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affaiblir EDF relevait de l’exploit, l’État y est parvenu

Publié le par ottolilienthal

Fessenheim : le triple chantage de Hollande

 

A quatre mois de rendre son tablier, François Hollande joue enfin les chefs. Le 3 janvier, il a convoqué à l'Elysée Jean Bernard Lévy, le pédégé d'EDF, pour lui intimer un ordre clair et net : 

il doit obtenir de son conseil d'administration le feu vert nécessaire à la fermeture de la centrale de Fessenheim.

Avant de quitter ses fonctions, François Hollande tient absolument à faire respecter cette promesse de campagne. Et, pour y parvenir, il a sorti la grosse artillerie, ainsi que l'électricien en chef l'a avoué à ses cinq administrateurs indépendants, vendredi 13 janvier, à l'occasion d'une réunion de préparation du conseil d'administration d'EDF qui doit se tenir le 24 janvier.

Hollande a utilisé trois armes. Primo : EDF, contrôlé par l'Etat, n'a pas les moyens de se fâcher avec l'Elysée, vu que l'entreprise attend une augmentation de capital de 3 milliards d'euros pour financer le rachat forcé d'une partie d'Areva, le leader du nucléaire au bord de la faillite. Deuzio : le décret d'autorisation de création (DAC) de l'EPR de Flamanville, délivré pour dix ans, arrive à échéance le 10 avril 2017, et, à défaut de prolongation, EDF serait à la merci de toute procédure de riverain ou d'écolo et ne pourrait plus, alors, achever les travaux.

Tertio : le réacteur nucléaire de Paluel 2, à l'arrêt à la suite d'un accident, a besoin, pour redémarrer, d'un arrêté de la ministre de l'Environnement.

La brutalité du chantage a sidéré les administrateurs, et Jean Bernard Lévy tente, depuis quinze jours, de les amadouer. Le vote de ses cinq administrateurs indépendants est en effet déterminant, car les six administrateurs de l'Etat ne peuvent pas s'exprimer : ils sont en plein conflit d'intérêts, comme le "Canard" l'a déjà souligné. Quand aux six administrateurs salariés, ils ne veulent pas entendre parler de la fermeture de Fessenheim.

Ces trois menaces vont-elles faire leur effet ? La réussite du quinquennat écolo de Hollande en dépend. Suspense...

 

Le Canard Enchainé, 18/01/2017

Cette enquête interne qui fait trembler la direction d'EDF

 

 

 

Entre 2012 et 2016, la part des salariés d'EDF qui ont confiance en l'avenir de leur entreprise est passée de 81% à 53%. Les résultats de cette enquête interne ont sonné la direction. Ils n'ont jamais été rendus publics. BFM Business les dévoile en exclusivité.

Les cendres de Superphénix

Après sa meilleure année de fonctionnement, Superphénix avait été définitivement arrêté en 1996, pour raison d’accord électoral avec les verts et de démêlés juridiques, notamment avec le canton de Genève dans lesquels ces mêmes verts s’étaient déjà impliqués.

Cette technologie aurait-elle alors été revendue à la Russie, ainsi qu’une partie des stocks de sodium, comme le prétendent certaines sources ?

En tout état de cause, le russe Rosatom vient de se voir décerner le « Power Award 2016» de la meilleure centrale nucléaire du monde pour son BN 800 dont l’exploitation commerciale vient de démarrer ce 1 novembre 2016.

Ce surgénérateur fait ainsi renaitre de ses cendres la technologie de 4° génération, à neutrons rapides avec refroidissement au sodium, abandonnée il y a tout juste 20 ans par la France avec la fermeture de Superphénix. Ce qui laisse entrevoir des milliers d’années de combustible disponible et une grande avancée dans le traitement des déchets.

Ce prix, décerné par la presse américaine à Rosatom, concrétise la « percée spectaculaire » de la Russie depuis 2005, qui en a fait le leader mondial de l’énergie nucléaire.

La Russie dispose en même temps d’un sous-sol regorgeant de pétrole, dont la production vient de dépasser celle de l’Arabie Saoudite . Elle est également le 2° producteur mondial de gaz, tandis que l’Europe, fortement dépendante de celle ci, reste à la merci de tensions diplomatiques, de façon d’autant plus inquiétantes que la Russie dispose d’une alternative à l’est.

