trimestre (mois ? semaine ?), le président de la Banque de France a renouvelé son appel aux assureurs pour qu’ils accentuent la baisse du rendement des fonds euros. « Ils ont été réduits de 25 points de base (0,25 point de pourcentage, ndlr) en 2015 par rapport à l’année précédente. Cependant, cette baisse reste encore insuffisante », a-t-il déclaré.

Côté politiques, des idées vertes qui mûrissent…

Début octobre, Serge Bardy a proposé une mesure visant à « verdir » la fiscalité de l’assurance-vie. Serge Bardy n’est pas peintre : il est député socialiste et rapporteur de la commission développement durable de l’Assemblée nationale.

Son idée ? Limiter, dans le cadre du budget 2017, le prélèvement forfaitaire libératoire de l’assurance-vie aux contrats « responsables ». Pas la « responsabilité » de la paire « liberté, responsabilité », mais la « responsabilité » au sens étatiste du terme, c’est-à-dire au sens de quelque chose qui respecte une litanie de contraintes bureaucratiques.

Adopté en commission développement durable, la commission des finances a néanmoins mis le holà à cet amendement qu’elle a jugé « irrecevable ». Pas grave, c’était simplement pour lancer le débat a indiqué Serge Bardy, un « amendement d’appel », comme on dit en langage de politicien. Une nouvelle proposition modifiée est sans doute à craindre.

Mais la palme revient à Arnaud Montebourg. Jamais avare de propos grandiloquents qui sentent bon le collectivisme, l’ancien ministre s’est à nouveau illustré aux troisièmes Assises de l’épargne et de la fiscalité, organisées par l’AFER. Il a salué la « beauté de l’assurance-vie, alliance entre la liberté et le civisme », et « bien collectif national », comme le rapporte La Tribune. Je ne commente pas.

Coté compagnies d’assurance, la garantie parcellaire sur fonds d’augmentation de frais de gestion

Après Spirica et Apicil, c’est au tour de Suravenir de restreindre l’accès à ses fonds euros. Depuis le 1er novembre, tout versement d’un montant supérieur ou égal à 250 000 € effectué sur un contrat d’assurance-vie en ligne devra être investi à 30% minimum en unités de compte.

Apicil planche de son côté sur un fonds euros à garantie partielle. L’idée, telle que présentée par le Directeur Général Adjoint Finance et Performances Renaud Célié, est la suivante : « Si l’assuré accepte une part de risque, par exemple sur 5% de son capital, nous pourrons réaliser une gestion plus dynamique et rechercher une rémunération supérieure. »

Comme anticipé, d’autres assureurs ont emboité le pas de Generali dont la garantie en capital de ses nouveaux souscripteurs est désormais brute de frais de gestion. C’est aussi le cas d’Allianz, GMF, Maaf, MACSF, MMA et Swiss Life. La garantie parcellaire est sans doute promise à un bel avenir !

Par ailleurs, la tendance semble être à l’augmentation des frais de gestion sur les fonds euros. Chez Boursorama, ils vont passer de 0,60% à 0,75% au 1er janvier 2017. En langage de communicant, on parle d’une « harmonisation avec les frais de gestion sur UC ».

Natixis étudie déjà les formes de spoliation possibles

Enfin [NDLR : personnes sensibles s’abstenir], l’équipe de recherche de Natixis a publié le 7 octobre un flash économie sur le thème : « Quelle forme prendra la spoliation des prêteurs ? » Vous y apprendrez si, selon les équipes de Patrick Artus, cette spoliation « inévitable » a plus de chance de se produire de manière « lente » ou de manière « brutale ». (1)

Dans ce contexte, pas étonnant que les Français laissent de plus en plus d’argent placé à vue sur leurs comptes de dépôts et sur leurs livrets, et que la collecte en assurance-vie ait été nulle en septembre.

 

  Nicolas Perrin.

