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affaiblir EDF relevait de l’exploit, l’État y est parvenu

Publié le par ottolilienthal

France Stratégies : Quelle sécurité d’approvisionnement électrique en Europe à horizon 2030 ?


Commentaire de Jean-Marc Jancovici :


"Après RTE, qui avait mis sur le devant de la scène la question de l'équilibre offre demande, en demandant aux français de faire attention à leur consommation d'électricité (pour ne pas excéder la puissance disponible), c'est au tour de France Stratégie de publier une note sur la sécurité d'approvisionnement électrique en Europe à l'horizon 2030 et un peu au-delà : https://lnkd.in/d3FKVbT

 

France Stratégie rappelle que les sources intermittentes et fatales ne peuvent pas compenser seules la disparition des sources pilotables. En pratique, seul un petit pourcentage de la puissance installée peut être considéré comme certain à tout moment.

En France, la demande en pointe (envisagée par RTE) sera supérieure à celle des moyens pilotables dès 2030, et pour l'Allemagne ca sera dès 2025. Bien évidemment, si le système devient globalement défaillant, le coup n'est pas "rattrapable" en une semaine...

France Stratégie remarque par ailleurs que d'avoir exprimé des objectifs en % d'ENR ne garantit pas l'atteinte des objectifs climatiques, car le "back-up" de l'éolien et du solaire sera souvent du gaz, et même le gaz ne sera pas possible dans une Europe neutre en carbone."


(posté par Joëlle Leconte)

 

https://www.facebook.com/jeanmarc.jancovici/posts/10159966256267281

 

Impacts de la crise du Covid-19 sur le système électrique


Commentaire de Jean-Marc Jancovici :


"France Stratégie vient de publier une étude intitulée "Impacts de la crise du Covid-19 sur le système électrique".


On peut y lire : "les conséquences de la chute d’activité sur la consommation d’électricité invitent à réexaminer la robustesse des systèmes français et européen de production, de transport et de distribution d’électricité. Des évolutions importantes devront être étudiées pour que ces systèmes puissent répondre dans de bonnes conditions de sécurité aux défis des années à venir. La décarbonation de l’économie conduira en effet à une hausse marquée de la part de l’électricité dans la consommation d’énergie, et nos systèmes n’y sont pas prêts".


Ce rapport va-t-il être lu à l’Élysée ou au Ministère de la Transition ?"


(publié par Joëlle Leconte)

 

https://www.facebook.com/jeanmarc.jancovici/posts/10159240418942281

Le courant gratuit d'EDF

 

Depuis le confinement, mis en place le 17 mars, EDF a dû, à plusieurs reprises, payer ses clients (de gros industriels, surtout) pour parvenir à écouler son électricité ! Ainsi, l'électricien a évité de mettre ses équipements en surtension, tandis que les bénéficiaires ont pu produire moins cher : non seulement le courant était à l"oeil, mais en plus les clients ont reçus une prime.Une générosité forcée : en mettant entreprises et particuliers au repos, le confinement a provoqué une baisse inédite de la consommation d'électricité, de l'ordre de 15 à 20 %.

Ainsi, le 13 avril, le prix de l'électricité à la Bourse européenne Epex Spot  s'est révélé négatif toute la journée, entre 6 heures et 19 heures. Et, à 17 heures, EDF (à l'image des autres électriciens européens) a été obligé d'offrir à ses clients une prime de 76 euros afin qu'ils daignent utiliser gratis leur courant : mieux que le tarif habituel, de 42 euros le mégawattheure....

Le courant étant  pour l'heure impossible à stocker en grande quantité, la demande doit être égale à l'offre. Et il revient moins cher à EDF d'écouler des kilowattheures à des prix négatifs, que de mettre à l'arrêt des centrales nucléaires exigeant, pour être redémarrées, un certain délai...pendant lequel le courant viendrait à manquer !