En France, le Commissariat à l’énergie atomique planche sur la conception de l’équivalent du BN 800 russe, le réacteur expérimental ASTRID (Advanced Sodium Technological Reactor for Industrial Demonstration) qui pourrait voir le jour au plus tôt en 2025, soit après 30 ans d’interruption de la filière.

Le dur réveil de la France sur ses lauriers fanés

Pour avoir considéré que son parc nucléaire représentait une rente à vie et ne nécessitait qu’un minimum d’entretien et une absence totale de renouvellement, la France se trouve aujourd’hui confrontée à l’obligation de remettre en conformité plusieurs réacteurs.

Et semble brutalement prendre conscience du fait que ses 11 000MW éolien ne fournissent de l’électricité qu’au gré du vent et non des besoins de la consommation.

Risquant ainsi de comprendre, à ses dépends, qu’en cas d’absence de ce vent, c’est de la TOTALITE de la puissance PILOTABLE actuellement installée que le pays a besoin.

http://www.rte-france.com/fr/eco2mix/eco2mix-mix-energetique

En effet, une rupture d’approvisionnement, en cas de période de grand froid anticyclonique (par définition, sans vent), aurait des répercussions dramatiques.

Mais du moins mettrait-elle en évidence le peu de sens de la notion de compétitivité dégagée de la comparaison d’un MWh aléatoire avec un MWh pilotable.

Les services rendus par chacun d’eux étant sans commune mesure.

Le retour à la réalité

Selon un rapport confidentiel, consulté par The Guardian, la Commission européenne entendrait revenir sur les avantages concédés aux énergies renouvelables, afin de permettre plus de flexibilité de production et plus de compétitivité.

Si les Russes ont du pétrole, ils semblent avoir également de la suite dans les idées et sont restés peu sensibles au miroir aux alouettes éolien, si on en croit leurs seuls 17MW éoliens installés depuis 2007, indiqués sur le site Windpower.

Notre retard en matière énergétique n’est assurément pas celui qu’on croit.

 

Hinkley Point : l'ancien n° 2 d'EDF dénonce un projet suicidaire

Après sa démission en mars, l'ancien directeur financier d'EDF a livré un témoignage accablant à la commission des Affaires économiques de l'Assemblée.

 

 

 

L'avenir d'EDF est fragilisé par le coûteux projet de construire deux EPR nouvelle génération en Angleterre. C'est l'avis de son ex-directeur financier, Thomas Piquemal, qui s'est expliqué mercredi pour la première fois depuis sa démission en mars dernier. Il avait pris cette décision pour dénoncer un projet qu'il juge intenable dans les conditions actuelles marquées par un effondrement du prix de l'électricité et trop risqué pour les finances du géant de l'électricité.

Auditionné par la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, Thomas Piquemal a expliqué avoir démissionné « en désespoir de cause », incapable d'obtenir du PDG Jean-Bernard Lévy un report de trois ans d'Hinkley Point, un projet de 23 milliards d'euros vivement contesté par les syndicats d'EDF, également favorables à un décalage.

Un chantier colossal... pour une technologie incertaine

« Qu'est-ce que trois ans pour un projet qui prend dix ans pour être construit, qui a soixante ans de durée de vie [...] plus vingt ans d'extension possible comme le font les Américains, c'est-à-dire un projet de quatre-vingt-dix ans ? » a fait valoir l'ancien grand argentier d'EDF. Au contraire, son PDG avait estimé en avril que le projet est « mûr » et qu'un report le remettrait en cause dans sa totalité, faisant entrer EDF « dans une zone d'incertitude majeure ». Le géant de l'électricité voudrait commencer les travaux début 2016.

En tout, EDF a ainsi déjà investi 14 milliards d'euros dans la technologie française EPR, soit 58 % de ses capitaux propres. Dans ce contexte, « rajouter un projet supplémentaire, Hinkley Point ou un autre, me semblait impossible. Qui parierait 60 %, 70 % de son patrimoine sur une technologie dont on ne sait toujours pas si elle fonctionne alors que cela fait dix ans qu'on essaie de la construire ? » a souligné l'ex-directeur financier.