 

Publié le dans Monnaie et finance
 
(1) note Natixis "Quelle forme prendra la spoliation des prêteurs ?" :
 
 
https://www.research.natixis.com/GlobalResearchWeb/Main/GlobalResearch/GetDocument/7J5_uWkB1bYShGhz8Xfx-g==

Pourquoi le rendement de votre assurance-vie est toujours trop élevé

La loi Sapin II permet de bloquer temporairement les retraits d'argent pour éviter des pertes aux assureurs lorsque la situation financière l'exige.

Comment l'assurance-vie et le livret A sont devenues des bombes à retardement

 

 

En période de taux bas, l’assurance-vie et le livret A sont devenus des bombes à retardement. Les pouvoirs publics tentent de les désamorcer.

 

Comme les produits d’assurance-vie sont parmi les derniers à offrir un rendement intéressant, les épargnants sont tentés de les utiliser comme une épargne quasi liquide, en retirant leurs fonds à court terme.

 

L’épargne des ménages deviendrait-elle un actif toxique pour le système financier? Dans son Rapport sur la stabilité financière dans le monde, publié le 5 octobre, le FMI nourrit cette sombre perspective. "La persistance d’une croissance faible et de taux d’intérêt bas met en réel péril les institutions d’investissement et d’épargne à long terme, telles que sociétés d’assurance-vie et fonds de pension", estime l’institution dirigée par Christine Lagarde. Le FMI explique également que "la solvabilité d’un grand nombre de sociétés d’assurance-vie et de fonds de pension est menacée." De quoi donner quelques frissons…

En France, les interventions des pouvoirs publics ces derniers temps sur l’assurance-vie et le livret A – les deux principaux bas de laine des Français – ne sont guère plus rassurantes. La loi Sapin 2, votée en seconde lecture à l’Assemblée le 29 septembre, prévoit ainsi de "suspendre, retarder ou limiter" les sorties des contrats d’assurance-vie "dans des situations exceptionnelles de crise grave et avérée". Le Haut Conseil de stabilisation financière (HCSF), présidé par le ministre de l’Economie, sera chargé de déclencher cette mesure d’exception.

Scénario noir

Pourquoi voter un tel texte aujourd’hui? Comme les produits d’assurance-vie sont parmi les derniers à offrir un rendement intéressant, les épargnants sont tentés de les utiliser comme une épargne quasi liquide, en retirant leurs fonds à court terme. Surtout, cette fuite a toutes les chances de s’accélérer en cas de remontée rapide des taux d’intérêt, qui rendraient d’autres placements soudain plus attrayants. Les banques et compagnies d’assurances se retrouveraient alors en porte-à-faux, car elles s’appuient sur les fonds récoltés via l’assurance-vie pour des investissements à long terme. L’objectif de la loi Sapin 2 est donc "de protéger l’épargne des Français et des assurés", a assuré François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, monté au front pour soutenir la mesure.

Les assureurs, pourtant premiers concernés, ne partagent guère cette vision: "En agitant un blocage possible de leurs fonds, cette disposition inquiète les épargnants – ceux que l’Etat se faisait fort de rassurer, s’alarme un responsable du secteur. Les autorités de régulation recourent déjà à des dispositifs efficaces et discrets pour régler les problèmes lorsqu’ils surviennent, sans forcément alerter toute la place. Quel besoin de faire autant de bruit?" Campagne électorale aidant, le vacarme a peu de chance de s'éteindre. Arnaud Montebourg a ainsi contesté vertement la disposition de la loi Sapin 2, le 6 octobre, à l’occasion des assises de l'Association française d'épargne et de retraite (AFER). Le candidat à la primaire organisée par le PS a jugé inadmissible que les termes des contrats signés avec les épargnants soient modifiés de manière unilatérale et rétroactive.