En moins de quatre semaines de confinement, c'est donc plus d'une journée et demi (39 heures) de courant gratis, assortie d'une prime, qui a été offerte. Conséquence ? Le prix moyen européen s'est effondré de 34 à 24 euros le mégawattheure entre mars 2019 et mars 2020. Fâcheuse situation pour EDF - le prix auquel lui revient le mégawattheure nucléaire est d'environ 42 euros...

(extrait d'un article du Canard enchaîné, 15/04/2020)

Pour 1 milliard $, la Chine a acheté 49% des actions de la holding Electrique d’Oman, au Moyen-Orient. L’objectif de la Chine est de produire et de vendre l’électricité aux pays qui traversent la route de la Soie.

Depuis 2016, la China State Grid a investi 8,4 milliards $ pour mettre dans son panier les producteurs de la Grèce, de l’Italie, du Portugal, de l’Australie et du Brésil. Elle a également lancé un fond d’investissement de 10 milliards $ à destination du Koweït et en Irak les grands producteurs de gaz et de pétrole.

La prise d’actifs dans le monde de l’énergie permet, in fine, de contrôler le pays. L’électricité est une source de base et incontournable dans la vie des citoyens et des entreprises. Confier sa gestion de l’électricité et son réseau à des mains étrangères n’est pas une erreur, c’est une faute grave.

(extrait du lien ci dessous)

 

 

 

RTE France exhorte les décideurs politiques français à s'entretenir avec leurs homologues européens avant de fermer des centrales électriques

« Avertissement de Francois Brottes président de RTE Réseau de Transport d'Electricité. Si tous les pays européens ferment des capacités pilotables de production électrique (celles qu'on peut activer quand on en a besoin et pas seulement quand il y a du soleil ou du vent), sans se concerter et en comptant sur les pays voisins pour compenser, on va dans le mur.

La France a réduit de 8 GW son parc fossile depuis 2010 et ses capacités pilotables devraient encore baisser, notamment avec la sortie du charbon en 2022 (3 GW).

La Belgique va fermer ses centrales nucléaires d'ici 2025 (6 GW) qui ne seront qu'en partie remplacées par des centrales à gaz.

L'Allemagne devrait finir de fermer ses centrales nucléaires d'ici 2022 (9,5 GW) puis éventuellement quelques centrales à charbon.

Le Royaume-Uni prévoit de sortir complètement du charbon en 2025 et va devoir fermer 14 réacteurs nucléaires sur 15 d'ici 2031 (pas pour raisons politiques mais pour des raisons de vieillissement spécifiques à leur technologie de réacteur).

Si tout le monde ferme ses capacités pilotables, sans les remplacer ni économiser de l'énergie, et en comptant sur les pays voisins pour fournir de l'électricité en cas de besoin, ça ne passera pas. » Maxence Cordiez

https://www.reuters.com/…/europe-electricity-france-idUSL5N…

(publié par J-Pierre Dieterlen)

Comment la Bretagne a frôlé le black-out
 

Le PDG d’EDF a révélé que le réseau électrique avait failli tomber fin février. Une situation qui s’était déjà produite l’an passé.

 

"Nos politiques veulent à la fois supprimer les moyens actuels de production de l'électricité, ne pas les remplacer par des sources aussi puissantes, généraliser la voiture électrique et équilibrer le budget de l'Etat.

Celà montre leur incapacité à comprendre ce qu'ils expriment"

 

(un internaute)

Cette enquête interne qui fait trembler la direction d'EDF
 

 

 

Entre 2012 et 2016, la part des salariés d'EDF qui ont confiance en l'avenir de leur entreprise est passée de 81% à 53%. Les résultats de cette enquête interne ont sonné la direction. Ils n'ont jamais été rendus publics. BFM Business les dévoile en exclusivité.

Les cendres de Superphénix

Après sa meilleure année de fonctionnement, Superphénix avait été définitivement arrêté en 1996, pour raison d’accord électoral avec les verts et de démêlés juridiques, notamment avec le canton de Genève dans lesquels ces mêmes verts s’étaient déjà impliqués.

