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Internet chronique

Publié le par ottolilienthal

Le 18 novembre 2025, vers 11 h 48 UTC, un fichier de configuration de Cloudflare a dépassé sa limite de taille. Ce fichier, généré automatiquement par le système de gestion des menaces de l'entreprise, était trop volumineux pour être traité par le logiciel anti-bots. Le système a planté. En quelques minutes, près de 25 % du trafic internet mondial a été perturbé.

Pendant huit heures, X était inaccessible. Claude et ChatGPT ont cessé de répondre. Les transactions Shopify ont échoué. Spotify est devenu hors service. Les vidéos YouTube se sont figées. L'économie numérique a subi une perte estimée entre 100 et 150 millions de dollars par heure. Lorsque les ingénieurs de Cloudflare ont finalement déployé un correctif à 14 h 42 UTC, l'incident avait révélé un problème bien plus grave qu'un simple bug logiciel.

Il a révélé une loi fondamentale : internet est au bord de l'effondrement thermodynamique.

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Et si Internet devait s’arrêter…

Chaque semaine, “Courrier international” explique ses choix éditoriaux. Dans ce numéro, nous revenons sur la vague récente de pannes majeures, défaillances et autres cyberattaques qui ont mis en lumière la vulnérabilité du réseau. Au point que certains s’interrogent dans la presse étrangère : sommes-nous au bord d’une grande panne mondiale de l’Internet ?

Sur la carte des États-Unis, c’est une zone très dense, dans le nord de la Virginie. Elle est surnommée la “Data Center Alley”. Selon la BBC, le comté de Loudoun abrite la plus grande concentration mondiale d’installations de stockage et de traitement de données, soit près de 200 data centers. C’est là que, le 20 octobre, la défaillance d’un serveur d’Amazon Web Services (AWS) a fait tomber un pan entier du réseau mondial. Zoom, WhatsApp, Perplexity, Fortnite : “plus de 11 millions de personnes dans le monde et quelque 2 500 entreprises” ont été touchées par “la plus grande panne” de l’année du cloud d’Amazon, d’après Axios.

Tout a fini par rentrer dans l‘ordre, mais cette panne s’ajoute à de très nombreuses autres perturbations cette année, qui ont un peu plus mis en lumière la vulnérabilité d’Internet. Le 29 octobre, c’est Azure, le cloud de Microsoft, qui provoquait un autre incident de portée mondiale à la suite d’un “changement de configuration involontaire”.

“Une simple panne survenue dans un centre de données en Virginie est venue nous rappeler que l’improbable n’était pas l’impossible, écrit Aisha Down dans The Guardian. Si Internet est un des piliers incontournables de notre vie moderne, c’est aussi un réseau, composé de programmes et d’infrastructures bien physiques qui accusent le poids des ans, poussant certains à se demander ce qui serait susceptible de faire planter le système.”

C’est l’objet de notre dossier : devant la multiplication de pannes majeures du réseau, les experts s’interrogent. Sommes-nous proches d’un “Big One” (une expression empruntée au vocabulaire relatif aux séismes) qui verrait Internet s’arrêter ? Avec des conséquences potentiellement dévastatrices. Car nos vies sont désormais étroitement dépendantes d’Internet : des systèmes de paiement aux communications, des services publics au GPS – à peu près tout ce qui fait notre quotidien dépend du réseau.

Un réseau de plus en plus fragilisé. Aux défaillances techniques et aux erreurs de protocole s’ajoute une menace qui atteint des niveaux jamais vus jusqu’ici : les cyberattaques. En la matière, vous n’avez encore rien vu, prévient Misha Glenny dans une enquête remarquable parue dans le Financial Times. Pour lui, la perspective d’une paralysie géante se rapproche.

“La cybercriminalité et le cyberespionnage ont depuis longtemps supplanté la criminalité organisée traditionnelle en tant que menaces sécuritaires et économiques. Mais la menace est sur le point de passer à l’étape supérieure en matière d’échelle et d’effet, compte tenu des capacités révolutionnaires de l’IA.”

Au Royaume-Uni, quatre entreprises sur dix auraient été touchées par des cyberattaques au cours de l’année écoulée. Les grands noms de l’économie “semblent tomber comme des dominos”, s’alarmait The Standard, à Londres, en septembre. L’an dernier déjà, explique Misha Glenny, le Parlement britannique avait “publié un rapport sur les rançongiciels qui comprenait une mise en garde sans appel : ‘Il y a un grand risque que l’État soit confronté à une attaque catastrophique au rançongiciel à n’importe quel moment et qu’il n’y soit pas préparé.’