Embarras sur le Livret A

La situation n’est pas moins instable du côté du livret A. Les banques comme la Caisse des dépôts (CDC) sont piégées: elles doivent rémunérer les épargnants à 0,75%, alors que les liquidités sont aujourd’hui placées avec un rendement… négatif de - 0,40%. "Le gouvernement a créé un gigantesque problème d’utilité de ce système: pourquoi prêter cher au logement social sur les fonds d’épargne alors que ce secteur peut se financer désormais avantageusement grâce à la politique de taux bas de la BCE?", analyse un responsable bancaire.

Face à cette quadrature du cercle, les dirigeants de la CDC n’ont qu’une crainte: que les banques –qui en moyenne gèrent 40% du livret A, du LDD et du PEL– se débarrassent du problème en déclenchant la clause de surcentralisation de l’épargne réglementée au sein de l’établissement public. "Cela peut être tentant", reconnaît un banquier. En clair, la Caisse devrait se débrouiller seule pour rentabiliser 403 milliards d’encours. Mission impossible. D’où un discret décret paru en début d’année pour rendre plus difficile ce transfert à l’institution, qui doit déjà se démener avec 60% des fonds provenant des livrets réglementés. Le décret contraint par exemple les banques qui souhaiteraient remettre tous ces fonds à la CDC de s'engager sur dix ans.

 

Au début des années 2000, les banques rêvaient de ravir le livret A à la CDC; aujourd’hui, c’est un boulet dont personne ne veut. Quant à l’assurance-vie, soignée par l’Etat pour y placer sa dette, elle pourrait se transformer en bombe à fragmentation. Autant de signes qui montrent qu’avec la politique de taux bas "on est entré dans un monde nouveau et dangereux", résume un banquier.

 

Grégoire Pinson

Les dégâts de la baisse des taux

Le second sujet d’inquiétude, c’est l’assurance-vie, qui se fracasse sur la baisse des taux d’intérêt. Le ministre des finances Michel Sapin a fait voter la possibilité de bloquer des fonds en euros des détenteurs d’assurance-vie. Pour trois mois… renouvelables. Voici ces bons Français qui financent naïvement, en franchise d’impôt toute relative, un déficit public abyssal depuis trente ans. Ils découvrent que leur épargne – essentiellement des emprunts d’Etat – pourra être bloquée par le Haut Conseil de stabilité financière. Explication, les assureurs craignent une remontée brutale des taux d’intérêt qui entraînerait une faillite du système. Les épargnants choisiraient alors de retirer leurs fonds pour investir dans de nouveaux contrats plus rémunérateurs. Ce serait la ruine assurée pour les assureurs, dont les actifs auraient perdu de leur valeur – lorsque les taux remontent, la valeur des obligations baisse – et pour les épargnants distraits qui n’auraient pas quitté le navire à temps. La mesure Sapin est donc salutaire mais met en lumière un risque financier passé sous silence.

La seule parade à cette double plaie de l’euro, c’est la fin des taux d’intérêt négatifs, qui mettent la finance cul par-dessus tête – mieux vaut avoir des billets sous son matelas qu’à la banque. La BCE espère en sortir dans les prochains semestres. Elle prévoit un retour progressif de la croissance et de l’inflation. Négative en mai, la hausse des prix était de 0,4 % en septembre dans la zone euro et devrait s’accélérer : 1,2 % l’an prochain et 1,6 % en 2018. La remontée du cours du pétrole est saluée avec soulagement, tandis que l’Allemagne est invitée à poursuivre sa hausse des salaires (2,7 % environ) et à lâcher la bride budgétaire. La hausse des taux maîtrisée en Europe, c’est la bonne nouvelle que l’on attend. Parions toutefois que par un réflexe pavlovien, les politiciens français ne manqueront pas, le jour venu, de la critiquer.

Arnaud Leparmentier Le 6 octobre 2016

L’assurance-vie en fin de cycle

 

 

 

 

 

Les fonds en euros rapportent de moins en moins. Les assureurs cherchent à limiter leur poids.