Cette technologie aurait-elle alors été revendue à la Russie, ainsi qu’une partie des stocks de sodium, comme le prétendent certaines sources ?

En tout état de cause, le russe Rosatom vient de se voir décerner le « Power Award 2016» de la meilleure centrale nucléaire du monde pour son BN 800 dont l’exploitation commerciale vient de démarrer ce 1 novembre 2016.

Ce surgénérateur fait ainsi renaitre de ses cendres la technologie de 4° génération, à neutrons rapides avec refroidissement au sodium, abandonnée il y a tout juste 20 ans par la France avec la fermeture de Superphénix. Ce qui laisse entrevoir des milliers d’années de combustible disponible et une grande avancée dans le traitement des déchets.

Ce prix, décerné par la presse américaine à Rosatom, concrétise la « percée spectaculaire » de la Russie depuis 2005, qui en a fait le leader mondial de l’énergie nucléaire.

La Russie dispose en même temps d’un sous-sol regorgeant de pétrole, dont la production vient de dépasser celle de l’Arabie Saoudite . Elle est également le 2° producteur mondial de gaz, tandis que l’Europe, fortement dépendante de celle ci, reste à la merci de tensions diplomatiques, de façon d’autant plus inquiétantes que la Russie dispose d’une alternative à l’est.

En France, le Commissariat à l’énergie atomique planche sur la conception de l’équivalent du BN 800 russe, le réacteur expérimental ASTRID (Advanced Sodium Technological Reactor for Industrial Demonstration) qui pourrait voir le jour au plus tôt en 2025, soit après 30 ans d’interruption de la filière.

Le dur réveil de la France sur ses lauriers fanés

Pour avoir considéré que son parc nucléaire représentait une rente à vie et ne nécessitait qu’un minimum d’entretien et une absence totale de renouvellement, la France se trouve aujourd’hui confrontée à l’obligation de remettre en conformité plusieurs réacteurs.

Et semble brutalement prendre conscience du fait que ses 11 000MW éolien ne fournissent de l’électricité qu’au gré du vent et non des besoins de la consommation.

Risquant ainsi de comprendre, à ses dépends, qu’en cas d’absence de ce vent, c’est de la TOTALITE de la puissance PILOTABLE actuellement installée que le pays a besoin.

http://www.rte-france.com/fr/eco2mix/eco2mix-mix-energetique

En effet, une rupture d’approvisionnement, en cas de période de grand froid anticyclonique (par définition, sans vent), aurait des répercussions dramatiques.

Mais du moins mettrait-elle en évidence le peu de sens de la notion de compétitivité dégagée de la comparaison d’un MWh aléatoire avec un MWh pilotable.

Les services rendus par chacun d’eux étant sans commune mesure.

Le retour à la réalité

Selon un rapport confidentiel, consulté par The Guardian, la Commission européenne entendrait revenir sur les avantages concédés aux énergies renouvelables, afin de permettre plus de flexibilité de production et plus de compétitivité.

Si les Russes ont du pétrole, ils semblent avoir également de la suite dans les idées et sont restés peu sensibles au miroir aux alouettes éolien, si on en croit leurs seuls 17MW éoliens installés depuis 2007, indiqués sur le site Windpower.

Notre retard en matière énergétique n’est assurément pas celui qu’on croit.

 

Hinkley Point : l'ancien n° 2 d'EDF dénonce un projet suicidaire

Après sa démission en mars, l'ancien directeur financier d'EDF a livré un témoignage accablant à la commission des Affaires économiques de l'Assemblée.

 

 

 

L'avenir d'EDF est fragilisé par le coûteux projet de construire deux EPR nouvelle génération en Angleterre. C'est l'avis de son ex-directeur financier, Thomas Piquemal, qui s'est expliqué mercredi pour la première fois depuis sa démission en mars dernier. Il avait pris cette décision pour dénoncer un projet qu'il juge intenable dans les conditions actuelles marquées par un effondrement du prix de l'électricité et trop risqué pour les finances du géant de l'électricité.