« Certes, Hinkley Point ne représente que 15 % des investissements d'EDF, mais ce n'est pas le seul projet de cette nature dans lequel EDF investit », a indiqué Thomas Piquemal, évoquant les problèmes rencontrés à Flamanville, mais aussi sur le chantier de l'EPR construit par Areva en Finlande. Les conditions mêmes du projet ont changé depuis la signature d'un accord franco-britannique en 2013 : ce dernier a conditionné sa garantie de financement au démarrage du réacteur EPR de Flamanville (Manche), prévu fin 2018, et le constructeur nucléaire Areva a renoncé à sa participation de 10 % en raison de ses propres déboires, obligeant EDF à consolider le gigantesque investissement dans ses comptes.

L'État va devoir augmenter sa participation

De fait, l'ancien numéro deux du groupe a « parcouru le monde entier », en vain, dans l'espoir de trouver d'autres investisseurs prêts à s'engager dans Hinkley Point, aux côtés d'EDF et du chinois CGN, qui supportera un tiers de l'investissement. Pour rendre le projet tenable, il a aussi proposé une prise de participation de la filière nucléaire française ou un « renforcement significatif des fonds propres », mais cette dernière proposition n'a pas non plus été retenue par la direction, car incompatible avec la volonté du PDG de lancer le projet dès janvier 2016.

Pour le directeur financier, ce souhait de Jean-Bernard Lévy de prendre une décision finale d'investissement sans plan de financement sécurisé aurait pu conduire le groupe à « se trouver dans la situation d'Areva, où il faut envisager une recapitalisation [...] lorsque l'entreprise est à quelques mois de la cessation de paiement ». Rejetant un tel scénario, « j'ai donc en âme et conscience décidé de ne pas le faire, et, mardi 1er mars 2016, j'ai présenté ma démission », a-t-il poursuivi. « Qu'est-ce que j'aurais dû faire ? Me taire ? Y aller ? J'aurais commis une faute professionnelle. »

Depuis, EDF a annoncé fin avril que l'État français, son actionnaire principal, s'était engagé à le renflouer dans le cadre d'un projet d'augmentation de capital de 4 milliards d'euros, pour renforcer ses fonds propres et financer ses investissements. Sous la pression des syndicats, le PDG d'EDF a aussi accepté de consulter le comité central d'entreprise (CCE), qui se réunira le 9 mai, décalant possiblement à septembre l'ultime feu vert au projet Hinkley Point, soutenu par Paris et Londres.

 

« Le PDG d’EDF ne montre pas le niveau d’insolence dont la direction du groupe a besoin »

 

 

Comment expliquer l’état de la filière nucléaire française?

Nous avons perdu le savoir-faire pour la construction de réacteurs nucléaires. Et je ne parle pas uniquement ici d’Areva ou d’EDF, mais de toute la filière. Pour la construction de l’EPR de Flamanville, ce sont tous les acteurs, y compris les PME, qui éprouvent de grosses difficultés à « délivrer ». C’est notamment parce que nous manquons d’expérience, puisque le dernier réacteur mis en service en France l’a été dans les années quatre-vingt-dix. Or, le nucléaire, ce n’est pas comme le vélo: ce n’est pas parce qu’on a appris à en faire que l’on saura toujours en faire ! En fait, c’est toute une génération « perdue » pour la cause nucléaire. Il faudrait peut-être faire revenir les « jeunes retraités » du secteur pour profiter de leur expérience ! Il faut aussi souligner à quel point la « surspécification sécuritaire », imposée par les défenseurs de l’environnement et poussée lors de la création de l’EPR, a mis en danger l’industrie nucléaire. Je ne porte pas de jugement sur le bien-fondé de cette régulation, je constate simplement qu’elle a remis en cause la compétitivité de l’industrie.

Quel est l’avenir d’EDF dans un tel contexte ?

La stratégie du groupe EDF tient sur deux jambes, celle de l’énergie « centralisée » et celle des solutions énergétiques décentralisées à la maille du territoire. La première a toujours été plus importante que la seconde. Malheureusement aujourd’hui, son actionnaire principal pousse encore un peu plus EDF dans sa stratégie historique. En Angleterre, le projet d’Hinkley Point a sans doute un sens, compte tenu de la stratégie énergétique du pays. Outre le problème désormais connu que l’on peut résumer par la formule « est-il est urgent d’attendre ? », je pense que la construction de réacteurs ne peut être qu’une partie de la stratégie d’EDF en Angleterre pour assurer son ancrage territorial dans la durée. Vu l’investissement fait pour Hinkley Point, le groupe EDF devra probablement investir aussi, même si la somme est moindre, dans des projets décentralisés pour se rapprocher des « counties »… Enfin, le management du groupe devrait peut-être clarifier ses relations avec son actionnaire. Aujourd’hui, la stratégie d’EDF est fortement guidée par l’agenda de l’Etat. Les dirigeants qui ont précédé Jean-Bernard Lévy montraient parfois une forte indépendance, pour ne pas dire insolence vis-à-vis de l’état-actionnaire qui confortait l’affectio societatis en interne. Aujourd’hui, même si le PDG d’EDF a bien d’autres qualités, il ne montre pas, en apparence en tout cas, le même niveau d’insolence dont la direction d’une entreprise comme EDF a besoin. Peut-être cela est-il nuisible à la cohésion sociale du groupe, à un moment où la stratégie et la transformation d’EDF nécessitent un alignement et une forte mobilisation en interne.