Sans nier la réalité du risque, les spécialistes interrogés par Aisha Down, à qui elle a soumis plusieurs scénarios catastrophe, se montrent plus nuancés. Qu’un ouragan dévaste la Data Center Alley ou que des hackeurs attaquent tous les sites dont l’adresse se termine par “.com” ou “.net”, “le cœur d’Internet continuerait de battre”, affirme un expert, parce qu’il existe des réseaux sociaux décentralisés, des noms de domaines spécifiques ou encore des nœuds secondaires suffisants pour absorber une surchauffe du réseau.

Le problème, c’est que le réseau “n’a pas été construit en tenant compte de la sécurité : il a été conçu pour l’interopérabilité”, s’inquiète dans le Financial Times un autre expert, qui estime que le système présente “plusieurs couches de vulnérabilité susceptibles d’être exploitées”.

L’autre facteur aggravant mis en avant dans notre dossier, c’est bien sûr la concentration : “AWS, Google et Microsoft contrôlent plus de 60 % du marché mondial de l’informatique dématérialisée – et il est presque impossible d’évaluer, ne serait-ce qu’approximativement, combien de services en dépendent.” Un seul grain de sable chez un mastodonte du web en Virginie, et tout un pan du monde est déréglé.

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« 90 % du contenu généré par IA en 2026 » : comment Internet est en train de mourir à très haute vitesse...

Si votre feed est envahi par des bots, du spam, et des images générées par IA, vous serez ravis d’apprendre que selon la Dead Internet Theory, ça ne va que s’aggraver.

Internet est-il mort, et sommes-nous en train de l’achever ? C’est en tout cas ce qu’affirme la « Dead Internet Theory » (théorie de l’Internet morte, français). Une théorie du complot qui, comme beaucoup d’autres, est née sur 4chan, avant d’être popularisée en 2021 par un post sur le forum Agora Road. Sauf qu’en réalité, cette théorie du complot s’apparente de plus en plus à une prophétie - et les conséquences sont dramatiques.

Comme vous pouvez le voir dans notre vidéo ci-dessus, selon la Dead Internet Theory les gouvernements utiliseraient l’intelligence artificielle pour manipuler la population, une hypothèse que l’on a l’habitude de retrouver dans les théories du complot. Mais là où les complotistes ont tapé dans le mille, c’est sur l’invasion des bots et des « faux » contenus.

En effet, selon un rapport d’Imperva, une société de cybersécurité, des bots étaient à l’origine de plus de la moitié du trafic Internet en 2024. Concrètement, ça veut dire que les interactions entre humains en ligne sont peu à peu remplacées par des logiciels les imitant.

« Le meilleur moyen de comprendre la Dead Internet Theory, c’est de comprendre que l’Internet que tu as connu et aimé pendant les dernières décennies a disparu », résume au HuffPost Jake Renzella, enseignant en sciences informatiques à l’Université de Nouvelle-Galles du Sud. « C’est la fin de la période où la majorité du contenu en ligne était écrite par des humains. Nous sommes des citoyens de seconde classe d’Internet ».

Comment les IA génératives ont enterré Internet

Si ce contenu artificiel ne fait qu’augmenter, c’est en partie à cause des IA génératives, devenues accessibles au grand public avec ChatGPT fin 2022. Depuis, on a vu l’arrivée des vidéos créées par Midjourney, des chatbots à toutes les sauces, et même des influenceurs virtuels que l’on peut créer en quelques clics. Mais même avant ChatGPT, Internet était déjà mal barré, explique Jake Renzella.

« Il n’y a pas besoin d’IA générative pour créer du contenu automatisé par des bots », indique l’enseignant spécialiste de l’IA pédagogique. « Par exemple, si je voulais propager le message qu’il faut voter pour moi lors d’une élection, je peux créer 1 000 comptes Twitter qui répètent la même phrase. Ce que les IA génératives vont nous permettre, c’est de dire “parle de quelque chose, mais en même temps propage l’idée qu’il faut voter pour moi” », précise-t-il. « Ça va te donner des milliers de messages tous uniques, ce qui rend la détection de bots beaucoup plus difficile ».

Si on en est arrivés là, c’est aussi à cause de l’appât du gain. L’Internet n’est plus optimisé pour être pratique ou divertissant explique le Financial Times, mais pour pousser au clic, à l’achat, au scroll infini. Un terrain fertile pour la prolifération des techniques de propagande comme celles de la Russie, dont le but est entre autres de saturer les plateformes pour mieux semer la discorde.