Auditionné par la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, Thomas Piquemal a expliqué avoir démissionné « en désespoir de cause », incapable d'obtenir du PDG Jean-Bernard Lévy un report de trois ans d'Hinkley Point, un projet de 23 milliards d'euros vivement contesté par les syndicats d'EDF, également favorables à un décalage.

Un chantier colossal... pour une technologie incertaine

« Qu'est-ce que trois ans pour un projet qui prend dix ans pour être construit, qui a soixante ans de durée de vie [...] plus vingt ans d'extension possible comme le font les Américains, c'est-à-dire un projet de quatre-vingt-dix ans ? » a fait valoir l'ancien grand argentier d'EDF. Au contraire, son PDG avait estimé en avril que le projet est « mûr » et qu'un report le remettrait en cause dans sa totalité, faisant entrer EDF « dans une zone d'incertitude majeure ». Le géant de l'électricité voudrait commencer les travaux début 2016.

En tout, EDF a ainsi déjà investi 14 milliards d'euros dans la technologie française EPR, soit 58 % de ses capitaux propres. Dans ce contexte, « rajouter un projet supplémentaire, Hinkley Point ou un autre, me semblait impossible. Qui parierait 60 %, 70 % de son patrimoine sur une technologie dont on ne sait toujours pas si elle fonctionne alors que cela fait dix ans qu'on essaie de la construire ? » a souligné l'ex-directeur financier.

« Certes, Hinkley Point ne représente que 15 % des investissements d'EDF, mais ce n'est pas le seul projet de cette nature dans lequel EDF investit », a indiqué Thomas Piquemal, évoquant les problèmes rencontrés à Flamanville, mais aussi sur le chantier de l'EPR construit par Areva en Finlande. Les conditions mêmes du projet ont changé depuis la signature d'un accord franco-britannique en 2013 : ce dernier a conditionné sa garantie de financement au démarrage du réacteur EPR de Flamanville (Manche), prévu fin 2018, et le constructeur nucléaire Areva a renoncé à sa participation de 10 % en raison de ses propres déboires, obligeant EDF à consolider le gigantesque investissement dans ses comptes.

L'État va devoir augmenter sa participation

De fait, l'ancien numéro deux du groupe a « parcouru le monde entier », en vain, dans l'espoir de trouver d'autres investisseurs prêts à s'engager dans Hinkley Point, aux côtés d'EDF et du chinois CGN, qui supportera un tiers de l'investissement. Pour rendre le projet tenable, il a aussi proposé une prise de participation de la filière nucléaire française ou un « renforcement significatif des fonds propres », mais cette dernière proposition n'a pas non plus été retenue par la direction, car incompatible avec la volonté du PDG de lancer le projet dès janvier 2016.

Pour le directeur financier, ce souhait de Jean-Bernard Lévy de prendre une décision finale d'investissement sans plan de financement sécurisé aurait pu conduire le groupe à « se trouver dans la situation d'Areva, où il faut envisager une recapitalisation [...] lorsque l'entreprise est à quelques mois de la cessation de paiement ». Rejetant un tel scénario, « j'ai donc en âme et conscience décidé de ne pas le faire, et, mardi 1er mars 2016, j'ai présenté ma démission », a-t-il poursuivi. « Qu'est-ce que j'aurais dû faire ? Me taire ? Y aller ? J'aurais commis une faute professionnelle. »

Depuis, EDF a annoncé fin avril que l'État français, son actionnaire principal, s'était engagé à le renflouer dans le cadre d'un projet d'augmentation de capital de 4 milliards d'euros, pour renforcer ses fonds propres et financer ses investissements. Sous la pression des syndicats, le PDG d'EDF a aussi accepté de consulter le comité central d'entreprise (CCE), qui se réunira le 9 mai, décalant possiblement à septembre l'ultime feu vert au projet Hinkley Point, soutenu par Paris et Londres.

 

« Le PDG d’EDF ne montre pas le niveau d’insolence dont la direction du groupe a besoin »

 

 

Comment expliquer l’état de la filière nucléaire française?