 

Ce placement « a fait le bonheur de millions d’épargnants, qui ont profité grâce à lui de rendements plus élevés que tous les autres placements sans risque, avec une sécurité absolue et une disponibilité permanente de leur épargne »

 

Les assureurs ont mal à leurs fonds en euros !

 

Ce compartiment sans risque de l’assurance-vie est à l’origine du succès de ce placement, puisque 1 300 milliards d’euros y fructifient, soit plus de 80 % des 1 615 milliards d’euros placés dans cette enveloppe. Il a fait le bonheur de millions d’épargnants, qui ont profité grâce à lui de rendements plus élevés que tous les autres placements sans risque, avec une sécurité absolue et une disponibilité permanente de leur épargne.

 

Tout cela grâce à une mécanique spécifique : les sommes sont investies majoritairement en obligations, et les coupons annuels délivrés par ces titres forment l’essentiel du rendement distribué aux épargnants. Les assureurs investissent également en actions, en immobilier et produits de diversification, mais ces actifs sont minoritaires.

 

Sous les 2 % en 2016

 

Pendant des années, les fonds en euros ont profité de la baisse des taux d’intérêt des obligations, puisqu’ils achetaient et détenaient des titres qui, rapidement, rapportaient plus que les taux du marché. Avec le niveau historiquement bas des taux obligataires (moins de 1 %), la donne change : toutes les sommes qu’encaissent les fonds en euros sont désormais placées à des taux d’intérêt bien inférieurs à ceux des portefeuilles constitués et dégradent fortement la performance, accélérant la décrue des rendements.

 

En moyenne de 2,30 % en 2015 selon l’Autorité de contrôle prudentiel, ils devraient passer sous les 2 % en 2016 et pourraient rapidement plonger vers les 1 %, comme le réclame à cor et à cri la Banque de France. « En cas de poursuite durable des taux très bas et en dépit des dividendes et loyers obtenus grâce à la diversification des portefeuilles, il n’y aura pas de solution miracle et les rendements tendront progressivement vers zéro », analyse Guillaume Leroy, actuaire associé du cabinet Prim’act. Une situation qui pourrait s’avérer périlleuse pour la survie de certaines sociétés d’assurance qui ont accordé des garanties de revalorisation plus élevées à leurs clients.

 

Face à cette menace, les assureurs cherchent donc à détourner les épargnants vers d’autres compartiments d’investissement, avec différentes méthodes. Spirica, une filiale du Crédit agricole, a décidé de limiter à 75 % la part des versements affectée au fonds en euros de ses contrats. Pour accéder à ce fonds sans risque, il faut donc placer au moins un quart des versements sur d’autres supports risqués.

 

« Unités de compte »

 

Dans l’univers de la gestion de patrimoine, plusieurs intervenants ont des méthodes plus radicales : ils refusent purement et simplement les versements jugés trop importants sur les fonds en euros (à partir de plusieurs centaines de milliers d’euros généralement). « Le fonds en euros est devenu un produit de luxe », justifie Sonia Fendler, directrice chez Generali, qui a également réduit le niveau de garantie apporté à ses clients. « Depuis deux ans, certains assureurs ont déserté le marché de la retraite collective d’entreprise pour réduire les entrées dans leurs fonds “entreprises” en euros, observe M. Leroy. Une telle stratégie pourrait peut-être s’appliquer demain au marché des particuliers. »

 

Ces restrictions restent néanmoins marginales et les portes des fonds en euros demeurent généralement grandes ouvertes. « Nous n’avons pas l’intention de restreindre la liberté de nos adhérents, explique Gérard Bekerman, président de l’Association française d’épargne et de retraite (AFER). En revanche, nous avons la conviction que les fonds en euros ne permettront plus d’assurer le maintien du pouvoir d’achat de l’épargne dans quelques années et nous faisons beaucoup de pédagogie pour inciter les épargnants à diversifier sur d’autres compartiments. Selon nous, mieux vaut convaincre que contraindre. »

 

 

Pour convaincre, certains assureurs ont développé des fonds « eurocroissance », proposant une moindre garantie, mais le succès se fait attendre. C’est surtout vers les « unités de compte » que se tournent les professionnels, mais il s’agit de produits cette fois sans aucune garantie, qui peinent à séduire le public.