Pour se protéger face à un Internet mourant, où d’ici 2026, 90 % du contenu pourrait être généré par IA prévient Futurism, il n’y a pas 10 000 solutions. Il faut remettre en question ce qu’on voit en ligne, surtout ce qui nous choque, et bien sûr ne pas présumer qu’on parle à des humains. Pour Jake Renzella, une « bascule vers des réseaux sociaux plus privés », tels que Discord, est également probable. Une façon de recréer des communautés fermées aux bots - en tout cas pour le moment.

Emma Ramont

https://www.huffingtonpost.fr/tech-futurs/video/90-du-contenu-genere-par-ia-en-2026-comment-internet-est-en-train-de-mourir-a-tres-haute-vitesse_249993.html?utm_source=firefox-newtab-fr-fr

Augmentation spectaculaire de la consommation d’énergie des centres de données européens...

Les centres de données européens sont sur le point de connaître une augmentation spectaculaire de leurs besoins en électricité au cours des prochaines années. D’ici à 2030, la demande totale en charge informatique devrait atteindre 35 gigawatts (GW), soit plus du triple du niveau actuel de 10 GW. Cette hausse représentera environ 5 pour cent de la consommation totale d’électricité en Europe d’ici 2030, soit une augmentation significative par rapport aux 2 pour cent actuels.

Infrastructure et investissement dans les centres de données

Pour répondre à cette demande croissante, McKinsey estime que l’Europe aura besoin d’investissements substantiels dans l’infrastructure des centres de données, de l’ordre de 230 à 280 milliards d’euros. Ce chiffre ne tient pas compte des investissements nécessaires à la production d’électricité. Le rapport souligne que la satisfaction de la demande croissante d’électricité nécessitera une expansion significative de l’offre. Il s’agit d’un changement par rapport à la demande globale d’électricité relativement stable observée en Europe depuis 2007.

Tendances mondiales et consommation d’énergie

Cette tendance à l’augmentation de la consommation d’énergie des centres de données ne se limite pas à l’Europe. Les États-Unis connaissent également une évolution de la demande d’électricité. Grid Strategies a rapporté que les planificateurs de réseaux américains ont considérablement révisé leurs prévisions de demande sur cinq ans, doublant presque les projections de croissance. L’augmentation prévue de la demande d’électricité découle de divers facteurs, notamment l’expansion rapide de l’intelligence artificielle (IA), la croissance des technologies d’énergie propre et l’essor du minage de crypto-monnaies.

L’impact de l’IA sur la consommation d’énergie

L’impact de l’IA sur la consommation d’énergie est particulièrement important. D’ici la fin de la décennie, les centres de données devraient consommer jusqu’à 9 pour cent de la production totale d’électricité aux États-Unis, ce qui représente une augmentation substantielle par rapport aux 1,5 pour cent actuels. Cette croissance est alimentée par l’adoption de technologies d’IA de plus en plus gourmandes en énergie, telles que l’IA générative. Pour mettre les choses en perspective, l’année dernière, le secteur industriel a consommé 1,02 million de GWh d’énergie aux États-Unis, ce qui représente 26 pour cent de la consommation totale d’électricité.

 

Pressé à la fois du côté de l'offre et de la demande, le système de communications mondiales entre dans une spirale de la mort.  Avec la perte de la masse critique et l'augmentation des coûts de fonctionnement, les jours de l'internet « gratuit » sont comptés.  Il est fort probable que les plateformes et services en ligne actuellement financés par la publicité passeront progressivement à des abonnements payants.  L'année dernière, par exemple, Facebook - la plus grande des plateformes de médias sociaux - a lancé l'idée d'un abonnement de 17 dollars par mois en échange d'une navigation sans publicité.  YouTube propose déjà ce type d'abonnement.  Quant à Twitter/X d'Elon Musk, il facture 8 dollars par mois pour la vérification de sa coche bleue pour les particuliers, et 2 000 à 10 000 dollars par an pour sa coche dorée pour les organisations.

Ce modèle mixte peut fonctionner pendant un certain temps.  Mais les utilisateurs - la majorité - qui s'en tiennent aux comptes « gratuits » voient déjà leurs fils d'actualité se remplir de « clickbait » et d'informations générées par l'IA, tandis que les contenus qui font la valeur de ces plateformes sont de plus en plus évincés.  Il se peut que certains des utilisateurs les plus aisés hésitent à payer un abonnement (qui n'est actuellement pas plus cher qu'un bon bloqueur de publicité).  Mais la plupart des utilisateurs quitteront tout simplement la plateforme, aggravant ainsi la spirale de la mort.  Et la prochaine étape évidente - parce qu'elle se produit dans toutes les spirales de mort - est que l'appât à clics et le dérapage augmenteront même si les frais d'abonnement sont plus élevés, ce qui fera fuir encore plus d'utilisateurs.