Nous avons perdu le savoir-faire pour la construction de réacteurs nucléaires. Et je ne parle pas uniquement ici d’Areva ou d’EDF, mais de toute la filière. Pour la construction de l’EPR de Flamanville, ce sont tous les acteurs, y compris les PME, qui éprouvent de grosses difficultés à « délivrer ». C’est notamment parce que nous manquons d’expérience, puisque le dernier réacteur mis en service en France l’a été dans les années quatre-vingt-dix. Or, le nucléaire, ce n’est pas comme le vélo: ce n’est pas parce qu’on a appris à en faire que l’on saura toujours en faire ! En fait, c’est toute une génération « perdue » pour la cause nucléaire. Il faudrait peut-être faire revenir les « jeunes retraités » du secteur pour profiter de leur expérience ! Il faut aussi souligner à quel point la « surspécification sécuritaire », imposée par les défenseurs de l’environnement et poussée lors de la création de l’EPR, a mis en danger l’industrie nucléaire. Je ne porte pas de jugement sur le bien-fondé de cette régulation, je constate simplement qu’elle a remis en cause la compétitivité de l’industrie.

Quel est l’avenir d’EDF dans un tel contexte ?

La stratégie du groupe EDF tient sur deux jambes, celle de l’énergie « centralisée » et celle des solutions énergétiques décentralisées à la maille du territoire. La première a toujours été plus importante que la seconde. Malheureusement aujourd’hui, son actionnaire principal pousse encore un peu plus EDF dans sa stratégie historique. En Angleterre, le projet d’Hinkley Point a sans doute un sens, compte tenu de la stratégie énergétique du pays. Outre le problème désormais connu que l’on peut résumer par la formule « est-il est urgent d’attendre ? », je pense que la construction de réacteurs ne peut être qu’une partie de la stratégie d’EDF en Angleterre pour assurer son ancrage territorial dans la durée. Vu l’investissement fait pour Hinkley Point, le groupe EDF devra probablement investir aussi, même si la somme est moindre, dans des projets décentralisés pour se rapprocher des « counties »… Enfin, le management du groupe devrait peut-être clarifier ses relations avec son actionnaire. Aujourd’hui, la stratégie d’EDF est fortement guidée par l’agenda de l’Etat. Les dirigeants qui ont précédé Jean-Bernard Lévy montraient parfois une forte indépendance, pour ne pas dire insolence vis-à-vis de l’état-actionnaire qui confortait l’affectio societatis en interne. Aujourd’hui, même si le PDG d’EDF a bien d’autres qualités, il ne montre pas, en apparence en tout cas, le même niveau d’insolence dont la direction d’une entreprise comme EDF a besoin. Peut-être cela est-il nuisible à la cohésion sociale du groupe, à un moment où la stratégie et la transformation d’EDF nécessitent un alignement et une forte mobilisation en interne.

Quels sont les obstacles à la fermeture de Fessenheim ?

Il ne faut pas confondre les sujets juridico-réglementaires, économiques et techniques. Le plus important, dont on parle le moins est le premier d’entre eux. Même si le gouvernement dit demain à EDF « vous devez fermer Fessenheim », le cadre juridique de la fermeture et de l’indemnisation des différents acteurs n’est pas stabilisé. Ceci s’explique notamment par les nombreux investissements qui ont été réalisés dans la perspective de l’extension de la durée de vie de la centrale. Il serait surprenant de voir alors le groupe EDF se retourner contre l’Etat-actionnaire pour obtenir une indemnisation des actionnaires minoritaires, comme l’avait fait en un temps Gérard Mestrallet et Engie sur la réglementation du gaz. Le sujet économique n’en n’est vraiment pas un. Compte tenu des surcapacités de production d’électricité en Europe, il n’y aurait aucun problème pour compenser la production de Fessenheim qui représente 1,5 % de la production électrique française et 2,9 % de la production électrique nucléaire. Enfin, sur le plan technique, il est possible d’arrêter la production demain matin, même si le processus de démantèlement prend quelques dizaines d’années.