 

Le salut des assureurs pourrait donc venir des pouvoirs publics : « La loi Sapin 2 donne la possibilité au Haut Conseil de stabilité financière de bloquer les versements sur les fonds en euros », rappelle M. Leroy. Dans une telle hypothèse, les épargnants qui voudraient continuer à profiter de l’assurance-vie n’auraient pas d’autre choix que de se tourner vers les autres compartiments.

 

Eric Leroux Le 13 septembre 2016 à 09h54

Le Brexit est un avertissement pour votre assurance-vie

 

 

La semaine dernière, dans le sillage du Brexit, six fonds de gestion immobilière britannique ont gelé les demandes de remboursement.

 

 

Cet événement est vu comme nous concernant de loin… comme tout ce qui se situe de l’autre côté de la Manche. Confrontés à des rendements obligataires indigents, fonds de pension et assureurs sont allés chercher du rendement dans l’immobilier britannique soufflé par ces mêmes taux d’intérêt indigents.

 

Plus les taux sont bas, plus l’immobilier monte

Plus les taux sont bas, plus l’immobilier monte puisque pour une même offre les acheteurs se multiplient. Les prix de l’immobilier à Londres ont explosé en raison du développement de cette ville en tant que premier centre financier d’Europe. Les fonds gelés avaient investi dans des emplacements prime, c’est à dire les meilleurs.

Mais avec la chute de la livre face à l’euro ou au dollar, et les changements fiscaux possibles, les investisseurs étrangers ont demandé à revoir leur argent. Or, c’est bien connu, la pierre, ou même la brique, c’est solide mais pas liquide. Faute de pouvoir dégager le cash nécessaire aux remboursements, trois fonds ont d’abord dû suspendre tout remboursement. Puis les investisseurs dans d’autres sociétés de gestion immobilière ont pris peur et sont allés à leur tour réclamer leur argent. D’autres fonds ont dû à leur tour fermer les portes de sortie… C’est la mécanique connue de la fuite et de la panique contagieuse lorsqu’on voit que les issues se ferment.

 

Assurance-vie : L’épargne gelée

 

L’équivalent de 17 milliards d’euros d’épargne sont désormais gelés. Les gérants des fonds vont devoir vendre des actifs immobiliers et l’afflux de vendeurs devrait provoquer une chute de l’immobilier. En quoi cela nous concerne-t-il ? D’abord l’assureur Aviva – qui commercialise beaucoup de contrats d’assurance-vie en France – est impliqué.

Ensuite, ce mécanisme de bulle, de peur et de fuite est bien connu et les risques ont été multipliés depuis 2008 en raison de la politique stupide de taux bas et de création monétaire. Si le marché immobilier a été ainsi soufflé c’est d’abord parce que le marché obligataire – sur lequel repose l’épargne de précaution réputée sûre – a été lui-même soufflé. Que pensez-vous qu’il se passera lorsque les gens voudront sortir de leur assurance-vie en euro qui ne leur rapportera plus rien puisque les taux vont rester bas ?

Rien… Grâce à l’amendement à la loi Sapin 2, adopté la semaine dernière par le Sénat, les gérants pourront plafonner les rachats dans leurs fonds “à titre provisoire et quand des circonstances exceptionnelles l’exigent”.

L’Autorité des marchés financiers (AMF) pouvait déjà décider de geler les rachats d’un fonds ou en plafonner leur montant. Mais avec ce nouveau texte, les gérants peuvent aussi stopper complètement les sorties. Les rachats des organismes de placement collectif immobilier (OPCI) sont aussi concernés.