Il ne fait aucun doute que des faillites se produiront.  Et nous assisterons aux pratiques rapaces  des entreprises qui resteront en place.  Mais il ne s'agit là que d'un ralentissement de l'inévitable descente, car une fois que les quelques actifs encore rentables auront été dépouillés, la spirale de la mort s'accélérera à nouveau... jusqu'à ce que, logiquement, le « juste milieu » à qui l'on demande de payer pour tout cela ne soit plus en mesure de le faire, et que l'ensemble de l'environnement en ligne soit passé d'un modèle de consommation de masse à un modèle commercial élitiste de luxe - tout le contraire de la vision techno-utopique promue par les entreprises occidentales, les groupes de réflexion et les gouvernements néolibéraux (aucun d'entre eux ne survivrait à la perte de communication qu'impliquerait une spirale de la mort de l'internet).

(extrait)

https://consciousnessofsheep.co.uk/2024/09/12/the-long-and-the-short-of-it-four-power-down/

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Où sont passées les pages web mises en ligne il y a une décennie?...

38% d'entre elles ne seraient plus accessibles aujourd'hui.

Lorsque l'on publie sur internet, on entend parfois une petite voix (possiblement celle de notre mère) qui chuchote: «Fais attention, ça reste pour toujours.» Voilà un conseil bien utile quand on connaît les lourdes conséquences qu'une publication peut parfois avoir sur nos vies. Néanmoins, ce conseil n'est visiblement plus tout à fait légitime, raconte le média en ligne américain Mashable.

Une étude publiée le 17 mai par le Pew Research Center, groupe de réflexion et centre de recherche basé à Washington, révèle que 38% des pages web qui datent de 2013 ont disparu. Pire encore, un quart de l'ensemble des pages créées entre 2013 et 2023 n'est plus accessible, sachant que cette disparition touche en majorité les contenus les plus anciens. En effet, seulement 8% des pages mises en ligne sur internet en 2023 ne sont plus accessibles, ce qui n'est pas si important étant donné le très grand nombre de pages créées.

On appelle ce nouveau phénomène le «digital decay», ou «dégradation numérique». Des liens menant à tout type de contenus affichent désormais le message «erreur 404», qui signifie que la page n'existe plus. Le réseau social X (anciennement Twitter) est également victime de ce phénomène. Quelques mois après leurs publications, un cinquième des tweets s'évaporent.

Destination inconnue

Cette durée de vie étrangement courte s'explique notamment par la suppression des tweets (par les utilisateurs, comme par la plateforme), mais aussi par la suspension du compte de l'auteur ou sa décision de basculer son compte en privé. Curieusement, les tweets rédigés en turc ou en arabe seraient plus susceptibles de disparaître que ceux rédigés dans d'autres langues.

Ces disparitions sont une source de problèmes dans de nombreux domaines. Dans un article paru en mai 2021, la revue spécialisée Columbia Journalism Review explique: «La fragilité du web pose problème à tout domaine de travail ou d'intérêt qui repose sur des traces et sources écrites. […] Plus fondamentalement, cela laisse des articles de décennies antérieures être l'ombre d'eux-mêmes, coupés de leurs sources originales et de leurs contextes.» La disparition de nombreux tweets, souvent intégrés directement, rend d'ailleurs incompréhensibles (ou bien moins lisibles) de nombreux articles.

Le problème du pourrissement des liens («link rot» en anglais) ne concerne pas que le journalisme, mais touche aussi le domaine judiciaire et juridique. «Par exemple, dans une étude de 2014, des scientifiques ont découvert que la moitié des liens hypertextes contenus dans les avis de la Cour suprême [des États-Unis] menaient à un contenu qui avait soit changé depuis sa publication initiale, soit qui avait disparu d'internet.»

À cause des liens périmés et de la dégradation numérique, certaines parties d'internet sont devenues virtuellement inutilisables… Ce qui pose la question de la pérennité du savoir et de l'information en ligne.

 

Alice Belkacem -

Des sabotages des câbles sous-marins par les houthis pourraient provoquer des pannes géantes d'internet

Vous avez apprécié la flambée des prix engendrée par les attaques en mer Rouge contre les navires de commerce de la part des rebelles yéménites houthis soutenus par l'Iran? Alors vous allez adorer les pannes géantes d'internet qui pourraient bien arriver bientôt près de chez vous.