 

Arnaud Leroi est associé chez Bain et Compagnie, directeur du pôle de compétences « utilities et énergie »

La sortie d'EDF du CAC révèle les difficultés, parfois passagères, parfois profondes, rencontrées par l'entreprise publique. Qui se veut rassurante...

 

 

 

C'est comme un pot de départ : à quelques jours de quitter le CAC 40, dont elle est exclue pour cause de capital flottant insuffisant, les marchés ont tressé des louanges à EDF. En milieu de journée, l'action de l'entreprise publique flambait (plus de 8 % par rapport à la veille), prenant la tête de l'indice à la manière d'un bouquet final. Mais, à un peu plus de 13 euros, la valeur de l'action restait bien loin du début d'année, où elle s'affichait à plus de 24 euros. La valeur boursière a de son côté fondu de moitié en dix ans, passant de 160 à quelque 80 milliards d'euros aujourd'hui.

La risposte ne s'est pas fait attendre. Dès mercredi, la direction de l'électricien est montée au créneau pour rassurer les marchés et, sans doute, ses clients. Mardi, le conseil d'administration a réaffirmé que le cash flow devrait être à nouveau positif en 2018, et que les « coûts opérationnels » baisseront dès l'an prochain. Dans Le Figaro, le directeur financier d'EDF, Thomas Piquemal, a lui aussi voulu calmer le jeu. Le résultat opérationnel, assure-t-il, « sera en croissance d'au moins 3 %, là où nous avions promis une fourchette de 0 à 3 % ». La bourse a donc salué les annonces. Mais les maux dont souffre l'entreprise publique perdurent. Ils sont au moins au nombre de cinq.

 

1. Un actionnaire omniprésent

L'État est actionnaire à 84,4 % d'EDF, ce qui lui confère un statut assez particulier, à la fois régulateur du marché de l'électricité (il fixe les prix) et actionnaire omnipotent de son acteur principal (EDF, donc). Jean-Bernard Lévy, le PDG d'EDF, n'est pas libre des grandes décisions. Il n'a pu qu'acquiescer, par exemple, à la fermeture de la centrale de Fessenheim, alors que cette décision va à l'encontre de ses intérêts économiques. Autre exemple : le gouvernement, pour des considérations politiques, n'a pas satisfait EDF, qui souhaitait que les tarifs de l'électricité soient augmentés en 2015 de 5 %, pour couvrir ses coûts. EDF, incongruité capitalistique dans un monde ouvert à la concurrence...

L'État est en revanche gourmand quand il s'agit de ses intérêts. EDF lui a versé, en 2014, 2 milliards d'euros, ce qui est beaucoup même si le résultat net était l'an dernier positif (+ 3, 7 milliards d'euros). La Cour des comptes s'en est d'ailleurs alarmée : dans un rapport récent, les sages notent que cette ponction dans les caisses d'EDF dépasse de 500 millions d'euros le montant prévu dans la loi de finances. Un chèque de 500 millions supplémentaires que l'électricien a dû signer sans barguigner.

 

2. Des projets incertains

Ce devait être l'étendard du nucléaire français, ça le sera peut-être un jour, mais, pour l'heure, l'EPR de Flamanville ressemble à un gouffre financier. Le chantier, démarré en 2007, devrait être achevé dans trois à cinq ans, soit entre six à huit années de retard sur le calendrier initial. Dans ce but, EDF vient de demander à l'État de modifier le décret autorisant la création de l'EPR, pour qu'elle puisse entrer en service après 2017. Les coûts, affectés par diverses déconvenues techniques, ont évidemment dérapé : le devis de départ, un peu plus de 3 milliards d'euros, sera sans doute multiplié par trois pour atteindre 10 milliards...