Dans la chaleur de l’été, nos chers législateurs vont s’activer. Voici ce qu’en dit L’Agefi du 11 juillet : “Cet été, nous allons travailler sur l’opportunité, par exemple, de préciser des durées limites de plafonnement. Nous allons par ailleurs définir la façon dont l’investisseur du fonds sera informé en amont et au moment de la mise en place des ‘gates’“, explique Xavier Parain, en charge de la direction de la gestion d’actifs, à l’autorité. “L’AMF pourra ‘challenger’ les décisions des gérants car elles doivent être prises dans l’intérêt de l’ensemble des porteurs : ceux qui sortent et ceux qui restent”.

En gros, pendant que vous bronzez sur la plage ou ailleurs, des âmes bien intentionnées vont fignoler de futurs outils de spoliation. Vous pensez que votre épargne en assurance-vie est liquide et sûre ? Vous vous trompez. Nous vivons une situation anormale, les bulles financières sont multiples et les taux bas ou négatifs partis pour durer.

 

Simone Wapler

Vers la mort des fonds en euros de l'assurance vie?

 

Les nuages gris s'amoncellent sur l'avenir de l'assurance vie sécurisée. Le projet de loi Sapin 2 pousse à la baisse du rendement des fonds en euros et prévoit la possibilité de bloquer les retraits. La garantie en capital est elle aussi menacée.

 

Quatre mauvaises nouvelles sont récemment venues ternir l'avenir de l'assurance vie garantie, placement chéri des Français. Dans un contexte où les obligations, matière première des fonds en euros, ne rapportent plus rien, les épargnants voient le rendement de ce placement baisser inéluctablement depuis quelques années.

Les contrats les plus mal rémunérés sont déjà tombés sous les 2 % pour l'année 2015, avec une moyenne sur le marché ne dépassant pas 2.30 % selon l'AFA (Association française de l'assurance). Les assureurs engrangent depuis quelques années dans leur portefeuille des titres offrant des taux bien inférieurs au rendement servi sur le fonds en euros. Rappelons que la principale référence en matière d'obligations d'Etat en Europe, le Bund allemand à dix ans, vient de tomber cette semaine en territoire négatif ! Les assureurs limitent l'érosion du rendement servi aux épargnants grâce aux obligations souscrites par le passé et grâce aux réserves de plus-values constituées dans les années fastes.

 

Mais la baisse des taux des fonds en euros n'est pas assez rapide au goût des autorités, qui appellent les assureurs à la prudence depuis des années . En cause : la crainte d'une fragilisation financière des compagnies d'assurances en cas de variation des taux sur le marché.

Officieusement, l'occasion est trop belle pour les autorités - qui souhaitent orienter l'épargne des Français vers les actions - de saper l'attractivité de l'assurance vie garantie.

Fin de la liberté des taux

 

Le législateur vient de doter le Haut Conseil de stabilité financière du pouvoir d'imposer à un assureur un taux plus bas que celui qu'il a fixé sur son fonds en euros. Selon un amendement parlementaire au projet de loi Sapin 2, adopté en première lecture par l'Assemblée nationale (article 21 bis), le HCSF pourra "moduler" la faculté de l'assureur de piocher dans les réserves de plus-values du fonds pour booster le rendement servi ! Bref, servir un taux supérieur à la moyenne va devenir difficile. C'est la fin du principe des taux librement fixés par les assureurs !

Une liquidité menacée

Le HCSF, en vertu du même article 21 bis de la loi Sapin 2, pourra aussi décider de suspendre sur tous les contrats la possibilité de faire des retraits sur les fonds en euros ou de les limiter en cas de grosse fluctuation des taux obligataires. C'est la fin de la liquidité garantie !

Une garantie au rabais

Le capital versé sur le fonds en euros d'une assurance vie est garanti en permanence, une des principales raisons du succès de ces fonds. Il faut désormais s'attendre à voir cette garantie écornée chaque année par les frais de gestion prévus au contrat.