Pas de panique, pour le moment votre box n'est pas directement menacée. Mais des offensives houthis contre les câbles sous-marins, «épine dorsale» de l'internet mondial, sont envisageables, prévient le groupe de réflexion américain Gulf International Forum.

Sur Telegram, les houthis ainsi que d'autres alliés de Téhéran –le Hezbollah libanais et des milices irakiennes pro-Iran– ont menacé de s'en prendre à ces fameux câbles internet en mer Rouge, publiant au passage une carte indiquant les emplacements de ces derniers.

e-Talon d'Achille

«Le Yémen se trouve à un emplacement critique, analyse le Gulf International Forum. Tout comme le détroit de Bab el-Mandeb pour le trafic maritime, la région représente l'un des trois seuls goulots d'étranglement de câbles sous-marins au monde, ce qui rend les menaces qui pèsent sur cette infrastructure particulièrement préoccupantes.»

Une telle action pourrait déclencher des coupures d'internet dans des régions entières, avec de graves conséquences économiques, mais aussi perturber une éventuelle riposte militaire.

«Les câbles [sous-marins] sont le seul matériel doté d'une bande passante suffisante pour accueillir les téraoctets de données de capteurs militaires qui informent les opérations en cours», détaille le Gulf International Forum.

Les houthis ne possèdent certes pas de sous-marins, mais disposent de nageurs de combats et de mines sous-marines. Largement suffisant, d'autant plus que les eaux du Golfe sont peu profondes (une centaine de mètres). Des plongeurs égyptiens étaient d'ailleurs parvenus à endommager un câble sous-marin en 2013. Si les houthis réitèrent la performance, il sera alors inutile de redémarrer la box internet.

Camille Lemaître -

L'intelligence artificielle à grandes eaux

En pleine crise mondiale liée à l'accès à l'eau, voici un document injustement passé inaperçu : Google a publié le 24 juillet son "rapport environnemental" (sic). Cette étude interne du géant du numérique révèle sa consommation d'eau et ses besoins futurs en ressources aquifères. De quoi nous laisser la gorge sèche !

Premier constat : en 2022, Google a prélevé la bagatelle de 28,765 milliards de litres d'eau (7,599 milliards de gallons), dont près des deux tiers ont servi à refroidir ses data centers. Des brumisateurs très, très gloutons !

Deuxième enseignement : en dépit des promesses du géant de Mountain View, cette consommation n'est pas du tout près de ralentir : entre 2018 et 2022, les prélèvements de flotte ont bondi de 82 %. La pépie vient en pompant !

Mais le plus accablant figure dans les annexes du rapport : 98 % de l'eau consommée pour éviter un coup de chaud aux data centers est..de l'eau potable. A la bonne vôtre !

La course à l'intelligence artificielle entre géants du numérique ne risque pas d'arranger la tendance. Microsoft, avec ChatGPT (qu'il a intégré à son moteur de recherche Bing), Google, avec Bard et Meta, la maison mère de Facebook, avec Llama 2, vont avoir besoin de data centers de plus en plus nombreux et de plus en plus performant...donc de quantité d'eau toujours plus importantes...

L'intelligence artificielle, c'est bien la mer à boire !

"Le Canard enchainé", 23/08/2023

si l'internet était un pays, il serait le quatrième émetteur mondial de CO2.

 

https://www.tameteo.com/actualites/actualite/coupe-du-monde-2022-le-qatar-est-champion-du-monde-co2-par-habitant-pollution.html

La blockchain nous pend au nez

 

La blockchain est un gouffre énergétique. Le protocole de consensus nécessaire à la validation d'un bloc exige des serveurs informatiques ayant une grande puissance de calcul, donc extrêmement voraces en énergie. Cette consommation est amplifiée avec la multiplication des "fermes de minage", où les ordinateurs tournent jour et nuit pour valider les blocs. Pour l'instant, il n'existe en France qu'une poignée de serveurs, dont le plus important se trouve à Orvault, près de Nantes. Ce n'est qu'un début : "Le Canard" (28/2) a déjà raconté comment l'Islande consommait désormais plus d'énergie pour la production de bitcoins que pour chauffer et éclairer la totalité de ses 340 000 habitants. Dans un rapport daté du 20 juin, l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opcest) estime que l'ensemble  des blockchains publiques consommeraient entre 45 et 200 TWh par an. A titre de comparaison, la consommation électrique de la France s'élève à 530 TWh par an.

 

(extrait d'un article du "Canard enchaîné", 26/12/2018)

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