Le dossier Areva est différent. Sous la contrainte de l'État – décidément –, Jean-Bernard Lévy a dû voler au secours du géant du nucléaire, au bord de la faillite. Lévy voulait rester à l'écart du Meccano, mais il a dû se plier au bon vouloir du gouvernement, qui lui a ordonné de prendre au moins 51 % d'Areva NP, nouvelle entité créée à partir d'Areva (elle s'occupe pour l'essentiel de l'ingénierie des réacteurs). Le coût de la participation d'EDF ne semble, pour l'heure, pas encore défini.

 

3. Des milliards à investir

EDF est engagé dans au moins deux autres projets d'ampleur. L'un vise à renforcer l'entreprise, en tout cas à gagner de nouvelles parts de marché à l'étranger. Il s'agit de construire deux EPR à Hinkley Point, dans le sud-ouest de l'Angleterre. Le projet a lui aussi pris du retard, à cause notamment d'un tour de table difficile à boucler. EDF doit en effet suppléer Areva, qui devait figurer parmi les partenaires financiers. Mais à quelle hauteur ? La question est toujours en suspens, même s'il semble acquis qu'EDF prendra plus de 50 % du projet, aux côtés d'entreprises chinoises. Coût du chantier : plus de 20 milliards d'euros...

Mais c'est surtout le « grand carénage » qui s'annonce à l'horizon. L'appellation recouvre les travaux indispensables pour que la durée de vie des 58 réacteurs du territoire français, d'abord fixée à quarante ans, soit prolongée au-delà. L'entreprise publique affirme qu'elle est en capacité financière de réaliser ce grand carénage, malgré une dette qui se monte à... 37 milliards d'euros. Le conseil d'administration l'a déjà validé. Coût ? 55 milliards d'euros, beaucoup plus selon quelques associations anti-nucléaire, par exemple Greenpeace qui chiffre le grand carénage à plusieurs centaines de milliards d'euros.

 

4. La fin du monopole

EDF se frotte depuis déjà pas mal d'années à la concurrence, puisque les particuliers comme les industriels peuvent s'adresser à des fournisseurs d'énergie dits « alternatifs » depuis 2007. Mais c'est une nouvelle étape que Bruxelles fait franchir à EDF. Le 1er janvier 2016, les tarifs de l'électricité ne seront plus réglementés (pour les gros consommateurs, comme l'industrie). EDF devra donc proposer des prix « de marché », et non plus des prix fixés par les pouvoirs publics. Aujourd'hui encore, 85 % des utilisateurs d'énergie, toutes catégories confondues, bénéficient des tarifs réglementés. EDF va devoir batailler pour garder sa part du gâteau. Selon un proche de l'entreprise publique, un tiers du marché des gros consommateurs pourrait passer à la concurrence à partir de janvier prochain.

 

5. Des troupes inquiètes

Avenue de Wagram, siège d'EDF, l'équipe de direction évite de le dire trop clairement, mais elle le pense très fort : le statut du personnel des industries électriques et gazières, très protecteur pour les 156 000 collaborateurs, n'est pas le meilleur atout pour affronter la concurrence. Les troupes elles-mêmes semblent inquiètes, mais pas pour les mêmes raisons. Dans une curieuse convergence, les syndicats arrivent à la même analyse que les marchés boursiers : l'horizon d'EDF n'est guère réjouissant. Selon Les Échos, le comité central d'entreprise envisagerait d'ailleurs de lancer une procédure d'alerte dans les prochains jours pour demander des comptes à la direction.

 

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L
Bonjour je suis salarié EDF le train de vie de l'entreprise n'a pas pour autant diminuer les grande messe de multiplie et sortie de service dans des hôtel 4 étoiles cette années encore au mois de janvier nous étions 700 venue de toutes la France dans des hôtels parisien et parc des exposions et location du pavillons Baltars avec grand repas champagnes e spectacles cout estimé déplacements et salaires et hébergements 1 millions d'euros l’année précédentes 700 personnes au parc Disney Paris cout estimé 1 million d euros

sachant que chaque service est logé a la même enseignements le prix de l'électricité n'est pas près de baisser
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A
Compliqué de s'en sortir avec ce fardeau
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