Quels sont les obstacles à la fermeture de Fessenheim ?

Il ne faut pas confondre les sujets juridico-réglementaires, économiques et techniques. Le plus important, dont on parle le moins est le premier d’entre eux. Même si le gouvernement dit demain à EDF « vous devez fermer Fessenheim », le cadre juridique de la fermeture et de l’indemnisation des différents acteurs n’est pas stabilisé. Ceci s’explique notamment par les nombreux investissements qui ont été réalisés dans la perspective de l’extension de la durée de vie de la centrale. Il serait surprenant de voir alors le groupe EDF se retourner contre l’Etat-actionnaire pour obtenir une indemnisation des actionnaires minoritaires, comme l’avait fait en un temps Gérard Mestrallet et Engie sur la réglementation du gaz. Le sujet économique n’en n’est vraiment pas un. Compte tenu des surcapacités de production d’électricité en Europe, il n’y aurait aucun problème pour compenser la production de Fessenheim qui représente 1,5 % de la production électrique française et 2,9 % de la production électrique nucléaire. Enfin, sur le plan technique, il est possible d’arrêter la production demain matin, même si le processus de démantèlement prend quelques dizaines d’années.

 

Arnaud Leroi est associé chez Bain et Compagnie, directeur du pôle de compétences « utilities et énergie »

 

Energies Renouvelables : la stratégie d'EDF conduit-elle à une faillite ?

 

 

La situation économique de l’énergéticien français EDF est inquiétante :

 


- une action en forte baisse (– 44% en 1an et – 58% sur 5 ans),
- un endettement qui s'envole (40 milliards, soit plus de la moitié de son chiffre d’affaire),
- une fusion programmée difficile avec AREVA qui totalise de son côté 4,8 milliards de pertes,
- les promesses du soutien financier de l’État qui n'a plus d'argent.
La sanction récente d'exclure EDF du CAC 40 pose la question de la part de responsabilité des Energies Renouvelables. EDF a misé son avenir sur cette filière pour verdir son image au détriment de ses autres activités. N'a-t-elle pas commis une erreur stratégique majeure ?

En analysant les faits de ces 8 dernières années, il est frappant de constater que la filiale d’EDF qui développe les énergies renouvelables (EDF EnR) a été rachetée à prix d’or, mais ne représente aujourd'hui que 2% du chiffre d’affaire d’EDF et emploie moins de 1500 salariés, soit 2% de l’effectif total du groupe EDF SA.

En revanche, la stratégie agressive de communication de cette filiale, appuyée par l'ADEME et le Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, a conduit à faire croire aux décideurs et aux citoyens que l’avenir d'EDF est fondamentalement basé sur les énergies renouvelables, comme le solaire, et surtout l’éolien qui paré de toutes les vertus a pratiquement quasiment occulté le reste des autres activités d’EDF, désormais perçues passéistes, polluantes, dangereuses. (*)
Certaines EnR présentent à terme un intérêt, mais peu productives, intermittentes et non rentables, elles comportent aujourd’hui des faiblesses fondamentales.
L’éolien érigé en symbole de l’avenir énergétique a répandu une image faussée de l’ensemble du groupe EDF mettant en péril le développement de ses autres activités majeures.
Ce n’est pas le rachat d’une partie d’AREVA en grande difficulté, qui va simplifier le problème économique de ce géant de l'énergie. Les effectifs d'AREVA ont fondu de 75.000 salariés à une prévision de 35.000 à l’horizon 2017. (*)

Il ne faudrait pas que les salariés du groupe EDF payent eux aussi par des licenciements massifs cette erreur stratégique des EnR.
L’industrie énergétique de la France se porte mal, il est urgent que les vrais problèmes ne soient plus occultés, qu’une vision stratégique conforme à l’intérêt général soit adoptée.