Un assureur vie, et non le moindre puisqu'il s'agit de Generali Vie - l'une des plus grandes compagnies européennes, distribuant de nombreux contrats en France - vient d'annoncer que la garantie sera désormais brute des frais de gestion.

Autrement dit : en versant 100 euros sur un fonds en euros, l'assuré avait jusqu'alors la garantie de récupérer au minimum 100 euros à tout moment, alors que désormais cette garantie baissera chaque année. Une baisse de 0.5 % à 1 % par an, soit les frais de gestion, variables selon les contrats.

Exemple : avec des frais d'entrée de 3 % et des frais de gestion annuelle de 0.75 %, la garantie aura fondu, au bout de 8 ans, à 91 330 euros sur un versement initial de 100 000 euros.

Generali Vie impose cette règle sur la plupart de ses contrats souscrits depuis janvier 2016. Elle sera étendue à tous les nouveaux contrats en 2017. "Dans le cadre de Solvabilité 2, certains scénarios extrêmes simulent une baisse du taux de participation aux bénéfices, en-dessous des frais de gestion de la compagnie", déclare-t-on chez Generali Vie. Il s'agit donc pour l'assureur de préserver son équilibre financier si les taux de rendement des fonds en euros tombent à zéro. Nul doute que cette démarche, qui va dans le sens des appels à la prudence des autorités de contrôle, fera des émules chez les concurrents.

Des plus-values confisquées au profit des nouveaux fonds en Eurocroissance

Les fonds Eurocroissance sont un échec commercial. Les épargnants boudent ces contrats sur lesquels leurs versements ne sont garantis qu'au terme de 8 ans. Contrepartie promise ? Un espoir ! Celui d'un rendement supérieur au fonds en euros classique, l'assureur pouvant investir, pendant le délai de différé de la garantie du capital, jusqu'à 30 % du capital sur des actions.

Bercy, très soucieux d'assurer la promotion de ces nouveaux contrats pour favoriser le financement des entreprises, prépare un décret.

Le projet de texte soumis à consultation publique jusqu'au 15 octobre dernier prévoyait des possibilités de transfert des plus-values stockées sur les fonds en euros classiques vers les fonds Eurocroissance. "Un dépouillement inacceptable des fonds en euros", déplore Jean-François Filliatre, co-initiateur du collectif dans l'intérêt des adhérents de l'Afer .

Le décret n'a toujours pas été publié. Mais déjà, l'Afer, l'une des principales associations d'assurés gérant le célèbre contrat éponyme, a voté, lors de son assemblée générale qui se tenait le jeudi 16 juin dernier, l'autorisation de transfert des plus-values latentes sur le fonds en euros vers un fonds Eurocroissance.

 

Jules Roman

Le gouvernement s’inquiète du ratage du lancement du fonds Eurocroissance, un contrat d’assurance-vie créé l’an dernier, qui doit investir notamment dans le financement des PME. L’objectif de 50 milliards d’euros de collecte à l’horizon 2019 semble inaccessible. D’où la décision d’autoriser les assureurs à puiser dans les plus-values latentes des fonds en euros pour rendre ce nouveau support plus attrayant. Et tant pis pour les détenteurs des fonds en euro, qui n’ont pas été consultés sur cette entaille à leur contrat... Ce tour de passe-passe, proposé par François Villeroy de Galhau fin août dans son rapport sur l’investissement et repris par le Trésor cet automne, a les faveurs du ministère des Finances.

Commenter cet article

Viva conseil 19/05/2017 16:36

Trés beau travail

Paul 01/07/2016 11:49

Hello,
Merci pour toutes ces informations concernant l’assurance-vie. J’y vois un peu plus clair désormais.
À bientôt

Assurance Habitation 27/04/2016 17:37

Merci pour l'article