 

* Depuis la vente d’une partie de ses activités à Alstom et Schneider Electric
* Cour des comptes : Rapport public annuel 2013
- EDF SA CA : 41 950 M€ Effectifs 65 931
- RTE SA (Filiale à 100 % d’EDF SA) Réseau de transport d’électricité CA : 4 229 M€ Effectifs 8 769
- ERDF SA (Filiale à 100 % d’EDF SA) Electricité réseau distribution France CA : 12 256 M€ Effectifs 36 207

 

Jean-Louis Butré

 

Ingénieur Physicien
Expert Énergie et ancien PDG entreprises
Président de la Fédération Environnement Durable (1057 associations de toutes les régions de France)

La sortie d'EDF du CAC révèle les difficultés, parfois passagères, parfois profondes, rencontrées par l'entreprise publique. Qui se veut rassurante...

 

 

 

C'est comme un pot de départ : à quelques jours de quitter le CAC 40, dont elle est exclue pour cause de capital flottant insuffisant, les marchés ont tressé des louanges à EDF. En milieu de journée, l'action de l'entreprise publique flambait (plus de 8 % par rapport à la veille), prenant la tête de l'indice à la manière d'un bouquet final. Mais, à un peu plus de 13 euros, la valeur de l'action restait bien loin du début d'année, où elle s'affichait à plus de 24 euros. La valeur boursière a de son côté fondu de moitié en dix ans, passant de 160 à quelque 80 milliards d'euros aujourd'hui.

La risposte ne s'est pas fait attendre. Dès mercredi, la direction de l'électricien est montée au créneau pour rassurer les marchés et, sans doute, ses clients. Mardi, le conseil d'administration a réaffirmé que le cash flow devrait être à nouveau positif en 2018, et que les « coûts opérationnels » baisseront dès l'an prochain. Dans Le Figaro, le directeur financier d'EDF, Thomas Piquemal, a lui aussi voulu calmer le jeu. Le résultat opérationnel, assure-t-il, « sera en croissance d'au moins 3 %, là où nous avions promis une fourchette de 0 à 3 % ». La bourse a donc salué les annonces. Mais les maux dont souffre l'entreprise publique perdurent. Ils sont au moins au nombre de cinq.

 

1. Un actionnaire omniprésent

L'État est actionnaire à 84,4 % d'EDF, ce qui lui confère un statut assez particulier, à la fois régulateur du marché de l'électricité (il fixe les prix) et actionnaire omnipotent de son acteur principal (EDF, donc). Jean-Bernard Lévy, le PDG d'EDF, n'est pas libre des grandes décisions. Il n'a pu qu'acquiescer, par exemple, à la fermeture de la centrale de Fessenheim, alors que cette décision va à l'encontre de ses intérêts économiques. Autre exemple : le gouvernement, pour des considérations politiques, n'a pas satisfait EDF, qui souhaitait que les tarifs de l'électricité soient augmentés en 2015 de 5 %, pour couvrir ses coûts. EDF, incongruité capitalistique dans un monde ouvert à la concurrence...

L'État est en revanche gourmand quand il s'agit de ses intérêts. EDF lui a versé, en 2014, 2 milliards d'euros, ce qui est beaucoup même si le résultat net était l'an dernier positif (+ 3, 7 milliards d'euros). La Cour des comptes s'en est d'ailleurs alarmée : dans un rapport récent, les sages notent que cette ponction dans les caisses d'EDF dépasse de 500 millions d'euros le montant prévu dans la loi de finances. Un chèque de 500 millions supplémentaires que l'électricien a dû signer sans barguigner.

 

2. Des projets incertains

Ce devait être l'étendard du nucléaire français, ça le sera peut-être un jour, mais, pour l'heure, l'EPR de Flamanville ressemble à un gouffre financier. Le chantier, démarré en 2007, devrait être achevé dans trois à cinq ans, soit entre six à huit années de retard sur le calendrier initial. Dans ce but, EDF vient de demander à l'État de modifier le décret autorisant la création de l'EPR, pour qu'elle puisse entrer en service après 2017. Les coûts, affectés par diverses déconvenues techniques, ont évidemment dérapé : le devis de départ, un peu plus de 3 milliards d'euros, sera sans doute multiplié par trois pour atteindre 10 milliards...

Le dossier Areva est différent. Sous la contrainte de l'État – décidément –, Jean-Bernard Lévy a dû voler au secours du géant du nucléaire, au bord de la faillite. Lévy voulait rester à l'écart du Meccano, mais il a dû se plier au bon vouloir du gouvernement, qui lui a ordonné de prendre au moins 51 % d'Areva NP, nouvelle entité créée à partir d'Areva (elle s'occupe pour l'essentiel de l'ingénierie des réacteurs). Le coût de la participation d'EDF ne semble, pour l'heure, pas encore défini.

 

3. Des milliards à investir

EDF est engagé dans au moins deux autres projets d'ampleur. L'un vise à renforcer l'entreprise, en tout cas à gagner de nouvelles parts de marché à l'étranger. Il s'agit de construire deux EPR à Hinkley Point, dans le sud-ouest de l'Angleterre. Le projet a lui aussi pris du retard, à cause notamment d'un tour de table difficile à boucler. EDF doit en effet suppléer Areva, qui devait figurer parmi les partenaires financiers. Mais à quelle hauteur ? La question est toujours en suspens, même s'il semble acquis qu'EDF prendra plus de 50 % du projet, aux côtés d'entreprises chinoises. Coût du chantier : plus de 20 milliards d'euros...

Mais c'est surtout le « grand carénage » qui s'annonce à l'horizon. L'appellation recouvre les travaux indispensables pour que la durée de vie des 58 réacteurs du territoire français, d'abord fixée à quarante ans, soit prolongée au-delà. L'entreprise publique affirme qu'elle est en capacité financière de réaliser ce grand carénage, malgré une dette qui se monte à... 37 milliards d'euros. Le conseil d'administration l'a déjà validé. Coût ? 55 milliards d'euros, beaucoup plus selon quelques associations anti-nucléaire, par exemple Greenpeace qui chiffre le grand carénage à plusieurs centaines de milliards d'euros.

 

4. La fin du monopole

EDF se frotte depuis déjà pas mal d'années à la concurrence, puisque les particuliers comme les industriels peuvent s'adresser à des fournisseurs d'énergie dits « alternatifs » depuis 2007. Mais c'est une nouvelle étape que Bruxelles fait franchir à EDF. Le 1er janvier 2016, les tarifs de l'électricité ne seront plus réglementés (pour les gros consommateurs, comme l'industrie). EDF devra donc proposer des prix « de marché », et non plus des prix fixés par les pouvoirs publics. Aujourd'hui encore, 85 % des utilisateurs d'énergie, toutes catégories confondues, bénéficient des tarifs réglementés. EDF va devoir batailler pour garder sa part du gâteau. Selon un proche de l'entreprise publique, un tiers du marché des gros consommateurs pourrait passer à la concurrence à partir de janvier prochain.

 

5. Des troupes inquiètes

Avenue de Wagram, siège d'EDF, l'équipe de direction évite de le dire trop clairement, mais elle le pense très fort : le statut du personnel des industries électriques et gazières, très protecteur pour les 156 000 collaborateurs, n'est pas le meilleur atout pour affronter la concurrence. Les troupes elles-mêmes semblent inquiètes, mais pas pour les mêmes raisons. Dans une curieuse convergence, les syndicats arrivent à la même analyse que les marchés boursiers : l'horizon d'EDF n'est guère réjouissant. Selon Les Échos, le comité central d'entreprise envisagerait d'ailleurs de lancer une procédure d'alerte dans les prochains jours pour demander des comptes à la direction.

 

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Leak 04/12/2016 10:25

Bonjour je suis salarié EDF le train de vie de l'entreprise n'a pas pour autant diminuer les grande messe de multiplie et sortie de service dans des hôtel 4 étoiles cette années encore au mois de janvier nous étions 700 venue de toutes la France dans des hôtels parisien et parc des exposions et location du pavillons Baltars avec grand repas champagnes e spectacles cout estimé déplacements et salaires et hébergements 1 millions d'euros l’année précédentes 700 personnes au parc Disney Paris cout estimé 1 million d euros

sachant que chaque service est logé a la même enseignements le prix de l'électricité n'est pas près de baisser

Anthony 04/05/2016 08:53

Compliqué de s'en sortir avec ce fardeau